Auteur: Kuro-Hagi – 22/08/2020
Genre: Amitié - Romance – Yaoi - Hurt/Comfort
Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki.
Notes : Retard presque rattrapé ! Ça aurait pu arriver plus vite si je m'étais pas en plus mélangée les pinceaux dans les jours… Enfin j'crois que j'm'en suis pas trop mal sortie quand même… Mais possible qu'il y ait quelques incohérences qui m'auraient échappée.
Remember When
22août
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AOMINE
C'est sûrement parce qu'ils n'ont pas autant bu qu'hier. Mais il se sent plus gêné que la veille de venir se glisser dans le lit de Taiga. Il est rentré tard, il se lève tôt. Il fait des journées de folie… Pas étonnant qu'il soit crevé surtout si en plus il a des difficultés à dormir.
Il regarde la silhouette du tigre allongé dans le lit, il lui tourne le dos le visage tourné vers la fenêtre. Il voit qu'il est tendu lui aussi et attend qu'il vienne s'allonger derrière lui et l'enlacer. Il éteint la lumière et une fois dans le noir presque total, il se sent un peu plus à l'aise de se faufiler dans ce lit. Il s'y installe donc et prudemment il vient se coller à Taiga.
Comme la veille, il vient glisser sa jambe entre les siennes et passer son bras par-dessus sa taille pour poser sa main sur son torse. Il y a dix ans c'était déjà comme ça qu'ils dormaient. Taiga est toujours nerveux et dans cette position au moins il arrêtait de gigoter dans tous les sens.
Sous sa main il sent le pouls rapide de Taiga. Il n'est pas près de s'endormir. Avant aussi il aimait sentir son cœur battre sous sa paume et la chaleur de son dos irradier son ventre.
« Détends-toi Taiga…
— C'est toi qui dis ça ? »
Pas faux. Lui aussi est tendu, très tendu, jusque dans son boxer.
« Hmpf… J'peux rentrer chez moi si ma présence te rend nerveux. »
Il entend le soupir exaspéré de Taiga.
« Ok… J'aurai pas dû dire ça… J'reste là Tai… J'm'en vais pas… »
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KAGAMI
Baka… Bien-sûr que je suis nerveux. J'ai envie de ça. J'ai envie de tellement plus.
Il ne parvient pas à se détendre, alors que le silence s'installe. Il a tellement bien dormi la veille et là il est tellement nerveux. Peut-être que c'était la quantité de whisky finalement qui l'avait aidé à dormir.
Il se tend un peu plus, si c'est vraiment possible… Mais… Il croit avoir senti les lèvres de Daiki sur sa nuque. Non. Il a dû rêver. Son cœur reprend une course folle quand il sent Daiki se rapprocher de lui, plaquer son bassin contre le sien et loger son érection entre ses fesses. D'ailleurs de ce côté-là il n'est pas en reste.
Ah… Il n'a pas rêvé. Il a vraiment senti ses lèvres sur sa nuque. Elles viennent de se poser encore sur cette zone sensible. Sa respiration s'accélère. Alors que sa main vient caresser son torse sensuellement. Ses baisers et ses caresses lui filent des frissons et dressent définitivement son érection. Ses lèvres remontent sur son épaule puis cherche le creux de son cou. Il essaie de ne pas gémir.
Les dents de Daiki viennent pincer la peau de son cou. Il n'en peut plus. Il cherche quoi exactement ? Il ne veut pas être un autre coup d'un soir pour Daiki. Il ne veut pas juste du sexe.
Il se retourne et plaque Daiki au matelas. Dans la pénombre, leurs regards se croisent. Il remarque que sa respiration à lui aussi est saccadée. Le sentant aussi entreprenant, il le pensait sûr de lui, mais Daiki n'en mène pas large.
« What do you want Daiki ?
— You… I want you… But I'm afraid of losing you… again…
— Why ? I won't disapear… I'm here for you…
— Because it hurts too much to losing you… »
Il comprend la lutte intérieure à laquelle Daiki est confronté entre ses désirs et ses peurs.
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AOMINE
Il voulait que Taiga se détende alors il a fait ce qu'il faisait avant. Des baisers, des caresses. Il avait juste omis la partie mot doux. Il lui avait fait sentir son désir. Il n'a pas vraiment réfléchi à ce qui allait découler de ses actes. Tant que Taiga ne lui demandait pas d'arrêter, il a continué. Il se doutait que ça provoquerait quelque chose, mais il n'a pas voulu trop y réfléchir. Parce que quand il réfléchit trop, il fait du surplace. Et bizarrement, dans le noir il arrive toujours plus facilement à ne pas laisser ses pensées le perturber.
Son cœur s'affole. Les peurs ressurgissent quelques instants. Mais la douceur des lèvres de Taiga qui viennent se poser sur les siennes les envoie chier. Son estomac se contracte. Ce baiser le retourne totalement. Il entrouvre les lèvres et laisse Taiga venir explorer sa bouche de sa langue. Il l'accueille et c'est un feu d'artifice d'émotions qui le submerge : peur, soulagement, désir, passion, plaisir, bonheur… Il ne sait pas quelle émotion est la plus forte, mais il les laisse s'emparer de lui et ne cherche pas à lutter. Il encaisse et répond à ce baiser.
Il glisse une main sur le dos musclé de Taiga, il vient presser sa nuque entre ses doigts. Contre sa hanche il sent le désir de Taiga. Et il a envie de soulager son désir comme le sien. Il a envie de ça de le sentir vivant, de se sentir vivant. Il écarte sa cuisse et l'invite plus sur lui. Taiga accepte l'invitation. Leurs érections se frôlent à travers leurs sous-vêtements. Alors sa deuxième main se coule jusqu'à ses reins et empoigne une fesse.
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KAGAMI
Il ne veut pas juste une nuit de sexe. Il veut bien plus. Mais il a compris que Daiki n'était pas prêt à lui faire des promesses. Mais ce soir c'est un pas de plus que Daiki fait vers lui. Et même si les promesses font peur, il sait lire entre les lignes de ces quelques paroles échangées, il sait lire dans les regards de Daiki. Céder à la passion, à ce désir qui les consume c'est aussi faire un pas en avant. Parce que le sexe entre eux n'a jamais été que du sexe, ça avait été toujours bien plus. Ils avaient besoin de ses échanges charnels pour communiquer en quelque sorte.
Il regarde Daiki et revient savourer ses lèvres. Il ondule un peu sur lui massant leurs érections à travers le tissu de leurs boxers. Il vient laisser une main caresser son corps musclé. Ses lèvres aspirent les siennes. Il cesse de se poser des questions. Est-ce que succomber à ce désir est bien ou mal ? Peu importe, il ne peut plus s'arrêter. Et s'il le faisait, il sait qu'il le regretterait.
Alors il caresse son corps sans cesser de dévorer ses lèvres. La peau de Daiki sous ses doigts est chaude et douce. Il aime le touché rude de ses muscles. Il ne reconnaît pas ce corps qu'il a connu il y a dix ans. Il le redécouvre doucement du bout des doigts.
Ils ne prononcent pas un mot. Leurs lèvres se quittent à peine, pour laisser leurs souffles effleurer leurs cous. Il sent le torse puissant de Daiki presser contre le sien et il devine son rythme cardiaque aussi affolé que le sien. Ils se découvrent avec retenu et tendresse. Les mains de Daiki le font frissonner et il le sent en retour trembler un peu sous ses doigts.
Il mordille sa clavicule. Il lèche la peau de son cou et remonte sur sa mâchoire. Daiki lui offre une jolie mélodie gémissante qui l'encourage à continuer. L'odeur de Daiki est musqué, sa peau salée par la sueur. Il s'agrippe à son épaule et se frotte un peu plus contre lui. L'envie tord ses tripes. La main de Daiki presse plus ses reins comme pour le supplier de continuer.
Pour lui en tout cas c'est une invitation. Sa main descend jusqu'à son sous-vêtement et doucement le fait glisser sous ses fesses. La queue de Daiki se presse contre son ventre nu quand ses lèvres mordent ses lèvres. Son regard est brûlant. Daiki se débarrasse de son boxer et le supplie du regard de continuer. Il revient happer ses lèvres alors que sa main se saisit de son sexe pour le masturber. Il libère aussi son érection pour les caresser ensemble.
Son cœur accélère sa course dans sa poitrine. Il gémit doucement. Bordel c'est bon, sentir son membre contre le sien, se laisser enivrer par son odeur, accepter de libérer la tension, accueillir le désir qui l'emporte et cesser de contrôler pour s'y perdre.
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AOMINE
Il mord la lèvre de Taiga. Le désir est intense et contracte son ventre douloureusement. Sa main qui le masse lui envoie des frissons de plaisir dans tous le corps. Il agrippe les cheveux de Taiga pour le forcer à pencher la tête et enfin lui laisser accès à son cou, qu'il vient mordre en gémissant de plaisir, ondulant sous son corps qu'il aime sentir peser sur lui, pour accentuer la friction de sa main sur son sexe.
Il presse cette fesse musclée dans sa main et sa respiration s'accroche dans son cou. Il relève sa jambe pour l'enrouler autour du bassin de Taiga. Il ne veut pas juste sentir la main de Taiga autour de son sexe. Il veut le sentir palpiter en lui, il veut sentir son corps se connecter au sien.
Une plainte lui échappe alors que Taiga chatouille son gland du pouce. Il mord encore sa clavicule et son odeur lui provoque des petites étincelles dans le ventre. Il a toujours aimé la senteur de son corps, tout son corps même les parties les plus intimes qui le rendaient dingue de désir.
La main de Taiga vient caresser sa joue tendrement et il en profite pour embrasser sa paume et d'un regard plein de défi il la lèche et remonte sur ses doigts qu'il suce doucement. Il voit dans son regard hypnotisé que le tigre comprend son message. Il voit la flamme du désir ardent s'allumer.
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KAGAMI
Ce mec est beaucoup trop érotique. Ça a toujours été comme ça avec Daiki, mais visiblement il s'est amélioré avec les années. Cette façon de lui sucer les doigts le fait totalement vriller et réveille son désir sauvage brûlant. Ce truc qui lui tord les tripes douloureusement et lui donne envie de hurler son envie de posséder cet homme. Il le veut encore, entièrement et pour toujours. Il le veut corps et âmes. Il ne veut pas uniquement posséder son corps, il veut tout de lui, son corps, ses tripes, son cœur, son âme… Sa vie. Et une part de lui, ne supporte pas l'idée que tant de mecs ont posé leurs mains et plus sur lui.
Il libère ses doigts et se redresse pour récupérer du lubrifiant et une capote dans la table de chevet. Évidemment, pour ça aussi il a quand même été prévoyant. Daiki lui arrache le préservatif des mains et lui fait comprendre qu'il s'en charge.
Il le laisse faire et vient happer ses lèvres alors que ses doigts lubrifiés viennent caresser l'intimité de Daiki. Il l'effleure tout juste et il entend une plainte filtrer entre les lèvres de Daiki. Faire l'amour à Daiki, c'est quelque chose dont il a beaucoup rêvé ces dernières années pour être honnête. En plus du reste, de la vie de couple, de se prévoir un futur… Le sexe avait une part importante de tous ses fantasmes avec Daiki et goûter de nouveau à la chaleur de son intimité en était un gros morceau. Doucement, il le masse. Les cuisses de Daiki s'ouvrent. Il est impatient. Il sent son corps s'ouvrir sous ses doigts. C'est bien plus facile que dans ses souvenirs. Avec un pincement au cœur, il sait que la vie sexuelle riche de Daiki y est pour beaucoup. Il revient happer ses lèvres durement, comme pour se venger de son infidélité qui n'en était pas une. Mais ça le rend malgré tout un peu amer.
Daiki gémit quand ses doigts plongent en lui. Il ne se rebelle pas sous ses baisers mordants et possessifs. Il les accepte et s'offre à lui totalement, apaisant ses pensées parasites et l'amenant à se reconcentrer sur la chaleur de son corps qui enserre ses doigts.
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AOMINE
En dix ans, il n'a pas compté le nombre de partenaire qu'il a eu. Rapidement, il a commencé les plans à plusieurs cherchant plus d'intensité dans le sexe, cherchant ce truc qui le faisait vibrer avec Taiga. Et ce n'était jamais assez. Là maintenant il le sait ce qui le fait vibrer, c'est juste lui. Ce regard qu'il pose sur lui, il a l'impression que le tigre veut le bouffer et il adore ça. Il veut se faire dévorer. Il ne quitte pas son regard rubis étincelant de désir alors qu'il le prépare avec dextérité, il ne retient pas non plus ses quelques gémissements quand l'enfoiré vient insister plus longuement sur sa prostate.
Il commence à perdre patience quand enfin les doigts de Taiga quittent son intimité. Il vient presser son sexe contre son entrée et c'est le feu d'artifice. Taiga ne prend pas son temps, il plonge en lui d'un mouvement sec lui arrachant un long râle de plaisir. Dans son regard, il lit toute son impatience, tout son désir insatiable de lui.
Te retiens pas Taiga… Prends-moi… Fais-moi vibrer… Fais-moi sentir à quel point tu me désires… Fais-moi sentir que je t'appartiens toujours…
Il a l'impression que Taiga lit ses pensées. Parce qu'après s'être attardé quelques instants au fond de lui, il se retire pour mieux revenir en lui d'un coup de rein vif.
Leurs souffles se mêlent. Il resserre ses cuisses autour du bassin de Taiga. Et il se laisse envahir par les sensations, le plaisir languissant de le sentir glisser en lui, la décharge vive de plaisir quand il agace sa prostate, les frissons quand sa langue glisse sur son cou.
Il s'agrippe à lui, griffant son dos et il bouge le bassin pour accompagner ses mouvements. Les gémissements de Taiga qui chatouillent son oreille l'émeuvent. Il se sent submerger non seulement des sensations intenses de l'extase du sexe, mais aussi des émotions qui le tigre fait naître en lui et qui exacerbent tous ses sens. Le moindre frôlement, le moindre baiser, le moindre souffle sur sa peau semble vouloir déclencher son orgasme qui s'amasse dans son ventre.
Il mord l'épaule de Taiga. Surpris par un coup de rein plus brutal qui a failli l'emporter dans l'orgasme. Il s'arrime à lui plus fortement. Le cœur affolé, les jambes tremblantes, le corps saturé par le plaisir et prêt à le libérer. La sensation est dingue, presque effrayante par son intensité. Il croise le regard trouble de Taiga, qui revient dévorer ses lèvres.
Front contre front, Taiga plonge son regard dans le sien. Leurs corps serrés l'un contre l'autre, se décollant à peine. Ses mouvements sont plus secs mais plus courts, son épaule contre la sienne, son visage est à quelques centimètres du sien et leurs yeux ne se quittent plus. Son regard l'incendie. Son regard le trouble totalement et le met à nu. Son souffle joue avec le sien sur son visage. Ce regard l'invite à jouir, à laisser le plaisir exploser. Ce regard l'invite à se laisser aller. Il le serre contre lui, il ne se laisse pas troubler par ses propres plaintes de plaisir. Ce regard lui dit qu'il est beau. Ce regard lui dit qu'il lui appartient. Taiga le pilonne, sa prostate malmenée lui envoie des décharges de plaisir dans tout le corps.
Et soudain c'est l'effervescence. Il a l'impression de crier, mais il n'en est pas sûr. Il n'est sûr de rien que de l'extase qui le submerge et de ce regard qui le contemple, les vagues de plaisir se succèdent avec ses coups de rein et c'est l'apothéose alors qu'il jouit entre leurs ventres en se contractant de toutes parts.
Il voit alors dans les brumes de son plaisir la jouissance se peindre aussi sur le visage de Taiga quand son corps comprime sa verge. Il va et vient encore en lui, en gémissant jusqu'à planter ses derniers coups de rein et s'arrêter avec un râle plus rauque, les yeux clos et le front presser plus fortement sur le sien.
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KAGAMI
Il halète doucement, gardant les yeux clos, savourant les sensations de cet orgasme. L'odeur de Daiki, de sa peau, de sa sueur, de son sperme. Il se délecte de la mélodie de son souffle rapide après l'effort et de la caresse de ses doigts sur son dos et sa nuque.
Ils restent ainsi de longues minutes, puis doucement il ressort de son intimité. Il sait que ce n'est jamais le moment le plus agréable et le fait avec précaution. Il retire le préservatif et le jette dans la poubelle un peu plus loin. Il prend des mouchoirs pour les essuyer tous les deux rapidement.
Daiki ne dit rien. Il ne dit rien non plus. Il ne veut pas gâcher l'instant, ni la torpeur post orgasme qui le tire vers la somnolence. Demain. Ouais. Demain il y aura tout le temps de parler. Il embrasse tendrement Daiki et il se tourne enroulant de lui-même son bras autour de lui pour qu'il l'enlace. Daiki ne se fait pas prier. Il se presse contre lui et vient embrasser sa nuque le faisant encore frissonner.
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AOMINE
Mais qui met une alarme le samedi matin sérieusement ? Il grogne et enfouit son visage dans la nuque de Taiga. Il resserre son bras sur lui comme pour s'assurer qu'il ne compte pas lui fausser compagnie tout de suite.
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KAGAMI
Il tend le bras pour reporter son alarme, mais il ne pourra pas se rendormir. Il a trop conscience de la présence de Daiki dans son dos. Son corps chaud collé au sien et cette main qui caresse distraitement sa peau.
Il laisse le temps s'écouler dans cette ambiance somnolente.
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AOMINE
Il rouvre les yeux quand Taiga se glisse doucement hors de ses bras.
« C'est l'heure ?
— Ouais… Tu peux rester. Il est tôt.
— Hm… 'kay… »
Il regarde la silhouette de Taiga sortir du lit, puis il vient lui piquer son oreiller pour le serrer contre lui. Il écoute le bruit de la porte de placard qui coulisse et du froissement des vêtements qu'il enfile. Il a refermé les yeux, mais se laisse bercer par ces bruits aux accents de nostalgie.
« J'descends tout à l'heure…
— Ok. »
Taiga quitte la chambre et il se rendort vraiment.
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KAGAMI
Il s'active. Il y a du monde ce midi. Il n'a pas encore vu Daiki. Il espère qu'il n'a pas filé sans dire au revoir. Il est presque treize heures, mais Daiki a toujours pu dormir très tard.
« Yo… »
Il se retourne pour le voir appuyé contre la porte arrière de la cuisine. Celle qu'il garde toujours ouverte pour laisser s'évacuer la chaleur de la pièce.
« Hey… Bien dormi ?
— Très bien. Ton lit est confortable.
— Bah tant mieux.
— Je vais pas te déranger. J'ai l'impression qu'il y a encore du monde aujourd'hui.
— Ouais.
— J'prends la même chose que d'hab. J'vais m'installer dans le resto.
— Ok… À tout à l'heure ?
— Ouais. J't'attends… »
Le sourire de Daiki lui réchauffe le cœur. Il est soulagé. Honnêtement, il n'est pas tout à fait sûr de ce qui va se passer maintenant. Mais ce sourire doux et complice lui semble être bon signe.
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AOMINE
« Satsu ?
— Dans ma chambre ! »
Il a l'impression de ne pas avoir mis les pieds dans son appartement depuis une éternité. Ça ne fait pourtant que deux nuits, mais il s'est passé tellement de trucs finalement. Il a l'impression de commencer une nouvelle vie.
Avec Taiga, ils ont discuté. Maintenant qu'ils ont couché ensemble, il ne peut plus se retenir de le toucher. Il ne veut pas se retenir de l'aimer. Il a été clair avec lui. Il est toujours flippé et il risque de l'être encore longtemps. Mais ils ont décidé d'essayer d'avancer de se reconstruire en tant que couple. Taiga avait besoin d'être fixé là-dessus. Alors voilà… Il n'est plus célibataire. Il est avec Taiga. Et finalement ça lui va lui aussi de ne plus tourner autour du pot.
Il entre dans la chambre de Satsuki.
« Yo !
— Dai-chan ! Comment vas-tu ?
— Bien et toi ?
— Bien. »
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SATSUKI
Elle lui sourit et elle en a conscience avec un sourire beaucoup trop grand pour pouvoir prétendre qu'elle va « juste » bien. Et elle voit à son sourire amusé qu'il l'a parfaitement compris. Elle se lève pour couper court à ses questions et l'entraîne au salon pour préparer un thé.
« Alors tu étais où ces deux derniers soirs ?
— Et pourquoi tu m'demandes ça ?
— Parce que tu ne découches jamais en semaine d'habitude. Tooru ?
— Taiga. J'étais chez Taiga. »
Elle relève les yeux sur lui. Elle le scrute. Il la laisse faire.
« Raconte. »
Il sourit et secoue la tête.
« Non non ! Toi d'abord ma chère ! Je veux savoir comment tu as fêté tes dix ans de couple avec Tatsuya. »
Elle lève les yeux au ciel, mais sourit. Bon c'est parti donc pour une longue discussion. Elle remplit bien la théière et ils s'installent au salon. Et comme elle aime le faire, elle se glisse entre ses bras. Et il la laisse faire entourant ses épaules de ses bras. Elle a toujours trouvé cette proximité physique et cette tendresse plus propre à la confidence.
« On n'a rien fait de sensationnel. Il m'a juste emmené au Tora et ensuite on est allé chez lui. On a super bien mangé. Ce restaurant est vraiment excellent. Et puis, on a beaucoup discuté. Il m'a redemandé de venir vivre avec lui et qu'on se marie. »
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AOMINE
Bingo ! Bon ce n'était pas tellement sorcier à deviner cela dit. Il pose son menton sur le haut de sa tête et la serre doucement contre son cœur. Satsuki c'est sa sœur et il est vraiment heureux pour elle, mais une part de lui a peur de la voir s'éloigner. Même s'il a Taiga… Satsuki c'est… Elle a toujours été là pendant ses vingt-six putains d'années, même avant d'être en âge de se souvenir, elle était là.
« Tu as dit oui cette fois j'espère…
— J'vais trop te manquer…
— C'est sûr.
— Mais tu as Taiga.
— Chaque chose en son temps… Toi d'abord.
— J'ai accepté oui… Mais Taiga ou non, je ne pouvais pas refuser cette fois Dai-chan.
— Hm… Pourquoi ? Il a menacé de te quitter ?
— Non. »
Il sent qu'elle hésite. C'est rare de voir Satsuki hésiter. Elle bouge un peu entre ses bras et prend sa main qui caressait son épaule et elle la pose doucement sur son ventre.
« Parce que je suis enceinte… »
Il reste muet, stupéfait.
« Sérieusement ?!
— Oui… C'était pas tout à fait prévu. Un petit concours de circonstances… Mais j'en suis heureuse.
— Attends… Il est au courant au moins ?!
— Quoi ?! Mais oui évidemment ! Il était le premier au courant ! Et d'ailleurs… Il savait parfaitement avant qu'on soit fixé qu'il y avait un risque. Avant de voir le test positif… On s'en doutait un peu et on était ok.
— Bah tant mieux pour vous alors. J'veux être parrain ! Et témoin au mariage ! »
Elle rit et il remonte sa main sur son épaule qu'il embrasse doucement. Parce que garder cette main sur son ventre qui cache un petit être humain en devenir lui fait un peu bizarre quand même.
« Évidemment que tu seras tout ça Dai-chan.
— Bon alors j'donne mon accord !
— Baka ! »
Elle lui donne un léger coup sur la cuisse et relève la tête pour essayer de le regarder.
« Pas de cachotteries… À toi de me raconter.
— Tu veux pas savourer un peu tes bonnes nouvelles avant de t'inquiéter de ma vie ?
— Dai-chan !
— Rahh… Oh ! Hey… C'était pas une tuerie ce fraisier ?
— Oh si ! Tellement ! Mais ! Change pas de sujet ! »
Il rigole. Mais visiblement c'est à son tour de parler. Il soupire et pose sa tête en arrière sur le dossier du canapé.
« Hm… Bon ben… Jeudi j'suis allé chez lui parce qu'il m'a invité pour l'aider justement avec ton fraisier… Et une chose en entraînant une autre… J'ai proposé de rester passer la nuit pour l'aider à dormir.
— L'aider à dormir ? C'est quoi cette excuse bidon ?
— C'est pas une excuse bidon ! Même si j'ai aussi suggéré que du sexe aiderait… Cette nuit-là j'ai juste dormi avec lui ! »
Il soupire, mais il lui explique le sérieux de sa proposition en lui parlant rapidement des insomnies de son de nouveau petit ami. Il va avoir besoin d'un peu de temps pour se réhabituer à ce nouvel état.
« Ok d'accord. Et… Il ne s'est vraiment rien passé ?
— Pas jeudi non… Mais hier ouais… J'ai proposé de dormir encore chez lui pour l'aider à dormir… Et puis bah… Une chose en entraînant une autre encore une fois…
— Vous avez fait l'amour.
— Voilà. Et c'était bon…
— Bon ?
— Mieux que tout ce que j'ai connu depuis dix ans… En fait même mieux que y'a dix ans avec lui…
— Alors… Vous êtes ensemble ?
— Ouais… J'suis pas hyper serein. Et j'lui ai dit… Mais oui on… On réessaie. »
Satsuki caresse son bras doucement.
« C'est une super bonne nouvelle. J'crois que vous en avez besoin l'un comme l'autre… Je sais ta peur d'une nouvelle disparition… Mais vous ne pourrez pas avancer si vous ne faites pas au moins un petit bout de chemin ensemble. »
Il l'écoute. Il sait ce qu'elle essaie de faire, ne pas trop s'emballer. Mais ça il sait pas faire, il souffle en la serrant plus contre lui.
« J'espère pas un petit bout de chemin… Je veux une très longue route…
— Tant mieux je vous le souhaite Dai-chan. »
