Noir. Remus avait préparé du thé noir pour le goûter, Harry pouvait le sentir depuis sa chambre au deuxième étage.
- Harry, tu veux bien aller acheter des biscuits ? Cria son oncle Sirius Black, en bas de l'escalier
- Bien sûr, je n'ai que ça à faire en mon dernier jour de vacances.
- Cesse donc cette insolence. Répliqua Sirius avec un ton faussement autoritaire
Le garçon aux yeux verts dévala les escaliers avec un sourire en coin suite à cette remarque, tandis que son oncle lui donnait une petite tape sur l'épaule tout en lui glissant un peu d'argent dans la main.
Harry quitta alors la maison, et avant de fermer la porte il eut le temps d'entendre un début de chamailleries entre Sirius et Remus.
Il se dit que jamais ils ne grandiraient, et c'était ainsi qu'il les appréciait.
Le vent était encore chaud en ce 31 août, ce qui était étonnant à Bristol.
Harry espérait que ce temps allait perdurer tout le mois de septembre.
L'été lui rendait toujours cette bonne humeur que l'année scolaire lui faisait perdre.
Le trajet jusqu'à la boulangerie du coin fut silencieux, mais le jeune homme ne compta plus le nombre de fois où il se retournait afin de s'assurer que personne ne le suivait.
Une petite sonnette retentit lorsque Harry poussa la porte de la boutique.
Aussitôt, la personne au comptoir soupira à la vue du garçon.
- Bonjour Myrtle, je voudrais trois de vos cookies s'il vous plaît.
Il déposa l'argent sur le comptoir et la vendeuse lui tendit les gâteaux.
- Avez-vous remarqué quelque chose aujourd'hui ? Demanda Harry tout à coup
- Non, rien d'inquiétant. C'est une journée plutôt calme je dirais.
Mademoiselle Myrtle était la vendeuse et propriétaire de la boulangerie préférée de Sirius.
Mais si Harry s'y précipitait toujours sans hésitation, c'était parce que Myrtle était à chaque fois au courant de tout.
Et Harry avait cruellement besoin de réponses.
Il fronça les sourcils suite à la réponse négative de la femme, déçu.
- Mon garçon, il est temps que tu ailles à l'école. Tu te retournes le cerveau pour des affaires qui ne sont pas à ta charge.
Depuis cinq mois, deux habitants de Bristol se faisaient tuer en même temps toutes les deux semaines.
Ils n'étaient pas forcément parentés, cela pouvait être deux hommes, deux femmes, des personnes âgées, un adolescent ou encore un enfant.
Mais ils étaient tous assassinés de la même façon, un coup de couteau leur était enfoncé droit dans le cœur.
Harry ne désirait pas retrouver le meurtrier pour la gloire, ni même parce qu'il se destinait à une carrière dans les affaires criminelles.
Il voulait démasquer ce monstre car il était persuadé que ses parents avaient été ses premières victimes, dix-sept ans plus tôt.
Et ils avaient été les dernières...
Jusqu'à cette année, où il sévissait à nouveau, caché dans l'ombre.
Personne ne parvenait à retrouver sa trace.
Le capturer était aussi fou que de vouloir attraper un nuage et l'enfermer dans un bocal.
Ce qui était le plus dur pour Harry, c'était le fait que personne ne voulait croire que ce meurtrier était le même que celui qui avait tué ses parents.
Pas même Sirius.
Frustré, il se détourna de la vendeuse en lui lançant un "au revoir" plus froid que la glace.
Alors qu'il s'apprêtait à sortir, un garçon qui devait avoir son âge, peut-être plus, lui fit face.
Des petites rides se formèrent autour de ses yeux bruns malicieux alors qu'il souriait à Harry.
Celui-ci sentit ses joues chauffer et il lui esquissa alors un petit sourire timide avant de se précipiter dehors.
Sur le chemin du retour, Harry ne cessa de penser à cet échange.
Cela lui rappela cette personne qu'il verrait demain au lycée, cette personne qu'il n'avait pas réussi à oublier tout l'été, et son cœur se réchauffa aussitôt à cette pensée.
De retour à la maison, Harry donna les biscuits à son parrain et s'assit en bout de table.
Sirius remarqua très vite son air rêveur.
- Quelque chose te tracasse Harry ?
Le concerné sortit de ses pensées et avala une gorgée de thé chaud avant de répondre.
- La rentrée me préoccupe un peu en effet.
- C'est ta dernière année Harry, c'est normal. Mais tu sais très bien que tu vas la réussir, comme toutes les autres. Remus tenta de le rassurer
- Et puis, c'est le moment pour avoir le maximum de copines, tu ne les reverras plus après. Sirius lui fit un clin d'œil
- Sirius. Pesta le loup
- Quoi encore Remus ? S'offusqua le parrain d'Harry
- Ce ne sera pas forcément des filles. N'avance pas de telles choses.
Sirius sourit alors malicieusement puis il porta la tasse de café à sa bouche tout en regardant Remus.
Il détestait le thé, tandis que l'ancien professeur de littérature le vénérait.
Harry se racla soudain la gorge, mal à l'aise face à toute cette situation.
- Bon, je crois que je vais vous laisser.
Il n'attendit pas leurs réponses et fila dans sa chambre.
S'il y avait bien une chose qu'il détestait, c'était de parler de ses relations.
Notamment avec Sirius et Remus.
Harry s'affala sur son lit en soupirant, il avait besoin de se changer les idées.
Le meurtrier de Bristol commençait à lui revenir en tête.
Il s'empara alors de son téléphone qui était resté sur sa table de nuit et contacta Ron par message.
" - Hey Ron, qu'est-ce que tu fais ? 16h56
- Ma mère me traîne dans les magasins pour la rentrée... Elle veut m'acheter un agenda avec un caneton dessus, t'y crois ça ? 16h58
- Ça m'étonne pas trop d'elle... Il suffit de voir les pulls qu'elle te tricote. 16h59
- Qu'est-ce que t'insinues Harry ? 17h00
- Oh, rien... Je n'arrête pas de penser à ce tueur en série. Il me hante et je sais que c'est lui. 17h00
- Il vaudrait mieux que l'on parle de ça face à face. J'ai trouvé des informations qui pourraient peut-être t'intéresser mais je préfère pas les divulguer par sms... 17h02
- Mais comment est-ce que tu veux que j'attende jusqu'à demain avec ce que tu viens de me dire ?! 17h02
- Du calme vieux. Elles vont pas disparaître d'ici demain. 17h03
- Tu parles, avec ta mémoire aussi grosse qu'une petite cuillère comme dirait Hermione.. 17h03
- En parlant d'Hermione, je la croise souvent à la maison en ce moment, sans vraiment savoir pourquoi. Elle m'évite un peu quand ça arrive. 17h04
- Arrête donc d'être si naïf. 17h06
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? 17h06
- Harry ? 17h07
- Mmh, je préfère ne pas divulguer ces informations par message si tu vois ce que je veux dire. Allez, à demain Ron. Prépare-toi, Hogwarts va te changer de ton ancien lycée, haha. 17h08"
Harry balança son portable à l'autre bout du lit et se leva.
Il se dirigea vers la fenêtre et s'assit sur le rebord de celle-ci.
Elle donnait sur une rue assez animée de Bristol, avec une petite rivière entre la route et la piste piétonne.
Le son de l'eau l'apaisait toujours dans les moments où des pensées sombres prenaient le dessus.
Il adorait vivre avec son parrain, c'était le paradis à côté de sa tante Petunia chez qui il avait vécu plus de douze ans, avant que Sirius ne soit libéré de prison après y avoir été injustement enfermé.
Mais parfois ce passé qu'il n'avait jamais connu refaisait surface, et ses parents lui manquaient terriblement.
Il aurait aimé que sa mère soit là afin de le conseiller sur sa vie personnelle, ses études, ses petits bonheurs et ses malheurs.
Il aurait aimé que son père soit son modèle et son refuge dans les moments difficiles.
Il aurait tant aimé le voir avec Sirius et Remus, car il leur manquait probablement autant qu'à lui.
Mais c'était ainsi, et Harry avait appris à faire avec au fil des années.
Aujourd'hui pourtant, il eut hâte de retourner à l'école afin d'oublier tous ces souvenirs qui provenaient au final de sa simple imagination.
• N/A
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? J'espère que l'idée de faire un chapitre pour chaque personnage vous plait.
