Bonsoir tout le monde,
C'est encore moi ! Eh oui, en retard pour que ce dernier défi compte dans l'événement, malheureusement, étant donné qu'il est 1h30 et que nous ne sommes donc plus le 31 août... Mais j'ai travaillé dessus toute la journée ou presque, j'y ai mis toutes mes tripes, et au final j'en suis super contente, donc j'espère vraiment qu'il vous plaira si vous le lisez malgré tout !
Dans tous les cas, merci d'avoir cliqué sur cette histoire, et j'espère à très vite ! :)
Défi choisi : No. 2 - Écrivez un texte sur un couple que vous n'avez encore jamais écrit auparavant.
Personnages/Pairings : Giran/Dabi
Rating : M pour gros sous-entendus explicites et relation pas forcément très saine
Remerciements :
- À Zofra pour sa relecture de cet OS, mais aussi ses encouragements, son aide et son soutien inestimables durant tout l'event, et plus particulièrement cette dernière semaine. On se sera vraiment battues jusqu'au bout ensemble, et j'en suis tellement heureuse et tellement fière de nous deux ! On est les meilleures ! x33
- À mes co-modératrices de l'event : Hatsukoi-san, LolaLola23111963 et Zofra, vous avez fait un boulot d'enfer et on est une équipe incroyable ! Notre niveau de badassitude est inégalable ! 8) Ces trois-là se sont démenées tout l'été pour gérer l'événement en même temps qu'elles écrivaient leurs propres textes, et c'était loin d'être facile, donc hésitez pas à aller lire leur super boulot !
- Aux membres de la Team Héros Professionnels, je suis trop contente d'avoir fait cet événement avec vous ! Merci infiniment pour vos encouragements, vos gentils mots, votre bonne humeur et tous vos efforts ! \o/
- Et enfin, à toutes celles et tous ceux qui ont pris part à l'événement, que ce soit en écrivant des textes, en lisant ceux des autres, ou simplement en nous laissant de gentils retours sur nos recueils même alors que vous deviez vous dire "mais l'événement d'été 2020 c'est quoi ça" xD Vous êtes adorables ! Merci ! x33
Défi no. 2
Nos points faibles
Eh bien, se dit Giran tandis qu'il termine de nouer la ceinture de son peignoir dont le prix n'a d'égal que le confort. Décidément. Le sourire qui tord ses lèvres découvre la dent qui lui manque, à coup sûr, mais c'est loin d'être un problème ; il sait que ça lui donne l'air dangereux, et ce n'est pas pour lui déplaire.
Et puis, il faut le comprendre, quand même. Même s'il essayait, il ne pourrait pas s'en empêcher. À chaque fois qu'il débarque sans prévenir et qu'en dépit de tout bon sens, Giran le laisse s'installer sur le canapé noir, entre les coussins aux motifs léopard et ceux en fausse fourrure fuchsia, la question lui revient-
Y a-t-il une personne au monde, ne serait-ce qu'une seule, qui le fascine plus que ce gamin ?
Sans prendre la peine d'y chercher la moindre réponse, Giran quitte un instant Dabi des yeux et savoure le cliquetis des glaçons lorsqu'il les fait enfin tomber dans les verres à whisky en cristal, juste devant lui sur le meuble de bois foncé. Il ne devrait pas, il en a bien conscience ; ce fameux Dabi de l'Alliance des Super-Vilains n'a rien d'un enfant de chœur, et pourrait bien le tuer sitôt qu'il aura le dos tourné ; mais c'est plus fort que lui. Ça l'a toujours été – allez savoir pourquoi, il n'a jamais été capable de lui imposer les limites qu'il faudrait, à ce garçon, et ce n'est pas aujourd'hui qu'il a l'intention de s'y mettre.
Une petite voix dans sa tête lui suggère que c'est, peut-être, parce qu'il s'est attaché à lui. Après toutes ces années.
En réaction, Giran ricane et verse l'alcool dans les verres avant de se retourner vers son invité.
« Tiens, mon grand, lance-t-il sans une once de réelle compassion, mais ça l'amuse beaucoup de le feindre. Ça te fera du bien. »
Toujours affalé dans le luxueux cuir du canapé, Dabi attrape le verre qu'il lui présente sans mot dire – ce qui est drôle, de l'avis de Giran, c'est qu'il n'en a pas besoin. Comme toujours, ses yeux parlent pour lui. Il se demande si Dabi le sait.
Aaah, les yeux de Dabi ; ces deux joyaux de bleu intense qui jurent avec son allure de squelette dégingandé et ses vêtements criblés de brûlures ou de déchirures, ces pupilles qui vous fixent comme si elles cherchaient à plonger en vous pour découvrir ce qui se cache au fond de votre âme. Quel dommage que celle de Giran soit d'un noir si complet que même pareils saphirs ne sauront jamais y voir clair ; et quel dommage que lui, en revanche, il ait appris à déchiffrer sans la moindre hésitation chacune des lueurs qui s'y reflètent, chacune des couleurs qu'on y devine.
Et dire que tout le monde raconte tout le temps qu'il est tellement mystérieux, tellement indéchiffrable, ce gamin. Quel ramassis de conneries – à chaque fois qu'il entend ça, Giran doit se retenir d'éclater de rire. D'accord, ça lui a pris un peu de temps, mais ça fera bientôt dix ans qu'il le connaît, et il n'a pas changé : son corps exulte toujours autant la chaleur de son alter quand il se pointe hors de lui et que la seule chose qui peut le calmer, c'est un grand verre de quelque chose de fort, et ses vêtements ont toujours autant l'odeur de la cendre lorsqu'il rapplique après s'être convenablement défoulé pour emprunter sa salle de bain. D'ailleurs, ça doit toujours se faire sous autant de surveillance, et ce n'est pas demain la veille que Giran lui fournira l'accès libre à la clé de son armoire à pharmacie. Même le regard qu'il lui jette là, à l'instant, avec l'air de le fixer mais sans le voir, comme si le monde entier n'était plus qu'un mélange abstrait de couleurs en arrière-plan, c'est quelque chose qu'il a déjà vu – et d'ailleurs, il sait très bien ce que ça signifie, exactement.
C'est bien pour ça qu'il ne prend pas la peine de lui demander qu'est-ce qui t'amène, gamin ; qu'il se contente d'avaler son verre cul sec, et de prendre place sur le canapé à côté du môme.
Quand Dabi le regarde comme ça, ça veut dire qu'il n'a besoin que de trois choses : d'un bon repas de préférence chaud, d'une longue nuit entre ses draps confortables, et qu'on le baise sans ménagement entre les deux.
Heureusement pour lui, c'est quelque chose que Giran est tout à fait en mesure de lui fournir – avec l'efficacité et les prix imbattables qui ont fait sa réputation, même.
Il ne faut pas une seconde de plus pour que sa main se pose sur le genou de Dabi et le caresse, en même temps que celui-ci termine son verre à son tour. Puis leurs regards se trouvent et Giran parvient tout juste à retenir un ricanement tandis qu'il s'assure, d'un haussement de sourcil, que son interprétation des envies du gamin est bien la bonne – mais bien sûr qu'elle l'est. Bien sûr qu'elle l'est toujours.
« C'est d'accord, répond-il alors, satisfait, au coup d'œil mi-las, mi-agacé de son invité. Mais tu sais bien que je fais rien gratuitement.
– ... Si tu parles de la petite frappe qui traînait autour de ton appart comme un putain de vautour, il est déjà mort. »
Ooh.
Giran sait que l'éclat de rire qui lui échappe est cruel, moqueur, mauvais ; mais il n'en a jamais rien eu à faire, et cette fois-ci ne fait pas exception à la règle.
D'un geste doux, presque tendre, il tend la main jusqu'à attraper le menton du gamin entre ses doigts, le pouce, l'index et le majeur – et les bagues d'or et d'argent qui brillent à chacune de ses phalanges.
« Eh bien, mon chaton, souffle-t-il, tu n'arrêteras jamais de me surprendre. »
C'est un mensonge – il n'en attendait pas moins. Mais il se gardera bien de le lui dire.
Au lieu de ça, il sent son sourire s'élargir à nouveau ; puis il ne résiste plus à l'envie d'enfin offrir au gamin ce qu'il est venu chercher, cette fois-ci, et il se penche sur lui jusqu'à ce que leurs lèvres se rencontrent en un baiser rapidement profond, intense, passionné. Pour un peu, il prendrait soin de simuler un gémissement, pour exciter Dabi autant que le faire enrager à l'idée qu'il ne l'affecte pas réellement ; mais la soirée ne fait que commencer. Il faut qu'il soit patient.
Alors lorsqu'ils se séparent, Giran se contente d'essuyer du pouce la salive qui a coulé aux coins de la bouche du joli garçon avec lequel il a d'ores et déjà hâte de passer la nuit – et puis il le lâche et il se relève, presque sans se satisfaire de l'éclat d'agacement qu'il voit paraître dans son regard lorsqu'il rompt le contact.
« Viens manger, gamin, lui lance-t-il tandis qu'il prend déjà la direction de la cuisine. La nuit va être longue. »
D'autant plus s'il décide d'appliquer la règle selon laquelle tout vient à point à qui sait attendre, celle-là même que Dabi déteste tant quand il est dans cet état et que sa nervosité apparente, le désir inaltéré dans son regard donnent tellement envie à Giran de prendre au pied de la lettre – mais ça, pour l'instant, Dabi n'a pas besoin de la savoir.
Et puis, même s'il fronce les sourcils et qu'il se plaint, même s'il feule lorsque les choses ne vont pas assez vite à son goût, son chaton sait bien que Giran n'a plus l'intention de lui refuser quoi que ce soit, maintenant. Que ce soit tout de suite ou plus tard, il aura droit à tout ce qu'il veut ce soir.
Enfin, non ; il aura droit à tout ce que Giran sait qu'il désire, plutôt qu'à ce qu'il croit vouloir. Et comme la fois précédente, comme toutes les fois précédentes, depuis celle où il lui a pris sa virginité dans son grand lit de l'époque, toutes ces années plus tôt, et que ce môme qui n'avait pas dix-huit ans mais qui s'en prétendait vingt n'a cessé de gémir, de crier, d'exiger encore – il l'appellera bébé, lui soufflera c'est bien, petit prince, gémira continue comme ça, joli feu follet, et il le ruinera de la façon à laquelle il s'attend le moins.
En le faisant jouir avec douceur alors qu'il ne demandera qu'à ce que ça aille vite et fort.
Amusé, Giran ne peut s'empêcher de se dire qu'il est sans doute un peu trop gentil avec ce gamin ; il n'est pas sûr que Dabi réalise à quel point il serait facile, pour lui, de le détruire en lui donnant ce qu'il réclame et en exploitant les failles qu'il lui a devinées.
Et en même temps, il suppose qu'il n'y peut rien – il y a des vices auxquels il a de plus en plus de mal à résister, avec l'âge.
ET VOILÀ !
Merci infiniment pour votre lecture, et d'avoir supporté mes updates complètement aléatoires de ce recueil durant tout le mois ! C'est pas impossible que je parvienne à écrire et à poster encore quelques textes en différé, mais comme rien n'est sûr - je vous souhaite déjà une très belle fin d'été, plein de courage pour la rentrée si rentrée il y a de votre côté, et à tout bientôt ! x33
