N'hésitez pas à écouter la musique de Johnny Cash You are my sunshine avec le texte.
Les personnages présents principalement dans cet OS seront le colonel Everett Young, le docteur Rush un scientifique écossais qui a mauvais caractère, et le lieutenant Tamara Johansen qui est aussi appelée TJ.
You are my sunshine.
Lorsqu'Everett entra dans les quartiers de Rush, il sentit une immense tristesse l'envahir. Le scientifique était retenu dans un vaisseau alien ennemi et il était impossible pour le colonel de le retrouver. Tout était sa faute, absolument tout. Il avait abandonné le docteur sur une planète déserte sans un regard en arrière après l'avoir assommé. Il avait certes été hors de lui mais ce n'était pas une excuse, un colonel n'avait pas le droit de laisser tomber ses hommes, qu'ils soient militaires ou civiles. Et aujourd'hui, il se sentait misérable. Young avait commencé, quelques temps avant l'incident, à ressentir quelque chose pour l'écossais. Durant un moment il n'avait pas compris ce que c'était, mais à présent, il savait, c'était de l'Amour. Et voilà qu'aujourd'hui, il se retrouvait seul, avec ses sentiments et sans son irascible chef scientifique.
Faisant le tour de la pièce, l'homme caressa du bout des doigts le peu de meubles présents dans la chambre. C'était si Rush... Son ordinateur portable et son calepin traînaient sur une table qui servait de bureau. Il feuilleta distraitement le bloc-note, il n'y comprenait de tout façon rien aux équations que Nicolas avait écrites mais il aimait regarder l'écriture du docteur.
Soupirant, il se laissa tomber sur le lit et jeta un coup d'œil à son environnement d'un air hagard. Tout semblait si vide sans le docteur Rush. Sa main toucha alors quelque chose de dur sur les draps et baissant les yeux, Everett découvrit l'iPod de Nick. Prenant le petit objet entre ses mains, Young hésita un instant avant de mettre les écouteurs puis il appuya sur play.
Un air de guitare emplit ses oreilles et la voix grave et douce Johnny Cash fit fermer les yeux du colonel. Il aimait beaucoup ce chanteur et encore plus la chanson qui passait, il l'avait écoutée maintes fois dans sa jeunesse, elle s'intitulait You are my sunshine. Enfouissant son nez dans l'oreiller de Nick, il écouta les paroles qui lui rappelaient tant son scientifique.
"The other night, dear, as I lay sleeping
I dreamed I held you in my arms."
Oh il avait souvent rêvé de tenir Nick dans ses bras. Il en rêvait encore, chaque nuit.
"But when I awoke, dear, I was mistaken
So I hung my head and I cried."
Quelques larmes roulèrent sur les joues du colonel. Il pleurait, il ne se souvenait plus depuis combien de temps il n'avait pas craqué, cela faisait beaucoup trop longtemps qu'il encaissait tout, sans broncher, jusqu'à ce que ses poings ne parlent à sa place. Mais à présent, il ne pouvait plus retenir le flot d'émotions qui le submergeait.
"You are my sunshine, my only sunshine."
Nicolas était son soleil, jamais il ne l'avait admis à voix haute auparavant mais maintenant que le docteur n'était plus là, il avait envie de tout avouer, de crier sur les toits l'amour qu'il ressentait pour Rush. Alors il se jura que lorsque Nick serait à nouveau parmi eux, il lui promettrait un amour éternel, enfin si son courage ne s'enfuyait pas avant.
"You make me happy when skies are grey
You'll never know, dear, how much I love you
Please don't take my sunshine away."
Mais il était peut-être trop tard. Nick était peut-être mort ou pire torturé aux mains de ces aliens. Il ne reviendrait peut-être jamais et tout était de sa faute. Il ne pourrait jamais se pardonner si Nicolas ne revenait pas à bord.
"I'll always love you and make you happy
If you will only say the same."
Il doutait réellement que Rush éprouve des sentiments autres que de la haine ou du dégoût pour lui et il le comprenait parfaitement. Il se dégoûtait lui-même, il n'arrivait même plus à se regarder dans un miroir, il ne cessait de revoir le visage ensanglanté de Rush et son corps inerte dans la poussière sur cette planète aride et déserte.
"But if you leave me and love another
You'll regret it all some day."
Et si Nick venait à aimer une autre personne, ce qui était sûrement le cas au vue de l'alliance qu'il portait, Everett ne pourrait jamais lui en vouloir, ni le lui faire regretter. Après tout qui pourrait bien aimer un homme qui avait tenté d'assassiner l'un des leurs.
La porte du compartiment s'ouvrit sur le lieutenant Matthew Scott entra avant de le dévisager tandis que Young retirait ses écouteurs et passait rapidement une main sur son visage.
- Qu'y a-t-il Lieutenant ? Demanda-t-il d'une voix enrouée.
- Une capsule arrive vers nous Colonel. Dit-il, les sourcils froncés.
- J'arrive. Déclara Everett en se levant.
Alors qu'ils se mettaient en route, Matt commença à lancer des regards en coin, très peu discrets, à son supérieur.
- Lieutenant qu'est-ce qu'il y a ? Soupira le colonel.
- Pourquoi étiez-vous dans les quartiers de Rush ?
- Je cherchais un peu de tranquillité. Eluda Everett.
Il ne pouvait décemment pas avouer qu'il y était parce qu'il cherchait la présence du scientifique, qu'il voulait être proche de lui, respirer son odeur. Ce n'était pas professionnel.
- Matt ! Appela soudain Eli dans la radio.
- Oui Eli, j'ai trouvé le colonel, on arrive. Répondit Matthew dans son talkie walkie.
- La capsule est en train de se poser au-dessus de vous.
Les deux militaires levèrent la tête alors qu'un bruit de ferraille se faisait entendre. Sortant leurs pistolets, ils restèrent à l'affût. Un trou apparut alors dans la coque du Destinée, et une lumière aveuglante s'en échappa.
- Colonel... Chuchota Matt.
Soudain un corps en combinaison noire s'écrasa sur le sol faisant sursauter les deux soldats et la lumière s'éteignit. Young reconnut immédiatement cet individu et son sang ne fit qu'un tour.
- Rush... ! Souffla-t-il en se précipitant à ses côtés.
Le scientifique était inconscient, sans doute à cause du choc et de la fatigue. Ses yeux étaient cernés, ses joues creusées et quelques hématomes pouvaient être aperçus à la faible lumière du vaisseau. Ignorant sa douleur dans le genou, Everett souleva le corps de Nicolas et prit la direction de l'infirmerie sans un regard pour Scott qui suivit en silence.
Le cœur du colonel battait à la chamade dans sa poitrine. Il était revenu, Nick était à nouveau à la maison, en sécurité.
- Ça va aller Nicolas... Chuchota-t-il pour que seul le blessé puisse l'entendre. Je te le promets...
Le trio arriva bientôt à l'infirmerie et après un simple coup d'œil, TJ se mit instantanément au travail, indiquant un lit à Young où il y déposa le docteur avant de reculer.
Tamara commença par retirer le haut de la combinaison de Nick, révélant un torse fin et musclé mais beaucoup trop maigre au goût d'Everett qui se triturait les mains qu'il avait croisées dans son dos.
- TJ comment va-t-il ? Interrogea le colonel.
- Je ne sais pas encore. Va faire un tour Everett s'il te plaît. Ordonna la jeune femme. Je t'appellerai quand il y aura du nouveau.
- Non je reste là.
- Everett, je veux que tu sortes de mon infirmerie. Claqua TJ en faisant face à son ancien amant. Je ne peux pas travailler correctement si tu restes là à épier tout ce que je fais, à être dans mes pieds et à me demander toutes les cinq minutes s'il va bien. Alors va faire un tour.
L'homme finit par capituler et après un dernier regard au blessé, il se retira. Il erra pendant plusieurs minutes dans un état second, il avait l'impression d'être dans un rêve et lorsqu'il se réveillerait Nicolas serait encore sur le vaisseau ennemi, prisonnier ou sur cette planète, mort.
Ses pieds le guidèrent devant les quartiers de Rush sans qu'il ne s'en rende compte. Passant la porte, le colonel alla s'asseoir sur le lit et reprit l'iPod de Nick, espérant trouver un peu de paix en écoutant les musiques de cet énigmatique écossais. La chanson de Johnny Cash continua et Young sentit son cœur se serrer dans sa poitrine.
"You are my sunshine, my only sunshine
You make me happy when skies are grey
You'll never know, dear, how much I love you
Please don't take my sunshine away."
Il espérait tant que Nick s'en sorte, il ne pourrait pas vivre sans lui. Cela serait beaucoup trop dur. Il n'y survivrait jamais. Pourquoi fallait-il qu'il se rende compte de toute cela seulement maintenant, quand la vie de Nicolas était incertaine ? Se prenant la tête entre ses mains, le colonel pleura. De violents sanglots secouèrent ses épaules alors qu'il prenait conscience que quoiqu'il fasse, il ne pourrait jamais être heureux, car si Rush se rétablissait, il le haïerait pour toujours. Mais Everett préférait être abhorré par l'homme qu'il aimait et le voir chaque jour, plutôt que de devoir s'arrêter sur une planète pour enterrer le corps meurtri du docteur.
- Colonel Young ? Appela sa radio sans qu'il ne l'entende. Colonel ? ... EVERETT !
"You told me once, dear, you really loved me
And no one..."
- Everett décroche cette foutue radio !
Sortant de sa torpeur et éteignant la musique, Young essuya ses joues d'un revers de manche, et se saisit du talkie walkie.
- Je suis là. Dit-il d'une voix devenue rauque par les pleurs.
- Il est réveillé. Déclara TJ.
Bondissant sur ses pieds, il manqua d'écraser l'iPod tombé à terre, et le ramassant pour le fourrer à la hâte dans sa poche, Everett sortit en trombe des appartements de Rush. Il se précipita vers l'infirmerie, les formes autour de lui devenaient floues, et les personnes s'écartaient sur son chemin au risque de se faire bousculer car le colonel n'avait qu'une unique idée en tête : rejoindre Nicolas le plus vite possible. Rien d'autre ne comptait.
Arrivant à destination, il put constater que Rush était assis sur son lit, l'épuisement tirait les traits de son visage, une perfusion pendait à son bras et un pansement recouvrait la coupure qu'il avait à la tempe.
- Everett. Apostropha TJ depuis son bureau.
- Comment va-t-il ? Demanda Young en la rejoignant.
- Il est déshydraté, éreinté et je pense qu'ils l'ont torturé mais il ne veut pas que je le touche, j'ai seulement pu lui mettre la perfusion et son pansement. Soupira la jeune femme en secouant la tête.
- Est-ce que tu veux que je tente ?
- Je vais être sincère avec toi Everett. Je doute que cela fonctionne étant donné que c'est à cause de toi qu'il est dans cet état. Dit-elle.
Young se sentit pâlir et il fut obligé de se retenir à la table pour ne pas s'effondrer. Comment était-elle au courant ? Qui d'autre l'était ?
- Je...
- Les autres ont peut-être cru à l'excuse de l'éboulement de terrain, mais je sais reconnaître une blessure d'une bagarre quand j'en vois une. Et toi Everett, tu es revenu avec des marques sur les mains qui portaient à croire que tu avais frappé quelqu'un.
- TJ...
- Je ne veux pas d'explications, ni même d'excuses, de toute manière ce n'est pas à moi que tu en dois, cependant je vois bien que toute cette histoire te ronge.
Baissant la tête, Young se sentit encore plus misérable, il n'était qu'une sale pourriture et voilà que TJ l'excusait. Il n'avait pas le droit au pardon.
- Vas le voir. Conseilla-t-elle.
- Je ne pense pas qu'il veuille de ma présence pour l'instant... Je n'aurai pas dû venir, c'était une mauvaise idée. Murmura-t-il en se dirigeant vers la sortie.
- Everett ! Gronda Tamara, stoppant le colonel dans ses pas. Assume ce que tu as fait.
- TJ... Je ne peux pas... Je suis désolé... Je n'aurai... Je n'aurai peut-être... Pas dû venir... Répéta-t-il.
- Il te regarde depuis tout à l'heure. Il attend que tu ailles le voir, alors maintenant tu y vas !
Fermant les yeux un instant, Everett rassembla son courage avant de se diriger vers le lit de Rush qui avait détourné ses yeux sur son drap.
- Rush. Salua brusquement Young.
- Colonel... Chuchota Nicolas.
Mal à l'aise, le militaire se racla la gorge et passa une main nerveusement dans ses cheveux.
- Bon retour à bord. Déclara-t-il maladroitement.
- Merci...
Un silence inconfortable s'installa entre les deux hommes, aucun ne souhaitant faire le premier pas vers l'autre, jusqu'à ce que le colonel ne se décide enfin à parler.
- Bon écoutez, je suis désolé de vous avoir abandonné... Dit-il en dansant d'un pied sur l'autre.
- Je vous avez provoqué. Répondit l'écossais en jetant un coup d'œil à Young à travers ses cheveux.
Un nouveau moment sans que personne ne parle passa, la tension entre les deux hommes étaient palpable, cependant elle n'était pas emplie de haine mais de confusion.
- Pourquoi vous ne laissez pas TJ vous osculter ?
- Ça ne sert à rien.
- Je peux savoir pourquoi? Interrogea le colonel en s'asseyant sur le siège à côté du lit.
L'écossais sembla se tendre et il sonda la pièce à la recherche d'une issue de secours.
- Tout va bien Rush. Essaya de rassurer Everett. Alors dîtes-moi, pourquoi refusez-vous que TJ vous touche ?
Nicolas resta obstinément muet en se torturant les mains et en se mordillant les lèvres. Il avait peur, Young le comprit rapidement, et il savait que jamais Rush ne l'avouerait. Il allait devoir la jouer fine s'il ne voulait pas se faire envoyer sur les roses et braquer son docteur.
- J'ai trouvé ça dans vos apparemment. Dit-il en sortant l'iPod de sa poche.
- Qu'est-ce que vous fichiez dans mes quartiers !? S'offusqua Rush.
Un léger sourire se dessina alors sur les lèvres du militaire, ça c'était le Rush qu'il connaissait.
- Peu importe ce que j'y faisais. Je ne savais pas que vous aimiez Johnny Cash.
- Il y a beaucoup de choses que vous ignorez à mon sujet Colonel.
- Et j'aimerai un jour les découvrir. Chuchota sincèrement Everett en obligeant Nick à croiser son regard.
- Quoi !?
- On parlera de ça plus tard. Répondit Young en balayant la question d'un geste de la main. Laissez faire TJ.
- Non je...
- Et pour te distraire, nous allons mettre la musique de ton iPod. Affirma le colonel en se surprenant à tutoyer Nicolas aussi facilement.
Denouant les écouteurs, il en tendit un au scientifique mais lorsque celui-ci ne fit aucun geste pour le prendre, Young souleva délicatement les cheveux de Rush et plaça doucement l'écouteur dans son oreille. Nicolas était pétrifié sur place, ses yeux écarquillés restaient braqués sur le militaire et sa respiration s'était faite saccadée.
- Tout va bien. Rassura Everett dans un murmure avant de poser sa main sur la nuque de Nick. Respire.
Rush tenta de reprendre son souffle, inspirant par le nez et expirant par la bouche, son cœur battait beaucoup trop vite, et la tête lui tournait désagréablement. Mais au bout de quelques minutes, la panique se dispersa et son esprit redevint clair.
- Mieux ? Demanda Everett.
Nicolas opina rapidement et le colonel fit signe à TJ de s'approcher tandis qu'il lançait la musique.
Au début, elle ne fit que vérifier la dilatation des pupilles, et les tympans du docteur. Mais lorsqu'elle voulut palper son torse, l'écossais fit un bond sur son lit et manqua d'en tomber.
- Concentre-toi sur la musique Nicolas. Murmura Young. Écoute la musique et ne pense à rien d'autre. Tu peux faire ça pour moi ?
Le docteur garda son regard ancré à celui d'Everett tandis que TJ observait cet échange en silence. Tamara connaissait bien le colonel, il pouvait être doux lorsqu'il le souhaitait, et maintenant qu'il s'était fait la promesse de réparer ses torts et d'aider le chef scientifique, elle ne doutait pas un seul instant de son dévouement.
- Quand tu seras prêt et seulement quand tu le seras, on recommencera d'accord ? Chuchota Young en massant la nuque de Rush d'une main.
- D'accord... Souffla celui-ci.
Fermant les yeux, il se focalisa sur la sensation des doigts de l'homme qu'il haïssait habituellement par-dessus tout. Pourquoi cherchait-il à le réconforter après avoir tenté de le tuer ? Et surtout pourquoi son corps ne rejetait-il pas son contact ? Tout cela était bien étrange.
- Je suis prêt... Finit-il par dire à voix basse.
- Tu en es sûr ?
- Certain. Affirma-t-il en battant des paupières.
Le docteur garda ses prunelles rivées sur Everett alors que le lieutenant Johansen recommençait la procédure. Écoutant la musique, l'homme endura l'examen du mieux qu'il put.
- Aviez-vous cette cicatrice avant d'être capturé par ces aliens, Docteur Rush ? Demanda TJ en montrant une marque d'environ dix centimètres de long sous le pectoral gauche du scientifique.
Nicolas resta silencieux, contemplant la boursouflure d'un air horrifié.
- Génie ? Encouragea Young.
- Non... Non elle n'y était pas... Confia-t-il. Je me souviens m'être réveillé, attaché à une table de dissection dans un laboratoire mais je ne sais pas ce qu'il m'ont fait.
- On va trouver, d'accord? Rassura le colonel.
- Ok...
- Je pense qu'il faudrait vous reposer à présent, Docteur. Annonça Tamara.
Cette nuit-là, Everett resta aux côtés de l'écossais, veillant sur ses rêves, le sortant de ses cauchemars, remontant quelques fois la couverture qui avait glissé. Même endormi, Nick avait l'air soucieux et le colonel souhaitait plus que tout au monde l'apaiser. Il voulait devenir quelqu'un de meilleur pour Nicolas et lui offrir l'univers tout entier. Il eut aussi la soudaine envie de tracer le tatouage qu'arborait le scientifique au bras, ce lézard qui semblait montait l'épaule de l'homme mais il n'en fit rien, ce n'était pas encore le moment, un jour viendrait où peut-être il aurait la liberté de le faire et il l'espérait de tout son cœur.
Le lendemain, le docteur se redressa d'un coup dans son lit, le souffle court et une fine pellicule de sueur recouvrant son corps.
- Nicolas... Commença Young.
- Un traqueur... Coupa le scientifique d'une voix rauque. Ils m'ont implanté un traqueur dans la poitrine.
Bondissant sur ses pieds, Everett se précipita vers les quartiers de TJ, abandonnant un docteur Rush désemparé. Remontant ses genoux à sa poitrine, Nick essaya tant bien que mal de bannir les terribles images qui assaillaient son esprit. Il pouvait encore sentir leurs mains sur son corps nu, les scalpels tranchant sa peau et sa chair. Laissant échapper un gémissement, Rush enfouit son visage dans ses jambes alors que ses doigts agrippaient fortement ses cheveux. Peut-être ne s'était-il jamais échappé ? Peut-être que tout cela n'était qu'une vision visant à le tourmenter ? Le comportement du colonel aurait dû lui mettre la puce à l'oreille, il n'aurait jamais dû y croire.
Le scientifique sursauta lorsqu'une main fraîche se posa sur sa nuque. Ça allait recommencer...
- Génie... Chuchota une voix à son oreille. Ouvre les yeux.
Mais Nicolas ne fit que secouer la tête. S'il ouvrait les yeux, il serait de retour sur le vaisseau des aliens et il serait à nouveau torturé.
- Nicolas tu es à bord du Destinée. Tu es revenu hier, tu t'es échappé. Tu es en sécurité maintenant, à la maison. Il faut que tu ouvres les yeux, et que tu regardes autour de toi. Encouragea Everett.
Rush tenta de calmer son cœur, serrant désespérément la main de Young dans la sienne.
- C'est ça, Génie, respire.
Peu à peu les images des Nakaï cessèrent de hanter le scientifique qui pût enfin ouvrir les yeux.
- Docteur... Est-ce que vous êtes absolument sûr que vous avez un traqueur dans la poitrine ? Demanda doucement TJ.
- Oui...
- Everett...
- Nicolas il va falloir le retirer, tu en es conscient ?
- Non pitié pas encore... Supplia l'écossais, brisant un peu plus le cœur du colonel.
- Nick, regarde-moi, tout ira bien. On va enlever ce traqueur et ensuite tu pourras retourner à ton occupation favorite : me taper sur les nerfs. Dit-il avec une pointe d'humour dans la voix.
Un petit sourire étira les lèvres du docteur.
- Je sais que je ne t'ai donné aucune raison de me faire confiance, mais, pour cette fois, je te demande de croire en moi.
- Everett... Voulut à nouveau interrompre Tamara.
Mais il était trop tard, Nicolas avait accepté. Alors ils se mirent au travail, Everett demanda au haut commandement américain de leur fournir des chirurgiens et quelques volontaires du Destinée acceptèrent d'échanger leur conscience avec eux pour quelques heures à l'aide des pierres de communication.
Le docteur Rush fut opéré et le colonel resta à ses côtés tout du long, rassurant Nick lorsqu'il se réveilla au beau milieu de l'opération désorienté et apeuré. Puis il continua de veiller au chevet du scientifique après la procédure. Une relation de confiance s'établit donc entre les deux hommes, au plus grand bonheur d'Everett.
Enfin un jour, tandis qu'ils réglaient un problème avec les engins du Destinée, Rush surprit le colonel en déposant un baiser sur ses lèvres pour le remercier et lui souhaiter une bonne nuit, avant de se retirer dans ses quartiers, laissant le militaire éberlué, seul avec sa stupeur.
Le lendemain, quand ils se croisèrent dans un couloir désert, ce fut Young qui salua Nicolas en l'embrassant à pleine bouche, rendant pantois le pauvre docteur. Une routine s'installa entre eux sans qu'ils n'en discutent, jusqu'à ce que TJ ne mettent les pieds dans le plat et ne leur annonce qu'ils avaient belle et bien une relation amoureuse.
Young écoutait toujours cette fameuse chanson de Johnny Cash, mais pas pour se rappeler de Nicolas, mais pour honorer chaque jour les promesses qu'il avait fait à cet étrange écossais, celles de ne jamais le laisser tomber et de le chérir jusqu'à la mort.
