Disclaimer : Les personnages de My Hero Academia appartiennent à Kohei Horikoshi.

Rating : T (langage fleuri)

Pairings : Techniquement, c'est du Bakugo Katsuki / Midoriya Izuku, mais... Euh...

Genre : Je crois que c'est de l'Angst xD

Bonjour et bienvenue dans ce recueil de petits O.S., à l'occasion de l'événement d'été 2020 du forum francophone de MHA. Je n'ai pas la prétention d'écrire de longues histoires, simplement des scénettes répondant aux défis qui m'inspiraient :D (De toute façon, je débarque dans le concours un peu tard xD).

Défi : N° 6 - UA Âmes sœurs


Katsuki savourait la brise fraîche du printemps, assis à côté de la fenêtre, les pieds sur son bureau. Puis cet abruti de Deku pointa le bout de son nez dans la classe et les murmures fusèrent, brisant sa quiétude.

Évidemment, encore, bordel.

C'était toujours la même chose, avec de légères variations, agrémentées de tics de langages. Mais le cœur des paroles était toujours le même : pauvre Midoriya, qui a manqué son Âme sœur. Et vas-y que je te fasse des yeux larmoyants, et vas-y les soupirs de pitié, et vas-y les commentaires aussi stupides que niais, comme quoi il retrouverait sa Moitié, saurait la reconnaître dans la foule, tous ces trucs mièvres de comédies romantiques à la con qui ne faisaient que donner des illusions à ceux qui avaient raté la Rencontre.

Ah, bordel. Deux mois qu'il avait intégré ce bahut, et deux mois que c'était la même chose, tous les jours. Ils pouvaient pas passer à autre chose, au bout d'un moment ? Il regarda les abrutis qui s'amassaient autour de Deku et souffla d'exaspération. Probablement pas, vu leurs deux neurones collectifs qui se courraient après.

C'était bon, ça le gavait déjà. Il se leva brusquement, écarta d'un coup d'épaule l'un des abrutis sur son chemin, direction la porte. Il entendit vaguement un "Pourquoi il est de mauvais poil, encore", qu'il ignora royalement. Mais un autre débile se sentit obligé d'ouvrir sa gueule et faire un commentaire sur son statut relationnel.

- Tu sais pas ? Bakugo aussi a raté son Âme sœur.

Katsuki fit volte-face, empoigna le coupable par le col, et fit ce qu'il savait faire de mieux : exploser.

- Reparle de ça et je t'éclate la face !

Surpris par sa violence, l'autre le regarda les yeux écarquillés, bouche ouverte, hébété, l'air débile, et Katsuki décida que ça en valait pas la peine. Demain, c'était le jour d'Acteur 101, le cours dispensé par All Might en personne, et il ne voulait pas rater ça avec une exclusion. Surtout pour corriger un minable pareil. Il tourna les talons, et passa l'encadrement de la porte.

- Bakugo, où vas-tu ? demanda son professeur, qui approchait de la salle dans le couloir.

- J'me casse de ce bahut d'merde, répondit-il en s'éloignant, sur le même ton.

Il y eut des cris, des protestations, des menaces peut-être, même, mais Katsuki s'en foutait autant que le compteur qui était autrefois inscrit dans son bras gauche. Les mains dans les poches, sans réellement se faire arrêter, il quitta l'Université des Acteurs, U.A. pour les intimes. Ouais, c'était un beau nom de merde pour un lycée, mais ils voyaient les choses en grand, ici. Soi-disant qu'en passant par leurs cours prestigieux, ils étaient assurés d'une carrière sur le grand écran, en premier plan ou dans les coulisses. C'était pas faux - c'était pour ça qu'il était ici, après tout -, mais ça restait un beau nom de merde.

Ses pas l'amenèrent jusqu'à son Fourth Fitness favori. Sans hésiter, il badgea sa carte de membre à l'entrée, et s'aventura dans la salle de sport, son domaine, loin de ces conneries d'Âmes sœur. Ici, pas de débile curieux essayant de regarder son compteur, ou son absence de compteur, pas de discussion sur la Moitié, la Rencontre, et toutes ces autres conneries assorties d'une majuscule. Juste des poids, des machines, et un peu de musique bien rythmée en fond.

Point positif : à cette heure-là, y'avait personne, pas besoin d'attendre, de tourner sur le même spot, ou de se taper les abrutis qui pensaient que leurs progrès étaient proportionnels au niveau sonore de leurs grognements - inutiles - durant l'effort. Point négatif : pas de Kirishima pour se lancer dans une compétition, et pousser plus que nécessaire sur ses muscles. Bordel, pourquoi cet abruti était-il resté sagement dans le lycée ? Ah oui. Lui, il y croyait, à ces conneries.

Leur cours du mardi matin était intéressant, en temps normal. Analyse et structure des films, ça claquait. Même, il adorait ça d'habitude. Mais depuis deux semaines, ils étaient en plein dans la partie sur les comédies romantiques, et s'il entendait quelqu'un lui parler encore une fois de ces conneries d'Âmes sœurs aujourd'hui... Il fit craquer ses doigts. Autant dire qu'il y aurait un débile à l'hosto. Encore. C'était le problème d'arriver dans un nouvel établissement, ça, les gens savaient pas encore qu'il fallait absolument pas le faire chier avec ces putains de conneries relationnelles !

Il se changea rapidement dans les vestiaires, enfila sa tenue de sport, puis commença par s'échauffer.

Qu'est-ce qu'il y avait de si bien dans le fait d'avoir une Âme sœur, de toute façon ? Son poignet craqua lorsqu'il lui fit faire des rotations de la main, comme pour approuver ses pensées. Toute cette histoire était débile. Oh, ça avait l'air pas trop mal, sur le papier : la personne dont on croisait les yeux au moment où le compteur sur le bras gauche tombait à zéro était la Moitié tant désirée.

Il attaqua sa séance sur les machines d'entraînement, l'esprit à mille lieues de ses muscles contractés, en plein milieu de ces conneries astronomiques.

Ouais, ça sonnait bien. Super bien même, autant que les publicités flashy sur internet qui défonçaient les yeux par tous les moyens pour annoncer à l'utilisateur crédule ses gains d'argent astronomiques. Les Âmes sœurs étaient exactement identiques : une gigantesque et risible arnaque.

D'abord, le compteur en était pas vraiment un. Il indiquait bel et bien le nombre de secondes avant de croiser les yeux de son Âme sœur, mais il restait fixe. Un numéro, tatoué sur la peau depuis la première respiration jusqu'à la Rencontre, si jamais la Moitié crevait pas avant. Du coup, si jamais on connaissait pas l'heure exacte de sa naissance…

Mais il y avait encore pire foutage de gueule : la personne dont on croisait les yeux lors de la seconde fatidique n'était pas forcément un inconnu. Ouais, on pouvait la connaître depuis dix, vingt ans. Super, hein ? Putain, quel système débile. Comment tous ces débiles pouvaient aimer ça ? Ah ouais, parce que c'était des abrutis, justement.

Katsuki changea d'exercice, s'attaquant à une autre machine de la salle de sport.

Y'avait même un putain de jour de congé exceptionnel pour son jour de Rencontre. Histoire que ça se fasse pas au milieu d'une foule bondée, sans aucune possibilité de jamais retrouver sa Moitié. Ah oui, parce que ne pas afficher le décompte et révéler trente ans après un Lien n'était pas assez débile. Une fois la seconde fatidique passée, le compteur disparaissait, et il n'y avait plus aucun moyen de savoir. Pas de deuxième chance. C'était foutu, perdu. Quelques rares s'en sortaient avec les registres, mais la vie réelle n'était pas une putain de comédie romantique.

Katsuki grogna alors qu'il terminait sa série sur la machine. Trempé de sueur, il remplit à nouveau sa gourde.

Ah, bordel, s'il avait sous la main les abrutis qui lui avaient remis le sujet en tête...

Énervé - et le mot était faible -, il passa au développé couché, un sujet bien moins fâcheux. S'allonger sur le banc, le dos en arrière, attraper la barre, de manière symétrique, la soulever du support, puis l'abaisser, la relever, l'abaisser encore. Tous étaient des gestes qu'il maîtrisait à la perfection, avec une putain de précision, sans même y penser. Mais aujourd'hui, ce n'était pas une fierté, c'était un fardeau. Ses gestes mécaniques ne lui permettaient pas de se vider l'esprit et dès que l'exercice n'était pas assez intense, ou qu'il prenait sa pause entre deux sets, ses putains de pensées stupides revenaient en force. Il tenta de compter les répétitions pour se distraire, se concentrer sur les contractions de ses pectoraux. Sept... Huit...

Bordel !

Malgré l'effort, son cerveau refusait de s'arrêter, revenant en boucle sur des conneries qu'il aurait aimé oublier depuis des années. Si Katsuki n'avait plus de marque sur le bras, ce n'était pas parce que son Âme sœur était morte, comme la rumeur que les abrutis qui lui servaient de camarades de classe aimaient à répandre. Non, c'était parce qu'il faisait partie de ces putains de soi-disant chanceux à avoir la Rencontre prévue à un très jeune âge. Foutaises, foutaises !

Il rajouta des poids sur la barre, cherchant d'autant plus à se défouler. Mais ses souvenirs affluèrent quand même, vicieux, incontrôlables. Déjà petit, il détestait ces conneries. L'idée qu'une force supérieure puisse choisir son être aimé à sa place lui donnait la gerbe. Alors, le jour J, à cinq ans et des poussières, il avait fugué, discrètement, décidé à avoir une journée comme une autre. Parce que jouer tout seul était stupide, et qu'il avait besoin d'un adulte pour lui ouvrir le parc d'en face, il était allé chercher le gamin des voisins, ce bon à rien de Deku, et sa mère Inko pour les surveiller. Et puisque ses deux autres amis de l'époque n'étaient pas là, ils étaient partis à l'aire de jeux bondée tous les trois.

Il avait embarqué l'autre débile dans un coin secret du parc, un peu à l'abri, et puis...

Bordel.

Son compteur avait disparu. Et celui de cet abruti de Deku aussi, en même temps. Il en était certain.

Heureusement, l'idiot n'avait rien vu, et ce n'était qu'un long moment plus tard, qu'il l'avait remarqué. Enfin, un long moment pour l'époque ; en vrai, il avait dû se passer qu'un quart d'heure, et il pouvait déjà entendre les cris énervés de sa mère au loin.

- Kacchan, dis… C'est… C'est toi ? avait-il bégayé l'autre débile, ses grands yeux stupides écarquillés.

- Bien sûr que non, abruti !

Katsuki avait pris un air suffisant, toisant l'autre enfant.

- C'est dans le parc. Tu l'as ratée. Ou elle est morte.

Bien évidemment, ce bon à rien de Deku s'était mis à pleurer en entendant ses mots. Bordel !

La pensée le mit hors de lui, et il se déplaça dans l'espace poids libres d'un pas rageur. Il prit deux altères, et s'allongea sur un banc de musculation pour les soulever au-dessus de son torse, jusqu'à ce que ses bras soient presque tendus en l'air, dans un mouvement de montée et descente répété.

Évidemment, l'autre abruti avait rejoint sa mère en inondant le sol, et comme l'épanchement lacrymal était un trait génétique de cette putain de famille de merde, Inko en avait fait de même. Sa mère était à côté de l'autre femme, fulminant. Visiblement, ses tactiques de l'époque étaient très claires pour sa génitrice. Il avait à peine eu le temps de dire que son tatouage avait disparu sitôt qu'il était arrivé dans le parc, avant qu'elle ne lui passe le savon de sa vie. Par chance, la naissance de ce bon à peut-être une seule chose avait eu lieu dans une voiture, au beau milieu d'une route de campagne, et autant dire que l'heure de naissance de Deku n'avait pas été là priorité. Et même si le journal local avait cherché plus loin - deux Rencontres manquées ou Âme sœur décédées le même jour, quelle tragédie ! -, il y avait officiellement plus de cinq minutes d'écart entre leur deux Rencontres prévues. Personne n'avait fait attention aux circonstances de la naissance de Deku. Quelle belle bande d'abrutis. Pour une fois, ça l'arrangeait.

Mais Katsuki, lui, savait, et il ne pouvait y croire. Son Âme sœur, cet abruti pleurnichard ?

Conneries.

Que des conneries.

Son Âme sœur ne pouvait être ce minable qui le suivait partout à l'époque comme un toutou bien dressé. Comment ce faible, nullard, aurait-il pu être sa Moitié ? Elle valait plus que ça ! Elle était forcément une personne impressionnante ! Au moins au niveau d'All Might ! Une personne influente, puissante et charismatique !

Il était Bakugo Katsuki, merde !

Mais il avait Deku, ce putain de Deku qui continuait de le suivre partout où il allait, comme pour le narguer, lui rappeler chaque jour cette putain de vérité qu'il ne voulait pas entendre. L'école primaire, il comprenait, ils étaient voisins ! Le collège, aussi. Mais pourquoi ce putain de débile avait choisi le même putain de bahut que lui ?!

Pas la peine de répondre, Katsuki savait très bien pourquoi. Tous les deux, ils admiraient All Might. C'était pour cela qu'ils avaient commencé à se parler, gamins, après tout. Alors aller dans l'établissement qui avait formé l'acteur et cascadeur, où la légende du cinéma elle-même allait donner des cours ? C'était une évidence. Bien qu'il ne comprenait pas comment cet abruti pleurnichard avait réussi à passer les examens d'entrée. Peut-être que ses yeux larmoyants avaient attendri le jury ?

Il fallait dire, perdre la trace de son Âme sœur, ou même sa Moitié tout court aussi jeune, c'était une tragédie. Un fantastique appât à pitié. Le pauvre enfant, plaint par les parents, et petit à petit, marginalisé, exclu.

Putain !

Lui, il avait simplement cassé la gueule à tous ceux qui avaient osé faire une remarque, jusqu'à ce qu'on lui foute la paix. Il jeta rageusement ses altères au sol, pour en récupérer d'autres, d'un poids plus élevé. Il était pas con non plus.

C'était lui qui avait fait d'Izu – de ce putain de Deku – un être pitoyable.

Bordel.

Il continua de soulever les haltères au-dessus de son corps, encore, encore. Jusqu'à ce que ses muscles le fassent souffrir, jusqu'à ce que sa respiration déraille. Mais malgré ses efforts, la vérité demeurait la même, inéluctable.

Izuku Midoriya était son Âme sœur, et il était le seul à le savoir.

Il n'était pas prêt.

Il n'était pas putain de prêt !


Cet O.S. est sponsorisé par Fourth Fitness, la salle de sport tellement efficace qu'elle va vous donner l'impression d'avoir non pas deux, mais quatre bras musclés ! N'hésitez pas à laisser un petit commentaire et follow pour plus de contenu à base de mots jetés sur une feuille :D

XD

Plus sérieusement, j'ignorais que c'était un UA Salle de sport, mais visiblement…

Merci d'avoir lu :D