Défi no. 9 : " Écrivez un texte contenant le personnage choisi par un-e autre membre de votre équipe. Bonus : incluez tous les personnages choisis par les membres de votre équipe dans votre texte. "
Personnages : Dabi, Shigaraki, Toga, Hawks, Tamaki
Ce texte n'est clairement pas à prendre au sérieux ;p Il est assez différent des autres, du coup. Je me suis bien amusée à l'écrire. Mais j'espère que ça vous plaira aussi, malgré le n'importe quoi de cette histoire.
Merci beaucoup, Moira-chan, pour ta bêta rapide et si efficace comme toujours ! :)
Merci, Mio, pour cette nouvelle review adorable. Je suis super contente que le texte sur Tenko et son père t'ait plu !
Merci à vous tous pour vos commentaires. Je suis sur la dernière ligne droite de l'event, mais promis, je vous réponds dès que je peux !
Une transformation au poil
Shigaraki fronça les sourcils. Il n'aimait pas ce qu'il voyait. La femme qui lui faisait face ressemblait à une diseuse de bonne aventure avec son châle qui couvrait une partie de ses cheveux bruns, sa longue robe rouge foncé et son étrange aura. Ses yeux jaunes scrutaient les alentours comme si elle comptait emménager ici. Elle n'avait pas encore dit un mot que Shigaraki avait déjà décidé qu'il la détestait. À ses côtés, en revanche, Toga sautillait de joie.
« Où sont les autres ? s'écria-t-elle. Je voudrais leur montrer ma nouvelle recrue !
—Ils sont en mission de repérage, renifla Shigaraki. Du moins, ils devraient tous l'être. »
Le ricanement dans son dos ne passa pas inaperçu. Shigaraki se hérissa. Encore une fois, Dabi n'en avait fait qu'à sa tête ! Au lieu d'aider les autres, il était resté paresser dans la planque ! Si au moins il avait fait le ménage ! Cette vieille usine désaffectée était dégoûtante, même pour Shigaraki. Mais s'il continuait d'y penser, il allait réduire en poussière ce fainéant. Il préféra donc se concentrer sur la femme inconnue.
« Pourquoi tu veux nous rejoindre ? grogna-t-il.
—Pour perpétuer les idées de Stain, répondit-elle d'une voix inutilement mystérieuse.
—Je te l'avais dit, rigola Toga. Elle est parfaite ! »
Parfaite, c'était vite dit ! Shigaraki se sentait très agacé. Encore une fan de Stain ! Il n'y allait avoir que ça dans l'Alliance, à la fin ! Il ne pouvait pas le supporter ! L'envie de se gratter le cou lui revenait plus forte que jamais !
« C'est quoi ton alter ? marmonna-t-il, de mauvaise humeur.
—Tomura ! se plaignit Toga. Tu pourrais au moins d'abord lui demander son nom. Ce n'est pas très gentleman.
—C'est quoi ton alter ?! » répéta Shigaraki, de plus en plus énervé.
La femme lui lança un regard étrange. Essayait-elle de l'impressionner ? Elle pouvait toujours rêver !
« En les touchant, je transforme les gens en l'animal qui leur ressemble le plus. »
... Pardon ?! Shigaraki manqua de s'étouffer avec sa propre salive. C'était quoi ces conneries ?! Derrière lui, un reniflement moqueur se fit entendre. Shigaraki serra les poings.
« Mais c'est trop génial ! s'extasia Toga.
—Si c'est vrai, la coupa Shigaraki.
—Je peux vous faire une démonstration, répondit tranquillement la femme.
—Oh oui ! cria Himiko d'un ton passionné. Je veux trop savoir quel animal me correspond ! »
Shigaraki céda à la tentation. Il se gratta enfin le cou. C'était n'importe quoi. Toute cette histoire ne rimait à rien !
« Et comment est-ce que ça prendrait fin ? grogna-t-il tout en enfonçant ses ongles dans sa peau abîmée.
—Il suffit que je touche l'animal. Par contre, si je ne fais rien, la personne reprend d'office son apparence au bout de vingt-quatre heures. »
N'importe quoi ! N'importe quoi ! N'importe quoi ! Mais rah ! La curiosité commençait à monter en lui. Et si c'était vrai ? Toga pouvait bien prendre l'apparence d'un autre humain en buvant son sang. Etait-ce si différent ? Putain, oui !
« Je veux me changer en animal, bondit d'ailleurs la jeune fille. S'il te plaît, Tomura ! »
Ce dernier l'observa un moment. D'accord, il pouvait le reconnaître. Si cet alter fonctionnait, il voulait voir ça, lui aussi. Après les journées pourries qu'il avait eues, il avait bien besoin de s'amuser ! Et il savait exactement comment.
« Non, ce ne sera pas toi, lança-t-il alors avec un ricanement sinistre.
—Mais-
—Ce sera Dabi. »
Lorsqu'il dit ces mots, un large sourire s'étira sur son visage. Il se retourna ensuite vers le vilain, qui était assis à même le sol, un peu plus loin. Son expression d'effroi n'avait pas de prix. La bouche ouverte, Dabi mit quelques secondes avant de se reprendre.
« Il n'en est pas question !
—Tu n'as pas le choix, rétorqua Shigaraki. Sois utile, pour une fois ! »
C'était un coup bas, mais il s'en fichait. Dabi l'avait suffisamment énervé comme ça, il l'avait cherché ! Sans attendre sa réponse, Shigaraki se retourna vers la femme.
« Transforme-le !
—Bien, comme vous voulez. »
Elle s'approcha alors de Dabi qui se releva en même temps. Shigaraki se demanda, un instant, s'il allait l'attaquer. Mais, bien que très clairement furieux, Dabi ne fit rien pour l'arrêter.
« Oh là là, exulta Toga. Je me demande en quel animal tu vas te changer Dabi ! Peut-être en tique ?
—Je parie sur le moustique, ricana Shigaraki. Enervant et pénible.
—Fermez-là ! » râla Dabi.
Le sourire mauvais de Shigaraki s'allongea. Dabi ne faisait pas vraiment le fier maintenant que la femme n'était plus qu'à quelques pas de lui. Shigaraki aurait presque pu avoir pitié de lui. Presque. Dabi l'avait bien mérité. La femme posa alors ses mains sur lui. Shigaraki et Toga ne les quittèrent pas un seul instant du regard. Malheureusement, une épaisse fumée noire se mit à les entourer, avant de les cacher entièrement. Shigaraki fit claquer sa langue sur son palais, mécontent. Et lorsqu'elle se dissipa, quelques secondes plus tard, il n'y avait plus que la femme qui était visible. Enfin, jusqu'à ce que Shigaraki et Toga ne baissent les yeux.
« Ooohhh, s'exclama joyeusement Toga. Il est trop beau ! »
Shigaraki n'en revenait pas. La femme avait dit vrai... Son alter existait réellement... Il cligna des yeux, toujours stupéfait par la vision qu'il avait. Au milieu des habits éparpillés de Dabi se tenait désormais un chat tout noir. Shigaraki ne voyait pas en quoi il était beau. Il était plutôt frêle et avait l'air malade. Certaines de ses touffes de poils étaient clairement brûlées. Il ne ressemblait à rien. Aucun doute, c'était bien Dabi. Shigaraki étira, à nouveau, ses lèvres en un large sourire dérangé. Puis, il s'avança vers l'animal qui se mit aussitôt à gronder et à cracher. Sans y faire attention, Shigaraki l'attrapa par la peau du cou, le petit doigt en l'air. Il le souleva pour l'amener à la hauteur de son visage. Le chat crachait toujours et tenta de lui donner un coup de patte.
« Un chat, hein ? se moqua-t-il. Peut-être que tu n'es pas aussi méchant que tu ne veux le faire croire. »
Nouvelle tentative de coup de patte. Shigaraki ricana. Cette situation était bien trop amusante. Mais autant la faire tourner à son avantage. Une idée germa dans son esprit.
« Restez là », dit-il alors à Toga et à la femme.
Il s'éloigna ensuite, tenant toujours Dabi par la peau du cou. Il ne fit pas attention au regard triste de Toga, qui lui cria qu'elle aussi voulait jouer avec Dabichat ! L'usine était grande, mais, un tournant plus tard, il se retrouva seul avec Dabi. À ce moment-là, il le porta un peu mieux dans ses bras.
« Ne me mords pas ou ça va mal se passer. »
Dabi feula, mécontent, mais ne l'attaqua pas. Shigaraki ricana. Dabi était bien plus amusant sous cette forme-là. Dommage que ça ne puisse pas durer plus de vingt-quatre heures. Au bout de quelques minutes, Shigaraki arriva enfin devant une porte de sortie. Il ramena alors Dabi face à son visage.
« Bien. Je veux que tu sortes dans la rue. N'hésite pas à aller dans les coins animés. Je veux savoir si les héros peuvent voir à travers ce déguisement. »
Dabi lui lança un regard furieux.
« Ne reviens pas avant ce soir. Et ne me regarde pas comme ça, se moqua Shigaraki. C'est de ta faute. »
Dabi protesta, mais il n'y eut que de faibles miaulements qui quittèrent sa bouche. Le sourire de Shigaraki s'étira encore plus.
« Ne me mens pas, répondit-il néanmoins. Je sais très bien que c'est toi qui as effacé ma dernière sauvegarde de Skyrim. Sois utile maintenant ! »
Shigaraki le déposa par terre. Dabi cracha une dernière fois avant de s'en aller. Shigaraki ricana méchamment. C'était une bonne punition pour lui ! Plus que satisfait, Shigaraki ferma la porte et retourna rejoindre Toga et la femme. Il avait encore des questions à poser à cette dernière...
Il n'en revenait pas ! Foutu Shigaraki ! Et puis, c'était quoi cet alter de merde ?! Dabi n'arrêtait pas de râler alors qu'il traînait ses pattes dans les avenues qui défilaient. Il se sentait si petit comme ça. Il ne supportait pas ce sentiment ! Tout ça pour une maudite sauvegarde ! D'accord, c'était lui et alors ?! Il détestait marcher, encore plus à quatre pattes ! La sensation était trop étrange, même si son corps avait su, instinctivement, se mettre en route.
Mécontent, Dabi continua donc à avancer pendant ce qui lui sembla être des heures. Il en avait des bonnes, le boss, avec son quartier animé alors que l'usine était en retrait ! Mais, enfin, il arriva dans une ville. Dabi releva son museau. Les trottoirs étaient remplis de monde. Bon. Il devait sûrement y avoir des héros par ici. Avec tous ces gens... Mais Shigaraki le faisait bien rire ! (Non. Ce cinglé ne le ferait jamais rire.) Il faisait quoi, lui, si on le repérait ? Quoique, les chats étaient doués pour la fuite, non ? Il espérait qu'il aurait ça aussi dans les veines...
Il reprit alors sa marche dans la rue bondée. Il ne se sentait pas trop à l'aise. Heureusement, personne ne semblait faire attention à lui. Il aperçut bientôt un groupe de héros, un peu plus loin. Enfin, ça ressemblait plus à un héros et ses stagiaires. Peu importe, ça ferait l'affaire. Dabi se dirigea vers eux. Lorsqu'il fut tout près, l'un d'eux remarqua sa présence. Il se baissa alors à sa hauteur et tendit la main vers lui. Dabi s'arrêta. Non mais, qu'est-ce qu'il croyait ? Qu'il allait lui renifler les doigts peut-être ?! Il pouvait toujours rêver !
« Qu'est-ce qui se passe, Sun Eater ? Pourquoi est-ce que tu t'arrêtes ?
—Désolé Fat Gum. C'est ce chat. Il a l'air en piteux état. »
Dabi gronda. Il ne s'était pas regardé, celui-là, avec sa tête d'angoissé ?
« Hou là, fit le héros qui semblait énorme pour un petit chat comme Dabi. Il n'a pas l'air bien, en effet. Bon, regarde s'il a besoin d'aide, mais fais vite. Je continue la patrouille avec Red Riot.
—D'a... d'accord. »
L'homme s'éloigna avec un jeune roux. Dabi, lui, se concentra sur l'apprenti héros qui était resté auprès de lui. Il n'avait pas l'air de voir à travers le déguisement. Ledit Sun Eater lui sourit, timidement.
« Tu es tout maigre. Attends, j'ai toujours de la nourriture sur moi. »
Il prit un petit sachet de sa sacoche et en sortit une boîte. Le ventre de Dabi grogna. Malgré lui, il s'avança vers la boîte et la renifla avec intérêt.
« C'est du thon. Tu peux le manger, si tu veux. »
Du thon ? Dabi lui lança un regard furieux. Et puis quoi encore ? Bon, si ce héros n'avait pas de nourriture correcte, Dabi pouvait tout aussi bien s'en aller ! Shigaraki l'avait, son foutu test, non ? Il s'éloigna alors, blasé.
« A... attends ! »
Le héros essaya de le rattraper. Aussitôt, Dabi se mit à courir. Hors de question de tomber dans ses mains ! Cet idiot d'apprenti trop gentil serait capable de l'emmener chez un vétérinaire !
Dans le but de lui échapper, Dabi se faufila alors entre les jambes des passants, sans vraiment réfléchir. Il se retrouva plus tard dans un enchevêtrement de petites ruelles. Il en avait marre ! Tu parles d'une mission ! Depuis combien de temps était-il parti maintenant ? C'était assez long, non ? Il leva sa petite tête vers le ciel en essayant de visualiser l'heure qu'il pouvait être. Mais en le faisant, il crut voir une ombre passer au-dessus de lui. Puis, très lentement, quelque chose tomba.
Curieux, Dabi s'approcha à pas lents. Il observa ce qui semblait être une plume se déposer sur le sol. Sans même s'en rendre compte, il se fit plus petit, se cachant derrière des caisses entreposées, et bougea ses omoplates. Puis, il bondit sur la plume. Il la mordit, il la fit aller dans tous les sens. Il se roula au sol, l'entrainant avec lui. Jusqu'à ce qu'une main ne le prenne par le cou. Il se figea, avant de cracher aussitôt ! Il détestait qu'on le porte comme ça !
« Quel caractère, rigola une voix douce dans son dos. Allons, je ne te veux pas de mal. »
Il fut alors déposé sur des genoux. Des genoux qui appartenaient à un homme qui venait de s'asseoir sur les vieilles caisses. Dabi l'observa. Il remarqua aussitôt ses ailes rouges. Il se tendit. Il le reconnut directement. C'était le héros Hawks. Si ce dernier se rendait compte qu'il était un vilain, il était dans la merde, là. Mais Hawks semblait parfaitement détendu en sa présence. Et une odeur particulièrement alléchante se dégageait de l'espèce de seau qu'il tenait à la main.
« Tu as faim ? s'amusa le héros. Bon allez, je veux bien partager. Mais seulement parce que tu es un chat. »
Il rigola. Dabi ne voyait pas ce qu'il y avait de drôle. Il lui aurait mis un petit coup de patte sournois si l'odeur ne s'était pas faite aussi forte. C'était du poulet ! Hawks lui donna quelques morceaux de sa brochette. Dabi se jeta dessus.
« Tu es mignon, sourit Hawks. Même si la vie dans la rue ne t'a pas fait du bien. Ah, si seulement tu pouvais parler. Tu pourrais peut-être m'aider. J'ai l'impression que c'est pas aujourd'hui non plus que j'arriverai à le trouver. »
Mais de quoi est-ce qu'il parlait ? Et puis, pourquoi est-ce qu'il perdait son temps à parler avec un chat, sérieusement ? Enfin, chat ou pas, Dabi n'en avait rien à faire de ses états d'âme. Il mangea le poulet et parvint même à gratter deux morceaux supplémentaires.
« Vous les chats, vous êtes doués pour avoir ce que vous voulez. »
Hawks semblait amusé. Mais ça n'amusait pas du tout Dabi. En entendant ses paroles, il commença à réaliser qu'il se comportait de plus en plus comme un vrai chat. Il avait reniflé la boîte de thon, il avait sauté sur la plume et, maintenant, il mangeait du poulet sur les genoux d'un héros haut placé. En s'en rendant compte, Dabi se figea. Ça ne faisait que quelques heures qu'il était transformé et il agissait déjà comme ça. Ça n'allait pas. Ça n'allait pas du tout. Cette femme n'avait rien dit sur les possibles effets secondaires, mais ça commençait à l'inquiéter. Il fallait qu'il rentre ! C'est bon, il avait fait le maudit test de Shigaraki ! Peu importe l'heure !
Il mangea alors son dernier morceau de poulet, avant de sauter des genoux de Hawks.
« Rentre bien chez toi, petit chat », le salua chaleureusement ce dernier.
S'il l'avait pu, Dabi aurait roulé des yeux. Ce héros était ridicule ! Mais bon, au moins, il ne tentait pas de l'arrêter, comme l'autre.
Dabi se remit donc en route. Ses pattes fatiguées le ramenèrent lentement au repaire. Lorsqu'il aperçut enfin l'usine désaffectée, après une longue marche, il en fut soulagé. Il était plus que temps qu'on le retransforme, là ! Il marcha jusqu'à la porte par laquelle Shigaraki l'avait fait sortir. Evidemment, c'était fermé. Il l'avait fait exprès ! Dabi gratta et râla. Mais qu'on lui ouvre, à la fin !
Ses miaulements plaintifs se firent heureusement entendre. Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit sur Shigaraki. Dabi lui donna aussitôt un coup de patte dans le pied.
« Rechange-moi en humain !
—T'es au courant que je ne peux pas te comprendre ? » grogna Shigaraki.
Sa voix était basse. Il avait l'air encore plus de mauvaise humeur que tout à l'heure. Alors là, c'était la meilleure ! C'était Dabi qui se retrouvait en chat et c'était monsieur le patron qui boudait ?
Face à lui, Shigaraki soupira. Il se baissa et attrapa Dabi dans ses bras, en faisant attention à ses doigts. Malgré l'amusement de tout à l'heure, Shigaraki avait passé une mauvaise journée. Il regarda Dabi tourner son visage de chat vers lui et miauler à nouveau. Bon, il n'était pas stupide. Il savait très bien ce qu'il voulait.
« On ne peut pas te rendre ta forme humaine.
—Comment ça ? cracha Dabi en un miaulement furieux.
—Cette vieille folle était une espionne ! s'énerva Shigaraki. Elle travaillait pour un autre groupe de vilains. Je l'ai réduite en poussière.
—T'aurais pas pu attendre qu'elle me retransforme avant de la tuer ?!
—Arrête de gronder ! s'agaça Shigaraki. Tu dois juste attendre que les vingt-quatre heures se terminent ! Ça te fera du bien ! »
Et puis quoi encore ?! Et s'il se comportait de plus en plus comme un vrai chat ? Shigaraki ne comprenait pas ! Dabi cracha alors et tenta de quitter ses bras, mais Shigaraki le tenait trop fermement. Ce dernier le connaissait bien. À tous les coups, Dabi allait se faufiler il ne savait où et ne plus se montrer avant plusieurs jours. Ce qui allait le rendre furieux. Shigaraki ne pouvait pas le permettre. Pas après aujourd'hui. Il avait juste besoin de se détendre. Plus d'énervement.
Il marcha alors en direction de sa chambre – enfin, si on pouvait appeler ça une chambre. C'était un vieux bureau qui sentait le moisi dans lequel il avait allongé un futon à moitié pourri. Il se laissa, d'ailleurs, tomber dessus et posa sa tête contre le mur, Dabi toujours contre son ventre. Foutue, foutue, foutue journée ! Une nouvelle recrue lui aurait fait du bien ! Depuis la perte de son Sensei, il ne savait plus quoi faire. Il n'arrêtait pas d'enchaîner les échecs. Quelle direction était-il censé prendre, à présent ?! Pourquoi est-ce que rien ne marchait comme prévu ?!
De son côté, Dabi avait cessé de cracher. Il se rendait bien compte que Shigaraki n'était pas en forme. Ça lui arrivait de plus en plus, ces derniers temps. Et Dabi n'aimait pas ça.
« Eh, boss ! Ressaisis-toi ! »
Mais tout ce que Shigaraki entendit, ce fut un doux miaulement. Il sourit alors, moqueur.
« Tu ne fais vraiment pas vilain comme ça. Mais finalement, Toga avait raison. »
—Sur quoi est-ce qu'elle avait raison ? »
Shigaraki sourit en voyant que Dabi semblait perdu. Ah ! Comme s'il allait lui avouer qu'il le trouvait beau dans sa version chat – et peut-être pas que dans cette version-là, à la réflexion.
Shigaraki remonta alors l'une des mains qui le tenaient et tenta une caresse. Dabi sursauta, surpris. Mais avant qu'il ne comprenne quoi que ce soit, un bruit étrange sortit de son corps. Il lui fallut un instant pour comprendre qu'il était en train de ronronner. Ce n'était étrangement pas désagréable. Mais il n'était pas un chat ! Il ne pouvait pas se laisser aller sous les caresses de ce cinglé ! Il- Ah. Bon d'accord. Il pouvait. Les doigts fins grattaient exactement au bon endroit, juste en dessous des oreilles. Dabi tendit sa petite tête pour pouvoir encore plus en profiter.
À cette vue, Shigaraki ricana, de plus en plus amusé. Il avait eu une journée de merde, mais rien que pour ça, ça valait clairement la peine d'avoir rencontré cette femme ! Il continua alors à caresser le chat et tous les deux furent bercés par les ronronnements de Dabi. Quel son agréable. Shigaraki ne s'en lassait pas. Dabi s'affala ensuite de tout son long sur lui. Shigaraki passa sur son pelage abîmé. Oui. Dabi était beau.
Shigaraki observa le chat somnoler sous ses caresses. Il s'allongea ensuite, sans faire de geste brusque. Dabi se laissa faire et s'endormit, sans même s'en rendre compte. Shigaraki ramena alors la couverture sur eux et plongea dans le sommeil à son tour.
Lorsque Dabi retrouva sa forme humaine, plusieurs heures plus tard, il était toujours dans les bras de Shigaraki. Cette transformation les réveilla, tous les deux. Pourtant, aucun d'eux n'ouvrit les yeux. Ils préférèrent, plutôt, faire semblant de dormir pour pouvoir encore profiter secrètement de cette étreinte étrangement chaleureuse...
