Défi no. 3 : " Écrivez un texte contenant l'une des trois thématiques suivantes, à choix : omegaverse, maladie de Hanahaki, ou mpreg sans omegaverse. " Je suis partie sur le mpreg.

Attention, spoils sur les chapitres 265 à 271 !

Personnages : [Hawks, Dabi]

Un immense, immense merci, Moira-chan, pour ta relecture et ta bêta à la dernière minute ! C'est juste super tout ce que tu as fait pour moi ! En plus, tu m'as énormément aidée tout au long de l'event ! Franchement, merci ! Et merci à Turan pour m'avoir soutenue jusqu'au bout ! Tes pompons efficaces m'ont énormément motivée !

Merci aussi aux autres modératrices, Hatsukoi-san, LolaLola23111963 et Moira-chan ! Cet event était vraiment super à organiser à vos côtés !

Merci à tous les participants ! Vous avez su faire vivre l'event comme jamais !

Et bien sûr, merci à la Team Vilain, la meilleure ! Fairy Selene, Harley A Warren, Takkaori, Thiaz et Turand, c'était un honneur de faire tous ces défis à vos côtés !

Et enfin, merci à vous tous pour vos commentaires si gentils ! Vous m'avez motivée pour tout finir dans les temps !

D'ailleurs, je suis très limite pour poster ce dernier défi. Je m'excuse d'avance s'il est moins bon. J'ai fait de mon mieux !

Je vous souhaite une bonne lecture !


Etre une famille

Hawks se servit une tasse de café bien fort. La nuit avait été longue. Il n'était rentré que depuis deux petites heures. Il avait juste eu le temps de s'affaler dans son lit qu'il avait déjà dû se relever. Il était juste épuisé. Il se laissa alors tomber sur l'une des chaises de la cuisine. Il avait tant de choses à faire aujourd'hui pour préparer son retour. Un étrange sentiment s'empara de lui à cette pensée. Mais il n'eut pas vraiment le temps d'y réfléchir d'avantage. Parce que des bruissements d'ailes se firent soudainement entendre dans le couloir.

« On ne vole pas dans les escaliers. » déclara Hawks, comme chaque matin.

Le bruit s'arrêta. Quelques secondes plus tard, une petite tornade rousse déboula dans la cuisine. Elle fit à peine à attention à Hawks et se dirigea vers le mur du fond. Elle agita ses ailes blanches et ses pieds se décolèrent de quelques centimètres. De cette façon, elle put décrocher facilement le calendrier mural. Elle barra la case de la veille avec un tel empressement que le papier manqua de se déchirer. Puis, elle observa attentivement la page.

Hawks avait l'habitude de cette petite routine qui s'était mise en place trois mois plus tôt. Et c'était bien pour ça qu'il faisait l'effort d'être toujours auprès de sa fille le matin, même quand il avait travaillé toute la nuit, parce qu'il savait que c'était un moment important pour elle. Et aujourd'hui encore plus...

« Bonjour Aiko, sourit-il alors. Tu as bien dormi ?

—B'jour papa. Oui, oui. »

La jeune enfant de neuf ans était ailleurs. Son regard ne quittait pas le calendrier.

« C'est toujours bien demain ? demanda-t-elle d'une voix plus hésitante.

—Oui, ça n'a pas changé, répondit tranquillement Hawks.

—... Il va bien venir ici, hein ? »

Aiko lui posait de plus en plus souvent cette question. Hawks pouvait sentir toute son inquiétude et il ne supportait pas ça.

« Bien sûr qu'il va venir ici. »

Hawks ne pourrait jamais lui pardonner s'il ne le faisait pas. Mais, contrairement à sa fille, il n'avait aucun doute à ce sujet. À vrai dire, Dabi était bien plus désireux que lui à l'idée de s'installer dans cette maison. Si ça ne tenait qu'à lui, d'ailleurs, Hawks n'aurait même pas accepté. Seulement il ne pouvait pas faire ça à Aiko.

« Prends ton petit-déjeuner, dit-il alors pour changer de sujet. Je t'ai préparé des tartines au choco. »

Aiko afficha un doux sourire et commença à manger de bon appétit.

« Comment s'est passée ta soirée hier ? demanda Hawks, avant de boire une gorgée de son café brûlant.

—Super bien ! Tonton Natsu est monté dans la cabane avec moi. Il a pris l'échelle, mais moi j'ai réussi à y aller en volant ! Il était très fier ! »

Hawks lui sourit tendrement. Aiko se débrouillait de mieux en mieux avec son alter. Bien sûr, elle ne s'en servait pas aussi bien que Hawks lorsqu'il avait son âge. Mais ce dernier faisait tout pour qu'elle y aille à son propre rythme.

« C'est très bien ça. Bientôt, tu pourras m'accompagner et on volera ensemble dans le ciel.

—C'est vrai ? s'enthousiasma Aiko.

—Oui. »

Hawks la regarda d'un air complice. Aiko en sautilla d'impatience. Elle ne rêvait que de ça ! De pouvoir voler avec lui haut dans le ciel.

« Et à l'école, est-ce que ça va mieux ? »

Hawks savait que c'était un sujet délicat. En effet, ces derniers temps, Aiko avait été embêtée par un groupe d'enfants, sans raison apparente. Hawks avait été voir la directrice et en avait longuement discuté avec Aiko, mais il ne savait si ça avait eu le résultat escompté.

« Oui, sourit Aiko tout en avalant une grande bouche de pain. J'ai suivi ton conseil ! »

Hawks lui avait conseillé, en effet, de parler de son père lorsqu'on venait l'embêter.

« Tu as bien fait ! s'exclama-t-il d'un ton fier. Etre la fille du numéro trois des héros, ça en jette !

—Non, le coup du héros, c'est dépassé. Je leur ai dit que j'étais née à Tartarus et que mon père sortait bientôt de taule. Ils me trouvent cool maintenant. »

Hawks cligna des yeux. Ce n'était pas du tout ce qu'il avait eu en tête, là.

« Aiko, tu ne dois pas dire ce genre de choses, soupira-t-il.

—Pourquoi ? demanda-t-elle sans comprendre. C'est vrai, non ?

— Oui, mais ce ne sont pas des choses qui se disent.

—... Tu préférerais que je ne parle pas de papa ? »

Sa voix était basse et triste. Hawks s'en voulut aussitôt.

« Non, bien sûr que non ! »

Il soupira.

« Ce n'est pas important. Finis de manger et va prendre une douche. Quand tu seras prête, on pourra commencer à faire sa chambre ensemble. »

Aiko afficha un large sourire et engloutit ce qui lui restait de tartines. Elle remonta ensuite dans la salle de bain. Hawks, lui, resta à table. Il passa une main sur son visage fatigué. Son regard tomba sur le calendrier que sa fille avait laissé trainer. Ses doigts passèrent sur la case qu'Aiko avait raturée. Plus qu'un seul jour. Hawks le savait, et pourtant, il peinait toujours à le réaliser. Demain, Dabi allait réellement être ici, avec eux. Et Hawks ne se sentait pas prêt.

Les vieilles douleurs de son dos se réveillèrent. Dix ans étaient passés, mais Hawks n'avait pas oublié. Comment aurait-il pu oublier les flammes qui lui avaient dévoré les ailes ? Le combat entre eux deux avait été violent. Bien loin des caresses et des murmures qu'ils avaient partagés avant tout ça, lorsque Hawks s'était perdu dans son rôle d'espion. Le retour à la réalité avait été brutal, mais nécessaire. Une fois Dabi en prison, Hawks n'aurait jamais cru le revoir. Sauf que leurs nuits passionnées leur avaient laissé, à tous les deux, un souvenir bien particulier...

Les grossesses masculines étaient de plus en plus courantes. Une clinique y était même entièrement dédiée à Tokyo. Grâce à des alters bien spécifiques, les hommes pouvaient désormais porter la vie. Sauf que ni Hawks ni Dabi n'avaient voulu que cela arrive. Et pourtant, quatre mois après son incarcération, Dabi avait demandé à le voir. Au bout de la cinquième demande, Hawks avait fini par céder. Il s'était attendu à des insultes, à des menaces. Mais le regard vide et fatigué de Dabi l'avait vite détrompé.

« C'est ton enfant. »

Hawks ne pourrait jamais oublier cette phrase. Il avait eu tellement de mal à y croire. Il avait alors voulu avoir des explications. Dans un soupir, Dabi lui avait parlé de Garaki, le médecin fou qui était lié à All For One. Apparemment, il avait étudié le corps de Dabi, soi-disant pour tenter de le soigner. Mais au vu de la situation, Dabi avait pensé qu'il lui avait fait quelque chose d'autre. D'autant plus que Garaki avait fait plusieurs sous-entendus par rapport au jeune héros. Hawks en avait été furieux. Mais Dabi, lui, ne s'était pas attardé là-dessus. Tout ce qu'il avait voulu savoir, c'était si Hawks s'occuperait oui ou non de cet enfant. Et malgré toute l'aversion qu'il y avait désormais entre eux, Hawks n'avait pas hésité.

Et dix ans plus tard, il ne le regrettait toujours pas. Elever seul un enfant était difficile. Mais heureusement, il pouvait compter sur la famille Todoroki pour l'aider. Il ne regrettait pas, non. Seulement la sortie de Dabi le rendait nerveux. Peut-être que ça aurait été plus simple que l'ancien vilain aille vivre chez Natsuo ou Fuyumi.

« Papa ! Je suis prête ! »

La voix d'Aiko le sortit de ses pensées. Il termina alors son café d'une traite et monta l'escalier à son tour. Aiko courut aussitôt vers la chambre d'ami. Elle ouvrit la porte à la volée et entra dans la pièce. Hawks la suivit, d'un pas plus tranquille. L'endroit était impersonnel. Hawks n'utilisait jamais cette chambre. Mais maintenant, elle allait lui être bien utile.

« Je veux mettre les draps bleus !

—Bien sûr, sourit Hawks. Ils sont dans l'armoire. Tu me les apportes ? »

Aiko alla les chercher et les lui amena directement. C'était elle-même qui les avait choisis au magasin. Elle disait qu'ils étaient de la même couleur que les yeux de Dabi. Et elle n'avait pas tout à fait tort. Aiko s'appliqua ensuite à mettre les coussins dans les taies d'oreiller, tandis que Hawks s'occupait du matelas et de la couette.

« Et voilà, le lit est prêt, sourit Hawks au bout d'un moment. Maintenant, on va trier cette armoire pour qu'elle soit entièrement libre et- »

Il s'arrêta de lui-même. Il voyait bien qu'Aiko fixait le lit d'un drôle d'air. Il s'abaissa alors à sa hauteur.

« Tout va bien ?

—... Il manque quelque chose... »

La voix de sa fille s'était faite plus basse. C'était rare qu'elle ne soit pas assurée. Hawks caressa alors ses cheveux roux.

« Qu'est-ce qu'il manque ?

—... Vikutoru... »

Hawks fut surpris par sa réponse. Vikutoru était son dragon en peluche. Un beau dragon aux ailes rouges et à la peau bleue. Pour des raisons évidentes, c'était la peluche préférée d'Aiko.

« Peut-être que papa en aura besoin quand il rentrera, murmura-t-elle. Et comme ça, il se souviendra que... »

Aiko ne termina pas sa phrase. Ses yeux se baissèrent sur le sol. Elle était anxieuse, Hawks le voyait bien. Ça lui faisait mal au cœur. Aiko était une petite fille sûre d'elle. Sauf quand il était question de Dabi. Et Hawks ne le supportait pas. Pourtant, il devait bien reconnaître que ce n'était pas spécialement la faute de Dabi. Ce dernier n'avait jamais fait de mal à Aiko. Mais leur relation était si différente de celle qui unissait Aiko à Hawks.

« Il se souviendra de quoi ? l'encouragea alors ce dernier.

—... qu'on est une famille. »

Sa voix était à peine plus haute qu'un murmure, pourtant Hawks l'entendit distinctement. Ah... Pourquoi fallait-il que ce soit aussi difficile ? Il pouvait, néanmoins, comprendre les craintes de sa fille. De toute sa vie, Aiko n'avait jamais vu Dabi qu'en prison. En dehors de sa naissance, elle n'avait même jamais pu avoir de contact physique avec lui. Toutes leurs visites se faisaient au parloir du quartier de haute sécurité. Une grande vitre les avait donc toujours séparés. Sans parler du fait qu'Aiko ne voyait Dabi qu'une ou deux fois par mois. Et cette distance était difficile à combler... Hawks aurait tant voulu que sa fille ait deux parents à la hauteur. Mais il devait faire avec ce qu'il avait. Il la prit alors dans ses bras et se dirigea vers le lit, où il s'assit, la posant juste à ses côtés.

« Même si c'est compliqué, commença-t-il ensuite d'une voix douce, ton père sait qu'on est une famille. Et il ne t'abandonnera pas.

—... Mais alors pourquoi est-ce que vous faites chambre à part ? »

Aiko ne comprenait pas. Elle était bien trop jeune pour ça. Hawks ne savait pas comment lui expliquer la situation. Pour être honnête, il avait aimé Dabi lorsqu'il avait été un espion. Et il pensait que la réciproque était vraie également. Seulement ils s'étaient mutuellement trahis. Même si Hawks s'estimait bien plus dans son droit que Dabi, il se doutait que ce dernier ne lui avait pas pardonné. Pendant toutes ces années, ils n'avaient jamais reparlé de leur relation. C'était comme si elle n'avait jamais existé. Toutes leurs rares conversations avaient toujours tourné uniquement autour d'Aiko. Mais tout ça, il ne pouvait l'avouer à sa fille.

« Parce que c'est mieux pour nous, répondit-il à la place. Mais ça ne nous empêche pas d'être une famille. On t'aime tous les deux.

—... Il m'aime aussi ?

—Bien sûr qu'il t'aime. Il t'aime plus que tout. »

Hawks se souvenait parfaitement de la volonté de Dabi de mener à terme sa grossesse, alors même que les médecins ne le conseillaient pas. Le corps de Dabi, déjà très affaibli, avait mal vécu la présence d'un enfant. Sans parler de la césarienne qui l'avait presque tué. Mais Dabi n'avait jamais voulu faire marche-arrière. Dès le moment où il avait été sûr que Hawks s'occuperait de leur fille, il n'avait plus douté.

Alors oui, Hawks était sûr de son attachement envers Aiko. Mais il voyait bien que sa fille était toujours aussi nerveuse. Il l'embrassa sur le front et l'entoura de ses bras.

« Ne t'en fais pas. On va tout faire pour qu'il se sente bien ici. On va lui donner une place dans notre quotidien et tout faire pour l'aider à retrouver une vie normale. Mais tu as sans doute raison. Je pense qu'il aura besoin de Vikutoru. Tu vas le chercher ? »

Aiko acquiesça et sortit en trombe de la chambre. Hawks sourit, amusé. Il restait inquiet, malgré tout, mais ça lui faisait plaisir de voir sa fille retrouver déjà son entrain. Cette dernière revint bien vite dans la pièce, tenant dans ses mains son beau dragon. Elle le posa alors sur les coussins.

« C'est bien comme ça ? demanda-t-elle d'une petite voix.

—C'est parfait. Allez, on passe à la suite maintenant ? »

Aiko hocha la tête. Elle semblait, de nouveau, en forme. Elle l'aida à ranger les dernières affaires. Puis, elle accrocha avec lui les dessins qu'elle avait faits pour Dabi. Lorsque la chambre fut prête, Hawks et elle regardèrent le résultat. Hawks se demandait si Dabi apprécierait. Sincèrement, il en doutait un peu. Mais le sourire d'Aiko était bien plus important...

La journée passa à une vitesse folle. Hawks prépara ensuite le repas et tenta de changer un peu de sujet de conversation pour permettre à Aiko de se détendre. Puis, lorsque le soir fut venu, Hawks coucha Aiko. Il remonta bien la couverture sur elle et sourit avec tendresse. Mais au moment où il voulut partir, Aiko le retint une dernière fois.

« Et s'il ne restait pas ? murmura Aiko. Et s'il n'aimait pas être ici ? »

Hawks la regarda un moment, avant de lui répondre.

« ... Tu veux que je te dise un secret ? »

Aiko hocha aussitôt la tête et le regarda, très intéressée.

« On en a beaucoup parlé, lui et moi, lui avoua Hawks. C'est lui qui m'a demandé s'il pouvait venir habiter avec nous. Parce qu'il veut être auprès de toi. Alors, je suis sûr qu'il restera. Ne t'en fais pas pour ça. »

Aiko le regarda, émerveillée. Cette vision regonfla le cœur de Hawks. Il l'embrassa alors sur le front, lui souhaita bonne nuit et quitta la chambre. Il se dirigea vers la sienne, sans attendre, et se laissa tomber sur son propre lit. Il n'avait pas menti à sa fille. Mais la situation était un peu plus complexe que ça, en réalité. Dabi avait d'abord demandé à avoir Aiko en garde alternée. Ce que Hawks avait refusé net. Ce qui avait créé pas mal de tensions entre Dabi et lui. Mais Dabi ne pouvait rien y faire. Ils le savaient tous les deux. Si Hawks le voulait, il pouvait même empêcher Dabi de voir sa fille. Mais il n'était pas cruel. Tant que Dabi ne ferait pas de mal à Aiko, il l'accepterait dans sa vie.

Au final, après y avoir longuement réfléchi, Hawks savait que ce compromis était ce qu'il y avait de mieux pour eux trois. De cette façon, Dabi et Aiko pourraient se voir en permanence. Et lui pourrait surveiller Dabi.

Oui, c'était le mieux. Mais au plus le moment fatidique approchait, au plus Hawks se sentait nerveux. Jusqu'ici, il n'avait pensé qu'à Aiko. Mais lui dans tout ça ? Comment allait-il réussir à gérer le retour de son ancien amant dans sa vie ? Son dos lui fit mal, à nouveau. Pourtant, ses ailes avaient repoussé. Moins belles qu'auparavant, moins efficaces, aussi. Mais elles avaient repoussé. Seulement ça n'empêchait pas cette douleur fantôme d'apparaître à chaque fois qu'il y pensait...

Ses souvenirs s'égaraient. Demain, Dabi serait ici. Hawks joua avec l'une de ses propres plumes, songeur. Il se demandait comment les choses allaient se dérouler. Dabi avait tellement changé, ces derniers temps. Dix années en prison... ça laissait des traces. Mais Hawks n'arrivait pas à le cerner. Et il espérait qu'il ne faisait pas d'erreur. Mais tant qu'il l'aurait dans son champ de vision, tout irait bien...

Il ne pouvait que se dire ça, de toute façon. Il ne pouvait plus reculer. Il ne voulait pas reculer. Aiko comptait trop sur la présence de Dabi. Et pour sa fille, Hawks était prêt à faire tous les sacrifices. Mais il ne pouvait s'empêcher d'y penser encore et encore.

Les minutes s'écoulèrent alors, devenant des heures. Hawks n'arrivait pas à trouver le sommeil. Les yeux rivés sur son réveil, il sentait l'angoisse monter dans son corps. Il avait beau en avoir discuté avec Dabi, il songeait à toutes sortes de scénarios catastrophes. La nuit fut donc horriblement longue pour lui. Paradoxalement, elle fut bien trop courte également. À six heures du matin, Hawks n'y tint plus. Ça ne servait à rien de se retourner une nouvelle fois dans son lit. Autant se lever.

Il quitta donc sa chambre, silencieusement. Il ne tenait pas à ce qu'Aiko se réveille aussi tôt. Il descendit dans le salon et s'assit sur le divan. Son cœur battait plus vite que d'habitude lorsqu'il se rendit compte qu'à cette heure-ci, Dabi devait être en train de quitter sa cellule. Sa libération était prévue pour sept heures du matin. Hawks avait demandé à l'un de ses acolytes d'aller le chercher. Il n'aurait pas pu supporter un trajet de quarante-cinq minutes auprès de son ancien amant. Pas directement, en tout cas. Mais maintenant, il en venait presque à regretter sa décision. La route lui aurait, au moins, permis de penser à autre chose. Ici, il ne pouvait que regarder le temps défiler. Il alluma alors la télévision, essayant de se distraire. Il ne cessa de changer de chaîne, rien n'arrivait à le distraire. Une longue heure passa, qui lui sembla bien trop courte. Maintenant, Dabi était sorti. Son souffle se bloqua. Il ne pouvait vraiment plus faire marche-arrière.

Soupirant, les ailes un peu tremblantes, il éteignit la télévision et se leva. Il monta alors à l'étage pour réveiller Aiko. Il voulait qu'elle ait le temps de se préparer avant l'arrivée de Dabi. Dès qu'Aiko ouvrit les yeux, Hawks vit qu'elle était nerveuse elle aussi. Elle fut bien plus silencieuse que d'habitude lorsqu'elle quitta le lit. Dans son dos, ses ailes pendaient quelque peu. Hawks lui fit un câlin et força un sourire sur ses lèvres.

« Tout va bien se passer. Je te laisse te doucher et t'habiller et je t'attends en bas, d'accord ? Je vais te préparer un bon chocolat chaud, ça te dit ? »

Aiko acquiesça faiblement. Hawks passa en douceur une main sur ses cheveux roux et décida de la laisser se préparer à son aise. Il redescendit les escaliers et alla dans la cuisine. Il prépara le chocolat chaud, le cœur battant plus fortement que jamais. À présent, Dabi était dans la voiture de son acolyte. Il se dirigeait vers la maison. Hawks sentit son souffle se troubler. Il fallait qu'il se reprenne. Tout allait bien se passer. Dabi le lui avait promis... Mais Dabi lui aurait dit n'importe quoi pour pouvoir revoir sa fille... Lui faire confiance était si compliqué... Pourtant, Hawks voulait y croire. Au moins pour Aiko.

Cette dernière n'était pas dans un meilleur état que lui. Pour une fois, elle ne fit quasiment aucun bruit, lorsqu'elle vint le rejoindre dans la cuisine, quelques minutes. Ses petits yeux fatigués se posèrent sur le calendrier. Pour la forme, elle alla le décrocher et barra la toute dernière case. Puis, elle s'assit à table. Hawks posa devant elle sa tasse de chocolat chaud. Aiko la but sans dire un mot. Et tous deux attendirent en silence. À chaque fois qu'ils entendaient du bruit à l'extérieur, ils ne pouvaient s'empêcher de se tendre. Le tic-tac de l'horloge remplissait toute la pièce. Jusqu'à ce que...

Des pneus sur du gravier. Des portières qui claquent. Trois coups à la porte. Dabi était là. Aiko se figea, comme pétrifiée. Hawks dut prendre sur lui pour se mettre en mouvement. Il posa une main réconfortante sur la tête de sa fille, avant de s'éloigner vers le hall. Ses jambes ne lui avaient jamais semblé aussi lourdes. Arrivé devant la porte d'entrée, il inspira profondément, avant de l'ouvrir.

L'air frais s'engouffra aussitôt dans ses plumes. Hawks se retrouva face à son acolyte. Mais il le vit à peine. Ses yeux furent happés par l'homme qui se tenait derrière lui. Dabi... Hawks avait beau l'avoir vu peu de temps auparavant, il avait l'impression de le découvrir à nouveau. Loin de cette prison, Dabi lui semblait différent.

Hawks écouta distraitement son acolyte qui, heureusement, ne s'attarda pas. Hawks le remercia. Puis, il l'entendit, plus qu'il ne le vit, retourner dans sa voiture. Il ne pouvait détacher son regard de Dabi.

Les cheveux blancs de ce dernier tombaient sur ses yeux bleus toujours aussi impénétrables. Mais aucune malice ne s'afficha dans son regard lorsqu'il croisa celui de Hawks. Tous les deux étaient clairement sur leurs gardes. Hawks se demanda comment il devait réagir. Mais avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, il sentit une présence à ses côtés. Timidement, Aiko s'approchait de la porte d'entrée.

Dès qu'il l'aperçut, Dabi délaissa aussitôt Hawks. Un léger sourire s'afficha sur ses lèvres, mais, clairement, il ne savait pas comment se comporter maintenant que plus aucune vitre ne le séparait de sa fille.

Un silence tendu s'installa entre eux trois. Jusqu'à ce que Aiko ose briser la glace. Elle s'avança vers Dabi et finit par tendre une main tremblante vers lui. Dabi la prit aussitôt. Tous les deux se regardèrent alors, comme si c'était la première fois qu'ils se voyaient. Puis, Aiko éclata en sanglots et se précipita sur Dabi, effaçant les derniers centimètres qui les séparaient. Incertain, l'ancien vilain s'abaissa et l'enlaça de ses bras. Aiko s'accrocha à lui et plongea son visage dans son cou.

« Ne pars plus..., pleura-t-elle. S'il te plaît, ne pars plus jamais... »

Le regard de Dabi se troubla d'une lueur que Hawks ne lui connaissait pas.

« Je ne partirai pas », souffla-t-il à voix basse.

Il serra longuement sa fille contre lui. Son regard remonta ensuite jusqu'à celui de Hawks. Les deux anciens amants s'observèrent un instant. Hawks se sentit défaillir. Il ne savait pas ce qu'il ressentait exactement, mais cette vision faisait trembler son cœur de joie. Il sourit alors faiblement.

« Bienvenue à la maison, Touya. »


Et voilà, c'est fini ! Merci beaucoup de m'avoir suivi tout au long de ces onze défis !