La fête d'anniversaire battait son plein.
Tous les amis de Shikadai étaient invités, Inojin, Chôchô, Boruto, Sarada et d'autres camarades. Certains parents étaient venus aussi. Hinata, Ino, Sakura et d'autres encore. Temari connaissait tout le monde. Même Yoshino était présente:
-Oh, Temari ce que je suis heureuse de te voir. Ça fait si longtemps. Tu as perdu du poids, tu ne manges pas assez à Suna ? Tes frères vont bien ? Gaara n'est toujours pas marié ? Il fait toujours aussi chaud là-bas ?
Temari était assaillie de questions mais elle était tellement heureuse de la revoir, elle considérait Yoshino comme sa propre mère.
-Yoshino, je suis très contente de te voir aussi.
Tout le monde passa un excellent moment, Shikadai était vraiment heureux d'être entouré de ses 2 parents, de ses amis.
En fin d'après-midi, Yoshino reprit Temari à part.
-Quoi qu'il se passe entre mon fils et toi, tu restes ma belle-fille à mes yeux.
Temari était touchée par la confession de Yoshino, leur entente était réciproquement forte.
-Excuse-moi, Yoshino... Les premiers temps ont été... Difficiles, pour ne dire que ça... Et le temps est passé, je n'ai plus osé t'appeler de peur que tu sois en colère... Et la situation a perduré.
-Je comprends, tu avais besoin de temps pour toi, maintenant place aux retrouvailles.
Temari ne sut pas si Yoshino parlait de leurs retrouvailles ou s'il s'agissait de celles entre Shikamaru et elle. Elle ne voulut pas se donner de faux espoirs et choisit celles des deux femmes.
Temari, Shikadai et Shikamaru attendaient sur le quai prévu pour le train à destination de Suna.
-Maman, je vais te chercher un peu de lecture pour ton trajet.
Shikadai partit en direction du marchand de journaux de la gare.
Temari profita de l'occasion pour tendre une enveloppe à son ex.
-Ouvre la seulement chez toi, quand tu seras seul...
Shikadai réapparut avec 2 magazines.
Temari quittait Konoha pour retrouver Suna.
Le brun ouvrit la lettre le plus précautionneusement possible.
"Cher Shikamaru,
Je ne sais plus quoi t'offrir qui puisse te faire plaisir.
Avec les événements des derniers mois, il me semble cependant que ce qui suit sera le meilleur cadeau que je puisse te faire.
Avec mon affection la plus totale.
Ta femme, tant que je le suis encore"
Les papiers du divorce.
La signature de Temari y était apposée, un post it trônait à côté de celle-ci.
"J'ai toujours eu l'infime espoir que tu m'aimes toujours.
J'ai vu ses regards et je ne sais que trop ce qu'ils veulent dire.
Signe ça et nous serons tous les deux libérés de nos obligations l'un envers l'autre.
Tu mérites d'être heureux, sois le !"
Il ne l'avait pas vu venir, sa poitrine était douloureuse, son souffle était coupé comme à la suite d'un coup de poing au plexus.
Il ne put retenir un sanglot que Shikadai surprit.
-Ça va, papa?
Son père ne répondit rien.
-Je ne sais pas ce qu'il se passe entre vous mais je vous vois tous les deux malheureux. Tu sais, je crois que Maman t'aime toujours. Elle n'a fréquenté personne pendant cette année... Et ce n'était pas faute d'être sollicitée. Il faut croire que son sale caractère ne les dissuadait pas.
Les lèvres de Shikamaru esquissèrent un petit rictus.
-Je crois pourtant que ta mère est prête à passer à autre chose. Elle m'offre un divorce pour mon anniversaire.
Temari était une femme intelligente, capable de percevoir certaines choses.
Tellement convaincue que cette "autre femme" serait présente le jour de l'anniversaire, Temari avait été vigilante à ce qui se passait autour d'elle.
Ses sens ne l'avaient pas trompée.
Les regards de Sakura ne pouvaient pas lui donner tort.
Shikamaru avait effectivement entretenu une relation avec Sakura. Leur relation avait duré quelques mois et Shikamaru avait, finalement, mis fin à la relation. Pourtant, Sakura savait se montrer douce et compréhensive en toutes circonstances. Elle semblait même prête à l'attendre.
La perspicacité de Temari ne l'avait pas trompé.
Quoique...
Si elle avait remarqué les regards de Sakura envers son ex, elle n'avait pas prêté attention à toutes les attentions dont usait Shikamaru à son égard.
Temari se sentit soulagée dans le train. Elle pourrait passer à autre chose.
Elle avait 35 ans, un fils, quelques petites rides naissantes mais avait encore la vie devant elle.
Elle était résolue à changer de vie désormais.
Arrivée chez elle, elle décrocha toutes les photos d'eux trois pour les remplacer par des photos de Shikadai ou d'eux deux. Les anciennes photos atterrirent dans le tiroir.
Elle se doucha, s'habilla, se coiffa et se maquilla sans excès.
Temari sortirait ce soir et prendrait le taureau par les cornes pour changer de vie.
Elle sortit dans un bar où elle retrouva fortuitement un collègue à elle.
Il était brun, gentil et intelligent, il dégageait quelque chose d'apaisant. Il avait à peu près son âge.
Ils passèrent la soirée à discuter et à rire. Ils passaient un agréable moment.
Il proposa de la raccompagner, ce qu'elle accepta.
Il la suivit jusque dans sa chambre.
Ils se dévoraient des yeux. Il commençait à se déshabiller quand elle aperçut un détail.
Les draps.
Les draps sur le lit étaient ceux dans lesquels Shikamaru avait dormi.
Bien qu'ils avaient été lavés, elle ne voulait pas faire s'allonger cet homme, là où son ex s'était lui-même allongé.
L'homme remarqua l'émoi de Temari et se dirigea vers elle en caleçon.
-Quelque chose ne va pas ?
-Je crois que ça ne va pas être possible...
-Comment ça ? Demanda-t-il doucement.
-Je viens de donner la demande de divorce à mon ex, je croyais être prête mais je crois que c'est encore un peu frais...
L'homme se rhabilla et avant de quitter l'appartement demanda à Temari d'une voix pleine de douceur et de compréhension :
-Dois je t'attendre ?
La nuit était très avancée.
Temari avait bu plus que d'ordinaire et le départ du jeune homme l'avait conduite à se servir un dernier verre.
Elle se saisit du téléphone et composa un numéro :
-Shikamaru ?
-Oui? Fit-il d'une voix ensommeillée.
Il avait trouvé péniblement le sommeil après la découverte de la demande de divorce et s'était endormi seulement quelques minutes auparavant
-Je suis désolée, je rappellerais, je n'avais pas vu l'heure.
Shikamaru était sûr d'une chose, si Temari appelait à cette heure si tardive c'est qu'elle avait un problème. Il se hâta de composer le numéro.
-Allô, Temari ? Il y a un problème?
-Oh Shikamaru, ça fait longtemps dis-moi ! Oui j'ai un problème.
Shikamaru devinait que sa femme avait bu rien qu'au timbre de sa voix et de ses intonations.
-Bien sûr que j'ai un problème! Dis-moi pourquoi je te suis encore loyale après tout ça ? Je t'en veux d'avoir tout gâché ! je m'en veux de ne pas arriver à passer à autre chose ! Ça fait une putain d'année ! Et ce soir, j'avais un homme dans ma chambre et à cause de ces putains de draps dans lesquels tu as dormi, je lui ai demandé de partir.
L'intensité de la voix de Temari diminuait.
-Tu fais chier, bordel !
Le ton de Temari n'était pas si réprobateur que ce qu'elle aurait voulu, cela ressemblait plus à une supplique.
Le silence s'installa doucement. Shikamaru attendait qu'elle finisse, il choisissait ses mots.
-Je crois que je me suis trompé.
Le silence se fit encore quelques instants, avant qu'il ne reprenne d'une traite :
-Recommençons tout à zéro, réapprenons à nous connaître, reprenons nos jeux de séduction...
Il se tut, Temari ne parlait pas non plus.
-Je ne signerai pas la demande de divorce... Pas sans me battre pour toi.
Il se tut encore et le brun entendit la respiration apaisée de sa femme quand elle commençait à s'endormir.
Jusqu'où avait-elle entendu ce que Shikamaru lui proposait avant qu'elle ne s'endorme ?
Temari s'endormit le téléphone coincé entre sa joue et l'oreiller.
6 semaines s'étaient écoulées avant que Temari ne soit appelée dans le bureau de son frère.
-Gaara, non je n'irais pas !
-Temari, arrête de faire l'enfant. J'ai déjà accepté.
-Je n'irais pas à Konoha même pour une mission.
-Le Hokage te demande spécifiquement, tu as toutes les qualités qu'il recherche pour cette mission !
-Ne me dis pas qu'aucun shinobi de Konoha ne ferait l'affaire ! Je ne te crois pas !
-Tous ceux ayant les qualités requises sont, sans doute, déjà en mission !
-Et bien qu'il demande à Shikamaru de le sortir de l'impasse. Il est là pour ça !
-Le Hokage t'a en grande estime pour te faire l'honneur de te choisir, il m'a presque supplié d'accepter. C'est Naruto, je n'ai pas pu refuser.
-J'espère que ce n'est pas l'une de vos manigances parce que sinon...
Elle quitta le bureau de son frère rageusement pour préparer ses affaires, son train partirait dans 2 heures.
Le trajet lui sembla être un enfer, elle se demandait bien à quelle sauce elle allait être manger. Que pouvait-elle avoir de plus que les autres pour être ainsi réclamée ?
Sitôt hors du train, elle alla dans le bureau du Hokage souhaitant assouvir sa curiosité au plus tôt.
Elle toqua à la porte et entra sans y être invitée, faisant fi des convenances. Elle était ennuyée d'être là et ne tenait pas à s'encombrer avec les usages.
Elle fut surprise de ne pas voir Shikamaru, néanmoins un membre du clan Nara était bien présent avec le Hokage.
-Yoshino ? Que fais-tu là ?
Naruto prit la parole :
-Bonjour Temari, à vrai dire, ta présence ici est due à celle de Yoshino Nara, qui a d'ailleurs su se montrer des plus persuasives.
La voix de Naruto traduisait une certaine crainte vis à vis de Yoshino.
Naruto eut une pensée pour Shikaku et Shikamaru pour qui aimer une femme dominante était, semble-t-il, un trait de caractère héréditaire... Il pensait à Shikadai, il n'échapperait sans doute pas à la règle.
-Temari, j'ai demandé au Hokage de te demander pour que tu t'occupes de mon fils.
Temari plissa les yeux en attendant plus de détails, elle soupçonna un coup monté.
-Shikamaru s'est cassé une jambe. L'hôpital ne peut pas le garder maintenant que le plâtre est posé, ils ont besoin du lit pour d'autres malades ...
-Mais pourquoi moi ? Demanda Temari en plissant les yeux. Il y a bien des médecins ou infirmières pour s'occuper de ce genre de cas. Moi, je rentre à Suna.
-Je devrais m'occuper de lui mais j'ai vieilli, ce n'est plus dans mes capacités.
Yoshino prit quelques secondes avant de continuer :
-Je suis désolée de jouer cette carte là avec toi, Temari mais, jusqu'à preuve du contraire, tu es toujours la femme de mon fils et c'est une tâche qui t'incombe !
