Bonjour à tous, me voilà après un mois ou deux d'absence. Je sais, je suis très longue pour les délais mais là je viens avec quatre chapitres qui compose la quatrième enquête. J'espère que vous allez l'aimé autant que moi. Bonne lecture !


Affaire n°4 : Poupée Brisée – File 4 : Broken Doll

Chapitre 10 : Une enquête rapide

Avril, Jour 1 – April, Day 1

Le vent secouait les branches des arbres sous le ciel gris en ce deuxième jour d'Avril. La température était loin d'approcher celle de la période estivale et obligeait les Tokyoïtes à se couvrir. Mai n'était pas en reste puisqu'elle referma rapidement son manteau alors qu'elle sortait du bâtiment de son lycée avec ses amies qu'elle avait retrouvées après une longue semaine d'enquête dans le nord du pays. Elles se séparèrent à deux pâtés de maison de leur établissement scolaire. La jeune fille ne savait pas quand elle les reverrait puisqu'une autre enquête allait bientôt commencer.

L'appel qu'ils avaient reçu lors de leur arrivée à l'agence après l'enquête à Kimyona provenait d'un homme qui semblait avoir besoin de leur aide assez urgemment, ce qui avait obligé Naru à fixer un rendez-vous le lundi à dix-sept heures. Mai jeta un coup d'œil sur sa montre. Il ne lui restait plus que dix minutes.

La jeune fille accéléra le pas mais les rues de la ville à cette heure était bondée de monde. Elle se faufila entre les passants, bousculant certains et s'excusant par le même temps, pour arriver devant le bâtiment à la façade claire qui abritait l'agence pour laquelle elle travaillait. Son regard s'attarda sur la terrasse en dessous de l'étage qu'elle devait rejoindre. Elle y était déjà venue et avait bu du thé avec ses collègues de la SPR exceptés son patron et Lin. Mais était-ce réellement nécessaire de le mentionner ? Néanmoins, le temps ne se prêtait pas du tout à ces moments plaisants et le client devait déjà être arrivé. Ainsi, elle se hâta de monter l'escalier puis de franchir le couloir menant à l'agence.

Dès que la porte fut ouverte, des voix masculines se firent entendre. Elle constata avec soulagement qu'ils en étaient aux présentations. La paroi qui séparait le côté cuisine qui longeait la pièce principale l'empêcha de voir qui était l'homme qui parlait avec Naru. Elle tendit l'oreille tout en se débarrassant de son manteau et de son sac qu'elle mit dans le petit vestiaire placé dans un coin de ladite cuisine puis s'affaira à préparer le thé avant que son patron ne le lui réclame. Pendant ce temps, l'homme demandait à Naru si le fait qu'il ne puisse pas être présent souvent en raison de son travail posait problème – il défendait le cas d'un psychiatre dans une affaire assez sordide que Mai avait entendu à la radio. Il ajouta que son épouse ne travaillait plus et serait donc là.

L'eau semblait mettre plus longtemps que d'habitude à bouillir. Ses doigts tapotèrent le plan de travail d'impatience. Ne voulant pas perdre de temps, elle sortit les tasses et le plateau en écoutant la réponse négative de son patron et patienta devant la bouilloire qui termina son travail après une bonne minute supplémentaire. Le client allait commencer à présenter la situation à Naru lorsqu'elle apporta enfin le plateau de thé dans le salon d'accueil. Celui-ci était décoré sobrement. Des murs verts, le sol prune, des meubles de rangement, une bibliothèque, un bureau dans un coin chargé de documents et classeurs et des cadres de paysage composaient les éléments de cette pièce. Les deux plantes qui fleuriront bientôt posées sur le rebord de la fenêtre ainsi qu'une bougie égayaient un peu cet environnement froid grâce à l'intervention de Mai.

Lorsqu'il la vit, l'homme se leva aussitôt et se pencha en avant pour la saluer. Surprise par ce brusque élan de respect, elle mit quelques secondes avant de lui rendre sa politesse.

- Bonjour, Mademoiselle. Je m'appelle Yurei Kazuhito. Je suis venu présenter ma requête.

- Bonjour, M. Yurei. Je suis Taniyama Mai, une des assistantes de M. Shibuya Kazuya.

- Enchanté, Mademoiselle Taniyama. Je vous remercie pour le thé, ajouta l'homme.

La jeune fille lui sourit. Il attendit qu'elle prenne place dans le fauteuil entre les deux canapés qui se faisaient face pour s'asseoir à son tour. Lorsqu'il se fut installé, Mai put l'observer plus en détail et remarqua qu'il était plutôt jeune malgré un visage pâle et maigre. Dans ses yeux, elle perçut une lueur de tristesse. Le visage de M. Yurei se ferma un instant alors qu'il se redressait sur le canapé pour s'asseoir au bord de l'assise, le dos droit et les mains sur ses genoux. Son regard se perdit dans la contemplation du carrelage quelques instants.

- J'ai deux filles … commença-t-il. Sayuri a quatre ans tandis que mon aînée, Hanako, avait dix ans.

Il se racla la gorge, visiblement hésitant. Mai nota l'emploie du passé et se sentit mal à l'aise.

- Je viens vers vous dans le but de comprendre ce qui est arrivé à ma fille et … de … purifier, si je puis dire, cette maison.

Mai voyait qu'il avait des difficultés à aborder le vif du sujet. Comme à son habitude, Naru ne ne l'aidait pas et attendait patiemment la suite du récit de son futur client. Retenant un soupir, la jeune fille intervint.

- Qu'est-il arrivé ? Demanda-t-elle d'une voix douce pour ne pas le brusquer.

L'homme tourna son regard vers elle. Quelques secondes passèrent. Plusieurs émotions défilèrent dans ses yeux.

- Hanako, Sayuri et leur nourrice étaient en train de jouer dans la chambre de la plus jeune. Au fur et à mesure de l'après-midi, Hanako a commencé à avoir un comportement inadapté et des propos étranges, en même temps que son humeur se détériorait. Elle s'est disputée avec la nounou avec qui elle s'entend très bien habituellement. Elle était tellement en colère qu'elle est sortie de la pièce pour se réfugier dans sa chambre. Ma femme qui venait d'arriver du travail a entendu la dispute et est venue voir ce qui s'est passé mais Hanako n'a jamais voulu ouvrir la porte. Une demi-heure est passée. Puis …

Nouveau raclement de gorge. Mai comprit que la suite allait être difficile à entendre.

- Elles l'ont entendu hurler et … il y a eu … un grand éclat de verre avant que … Reprit M. Yurei. Avant que ma fille saute par la fenêtre de sa chambre au deuxième étage.

Un silence accueillit la fin de son explication. Mai ne savait pas comment reprendre la conversation. Son regard s'attarda sur son patron qui restait stoïque sur le canapé voisin comme s'il n'avait pas entendu ce que le client venait de dire. Enfin c'était ce qu'il donnait comme impression.

- A-t-elle dit quelque chose avant de sauter ? demanda le jeune homme.

- Euh … Eh bien … Non, commença M. Yurei. Mais ma femme m'a dit que le hurlement ressemblait plus à celui d'un animal en colère qu'à un hurlement de peur.

Le silence retomba.

- Dis comme cela, vous pouvez penser qu'elle a été victime d'un délire paranoïaque ou quelque chose de ce genre, reprit finalement l'homme.

Mai allait répliquer mais il ne lui en laissa pas le temps.

- Cependant, il n'y a pas que cela. En réalité, nous avons emménagé dans cette demeure il y a peu. Je ne croyais pas au surnaturel jusque-là ni aux histoires racontées sur cette maison. Il semblerait que plusieurs personnes y aient trouvé la mort pour des raisons inexpliquées. Néanmoins, nous avons remarqué dès le début que quelque chose n'allait pas. Des objets se déplacent tout seuls ou se brisent sans que nous les touchions et les portes claquent sans action de notre part. Nous pouvons entendre des bruits de raclement ou de frottement régulièrement, surtout la nuit. Notre nourrice nous a dit un jour qu'elle avait entendu des pas à l'étage mais il n'y avait personne d'autre qu'elle dans la maison. Ma deuxième fille, Sayuri, nous raconte souvent qu'elle entend du bruit la nuit. Elle rêve de choses étranges, de personnes qu'elle ne connaît pas comme une femme en kimono blanc ou de sa sœur décédée. D'ailleurs, elle prétend avoir vu Hanako dans sa chambre il y a une semaine. Ni ma femme ni moi-même n'avons pu le confirmer.

Il prit une gorgée de thé.

- Avec ma femme, nous avons déjà songé à déménager avant même le décès de notre fille. Nous sommes actuellement en recherche d'une autre demeure mais en attendant, nous souhaitons des réponses et résoudre le problème. Si l'esprit de notre fille réside encore dans cette maison, notre vœu serait de lui rendre sa liberté.

Le silence retomba dans la pièce.

- Bien, conclut Naru. Quand peut-on venir ?

- Dès que possible, répondit M. Yurei, ravi d'avoir une réponse positive.

Ils fixèrent les modalités ensemble et ils se donnèrent rendez-vous dès le lendemain puis M. Yurei sortit de l'agence. À peine la porte fut-elle fermée qu'elle s'ouvrit sur une Masako au visage ravi.

- Nous avons une nouvelle enquête ? demanda-t-elle de sa voix fluette.

- Oui, répondit Mai tandis que Naru se détournait déjà des deux filles et s'en allait vers son bureau. Je dois appeler tout le monde ?

- Non, seulement John.

Mai s'exécuta. Dans son dos, elle entendit Masako minauder.

- Je ne pourrais venir que le deuxième jour, je termine un tournage demain.

Mai savait que Naru l'écoutait que d'une oreille et s'empêcha de rire. Lorsque la voix de John sortit du combiné, elle lui résuma la situation rapidement. Aussitôt, il accepta puis lui dit qu'il les rejoindrait directement là-bas puisque ce n'était pas loin de chez lui.

- C'est bon, John sera là.

- Bien, fut la seule réponse qu'elle eut droit avant qu'il s'enferme dans son bureau.

La jeune fille reprit le téléphone et composa le numéro de son lycée. À cette heure, le responsable d'éducation était encore joignable. Elle le prévint donc de son absence de quelques jours. Ses amies allaient encore constater qu'elle ne sera pas là demain.

Lin gara le van dans une immense cour gravillonnée. La maison était magnifiquement et typiquement japonaise avec son toit en pignon et sa façade blanche entouré d'un grand jardin vert et fleuri. John arriva à pied alors qu'une autre voiture entrait par le portail ouvert. Mai reconnut Ayako et Bou-san dans l'habitacle. En se tournant vers les autres, elle vit le visage contrarié et surpris de Naru et la gêne du pauvre John. Ce dernier se tortilla sur place lorsque les yeux suspicieux du narcissique se posèrent sur lui. Bou-san et Ayako se dirigèrent vers eux après être sortis de la voiture. Le moine remarqua aussitôt la mauvaise humeur du jeune homme.

- C'est Ayako qui m'a prévenue, répliqua-t-il aussitôt alors que la prêtresse indignée clamait le contraire. On a rappliqué dès qu'on a su qu'il y avait une autre enquête.

Naru n'eut pas le temps de les enguirlander puisque M. Yurei sortait de la maison et venait vers eux.

- Bonjour, Messieurs Dames, les salua-t-il. Je vois que vous avez amené du monde avec vous, ajouta-t-il ravi en s'adressant à Naru qui ne put émettre la moindre objection. Bien, suivez-moi.

La SPR lui emboîta le pas en silence. L'intérieur de la maison était aussi beau que l'extérieur. Le hall d'entrée donnait sur un couloir s'ouvrant sur plusieurs pièces. M. Yurei franchit le seuil de la deuxième porte à droite qui n'était autre qu'un grand salon chaleureux et accueillant. Là, ils firent la connaissance de la femme de M. Yurei, Akina, une femme aussi belle que lumineuse malgré sa tristesse apparente. A ses côtés, se tenait leur fille, Sayuri et un peu en retrait, il y avait la nounou du nom de Yoka Hankoshi. Mai remarqua le coup d'œil de son patron à la jolie jeune fille devant eux avec une pointe de jalousie. Le visage de Masako lui vint aussitôt à l'esprit. Celle-ci aurait tout de suite signifié sa présence d'une remarque pour faire oublier l'autre fille. Mai n'était pas de ce genre.

La petite famille leur fit rapidement un tour du propriétaire qui était composé de deux étages. Les chambres des filles se trouvait sur le deuxième palier alors que celle de leurs parents était en-dessous. La maison comportait suffisamment de chambres pour accueillir l'équipe. Une chambre de filles et deux autres que se partageraient les autres. Une salle de bain à chaque étage étaient aussi à leur disposition. Un salon au premier étage servirait de base à la SPR qui s'y installa après la visite. Lorsque les Yurei sortirent de la pièce, Naru s'adressa à l'ensemble du groupe.

- Nous devons nous assurer qu'il ne s'agisse pas là de phénomènes de poltergeist. La nounou correspond au profil d'adolescente angoissée par ses études et l'éloignement avec sa famille

- Et qui pourrait inconsciemment créer ces phénomènes, compléta Mai, comprenant alors l'intérêt de Naru pour cette fille lors de leur arrivée.

- Je te trouve bien confiant, remarqua le moine. Et puis tu as le même âge qu'elle, ne fais pas comme si tu étais plus vieux.

- Tu es sûr que Yoka est responsable de la mort de la petite fille ? Enchérie Ayako, abasourdie.

Il leur lança un regard méprisant.

Évidemment qu'il est sûr de lui, pensa Mai.

Le regard noir de son patron sur elle lui indiqua qu'elle avait pensé à voix haute. Elle croisa les bras pour reprendre une contenance et lui montrer qu'il ne lui faisait pas peur. Mais lorsque ses yeux perçants se détournèrent finalement d'elle, le soulagement fut bien plus important qu'elle le voulut.

- Il arrive que la présence de poltergeists tourne mal, commença le jeune homme. Je préfère vérifier par une séance d'hypnose. En attendant, vous pouvez disposer les caméras comme nous l'avons expliqué tout à l'heure.

Sur ces mots, il disparut dans le couloir en compagnie de Lin. Mai se tourna vers le matériel et commença à installer les écrans sur une table contre le mur. Bou-san, John et Ayako lui prêtèrent main forte ce qui leur permis de terminer plus rapidement. Ensuite, la prêtresse, l'australien et la jeune fille se répartirent les endroits où disposer le matériel de surveillance tandis que le moine restait pour calibrer le matériel, étant le seul à savoir le faire.

En haut de l'escalier du deuxième étage, un long couloir s'étendait de chaque côté de Mai. À gauche se trouvait les chambres des filles Yurei, ainsi qu'une chambre d'ami qu'elle partagerait avec Ayako et Masako. Lorsqu'elle entra dans celle d'Hanako, un courant d'air froid la frappa de plein fouet. Le silence qui régnait dans la pièce l'interpella. Alors qu'elle se trouvait dans le couloir du deuxième étage, Mai entendait encore les voix des Yurei et de Naru au rez-de-chaussée comme si les murs et les planchers étaient fait de papier de riz. Ainsi, le silence dans la chambre était surprenant. Peut-être était-ce l'atmosphère qui rendait la pièce … comme isolée ? La jeune fille avait l'impression qu'elle n'était plus vraiment dans la maison ou plutôt qu'elle se trouvait dans un cocon à l'intérieur de la maison. Hormis cela, la chambre était somme toute banale. Elle était décorée à la façon d'une enfant de l'âge d'Hanako des couleurs vives, des peluches, des livres et de petits bibelots.

Mai sortit de sa contemplation pour installer la caméra sur le trépied. Elle la mit dans un coin de la pièce pour qu'elle puisse avoir un large champ de vision de la chambre. Alors qu'elle allumait l'appareil, elle fit un pas en arrière et sentit quelque chose sous son pied. Une petite poupée qu'elle n'avait pas vue était posée en position assise à côté d'un cheval en bois à bascule.

La caméra émit un petit son pour indiquer qu'elle était prête à filmer. Mai se détourna de la poupée et mit en marche l'appareil. Avant de partir, elle sortit un thermomètre de la poche de sa veste. Naru en avait eu l'idée après l'affaire à l'hôtel Kiriba.

Quinze degrés.

Elle souleva les sourcils d'étonnement et reprit la température de la pièce.

Quinze virgule deux degrés.

Son regard se posa sur le chauffage qui était éteint. C'était sans doute pour cela que la température était aussi basse. Cependant, Mai n'avait pas froid, mis à part au moment où elle est entrée. Elle haussa les épaules, nota les chiffres sur un petit calepin et sortit de la chambre en refermant la porte derrière elle. Il lui fallut plusieurs secondes pour s'en remettre. La sensation étrange qu'elle avait ressenti dans la chambre d'Hanako avait disparut aussitôt qu'elle avait franchi son seuil. Son regard se posa à nouveau sur ce qu'elle avait écris. Le thermomètre dans sa main affichait toujours les mêmes chiffres. Mai appuya sur le bouton « marche ».

Dix-neuf degrés.

La porte de la chambre de Sayuri était ouverte. Elle s'y rendit et prit immédiatement la température de la pièce.

Dix-huit degrés.

Elle le nota avant un instant d'hésitation puis elle s'attela à installer la caméra entre une grande armoire et un petit tableau à craie. La petite fille n'y dormait plus depuis la mort de sa sœur, préférant celle de ses parents. Une fois fait, elle retourna dans le couloir et prit la température de la chambre d'ami identique à celle de Sayuri. À chaque extrémité du couloir, il y avait une grande fenêtre. Elle put voir le jardin qui s'étendait loin devant elle. Cela lui donna envie de l'explorer. À la place, elle fit demi-tour pour voir la pièce en face de la salle-de-bain qui était un bureau. Naru n'avait pas demandé de mettre une caméra mais elle y prit la température, plus par curiosité.

Vingt degrés.

Elle la nota et sortit. Lorsque la jeune fille retrouva ses collègues dans la base, elle leur demanda de comparer les températures qu'ils avaient prises. Seules celles de Mai étaient aussi irrégulières. Naru n'était pas encore revenu. Mai jeta un coup d'œil aux images sur les écrans que prenaient les caméras. Celles de la chambre d'Hanako attira son attention alors que rien de particulier ne se passait. Elle n'arrêtait pas de penser à ce qu'elle avait ressenti là-haut. Finalement, son regard se détacha de l'écran pour rencontrer les regards de ses amis. Ils semblaient attendre une réaction de sa part.

- Tu n'as pas écouté ce que nous avons dit, constata Ayako. Tu pourrais témoigner un peu plus de respect à tes ainés.

- C'est juste que … commença Mai en jetant un coup d'œil à la chambre d'Hanako. Je ne sais pas. C'était étrange … dans la chambre d'Hanako.

- Comment ça ? La questionna John qui la prit aussitôt au sérieux.

- Eh bien … Je ne sais pas trop, dit Mai.

- Ça ne nous aide pas, rétorqua la prêtresse, visiblement de mauvaise humeur.

- Je sais mais c'est que je ne sais pas comment l'expliquer, répondit la jeune fille, confuse. Peut-être que le décès d'Hanako m'affecte plus que ce que je pensais.

Une main se posa sur son épaule. Elle releva la tête et croisa le regard de Bou-san. Elle lui sourit pour le rassurer. Naru et Lin entrèrent à ce moment-là.

- La séance est terminée. Mme Yurei propose de dîner. Allons-y, annonça le jeune homme sans préambule.