Cela faisait plusieurs années que la grande bataille était finie… Pourtant, Hermione avait beaucoup de mal à s'y faire. Accepter que plus personne ne la menaçait était étrange. Pendant des années, elle avait été confrontée à tous les dangers, avait dû se battre pour rester en vie, faire preuve d'ingéniosité pour se sortir de toute sorte de situation dangereuse. Et maintenant ? C'était fini. En un claquement de doigts, Hermione redevenait une simple jeune femme devant choisir son avenir et ce qu'elle souhaitait faire maintenant…

A la fin de la guerre, Hermione avait retrouvé Harry et Ron, et ensemble, ils avaient détruit la baguette de sureau. Puis, elle avait vu des hommes du ministère arriver sur le champ de bataille. Ils avaient examiné les visages des personnes, leurs blessures. Et ils avaient reconnu Drago Malfoy, seul au milieu des décombres. Ils s'étaient alors précipité sur lui pour l'emmener, l'avait brutalisé alors qu'il était sans défense et qu'il se rendait de bonne grâce…

Il fut arraché à Hermione qui ne peut rien faire pour lui si ce n'est le regarder faire face à son destin.

Le Magenmagot décida de faire de lui un exemple en le condamnant à quinze ans de prison. Il fût également catégorisé en prisonnier dangereux, lui enlevant ainsi les quelques privilèges auxquels il aurait eu droit. Hermione n'eut donc jamais le droit de venir lui rendre visite, ni de lui envoyer de lettre ou même d'en recevoir… Elle avait bien sûr tenté, exceptionnellement, de faire jouer son statut d'héroïne de guerre mais même cela ne fonctionna pas. Le ministère, n'ayant pu attraper Lucius Malfoy qui s'est enfui on en sait où, Narcissa qui s'est suicidé pendant la grande fuite des mangemorts ou bien Bellatrix, tué pendant la bataille, il décida de se venger sur leur rejeton. C'était d'une grande injustice pour toute personne qui ne regardait pas l'affaire avec rancune. Hélas, très peu de personne le voyait comme ça… Même Harry et Ron ne comprenait pas, la forçant au fil des ans à s'éloigner d'eux pour finalement ne garder contacte que lors des cérémonies de commémoration.

Bien sûr avec la fin de la guerre, Hermione avait finalement également dû se pencher sur son avenir, ainsi que sur les études qu'elle souhaitait faire. A la grande surprise de tous, ce fût vers des études moldu que son choix se porta. Elle testa différent cursus dans une université anglaise avant de finalement obtenir un diplôme en management, lui permettant de finalement faire ce dont elle avait toujours rêvé enfant, ouvrir une librairie.

Depuis quelques années, elle était maintenant installée dans un petit village de sud de la France, situé juste au-dessus de sa librairie. Elle ne retournait finalement en Angleterre que pour que rares occasions où pour aller rendre visite à Neville et Luna, dont elle s'était beaucoup rapprochée au fil des ans.

Aujourd'hui était un grand jour. Drago devait être libéré aujourd'hui ! Il avait purgé la moitié de sa peine et était libéré sous caution pour bonne conduite ainsi qu'héroïsme, ayant prévenu à temps les surveillant de la fuite d'un groupe d'ex-mangemort. Il n'en était pas ressorti indemne bien-sûr, mais à son goût, cela valait le coup. Passer huit longues années dans cet enfer qu'est Azkaban était largement suffisant pour un jeune homme incarcéré à ses dix-huit ans. On l'avait prévenu qu'une fois dehors, on ne lui rendrait pas baguette mais ce n'était finalement pas si important pour lui. Pendant toute son enfance, qu'est-ce que cela avait bien pu lui apporter de bon de faire de la magie ? Un père tyrannique qui avait plus de possibilité pour le torturer ? Une tante devenue totalement folle à cause de la magie ? Non, cela ne valait vraiment pas le coup. Le seul bon côté, c'était qu'elle lui avait permis de rencontrer Hermione… Mais cela révélait plus de la chance qu'autre chose. Au moins, si jamais elle voulait toujours de lui après tant d'année à être séparé, elle ne serait pas trop dépaysée de voir une personne sans magie. Elle pourrait même lui apprendre beaucoup de chose ! Enfin pour cela, il fallait d'abord qu'il sache où la retrouver.

Des hommes du Magenmagot vinrent le chercher tôt au petit matin pour l'emmener à un porte-loin. Celui-ci les téléporta directement dans le ministère pour lui faire signer des papiers. Ils lui remirent cent Gallions pour commencer sa nouvelle vie et lui proposèrent un Portoloin pour aller où il voulait.

Jamais Drago n'aurait imaginé sa libération ainsi. Il l'avait toujours imaginé avec Hermione se jetant dans ses bras, heureuse de le retrouver… Bien-sûr, elle ne pouvait pas être au courant de sa libération. Elle ne devait même plus se souvenir de la promesse qu'elle lui avait faite ce fameux jour…

Sans un regard pour les deux hommes devant lui, il tourna les talons, et, tête baissé, se fraya un chemin jusqu'à la sortie du ministère. Alors qu'il était à peine à deux mètres des cheminer, il reconnut un homme aux lunettes rondes lui faisant ressembler à une chouette, et portant une cicatrice en éclair, toujours aussi étrange.

Harry Potter

Il ne savait pas s'il était content de le voir ou simplement irrité. Bien sûr cela lui permettrait d'avoir des nouvelles d'Hermione mais pas aujourd'hui… Pas alors qu'il voyait bien que lui aussi l'avait vu et le jugeait avec un regard mauvais ! Sa présence, le jour même de sa libération fit remonter un peu de rancœur en lui. Le voir, lui, après tout ce qu'ils avaient vécu à Poudlard depuis qu'ils avaient connaissance dans ce maudit hall, fit remonter tout un tas de souvenir qu'il s'efforçait pourtant depuis des années à refouler. Pendant toutes ses années d'incarcération, les seuls souvenirs auxquelles il s'accrochait étaient ceux qu'il avait avec Hermione et à la vie qu'il pourrait peut-être avoir. Quand il avait su qu'il pourrait finalement avoir une vie en dehors d'Azkaban, il s'était mis à réfléchir à ce qu'il pourrait faire une fois dehors. Peut-être architecte ? Après tout il avait toujours adoré les maths et faire des calculs pour calculer les distances et proportions. C'était grâce à ça qu'il était aussi doué au Quidditch et presque en un seul morceau après chaque match !

Étonnement, il vit Potter s'approcher de lui, des éclairs dans les yeux. Cela faisait presque huit ans qu'ils ne s'étaient pas vu mais la rancune qu'il lui portait semblait plus s'être renforcé qu'autre chose au fil des ans.

Une fois devant lui, Potter l'examina de la tête aux pieds. Il savait bien que son apparence n'avait rien avoir avec celle de sa jeunesse. Il possédait une barbe de plusieurs jours, faute de pouvoir de raser souvent en prison. Il avait également perdu beaucoup de poids, ainsi qu'une grande partie de sa masse musculaire acquis difficilement pendant ses nombreux entraînements de Quidditch. Ses cheveux lui arrivaient nettement aux épaules et avait perdu leur éclat. Il ne possédait sur lui que les habits qu'il portait lors de son arrestation. Une personne avait eu la gentillesse de les nettoyer mais les trous étaient toujours là. Et ils ne lui seyaient plus aussi bien que lors de son adolescence.

Il avait bien conscience de l'image qu'il transmettait aux personnes aux alentour mais la lueur de dégoût qu'il percevait dans son regard lui retourna les tripes.

« - Malfoy, siffla-t-il. Qu'est-ce que tu fais dehors, une pourriture comme toi ne devrait-elle pas être en prison ? »

Sa voix n'avait pas changé même si jamais encore il ne l'avait vu parler à quelqu'un de façon aussi méchante. En fait, à travers son comportement, il retrouvait un peu le gamin stupide qu'il était autrefois. Jamais il n'aurait cru que Saint-Potter aurait changé à ce point en quelques années…

« - Comme tu peux le voir, j'ai été relâché…, souffla-t-il lassé. Je souhaiterais aller voir Hermione mais je suppose que tu ne me diras pas où elle habite… »

C'était décidément trop d'émotion pour un premier jour de retour dans la société. Surtout qu'il ressentait dans son dos et sur son bras gauche le poids des regards curieux et rancunier des personnes.

« - Non, en effet. Vous n'avez rien à faire ensemble, passe ton chemin ! Tu nous as suffisamment bousillé la vie. »

Et sur ces mots pleins de couleur, il tourna les talons et traversa la foule de curieux en de grandes enjambées.

Drago regarda autour de lui puis se dirigea précipitamment vers la cheminée à côté de lui pour enfin sortir de cette ambiance pesante et annonça un nom de rue quelconque dont il se souvenait vaguement l'emplacement dans le Londres moldu.

Une fois à l'air extérieur, il eut comme la sensation de sortir de l'eau et de pouvoir enfin respirer à plein poumon. Il n'avait pas souvenir d'avoir jamais respiré un air aussi pure. Puis en examinant les alentours, il se rendit compte que finalement, il n'avait aucune idée du chemin à suivre pour retrouver un endroit familier.

Le sentiment d'être seul au monde se fit ressentir plus fort que jamais. Jamais encore il ne s'était retrouvé dans une situation où il ne savait pas quoi faire, ou qui aller voir pour obtenir de l'aide. Et il savait qu'il n'était pas dans son droit de questionner les personnes au hasard. De toute façon il n'aurait même pas sût quoi demander…

En avançant un peu dans la rue, il évita de peu une collision avec une grande boîte roulante rouge. Non, un bus ! Enfin c'est ce qu'avait dit Hermione un jour si sa mémoire était bonne. De ça non plus il n'en était pas persuadé.

Soudain, il aperçut la pancarte d'un café. L'image, bien que simpliste, lui donna l'impression qu'il pourrait peut-être s'y reposer un peu. Faites d'un camaïeu de couleur, il lui donna l'impression de mettre un peu de couleur dans son monde qui était en noir et blanc depuis son incarcération … A bien y réfléchir, les seuls moment où son monde avait été en couleur, c'était lorsqu'il voyait Hermione ou quand il était à Poudlard…

A l'intérieur, une délicieuse odeur de cookie flottait dans l'air. Le bruit des conversations animées ne s'arrêtèrent pas à son entrée. Ce simple fait lui mit du baume au cœur. La décoration, tout en simplicité donnait un sentiment de sérénité, de convivialité.

Soudain, il crut voir un visage familier. Bien que succinct, il ne put pense à autre chose que de s'approcher pour vérifier. Si son hypothèse était bonne, il ne serait pas en terrain hostile, il le savait. Et rien que pour ça, il fallait qu'il en sache plus.

Plus il approchait du comptoir, plus il en devenait persuadé. Devant lui, dans un tablier farfelu, se tenait Luna Lovegood, plus elle-même que jamais avec des fleurs dans les cheveux et des navets aux oreilles.

Le voyant approcher, elle lui fit un grand sourire et posa son tablier pour s'approcher également de lui. Jamais encore, il n'aurait pensé que le simple fait qu'une personne lui sourit le rendrait heureux. Il se sentait quelque peu intimidé par sa bonne humeur et son expression de joie intense. Il n'était décidément pas habitué à voir des personnes heureuses…

« - Drago ! Quel plaisir de te voir ! Tu viens goûter un de nos cookies Poudcrémiens ? Lui lança-t-elle joyeusement.

- Un quoi ? Non… Je… Hm… J'ai vu de la couleur… souffla-t-il d'une voix tremblante.

- Oui, c'est fait exprès pour que toutes les âmes en peine le voient. Et parce que les Morgoles ne supporte pas tout de qui est coloré et joyeux, ajoute-t-elle sur le ton de la confidence. Et les cookies Poudcrémiens, ce sont des cookies avec quelques plantes de Poudlard que fait poussé Neville pour moi…, lui explique-t-elle à moitié dans sa rêverie. Tu veux goûter ? Lui demanda-t-elle en prenant un plateau encore fumant derrière le comptoir pour le lui présenter.

- Non, ça va aller merci, lui dit-il après un léger regard sur ses cookies en forme de citrouille. Londubat travail à Poudlard ?

- Bien sûr, il remplace le professeur Chourave qui a pris sa retraite il y a cinq ans environ. Cette année il a même été nommé directeur de Serdaigle !

- Quel changement… Beaucoup de chose ont changé pendant mon absence apparemment.

- Oui. Mais c'est Hermione qui a le plus changer je crois, elle a quitté le monde magique et à déménager dans le sud de la France. Tu devrais peut-être aller lui rendre visite ? Lui demande-t-elle curieusement.

- Hermione est en France ? Demanda-t-il ébahi

- Oui, personne ne te l'a dit ? Demanda-t-elle confusément.

- Non… La seule personne que j'ai vu depuis ma libération, c'est Potter et il ne semblait pas ravi de me voir.

- Ah oui Harry… Non, il ne sait rien d'Hermione, cela fait des années qu'ils ne se voient plus avec Ronald… Elle ne vient en Angleterre qu'une fois tous les ans environ pour les voir mais c'est plus par obligation national, lui dit-elle comme si elle lui révélait un secret. »

Drago était stupéfait, encore une fois, jamais il n'aurait pensé que les choses changent à ce point ! Le trio d'or disparu ? Cela semblait invraisemblable.

« - Et tu aurais la nouvelle adresse d'Hermione ? »

Et c'est ainsi qu'une heure après, les poches remplis de cookies et une adresse dans la main, il se dirigea vers une zone de transplanage pour pouvoir utiliser le rouleau de papier toilette que les hommes du Ministère lui avait offert quelques heures plus tôt. Celui-ci se mit bientôt à briller, signalant son départ imminent pour la France.

Hermione venait à peine de monter à son appartement lorsque la porte d'entrée sonna. La buée et les flocons de neige empêchaient toute vision de l'extérieur. Tout en s'approchant de la porte, elle caressa son chat, Pattenrond, qui n'attendait qu'une chose, sortir dehors, oubliant sûrement qu'il y avait de la neige par terre.

Plusieurs coups retentir de nouveau à la porte.

Ouvrant la porte, son chat dans les bras, Hermione sentit tout l'air de ses poumons disparaître. Elle ne voyait rien d'autre que lui. La personne, entouré d'un halo de neige, semblait revenir des tréfonds de l'enfer. Finalement, elle se sentit défaillir, lâcha son chat, ferma les yeux et se laissa tomber, s'évanouissant sur le porche de son entrée.

Quand elle revint finalement à elle, elle était allongée sur son canapé, une couverture bien chaude sur elle. Promenant vaguement les yeux dans son salon, elle repéra tout de suite que quelque chose n'allait pas. Son chat, habituellement plongé dans sa contemplation de l'extérieur sur le rebord d'un de ses fauteuils, n'y était pas.

Soudain, tout lui revint. Elle s'était évanouie. Après avoir vu un monstre des neiges. Et elle avait son chat dans ses bras !

Se relevant subitement, elle sentit la pièce tournée et une main ferme la maintenir allonger sur le canapé. Penchant légèrement la tête en arrière, elle l'aperçut.

« - Qu'est-ce que tu fais là Blaise ? Souffla-t-elle doucement »

Il lui fit un léger sourire compatissant avant de prendre place sur le canapé, repoussant ses jambes.

« - Drago.

- Quoi ? Il s'est passé quelque chose ? Il va bien ? Lui demanda-t-elle avec empressement, maintenant bien réveillé.

- Oui, enfin non ! Calme-toi s'il te plaît. Il a été libéré pour bonne conduite. Je l'héberge provisoirement chez moi. Luna lui a donné mon adresse, elle se doutait surement que tu ne supporterais pas de le voir apparaître sur le pas de ta porte sans que n'y soit préparé, ajouta-t-il avec un regard entendu.

- Mais… Je… Comment c'est possible ?

- Je n'en suis pas sûr… Quand il a sonné à ma porte, il s'attendait à te voir toi. Il était au bord des larmes. J'ai eu du mal à lui extirper des informations. »

Maintenant calmer, elle l'écoutait attentivement, avide de toute information qu'il pourrait lui donner.

« - Il est arrivé hier soir. De ce que j'ai compris, il aurait été libéré pour bonne conduite et acte d'héroïsme. »

Hermione amorça un geste pour poser une question mais Blaise posa immédiatement sa main sur sa bouche pour l'empêcher de l'interrompre.

« - Non Hermione, laisse-moi finir ! Donc comme je disais, il a été libéré pour acte d'héroïsme. Apparemment, un groupe d'ex mangemort préparait de se faire la malle et il l'aurait empêché en provoquant une rixe avec des surveillants. Ça aurait retardé leur départ. Et pendant que Drago était en soin intensif, il en aurait touché quelques mots au Directeur d'Azkaban qui était venu prendre des nouvelles ou quelques choses dans le genre.

- Mais…

- Hermione ! Laisse-moi finir, non d'un bouquetin !

- Pardon...

- Donc, il a été libéré hier matin, il aurait rencontré Potter qui lui aurait raconté que tu méritais mieux que lui. Il était au fond du trou, et ho, miracle, il est tombé sur la pancarte du café de Luna, termina-t-il avec un sourire.

- La pancarte de Luna, évidemment. Le café de toutes les âmes en peine…, souffla-t-elle avec joie, heureuse que son amie soit restée elle-même malgré la guerre et la chasse aux mangemorts qui s'en est suivi.

- C'est ça. Elle lui a donc donné ton adresse, enfin mon adresse. Luna m'a aussitôt appelé pour me prévenir dans les grandes lignes que Drago avait été libéré et allait sonner chez moi dans quelques minutes. Ce qu'il a bien entendu fait, il a même failli défoncer ma porte…, lança-t-il de façon exaspéré. Bien sûr, il a commencé à pester quand il m'a vu, du coup je ne lui ai pas dit que nous étions voisins ! Et maintenant, il est dans ma chambre d'amis, en train de pioncer après s'être bu ma meilleurs bouteille de whisky en entière, répliqua-t-il avec lamentation. »

Hermione n'en revenait pas. Drago était en liberté, il était de retour dans sa vie. Il était à seulement quelques maisons de la sienne. Demain, elle le verrait en chair et en os devant elle, comme elle en avait rêvé un nombre incalculable de fois depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus…

« - Comment allait-il ? Lui demanda-t-elle d'une petite voix, ayant très peur de sa réponse.

- Disons que je m'attendais à pire quand je vois à quoi ressemblent certains prisonniers d'Azkaban après seulement 1 an, dit-il, perdu dans ses pensées. Enfin il s'en sort mieux que ma mère, ajouta-t-il avec un léger rire sarcastique. Il a perdu quelques kilos mais dans l'ensemble ça va. Je lui ai proposé de l'emmener chez le coiffeur demain. On viendra surement après te voir après à la boutique.

- Il a accepté d'aller chez un coiffeur moldu ? Le questionna-t-elle incrédule.

- Je ne lui ai pas vraiment laissé le choix. De toute façon, le Ministère lui a pris sa baguette et ne la lui rendra pas. Il va bien falloir qu'il s'habitue à vivre sans magie. Surtout s'il reste dans ce village et chez moi, dit-il avec un léger hochement d'épaule. »

Ils se regardèrent dans les yeux un long moment, réfléchissant chacun aux complications qu'implique le retour de Drago dans leur vie.

Lorsqu'Hermione s'était retrouvé à un tournant de sa vie après la guerre sans savoir quoi faire, ni où aller, elle avait rencontré Blaise dans un bar, à peu près dans la même situation. Ils avaient discuté une bonne partie de la nuit avant de, sur un coup de tête, décider de tout quitter, enfin le peu qu'il leur restait, pour s'envoler vers un autre pays et tout recommencer à zéro, sans magie. Ils avaient pris une carte du monde, l'avait accroché à un mur du bar et avait décidé au hasard du pays où ils vivraient. Le hasard avait voulu que ce soit la France, un pays voisin de l'Angleterre. Mais finalement, cela ne les dérangeaient pas tellement. Hermione était d'origine française et parlait couramment le français, tandis que Blaise, de par ses nombreux voyages, en possédait les bases. Dès le lendemain matin, ils avaient réservé leur Portoloin pour la France, le surlendemain, ils s'installaient dans un appartement appartenant à la famille Zabini dans Paris. Deux jours plus tard, ils avaient leur visa long séjour pour étudier en France et étaient inscrit dans une université française. Hermione, en management, tandis que Blaise s'était dirigé vers des études de cuisine, sa mère étant souvent absente, il avait dû apprendre à se débrouille seul et avait toujours apprécié se retrouver dans une cuisine pour créer des plats. Une fois leur diplôme en poche, ils avaient convenu que Paris était une trop grande ville pour s'installer et étaient partie dans le sud où Hermione passait souvent les vacances avec ses parents. Ils avaient tous les deux eu le coup de foudre pour un village perché dans les hauteurs, entouré de fortification. C'était le cadre de vie idéal pour s'installer et commencer à construire leur vie. Hermione avait racheté une vieille papeterie pour la transformer en librairie et Blaise s'était fait embaucher dans un grand restaurant du coin. Une routine tranquille s'était installée entre eux. Les seuls changements notables qui avaient lieu dans leur vie se résumait maintenant aux soirées de mémorial de la guerre et au visite qu'ils faisaient aux quelques amis qu'ils leur restaient en Angleterre et en Ecosse.

Et maintenant, Drago revenait dans leur vie, chamboulant tout sur son passage…

Il n'en revenait pas. Jamais dans sa vie d'avant, il n'aurait pensé qu'un moldu puisse faire aussi qu'un sorcier. Et jamais il ne leur aurait confié ses précieux cheveux avant Azkaban. Bon, ce qui l'avait définitivement décidé à suivre les recommandations de Blaise, était plutôt qu'il verrait enfin Hermione après et souhaitait être un minimum présentable pour ne pas lui faire trop peur. Blaise lui ayant bien sûr raconté comment elle s'était évanouie à sa vue, simplement surprise de le voir à cette heure-ci, et entouré d'un large manteau de neige dû aux forte averses de neige qui étaient apparue hier.

Tout en se regardant dans le miroir, Drago tentait de retrouver le jeune homme qu'il était autrefois ou au moins, un vague détail lui permettant de se reconnaître. Sa barbe avait été rasée et ses cheveux avaient retrouvé leur taille habituelle. Les poches sous ses yeux s'étaient un peu résorber mais son teint restait tout de même très pâle. Il se faisait lui-même l'effet d'être un fantôme.

Lorsque Blaise revint de sa course et l'aperçut, il lui fit enfin un vrai sourire.

« - Eh beh, tu as repris du poil de bête on dirait, dit-il gaiement, un sourire scotché aux lèvres.

- Surement… Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-il avec un léger signe de tête vers le paquet que Blaise tenait fermement au creux de ses bras.

- C'est pour Hermione, c'est un cadeau, annonça-t-il excité comme une puce. Drago fut même surpris de ne pas le voir sautiller de joie comme un farfadet ».

Laissant tombé pour l'instant, Drago suivit Blaise à travers les ruelles pour finalement s'arrêter deux mètre plus loin devant une vieille bâtisse en pierre possédant de grande fenêtre vitré où des personne était confortablement installé derrière sur une banquette, plongé dans des livres, une tasse fumante à la main. De l'extérieur, il pouvait déjà voir de grandes étagères rempli de livre de toutes les couleurs.

« - Tadam !

- Alors elle a réalisé son rêve finalement ? Dit-il perdu dans sa contemplation du bâtiment.

- En effet. Elle tient cette librairie depuis maintenant trois ans. Au départ c'était une papeterie désaffectée. On passé tous nos week-ends pendant au moins six mois pour la retaper et lui donner une allure conviviale.

- C'est incroyable ce que vous avez fait Blaise, lui annonça-t-il en se retournant vers lui, prenant enfin conscience d'à quel point son ami avait changé pendant ses huit longues années.

Il avait eu beaucoup de mal à s'y faire lorsque son ami lui avait annoncé qu'il avait quitté le monde magique sitôt la guerre finie pour finalement prendre une collocation avec Hermione Granger pendant plus de cinq ans. S'il ne l'avait pas vu, jamais il n'aurait pensé possible que lui et Hermione soit ami, et surtout pas aux points d'habiter ensemble et de passer tous leurs temps libre ensemble.

Toujours absorbé par la devanture, il sursauté lorsque Blaise l'appela pour entrer.

Soudain, la peur, la solitude et le mal-être, qui l'avait pourtant quitté depuis qu'il savait qu'il verrait Hermione aujourd'hui, revint en force. Plus forte que jamais. Qu'est-ce qu'il allait lui dire ? Est-ce qu'il lui avait manqué ? Accepterait-elle d'être avec lui aux yeux du monde malgré son passé ? Malgré qu'il soit resté pendant près de huit ans ? Quelle sera sa réaction lorsqu'elle le reverrait ? Même s'il s'avait qu'elle était déjà au courant de sa libération et de sa venue dans le village, quel sera son comportement vis-à-vis de lui ? En vérité, ils n'avaient jamais été ensemble, ne s'était jamais vraiment dit les mots symboliques. Ils ne s'étaient même embrassé que deux fois tout au plus et ne s'était presque jamais pris dans les bras. Ils n'avaient jamais rigolé ensemble, fait des activités, partagés des centres d'intérêt commun en dehors des cours… Qu'est-ce qu'ils leur restaient en définitive ? Leur relation n'avait, pour ainsi dire, jamais commencé… Mais qu'est-ce qu'il lui avait pris de se monter la tête comme ça par rapport à Hermione ? A vrai dire, il ne connaissait rien d'elle et inversement…

Hermione, à l'intérieur de sa boutique, voyait bien que quelque chose n'allait pas. Le visage de Drago devenait de plus en plus pâle. Elle pouvait même voir ses poings se serrer.

Lançant un regard à Blaise, elle lui fait comprendre de prendre la relève à la caisse pour qu'elle puisse aller le voir, lui parler, essayer de faire quelque chose pour enlever cet air préoccupé de son visage.

Passant à côté de Blaise, elle lui déposa un baiser sur la joue pour le remercier.

Une fois à l'extérieur, elle regarda longuement Drago. Il avait changé. Son visage était plus mince et semblait avoir perdu toute trace de l'enfance. Ses yeux paraissaient tristes, vides. Cette découverte lui brisa un peu plus le cœur de savoir qu'il avait souffert terriblement pendant toutes ces années.

S'approchant petit à petit de lui, elle put voir qu'il se tenait légèrement courber vers l'avant, lui qui avait toujours eu une posture noble et droite, semblait maintenant porter sur ses épaules tous les malheurs du monde. Ses habits, bien que propre, le faisait paraître encore plus chétif et fragile qu'il ne l'était. Il était tout en contradiction. Son corps laissait penser qu'Azkaban l'avait détruit tandis que ses yeux, bien que vide, ne laissait transparaître qu'une seule émotion, la colère, la rage. Face à cette émotion, Hermione faillit faire un pas en arrière mais se retient in extrémiste, ne souhaitant pas le blesser plus qu'il ne l'était.

Une fois devant lui, elle tendit une main tremblante vers lui pour venir lui prendre l'une de ses mains, qu'il tenait fermement serrer en poing. Au contact de sa main, Drago baissa les yeux vers elle, comme surpris de la voir juste devant lui.

« - Bonjour, dit-elle en souriant, légèrement émue de se retrouver finalement devant lui après toutes ses années.

- Bonjour, souffla-t-il à son tour prenant une grande inspiration, comme s'il reprenait vie à son contacte »

Puis un blanc s'installa avant que finalement Blaise ne les interpelle pour qu'ils rentrent s'il ne voulait se « transformer en bonhomme de neige » selon ses termes.

Le savoir ici, dans son lieu à elle était étrange. Il semblait examiné tout, jusqu'au moindre détail de sa décoration. Rien ne lui échappait. Mais toujours silencieux, impossible de savoir ce qu'il en pensait.

Ainsi, c'était cela maintenant son univers ?

Drago était impressionné. Réellement.

Dans chaque décoration, chaque bibelot, chaque meuble et même chaque livre, il avait l'impression de retrouver une partie d'Hermione.

Une délicieuse odeur de chocolat flottait dans l'air, rendant la boutique rassurante, confortable. Elle lui donnait l'impression d'être à la fois en dehors du temps, et chez lui. Elle lui rappelait même un peu cette salle où ils avaient appris à se connaître huit ans plus tôt. La boutique donnait l'impression d'être indifférente à ce qu'y l'entourait, à son environnement. Dehors, la neige continuait à tomber grandement, rendant la route dangereuse et pratiquement impraticable. Pourtant, une fois à l'intérieur, on tombait sur une salle chaleureuse, rempli de coussin, pouf et autre siège de toutes les couleurs, mais également de livre en quantité impressionnante. Dans le fond de la pièce, près des caisses, on trouvait tout le nécessaire pour faire du chocolat chaud comme à la maison. Il y avait même un bocal de guimauve ! Il savait grâce à Blaise que Noël était déjà passé mais pourtant des guirlandes rouge et blanches subsistaient toujours. Il y avait également des couronnes de houx, des guirlandes en maïs soufflé, des mini pères Noël ainsi qu'un immense sapin illuminé et rempli de décoration en tout genre.

Hermione s'approcha timidement de lui pour lui désigner le sapin

« - Ce sont les enfants du village qui ont fait ces dessins. Je laisse également toutes les personnes rentrant dans cette boutique contribuer à la décoration du sapin en écrivant un mot résumant leur rêve pour ensuite l'accrocher aux branches, lui annonça-t-elle avec un sourire heureux sur les lèvres tout en regardant le sapin avec fierté.

- Qu'est-ce que vous faites ensuite de tous ces mots ? Souffla-t-il, de peur de perturber le calme de la boutique.

- Lors du nouvel an, la mairie organise un grand repas où tout le monde est invité. A l'extérieur, on fait brûler les mots pour que tout l'espoir qu'ils comportent vienne se greffer dans les rues et sur les maisons pour que la chance nous sourie et que nos rêves se réalisent.

- C'est ton idée ?

- Oui. Lorsque je suis arrivée ici avec Blaise, j'avais besoin de m'accrocher à quelque chose, besoin d'un peu d'espoir. La première fois que nous l'avons fait, on mettait les mots dans le sapin de la mairie. Ce Noël là, j'ai souhaité avoir un peu de chance et deux mois plus tard, la papeterie a été mise en vente. L'année dernière, j'ai souhaité bêtement un livre de Jane Austen en version original, et je l'ai trouvé, enfin je l'ai reçu un jour par hibou. Je ne sais toujours pas qui me l'a offert, ajouta-t-elle avec un petit rire. Et l'année dernière… tu me manquais tellement que j'ai souhaité avoir de tes nouvelles, annonça-t-elle sérieusement, le regardant droit dans les yeux. Et maintenant, tu es là devant moi.

- Et cette année ?, demanda-t-il difficilement.

- Je n'en ai pas encore eu le temps. Mais vas-y, va en remplir un, on parlera plus tard. Ils sont sur la petite commode près des chocolats chauds, dit-elle avec un clin d'œil et un léger sourire amusé. »

Tournant la tête vers la commode, il repéra en effet du papier ainsi que des ficelles. Il y a avait également des stylos de toutes les couleurs ainsi que du papier aux motifs de Noël. Cela lui rappela étrangement les papiers personnalisé pour la coupe de feu en quatrième année…

Il prit un des papiers ainsi qu'un stylo noir, s'installa confortablement dans un fauteuil et commença à écrire. Une fois fait, il l'accrocha à l'arbre et chercha des yeux Hermione ou Blaise. Ce dernier était derrière les caisses et arborait un bonnet de Noël qui tintait joyeusement à chacun de ses mouvements. Hermione, quant à elle, observait l'extérieur d'un air pensif.

« - Tout va bien ?

- Bien sûr, pourquoi cela n'irait-il pas ? Répondit-elle trop rapidement. Non, je pensais juste au passé…

- Je comprends… Je suis désolé de faire remonter des mauvais souvenirs.

- Non ! Ne le sois pas ! Cela fait juste longtemps que je n'avais plus pensé à Poudlard… Avec Blaise, nous évitons tout sujet s'y rapportant sauf lorsque nous n'avons pas le choix lors des soirées commémoratives… Dans ces cas-là, pas le choix, on ne me laisserait pas rater l'une de ces soirées, ajouta-t-elle tristement, surtout celle du 2 mai…

- J'ai cru comprendre que tu n'avais plus de contact avec Saint-Po…. Enfin avec Potter et Weasley ?

- En effet, ils n'ont pas vraiment compris pourquoi je te soutenais ou pourquoi à la fin de la guerre je me suis sentit perdre pied…

- C'est encore de ma faute, dit-il avec remord.

- Non, notre amitié se serait surement briser même sans toi. J'ai l'impression qu'elle reposait presque entièrement sur la nécessité que nous avions de nous sauver la vie mutuellement. Littéralement. En réalité, nous n'avions pas grand-chose en commun… Et puis, ils n'auraient jamais accepté mon amitié avec Blaise qui m'a pourtant sauvé la vie sur tous les points. J'ai parfois quelques nouvelles de Molly et je les voie tous aux soirées du Ministère, mais nous limitons tous contact en dehors de ces temps-là. »

Drago fixa son visage intensément à la recherche de la moindre douleur ou tristesse, mais rien. Hermione était vraiment passé à autre chose. Elle s'était construit sa propre vie sans qu'aucune contrainte ne vienne lui imposer son choix.

En un sens, Drago était extrêmement fière de voir qu'Hermione était indépendante, maître de sa vie et heureuse. Toutefois, sa part égoïste le faisait se sentir rejeté. Comme si le fait qu'elle ait réussie à être heureuse sans lui était une trahison. Comme si finalement, elle n'avait pas aussi besoin de lui que lui d'elle.

Hermione remarqua son changement d'humeur. Il lui semblait être perdu dans de lointaines pensées obscures. Elle ne savait pas très bien comment réagir. Elle avait elle-même eu du mal à s'en sortir une fois la guerre finie et avait été heureuse lorsque la population sorcière qui l'entourait avait enfin recommencé à sourire, emportant la perpétuelle morosité qui avait habité chacun des habitants, une fois que la joie d'être enfin libre les avait quittés.

Alors se retrouver devant un Drago qui n'avait pas encore eu le loisir de faire son deuil et d'enfin commencer une nouvelle vie libre de tout oppression, lui mis un coup au cœur et au moral. Elle ne savait pas trop comment l'aider. Dire des platitudes ne l'aiderait manifestement pas et il avait déjà un chocolat dans les mains pour se réchauffer un peu l'âme.

Soudain, elle eut une idée.

Elle n'était pas sur que cela fonctionne mais après tout, ils n'avaient rien à perdre !

N'écoutant que son cœur, Hermione prit la main de Drago et l'entraîna dans un coin libre de la librairie et commença à danser aux rythmes des chants de Noël diffusé par les enceintes de la chaîne hifi. D'abord sceptique, Drago se contenta de la regarder avec des yeux effarés, comme si elle était folle Peut-être bien d'ailleurs… Mais qu'importe ! Il semblait être revenu dans la vie réelle, et c'était le but de la manœuvre. Alors, tentant le tout pour le tout, Hermione commença à se trémousser tout en chantant à voix haute All I want for Christmas is you d'une voix on ne peut plus fausse et absolument pas dans le rythme de la chanteuse.

Cependant, malgré sa prestation pitoyable, Drago se mit enfin à sourire et se trémousser à son tour dans une danse maladroite, manquant de peu de lui écraser les pieds.

Blaise les observait au loin. Il ne comprenait pas très bien leur relation à tous les deux, mais le simple fait de voir Drago sourire et les yeux d'Hermione pétiller comme de mille feux, lui réchauffa le cœur. Peut être qu'il ne pourrait jamais les comprendre… Après tout, rien ne laissait penser qu'ils finiraient ensemble. Pourtant, en les regardant, il lui paraissait évident qu'aucun des deux ne pourrait trouver meilleur partenaire un jour. Ils semblaient se compléter, s'apporter à chacun ce qui manquait à l'autre pour être pleinement heureux. Blaise, en son fort intérieur, leur souhaita tout le bonheur du monde tout en se promettant de les surveiller de près pour éviter toutes engueulades inutiles entre ces deux tourtereaux dont les caractères promettaient nombre d'explosion…

Les laissant à leur bonheur naissant, Blaise les laissa dans leur bulle pour se concentrer sur le bonheur ambiant que cette boutique inspirait à tous…

FIN