Réflexions

Shoto était pensif.

Allongé sur un hamac accroché autour d'un d'arbre, il se balançait doucement au-dessus de l'herbe verte, admirant un ciel bleu et sans nuages.

Il se sentait bien ici, dans son jardin, à admirer le ciel et les quelques fleurs qu'il avait planté au début du printemps. Bien que l'été ait pointé le bout de son nez il y a quelques semaines déjà, il était content de voir que les fleurs résistaient à la chaleur qui se faisait plus intense chaque jour. Il avait pris toutes les précautions nécessaires pour qu'elles vivent le plus longtemps possible.

Il songeait au passé.

Cela faisait maintenant neuf ans qu'il avait quitté Yûei son diplôme en poche. Il se sentait encore un peu honteux quand il repensait à ses débuts, lorsqu'il s'était montré impoli avec Inasa durant l'épreuve d'entrée des élèves recommandés ou bien lorsqu'il avait complètement gelé Sero lors de la dernière épreuve du festival sportif de Yûei. Même s'il avait réparé ses erreurs depuis le temps, y repenser le mettait mal à l'aise. Il ferma les yeux quelques instants, se laissant bercer par les va-et-vient du hamac.

Une fois diplômé de l'école des super-héros à dix-huit ans, il avait rejoint l'agence de son père avec qui il avait fini par se réconcilier. Ce n'était toujours pas le grand amour entre eux, mais déjà ils pouvaient se parler et travailler ensemble sans soucis. Il arrivait même que Shoto vienne le dimanche midi pour partager un repas en famille, mais ça restait tout de même assez rare.

Son meilleur ami Izuku, après être parti s'entraîner quelques mois dans les montagnes avec All Might, avait rejoint une nouvelle agence de héros qu'il avait ouverte avec Ochacco. D'ailleurs en parlant d'elle, il se remémorait le temps que ces deux-là avaient mis à se mettre ensemble...

Il était pourtant évident que chacun avait eu le coup de foudre pour l'autre dès leur première rencontre, mais il leur avait bien fallu attendre trois ans pour se rendre compte, en quittant le lycée, qu'ils avaient des sentiments l'un pour l'autre. Et encore, toute la classe avait dû les aider à le voir.

Il esquissa un sourire. Il n'était pas forcément le mieux placé pour les juger.

Une légère brise lui caressa le visage.

Son regard se fixa sur les Némésias rouges et blanches. Un idiot les lui avait offertes pour se moquer de lui, et même si sur le coup il avait eu envie de les lui faire bouffer, il devait avouer qu'elles apportaient une petite touche originale dans le jardin. Il avait essayé de se venger en plantant des tournesols, mais pour le coup la référence était un peu moins évidente.

Il se mit sur le côté pour pouvoir observer les fleurs plus confortablement. Il les regarda quelques instants puis sentit que le sommeil le gagnait petit à petit. Ses yeux papillonnaient de fatigue, il était sur le point de s'endormir, n'accordant plus grande importance à son environnement et encore moins à des bruits de pas qui se voulaient discrets. Du moins jusqu'à ce qu'il entende le bruit d'une petite explosion à quelques centimètres de ses oreilles.

Il sursauta et se retourna violemment pour voir l'idiot qui s'était permit de lui faire peur. Enfin, il essaya de se retourner mais mit trop d'entrain dans son geste et se rétama au sol. La prochaine fois il irait flâner sur un transat.

Putain, tu fais chier ! Dit-il en se relevant.

Arrête de jurer, après on va encore dire que je déteins sur toi. Répondit l'idiot en question, un sourire aux lèvres.

Il le fusilla du regard. Déjà ce détraqué mental se permettait de le déranger dans sa sieste, mais en plus il était fier de lui ?

Rien à foutre, je parle comme je veux, c'est sûrement pas toi qui va me faire la leçon Bakugo ! Dit-il de mauvaise foi.

Quand je pense au nombre de fois où tu m'as reproché mon langage… Répondit malicieusement Bakugo, son sourire toujours scotché à ses lèvres.

Shoto était silencieux mais continuait à le fusiller du regard. Il laissa tout de même le blond se rapprocher de lui. Ce dernier posa sa main sur la joue du bicolore et déposa un baiser sur ses lèvres en signe d'excuses.

Car oui, en fait cela faisait plusieurs années que ces deux-là s'étaient mis en couple. D'ailleurs dans exactement trois mois, ils allaient fêter leurs dix ans.

Ils s'étaient mis ensemble lors de leur dernière année à Yûei. Lors des vacances d'été et pendant le camp d'entraînement qui avait eu lieu en septembre ils s'étaient tous les deux beaucoup rapprochés. Izuku les avait bien aidés à se mettre en couple, ayant compris rapidement ce que les deux garçons ressentaient l'un pour l'autre. Mais pas sans encombres…

Izuku avait dû ruser lors d'un jeu avec la classe pour faire en sorte de les enfermer tous les deux afin qu'ils puissent parler. Eux ou leurs hormones d'ailleurs. Enfin, ça c'est une toute autre histoire.

En dix ans Bakugo avait sacrément déteint sur Shoto et réciproquement. Le blond s'énervait beaucoup moins qu'avant, parlait un peu mieux aux gens et avait même réussi à changer son image de garçon violent. Le rouge et blanc, lui, avait appris tout un panel de vocabulaire fleuri. Lorsqu'il se mettait réellement en colère, il arrivait à faire concurrence à son compagnon tellement il pouvait être grossier.

D'ailleurs Bakugo était assez fier d'avoir réussi à décoincer Shoto. Il adorait l'embêter pour l'entendre jurer et se rappeler à quel point il pouvait avoir de l'influence sur lui. Qui aurait pu dire que sous le masque froid et indifférent que Shoto portait quelques années auparavant, se cachait en fait un garçon ayant tout un panel d'émotions à sa disposition ? Sûrement pas le blond en tout cas. Et même après autant d'années ensemble, il adorait voir les réactions du garçon en face de lui et ne s'en lassait pas.

Après le baiser, le blond s'éloigna d'un pas et lui dit d'une voix amusée :

Je suis rentré.

J'avais remarqué, merci. Répondit l'autre, mauvais.

Un rictus faisait à nouveau surface sur son visage. S'il avait agacé son copain, c'était évidemment parce qu'il avait une idée derrière la tête pour se faire pardonner.

Il remit le hamac en place et s'installa confortablement dedans.

Tu viens double-face ? Demanda-t-il.

Ne m'appelle pas comme ça… Râla Shoto.

Ce dernier s'allongea à ses côtés, non sans l'avoir poussé un peu. Ce n'était pas parce qu'ils avaient acheté un hamac pour deux qu'il fallait prendre toute la place.

Tu rentres tard. Commença Shoto après quelques minutes de silence.

Je sais, la mission s'est un peu éternisée. Répondit le blond. Il n'avait quand même pas changé au point de s'excuser pour un rien.

Toi qui cuisine du coup… Dit mollement le bicolore.

T'es sérieux ? T'as rien fait de la journée à part glander sur ce putain de hamac je te rappelle.

Tu m'as coupé dans ma sieste et si je viens de bouffer le sol ce n'est pas parce que tes coups de reins étaient trop fort.

Bakugo regardant son petit ami d'un œil coquin.

C'était une image Bakugo. Dit Shoto, ayant bien vu la lueur qui s'était allumée dans le regard du blond.

Si tu veux je peux me rattraper ? Dit-il d'une voix suave.

Shoto ne dit rien sur le coup, le fixant avec insistance. Ils ne l'avaient jamais fait sur un hamac. C'était tentant. Mais cette idée tombait un peu trop au bon moment. Et Shoto était loin d'être bête.

Tu avais prévu ton coup hein ?

Bakugo se rapprocha du bicolore et chuchota en lui mordillant l'oreille :

J'vois pas de quoi tu parles.

Shoto frissonna à ce contact. Bakugo connaissait tous ses points faibles, il ne risquait pas de résister longtemps, même avec la meilleure volonté du monde. Mais qui ne tente rien n'a rien. Il repoussa un peu le blond en posant ses mains sur ses pectoraux musclés.

Ce dernier le fixa, comprenant qu'il comptait résister un peu pour la forme. Il mordit sa lèvre du bas de manière sensuelle, toujours en le regardant fixement. Il voulait jouer ? Très bien. Il attrapa un des poignets de Shoto pour lui faire caresser ses abdos. Cela déconcentra légèrement le bicolore qui en profita pour attraper le cou du bicolore et l'effleurer de ses lèvres avant de le couvrir de baisers. Il remonta sa bouche vers une oreille, attrapant le lobe de ses dents, jouant avec.

Shoto essayait tant bien que mal de retenir ses gémissements. Mais hors de question de perdre comme ça. Il repoussa une nouvelle fois le blond, un peu plus loin cette fois.

B-Bakugo arrête.

Putain, avec ce bégayement, il n'était pas crédible pour un sou. Il le voyait dans la façon qu'avait l'autre de le regarder et de sourire comme un con. Juste pour lui faire ravaler son sourire, il lui gela son t-shirt. C'était à lui de rire maintenant.

Putain Shoto non ! S'écria l'autre, perdant son sourire sur le coup.

Bakugo le voyait sur sa tête, double-face était content de sa connerie. Il allait le regretter. Il fit exploser la glace et son t-shirt par la même occasion, se retrouvant ainsi torse nu.

Le bicolore détourna les yeux, les joues rouges. Son copain était vraiment bien foutu, s'il le regardait il allait craquer, il le savait. Il mit une main sur ses yeux avant de sentir le hamac remuer. Il écarta les doigts pour voir ce que Bakugo faisait et il les referma aussitôt.

P-Pourquoi t'es nu ?

Ils avaient beau sortir ensemble depuis dix ans, voir le corps de son copain le mettait toujours dans tous ses états et réciproquement. Il sentit Bakugo se coller contre lui et lui chuchoter à l'oreille :

Tu trouves pas qu'il fait chaud ?

T'as pas pire comme phrase de merde ? Rétorqua-t-il.

Il entendit Bakugo rire légèrement avant de sentir des lèvres contre les siennes. Il se laissa faire, entrouvrant la bouche lorsque le blond lui en demanda l'accès. Il avait perdu, il le savait et l'autre aussi.

Bakugo passa au-dessus de Shoto sans interrompre leur baiser, frottant son sexe libre contre celui encore piégé du bicolore, lui arrachant au passage de légers gémissements étouffés.

Ils se séparèrent pour reprendre leur souffle et le blond en profita pour ôter le débardeur de son copain. Il déposa des baisers sur son cou avant de descendre sur son torse, s'attardant sur deux boutons de chair. Pendant qu'il suçotait et mordillait l'un des tétons, sa main s'occupait du deuxième, faisant rouler la petite boule de chair entre ses doigts, la pinçant légèrement de temps en temps.

Pendant qu'il gémissait faiblement sous Bakugo, Shoto en profitait pour tripoter ce dernier. Il fit glisser une main dans son dos pour descendre jusqu'à ses fesses tandis que son autre main caressait les abdos et les pectoraux contractés du blond.

Il descendit sa main vers la verge tendue qui se présentait à lui et commença de doux va-et-vient, faisant gémir l'homme au-dessus de lui.

Bakugo sentait sa patience faiblir. Il se redressa tant bien que mal dans le hamac et déshabilla le bicolore aussi rapidement qu'il le pu. Il s'inséra deux doigts dans la bouche et les lécha sensuellement tout en fixant le regard vairon sous lui. Il retira les doigts d'entre ses lèvres, laissant une fine trainée de bave apparaitre et les plaça entre les fesses du bicolore. Il fit de petites pressions, sans pour autant insérer de doigt, prenant un malin plaisir à le voir s'impatienter.

Impatient ? Murmura-t-il.

Ta gu-haaa.

En fait Bakuto adorait cette situation. C'était un des seul moment où il pouvait faire taire Shoto. Il le faisait languir avant de lui faire une remarque et quand le bicolore s'apprêtait à lui répondre, il enfonçait ses deux doigt en lui pour le faire taire.

J'ai pas compris, répète pour voir ?

Co-haa…nnard.

Le bicolore se sentit défaillir momentanément lorsque Bakuto inséra ses doigts en lui. Et ce fut pire lorsqu'il attrapa sa verge et qu'il le branla. Il était tremblant, gémissant sans retenue quand l'autre enfonçait ses doigts sans douceur particulière, sachant à quelle vitesse et où taper pour le faire décoller. Shoto grogna lorsque le blond retira ses doigts. Il eu droit à une petite réflexion.

Fait pas ta salope comme ça, je reviens avec un truc beaucoup mieux.

Dire qu'il y a quelques années il l'aurait claqué s'il avait osé lui dire ça…

Le pire c'est que ça l'excitait en fait, quand le blond lui parlait vulgairement. Il n'eut pas le temps d'y réfléchir plus que Bakugo lui souleva les jambes et entra, plus ou moins délicatement, en lui, d'un coup, provoquant une vague de plaisir intense. Il perdit le sens des réalités quelques secondes.

Ayant préalablement lubrifié sa verge avec sa bave, le blond n'eut pas de mal à s'insérer dans le bicolore. Il adorait entrer d'un coup en lui en visant un point bien précis. Il adorait le voir défaillir, le voir longuement gémir de plaisir lorsque sa queue tapait pile dans sa boule de nerf. Avec le temps, il savait exactement ou cette dernière se trouvait et il en profitait bien.

Il commença à bouger lorsque Shoto repris un peu ses esprits. Autant qu'ils en profitent à deux sinon ça n'avait pas grand intérêt. Il accéléra un peu ses coups de reins, faisant claquer ses cuisses contre les fesses de l'autre. Ils étaient tout de même limités dans leurs gestes car un hamac c'est bien pour dormir ou faire l'amour calmement, pas comme des brutes.

Ils continuèrent leur affaire une quinzaine de minutes, avant que Bakugo ne se mette à branler Shoto afin que ce dernier vienne. Il n'eut pas à attendre bien longtemps, le bicolore se crispa, penchant sa tête en arrière et dans un long gémissement il se libéra entre leur deux torses. Lorsqu'il éjacula, il se resserra autour du blond qui après quelques aller-retours vint à son tour.

Il s'affala sur le corps de son copain, sentant les bras de ce dernier entourer son buste. Ils reprirent leur respiration puis Bakugo se releva afin de s'affaler sur le côté. La seule chose qu'ils n'avaient pas prévu, c'est la résistance éventuelle du hamac. Lors de leurs ébats, ils n'avaient pas fait attention mais ils avaient réussi à abimer la corde. Et lorsque le blond se laissa tomber, la corde lâcha, les faisant tomber sur le gazon comme des masses.

Shoto se fit mal au bas du dos et Bakugo n'eut rien car heureusement le hamac n'avait pas été accroché très haut. Enfin cela n'empêcha pas le bicolore d'insulter Bakugo de bête sauvage qui ne savait pas se retenir. Ce dernier n'en ayant clairement rien à foutre, le pris dans ses bras et se rallongea confortablement.

Heureusement que les voisins sont partis hein… Commença Shoto.

Qu'est-ce que tu racontes, on n'a pas de voisins idiot. Souffla le blond.

Ce n'est pas plus mal. Bref, porte moi jusqu'à la baignoire.

Bakugo le regarda d'un mauvais œil.

Pardon ? Démerde-toi tout seul.

Je te rappelle que c'est votre faute à toi, ta bite et ta retenue si j'ai mal au cul et au dos, alors ferme ta gueule et porte moi jusqu'à cette putain de baignoire.

C'est à ce moment-là que Bakugo se dit qu'il aurait dû faire des efforts pour être moins vulgaire AVANT de se mettre en couple.