Mais qu'est-ce qu'il faisait là ?
Alors qu'Hermione venait par inadvertance de s'enfermer dans les cachots, tout ce qu'elle pouvait voir dans la pénombre, c'était Drago Malfoy, assis par terre, la regardant avec des yeux surement aussi exorbités que les siens.
« - Granger ?
- Malfoy... »
Et c'est ainsi que commença le début d'une relation on ne peut plus étrange, et ceux, malgré son commencement quelque peu étonnant et semblable à aucune autre.
Mais pour que vous compreniez mieux le début de cette relation, il faut d'abord que je vous raconte tout depuis le début…
Au commencement, ce n'était qu'un jeu sans contrainte, ayant pour unique but de montrer à tous qu'ils se détestaient et qu'ils n'avaient rien à faire ensemble.
Ensuite, les sentiments ont commencé à les rattraper, les obligeant petit à petit à s'adresser plus souvent la parole sous forme d'insulte, de cris ou de menace. Avec la puberté, c'est le contact physique qui a commencé à devenir primordiale pour eux deux par le biais de coup de poing, de gifles, de cheveux tirés, mais surtout, par de tendres caresses sur les mains dès qu'ils se retrouvaient tous deux dans un couloir bondé où les seules personnes au courant de ce qui pouvait se passer sous le nez de tous… étaient uniquement eux.
Bien sûr, ils ont mis beaucoup de temps avant d'accepter le fait que ce n'étais pas de la haine que chacun ressentait pour l'autre mais bien de l'attirance, de l'amour, une connexion impossible à oublier et impossible à passer outre. Ils étaient irrévocablement attirés l'un vers l'autre, inexorablement.
Cela explique surement comment Hermione, au cœur de la bataille et du plus grand moment de leur vie à tous, avait ressenti le besoin impétueux de se diriger vers les sous-sols du château. Et c'est en examinant les couloirs qu'elle s'était sentit basculer dans une pièce dissimulée dans les murs. Celle-ci était morbide, humide et cloisonné, ayant pour seul occupant, un homme que d'un seul regard, elle reconnut.
Ses caractéristiques cheveux blonds à la limite du blanc, ses yeux bleus glacial et ses habituels habits noirs ne laissaient aucun doute quant à son identité.
Drago Malfoy.
Le fameux Drago Malfoy, Roi des Serpentard, deuxième meilleur élève de cette majestueuse école, perturbateur de cours, petit merdeux depuis le début de leur enfance commune, fils de mangemort, et surtout, seul homme ayant réussi à obtenir son cœur…
Il la regardait avec de grands yeux où se mêlaient la peur, le choc et une bonne dose d'espoir.
« - Qu'est-ce que tu fais là ? Lui murmura-t-elle »
On pouvait croire qu'elle avait crié, tandis que sa question n'avait pourtant été murmurée que du bout des lèvres, dû au choc de l'avoir trouvé là, dans un piteux état.
Ses vêtements, qui avaient pourtant dû lui coûter une fortune, étaient couverts de boue, froissé et quelques trous apparaissaient de ça de là.
« - Un peu comme toi je suppose… »
Sa voix semblait enrouillée, comme si un nœud empêchait toute parole de franchir la barrière de ses lèvres. Des trémolos étaient nettement entendable… C'est surement ce qui choqua le plus Hermione. Jamais ne l'avait-elle vu perdre tout contrôle de lui-même, si ce n'est lorsqu'ils se touchaient les mains, à l'abri de tout regard, ou lorsqu'ils s'adressaient de timide regards dans la grande salle ou en cours.
Le grand Drago Malfoy avait atteint la limite de sa résistance et semblait s'effriter devant elle, perdant toute contenance.
« - Comment es-tu entré ici ?
- Je voulais juste souffler un peu… Je me suis appuyer sur un mur et je suis tombé dans cette salle. Impossible de trouver la sortie ! »
Ces dernières paroles étaient sorties dans un cri. Ses joues avaient rosi sous l'effet de la colère et des larmes commençaient à perler sur ses joues. Il lui faisait l'effet d'être une cocotte-minute. Sa détresse était visible. Et pour une fois, Hermione eut envie de déroger à la règle tacite qu'ils s'étaient imposé depuis le début de leur relation pour le prendre dans ses bras. Lui montrer qu'elle tenait à lui, qu'il n'était pas seul.
Mais avant qu'elle ne puisse amorcer le moindre mouvement, Drago se releva, poussa un grand crie et enfonça son poing dans le mur plusieurs fois jusqu'à ce que du sang éclate sur ses jointures et que son bras se mette à trembler dû à la force exercer. Alors il se laissa retomber sur le sol et éclata en sanglot, enfouissant son visage dans ses mains et rejoignant ses jambes contre son buste pour entamer un va et vient comme pour se bercer, se rassurer, se calmer.
Le voir ainsi, au bord du gouffre du désespoir, lui brisa un peu plus le cœur, et sans réfléchir, elle s'élança vers lui pour l'enlacer et tenter de lui transmettre un peu de sa chaleur. Essayer de le réconforter dans l'enfer qu'est devenue leur vie depuis plusieurs années.
Alors qu'elle le serrait dans ses bras, elle se rendit compte que c'était la première fois qu'elle le touchait vraiment. Jamais encore, elle n'avait pu avoir un aperçut aussi clair de son corps. Ses muscles étaient fermes mais semblait aussi fragile que du verre, tout comme la carapace qu'il s'était forgé au fil des ans pour se protéger de son monde sans pitié.
Tandis qu'il déversait toutes les larmes de son corps dans son cou, son nez se trouvait dans son cou, à quelques centimètres de sa peau. C'était la première fois que quelqu'un le prenait dans ses bras depuis des années, la première fois qu'il était aussi proche d'Hermione sans que ce ne soit pour l'insulter. La première fois qu'il sentait son odeur… Enfin non, ce n'était pas la première fois qu'il sentait cette odeur. Il se souvenait parfaitement d'un certain cours de potion où ils avaient été amené à concocter de l'Amortentia et qu'il avait sentit cette douce odeur de framboise givré, de vieux livre et de vanille. Cette délicieuse odeur l'avait obsédé pendant des mois car il avait été dans l'incapacité de la relié à une fille de sa connaissance. Pourtant, maintenant qu'il savait à qui elle appartenait, cela lui semblait logique. Hermione et lui avait semble-t-il toujours été destiné à être ensemble. Même leurs magies semblaient se reconnaître.
Le réconfort qu'elle lui apportait semblait réchauffer une partie de lui qui lui avait semblé morte depuis des mois… Enfin depuis que la pression familiale l'avait obligé à rejoindre les rangs de Vous-savez-qui.
Ici, perdus dans les murs de Poudlard, la marque semblait enfin s'être calmée, la douleur qui lui tenaillait le bras depuis le début de la bataille semblait s'être apaisée, lui laissant un peu de répit. Peut-être était-ce dû à la proximité du corps de Hermione…
« - Là, ça va aller, on va s'en sortir. Tu es plus fort que tu ne le crois Drago. On va s'en sortir. Bientôt tu pourras vivre la vie dont tu rêves. Vas-y pleure, lâche-tout, ne te retiens pas, ça va aller. Je suis là… »
Sa voix chaleureuse était semblable à un baume pour toutes les cicatrices de son âme. Elle lui parlait d'une voix douce, réconfortante. Ce qu'elle faisait pour lui, même si ses paroles n'avaient que pour but de le réconforter et de lui redonner envie de se battre pour s'en sortir, était plus que ce que personne d'autre n'avait fait pour lui. Même sa propre famille n'avait jamais fait ça pour lui. Sa mère s'était toujours contentée de le regarder avec un regard chaleureux et de le sortir des problèmes où il s'était mis par le chantage. Quant à son père, il ne faisait que lui répéter qu'un homme de son rang ne pouvait se permettre de ressentir des sentiments, quel qu'il soit. Et ne parlons même pas de sa tante ou de ses grands-parents qui ne faisait que le regarder comme un objet qui ne leur était pas encore utile… Hermione était la première, et surement la seule personne au monde, à lui témoigner ne serait-ce qu'un minimum de considération. En fait, ce qu'elle faisait pour lui était beaucoup plus que ça, elle lui rendait son humanité. Elle lui donnait de l'espoir et de la douceur. C'était tout ce dont il avait besoin pour l'instant. Et il ne doutait pas un instant qu'une fois dehors, elle pourrait lui en donner plus s'il la laisser l'approcher et entrer dans son univers. Ils étaient destinés à être ensemble. Cela lui apparaissait comme une évidence maintenant. Elle avait toujours été la seule à le voir lui et non ce qu'il voulait bien montrer. Que ce soit à ces imbéciles de Crabe et Goyle ou à Saint-Potter et à Weasmoche. C'était bien plus que ce que toutes les filles qui l'avaient approchée avaient bien voulu voir.
Elle était unique, toujours présente après toutes ses années à se quereller, à se détester en face à face et à s'aimer en secret.
Tandis que ses larmes commençaient à sécher, et ses pleures à s'adoucir, il releva la tête et se retrouva à quelques centimètres seulement de la sienne. Elle semblait le regarder avec espoir et inquiétude. Son regard descendit vers ses lèvres. Il mourrait d'envie de l'embrasser, de la goûter, de la remercier pour ce qu'elle venait de faire pour lui. Mais il devait avant tout clarifier les choses entre eux. Il lui semblait impensable après tout ce qu'ils avaient vécus dans cette pièce, qu'il ne se contente de simple caresse discrète sur les mains ou de ne lui adresser la parole qu'avec des motifs détournés.
Alors, prenant son courage à deux mains, il décida, pour une fois, de se montrer honnête envers lui, et surtout envers elle, en utilisant des mots. Des phrases. D'exprimer ce qu'il ressentait. De dire ce qu'il souhaitait pour son avenir, pour leur avenir peut être ? Bien sûr ce n'était pas simple, il commença par ouvrir la bouche, toussé un peu pour débloquer ses cordes vocales, essuyer ses mains moites sur son pantalon. Enfin, il l'a regarda dans les yeux et y trouva tout le courage dont il avait besoin…
« - Hermione… Tu le sais autant que moi. Lorsque nous nous touchons, lorsque nous nous parlons, lorsque nous nous voyons, nos corps se reconnaissent, nos magies également… Bien sûr cela pourrait n'être que de l'attirance mais je sais, je suis persuadé et totalement convaincu que c'est bien plus que ça. Rien que de savoir que je suis ici, enfermé dans cette pièce avec toi, dans tes bras, contre ton corps, mon cœur s'affole. Le simple fait de penser à toi, à ton rire, à ton esprit vif, à tes remarques d'un autre siècle, je me sens tout de suite soulagé, heureux, en paix, et je ne rêve plus que d'une chose, être avec toi pour toujours. Pouvoir te contempler, partager, apprendre avec toi… Je voudrais, si tu m'en laisses l'occasion, être avec toi à la lumière. Ne plus me contenter d'avoir un bout de toi sans que personne ne le sache… Je ne sais pas encore de quoi mon avenir sera fait ou même si j'aurais un avenir mais je voudrais essayer, même si c'est pour un temps très court, même si je risque de me mettre à dos toutes les personnes que je connais, pour toi je serais prêt ! Prêt à supporter les insultes, les remarques, tout ! Je serais même prêt à supporter Weasmoche enfin Weasley et Potter si nous nous en sortons tous vivant ! »
Les larmes commençaient à couleur sur leurs joues, se mêlant en bout de chemin pour n'en former plus qu'une. Drago leva la main et vint essuyer celle d'Hermione, lui faisant un sourire tremblant.
« - S'il te plaît Hermione, laisse-nous une chance d'être heureux ens… »
Et alors qu'il finissait son long monologue, Hermione n'attendit pas qu'il finisse sa phrase pour enrouler ses bras autour de son con et pour l'embrasser fougueusement.
Jamais Hermione n'avait été aussi heureuse de pleurer. Tout ce qu'elle ne s'était jamais autorisée à rêver semblait enfin à portée de main, réalisable. Et tout cela grâce à Drago. Il avait eu le courage qu'elle-même n'avait jamais eu. Celui d'exprimer ce qu'ils pensaient tous deux ma n'avais jamais en sept ans exprimé clairement.
Le soulagement qu'elle ressentait en le sentant répondre à son baiser était indescriptible. Elle savait bien qu'en dehors de cette pièce, c'était la guerre, que des personnes qu'elle connaissait depuis son enfance mourraient… Mais elle se sentait en sécurité ici, dans les bras de Drago, dans cette pièce en dehors du temps. C'était peut-être lâche, mais elle ne voulait pas y penser maintenant. Pas alors que son avenir lui semblait enfin plus clair que ce qu'il n'avait jamais été. Une part d'elle-même ne voulait même pas quitter cette pièce…
Mais il le fallait !
Alors avec beaucoup de difficulté, Hermione se détacha de Drago. Elle le regarda dans les yeux, lui caressa la joue et lui pris la main délicatement.
« - Drago… Bien sûr que je veux être avec toi ! Si tu savais depuis combien de temps j'en rêve. Mais ce n'est pas le bon moment. Enfin non, ce n'est pas ce que je veux dire ! Seulement tu sais que tu devras surement répondre de tes actes auprès du Magenmagot si jamais nous gagnons… Es-tu vraiment prêt à prendre le risque de te faire encore plus détesté en sortant avec moi ? Une sang-de-bourbe ?
- Ne dis plus jamais ça ! Tu n'es pas une sang-de-bourbe ! Cela fait des années que je ne crois plus à la suprématie du sang pure. Je devais juste donner le change pour avoir un semblant de vie normal... »
Il fit une légère pose et l'embrassa du bout des lèvres.
« - Et la question est plutôt, serais-tu prête à m'attendre Hermione ? Les actes que j'ai faits ne sont pas suffisamment répréhensibles pour que j'encoure la peine capitale mais je risque surement d'y passer plusieurs années… Seras-tu là à ma sortie ?
- Bien sûr que je serais là ! »
Pour conclure cet accord, elle lui sauta dans les bras pour une longue étreinte. Peut-être leur dernière avant un long moment…
Et sur un regard complice, main dans la main, les deux sorciers s'appuyèrent sur l'un des murs, et furent projeter dans un couloir du souterrain de Poudlard, encore épargnée par la bataille.
