Salut ! ça fait longtemps mais je reviens avec un petit One-Shot qui m'a traversé l'esprit ! J'espère que ça vous plaira :) N'hésitez pas à laisser un commentaire ! Bizzzzouuuuss
- « Et moi ? Je pourrais revenir ? Avait demandé Eustache, le regard empli d'espoir.
- Narnia pourrait encore avoir besoin de toi. »
« Narnia pourrait encore avoir besoin de toi » … qu'aurait-il donné pour qu'Aslan lui dise ces mots ? En toute honnêteté avec lui-même, Edmund connaissait la réponse. Tout. Absolument et incontestablement, tout. Mais ce n'était pas à lui qu'Aslan avait donné de l'espoir. Ce n'était pas à lui de repartir… et pourtant, Dieu seul savait à quel point il l'aurait souhaité.
- Edmund ?
La voix de sa sœur derrière sa porte le surpris dans ses pensées. Assis sur son lit, le jeune homme n'avait pas quitté sa chambre depuis le début de la matinée. Non pas que ce soit une surprise… depuis leur dernière aventure à bord du Passeur d'Aurore, Edmund n'était pas parvenu à dire Adieu à Narnia. Mais qui aurait pu le blâmer ? Il avait tout donné pour ce pays. Son pays ! Mais n'était plus le bienvenu. Plus jamais. Aussi, c'est désabusé qu'Edmund se releva de moitié et soupira. L'ombre de Lucy planait sous le pallier de sa porte, sombre et exigeante. Il le savait, le temps de son mutisme était révolu ; il ne pourrait pas l'ignorer plus longtemps.
- Entre.
Le ton de voix sonna comme une auto-flagellation. Il ne voulait pas parler, discuter ou répondre à ses questions qui, il le savait, ne tarderaient pas à tomber. Mais il dépérissait et même Eustache ne savait plus quoi dire pour le sortir de son lit. Ne restait plus que le regard inquiet de sa cadette et la douceur de sa voix, pour tenter de l'éveiller de sa léthargie.
- Je ne pensais pas que tu me permettrais d'entrer. Souffla-t-elle du bout des lèvres dans un hoquet surpris.
Il ne prit même pas la peine de répondre, l'échine déjà hérissée par sa présence. Il aurait beau tenter de l'éviter, il ne parviendrait pas à y échapper. Lucy était sa petite sœur. Même à l'apothéose de sa traîtrise lors de leur première bataille contre la Sorcière Blanche, elle ne lui avait jamais tourné le dos. Ce ne serait pas une malheureuse porte et sa constance mauvaise humeur, qui viendrait à bout de sa détermination.
- Eustache m'a dit que tu n'avais rien mangé hier. Dit-elle contrariée.
- Hum…
- Tu veux que je te prépare quelque chose ? Proposa-t-elle incertaine. J'ai réussi à trouver de nouveaux légumes au marché. Je pourrais peut-être te…
- Non !
La brutalité de son ton les fit sursauter tous deux, bouleversant même Edmund qui se rongea la lèvre dans l'instant. Il n'aimait pas hausser la voix et mal lui parler… à vrai dire, il détestait ça. Mais c'était plus fort que lui. Un mal le hantait. Un mal plus grand que sa patience.
- Désolé. Non… je n'ai pas faim. Reprit-il plus calme.
- Edmund… qu'est-ce qu'il t'arrives ?
- Rien.
- Tu mens !
- Et alors ?! S'exclama-t-il. Qu'est-ce que ça change ?
La dureté du regard qu'il lui lança pétrifia la jeune femme. Elle n'avait que rarement vu son frère dans cet état… et ce n'était pas peu dire. Mal coiffé, débraillé et cerné, la gloire du Grand Edmund le Juste semblait se faner à mesure qu'il se laissait aller. Une vision étrange et peu commune, que Lucy détailla avec douleur. Elle n'avait besoin d'aucune explication ou d'aucun mot pour comprendre que son frère souffrait. Mal à l'aise, elle le vit serrer les dents devant elle et partir à l'autre bout de sa chambre, non loin du Tableau marin qui les avaient guidés jusqu'à Caspian. Peut-être espérait-il que de l'eau en sorte de nouveau pour les mener à Narnia ? Sûrement ; mais ses illusions l'avaient quitté. Aslan ne revenait jamais sur sa parole.
- Edmund, je…
- Tu devrais partir. Claqua-t-il.
- Non !
- Lucy…
- Mais enfin, dis-moi ce que tu as !
- C'est inutile.
- Edmund, tu es mon frère ! Insista-t-elle hors d'elle. Tu sais très bien que tu peux tout me dire !
Tout lui dire… tout lui dire ?! Par la Grâce d'Aslan, si seulement cela était aussi simple ! Mais comment aurait-il pu lui dire qu'il se détestait chaque jour un peu plus pour ses ressentiments ? Pour sa colère ? Pour sa haine ? Comme aurait-il pu lui dire qu'i maudissait Eustache ? Qu'il maudissait leur frère et sœur ? Qu'il la maudissait elle ?! Non, il ne pouvait pas ; tout comme il ne pouvait pas soutenir son regard remplit d'amour. C'était trop dur. Trop cruel.
- S'il te plaît Lu… pars.
- Edmund, arrête de m'éviter !
- Je t'ai dit partir !
- Est-ce que j'ai fait quelque chose ?! Explosa-t-elle blessée. Est-ce que j'ai mal agis ?! Dis-moi pourquoi tu m'en veux au point de ne plus me parler !
- Tu n'es pas responsable…
- Alors quoi ?! Insista-t-elle à bout. Je passe mes journées à faire le pied de grue devant ta chambre et à espérer que tu m'adresses la parole ! Tu ne manges plus, tu ne ris plus et tu n'ouvres même plus les lettres de Peter et Susan !
Peter et Susan. A cet instant, Edmund les détesta plus que quiconque dans cette maison ; de quoi apaiser brièvement ses ressentiments envers Lucy et lui donner la force de la regarder en face, pour la première fois depuis des semaines.
- Les ouvrir ? Souffla-t-il dans un sourire amer. Pourquoi faire ? Si je me fie à leurs dix dernières lettres, l'Amérique est fantastique, Papa travaille beaucoup, Susan est courtisée par l'Armée toute entière et Peter… et bien… Peter fait la fierté de notre famille, donc rien de bien nouveau.
Sa raillerie lui fit froid dans le dos. Elle n'aimait pas le voir aussi cynique, désagréable et dédaigneux envers leurs aînés. Pourtant, cette réaction en disait long dur son mal. Ils leur en voulaient. Peut-être même, était-il jaloux ?
- C'est donc ça le problème ? Leur réussite ?
- Leur réussite ?! S'étouffa-t-il. Quelle réussite ?!
- Edmund, nous ne resteront pas éternellement ici… nous les rejoindrons en Amérique et…
- Les rejoindre ? Pourquoi faire ? Demanda-t-il étonné.
- Mais… tu n'es pas jaloux ?!
- Jaloux ? D'eux ?!
- Edmund…
- Ils nous abandonné. Ils nous trahi !
- Trahi ? Bafouilla-t-elle abasourdi. Mais de quoi tu parles ?!
Ses mots ne devaient pas avoir beaucoup de sens pour elle… et il comprenait pourquoi. Malheureusement, dans sa rancœur Edmund ne trouva pas la force de s'expliquer. Il avait mal… tellement mal, que c'est à peine s'il parvenait encore à respirer entre deux hoquets horrifiés. Ils n'étaient pas jaloux de ses aînés. Au contraire, il les plaignait ! La vie en Amérique les avait envoûtés. Fini leurs longues conversations sur leurs aventures, anecdotes, souvenirs et autres vestiges de leurs vie passée. Fini les rires, regards en coin et complicité… plus rien de tout cela n'existait. Ils avaient tout oublié, effacé, éradiqué, renié. Sûrement pour mieux vivre leur présent ?! Mais lui n'avait aucune envie de prétendre à un renouveau ! Il n'avait aucune envie de jeter ses années de règne, de combat et d'adversité aux oubliettes ! Leur peuple s'était battu pour eux. Leurs soldats avaient donné leur vie pour leur Royaume ! Des faunes, des nains, des centaures, des animaux, des arbres… tous s'étaient battus avec conviction et honneur pour assurer la sécurité de Narnia. Et qu'avaient-ils en échange ? Des rois et des reines déchus, qui buvaient des verres au Country Club de leur Père. Un bel hommage… une belle hypocrisie. Et c'était bel et bien ça qui l'horripilait le plus. Leur dédain. Cet incroyable et incommensurable dédain, pour tout ce qui avait fait leur vie pendant plus de quinze longues années.
En quittant la plage du Pays d'Aslan, Edmund avait cru qu'il serait capable de tourner la page. Il avait espéré qu'en retournant à Londres, les choses seraient plus faciles ; qu'il pourrait suivre les pas de Peter et Susan, grandir et réussir à quitter « ses rêveries d'enfance » une bonne fois pour toute. Mais plus il essayait, plus une rage innommable grandissait en lui, vorace et insatiable.
« Des rêveries d'enfance… » Existait-il qualificatifs plus insultants ? Incorrects ? Il en doutait… malheureusement, il avait fallu qu'il les lise dans la dernière lettre de Susan. En soit il n'était pas très surpris ; de tous, c'était elle qui parlait le moins de leur vie à Narnia. Pourquoi ? Il avait émis des théories. Peut-être trouvait-elle les fils de militaires plus à son goût que Caspian ? Ou alors préférait-elle faire la gratte papier en tant que secrétaire, plutôt que de défendre leur Royaume, armée de son arc et de son épée ? Il l'ignorait, mais ne parvenait pas à comprendre malgré tout. Elle avait été Reine ! Reine Bon Dieu ! Mais non. Pour elle, il ne s'agissait que de « rêveries d'enfance » … Ils avaient vécu plus de quinze longues années à Narnia ! Quinze années ! Ils y avaient grandi, vieillit, combattu et régné ! Ils avaient mené des batailles, des guerres, des campagnes… ils avaient tout donné pour que leur peuple soit heureux ! Mais non… tout ceci n'était plus que des « rêveries d'enfance ». Autant traiter Aslan d'ours en peluche ; l'affront n'en aurait pas été plus grave.
- Ils font comme si rien de ce qu'on avait vécu comptait. Soupira-t-il finalement dans un sanglot. Ils font comme si… notre vie là-bas, n'avait jamais existée.
Face à la faiblesse de son frère, Lucy senti son cœur se fendre en deux. Jamais il n'avait osé se montrer si démuni devant elle. Et pourtant, c'était bien lui qu'elle voyait lutter contre ses sanglots. Bouleversée, elle s'avança jusqu'à lui et lui caressa la joue avec tendresse. Mieux que quiconque, elle comprenait sa douleur… Elle aussi avait dû dire adieu à Narnia. Elle aussi se retrouvait coincée de l'autre côté du Tableau ! Mais la colère, la haine et la rancœur ne les aideraient pas à vivre cette nouvelle vie.
- Edmund… souffla-t-elle du bout des lèvres.
- Tu dois me trouver ridicule. Dit-il entre ses dents.
- Non. Bien sûr que non !
- Oh je t'en prie… je te vois faire tu sais. Tu vas au marché, tu cuisines, tu lis, tu te divertis… Tu vis.
- J'essaie d'avancer. Peter et Susan aussi ! Je… je sais bien qu'ils peuvent se montrer maladroit et désinvolte mais ils nous aiment ! Ils veulent notre bonheur !
Peut-être… mais cela ne changeait rien. Les frères et sœurs qu'ils avaient connu à Narnia n'étaient plus. Ils les avaient perdus eux aussi. Comme tout le reste.
- Comment tu fais ? Demanda-t-il d'une voix brisée.
- Edmund…
- Dis-moi ! S'écria-t-il en larme. Comment tu fais pour te lever tous les matins et ne pas penser au fait que des centaines d'années se sont peut-être écoulées là-bas ? Comment tu fais pour ne pas te demander si Caspian est déjà mort ? Ou si Narnia est en sécurité ?
- Je…
- Dis-moi Lucy ! Supplia-t-il. Dis-moi parce que moi… je n'y arrive pas.
Eventrée par la douleur de son frère, Lucy ne trouva pas quoi répondre, ses propres sanglots commençant à ronger sa gorge. Il attendait une réponse, un espoir… mais elle n'en avait aucun. Narnia était sa maison, son monde, son univers. Vivre avec la certitude qu'elle n'y retournerait plus jamais lui arrachait le cœur autant qu'à lui. Mais avait-elle le choix ? Aslan avait été clair et la magie aussi. Leur voyage s'était arrêté là. Pleurer ne les ramènerait pas là-bas. Aussi, c'est avec la plus grande peine du monde que la jeune femme ravala sa douleur et déglutit devant lui. Elle n'avait pas de solution. Juste de la résignation.
- Je… je me pose toutes ces questions. Admit-elle. Et ça… ça me hante moi aussi mais on ne peut rien y faire.
- C'est ça le plus dure. Souffla-t-il d'une voix morne.
- Edmund, s'il te plaît ne rend les choses plus difficiles…
Si ça n'avait tenu qu'à elle, elle aurait probablement cédé à ses pleurs elle aussi. Mais elle n'en avait pas le droit. Si elle commençait, elle n'était pas certaine de trouver la force de s'arrêter un jour.
- J'essaie… Vraiment, je te jure. Mais je n'y arrive pas. Dit-il.
- Ed…
- Je te regarde parfois dans la cuisine. Déclara-t-il brusquement. Tu fais à manger, la vaisselle, le ménage… tu te plie à tous les ordres de Tante Alberta et tout ce que j'arrive à me dire c'est que… tu es une Reine. Toi ma sœur, Lucy la Vaillante, tu es une Reine ! Et pourtant tu es traitée comme une simple domestique. Ça me rend malade…
La rage qu'elle lut dans ses mots la prit de court dans un hoquet de stupeur. Elle s'était attendue à beaucoup de chose venant de lui, mais pas à ce que ses tâches quotidiennes le bouleversent à ce point.
- C'est… c'est pour ça que tu m'évitais. Comprit-elle d'une voix blanche.
- Tu mérites le monde Lucy. Et on ne t'offre qu'une place en cuisine. C'est inacceptable…
- Tu… tu sais très bien que les choses sont différentes ici…
- Oui mais ça ne change rien. Tu mérites mieux. J'aimerai t'offrir mieux ! Mais je… ici je ne suis qu'un gamin comme les autres.
A la fois touchée et dépitée, la jeune femme déglutit sans rien dire. Elle connaissait son frère. Elle connaissait ses rêves de grandeur, mais ne l'avait encore jamais entendu l'inclure dedans. Un détail qui la frappa en plein cœur. Prise de court, elle ne parvînt plus à retenir ses larmes et l'enlaça brusquement. Ils étaient les deux cadets. Les deux laissés pour compte. Les deux derniers Roi et Reines d'un monde oublié de tous… aussi, c'est dans leurs sanglots étouffés que leurs douleurs se mirent à résonner. Ils étaient tous ce qu'ils leurs restaient de leur vie passée.
- Je suis tellement désolé… Souffla-t-il dans ses cheveux.
- Je sais… mais tu n'as pas à l'être.
- Si.
- Non Edmund ! Insista-t-elle en se détachant. Tu es un bon Roi. Et plus important encore, tu es un bon frère ! Et… même si notre vie est loin d'être parfaite, je suis heureuse de pouvoir la vivre à tes côtés. Je ne regrette rien.
Un sourire émut étira ses lèvres. Il aurait aimé pouvoir penser une telle chose de lui-même… mais il le savait. Sa chère sœur y croyait assez pour deux.
- Merci Petite Reine... Souffla-t-il en essuyant ses joues rouges de larmes. J'essayerais de le garder à l'esprit.
- Il faudrait mieux ! S'exclama-t-elle en lui tapant le torse avec rigueur.
- D'accord. Rit-il. Je… je ferais un effort.
- Ecoute… Reprit-elle d'un ton plus grave. Je sais que tu en veux en énormément à Susan et Peter. Je ne te demande pas de leur pardonner, mais pour le moment essaie de les ignorer.
- Ce serait mon plus grand rêve… mais Tante Alberta n'a que leurs noms à la bouche. Grinça-t-il.
- Alors ignore-la elle aussi. Tu vaux mieux que ça Edmund. Beaucoup mieux ! On s'en fiche que Susan fasse semblant de ne jamais avoir tenu un arc de sa vie, ou que Peter ne relève même pas nos anecdotes avec Caspian ! Nous… nous on sait ce qu'on a vécu. On sait qui on est.
Elle disait vrai. Il le savait. Mais c'était tellement dur de passer outre les véritables affronts que leurs aînés osaient commettre ; tellement dur d'ignorer leur sottise grandissante et ignorance assumée… à croire que ça les amusait de cracher ouvertement sur tout ce qui les avait constitués.
- Je ne sais pas si j'y arriverais. Souffla-t-il.
- Il faut essayer ! Mère espère nous voir arriver en Amérique avant la fin de l'année, tu dois t'y préparer.
- Et renier tout ce en quoi je crois ? Tout ce que je suis ?! S'exclama-t-il outré.
- Tu n'auras pas à le faire ! Mais nous ne pourrons jamais avancer si tu détestes nos frères et sœurs !
Il détestait quand elle avait raison plusieurs fois d'affilées. Mais comment aurait-il pu réagir autrement ? Son cœur saignait déjà assez de ne plus pouvoir vivre dans son Royaume, alors prétendre qu'il n'avait été que fantaisie heureuse et enfantine ?! Hors de question.
- Caspian n'a cessé de nous questionner sur Susan et Peter pendant notre voyage… ragea-t-il entre ses dents. Et nous avons dû mentir !
- Edmund…
- Susan n'a plus jamais prononcé son nom depuis que nous avons quitté Tellmar. Quant à Peter et bien… je ne suis même pas sûr qu'il se souvienne de lui.
- Tu exagères…
- Vraiment ?!
A sa question, Lucy n'osa pas répondre. En vérité, elle n'était pas certaine qu'il ait tort sur ce point. Mais ils devaient avancer. Ils devaient se montrer plus malin. Plus digne.
- Si Narnia ne vit plus avec eux, tant pis. Dit-elle. C'est leur problème. Mais Narnia vit encore avec nous ! De même que Monsieur Tumnus, Monsieur et Madame Castor, Ripitchip, Caspian… Aslan. Ils sont toujours là. Ils le seront toujours.
- Mais…
- Ne gâchons pas leur mémoire en haïssant ceux qui ne les honorent pas. Tonna-t-elle avec force. Nous valons mieux que ça.
A ses mots, Edmund baissa la tête et inspira avec force. Sa petite Reine avait parlé et comme toujours, sa sagesse l'inspirait. Parfois, il oubliait que sous airs d'adolescente gisait une Reine de plus de trente ans… mais il la voyait clairement aujourd'hui. Aussi, il déglutit et la regarda droit dans les yeux. Sa force et sa foi n'avaient jamais tarit depuis qu'elle avait découvert une forêt enneigée au fin fond d'une vielle armoire. Un constat rassurant et grisant, qui pour la première fois depuis longtemps, le fit se sentir de nouveau Roi. Elle avait raison. La mémoire de Narnia valait mieux que tous ses sots indignes et ignorants. Il valait mieux.
- A vos ordres ma Reine… Sourit-il du bout des lèvres.
Devant son air si solennel, Lucy rougit dans un rire amusé. Il ne l'avait pas appelé ainsi depuis l'Age d'Or…
- Maintenant va te laver. Rit-elle. Aslan aurait honte de savoir que son Roi sent plus mauvais qu'un Minotaure !
- Hé !
Il la bouscula dans une grimace faussement outrée, accentuant son rire mutin et apaisant son cœur. Ils méritaient de rires et de sourire. Pas de pleurer. Aussi, Lucy sourit et l'enlaça une fois de plus dans un soupir soulagé. Ils avaient combattu des forces magiques maléfiques, des sorcières, des rois, des empires… ils survivraient à l'Amérique. Ils n'avaient pas le choix.
