The Serpent's Claws
Chapitre II
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Après avoir fait apparaître des lits de fortune et dormi, tous se réveillèrent aux premières lueurs de l'aube. Salazar avait bien pris la peine d'installer des fenêtres pour laisser passer la lumière, et ce fut avec des grognements mécontents que les rayons du soleil furent accueillis. D'ailleurs, ce dernier ne se réveilla pas, profitant de l'ombre artificielle de son lit à baldaquin. Il fallut que Godric se lève et le tire de son lit d'une manière un peu bourrue au goût de Rowena. Son cœur fit un petit bond dans sa poitrine lorsqu'elle vit Salazar tomber par terre, les cheveux tout ébouriffés, et les remettre en place rapidement de peur que l'on ne les voie comme ça. Pourtant, elle trouvait que ça lui allait peut-être mieux que ses cheveux tirés en arrière, qui lui donnaient l'air plus austère et dur.
"Il faudrait que deux d'entre nous descendent en ville pour chercher des provisions, des informations, et si vous en trouvez, d'éventuels professeurs." dit Helga sagement.
"J'y vais!" déclarèrent en même temps Salazar et Godric, à présent pleinement réveillés.
"Ah non, pas question que vous soyez ensemble! Comme si on avait besoin de se faire remarquer! Rowena, tu iras. Moi, je tiendrai notre ami Godric en laisse."
"Hé!" s'indigna-t-il.
"Mais... Ça veut dire que je dois y aller avec-" commença Rowena.
"Moi." La coupa Salazar.
Rowena avala bruyamment et se tourna vers lui sans vraiment le regarder.
"Aucun problème," dit-elle sans conviction.
Salazar se détourna sans aucune expression et se hâta de revêtir son manteau.
"Couvre toi Rowena," lui dit-il, "Il neige dehors."
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En effet, il neigeait dru. Rowena s'enveloppa dans sa fourrure et s'avança à travers la porte que Salazar tenait ouverte. Le vent soufflait fort dehors, et faisait ployer les arbres et dévier la neige. Elle tenta tant bien que mal de refermer la porte, mais celle-ci refusait de bouger. Elle poussa avec son corps mais rien n'y fit. Soudain, la lourde porte bougea et se ferma avec un claquement sec. Avec le sifflement du vent dans les oreilles, elle n'avait pas senti la présence bouger vers elle, jusqu'au moment où le corps chaud de Salazar se fut placé derrière le sien, sa main sur la sienne, et qu'il eut poussé avec elle.
"Godric aurait pu choisir encore plus lourd," commenta Salazar avec dédain.
Il s'éloigna aussi rapidement qu'il était venu aider Rowena de son pas fier et rapide.
"Attends moi!" se plaignit-elle!
Elle avait horreur de quémander. Elle courut vers lui tant bien que mal et le rattrapa. Elle avait également horreur d'être laissée derrière.
Ses yeux profitèrent de l'opacité de la neige pour étudier à son aise celui qui l'intéressait tant. Elle avait senti avec quelle force il avait fermé la porte. Si mince qu'il fut, il était apparemment bien plus fort qu'il n'en avait l'air, et Rowena se demanda avec certes une légère honte à quoi devait ressembler son corps. Elle se chassa de la tête cette pensée, et faillit sursauter lorsqu'elle remarqua les yeux de Salazar posés sur elle et son sourire mesquin dans le coin de la bouche.
Oh non, songea-t-elle. Faites qu'il ne soit pas un Legilimens.
Lorsqu'ils arrivèrent au village de Pré-au-Lard, naturellement il n'y avait personne dans les rues. Personne ne devait oser sortir par un froid pareil. Alors que Rowena luttait pour ne pas grelotter de froid, Salazar ne montrait aucun signe de faiblesse quelconque, ce qui l'énerva au plus haut point. Il y avait seulement quelques petits cristaux de glace coincés dans sa barbe naissante, qui brillaient et intriguaient Rowena telle une pie. Elle se rabroua mentalement et entra avec lui dans une auberge.
Il n'y avait presque personne à l'intérieur, mais ils préférèrent garder leur capuchon. Ils ne voulaient pas trop être vus, même par des sorciers. Ils se dirigèrent vers le comptoir.
"Excusez-moi." demanda Rowena.
L'aubergiste ne se retourna pas.
"Pardon."
Aucune réponse.
"Vous avez entendu?" siffla Salazar d'une voix claire.
L'aubergiste se retourna brusquement. Avec un regard inquiet, il dévisagea les deux nouveaux arrivants de son auberge.
"Oui? Vous voulez?"
"Des renseignements," dit Rowena. "Dites nous, où est-ce que nous pourrions trouver des provisions? C'est pour plusieurs mois."
"Dites donc, vous êtes combien? C'est moi le fournisseur mais je ne dois pas avoir beaucoup de choses si vous êtes nombreux."
"Oh, ça ira sûrement, nous ne sommes que qu-"
Un coup de coude de Salazar dans les côtes lui coupa le souffle.
"Nous sommes deux," rattrapa Salazar. "Nous sommes un couple, et nous avons récemment acheté une parcelle de terre. Nous comptons nous installer ici, ce village est une aubaine pour les sorciers..."
Rowena fut stupéfaite par l'aisance avec laquelle il mentait et racontait une histoire plus que plausible à l'aubergiste. Elle aurait presque pu y croire elle-même. Lorsque l'homme se fut éloigné, elle lança un regard noir à Salazar.
"J'espère que tu sais que ça m'a fait mal." elle ne tenta même pas de le regarder, et croisa les bras, adossée au comptoir.
"Oh, bien sûr que si. Je ne sais pas si tu es au courant, mais Godric a une dette envers plusieurs personnes dans cette ville. Il me l'a précisé juste avant notre départ, et je n'aimerais pas qu'un matin nous trouvions dix hommes en colère à notre porte." Salazar avait répondu d'une manière faussement nonchalante, ce qui énerva Rowena.
"D'accord, mais tu aurais pu éviter l'histoire du couple. C'est trop classique."
"Qu'aurais tu proposé, alors?" s'amusa-t-il presque.
"Eh bien je ne sais pas, peut-être des frères et sœurs? Ou un père et sa fille?"
"Ah, mais tu as raison, c'est tellement plus plausible." L'ironie de sa voix aurait pu faire couler n'importe qui. Rowena décida de laisser tomber.
Lorsque l'aubergiste revint, Rowena était toujours sobrement debout à attendre, les bras croisés, et Salazar avait tiré une chaise dos à Rowena, et s'était assis dessus à califourchon. Il avait la tête posée sur les bras, d'un air ennuyé, ses yeux regardant dans le vide.
"Vous avez de la chance, j'ai ce qu'il vous faut. Une cargaison arrive dans exactement deux jours, avec toutes les provisions dont vous avez besoin. Malheureusement, j'ai peur qu'il vous faudra rester jusqu'à son arrivée. En plus, je vous vois mal repartir par ce temps là." dit l'aubergiste.
Rowena comprit tout de suite qu'il voulait les faire rester pour louer une chambre. Elle allait répondre poliment que non quand un regard de Salazar la fit repenser à ce qu'elle allait dire.
"D'accord, nous allons rester. J'espère que votre livreur n'aura pas de problèmes, avec la neige... Et une dernière question, mon brave, auriez-vous un hibou? Il faut que j'envoie un message à ma bonne qui garde notre maison, pour la prévenir."
L'aubergiste acquiesça, et revint avec une chouette.
Salazar lança un coup d'œil faussement impressionné à Rowena pour son habile retournement de situation. Il la soupçonnait d'avoir placé Helga dans la position de bonne, mais n'en fut nullement gêné.
Soudain, Rowena s'assit lourdement sur la chaise voisine de celle de Salazar et se prit la tête entre les mains. Celui-ci la dévisagea.
"Ça ne va pas?" dit-il silencieusement.
"Si, si, ça va. Il me faut juste du repos. On a marché pendant six heures sans manger ni s'arrêter, je pense que je vais me coucher tout de suite." elle avait la voix fatiguée.
Salazar se sentit soudain un peu coupable. Il avait une meilleure condition physique que Rowena, qui ne sortait presque jamais afin de lire des livres. En plus, il avait oublié qu'elle avait tendance à cacher ses faiblesse ou à ne pas les admettre. Il tenta de ne pas paraître trop gêné.
"Mange vite avant."
"Non, ça ira. Je mangerai demain. Là, il faut vraiment que je dorme. Bonne nuit."
Elle se leva d'un pas chancelant et monta les escaliers lentement, en essayant de ne pas paraître trop avachie. Elle entra dans la chambre, mais ne remarqua pas que Salazar la suivait.
"Tu veux de l'aide?" demanda-t-il.
"Non, merci. Je vais me déshabiller, alors ferme la porte."
Salazar n'appréciait pas ce ton autoritaire, mais le mit sur le compte de la fatigue. Après tout, c'était un peu de sa faute, et il s'efforça d'essayer de se sentir coupable, même si cela n'entrait pas dans ses morales. Avec un grognement agacé, il ferma la porte et redescendit en bas alors que Rowena enfila une robe de nuit et se glissa dans les couvertures chaudes.
Elle s'endormit si vite qu'elle n'eut même pas le temps de penser à Salazar.
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Bon, je suis désolée si ce chapitre est un peu court. Je me rattraperai au prochain, surtout parce que là, je suis exténuée (il est actuellement presque deux heures) et quitte à écrire de la merde, je préfère faire court. J'ai préparé la scène pour les actions qui vont suivre, je n'ai pas voulu faire trop lourd. J'ai tenu le délai et j'en suis fière! Mais en pur génie, je n'ai bien sûr pas relu...
Et n'oubliez pas, si vous avez la moindre suggestion concernant un personnage, un événement... N'hésitez pas à m'en faire part! Profitez bien de la lecture, et bonne soirée! x
