The Serpent's Claws
Chapitre VII
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Une lumière à la fois douce et chaleureuse illumina progressivement la chambre de Helga. Les rideaux avaient été ouverts par cette dernière pour éviter à Rowena d'être réveillée par quelqu'un. Autant utiliser la manière douce. Pendant un jour entier, Rowena était restée endormie. Malheureusement, son esprit ne se reposait jamais, et ses rêves étaient peuplés de silhouettes encapuchonnées, de présages de mort et d'éclairs verts. Elle ne croyait pas en la Divination et s'y refusait toujours. Aussi, elle évita de trop y penser lorsqu'elle se réveilla.
Les soins de Helga avaient fait des merveilles. Rowena avait l'impression qu'on lui avait insufflé une nouvelle force. Il est vrai qu'elle avait passé un mois horrible, à s'inquiéter à propos de l'image qu'elle avait renvoyée à Salazar, et de son secret... L'attaque de Détraqueurs l'avait achevée. Elle se leva et s'habilla en vitesse, et descendit dans la Grande Salle.
Il n'y avait à la table que Helga, occupée à servir quelques elfes. Elle sourit à la vue de son amie.
"Rowena!" s'écria-t-elle.
Elle se leva et s'élança vers son amie, hésitant à l'attirer dans un câlin. Elle savait que Rowena n'en était pas folle. Elle ne put lutter contre sa nature chaleureuse et ouverte, et serra la jeune fille dans ses bras.
"Un jour sans toi, je commençais à m'ennuyer!" dit-elle. "Tu as l'air en pleine forme!"
"J'imagine que ce n'est pas trop mal pour quelqu'un qui a subi une attaque de Détraqueurs..." elle soupira. "Mais je suis quand même un peu déprimée," avoua-t-elle.
"Ne t'inquiète pas, c'est normal." lui assura Helga. "Pour te remonter le moral, tu devrais aller dehors, pratiquer quelques sorts... Godric et Salazar sont justement en train de créer des limites magiques, pour que le château soit protégé. Tu vois, cette attaque a eu du bon."
Rowena avait du mal à croire à la mine si joviale de son amie.
"Si tu le dis..."
Elle lui lança un dernier regard amical (du moins, qu'elle essaya de faire paraître amical, même si Helga s'en fichait) et décida de rejoindre les deux hommes dehors.
Elle comprit qu'ils avaient décidé de donner au château un grand espace, aussi elle se mit à marcher vers la limite du parc, derrière la forêt. Bien entendu, elle la contourna. Elle avait eu sa dose de mauvaises rencontres. Elle arriva dans un espace très vert, assez dissimulé par des arbres. C'était un bon endroit pour y cacher des maléfices.
"Rowena!" s'exclama Godric qui surgit de derrière des buissons. "Prête pour aller combattre quelques Détraqueurs?"
Elle ne répondit pas et eut un peu mal au cœur. Salazar surgit à son tour, mais ne dit pas un mot. Il se contentait de la regarder. Il se détourna rapidement, et commença une incantation.
"Ça va un peu mieux, alors?" demanda doucement Godric en guise de piètre rattrapage.
"Un peu, oui. Je suis venue pour vous aider aux sortilèges de protection du château..." éluda-t-elle.
"Ah, c'est une bonne chose! Il y a du terrain à couvrir et certains sorts doivent être pratiqués à plusieurs. Salazar?" interpella-t-il.
"Hmm?" répondit-il celui-ci sans se retourner.
"Et si tu allais avec Rowena, à l'Ouest? On n'a pas terminé la barrière là-bas." dit Godric avec un petit sourire.
Salazar le regarda avec irritation et fit le signe à Rowena de venir avec lui. Ils s'engouffrèrent dans les bois. Les branches fusaient vers leurs visages, et Rowena essayait d'éviter celles que Salazar écartait devant elle. Elle ne voulait pas lui parler, de honte et de gêne. Elle ne savait plus quoi dire depuis les deux dernières soirées.
Salazar non plus n'ouvrit pas la bouche. Après environ une demi heure de marche pénible, ils arrivèrent à une clairière baignée de lumière.
"Parfait..." murmura Salazar.
Rowena se remémora ses sorts et commença à réciter ses incantations silencieusement, tandis que Salazar faisait de même.
Une lumière bleue très translucide sortait de leurs baguettes et se répandait dans l'air. Elle s'éleva très haut, formant presque un mur. Lorsqu'ils eurent fini, Rowena s'assit dans l'herbe, au soleil, la tête soutenue par ses bras minces.
Salazar était dans l'ombre adossé à un arbre. Il la regardait. Elle ne le voyait pas de toute manière, mais il la détaillait de cet habituel regard tranchant. Ses yeux passaient de ses cheveux bruns sombres étalés sur son dos à son dos lui même, voûté par sa position. Il regardait sa taille, comparait sa finesse avec le reste de son corps. Il aurait souhait" qu'elle se tienne face à lui pour pouvoir voir son visage. Il aimait la noblesse qu'il représentait, ses traits fins, parfois durs, et ses yeux bleus perçants. Il aimait la manière dont ses lèvres refusaient à se former en un sourire lorsqu'elle était gênée, même si elle en avait envie. Il voulait la toucher, lui faire comprendre à quel point il avait besoin d'elle. Il le sentait.
Il se décida, et se leva lentement. Il alla s'accroupir devant Rowena, qui avait gardé les yeux fermés.
"Rowena." murmura-t-il.
Elle le regarda, sans rien dire.
"Je n'ai pas besoin de lire tes pensées pour deviner que tu pensais que c'était une erreur, le dernier soir. Une erreur de ma part."
Pour une fois, elle l'écoutait calmement.
"Est-ce que, d'après toi, c'en est une?" demanda-t-il posément.
Elle eut la gorge serrée mais répondit quand même.
"Ça dépend pour qui..." murmura-t-elle. "Tu peux très bien trouver la réponse tout seul, tu n'as qu'à chercher là-dedans..."
Elle pointa sa tête.
Il soupira.
"Je veux te l'entendre dire."
"Tu sais très bien ce que je pense..." ironisa-t-elle.
"Je ne lis rien en ce moment," s'énerva-t-il. "Je te fais confiance pour me dire la vérité, Rowena." trancha-t-il.
"Salazar, je ne veux rien dire..." dit Rowena, la voix un peu plus faible. "Toi tu n'en sais rien, puisque tu sais toujours ce que les autres pensent. Mais je ne sais pas quoi te dire!" Elle frémissait. "Je ne sais pas si je dois te mentir ou non, et j'ai peur de me tromper... C'est pour ça que je peux rien te dire!"
Elle avait encore une fois les larmes aux yeux, et elle savait bien que ce n'était pas à cause de l'humidité ou du froid.
"De toute façon, je saurai si tu me mens." Salazar esquissa un sourire.
Il plaça sa main sur celle de Rowena, qui retira la sienne aussitôt et se détourna de lui. Un peu irrité, il se leva.
"Puisque c'est comme ça, au cas où tu ne mentirais pas, tu sais où me trouver."
Alors qu'il commençait à partir pour rejoindre Godric, Rowena se retourna vers lui.
"Attends!" implora-t-elle.
Il s'arrêta, mais ne la regarda pas.
"Ce... C'était mon premier..." elle avala difficilement et regardait le sol. "C'était mon premier baiser."
Un long silence s'ensuivit. Salazar savait à présent pourquoi elle se sentait aussi mal et avait autant de mal à exprimer ses sentiments sur ce sujet-là. Il repartit d'un pas moins empressé, perdu dans ses pensées. Rowena décida de le suivre de loin, pour éviter la conversation. Elle avait les joues écarlates et ne tenait pas à être encore plus gênée que ce qu'elle n'était déjà.
Lorsqu'ils rejoignirent Godric, celui-ci avait apparemment eu la même idée qu'eux, et se prélassait à l'ombre d'un arbre, là où la neige avait fondu. Salazar s'avança à pas de loup, un air d'esprit frappeur sur le visage. Il tira sa baguette avec concentration, et murmura:
"Erigo."
Une branche pleine de neige pile au-dessus de Godric se leva et retomba, faisant tomber toute la neige sur le pauvre dormeur.
"Aaah! Les gobelins!" s'écria ce dernier.
Salazar ricana gentiment à sa surprise, satisfait de son tour. Même Rowena souriait. Il fallait avouer que l'astuce était simple et amusante. Godric s'ébroua comme un jeune chien et regarda Salazar d'un air mécontent.
"C'est Rowena." dit ce dernier.
Rowena devint rouge puis regarda Salazar d'un air vengeur.
"Bon, d'accord Godric. C'est moi. Mais c'était pour le Strangulot dans mon bain!" se justifia-t-il.
Ils repartirent vers le château rapidement, tous affamés. Salazar marchait devant, car il souriait. C'était un sourire difficile à voir, mais on pouvait aussi le voir à ses yeux. Il savait à présent que Rowena l'aimait. Il en était persuadé, et avait d'ailleurs tenu sa promesse personnelle de ne sonder l'esprit de personne. C'était plus satisfaisant, d'un côté, de deviner par soi-même... Il en avait déduit long sur le compte de Rowena. Elle était donc totalement inexpérimentée et vierge de toute relation amoureuse. Voilà pourquoi elle avait tellement de mal à mettre le doigt sur ce qu'elle ressentait, à décider de ce qu'il fallait faire... Presque tout ce que Rowena savait, elle l'avait appris dans les livres. Et elle ne savait rien de ce sujet. Absolument rien.
Salazar était amusé de voir que Rowena ignorait tout de quelque chose. Mais après tout, elle était jeune, il avait tendance à l'oublier lorsqu'il discutait avec elle, car son esprit était si affûté et subtil...
Mais avant tout, Salazar était flatté. Il était le premier homme qu'elle ait jamais aimé.
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Le soir, au dîner, Godric tint à s'asseoir face à Helga, au grand plaisir de celle-ci. Ce qui laissa Salazar en face de Rowena. Pendant tout le repas, elle pouvait sentir ses yeux posés sur elle. Elle se tournait souvent vers Helga pour lui dire des banalités, ou lui demander de l'eau. Elle savait qu'elle rougissait, et songea qu'elle n'aurait pas dû avouer cela à Salazar, car ça n'avait fait qu'attiser sa curiosité.
Lorsque le dîner fut terminé, elle voulut prendre l'air dehors, et sortit discrètement. Cette fois, elle avait sa baguette sur elle en cas d'attaque de Détraqueurs, même si il n'y avait aucun risque qu'ils reviennent avec toutes les protections qu'ils avaient mises...
Elle se promena un peu dans le parc, jetant des coups d'œil aux rares corbeaux qui restaient après le crépuscule. Elle alla vers l'arbre au bord du lac, l'arbre même contre lequel elle avait espionné Salazar. Elle se laissa glisser le long du tronc. Il commençait à faire moins froid le soir, et la neige commençait à fondre. Même si elle savait qu'elle allait sûrement s'enfermer pour lire, Rowena se dit qu'il fallait profiter de cette période avant que les pluies du printemps arrivent.
Pour obtenir une meilleure vue et aussi plus de confort, elle se changea en aigle et grimpa sue l'une des hautes branches de l'arbre. Elle remarqua qu'elle le faisait de plus en plus souvent, et se rappela qu'elle se devait d'être prudente avec ceci.
"Tu fais un bel aigle." dit une voix derrière elle.
Elle se retourna et le dévisagea de ses yeux de rapace.
"Mais tu es plus belle en femme encore, il faut l'avouer." dit narquoisement Salazar.
Rowena hésita à faire la technique de l'opossum et descendit sur l'une des branches inférieures, et se retransforma, sautant de la branche et atterrissant devant lui.
"Comment est-ce que tu arrives à me reconnaître?" demanda-t-elle dans un souffle irrité.
"Tu vois beaucoup d'aigles, pendant la nuit?" dit-il.
Elle hocha négativement la tête, et se tourna vers le lac. Elle reprit sa position initiale, et Salazar s'assit derrière elle. Il prenait toujours les places stratégiquement avantageuses...
"Pardon pour tout à l'heure," dit-il sans avoir l'air désolé du tout.
Elle ne répondit pas, car elle sentait le rouge lui monter aux joues ainsi qu'une chaleur subite.
"Et pardon aussi pour ce jour-là, avec les gobelins." Il sourit. "J'ignorais que c'était ta première fois... J'aurais dû le remarquer à ton air coincé."
Elle se tourna vers lui avec des yeux brillants de larmes qui refusaient de sortir.
"Mon premier baiser a servi à berner une bande de gobelins insignifiants, il a été plus qu'humiliant, et mon deuxième a été volé après un dîner tendu." résuma-t-elle la voix pleine de tension. "J'ai toujours pensé que j'aurais mieux... Enfin, autre chose!" se rattrapa-t-elle.
"Je n'étais pas assez bien pour toi?" dit-il en but de provocation.
"Si! Si!... Enfin non, ce n'était pas toi, c'était..." elle avait du mal à parler logiquement. "... de mauvaises circonstances." trouva-t-elle.
"Vraiment?" s'amusa-t-il. " Et... Sinon, comment tu as trouvé ça?" demanda-t-il, à la fois joueur et intéressé par sa réponse.
"Je n'ai rien à dire là-dessus!" s'insurgea-t-elle.
"Moi si..." la coupa-t-il. "Tu manquais un peu de réactivité... Tu étais un peu molle..."
Elle se leva. Elle était angoissée par cette conversation, mais elle trouvait cet humour (si il s'agissait d'humour) très inapproprié. Elle n'arrivait plus à parler et s'apprêtait à retourner vers le château lorsque son bras fut retenu par la main ferme de Salazar.
"Attends." dit-il plus sérieusement.
Elle se tendit lorsqu'il se rapprocha d'elle.
"Excuse moi, je n'ai jamais été très doué pour ce qui est... contact humain..." dit-il silencieusement.
Elle pensa intérieurement qu'elle aussi, mais se contenta de le scruter en quête de réponses.
Son emprise sur son bras se relâcha, et son toucher devint plus doux. Rowena pouvait sentir l'atmosphère se construire lentement sur sa seule volonté. Il allait falloir qu'elle apprenne comment faire, à présent...
"Excuse moi..." répéta-t-il en murmurant alors qu'il se rapprochait de plus en plus d'elle. Sa bouche était au niveau de son oreille.
Elle se détendit un peu lorsqu'elle se rendit compte qu'il était peu-être aussi mal à l'aise qu'elle, mais n'en disait absolument rien. Il se maîtrisait parfaitement.
Il porta son autre main au cou de Rowena, rejetant ses cheveux dans son dos. Elle le regardait faire, étrangement plus détendue que la dernière fois. Elle le vit, avec une vague de chaleur remontant dans sa poitrine, baisser sa tête vers sa peau et légèrement déposer un baiser dans le creux de son cou. Il leva vers elle un regard charmeur pendant que ses doigts se promenaient sur son cou et dans son dos. Il prit sa main doucement dans la sienne et la porta à sa poitrine.
"Je vous fait la promesse de ne plus jamais vous offenser, Rowena Serdaigle..." dit-il gravement, une intonation nouvelle dans la voix.
Il embrassa sa bague.
Rowena essayait de se persuader qu'il se moquait d'elle, comme il avait semblé le faire avant. Après tout, en y réfléchissant, pourquoi un homme comme lui voudrait d'un jeune fille aussi arrogante, inintéressante qu'elle...
Salazar avait incliné sa tête si rapidement que Rowena n'eut pas le temps de sortir de ses pensées avant de sentir ses lèvres doucement se poser sur les siennes. Il n'y avait rien de brutal dans ses actions, tout était mesuré, calculé. Il retenait le désir animal qu'il entretenait pour elle, mais sentait bien toute cette passion refoulée s'accumuler dans sa poitrine.
Les lèvres de Rowena s'ouvraient à peine, ses mains commençaient à peine à chercher la poitrine de Salazar pour s'y poser. Il l'attira vers lui en passant une main autour de sa taille. Sa taille qu'il avait rêvé de pouvoir toucher à nouveau, et dont il rêvait encore à présent, alors qu'elle était sous ses doigts...
La peau de Rowena frémissait sous la respiration de moins en moins bien maîtrisée de Salazar. Il insufflait progressivement plus de force dans son baiser, et forçait Rowena à vraiment s'impliquer dans leur passion commune. Elle ouvrait de plus en plus ses lèvres, et créait involontairement une friction entre leurs deux corps alors qu'ils se rapprochaient.
Salazar, par habitude, commença à défaire les cordons du dos de la robe de Rowena, mais celle-ci le sentit venir. Elle brisa leur étreinte, respirant bruyamment. Elle vit que lui aussi avait du mal à retenir son souffle. Ses yeux couraient le long de son corps, se délectant de chaque parcelle d'elle qu'il avait pu voir et ressentir. Voyant qu'elle n'irait pas plus loin, il lui proposa son bras.
"Je vous raccompagne?" dit-il d'une voix volontairement très séductrice.
"Je... Je..." elle reprenait sa respiration et ses esprits.
En un instant, toutes ses valeurs, tout s'était effondré. Elle se remémorait lentement les éléments de sa vie et répondit, en glissant une fausse assurance dans sa voix:
"Pas vous. Tu." dit-elle en rougissant.
Elle prit le bras que Salazar lui offrait et marcha en direction du château à ses côtés, jurant avoir vu un sourire en coin orner ses lèvres.
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Oh mon Dieu... J'ai vraiment le sentiment d'avoir confié le scénario à un singe capucin et j'ai assez peur des retours... Néanmoins, je dirais que j'en ai un peu besoin car j'arrive à un moment dans l'écriture où j'ai vraiment besoin de savoir si ce que je fais plaît ou non, si j'ai fait des erreurs... Ne soyez pas gênés de me les signaler, ça contribuera au contraire à la qualité de l'histoire.
Si vous trouvez que c'est bizarre, sachez que ceci a été terminé à deux heures du matin après l'épreuve de bac de sciences. (en L. hahahah.) Et j'annonce sans honte que ma vie est ruinée à cause de la choucroute. Je compatis avec ceux ou celles qui comprendront cette triste référence...
En attendant, je vous souhaite de bonnes vacances pour ceux qui y sont déjà, et du courage pour ceux qui passent encore des examens (j'ai envie de pleurer). D'ailleurs, il ne me reste qu'une épreuve. Dépendant de ma bonne volonté à travailler, je devrais publier un ou deux chapitres dans la semaine qui suit. Et pendant les vacances, alors là je pense que je vais ne faire qu'écrire... Et lire! ^^
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