Pas très fière de ce texte, mais voilà !


Défi 10 - Écrivez un texte qui se passe soit 20 ans avant l'histoire de My Hero Academia, soit 20 ans après.


Anniversaire

Eri jeta un rapide coup d'œil dans le miroir, elle s'assura que son bandana était bien mit et après une dernière correction, elle se saisit précautionneusement de son sac aux couleurs de l'héroïne Uravity et quitta son appartement. Très vite, elle dévala les escaliers de son appartement. Elle était en retard ? Ah ! C'était un bien petit mot pour parler des trente minutes qu'elle avait. Certes, qu'est-ce qu'était trente minutes sur une journée ? Pour Kota Izumi qui l'attendait surement sous une pluie diluvienne, c'était surement trente minutes de sermon et 1h de courses supplémentaire durant leur entrainement commun.

Ah ! Eri en pleurait d'avance, l'enfer.

Juste avant de sortir, elle se saisit de son parapluie et s'élança combattre la pluie déchainée. Elle courra longtemps à contre vent avant d'arriver à la grande place. Elle se précipita sous les abris des stations de métro, le regard explorant toute la zone pour trouver le garçon qui l'attendait. Etrangement, elle ne le vit pas. Pourtant, l'idée que Kota soit en retard… impossible. Tout bonnement, impossible ! Elle refit un tour, mais non, rien, pas l'ombre de bottines rouges à l'horizon. Doucement, l'angoisse lui prit au ventre, s'imaginant elle-ne-savait-quelle-catastrophe, quand une idée germa dans son esprit.

Elle hésita, se disant que « non ce n'est pas possible, il n'était pas aussi insouciant » et pourtant le doute persista. Elle réouvrit son parapluie et courra d'un pas rapide vers la grande place juste à côté. La jeune femme devient alors livide devant le spectacle qu'elle découvrit. Kota se tenait là, droit, les mains dans les poches, immobile, ravagé par la pluie qui ne l'avait pas épargné.

Sentant enfin sa présence, l'homme aux bottines rouges leva le visage vers elle. Et au vu de son expression, il était d'une humeur massacrante.

« 45 Minutes » gronda la voix du plus grand.

« Mais quelle idée de rester sous cette pluie ! Tu aurais du m'attendre sous les abris !

- La dernière fois tu as paniqué pendant 25 minutes parce que je n'étais pas au point de rendez-vous, j'te rappel ! »

Eri le dévisagea. « Mais c'est à cause du quiproquo ! … Oh attend, ne me dis pas que tu es resté là pour-

- On a déjà assez de retard comme ça ! Dépêchons-nous ! »

Sans lui laisser le mots d'exprimer ses pensées, Izumi traversa la pluie, le rouge aux joues. Derrière lui, Eri se contenta de sourire, attendrie par la gentillesse de bourrin dont faisait preuve son ami de toujours.

Du haut de leurs 26 ans, les deux enfants étaient devenus de biens beaux adultes, même si le chemin n'avait pas été facile. Eri avait longtemps hésité quant à ses choix d'avenir. Qu'est-ce qui lui correspondrait, à quoi pouvait-elle servir dans ce vaste monde ? Ces questions l'avaient souvent empêcher de dormir la nuit, quitte à parfois, obnubiler son esprit déjà fragilisé. Par chance, elle avait toujours été entourée : Aizawa, Mic, Mirio et tant d'autre.

Puis, il y avait aussi Kota.

Dans un parfait contraste à sa situation, le jeune garçon de neuf jour son ainé avait très vite su la voie qui lui conviendrait. A l'image de ses parents et de son modèle, il déclarait avec fierté qu'il serait un héros. C'est dans cette aventure que Eri lui suivit finalement, à sa manière.

Alors que Kota sauvait des civils, Eri serait celle qui sauvait les héros. Elle s'était alors lancé dans le programme spéciale « Héros médicale » mis en place par Recovery Girl et toute son équipe. Ils avaient tout donné, ils avaient réussi tous les examens et aujourd'hui, les deux adultes étaient des professionnels qui avaient, tout comme leurs prédécesseurs, connus la joie et la souffrance du terrain.

« Tu as les fleurs ? »

Eri leva les yeux vers son ami. « Bien sûr ! Enroulé et caché dans mon sac ! »

Kota hocha la tête, satisfait, et Eri en profita pour le rattraper. « Viens dans l'ombre de mon parapluie, ta capuche ne te protégera pas.

- Au point où j'en suis, tu sais …

- Je ne veux rien entendre ! Allez ! » Elle passa un bras autours du sien et l'obligea à venir à ses côté.

Bien que le jeune héros rougit fortement, il ne dit rien. Il n'aurait pas hésiter à tenir tête à la fille bornée qu'elle était son amie, mais pas aujourd'hui. Car elle en avait besoin, il le savait. Et au fond, lui aussi, il en avait besoin.

« Tu penses qu'elle sera là ?

Kota prit un temps pour répondre, nullement besoin de précision quant à la nature du « elle » dont elle faisait référence. « Bien sûr qu'elle sera là.

- Et elle nous sourira.

- Comme chaque année. » Il sentit la prise contre son bras se resserré. A son tour, il serra son bras, plus claire, plus fin mais tout aussi fort que le sien. « Ça va aller ?

- Bien sûr !

- On peut prendre un temps avant d'y aller.

- Ça va aller, Izumi. »

L'emploie de son prénom le surpris, le sourire qu'elle lui offrait lui donnait envie de pleurer. Non, enfaite, toute cette journée lui donnait envie de pleurer, et les jours qui ont suivis et les jours qui suivront. Mais il ne pleurait pas, pour être là et soutenir Eri.

Ils n'avaient pas tardé à arriver au cimetière de Musutafu. Sans un regard pour les nombreuses fleurs et structures qui ornaient les lieux, les deux héros marchaient sans se lâcher vers un chemin qu'ils connaissaient à présent par cœur, sans grande surprise, ils virent cette petite dame qu'ils aimaient comme une grand-mère, déposer de toutes nouvelles fleurs sur une tombe fraichement nettoyé. Derrière elle, un homme se tenait debout et tenait un parapluie à la main pour la protéger des attaques pluvieuses. A leurs côtés, d'autre ombres, d'autres personnes dont ils connaissaient le visage.

Si la présence d'Ochaco, Iida, Todoroki, Togata et All Might ne le surprit pas, celle de Bakugo en revanche, il ne s'y attendait pas. Le cendré au caractère explosif était devenu un homme des plus discret. Lorsqu'il ne travaillait pas, le héro numéro un était du genre à disparaitre chez lui ou dans une petite maison de campagne, un peu plus éloigné de la ville. Il le voyait rarement quand il venait prendre des nouvelles mais à part ça, l'homme se montrait peu friand de l'exposition médiatique de son prédécesseur.

Le bruit de leurs pas finit par attirer l'attention de la petite dame. Leur simple vu suffit à lui tirer un énorme sourire. « Eri, Izumi ! Quel bonheur de vous voir. »

Eri pressa le pas pour rejoindre au plus vite cette dame qu'elle aimait d'un amour incroyable. « Bonjour, Madame Midoriya ! »

Alors qu'Eri et Inko se mirent à discuter vite suivis des autres adultes, Kota leva les yeux au ciel. Les nuages étaient détestablement gris tandis que la pluie ne perdait pas en intensité alors que les heures passaient. Quelle blague, c'était comme si même le ciel pleurait des torrents de larmes au souvenir de leur héros perdu. Comme si même 20 ans après, rien n'était capable d'apaiser le chagrin qu'était le décès d'Izuku Midoriya.

C'était si particulier, maintenant qu'il y pensait. Tous les 30 Aout, il pleuvait. Avaient-ils déjà passé une journée dans ce cimetière, consolés par les rayons du soleil ? Il ne savait plus, mais il n'en avait pas l'impression. Chaque année, le ciel pleurait, encore et encore et encore…

Il en serait presque jaloux car en réalité, lui aussi, il aimerait arriver à pleurer le départ de son grand frère.