Chapitre 23 : Témoignages

Jour 2 – Day 2

Toute la matinée, les élèves étaient venues à tour de rôle leur parler des phénomènes surnaturels qu'elles avaient pu rencontrer. Naru et Lin étaient assis devant les élèves et recueillaient les informations pendant que les autres écoutaient, contre le mur de la petite pièce. Toutefois, bon nombre de témoignages se rencontraient. La première élève avait ouvert le bal en disant :

- Comme vous devez le savoir, il y a eu quatre de nos camarades qui sont décédés récemment. Auparavant, il n'y avait jamais eu de décès mais beaucoup d'entre nous avons été blessé. Cela a toujours été ainsi ici. Chaque élève qui entre dans cette école est briefé par les élèves les plus anciennes. Nous avons toutes ou presque été confronté à un phénomène surnaturel au cours de nos années dans cette école. Beaucoup de filles sont parties à cause de cela.

Les apparitions et événements étaient divers et variés.

- Dans les couloirs, il y a souvent des courants d'air froid et nous pouvons apercevoir une ombre nous suivre. Un jour, il m'est arrivé de sentir un parfum alors que j'étais seule et que je n'en mets jamais.

- Il y a plusieurs élèves qui ont vu à l'infirmerie une personnes allongée dans le troisième lit à gauche et toujours à deux heures du matin.

- Nous entendons une musique douce dans la salle de musique. Parfois, elle nous accompagne lorsque nous chantons. D'après les rumeurs, c'était ici que la fondatrice jouait de la harpe. La salle a une bonne acoustique, ce qui a conduit l'école à en faire une salle de musique.

- Il nous arrive parfois de perdre des objets et de les retrouver à un tout autre endroit dans l'école. Cela s'est passé il y a deux jours, Mari ne parvenait pas à mettre la main sur sa trousse alors qu'elle devait se rendre à son deuxième cours de la matinée. Finalement, elle l'a retrouvé à la fin de la journée au-dessus d'une étagère de la bibliothèque.

- Des rongeurs sont aussi régulièrement retrouvés dans les salles de classe.

- Il y a la femme dans l'église. Elle est assise au premier rang comme si elle suivait la messe. Certains disent qu'il s'agit de la mère de Madame Nagasawa.

- Parmi les trucs bizarres de cette école, il y a la porte rouge.

Mai avait déjà lu cela dans un article avant d'arriver. Il était dit qu'il s'agissait de la chambre de Madame Nadeshiko. Il est impossible de l'ouvrir comme si elle voulait que personne n'y entre.

Voilà tous les éléments qu'ils avaient récoltés. Il était près de midi et les mêmes témoignages revenaient depuis quatre bonnes heures jusqu'à ce que Naru ait perdu patience. Une des trois élèves qui venaient d'entrer dans la pièce allait parler mais le patron de Mai l'interrompit.

- Qu'avez-vous à ajouter que vos camarades n'ont pas dit ?

Le silence tomba soudain alors que les trois jeunes filles se mettaient à réfléchir. Une blonde aux yeux bleus prit la parole.

- Je pense que personne ne vous a pas parlé du jeu de la reine de cœur.

Un silence surpris lui répondit. Ses deux amies la regardèrent en écarquillant les yeux. Elle hocha la tête dans leur direction pour les rassurer.

- Tout le monde a peur d'en parler à des personnes en-dehors de l'école. Nous ne savons pas ce qui pourrait arriver.

Les deux filles à ses côtés baissèrent la tête. La curiosité de Naru piquée, il l'enjoignit de poursuivre.

- Le jeu de la reine de cœur n'est pas un jeu amusant. Chaque dernier vendredi du mois, l'une de nous reçoit un morceau de papier sur lequel est inscrit une mission. En même temps, il y a un chiffre en lettres romains inscrit sur le mur de l'église. Si l'élève ne parvient pas à remplir sa mission avant la fin de la journée, elle sera punie sévèrement.

- Que signifie ces chiffres en lettres romains ? demanda Naru.

- Nous n'en avons aucune idée, répondit la jeune fille.

Il y eu un silence.

- Les dernières victimes de ce jeu ont été retrouvé mortes, devina Naru.

Mai fronça les sourcils face au tact de son patron. La blonde hocha la tête.

- Et en quoi consiste ces missions ? Demanda Bou-san.

- Cela dépend. Mais ces derniers temps, la difficulté est montée crescendo. Nous ne savons pas ce qui leur est demandé. Aya, la première fille qui a été retrouvé morte, l'a révélé à quelqu'un et ...

Le silence tomba de nouveau dans la petite pièce.

- D'accord. Nous vous remercions pour ces informations. Si vous savez autre chose, venez nous voir, conclut Naru.

Les trois élèves les saluèrent avant de sortir de la pièce. La SPR discutèrent un peu de ce qu'ils avaient appris lors de la matinée puis ils se rendirent dans le réfectoire. Dans l'après-midi, l'agence de surnaturel se répartit dans l'école afin de disposer les caméras et les micros dans les endroits stratégiques. Bien sûr, la directrice avait expliqué au préalable aux élèves la nécessité de ce matériel et du fait que les images ne seraient pas utilisées à d'autres fins que l'enquête en cours. Quant à Lin, il partit acheter le matériel manquant qu'il placerai plus tard dans le réfectoire.

Ainsi, Mai et son acolyte de toujours arpentaient l'école. Ils entrèrent dans l'immense salle de musique dont le mobilier avait été poussé contre les murs. Le plafond était beaucoup plus haut que les autres pièces ce qui lui donnait de l'écho. Aucun cours n'avait lieu à ce moment-là. Mai laissa son regard balayer la salle tout en gardant en tête l'événement sordide qu'il y avait pu s'y produire. Bou-san testa l'acoustique de la pièce sous les yeux d'abord surpris de Mai, allégeant l'atmosphère.

- Je m'entrainerais bien ici.

- Allez-y ! s'écria une voix à l'autre bout de la salle.

En se retournant, Mai aperçut plusieurs élèves sur le seuil de la porte.

- Vous êtes musicien ?

Bou-san bomba le torse avec fierté. Les élèves s'approchèrent de lui avec entrain.

- Je fais des concerts dans ma ville.

- Vous pouvez nous jouer un morceau ?

Mai rit dans sa barbe devant l'air fier de son ami alors qu'elle terminait d'installer la caméra.

- D'accord mais pas longtemps. Mon patron ne sera pas content si je m'amuse pendant que je travaille.

- Oui !

Le moine s'installa derrière le piano dans un coin de la pièce et se mit à jouer une mélodie que Mai reconnut aussitôt. Il s'agissait d'une chanson populaire qui passait souvent à la radio ces derniers temps. Mai attendit sagement qu'il ait terminé profitant de ce moment de légèreté. Lorsqu'ils s'éloignèrent du groupe de filles, Mai lança une œillade moqueuse à Bou-san.

- Je ne savais pas que tu jouais aussi du piano.

- Tu ne sais pas tout de moi, jeune fille, lui répondit le moine avec un clin d'œil.

- En tout cas, je sais que tu aimes bien fanfaronner !

Il lui lança un regard outré.

- Depuis quand tu connais ce mot ? C'est bien la première fois que je t'entends dire ça, rétorqua-t-il avec un sourire.

- J'étudie à l'école. Qu'est-ce que tu crois ?

Ils s'arrêtèrent d'un coup dans le couloir. Mai lança un regard interrogatif à Bou-san.

- L'église, répondit simplement ce dernier.

Une porte de la même couleur que les autres se tenait devant eux, à ceci près qu'il y avait à côté une plaque en marbre à hauteur de yeux de Mai. La plaque indiquait l'année de construction et le nom de la fondatrice du bâtiment. C'était certainement dessus que les chiffres romains apparaissaient lorsque les élèves recevaient leur fameuse mission du jeu de la reine de cœur. Le moine actionna la poignée et la porte pivota sur ses gonds. Les deux comparses pénétrèrent dans le lieu de culte. Mai ressentit aussitôt la froideur de la pierre qui bâtissait ses murs et l'humidité. Il y avait peu de luminosité étant donné que la lumière naturelle ne pouvait entrer que par deux vitraux situés dans le mur bien au-dessus de leur tête. Devant elle s'étendait des rangées de bancs face à l'autel dédié. Automatiquement, le regard de Mai dévia directement sur le premier rang. Mais il n'y avait pas la supposée mère de Madame Nadeshiko. Bou-san avait parcouru le chemin entre les rangées de bancs et se tenait devant l'autel. Mai vit son ami observer les statuts et le très grand orgue derrière qui avait été remplacé rapidement d'après les dires de la directrice qui était passé les voir juste après le repas de midi. Il y avait un étage que l'on pouvait gravir afin d'atteindre l'orgue en question. L'accès devait se faire par l'une des portes de chaque côté des rangées. Un écriteau interdisaient son accès.

Mai rebroussa chemin. Elle entendit les pas du moine la suivre. Avant de sortir, elle vit la caméra que ses collègues avaient installés quelques instant plus tôt.

- A chaque fois que j'entre dans une église, je me sens plus apaisé, déclara Bou-san en sortant de celle-ci.

Celui-ci adressa un sourire au moine.

- Vous avez fini d'installer les caméras ? Demanda Mai.

- Nous venons de terminer, répondit John.

- Nous aussi.

- Vous avez mis une caméra devant la fameuse porte rouge ? Questionna Bou-san.

John hocha la tête.

- Où est-elle ? demanda Mai, curieuse.

- Au dernier étage, répondit John.

- Elle est vraiment rouge en fait, dit Ayako alors qu'il remontait le couloir.

- Parce que tu croyais qu'elle serait bleue, la taquina le moine.

- Crétin ! Je ne pensais pas qu'elle serait rouge criard comme ça, rétorqua Ayako.

- Comme tes cheveux ?

Mai n'entendit pas la suite puisqu'elle prit John par le bras.

- Ne les attendons pas. Allons-y !

John rit. Ils montèrent l'escalier jusqu'au dernier étage. Une grande mezzanine surplombant le palier du dessous les plongèrent dans une toute autre atmosphère. Le calme avait remplacé l'agitation de l'école en récréation des étages en-dessous. John passa devant la caméra qui filmait un couloir. En effet, la mezzanine était un entonnoir qui se terminait en un petit corridor sombre. En avançant, la jeune fille aperçut la porte couleur bordeaux au fond dans la pénombre. La lumière s'alluma et la véritable couleur de la porte se révéla sous ses yeux, qui devint plus vive. A cet instant, ses souvenirs la ramenèrent un an avant dans la maison abandonnée à côté de celle de la grand-mère de Mitsuru. Néanmoins, elle pressentait qu'il y avait quelque chose de beaucoup plus dangereux derrière.

La voix d'Ayako lui parvint et les souvenirs s'évaporèrent. Le bois craqua sous le poids de Bou-san et Ayako silencieux lorsqu'ils pénétrèrent dans le couloir. Mais ce silence fut de courte durée. Ils se disputèrent encore après une réflexion sur le bruit du bois et du poids de la jeune femme. Mai et John les laissèrent seuls en descendant les premiers mais ils les rejoignirent bien vite, cette fois silencieux.

Sur le chemin, ils croisèrent Nana qui leur parla de Madame Nadeshiko qu'elle semblait porter en grande estime. Mai vit ses traits dur se radoucir. D'après la surveillante, Emi Nagasawa avait hérité de sa famille une grande fortune qu'elle n'avait pas hésité à partager avec beaucoup d'œuvres caritatives. Mais elle n'avait pas seulement hérité puisqu'elle avait travaillé toute sa vie en gérant une entreprise de construction et de minerais. Puis, un groupe d'élèves se greffèrent à la conversation dont la petite blonde de la matinée qui vint agrémenter la discussion d'anecdotes. Mai discuta un peu avec cette dernière. Elle s'appelait Chloé et venait d'Australie comme John. Elle était la seule élève étrangère de l'école puisqu'elle était très sélective, notamment sur les notions de japonais. Elle finit par leur proposer de jouer à un jeu avec ses amies mais les membres de la SPR déclinèrent, préférant rejoindre la base.

En entrant, ils virent Masako assise sur une chaise, au bord du malaise. Lin lui donna un verre d'eau qu'elle but lentement.

- Quelque chose ne va pas ? Demanda aussitôt Ayako.

La médium s'épongea le front avec un mouchoir en tissu.

- Je ressens la présence d'un esprit mais de façon lointaine mais ce qu'il dégage me rend malade.

Mai et Bou-san échangèrent un regard d'inquiétude. La nuit arriva et Masako ne se sentait toujours pas mieux. Elle finit par se coucher. Quelques heures plus tard face à l'absence de manifestations, Mai l'imita ainsi qu'Ayako, John et Bou-san.

Dès qu'elle posa la tête sur l'oreiller, Mai s'endormit aussitôt malgré l'inconfort du matelas très fin. Elle commença par rêver de son lycée et de son professeur de Mathématiques qui lui donnait un zéro au dernier devoir qu'elle lui avait rendu. Cela la réveilla en sursaut. Ses contrôles devaient avoir lieu dans les deux prochaines semaines ce qui l'inquiétait un peu, étant donné qu'elle ne pouvait pas vraiment réviser durant l'enquête. Néanmoins, elle avait eu une semaine de repos qui lui avait permit de bien avancer dans ses cours. Ce fut sur cette pensée qu'elle se rendormit.

Puis un autre rêve. Mais différent. Elle se força à se concentrer sur les éléments importants comme le lui avait dit de faire son patron. Mais autour d'elle, il n'y avait que du brouillard épais. Et elle avait froid. Vraiment froid. Une brise venait lui créer de la chair de poule sur ses bras.

Mai tourna la tête. La fenêtre de la chambre était entre ouverte et donnait directement sur elle. La jeune fille soupira puis elle se leva pour la fermer. Elle se rendormit pour la troisième fois.

Jour 3 – Day 3

Au réveil, elle entendit un bruit sourd puis la voix chantante d'Ayako émergea du lit au-dessus d'elle. Elle la vit descendre l'échelle en se tenant la tête. Mai se retint de rire. Son amie voulut l'en dissuader avec un regard noir mais cela accentua l'envie de rire de la jeune fille qui se cacha sous la couverture. La rouquine marmonna dans sa barbe avant de quitter la pièce. Mai finit par tirer la couverture. Son regard se posa sur les lattes du lit au-dessus d'elle. Mais ses pensées l'amenaient vers un autre endroit que le lieu dans lequel elle se trouvait. Ses contrôles lui prenaient la tête. Mai se redressa d'un coup. Puis elle se rappela que Masako ne se sentait pas bien la veille. Celle-ci dormait toujours dans le lit en face du sien. Or, sa montre indiquait neuf heures passés. Elle avait dormi plus de onze heures de suite, ce qui n'était pas dans ses habitudes.

Mai se leva et s'approcha de son amie. Elle lui secoua doucement l'épaule. Une ou deux secondes passèrent sans que Masako n'ait de réaction. Mai réitéra. La médium fronça les sourcils puis ouvrit les yeux.

- Comment tu te sens ? Demanda Mai.

Masako posa une main sur ses yeux. Comme elle resta dans cette position et que Mai ne sût que faire, elle lui demanda la première chose à laquelle elle pensa.

- Tu veux que je t'apporte un verre d'eau ?

Elle hocha la tête. Mai se leva. Lorsqu'elle entra dans la base, les autres étaient déjà tous là.

- Bonjour tout le monde !

Mai remplit un verre d'eau puis retourna dans la chambre.

- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda Bou-san.

- C'est pour Masako.

- Elle ne se sent toujours pas mieux ? demanda John.

Les autres se tournèrent tous vers elle pour savoir sa réponse.

- Pas vraiment. Je vais voir si elle veut manger quelque chose dans la chambre.

Mais Masako se leva après avoir bu l'eau. Elle n'avait pas l'air vaillante néanmoins elle tenait sur ses jambes. Et la SPR se mit d'accord pour qu'elle reste dans la base. Après le petit-déjeuner, les membres de l'équipe s'installèrent sur les chaises autour d'une petite table et attendirent les instructions du patron. Ayako se laissa tomber lourdement sur le siège à côté de Mai en se tenant le dos.

- Le matelas du lit est tellement inconfortable, râla-t-elle.

- Je croyais que tu avais mal à la tête, sourit Mai, ce qui lui attira les foudres de la rouquine.

- Pas facile de dormir quand on dort dans un lit tout mou. Et ne parlons même pas de Mai qui n'arrêtait pas de gigoter dans le sien. Ne me dis pas que tu as bien dormi. Tu mentirais.

Naru tiqua et la regarda aussitôt. Mai anticipa sa question.

- Je n'ai pas fait de rêve qui pourrait nous donner des indices.

- Eh ! Tu pourrais me répondre quand même, s'insurgea Ayako.

- Arrête de râler ! dirent Mai et Masako en même temps.

Le silence se fit immédiatement. Même les deux jeunes filles se jetèrent un regard surprises d'être sur la même longueur d'onde. C'était tellement rare. Ayako marmonna dans sa barbe une nouvelle fois mais au moins elle arrêta de râler.

Naru envoya Bou-san, John et Ayako inspecter les foyers identifiés par les mouvements et les nombreux bruits de la nuit – ceux dans lesquels les élèves avaient trouvé la mort. Quant à Mai et Masako, elles restaient dans la base pendant que Lin avait rendez-vous avec le gardien qui s'occupait de l'entretien de l'église et du cimetière de la ville et que Naru passait un entretien téléphonique avec quelqu'un d'important en Grande-Bretagne. Au bout de quelques minutes, la médium déclara préférer se recoucher. Ainsi, Mai se retrouva seule dans la pièce en train d'éplucher les rapports d'enquête de la police sur la mort des quatre élèves de l'école. Bien sûr, il n'était pas en intégralité puisqu'ils n'avaient pas les droits. En tout cas, ils avaient la conclusion que la police n'avait aucun coupable et qu'il ne s'agissait pas de suicide.

Soudain, la porte d'entrée s'ouvrit, faisant sursauter Mai au passage. Naru pénétra dans la pièce.

- Où est Masako ?

- Elle est partie s'allonger, répondit Mai, avec une pointe d'inquiétude. Si cela s'aggrave, peut-être qu'il faudra la ramener chez elle ...

Naru hocha la tête. Un silence pesant s'installa dans la pièce. Puis, le jeune homme s'assit devant son ordinateur et se remit immédiatement au travail tout comme Mai retourna à sa lecture.

Une demi-heure ou plus passa. Masako était toujours dans la chambre et Naru tapait inlassablement sur son clavier. Mai leva le nez de ses papiers et bailla. Le haut de son dos lui fait mal à force d'être dans la même position. Elle délassa son cou et ses épaules en faisant des petits exercices d'étirement.

Au bout d'un moment, Mai entendit frapper à la porte et alla ouvrir. Ses sourcils se froncèrent lorsqu'elle constata qu'il n'y avait personne sur le seuil. Elle pensa à une farce alors elle regarda de chaque côté. Le silence régnait dans le couloir. La jeune fille ferma la porte.

Toc toc toc

Naru et Mai se retournèrent dans un même mouvement vers la fenêtre. Il faisait jour dehors et personne n'était derrière la fenêtre. Ils se levèrent lentement et Naru fit signe à la jeune fille de le rejoindre. Le bruit reprit et se propagea partout, donnant l'impression que plusieurs personnes tapaient contre les murs, le plafond et le sol sans interruption. Quelque chose attira l'œil de Mai qui se frotta les yeux pour être certaine de ce qu'elle voyait. Une ombre prenait la forme d'une très longue silhouette sur le mur à côté de la fenêtre. La tête de l'ombre atteignait désormais le plafond alors que les pieds étaient au niveau du sol. La jeune fille la montra à Naru. Mais celui-ci la regardait déjà et esquissait un pas en avant.

- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-elle, horrifiée.

A ce moment-là, la fenêtre se fissura lentement sous leurs yeux. Mai tira sur le bras de son patron pour l'éloigner du danger. La vitre se brisa alors qu'un boucan infernal régnait dans la base. Mai entendit le bois des murs craquer et crut que le plafond allait lui tomber sur la tête. Elle et son patron se réfugièrent au centre de la pièce, évitant les débris de verre par terre. Soudain, la porte s'ouvrît, mettant fin au phénomène paranormal.

- Nous avons manqué quelques chose ? demanda Bou-san en regardant Mai agripper le bras de Naru.

La jeune fille lui lâcha le bras et s'effondra sur la chaise la plus près.

- Ça va ? Demanda John.

- Oui, vous avez manqué quelque chose, répondit Naru. L'esprit n'a pas l'air content de notre présence.

Mai raconta au moine et au prêtre ce qui venait de se passer, les laissant pantois. Peu après, Ayako, Masako et Lin les rejoignirent pour leur raconter aussi leur mésaventure. En effet, lorsque le chinois était revenu dans l'école, il avait retrouvé Ayako et Masako dans le couloir de l'entrée. Sauf que peu de temps après, tous les objets autour d'eux étaient tous tombé en même temps, créant une grande pagaille dans le couloir. Masako avait sentit l'esprit de l'école très en colère. Elle sentait qu'il n'allait pas les laisser tranquille.

Et effectivement, les choses ne s'arrêtèrent pas là. Peu avant le repas de midi, des élèves vinrent les chercher pour leur demander leur aide. Néanmoins, seules Ayako, Mai et Masako purent intervenir car les élèves avaient constaté quelque chose d'étrange avec le miroir qui se trouvait dans les toilettes du troisième étage. Lorsque Mai entra, il y avait déjà Nana et deux élèves terrorisées. La surveillante les fit sortir avant de fermer la porte derrière elle.

- Il semblerait qu'une élève s'est sentie mal après s'être regardé dans le miroir, expliqua Nana. Les autres ont toutes vu leur visage leur sourire et une ombre très sombre apparaître derrière elle.

Mai regarda son reflet. Une impression désagréable s'empara d'elle. En effet, il était différent de la réalité mais elle n'aurait su dire qu'elle était la différence. Nana toucha le miroir mais rien ne se passa.

- C'est bizarre ...

Le regard de Mai retourna à son propre reflet. Celui-ci lui souriait. Elle eut un mouvement de recul lorsqu'elle se vit lever la main vers elle-même. Le reflet des autres avait disparu.

- Ne fais rien, l'avertit Masako.

Cette dernière lui prit le bras. Mai ne s'était pas rendu compte qu'elle tendait elle-même la main. Les autres la regardaient avec effarement.

- Il faut faire quelque chose, dit Nana, avec autorité.

Ayako se plaça devant le miroir mais Mai vit son reflet revenir à la normale.

- Elle est partie, fit Masako qui tenait encore le bras de la jeune fille.

Nana souffla de soulagement. Une fois à l'extérieur, les élèves les observèrent en silence avec inquiétude. Les autres membres de la SPR faisaient de même derrière elle.

- C'est réglé, déclara Nana.

Aussitôt, l'ambiance changea. Le visage des élèves s'éclaira puis elles applaudirent en criant de joie. En même temps, certaines d'entre elle les mitraillèrent de questions.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Vous avez vu un esprit ?

- Vous n'êtes pas blessé ? Et le miroir ?

- Tu vois les esprits comme les médiums ? demanda l'une d'elles à Masako.

Celle-ci gardait sa manche devant elle.

- Je suis médium.

Mai vit Chloé parler avec Naru. Elle le collait et ne faisait que s'adresser à lui. La jeune fille fronça les sourcils.

- Une autre soupirante de ce cher Naru, soupira théâtralement Ayako, s'attirant les regards noirs de Mai et de Masako.

Elle éclata de rire.

- Toi, tu veux vraiment t'attirer des ennuis, sourit Bou-san.

Ayako lui répondit par une autre blague que Mai n'entendit pas mais leurs rires résonnèrent dans les couloirs.