Défi n° 9 : Écrivez un texte contenant le personnage choisi par un-e autre membre de votre équipe.
Pomme d'amour
« Tu es prête Eri ? »
Le toute jeune fille se dépêcha de faire ses lacets et se leva rapidement pour rejoindre l'adolescent qui l'attendait. Elle salua une dernière fois Aizawa et Mic qui la regardaient partir depuis la fenêtre de la cuisine, l'un amusé et l'autre plus que perplexe.
« Tu me donnes la main ? Comme ça on est sûr de pas te perdre et Aizawa sensei ne s'inquiétera pas. »
Sans attendre, elle se saisit de la main tendu de Kirishima. Sa main était tellement plus grande que la sienne ! ça lui faisait toujours bizarre, d'ailleurs. Délaissant ses pensées de grandeur, elle tourna la tête vers le groupe de garçon qui patientait devant l'entrée de l'école. Enfin « patienter », ils avaient plutôt l'air de se disputer. Elle reconnut tout de suite l'ami bruyant de son monsieur Deku. Le blond qui le provoquait également. Néanmoins, les autres têtes lui étaient inconnues. Si elle les avait vaguement déjà vu lors du festival, elle serait bien incapable de se souvenir de leur prénom.
« Allons les gars ! Ne nous battons pas de sitôt ! Puis vous allez faire peur à Eri ! » s'écria Kirishima. Ses mots furent, semble-t-il suffisants car à peine avaient-ils réalisé la présence de la plus jeune que le calme était revenu. Les expressions s'adoucirent et chacun vint saluer la plus jeune.
« Bonjour Eri, tu te souviens de moi ? » Fit le Blond à l'attitude provocateur. Son attitude était à présent beaucoup plus douce et sa voix bien plus calme que ce qu'Eri avait entendu.
« … Monsieur Monoma ?
- C'est bien ça ! » Il lui sourit et leva son poing vers elle. Eri comprit tout de suite le message et amusée, elle ferma son poing pour cogner celui de l'apprenti héros.
« Salut petite fille ! Tu dois pas trop te souvenir de moi. » Un garçon à l'allure plus musclée s'invita dans son champ de vision. Ce qui la frappa tout de suite fut la ressemblance du garçon avec Kirishima. Était-il frère ? Elle ne put s'empêcher de jeter un regard en coin pour observer l'élève de la classe A tandis que sa réplique de la classe B se présentait.
« Moi c'est Tetsutetsu ! Et je ferais ce qu'il faut pour que tu passes la meilleur journée de ta vie !
- Quel entrain. On a rien à craindre avec un gaillard comme toi. » S'amusa une autre voix.
Denki s'approcha à son tour pour toper-là avec la toute petite fille. « Ne fais pas ton grinchons, toi ! Viens dire bonjour, Bakugo ! »
Le cendré leva rageusement son bras mais s'arrêta net en croisant le regard d'Eri. Il pesta, puis après s'être contenté d'un coup de pied bien placé derrière le genou du son camarade, il salua d'un geste la plus petite. « Tu as bien prit ta gourde ? Il va faire salement chaud aujourd'hui. Et ta casquette ? elle est où ?
- Bakupapa en action. » Rit Kirishima.
- Je t'ai demandé quelque chose toi ? » Il s'empourpra rapidement, dévisageant également le trio qui se moquait gentiment.
Eri quant à elle répondit par un sourire bien fière. « Tout est dans mon cartable ! J'ai tout vérifié avec Monsieur Aizawa. » Ses mots semblèrent ravir le plus grand qui se contenta d'hocher la tête.
« Bon, on y va où on attend le déluge ? »
- Il manque votre amie Tsuyu non ? » S'enquit Tetsu en observant les alentours, espérant tomber sur la chevelure verte non loin d'ici.
« Elle a dit qu'elle nous rejoindra en ville ! » répondit Kirishima en entamant la marche. « Elle sera surement accompagnée des filles.
- Bon ben, allons-y ! »
Ainsi commença la sortie de la petite Eri. Les discussions avaient été longue, mais les étudiants avaient réussi à convaincre leurs professeurs – notamment Aizawa, de les laisser organiser une sortie. Une petite fête foraine s'était installé en ville et chacun y avait vu une occasion en or d'offrir une belle journée à l'enfant rescapé.
Le jour-j était alors arrivé et les cinq apprentis-héros jouaient les escortes pour la plus jeune. L'idée d'une telle sortie la rendait terriblement heureuse et alors qu'elle sentit le grand Tetsu lui saisir la main et la faire balancer à l'aide de Kirishima, elle était sûre de passer la meilleure journée de sa vie.
« Madame Tsuyu est là ! » Eri s'écria en apercevant l'étudiante. Elle était de dos et semblait discuter avec d'autres personnes qu'elle reconnut pour la plupart. Dans une robe rose à fraise qui l'émerveilla, Ochaco racontait une histoire, un grand sourire mangeant son visage tout en rondeur. Ses bras s'agitaient tandis que ses traits s'étiraient en des grimaces qui firent rire les filles présentes. Juste à ses côtés, elle vit deux autres filles. La première était aussi grande que Momo, avec une longue chevelure rousse montée en une longue queue de cheval. Totalement prise par l'histoire d'Ochaco, une autre fille sautillait et s'agitait presque encore plus que la brune. Elle était magnifique, mais si ses boucles blondes étaient déjà un signe assez voyant, Eri fut agréablement surprise de voir que, comme elle, la fille avait des cornes !
Tsuyu fut la première à se retourner à l'entende de son nom et comme tous les adultes qui croisaient son regard, l'adolescente lui offrit un joli sourire en guise d'accueil. En un rien de temps, toutes les filles étaient à ses côtés, la complimentant sur sa coiffure, lui demandant comme elle allait, la jolie blonde à corne lui proposa même de se servir dans l'énorme sac de bonbon qu'elle avait en main.
« Elle a pas encore mangé, le poney ! Tu lui refileras ça après.
- Mais ! Un ou deux bonbon ne fait jamais de mal !
- Pony a raison, cesse de faire ton coincé. » souffla Neito alors qu'il se servait dans le sac également.
Bakugo tiqua et alors qu'il ouvrit la bouche pour exprimer le fond de sa pensée, Kirishima, suivit de Testu, vinrent se glisser chacun de chaque côté de l'énervé, un bras autours de son cou pour l'éloigner du blond provocateur et le coincer entre leurs muscles. Le blond avait beau être un génie, il ne pouvait clairement pas s'extirper seul d'une double accolade Kirishima/Tetsutetsu.
« Allons, allons, c'est une belle journée ! Pas de dispute, Bakugo ! » Sans grande surprise, il vit Bakugo grimacer de plus belle, surement choqué par la familiarité dont l'homme d'acier démontrait – et ça ne le vexait pas, il avait fini par considérer le cendré comme un gars cool au caractère de merde, comme lui avait dit Kirishima, on arrive vite à relativiser ses sauts d'humeur.
Ce fut sans compter sur Kirishima pour couper net l'élan de son ami. « Tu l'as promis à Midoriya, je te rappel.
- Et moi je gagnerai mon pari. » Glissa la voix amusée de Tsuyu qui à son tour et comme tout le monde, s'était servie dans le sac à bonbon.
Bakugo vit rouge, mais finalement réussit à se contenir. Il pesta fort pour la forme et attendit que les deux garçons le lâchent. Monoma retient un rire, vite coupé par un coup de Kendo qui le dévisageait, l'air réprobateur. « Tu es aussi fautif ! Tu veux pourrir la journée de la petite Eri ?
- Hein ? Mais kendo ! Tu vois bien qu-
- Silence ! Pour la peine, tu n'auras plus de bonbons non plus. »
A son tour, Monoma s'exclama d'horreur, encore plus quand il vit qu'effectivement, Pony ne le laissa plus piocher dans son sac. Chacun s'amusa de la situation et au milieu de cette agitation, Eri se sentait particulièrement bien. Oui, vraiment bien. Les lumières autours d'elles dansaient au-dessus de sa tête, tantôt plus douces, tantôt éblouissantes. Milles et unes odeurs volaient dans l'air, un étrange mélange de salé, mais surtout de sucré. Il y aura-t-il des pommes d'amour d'ailleurs ? Oh elle espérait très fort qu'il y en ait. Elle pourrait aussi en ramener pour Mirio et Deku qui n'avaient pas pu venir aujourd'hui. Mirio lui avait expliqué qu'il devait étudier pour des examens très importants tandis que Midoriya était tout simplement malade. Elle était sûr qu'une pomme d'amour lui ferait du bien !
« Bonjour Eri ». La grande rousse s'était agenouillée juste devant elle. « Je m'appelle Kendo Itsuka, et voici mon amie Pony Tsunotori. On va passer la journée ensemble, j'espère que ça ne te dérange pas ?
- Je suis une pro des fêtes foraine ! » s'écria Pony en se jetant sur le dos de Kendo qui faillit tomber de surprise. « Ochaco m'a dit que tu aimais les pommes d'amour, n'est-ce pas ! J'ai déjà situé le stand ! ça va être d'enfer ! »
Eri en salivait déjà. Elle hocha vivement la tête et attrapa la main de Pony. A présent, elle n'avait plus que la jolie pomme caramélisée à l'esprit !
Une seconde main vint la saisir et très vite, elle se retrouva sur les épaules de Bakugo. « D'abord, elle, va, manger, un, vrai, repas. » Articula le cendré, appuyant sur absolument toutes les syllabes de sa phrase. Loin d'en être impressionnée, Pony gonfla tout simplement des joues.
« Bakugo a raison. » Finit par dire Asui en s'approchant. « Ça rendra le dessert encore meilleur. »
Eri hocha la tête, un peu triste de devoir attendre pour avoir son plaisir sucré. Sans la prévenir, elle sentit Bakugo se mettre en marche. De surprise, elle se raccrocha vivement aux cheveux du génie colérique.
« Soit plus délicat Bakugo ! » Rouspéta Ochaco en lui assénant une petite tape sur le bras. « Les garçons, je vous jure. »
- C'est pour ça que tu tentes de pécho la grenouille, hein ?
Ochaco piqua un fard monumentale et tourna la tête vers son amie. Fort heureusement, Denki semblait avoir attirée toute son attention. Elle soupira de soulagement avant de donner un nouveau coup contre les côtes du garçon.
« tu es un sérieux problème toi !
- Oh ça va je l'ai pas hurlé.
- Si Eri était pas sur tes épaules, tu aurais moins fait le malin ! D'ailleurs tu vas contaminer Eri avec ta bêtise ! Tu veux descendre, Eri ? »
Eri hésita, puis finalement secoua de la tête.
- Non, je voudrais bien rester sur les épaules de Monsieur Kacchan ! »
Elle sentit le corps qui la portait se figer. Un long silence en guise de réponse. Etonnée, elle se tourna vers le reste du groupe et elle vit non pas un, mais bien neuf visages oscillant entre la surprise et le fou rire.
« Je… pardon, je ne pouvais pas ?... Monsieur Deku vous appelle Kacchan alors …
- C'est bon.»
La plus petite cligna des yeux, ne comprenant pas ce qu'il voulait dire. Il n'était pas fâché alors ? Comme s'il entendait ses interrogation, il ajouta :
« Appel moi comme tu veux, la gosse.»
Elle souffla alors doucement, soulagée et rassurée par les mots du plus grand.
« Oui, Monsieur Kacchan !
- Oh Kacchan t'es un vrai bro !
- Franchement Kacchan, t'es super.
- On sent que Kacchan a un cœur d'or sous son caractère de casse pied
- Tu es un exemple Kacchan ! »
En cet instant, Eri trouva la situation très amusante, mais de là où elle était, elle ne pouvait décidément pas voir toutes les envies de destruction qui peignaient les traits du visage de Bakugo. Fort heureusement pour eux qu'elle était sur ses épaules !
Eri n'avait pas comprit comment elle s'était retrouvée toute seule.
Elle était pourtant restée aux côtés des plus grands. Ils avaient trouvé un coin d'herbe tranquille pour prendre le repas du midi, puis sans tarder s'étaient avancés vers les énormes stands colorés. Seule la joie et la bonne humeur avaient caractériser leur promenades.
Elle s'était alors amusée dans ces grandes tasses qui tournent aux côtés de Tsuyu, pony et Ocha, elle avait également observé les talents de chacun dans les faux stand de tirs, ce fut Bakugo qui excella et le garçon la laissa choisir sa récompense ! Elle avait alors pris une énorme peluche chat, si grande qu'elle n'arrivait pas à la porter seule. Heureusement que Tetsu était là pour l'aider.
Ils s'étaient alors dirigés vers un stand où il fallait pécher des canards en plastique. Kirishima l'avait aidé à s'installer et dès que le forain lui avait donné le top, à elle et aux autres enfants, elle s'était concentrée pour avoir les meilleurs canards. Si au départ, Asui, Tetsu et Kendo étaient à ses côtés, elle sentit qu'ils s'étaient éloignés un peu. La petite avaient vaguement entendu la ton monté dans son dos, mais en reconnaissant la voix de Bakugo, Kaminari et Monoma, elle ne s'inquiéta pas trop. Asui lui avait même tapoté le dos en lui disant « on est juste derrière toi, on s'éloigne pas. »
Elle n'avait donc pas quitté les petites canards colorés qui décidément, ne se laissaient pas faire ! Après moult essaies, elle avait réussi ! Armée à présent d'un super coffret de petit chimiste qu'elle pourra essayer avec Izuku, Eri était descendue de sa petite estrade pour rejoindre les grands. Néanmoins, elle ne les voyait plus. Elle tourna la tête et aperçut au loin un homme blond avec un veste en cuir. C'était Monsieur Kacchan !
Elle se mit alors à courir aussi vite qu'elle pouvait, abandonnant son coffret fraichement gagné. Elle avait beau l'appeler, il ne répondait pas. Était-il fâché ? Avait-elle fait quelque chose de mal ? L'angoisse la gagna alors qu'elle se cognait de plus en plus aux nombreuses personnes qui partageaient l'allée. Ce fut dur mais pourtant, encore un peu et elle le rattraperait. Elle poussa sur ses petites jambes et s'agrippa à son jeans.
Il s'arrêta et se tourna vers elle. « … ça va petite ? »
Ce n'était pas la voix de Bakugo. Avec peur, elle leva les yeux pour faire face à un homme qu'elle n'avait jamais vu. Ce dernier la dévisagea et se mit à regarder autours d'elle. « Qu'est-ce que tu fais toute seule ? Tu t'es perdue ? Attend on va – Hey où tu vas !? »
Sans attendre de réponse, Eri avait lâché l'homme et se mit à courir le plus vite possible, la peur encore plus présente dans son ventre. Elle eut l'idée de revenir sur ses pas, c'était le plus simple pour être retrouvée, n'est-ce pas ?
Mais comme pour ajouter de l'eau au moulin du malheur, Eri n'arriva pas à retourner au stand de pêche au canard. Elle tourna en rond très longtemps sans savoir combien de temps précisément. Mais chaque pas était de trop, chaque mètre parcouru sans voir un visage familier était un coup de plus dans son cœur. Elle n'aimait pas être seule, elle ne savait pas qui l'entourait, qui lui voulait du bien, qui lui voulait du mal.
Sans trop le réaliser, elle s'était éloignée du centre de l'événement. L'ambiance était moins lourde et déjà, elle respirait plus facilement. Fatiguée, elle s'assit sur le trottoir, tentant de réfléchir à quelque chose à faire. Elle ne connaissait pas le chemin pour rentrer à UA, elle n'avait aucun moyen de contacter qui que ce soit… Comment allait-elle faire.
« T'es toute seule ? »
Eri leva les yeux et vit une femme. Elle se tenait à côté d'elle et la regardait, tout simplement.
« Tu es perdue ? »
Eri n'osa pas parler, elle ne se sentait pas à l'aise. Tout ce qu'elle voulait, c'était passé une belle journée avec ses grands héros, gagner de jolies cadeaux et raconter sa journée à Deku et Mirio qui étaient restés à UA. La femme répéta sa question et Eri baissa les yeux, intimidée. Tout ce qu'elle réussit à faire les triturer doigts.
L'inconnue décida alors de s'approcher d'elle, s'asseyant tout prêt d'elle. « Ça te dit de venir avec moi ? On ira chercher ta maman toute les deux, d'accord ? »
La dame n'avait pas l'air méchante, un gentil sourire étirait son visage légèrement ridées et ses yeux fatigués. Alors Eri eu un regain d'espoir, la dame saurait peut être l'aider ?
« J'ai perdu mes amis.
- Tes amis ? Ils ont ton âge ?
- Non, non ! Ils sont plus grands. Ils m'ont amenés pour voir la fête foraine et manger des pommes d'amour.
- Tu aimes les pommes d'amour ?
- Oui ! Avec Monsieur Deku on en mange dès que l'on peut ! »
La dame rit de l'entrain de la toute jeune. « Et bien tu sais quoi ? » dit-elle en se levant. Elle nettoya sa jupe et Eri, plus par réflexe, se leva également. « J'ai plein de pomme d'amour cher moi. Donc tu pourrais venir avec moi et on va appeler ta maman avec mon téléphone. Ça te dit ? »
« … Chez vous ? … Mais je dois pas suivre les inconnus.. » Elle en était sure, Aizawa et Mic le lui avaient assez répété pour que ces mots s'inscrivent dans son esprit.
« Mais je suis une gentille moi. C'est les Villains qu'il ne faut pas suivre. Allez, viens, ma voiture est là-bas.
- Non ! »
Eri se mit une nouvelle fois à courir. Malheureusement, elle n'arrive pas à fuir. La femme la rattrapa facilement et d'un coup, l'emprisonna dans ses bras. Sans perdre de vitesse, elle se retourna rapidement et se dirigea vers sa voiture garée non loin.
Eri hurlait, paniquée, effrayée, quelqu'un devait la sauver ! Un héros ! Elle devait appeler un héros pour l'aider !
Ce fut un vent chaud qui répondit à son appel.
Eri ne comprit pas ce qui se passa. La dame hurla, puis tomba au sol, la faisant tomber au passage. Elle n'eut le temps que d'apercevoir de grosse bottes noirs que son corps s'élança sur le côté et se glissa dans le petit espace entre deux voitures.
La dame sembla l'ignorer car elle l'entendait insulter violement le nouveau venu. Etrangement, il n'entendit qu'elle. L'autre personne se contentait d'être là, sans lui répondre. De là où elle était, elle n'apercevait que ses fameuses bottines noirs. Finalement, elle vit les deux bottes bougées. Elles s'avançaient vers l'inconnue qui s'était levée entre-temps et dont elle ne voyait que les talons.
Un claquement de doigts
Un hurlement
De la chaleur
Et finalement le silence.
Eri ne releva pas la tête tout de suite. Tétanisée par ce qui se déroulaient autours d'elle, elle avait fermé les yeux, retenant sa respiration dans l'espoir de se faire oublier.
Tout d'un coup, elle entendit le bruit des bottes se rapprocher d'elle. Elle resta accroupis, cachée dans l'ombre de deux voitures garées. Il approchait, il approchait d'elle ! Elle devait fuir ? Crier ? Une énorme boule d'angoisse l'étouffa, elle ne savait plus quoi faire !
« C'est terminé. »
Elle ouvrit brutalement les yeux pour les lever vers l'homme qu'elle ne pensait pas si prêt d'elle.
Grand. Effrayant. Glacial.
La surprise fit tombée la jeune enfant qui, toujours tétanisée, resta au sol à observer le grand homme qui la regardait de haut. Si la casquette qu'il portait lui cachait une grande partie du visage et de ses cheveux sombres, Eri n'aurait jamais pu rater l'état de sa peau brulée de toute part. Le teint pâle laissait ci et là brusquement place à toute une surface sombre abimée. Loin d'en être accommodé, l'adulte l'observait toujours de ses yeux glacials alors qu'une odeur de cendre se faisait doucement sentir.
« Tu es blessé ? »
Eri n'arriva pas à répondre. Alors l'adulte se contenta de s'approcher pour l'aider à se relever. Eri prit une nouvelle fois peur et ferma les yeux et sans comprendre, elle sentit deux mains l'attraper sous les bras pour la remettre sur ses pieds.
Dans les méandres de son esprit chamboulé, la toute jeune fille remarqua que la dame avait totalement disparu. Son sac était toujours au sol, mais à part cette preuve ci, elle s'était totalement volatilisée… s'était-elle enfui ? Se cachait-elle pour mieux attaquer ?
« La dame est partie. »
Eri leva les yeux vers l'homme à l'expression las. « Elle ne reviendra plus et elle ne fera plus de mal aux enfants. »
Elle écouta ses mots tout en gardant une part de méfiance entre elle.
« Qu'est-ce que tu fais toute seule, gamine ? »
Encore une fois, les mots moururent au fin fond de sa gorge. Les mains jointes contre son torse, elle tourna la tête vers l'agitation de la fête foraine. L'inconnu à la casquette suivit son regard, puis soupira.
« Une gosse paumée, c'est ma chance ça … Hey, t'étais avec qui ? Tes parents ? »
Difficilement, elle secoua la tête. Elle prit une grande inspiration et tenta d'articuler sa réponse. « … Des..D…Des amis… Des grands…. De l'école… Ils… une sortie….
- Tu connais leur numéro ?
Ah ça oui ! Elle connaissait le numéro de Monsieur Aizawa, de monsieur Mirio et de Monsieur Deku sur le bout des doigts ! Elle hocha rapidement de la tête, plusieurs fois et cela eu le mérite de faire sourire l'adulte.
Ils restèrent là, à se regarder dans le blanc des yeux, quelques instants. Eri un peu mal à l'aise, n'osa cependant rien dire. Le plus grand avait l'air en pleine réflexion, il la délaissa un moment pour observer la fête foraine avec un air passablement ennuyé. Est-ce que ce monsieur n'aimait pas les fêtes foraines ? Pourtant c'était si bien ! Les attractions étaient vraiment amusantes, il y avait tellement de sucreries à gouter ! Oh, il ne fallait pas oublier les –
« Tu peux me donner leur numéro ? » Finit-il par demander en tendant son téléphone.
« … Oui ! » L'assurance commençait doucement à calmer l'état de stress qui l'avait tétanisé. Elle prit le cellulaire, un vieux modèle, et tapa le premier numéro qui lui vint à l'esprit. Chose faite, elle le rendu au grand garçon.
« C'est qui que tu as appelé ?
- Le héros Deku ! »
Ce fut au tour du plus grand de s'immobiliser. Il la regardait soudainement avec un grand intérêt. Eri n'aimait pas ces regards, ils le lui rappelaient beaucoup trop ceux de son passé.
« J'en connais un qui va être très déçu quand je vais lui raconter ça…
- Il… il y a un problème ?
- Non, non. Au contraire »
Il observa sérieusement son téléphone et plus particulièrement la suite de numéro qui s'affichait sur son écran. Son sourire s'élargie de plus belle, arborant encore plus cette allure amusement démente « … tu as beaucoup de chance gamine, tu n'es pas ma priorité… Et puis » il observa une nouvelle fois le numéro de téléphone. « Tu m'as peut être offert une jolie récompense. » Ronronna-t-il en pressant le bouton d'appel. Il se concentra sur les lentes tonalités qui résonnaient dans l'appareil. Un… deux… trois…
« A-Allo ? Oui ? » S'écria une voix totalement paniquée et enroué. Bingo, c'était bien le gamin auquel il pensait.
« J'ai ta gamine, elle est devant le Konbini de la gare. » et sans attendre de réponse, il raccrocha. Eri écarquilla des yeux, ne comprenant rien à l'attitude de l'homme. Il avait raccroché au nez d'un héros ? Et en plus ça l'amusait ! Mais il était bizarre ce monsieur !
« Vraiment, je sens qu'il va râler fort… »
- Tout … tout va bien ? » Sa voix tremblait encore, mais elle arrivait plus facilement à s'exprimer. Le plus grand déposa ses yeux bleus sur elle. Une toute nouvelle expression tirant ses traits abîmes par le feu.
« Parfaitement bien… Merci à toi, pour tout.» Ponctua-t-il d'une voix plus basse, comme si ses mots n'étaient adressé qu'à lui.
Eri vit alors le grand monsieur agenouillé se lever et s'éloigner.
« Vous ne restez pas avec moi ? »
- Désolé, je ne peux pas. Mais ne t'inquiète pas, tes héros vont très vite se dépêcher de venir te chercher. » Comme pour affirmer ses propos, il déposa une main qui se voulait rassurante sur le haut de son crâne. Sans prononcer de mots, il se leva définitivement et repris sa marche.
« Au revoir Monsieur ! Et Merci ! »
L'inconnu aux bottes noires ne se retourna pas, se contentant de lever la main en guise de réponse. Très vite, il disparut, la laissant de nouveau seule. Fort heureusement pour elle, cela ne dura pas, très vite, elle entendit la voix de Izuku et de Mirio crier son prénom. Aussitôt, elle sorti de sa cachette. Elle n'eut même pas le temps de les chercher qu'elle se retrouva enfermer contre un torse, suivit de deux bras tout aussi musclé.
« Eri ! Tu vas bien ? Comment tu te sens ? »
Sans lui laisser le temps de répondre, Mirio s'ajouta au câlin, vérifiant de la même manière qu'Izuku tout signe d'une potentielle blessure. Un étrange mélange d'inquiétude et de soulagement marquait leurs traits. Bien que toujours secouée par les événements, elle se laissa aller dans le câlin de ses deux grands frères de cœur. Cela lui faisait de bien, enfin, elle se savait totalement en sécurité à présent.
« Vous avez été rapide ! »
- Ça fait des heures qu'on te cherche. » Expliqua Mirio. « Asui nous a appelé en expliquant que tu avais disparu.
- Nous n'allions pas rester sans rien faire. » Izuku toussa doucement dans son écharpe et laissa Mirio porter Eri dans ses bras.
Eri leur raconta alors sa péripétie improvisée et l'agression de la mystérieuse femme. Le visage de Mirio et de Midoriya se voilèrent d'une ombre effrayé alors qu'ils entendaient le récit de la petite, comprenant ce qui avait faillit se passer.
« Elle ne t'a rien fait !? Elle t'a blessé ? Comment tu te sens ? »
Eri leur offrit alors un grand sourire.
« Tout va bien. Un héros est venu me sauvé ! »
