Chapitre 17 : Enfiler des perles
Jour 2 – Day 2
Au petit matin, il ne resta plus que Mai, Naru et Lin dans la base. Les autres étaient partis se coucher. Les trois collègues visionnèrent les images de la nuit. Les caméras avaient pu enregistrer tout ce qui s'était passé, avec l'image et le son. En effet, vers une heure cinquante-trois du matin, ils purent entendre des chuchotements ainsi que des pas dans la chambre six et dans la pénombre, la SPR put constater la silhouette d'une personne progresser dans la pièce. Mais la caméra thermique ne l'avait pas détecté. En regardant les images actuelles de la caméra qui filmait dans cette pièce, Mai remarqua un graffiti sur le mur.
Lin et la jeune fille constatèrent le graffiti quelques minutes plus tard. Mais il n'avait aucun sens. Il était écrit « joie » et « bougie ». Mai sortit de la pièce pour aller chercher de quoi nettoyer le mur. Le silence dans le couloir la frappa. Les portes des chambres étaient fermées. La jeune fille s'attarda un peu dessus en pensant aux événements arrivés quelques heures plus tôt. Le bruit de la porte principale qui claquât la fit sursauter. Le psychologue lui adressa un sourire.
- Bonjour, Mademoiselle Taniyama. Vous allez bien ?
- Bonjour, Monsieur Igakusha, répondit Mai. Vous arrivez bien tôt, ajouta-t-elle en jetant un coup d'œil à sa montre où les aiguilles indiquaient un peu plus de six heures et demi du matin.
Le psychologue hocha la tête.
- J'aime arriver tôt. Cela me permet de revoir les dossiers des patients et réfléchir à une conduite à tenir avec eux, dit-il en se dirigeant vers son bureau. Bonne journée, Mademoiselle Taniyama.
- Bonne journée à vous aussi, lui répondit la jeune fille en se penchant poliment.
Une fois seule dans le couloir, elle se dirigea vers le bureau infirmier où un des éducateurs lui indiqua où se trouvait le matériel dont elle avait besoin. Lin était toujours plongé dans la contemplation du graffiti lorsqu'elle entra dans la chambre.
- Je vais le nettoyer, annonça la jeune fille.
Le chinois se tourna vers elle avec une expression de surprise sur le visage.
- Attend. Je vais prendre une photo.
C'était une nouvelle idée que le patron de Mai avait eue. Un jour, il était arrivé à l'agence avec un appareil photo polaroid sous le bras et avait décidé de prendre en photo les preuves « matériel » tel que ce graffiti. Lin leva l'appareil devant lui et appuya sur le bouton. Un flash éclaira soudain la pièce puis une photo sortit de la machine. Il la prit puis la secoua un peu.
- Tu peux nettoyer le mur. Je retourne dans la base.
Mai hocha la tête, la bouche pâteuse. Avant que son collègue quitte la pièce, elle l'arrêta.
- Je vais préparer du thé après.
- Merci, répondit simplement l'homme avant de disparaître dans le couloir.
Une fois sa mission accomplie, Mai reposa les outils de nettoyage à leur place et entra dans la salle à manger. A l'intérieur se trouvaient les deux éducateurs installés autour d'une table. Lorsqu'ils l'entendirent, ils tournèrent leur tête en même temps. A leur expression, elle comprit que les évènements de la nuit les avaient chamboulés.
- Excusez-moi !
Ils lui sourirent tous les deux.
- Ne t'inquiète pas. Nous sommes un peu tendus et fatigués, fit Toshiya, l'air contrit.
- Viens prendre un thé avec nous, l'invita Hayao.
- Merci, c'est gentil, accepta Mai en s'installant avec eux.
Il y eut d'abord un silence alors que Toshiya servait la jeune fille avec la théière d'où sortait une fumée rassurante. Elle porta la tasse à ses lèvres et sentit l'odeur de plusieurs plantes.
- Nous étions en train de parler de ce qui s'est passé cette nuit. Que penses-tu de cela ? C'était un esprit ?
Mai hocha la tête.
- C'est très probable.
- Vous devez avoir l'habitude de ce genre de choses. Vous ne devez plus avoir peur des fantômes, non ? demanda Toshiya avec curiosité.
La jeune fille lâcha un rire.
- Croyez-moi, j'ai toujours peur des esprits, même s'ils ne sont pas forcément méchants.
Devant l'air curieux des soignants, elle se lança dans le récit de plusieurs de leurs enquêtes jusqu'à l'heure des transmissions. Ce fut à ce moment-là qu'elle se souvint de ce qu'elle était venue faire en premier lieu.
Une fois le thé prêt, Mai retourna à la base. Bou-san était revenu de l'internat et discutait avec Lin. Elle remplit trois tasses qu'elle distribua d'abord aux deux hommes puis à son patron qui revisionnait les enregistrements de la nuit.
- Tu n'en prends pas un ? demanda Bou-san.
- Non, j'en ai bu avec les éducateurs.
- Tu peux aller dormir, intervint Naru sans la regarder.
- Tu devrais y aller toi aussi, enchérit le moine.
John entra.
- Toi aussi, Lin, ajouta-t-il, les mains sur les hanches. Allez hop au dodo !
Le patron de la SPR lui lança un regard noir de mépris d'être pris pour un gamin. Lin but sa tasse puis il prit sa veste sur le dossier de sa chaise et se posta derrière Naru.
- Tu dois aller te reposer quelques heures.
Le jeune homme ne répondit pas. Mai enfila son manteau et son écharpe et prit son bonnet posé sur la table.
- Vas-y. Je l'attends, dit Lin à Mai après plus d'une minute de non réponse de la part de Naru.
Sachant à quel point il était têtu, elle haussa les épaules avant de quitter la pièce.
L'internat se trouvait dans un autre bâtiment situé derrière l'hôpital, à cinq ou dix minutes à pied de la psychiatrie. Elle croisa Ayako et Masako qui venaient du sens inverse. Elles se saluèrent et passèrent leur chemin. Puis elle entendit leurs voix derrière elle quelques secondes plus tard. Naru et Lin se dirigeaient également vers l'internat. Lin avait donc finalement réussi à le convaincre. A vrai dire, il était le seul à pouvoir le faire. Peut-être Madoka aussi.
Trop loin pour elle, Mai ne prit pas le temps de les attendre et atteignit quelques minutes plus tard le bâtiment de l'internat. Elle monta jusqu'au deuxième étage et ouvrit la troisième porte à droite avant de s'effondrer sur l'un des deux lits de la chambre.
Vers midi, Mai se leva et prit une douche avant de rejoindre les autres dans la base. Comme elle s'y attendait, Lin et Naru s'y trouvaient déjà. Mais Ayako et John n'étaient pas là. Alors qu'elle quittait son manteau, son bonnet et son écharpe, Masako se tourna vers elle. Ses yeux étaient cernés et rouges.
- Tu vas bien ? lui demanda Mai.
- Oui, répondit la médium avant de reporter son attention sur les images que regardait Naru et Lin.
Bou-san s'approcha de la jeune fille doucement.
- Elle n'a pas bien dormi. Apparemment, elle a fait un rêve.
- Qu'y avait-il dans ce rêve ? demanda Mai, en haussant les sourcils.
- Un enfant abandonné par ses parents dans cet hôpital, révéla le moine. Et toi, tu n'as pas fait de rêve ?
- Non. Je n'ai rien rêver ou en tout cas, je ne m'en souviens pas.
Le silence retomba, interrompu parfois par les sons de la vidéo qui tournait sur leur ordinateur. Lorsqu'elle posa ses yeux sur l'écran d'ordinateur, elle croisa ceux de Naru quelques secondes avant que celui-ci ne se détournât d'elle. Masako se décala pour voir quelque chose plus près sur la vidéo et Mai ne vit plus rien de l'écran. Ainsi, elle se tourna vers une pile de documents qui leur avait servi pour se renseigner sur une question que Naru et Lin s'étaient poser suite aux événements de la veille et demanda s'il fallait les ranger. Lin lui répondit par l'affirmative et elle s'exécuta jusqu'au retour de John et Ayako. Alors qu'ils pénétraient dans la pièce, une odeur alléchante qui fit gronder le ventre de Mai entra en même temps qu'eux. Celle-ci se leva et posa le carton des documents triés au fond de la pièce avec les autres.
- Hum ! Ça sent bon. Qu'est-ce que vous ramenez de bon ? demanda Bou-san en se frottant les main.
- Des sandwiches, répondit Ayako, déçue. Ils ne nous ont proposé que ça au réfectoire de l'hôpital.
- C'est très bien ça aussi, dit le moine en mordant dans l'un des sandwiches.
Tout le monde se servit. Plus tard dans l'après-midi, John et Mai retournèrent dans le service. Ils croisèrent Airi qui sortait de la salle de musique.
- Bonjour Airi, saluèrent en chœur les deux collègues.
- Bonjour, leur répondit la jeune fille en se penchant poliment en avant.
- Vous avez activité musique ?
- Le professeur de musique est là. Il vient de commencer la séance. Quant à moi, je dois aller chercher Chikara pour la séance balnéo.
- Je suis là ! fit une voix à l'autre bout du couloir.
Chikara apparut en trottinant vers eux. Nanako la suivait calmement.
- Bonjour Mai, bonjour John, dit-elle avec enthousiasme en arrivant à leur hauteur. Vous allez bien ?
- Bonjour, fit Nanako en même temps.
- Bonjour les filles. Oui et toi Chikara ? répondit Mai.
- Oui parce que je vais en balnéo. C'est trop bien. J'adore ça ! s'écria-t-elle en sautillant sur place.
- Calme-toi Chikara, la réprimanda gentiment Airi.
- On y va ? On y va ? Sinon on n'aura pas le temps, l'ignora-t-elle en lui prenant le bras et en la tirant vers la balnéo.
Nanako se rapprocha de Mai alors que les deux filles disparaissaient dans une pièce plus loin.
- Tu veux bien m'aider à réparer mon collier ?
Mai croisa le regard de John, indécise. Un sourire éclaira le visage du prêtre.
- Vas-y. Il n'y a pas besoin d'être deux pour prendre la température des pièces.
- Tu es sûr ? demanda Mai, incertaine.
- Mais oui, ne t'inquiète pas. Je vous rejoindrai quand j'aurai terminé.
- D'accord. Merci, John.
Mai se tourna vers Nanako qui attendait patiemment. Cette dernière lui adressa un sourire avant de briser le silence.
- Tu viens ?
Mai hocha la tête et suivit Nanako jusqu'au salon où les attendait sur une table une boite remplie de matériaux divers pour fabriquer des bijoux. Elles s'installèrent autour de la table. Nanako ouvrit un compartiment de la boîte et en sortit un collier dont le fermoir était cassé. Elle lui adressa un sourire en le tendant à Mai.
- Je n'arrive jamais à remettre l'attache … dit-elle avant de plonger sa main dans un tiroir de la boite. Tiens, voici le nouveau.
- Dis donc, tu en as du matériel pour faire des bijoux. Tu en fait souvent ? s'intéressa Mai.
Le visage de Nanako s'éclaira.
- Oui, j'aime beaucoup en faire. Regarde, j'ai fait celui-ci il y a une semaine, répondit-elle en lui montrant l'un de ceux qu'elle avait autour du cou. Je fais aussi des bagues et des bracelets. Si tu veux, je peux t'en faire.
Elle lui montra tous les tiroirs et compartiments de sa boîte avant de tomber sur du maquillage.
- Tu te maquilles ?
- Je n'ai pas trop le droit ici. Mais j'ai gardé ça pour l'atelier esthétique. Je suis autorisée à rester maquiller après l'atelier. Ils disent que je me maquille trop et que ce n'est pas pour mon âge. Alors j'attends d'être grande pour pouvoir en mettre, expliqua-t-elle avec tristesse.
- A l'école, tu en mettais ?
- Oui et les profs ne m'acceptaient pas en cours à cause de ça, répondit-elle en finissant sa phrase avec une mine de chien battu.
- Tu aimes quoi comme matière à l'école ? demanda Mai pour changer de sujet.
- J'adore l'art plastique et le japonais ! Et toi ?
- J'aime beaucoup l'histoire.
- Oh moi aussi !
John arriva à ce moment-là.
- J'ai terminé de prendre les températures. Je retourne à la base.
- A la base ? demanda Nanako alors que John s'en allait.
- C'est là où nous nous retrouvons mon équipe et moi pour travailler.
- Vous avez chassé des fantômes ? demanda-t-elle en ouvrant de grands yeux innocents.
- Non, pas vraiment, répondit Mai. Mais dis-moi où sont les autres ?
- Les garçons sont partis en cours de sport avec ceux des autres services. Chikara est en séance balnéo et Haneko est dans sa chambre. Elle écrit une lettre à ses parents. Elle doit encore s'excuser sur ce qu'elle a fait avant de venir ici.
Mai ne dit rien. Elle ne savait pas pourquoi les enfants étaient là et ne connaissait rien de leur histoire personnelle. Mais elle ne voulait rien savoir si ce n'était pas eux qui lui en parlaient.
- Pourquoi vous n'êtes pas aller au sport ?
- Parce que Chikara et moi, on est anorexique. On a interdiction de faire du sport parce qu'on ne mange pas assez, expliqua Nanako toujours avec le sourire. Et Haneko ne se sent pas bien. Après la séance de psy, elle est sortie en claquant la porte et elle s'est enfermée dans sa chambre. Je suis venue la voir pour la consoler mais elle ne veut parler à personne à part à ses parents.
Quelque chose tomba des mains de Mai. Ce fut à ce moment-là qu'elle se rappela qu'elle devait aider Nanako à réparer son collier. Elles se mirent à rigoler toutes les deux.
- On a presque oublié le collier, fit Nanako.
Il ne fallut pas plus de cinq minutes pour le réparer.
- Tiens. Ton collier est tout neuf !
- Chouette, je suis trop contente !
La jeune fille le prit des mains de Mai et l'accrocha aussitôt à son cou. Une porte s'ouvrit plus loin et la voix de Chikara retentit dans le couloir. Nanako se leva aussitôt.
- Bon, je crois que la séance balnéo de Chikara est fini. C'était super de te parler et merci pour le collier.
Mai la suivit dans le couloir. La petite s'engouffra dans la pièce alors que Chikara en sortait et rejoignait sa chambre. Elle vit Hatsuno et une autre infirmière dont elle ne se souvenait pas du nom. Elle croisa leur regard hostile avant qu'elles n'entrent dans le bureau infirmier. Airi, qui avait assisté à toute la scène, s'approcha d'elle.
- Elles ne sont pas méchantes.
- Ne t'inquiète pas, j'ai l'habitude.
Une heure plus tard, les garçons revinrent de leur séance de sport très enthousiastes, surtout Akira qui ne tenait plus en place. Les soignants encadrèrent tous les enfants du service pour un jeu de société alors que Mai retournait à la base. Naru était assis à la table entouré de piles de documents. Il releva la tête aussitôt.
- Il faut que tu t'en ailles avec Bou-san.
- Pourquoi ?
- Tu le saurais si tu n'avais pas enfilé des perles, rétorqua son patron avec mauvaise humeur.
Mai ne dit rien mais la colère bouillait en elle. Lin était encore assis devant son ordinateur et les autres sur le canapé. Des brochures et des journaux jonchaient le sol autour d'eux tandis qu'ils en feuilletaient quelques-uns. Le moine se leva en adressant un sourire à la jeune fille. Une fois dehors, il poussa un soupir.
- Ouf, je n'en pouvais plus d'être enfermé comme ça dans cette ambiance de plomb.
- Pourquoi ? Naru était en colère ? demanda Mai.
Bou-san passa un bras autour de ses épaules.
- Il semblerait que ton thé lui manquait.
Mai piqua un fard. Son ami éclata de rire.
- Tu connais Naru. Il nous a vu dormir sur le canapé et ça la mit en colère. D'après lui, il ne nous paie pas à rien faire.
La jeune fille sourit.
- Je vois.
- Quand il a vu que tu ne revenais pas lorsque John est revenu, il s'est énervé encore plus alors que le pauvre John essayait de te défendre. Dis-moi, l'atelier perle était productif ?
- Ah ah très drôle. Sinon où est-ce que nous allons ?
- Rencontrer une ancienne nonne.
La vielle dame ne leur apprit rien. Mais cette dernière leur servit des petits gâteaux qu'ils apprécièrent beaucoup pendant qu'elle expliquait qu'elle avait travaillé deux ans à l'hôpital psychiatrique. Les phénomènes surnaturels n'y étaient pas rares. Elle avait œuvré dans d'autres hôpitaux mais elle n'avait jamais rencontré de phénomènes surnaturels.
Lorsqu'ils rentrèrent, il était cinq heures et demi du soir. Naru était toujours d'aussi mauvaise humeur, si ce n'était plus. Ils lui racontèrent ce qu'elle leur avait dit.
Sur la table à côté du coude de son patron, Mai vit une photo découpée dans un journal. Elle la prit dans ses mains mais dès l'instant où sa peau la toucha, elle eut un vertige. Elle voulut relever la tête mais sa vue se brouilla et elle se sentit partir en avant. La jeune fille sentit quelqu'un la tirer par la main. Elle releva la tête. Ses yeux papillonnèrent alors qu'elle distinguait le chemin broussailleux qui menait à l'hôpital psychiatrique. Des visages flous apparurent puis plus rien.
Sa conscience revint petit à petit. A genoux sur le sol, la tête en avant, elle entendait plusieurs voix familières l'appeler. Ses yeux clignèrent plusieurs fois tandis qu'elle distinguait deux pieds d'enfants devant elle. Ils suivirent la silhouette jusqu'au visage mais l'enfant disparut aussitôt dans un nuage de fumée. Mai se prit la tête dans les mains.
Cela lui prit plusieurs secondes avant de vraiment reprendre ses esprits. La première chose qu'elle vit fut Lin agenouillé devant elle puis Naru derrière qui la tenait par les épaules.
- Ça va ? demanda le chinois, visiblement inquiet.
Mai se sentait un peu vaseuse.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Ayako. Elle était possédée ?
- Non. Je pense qu'elle a été en contact avec l'esprit, répondit Naru. Mai ? Tu es parmi nous ?
La jeune fille n'osait pas hocher la tête.
- Oui, répondit-elle d'une voix faible.
- Allongez-là sur le canapé, proposa Ayako. Je vais chercher quelqu'un.
- Non, l'arrêta Mai. Je vais bien.
- Mais …
- Je vais mieux, la coupa-t-elle en se détachant des mains de son patron pour se mettre debout.
- Viens t'asseoir, intervint Bou-san en lui prenant le bras.
Elle se laissa guider jusqu'au canapé sous les yeux médusés des autres.
- Je pense qu'il vaudrait mieux te faire examiner par un médecin, insista Ayako.
- Merci Ayako mais ça ira, répondit la jeune fille en souriant.
Naru s'approcha d'elle.
- Qu'est-ce que tu as vu ?
- L'enfant de la photo. Emmené de force ici, dit Mai. C'est tout, ajouta-t-elle alors qu'il ouvrait la bouche.
- On devrait la laisser tranquille, intervint Lin. Laissons-la se reposer.
Il avait raison puisque quelques minutes plus tard, Mai s'endormit à poings fermés.
