Bonjour à tous ! J'espère que tout va bien pour vous malgré les circonstances. Merci d'être encore là aussi malgré les délais entre chaque enquête. Voici le premier chapitre de l'avant dernière enquête. Bonne lecture !
Affaire n° 7 : Rouge couleur rubis – File 7 : Ruby red
Chapitre 22 : Commencement
Juillet – July
La famille et les amis tout de noir vêtus pleuraient à chaudes larmes. Inconsolable, le père contenait les siennes tant bien que mal derrière son masque d'implacabilité. Son bras entourait les épaules de sa femme qui manqua de s'effondrer au moment où le cercueil de leur unique fille sortait de l'église dans laquelle venait de se tenir la messe en son honneur. Bon nombre de personnes des amis, des professeurs, de la famille et des voisins lui avaient rendus hommage par de bons mots qui malheureusement ne réconfortaient guère les parents. Ces derniers suivirent les hommes qui portaient le corps jusqu'au cimetière. Les autres leur emboitèrent le pas, le prêtre de la cérémonie fermant la marche. Il ne leur fallut pas plus d'une minute pour s'y rendre. L'emplacement avait été creusée à l'avance. Les hommes qui portaient le cercueil s'avancèrent jusqu'à celui-ci et attendirent l'entourage du défunt qui se posta tout autour pour les observer descendre le cercueil dans le trou. La mère échappa un sanglot alors que le prêtre prononçait une dernière prière.
Quelques jours plus tard – A few days later
Mai triait les classeurs en fonction des directives de son patron qui avait décidé de réorganiser les étagères de la bibliothèque consacrées aux affaires de l'année passée. Elle finit par tomber sur des dossiers qui datait d'avant l'année concernée. Parmi eux, il y avait la première enquête pour laquelle elle avait participé, et qui plus est, s'était déroulée dans son lycée. Il s'était passé un peu plus d'un an depuis celle-ci. Elle se souvint aussi lorsqu'elle s'était entêtée à se rendre dans la maison abandonnée à côté de la maison de la grand-mère à Mitsuki. Son obsession l'avait mise en danger alors qu'elle se rendait sourde aux avertissements de ses ainés dans la profession. Depuis, elle avait pris du recul et écoutait davantage ses collègues. Grâce à la SPR, la jeune fille avait beaucoup appris sur le surnaturel et sur elle-même. Elle s'était découvert un don et avait appris à le développer. Bien sûr, elle n'était pas maître de celui-ci pour le moment puisque plusieurs de ses facettes lui étaient encore très difficile à accéder. Mais elle pouvait apporter son aide lors des enquêtes.
En vacances pour une semaine, Mai passait donc son temps à l'agence en faisant ses devoirs entre deux missions que lui confiait Naru. Il n'y avait pas grand-chose à faire ses dernières semaines ce qui lui permettait de bien avancer ses devoirs pour les prochains examens trimestriels qui approchaient. En bons scientifiques dans leur domaine, Naru et Lin poursuivaient leur travail en parallèle aux enquêtes sur le terrain. En effet, ils étudiaient des situations ou des personnes aux capacités extraordinaires ou non (ils pouvaient démontrer justement le contraire et percer à jour une supercherie). Ils n'étaient pas rares d'entendre l'un ou l'autre en conversation en japonais ou en anglais avec un autre de leur collègue chercheur au téléphone. Ils pouvaient aussi être absents plusieurs jours en raison de déplacements divers, comme rencontrer le sujet ou vérifier des faits.
Mai trouvait tout cela intéressant et posait des questions sur leurs recherches lorsqu'elle y avait accès. Mais même s'ils lui répondaient, ils ne l'incluaient presque jamais dans leur conversation, préférant échanger en anglais entre eux. Ils leur arrivaient de demander à la jeune fille de leur trouver tel document ou tel livre qu'elle allait chercher à la bibliothèque au coin de la rue. Mais ce jour-là, mis à part l'appel qu'avait reçu Naru dans la matinée, l'agence était restée calme. Ce n'était pas avec Naru et Lin comme compagnie que le silence allait se briser. Mai rit silencieusement à cette pensée. Elle s'était bien habituée à cela alors cela ne lui faisait plus grand-chose.
Pour la pause de midi, Mai prévint les deux hommes qu'elle sortait prendre l'air. Ils relevèrent à peine, absorbés par leur travail. Elle se rendit dans un service de restauration et mangea son sandwich sur un banc à l'ombre d'un grand arbre probablement bien plus âgée qu'elle. Les rayons du soleil lui firent regretter d'avoir pris sa veste. Elle regarda l'heure sur l'horloge du parc et nota qu'il lui restait une demi-heure avant de retourner à l'agence. Ainsi, elle se promena le reste du temps avant de retourner travailler.
Quatorze heures trente, la sonnette retentit dans l'agence faisant sursauter la jeune fille qui avait presque oublier son existence. Elle vint ouvrir à John qui lui offrit un grand sourire.
- Bonjour, Taniyama.
- Bonjour, John. Entre donc, l'accueillit Mai avec un grand sourire elle aussi.
Le prêtre entra alors que Naru sortait de se tanière. Mai en conclut aussitôt qu'il y allait avoir une enquête. Elle sautilla en se rendant dans la cuisine pour faire du thé.
- J'ai essayé de trouver des articles sur le sujet mais il n'y a rien.
- En effet, la directrice souhaite que cette affaire ne s'ébruite pas, répondit John. J'ai son numéro de téléphone pour que tu puisses la contacter. Elle préfère voir avec toi pour quelques détails d'ordre logistique avant notre arrivée.
Mai leur donna une tasse chacun et s'assit à côté de Naru pour en savoir plus. John vint à son secours.
- J'ai demandé à Naru d'intervenir dans une affaire assez sordide, avec votre aide à tous bien entendu. Il y a trois jours, nous enterrions une jeune fille de dix-sept ans suite à un accident dans son école. Il s'agit du quatrième décès dans cette école cette année.
Mai ouvrit la bouche d'effarement.
- En fait, nous ne pouvons pas vraiment parler d'accident mais plutôt de meurtres. La particularité est qu'il n'y aucun témoin et aucun suspect potentiel. Etrangement, les personnes étaient seules et les pièces totalement inaccessibles pour les autres. Leur comportement avant de disparaître n'était pas différent et aucune ne présentait des problèmes de dépression qui pourraient les amener à se suicider. La police et les scientifiques ont bien chercher des conclusions rationnelles mais ils n'ont pas réussi. C'est pour cela que l'école se tourne vers nous.
John reposa sa tasse vide sur la table.
- La première est morte dans la salle de musique, l'archet de son violon planté en travers de la gorge. Son amie qui devait la rejoindre n'a pu entrer dans la salle qu'une quinzaine de minutes plus tard à cause de la porte qui était bloquée. La police a suspecté au départ un suicide mais ils ont finalement conclu qu'elle n'avait pas la force physique nécessaire pour cela, expliqua le prêtre. Le deuxième décès s'est déroulé dans la salle de théâtre. La jeune fille est tombée de l'escalier d'un mètre cinquante alors que celui-ci s'est mis à rouler soudainement tout seul, ce qui la conduit à se briser la nuque.
Mai ouvrit de grand yeux.
- Le suivant s'est passé dans l'église de l'école. L'élève n'était pas connue pour fréquenter souvent l'église pourtant, ses amies l'y ont retrouvé avec une partie de l'orgue effondré sur elle.
- C-c'est horrible, balbutia Mai qui n'avait pas bu une goutte de son thé.
- Et pour finir, la dernière victime a fait une chute fatale lors d'une séance de sport. Elle avait un niveau excellent et participait à des concours internationaux de gymnastique. Cette fois-ci, toute la classe était présente. Elles l'ont vu perdre soudainement l'équilibre avant de tomber.
- La thèse de l'accident pour les trois dernières peut être posé mais les circonstances sont étranges. Elles n'ont rien en commun à part suivre les cours dans la même école ? demanda Naru.
- Non. D'après la directrice et les dames qui travaillent là-bas, elles ne se fréquentaient pas forcément. Elles n'étaient pas non plus en conflit. A part la première victime et la troisième qui se connaissaient car elle se trouvait dans le même club d'équitation, elles n'ont pas de lien.
Naru hocha la tête.
- Nous y allons dans quelques jours. J'appelle la directrice. Je te laisse te charger de prévenir les autres.
- Oui, chef, répondit Mai tout en imitant les autres qui se levaient.
Elle sourit au regard irrité de son patron qui n'aimait pas qu'elle l'appelle comme cela malgré son narcissisme évident. Et sursauta lorsqu'elle aperçut Lin derrière elle. Tel un ninja, il avait cette fâcheuse habitude d'apparaitre lorsqu'elle s'y attendait le moins. John partit de l'agence et les autres vaquèrent à leurs occupations.
Deux semaines après l'enterrement, Jour 1 – Two weeks after the funeral, Day 1
Pendant le trajet jusqu'au lieu de leur enquête, Mai lisait les documents rassemblés par Naru sur l'école. Il s'agissait d'un lieu très réputé qui n'acceptait pas les étrangers, ni les journalistes et avait pour réputation de donner une très bonne éducation mais stricte. Créée au début du vingtième siècle pour Madame Emi Nagasawa, héritière d'une très grande famille, l'école fut en premier lieu sa demeure qu'elle légua à la communauté religieuse après sa mort. Celle-ci en avait fait une école catholique qui accueillaient les enfants les plus pauvres de la région. Au fil des années, cette école était devenue plus élitiste, ne s'ouvrant qu'aux filles de familles aisées et écartant par le même temps la gestion religieuse mais en gardant néanmoins son influence. A ce jour, Chikako Kantoku en était la directrice. Celle-ci s'était fait un nom en dirigeant bon nombres d'établissements scolaires côtés d'une main de maître.
Mai s'était aussi renseigné de son côté sur l'établissement avant de venir. Elle avait également appris au sujet de la fondatrice de l'établissement qu'elle était surnommée Emi Nadeshiko pour sa grande beauté. Métisse, elle portait en elle deux cultures puisque son père japonais s'était marié à une canadienne. Mais elle ne se définissait pas seulement par cela mais par sa grande générosité puisque de son vivant, elle avait énormément fait de don pour les plus pauvres et surtout les orphelins. A trente-cinq ans, elle avait adopté sa nièce dont les parents étaient morts lors de la première guerre mondiale. Toutefois, de par sa faible constitution, la nièce était décédée trois ou quatre ans après.
Un quart d'heure plus tard, la SPR se gara sur le parking ombragé par un très grand arbre devant un grand portail entouré de hauts murs épais. Lin appuya sur la sonnette puis une petite femme d'une quarantaine d'année ouvrit la porte en ferraille en leur offrant un grand sourire.
- Bonjour ! Vous êtes les scientifiques du surnaturel ? demanda-t-elle de sa voix fluette. Ah mais ne serait-ce pas John ? dit-elle en l'apercevant. Entrez donc !
La SPR pénétra dans l'enceinte de l'école alors qu'elle fermait le portail. Mai observa les lieux. Elle avait l'impression de se trouver devant un château médiéval européen. C'était magnifique. Le bâtiment les surplombait du haut de ses deux étages et sa largeur n'en était pas loin. Autour de l'école s'étendait un immense espace vert veiné de chemins pour les promeneurs. Des parterres fleurissaient par ci par là agrémentant le jardin de couleurs vives.
- Je m'appelle Kyoko Inoue. Je suis une des surveillantes de l'école et je suis à votre disposition si vous avez le moindre problème ou la moindre question.
Elle se pencha en avant alors que la croix autour de son cou sortait de son col.
- Venez, la directrice vous attend.
Si Madame Nagasawa était réputée pour sa gentillesse, Kyoko n'était pas en reste. Tout en elle respirait la gentillesse. Lorsqu'elle franchit le seuil de l'école, Masako eut un temps d'arrêt alors que Mai faillit la percuter.
- Ça va ? demanda cette dernière.
La jeune fille hocha la tête alors que Kyoko intercepta l'échange qui lui laissa une lueur d'inquiétude dans les yeux. Sur le chemin, elle fit comme si de rien n'était et demanda des nouvelles de John qui répondit avec enthousiaste démontrant qu'ils se connaissait bien. Arrivés devant la porte de la directrice, Kyoko toqua et les annonça puis ils furent invités dans le bureau. La directrice était une grande femme de la même tranche d'âge de Kyoko et était habillée aussi strictement qu'une femme d'affaire, en tailleur sombre.
- Bonjour à tous, je suis heureuse que vous soyez là, les accueillit-t-elle en se levant pour leur serrer la main à tous. Je m'appelle Chikako Kantoku et je dirige cette école.
S'en suivit la présentation de l'équipe.
- Je me doute que vous n'avez pas de temps à gaspiller avec des bavardages inutiles alors je ne vous retiens pas plus longtemps.
Naru allait l'apprécier.
- Kyoko va vous montrer où vous vous installerez. Je ferais une annonce au diner de ce soir afin de leur informer de votre venue. Vous vous doutez que la rumeur de l'intervention d'une équipe de chercheur en surnaturel a fait le tour de l'école, ce qui fait qu'il y aura certainement des petites curieuses qui vont venir vous solliciter. Au moindre problème, quel qu'il soit, vous pouvez m'en informer et je ferais le nécessaire.
Un sourire étira ses lèvres lorsqu'elle termina son monologue.
- Très bien. Nous vous en remercions, répondit poliment Naru.
- Suivez-moi, intervint Kyoko.
La SPR la suivit à travers l'école puisqu'elle avait décidé de leur faire une visite complète. L'apparence intérieur était identique à l'extérieur de château médiéval. De grandes pièces avec des pierres du sol au plafond, des grandes fenêtres ouvraient l'espace ainsi que les tentures colorés qui décoraient les murs et les meubles. Les tableaux représentaient tantôt des portraits de personnes de toutes origines tantôt des paysages de tout horizon. Le bâtiment était classiquement agencé avec ses salles de classe, son réfectoire et sa cour de récréation mais avec une élégance toute particulière. Quant à l'église, elle faisait partie intégrante des murs, au détour d'un couloir parmi les différentes pièces de l'école. Quelqu'un aurait demandé à Mai de la trouver, elle en aurait été incapable. L'édifice qui abritait le dortoir avait été construits quelques années plus tard mais respectait le charme de l'architecture de sa voisine.
Kyoko en tête du groupe, elle parlait d'une voix forte en présentant les pièces et éléments de l'école telle une guide touristique. Ils croisèrent des élèves qui les saluèrent poliment. D'après leur guide, elles faisaient leur timide. John fut rapidement repéré puisqu'il effectuait souvent des interventions ou des messes dans leur église. Les élèves le suivaient et lui posaient des questions. Kyoko dut faire la police pour qu'elles puissent les laisser tranquille.
Lorsqu'ils arrivèrent dans la pièce qui devait leur servir de base, Mai entendit Ayako soupirer de déception derrière elle. La salle était exiguë et il allait être difficile de contenir tout le monde lors des entrevus avec les élèves. Mais le soupir fut plus intense lorsque Kyoko leur montra les deux petites chambres où ils allaient dormir. Attenante à la première pièce, il y avait un petit couloir en perpendiculaire qui donnait sur deux chambres leur faisant face, si bien que Mai aperçut les lits superposés qui cachaient les murs. La jeune fille allait en entendre parler pendant longtemps. Et en effet après le départ de la surveillante, Ayako se prit un malin plaisir à râler pendant une heure par rapport à cela. Bou-san la taquina ce qui créa une dispute entre eux. Une chose en entrainant une autre, Ayako percuta Mai qui entrait dans la pièce avec un carton plein de matériel à enregistrement. Celui-ci se fracassa au sol, entrainant un silence glacial. Les regards des deux fautifs se tournèrent aussitôt vers Naru. Ce dernier vint constater les dégâts et soupira.
- C'est fichu … Il va nous manquer du matériel.
- J'irai en chercher demain matin. Les magasins sont fermés à cette heure, répondit Lin.
Mai vit le regard noir de son patron adressé à ses collègues et elle en eut froid dans le dos. Avant qu'il ne puisse ajouter quoi que ce soit, elle ramassa ce qui était cassé et les mit à la poubelle. Ce fut dans un silence qu'ils se rendirent au dîner organisé dans le réfectoire, Naru muet comme une carpe en tête du groupe.
La pièce était encore plus impressionnante lorsque tous les élèves et les professeurs y étaient rassemblés. Lorsqu'ils entrèrent, tous les visages autour des longues tables se tournèrent vers eux. Pas le moins du monde perturbé, Naru se dirigea vers la seule table libre – plus petite que les autres et installées dans un coin. La directrice se leva alors que la SPR terminait de s'installer.
- Comme vous l'avez remarqué, nous accueillons aujourd'hui l'équipe de scientifiques dont je vous avais parlé il y a quelques jours. Je vous demande à toutes de rester polies et courtoises avec eux et de leur laisser assez d'espace pour travailler. Aussi, ils vous demandent de venir leur compter tous les phénomènes et les événements étranges dont vous avez été témoins ou entendu parler. Merci pour votre écoute et bon appétit.
Aussitôt, un joyeux brouhaha s'éleva dans la salle, auquel ne participa pas la SPR. Bou-san se pencha vers Mai assise à côté de lui.
- Elle en impose, hein ? dit-il.
Mai hocha la tête en souriant en pensant au directeur de son école. Ils pourraient bien s'entendre eux aussi. Puis les serveurs apportèrent les plats. Pendant le repas, comme les autres membres ne parlaient pas, son attention se tourna vers les élèves. Elle-même élève dans un lycée, la jeune fille ne se serait jamais doutée qu'un jour elle se retrouverait dans cette école, dont elle avait déjà entendu parlé par ses amies bien avant l'enquête. Elle n'y avait pas beaucoup prêté attention à l'époque puisqu'elle savait qu'elle n'irait jamais et elle n'avait jamais rêvé de faire des études brillantes dans un établissement d'élite. Alors que son regard se perdait parmi les élèves, Mai intercepta quelques regards curieux accompagnés de discussions excitées chuchotées.
Un rire lui fit tourner la tête vers la table des professeurs. Une femme riait aux éclats de la remarque du seul homme du corps enseignant. En les observant bien, Mai vit la proximité des professeurs, particulièrement de ce duo qui faisait les pitres – faits surprenant étant donné la conjoncture de l'école.
La fin du repas s'annonça par le son d'une cloche. La SPR regarda les élèves se lever presque dans un même mouvement. Puis un troupeau de filles vint immédiatement vers eux, si bien que la SPR fut submergée par un tas de questions.
- Oh là ! Tenta Bou-san pour attirer leur attention. Une à la fois s'il vous plaît.
Des rires se firent entendre par ci par là dans la foule.
- Vous êtes lycéens comme nous ? demanda l'une d'entre elles en regardant Naru, Masako et Mai tour à tour.
- Vous voyez des fantômes ? questionna une autre en même temps.
- Vous croyez que vous pouvez nous montrer comment vous travaillez ?
- Nous ne sommes pas des phénomènes de foire, marmonna Masako.
Bou-san leva les mains dans un signe d'apaisement.
- Nous voulons bien répondre à vos questions mais chacun son tour, répéta le moine en souriant d'amusement.
Kyoko et deux autres femmes fendirent la foule et stoppèrent net les protestations des jeunes filles.
- Cela suffit, dit simplement une femme d'allure un peu sévère, calmant immédiatement les ardeurs des élèves.
- Vous pourrez venir les voir demain mais uniquement pour leur raconter ce que vous avez vécu comme événements paranormaux, enchaina Kyoko. Allez au lit.
- Mais il est encore tôt Kyoko, protesta l'une des élèves.
- Alors retournez travaillez, assena la femme à l'allure sévère.
- Ou allez jouer à un jeu dans la bibliothèque, ajouta la troisième femme.
L'inflexibilité des trois femmes eurent raison des élèves qui finirent par obéir.
- A demain, les saluèrent-elles avec des signes de la main avant de sortir du réfectoire.
Kyoko adressa un regard désolée aux membres de la SPR.
- Elles ne sont pas méchantes mais un peu collantes.
Elle sursauta avec une expression horrifiée.
- J'ai oublié de vous présenter mes deux collègues surveillantes également ! Voici Nana Fujimaki.
Elle désigna la femme sévère qui se pencha en avant alors qu'un sourire se dessinait sur ses lèvres.
- Et Ai Nagase.
- Celle-ci imita sa collègue en leur adressant un doux sourire.
- Ravie de vous rencontrer.
Elles étaient les seules religieuses de l'établissement, hormis celles et ceux qui venaient par moment comme John. Ensemble, ils quittèrent le réfectoire.
- Lorsque tout le monde va venir vous parler, vous allez être surpris par le nombre d'événements paranormaux qui se sont déroulés ici. Mais étrangement, il n'y en a pas du tout dans les dortoirs, dit Kyoko.
- Cela arrive lorsque le bâtiment n'a pas été construits à la même époque et surtout s'il est isolé de l'autre, répondit Naru.
La conversation se poursuivit puis ils se quittèrent. La SPR retourna dans la base. Faute d'être arrivé tard et que l'école souhaitait effectuer le contact de l'agence de surnaturel et les élèves seulement le lendemain, la SPR se contenta de faire des tours dans l'école et se coucher tôt.
