Défi 5 : Écrivez un texte à la première ou à la deuxième personne.
Héros
Tu souris.
Un sourire blessé. Un sourire fatigué. Un sourire qui témoigne avec fierté de tout le malheur qui vit en toi. Tu te tiens aussi droit que possible. Les blessures que ton corps aborde ne t'aident pas, il est vrai. Autours de toi, le monde t'acclame. Toi le héros, toi le justicier, toi la nouvelle lumière qui a sauvé l'humanité d'une menace certaine.
Aujourd'hui, tu as marqué la fin d'une longue histoire. Celle d'une tragédie entre deux frères que la divergence à détruit. Eux, mais aussi d'autre. Des camarades, des familles, des innocents, des Villains, aussi.
Aujourd'hui, toi le dernier élu, tu as posé l'acte final de cette pièce qui n'aurait jamais du se jouer. Et les gens sont heureux. Ils sont soulagés car grâce à tes efforts et ceux de tes amis, tu leurs as apporté l'assurance de vivre encore demain. La sécurité, la joie, la paix de l'âme. Tu as également tapé fort, un message clair pour ceux qui seraient tentés de venir s'en prendre à la paix de notre société. Ils auront affaire à toi et tu as la force de leur faire face.
Aujourd'hui, tu souris avec tout le malheur de la terre. Alors que le monde vit avec effervescence cet instant qui colora les pages des livres d'histoire, toi tu n'as plus la force de lever les yeux au ciel. Réalises-tu ce que tu as fait ? Réalises-tu le futur que tu as apporté ? … Bien sûr que tu le réalises, tu le réalises trop bien, n'est-ce pas ? Et là est tout le problème.
Tu avances, ignorant les appels, ignorant le soleil qui brille au-dessus de la poussière des décombres, tout cela ne semble plus exister. Ou sont passés tes yeux verts déterminés ? Ton regard qui soutient ? Qui porte ? Qui n'abandonne pas ? Pourquoi n'y a-t-il qu'une méchante ombre qui persiste et assombri l'émeraude qui a toujours pétillé ? Tu ne t'attendais pas à ça, peut-être ? Quel dénouement espérais-tu ? Sa rédemption ? Un nouveau départ ? La réalité te surprend-t-elle vraiment ?
Aujourd'hui, sur le champ de bataille, tu te tiens péniblement droit. Ignorant des appels que tes camarades crient, tu t'avances vers l'homme à terre. Ta némésis, ton alter-égo, l'élu de l'ombre qui perd autant de sang que toi. Lui aussi sourit. Il te sourit. Il te dit parle avec entrain alors que son corps se disloque sous l'effet de son propre alter. Tu ne dois pas l'écouter. Arrête. Il cherche à te faire du mal. Comme son mentor, il sait jouer avec les mots, il sait ce qui nous cher, il sait comment faire mal. Ne le laisse pas blâmer ton idéal. Tu es un héro qui sauve, il est devenu un Villain qui détruit. Ne te perds pas dans le gris qui grouille entre ces deux notions, pas maintenant. Plus tard, tu viendras demander un avis, des conseils, comme d'habitude, autours d'un thé et de cookies. Ton ami d'enfance sera là aussi. Tous les trois, comme toujours. C'est la solution qui convient le mieux, tu le sais.
Alors pourquoi continues-tu de l'écouter ? Pourquoi ne t'éloignes-tu pas ? Pourquoi chacun de ses mots semblent te briser un peu plus ?
Aujourd'hui, tu as marqué la fin d'une air. Tu as marqué la fin d'un héritage. Tu as obtenu la résolution de ta mission. Tu devrais sourire de bonheur.
Et en effet, tu souris.
