The Serpent's Claws
Chapitre I
Le soleil venait juste de se lever sur la colline enneigée lorsque Godric, Helga, Rowena et Salazar y parvinrent. Ils étaient fatigués, et marchaient depuis la fin de la nuit. Ils avaient effectué le voyage à cheval, mais avaient du rendre ces derniers pour cause du temps de location des animaux. Godric marchait devant, d'un pas assuré et ferme, masquant son épuisement aux autres. Après tout, même en hiver, il faisait horriblement chaud et lourd sous toutes ces fourrures.
Helga et Rowena discutaient d'un air faussement réjoui, car elles préparaient en fait secrètement l'assassinat de Godric. Qui, à part lui, aurait pu avoir l'idée d'acheter un terrain dans un endroit pareil? Heureusement, il y avait un hameau à "proximité", mais ça devait être l'endroit le plus perdu au monde. À part, bien sûr, l'endroit où ils se rendaient.
Quant à lui, Salazar traînait à l'écart, marchant d'une manière très irrégulière. Il avait le pas rapide et élancé, mais il s'arrêtait souvent pour réfléchir, attendait que les deux femmes le dépassent, puis se remettait à tracer, les narguant du regard lorsqu'il les dépassait. Généralement, Helga se hâtait de la rattraper malgré ses courtes jambes, mais Rowena trouvait cela enfantin et stupide. Malgré son air hautin, Salazar n'était rien de plus qu'un gamin qui s'ennuyait.
Rowena avait grandi avec Helga, qui était la fille de sa nourrice. Elles vivaient dans le château du père de Rowena, Lord Serdaigle, qui malgré les apparences trompeuses d'un homme aigri se préoccupait beaucoup du bonheur des deux filles. Il les laissait ensemble tout le temps, et restait souvent seul dans son cabinet à lire et écrire. Rowena connaissait donc Helga comme sa sœur, et réciproquement. Il était donc normal qu'elles aient passé autant de temps ensemble.
À leurs seize ans, le père de Rowena mourut. Accablées de chagrin, elles avaient décidé de partir du château et de parcourir le monde, à la recherche de magie, de connaissances et bien sûr d'autres sorciers. Bien sûr, c'était plus l'idée de Rowena que de Helga de partir, mais elle savait que son amie était elle aussi tentée. Et c'est ainsi que pendant huit mois et dix-sept jours, la Dame de Serdaigle et Helga Poufsouffle avaient parcouru une bonne partie du nord de l'Angleterre et de l'Écosse en quête de magie.
Elles avaient trouvé Godric Gryffondor et Salazar Serpentard sur leur chemin, au cours d'une bataille contre des Moldus amateurs de bûchers et de chasse aux sorcières. Les quatre, sans mentionner qu'ils se lièrent rapidement d'amitié en raison de leur... particularité, élaborèrent alors l'idée d'un école pour personnes douées de talents magiques, qui serait invisible aux yeux du monde Moldu. L'idée avait tellement plu qu'ils s'étaient immédiatement mis à la recherche un terrain, et que Godric, l'impulsif, en avait acheté un sur un coup de tête.
Et enfin, ils se retrouvaient au sommet de cette "colline" (ils ne savaient pas si c'était une petite montagne ou une grande colline), exténués. Helga grelottait de froid et Godric, en parfait gentleman et aussi pour des raisons pratiques, lui passa sa grosse fourrure sur les épaules. Helga n'avait apparemment pas remarqué la sueur qui y perlait et s'y serra pour sentir la chaleur.
Salazar eut un léger sourire à ce spectacle, puis lança une œillade à Godric, qui fit mine de n'avoir rien remarqué. Rowena aussi avait observé la scène d'un air impassible, mais ne fit rien. Elle regardait son amie d'un œil à la fois tendre et critique. Elle savait bien qu'Helga avait un penchant pour les hommes du genre de Godric, et ne souhaitait pas la voir souffrir d'un amour pareil.
Avec un léger soupir, elle suivit les autres qui s'étaient relevés, mais ne remarqua pas Salazar, qui avait traîné derrière comme à son habitude. Avec un sourire, il la dépassa et lui fit une queue de poisson. Un peu vexée, Rowena s'arrêta et attendit qu'il soit plus loin pour recommencer à avancer.
Quel idiot.
Il continua son petit jeu sur trois foulées, mais s'en lassa à l'approche du point culminant de la colline.
"Ici, ce sera parfait!" rugit Godric d'un air joyeux.
"Ce n'est pas un peu trop proche de la forêt?" s'inquiéta Helga. "J'ai entendu qu'il y avait beaucoup de créatures magiques et..."
"... Et c'est un sujet que je compte enseigner!" la coupa Godric. Il remarqua son air incertain. "Ne t'inquiète pas, c'est moi qui l'enseignerai. Dépêchez-vous, vieux traînards..."
"Traînards peut-être, mais pas si vieux je te rappelle!" s'insurgea Rowena.
Salazar prit son temps, et écopa d'une moquerie de son ami Godric. "Tu en mets, du temps... Je croyais que les serpents étaient rapides."
Un sourire répondit à cette petite provocation. "Et moi, je croyais que les lions étaient plus futés. Je vois mal nos élèves faire tout ce chemin seulement pour recevoir un médiocre cours sur les créatures magiques."
Godric tira Salazar dans ses bras, à l'inconfort de ce dernier. Tant mieux, c'était le but.
"Mon ami, regarde autour de toi. Pas de frontières à part l'horizon et le ciel, pas de Moldus à des centaines de miles... N'est-ce pas ce que tu voulais?" Il lui frotta les cheveux amicalement, un peu à la manière d'un ours, et relâcha son emprise.
Salazar se dégagea et se remit ses cheveux sombres en place. Il lança un regard irrité à son compagnon si plein d'entrain.
"Oui, mais parfois des limites sont nécessaires... Tu ne comptes pas faire apparaître le château... Par magie?"
Ses yeux regardèrent Godric d'un air joueur, qui rit silencieusement. "Exactement."
Le grand sorcier se tourna vers ses amis. Le soleil à présent levé, il faisait briller les cheveux de Godric d'éclats rouge et or. Il imposa sa stature, comme au moment de prendre une décision importante. Il regarda tour à tour Salazar, Rowena, puis Helga.
"On a toute la journée pour construire ce château, alors de l'entrain que diable. Je veux voir un sourire sur tous ces visages bien trop mornes."
Il leva les bras d'un air satisfait, ne remarquant apparemment pas les regards assassins des trois autres.
"Premièrement, fulmina Rowena, tu n'es pas notre chef."
"Même si tu sembles le croire," appuya Salazar.
"Et ensuite, je nous vois mal claquer des doigts et faire apparaître un château, comme ça! Tu ne crois pas qu'il nous faudrait un plan, de l'organisation, et avant tout, du repos?" termina Helga.
Godric se vit vaincu. Il fut décidé que seulement la pièce principale serait érigée dans la journée. Les tâches furent ainsi réparties: Godric et Helga étaient responsables de trouver les pierres, Salazar de les tailler, et Rowena de les placer.
La journée fut longue. Au fur et à mesure que Helga et Godric amenaient les pierres par sortilèges de lévitation, elles retomba brutalement devant Salazar, qui ne savait pas comment les tailler, même par magie.
"Laissez, Salazar. Nous n'avons qu'à échanger nos..."
"Pourquoi vous? Pourquoi pas tu?" demanda-t-il avec une rapidité surprenante.
"Quoi, comment..."
"Eh bien, je suis le seul que tu vouvoies. Je me sens un peu exclus, tu sais." Il la regarda d'un faux air misérable.
"Vous... Tu..." Rowena se força d'un air irrité. "Eh bien je ne te connais que depuis quelques semaines. C'est tout. Mais si tu veux, je peux te tutoyer..."
"Je veux, en effet. Et je te signale que Godric aussi, tu le connais depuis seulement quelques semaines."
Il savait décidément où argumenter, et Rowena se sentit terriblement gênée. Elle n'appréciait pas énormément Salazar et ne s'était pas donné la peine de l'inclure dans son cercle d'amis proches.
"Godric, lui, a fait des efforts pour s'intégrer." Sur cette belle note dont Rowena était fière, Salazar partit sans dire un mot, lui laissant sa place. Une fois de plus, elle se sentit embarrassée.
"Salazar, attendez... Euh attends!"
Mais il était déjà le dos tourné à attendre les pierres taillées.
La journée passa lentement, chacun se fatiguant à sa tâche. Rowena avait des courbatures dans les bras à force de lever sa baguette, de la redescendre afin de couper et tailler des pierres, sans mentionner l'immense perte d'énergie causée par tout cet usage de magie.
"Je vais tuer Godric", souffla Helga en revenant. Rowena l'observa: elle était couverte de boue, d'égratignures et de branches dans les cheveux. Avec culpabilité, elle trouva que ça lui allait bien.
"On va tous tuer Godric," renchérit-elle.
Ils se rassemblèrent tous devant le bâtiment que Salazar avait construit: ça avait tout l'air d'une entrée de château royal, qui rappela à Rowena avec un pincement au cœur le château Serdaigle. Les pierres s'emboîtaient parfaitement les unes dans les autres, les murs semblaient stables et solides. Il ne manquait que la porte, pour laquelle Salazar avait laissé une grande ouverture.
"Après vous, mon Seigneur." Salazar fit une révérence moqueuse devant Godric.
Ce dernier sourit à la moquerie de son ami, et fit apparaître de grandes lattes de bois entourées par une monture en acier, puis enfin deux poignées en forme de lion. Il sourit à son oeuvre.
"Tu n'aurais pas pu faire moins sobre?" demanda Rowena d'un ton sarcastique. Helga lui lança un regard amusé.
Et les deux hommes se placèrent sur le côté, étendant un bras, afin de laisser passer les deux jeunes femmes.
Selon Rowena, Salazar avait pensé à presque tout. Il y avait une table, une cheminée, des chaises, un bassin et même un miroir.
"Oh Salazar, c'est magnifique!" s'émerveilla Helga.
"Magnifique oui, mais j'espère que nous n'allons pas dormir sur le sol." coupa sèchement Rowena.
"Eh bien j'ai pensé que vous préféreriez choisir l'emplacement de vos lits," répliqua Salazar d'un air offensé. "D'ailleurs, j'ai déjà placé le mien."
Il pointa un coin de la pièce bien aménagé. Il y avait un beau lit de soieries vertes, avec même une table de nuit, une bougie et une pile de livres. Salazar coupa soudain son contact avec les trois autres et se dirigea vers son coin. Il se saisit d'un livre et s'allongea prestement sur son matelas. Il n'avait apparemment oublié aucun luxe lorsqu'il tira une ficelle qui fit tomber des rideaux, sous les yeux ébahis de Rowena.
Quel culot...
"Sinon," commença Godric pour apaiser la gêne générale, "j'ai chassé un cerf pour le dîner de ce soir. Nous n'avons qu'à nous installer sur cette table et... Salazar?"
"Déjà mangé", répliqua nonchalamment la voix de Salazar derrière les rideaux.
Avec un air agacé, Godric s'assit et procéda à la cuisson express du cerf et distribua les morceaux.
Rowena regarda une fois dans la direction du coin de Salazar, et soupira. Il était si... étrange. En plus de ça, il se comportait sans manières. Enfin si, songea Rowena. Si une chose se voyait, c'était que Salazar étant un homme extrêmement bien éduqué. Mais il semblait choisir ce qui lui plaisait dans ce comportement de gentleman, et n'appliquait au maximum que la moitié des codes. Rowena savait classer les gens, et pourtant... Elle n'y arrivait pas avec lui. Dans les dernières semaines, il l'avait fascinée. Et pourtant, elle ne lui avait pas parlé, si ce n'était pour des questions purement administratives. Néanmoins, il s'était montré plus proche d'elle aujourd'hui. Pourquoi? Il avait l'air instable dans ses comportements sociaux, d'où la manière avec laquelle il réagissait ou pas aux plaisanteries de Godric. Ce que Rowena parvenait à retenir de lui et qui était certain était qu'il était d'une intelligence extrême, ainsi que d'un grande ruse et débrouillardise. Mais aussi, Salazar possédait une grande beauté. Personne ne pouvait le nier. Rowena sentait ses joues rougir à chaque fois qu'il tournait son visage vers elle, car il regardait si rarement les gens quand il leur parlait... Elle voulait plonger dans ses yeux bleus verts et percer ses secrets...
Rowena s'étouffa presque sur sa cuisse de cerf. Non. Elle devait s'interdire de ressentir ça pour lui. Pas ça. Elle savait où ça la mènerait, et ça ne serait qu'au malheur. Elle ne voulait pas d'amour dans sa vie. Son pouls s'accéléra et elle réalisa deux choses:
La première était qu'elle avait peur de Salazar Serpentard.
La seconde était qu'elle avait peur de lui car elle savait qu'elle pourrait en tomber amoureuse.
Bon, eh bien voilà le début de ma première fic sur les fondateurs de Poudlard... N'hésitez pas à me faire des suggestions ou à me faire part de vos impressions, je n'attends que ça! x
