Chapitre 26 : Mai qui rit, Mai qui pleure

Jour 6 – Day 6

L'ambiance était toujours tendue dans l'école surtout depuis la dispute de deux professeurs dont avait été témoin l'école entière. Aucun membre de la SPR n'avait été présent mais certaines élèves leur avaient rapporté les faits. D'après elles, ces deux professeurs étaient liés par le mot de Madame Nadeshiko : « La vérité éclatera ». En effet, cela concernait les professeurs de science, Madame Hanajome Wakana, et d'histoire, Monsieur Daisuki Hideo, qui avaient une relation secrète. Le scandale avait éclaté, d'autant plus que la professeur de science était toujours mariée. La directrice était intervenue et depuis personne n'avait revu les deux professeurs qui les avait sans doute renvoyés. Cette histoire avait provoqué une vague d'effroi parmi les élèves. Mai avait remarqué que les élèves étaient devenues méfiantes entre elles. Et dans ce climat électrique, les deux surveillantes tempéraient tant bien que mal cette situation et tentaient d'apaiser les conflits lorsqu'ils apparaissaient. Mai en avait été témoin à plusieurs reprises.

Mais elle aussi avait de quoi être de mauvaise humeur puisque les membres qui la suivaient depuis le début de la matinée n'arrêtaient pas de se disputer. Ils commençaient à la fatiguer, à tel point que la jeune fille songeait à prendre ses jambes à son cou à chaque intersection de couloir. Mais il n'en était pas question puisque Naru les avait missionnés pour changer les batteries des caméras et veillait au grain. Si elles tombaient en rade, les trois amis avaient de grandes chances de ne pas y survivre.

Mai changea la batterie de l'avant-dernière caméra qui se situait dans un couloir. Soudain, elle se rendit compte qu'elle n'entendait plus la conversation houleuse de ses deux comparses. Elle ressentit aussitôt un soulagement mais elle devait les retrouver. La sonnerie retentit à ce moment-là et les élèves sortirent de leur classe. La jeune fille balaya le couloir du regard mais elle ne capta que le regard de Chloé qui la héla.

- Comment vas-tu ? Demanda Mai.

La blonde lui sourit.

- Je vais bien contrairement à beaucoup d'entre nous. Mais je sais que vous êtes là et cela me réconforte.

- C'est gentil.

Quelqu'un appela Chloé.

- Je dois y aller. A tout à l'heure.

L'australienne lui fit un signe de la main et disparut dans la foule. Son regard s'y perdit alors que des souvenirs de son rêve lui revint.

- Mai.

Les invités discutaient entre eux et quelques-uns dansaient sur des airs joués par un orchestre.

- Mai !

Une main se posa sur son épaule. Ayako fit une moue désolée.

- Pardon. On t'a perdu.

- Tu veux dire que TU l'as perdu de vue, répliqua la voix de Bou-san.

- Oh non, s'il vous plaît, se plaignit Mai.

- Il ne reste plus que la caméra au dernier étage, dit le moine, content que cette tâche soit bientôt terminée en apparaissant à côté de la jeune fille.

Cette dernière était contente elle aussi mais pas pour les mêmes raisons. Leurs chamailleries allaient enfin cesser puisqu'en présence de Naru, ils n'osaient plus se disputer (ayant déjà tenté l'expérience la veille au soir). Les trois membres de la SPR traversèrent la marée d'élèves pour rejoindre l'escalier. Une fois arrivée tout en haut, Mai entreprit de changer la batterie de la caméra face au couloir qui menait à la chambre de Madame Nadeshiko. Mais elle remarqua aussitôt que la température avait chuté.

- Il fait froid ici, releva-t-elle.

- Oui, c'est vrai qu'il caille, répondit Bou-san en se frottant les bras.

- Bon sang, mais que se passe-t-il ici ? demanda Ayako en se dirigeant automatiquement vers le petit couloir.

Mai et Bou-san la suivirent jusqu'à la porte rouge. La température y était encore plus basse. La jeune fille n'avait pas pensé à prendre un thermomètre. Ayako actionna la poignée. Ils restèrent encore quelques minutes devant cette porte hermétiquement close en se questionnant puis Mai retourna auprès de la caméra qui s'était malheureusement éteinte. Il y en avait un qui n'allait pas être content. Une fois la batterie changée, Mai et les autres commencèrent à descendre les marches. Bou-san et Ayako marchaient devant et parlaient d'une prêtresse qui avait réussi à purifier cinq-neuf esprits en même temps. Le moine dubitatif la contredit.

Mais un bruit stoppa net la jeune fille. Elle tendit l'oreille sans se retourner. L'on aurait que quelqu'un frappait contre la porte rouge. Mai rebroussa chemin, néanmoins le bruit avait cessé lorsqu'elle arriva sur le palier. Elle fut surprise de voir la lumière du couloir allumée alors qu'elle était certaine de l'avoir éteinte avant de partir. Mai s'approcha doucement. La lumière vacilla à plusieurs reprises alors qu'elle traversait le petit couloir. Elle s'arrêta devant la panneau de bois rouge. Rien ne se passa. La voix d'Ayako qui l'appelait lui parvint.

- Je suis là ! Lui cria-t-elle.

La poignée de la porte s'abaissa soudainement la faisant reculer.

- Mais qu'est-ce que tu fais ? Demanda Ayako à l'autre bout du couloir.

Mai vit les yeux de son amie s'écarquiller alors qu'elle regardait derrière elle. Le grincement des gonds la fit se retourner. Face à la porte ouverte, la jeune fille ressentit du soulagement parce qu'elle allait enfin satisfaire sa curiosité. Mais la pièce était plongée dans l'obscurité la plus totale.

- N'y va pas !

Même si l'intonation de la voix était autoritaire, Mai ne put s'empêcher de s'approcher. Elle était si près du but qu'elle n'avait aucune envie de faire machine arrière. Sans vraiment se rendre compte de ce qu'elle faisait, elle posa une main sur la porte. Le contact aurait dû la surprendre puisqu'elle ressentit des vibrations étranges. Alors qu'elle allait franchir le seuil, Mai sentit des mains la tirer en arrière. Elle ressentit une vive colère et la porte claqua violemment juste devant elle. La lumière s'éteignit.

- Bon sang, Mai. Quand est-ce que tu vas m'écouter ? Fit la voix de Naru dans son dos.

Hébétée, elle se détacha de ses bras en le regardant lui crier dessus. Puis son regard revint vers la porte. Un frisson lui parcourut l'échine. Ces portes closes allaient vraiment la rendre chèvre. Après avoir été sermonnée par son patron, Mai fut assignée à la base jusqu'à nouvel ordre. Mais la jeune fille s'ennuyait ferme avec pour seule compagnie Lin qui tapait sur le clavier de son ordinateur sans discontinuer. Comme à chaque fois dans cette situation, la jeune fille finit par s'endormir. Elle rouvrit les yeux lorsqu'elle entendit quelqu'un toquer à la porte. Elle alla ouvrir, apparu alors sur le pas de la porte un agent de police. Celui-ci s'éclaircit la voix, visiblement mal à l'aise.

- Bonjour, je viens chercher Monsieur Shibuya et ses employés de la part de mon supérieur qui vous attend dans la salle de réunion numéro deux.

Une fois tous les membres de la SPR rassemblés, ils rejoignirent le point de rendez-vous indiqué par le policier qui était une salle de réunion au niveau de l'administration. Mai remarqua aussitôt la directrice et les deux surveillantes assises au fond de la pièce. Elles parlaient tout bas et pleuraient à chaudes larmes. Les autres s'installèrent sur les chaises autour d'elles mais Mai était trop loin d'elles pour écouter ce qu'elles disaient. Lorsque tout le monde fut réuni – même les professeurs d'histoire et de science étaient présents – les policiers entrèrent à leur tour dans la pièce. Mai aperçut les mines graves de certains contre ceux qui gardaient un visage impassible. Le mauvais pressentiment qui avait pointé le bout de son nez lorsque le policier était venu les chercher dans la base se confirma lorsque le chef de la police prit la parole.

- Bonjour à tous, commença-t-il. Je pense que vous savez déjà pourquoi nous sommes ici. Madame Kantoku m'a demandé de vous annoncer la nouvelle.

Il y eut un silence.

- Les analyses démontrent que le sang retrouvé dans le bureau de Madame Kantoku est bien celui de Madame Ai Nagase.

Il laissa un temps pour que son auditoire ait digéré l'information.

- Je vais vous paraître dur en vous révélant cela mais tout porte à croire que votre collègue est décédé suite à sa disparition au vue de la quantité de sang retrouvé.

A ce moment-là, il y eut un grand brouhaha. Tout le monde parlait en même temps. Mai vit des gens pleurer et d'autres crier. Elle entendit l'inquiétude des professeurs à l'égard des élèves. « Comment va-t-on leur annoncer cela ? » ou encore « Qu'est-ce qui va leur arriver ? Doit-on les renvoyer chez elles ? ». Le policier fut sensible à cela. Il attendit que le calme soit revenu.

- Nous avons convenu avec la directrice de renvoyer les élèves chez elles dès que possible. Par ailleurs, il serait préférable d'évacuer totalement l'école afin de laisser libre d'enquête à la SPR et à nous-même.

Naru hocha la tête lorsque le policier croisa son regard. Le policier répondit aux différentes questions de tout le monde puis finit par prendre congés avec ses collègues. Il fut convenu que les élèves partiraient après le repas de midi. Les parents furent appelés avant le repas, ce qui n'était pas une mince affaire. Beaucoup s'insurgèrent sur la situation mais ils étaient soulagés de récupérer leur enfant rapidement ET sain et sauf.

La directrice rapatria toutes les élèves dans le réfectoire alors qu'elles étaient livrées à leur sort pendant que les professeurs avaient quitté précipitamment les salles de classe. Les pauvres jeunes filles accueillir difficilement l'annonce de la probable mort de leur surveillante et qu'elles devaient rentrer chez elles le plus rapidement possible en ayant en tête la possibilité que cette école ne rouvrirait plus jamais.

Après le repas de midi, les adieux avec les élèves furent déchirants. Au fur et à mesure de l'après-midi, les élèves partirent par petits groupes par bus qui les emmenaient vers toutes les régions du pays. Pour Chloé, il fallut lui prendre un billet d'avion et l'emmener à l'aéroport. L'une des professeurs s'en chargea. Avant de partir, elle vint vers la SPR pour leur adresser ses adieux. Elle s'attarda davantage sur Naru qui se montra compréhensif sous le regard de Mai.

A la fin de la journée, il ne resta plus que les deux surveillantes, la directrice, la SPR et quelques agents de police. Ils partagèrent un repas que les cuisiniers leurs avaient gentiment préparé avant de partir. La conversation n'était pas joyeuse mais tout le monde parlait. Même Naru et Lin échangeaient avec le chef de la police qui effectuait le premier tour de garde.

La SPR et la police mirent au point leur organisation conjointe puis John et Mai retournèrent dans la base. Mai proposa une tasse de thé à John. Après tout, la journée avait été éprouvante. Alors que l'eau chauffait, Mai entendit quelqu'un toquer à la porte. Elle échangea un regard avec son ami avant d'ouvrir la porte et de tomber sur une personne bien vivante.

- Je suis venue vous dire au revoir une dernière fois, dit Kyoko dont la voix se cassa à la fin de sa phrase.

Ses yeux étaient rouges et cernés. Mai la fit entrer et lui proposa de s'asseoir pour prendre une tasse de thé avec eux.

- Je ne peux pas. Le bus m'attend.

Mai la vit se triturer les mains en regardant le sol. Elle s'approcha de la surveillante qui leva la tête vers elle. Leurs yeux se croisèrent un instant puis Kyoko éclata en sanglots.

- Je suis désolée ... Je ... J... Balbutia-t-elle entre deux hoquets.

- C'est tout à fait normal de se sentir triste dans cette situation. Et puis cela fait du bien de pleurer, dit la voix douce de John.

Mai réduit la distance qui la séparait de Kyoko et vint la prendre dans ses bras. La surveillante lui rendit son étreinte. Au bout d'un moment, la jeune fille entendit la porte s'ouvrir. Des pas pénétrèrent dans la pièce tandis que des voix poursuivaient leur conversation. La surveillante échappa un sanglot et les voix s'interrompirent. Par-dessus l'épaule de Kyoko, Mai aperçut Lin et Naru qui les observaient. Lin ferma la porte aussi discrètement possible.

Kyoko recula et essuya ses larmes avec un mouchoir en tissus qu'elle sortit de son manteau. Un sourire triste vint étirer ses lèvres. Elle inclina la tête respectueusement lorsqu'elle vit les deux hommes qui venaient d'entrer.

- En tout cas, je vous remercie de tout ce que vous faites, ainsi que pour votre gentillesse. J'espère vous revoir dans d'autres circonstances, fit Kyoko. Tu m'enverras de vos nouvelles ? demanda-t-elle en s'adressant à John.

- Bien sûr !

Un sourire vint éclairer son visage.

- Au revoir alors, dit-elle en disparaissant dans le couloir.

L'eau se mit à bouillir. Mai retourna auprès de la bouilloire et versa l'eau dans quatre tasses. John sortit la boite de thé en vrac mais il poussa un cri de surprise. Les autres se tournèrent vers lui. Le prêtre leur montra la boite vide. A son tour, Mai poussa un cri de surprise. Les sourcils de Naru se froncèrent alors qu'il croisait les bras.

- Qui a bu tout le thé ? Demanda bêtement John.

- Je pense qu'il s'est renversé dans le sac, répondit Lin.

Mai se tourna dans la direction qu'il désignait. En effet, le thé était éparpillé dans un sac noir et sur le sol. La jeune fille déglutit. Ledit sac était celui de Naru. Elle se tourna lentement vers lui. Ce dernier avait l'air vraiment énervé. Pourtant, Mai se souvenait d'avoir bien fermé la boite la dernière fois qu'elle l'avait utilisé et bien rangé dans le sac en plastique qu'elle avait récupéré dans le van. Naru continuait de la fixer avec un regard accusateur, presque assassin.

- Je ne comprends pas. Je ne l'ai pas rangé ici pourtant, bredouilla Mai.

Le silence tomba pendant quelques instants. Mai se pencha pour ramasser le sac de Naru dont elle retira ses précieuses affaires pour mettre le thé à la poubelle.

- Si ce n'est pas toi, alors qui est-ce ? fit John.

Le silence retomba puis Mai vit les regards de Lin et John se poser sur Naru. Celui-ci leva un sourcil inquisiteur. Lin lui rafraîchit la mémoire.

- Hier soir, tu t'en aies servi.

Naru eut l'air surpris. Il y eut un moment de latence puis le jeune patron arracha le balai des mains de Mai et leur tourna le dos pour nettoyer les bêtises qu'il avait fait. Mai fut tellement surprise qu'elle eut un mouvement de recul. John et elle échangèrent un regard puis la jeune fille éclata de rire. Seulement elle n'arrivait plus à s'arrêter. Les larmes vinrent rouler sur ses joues alors qu'elle était pliée en deux. Elle ne vit pas Naru qui s'était retourné et dont la colère froide menaçait d'éclater elle aussi. John prit le parti de calmer les choses.

- Je pense que tu ... commença-t-il.

Mais le rire de Mai redoubla lorsqu'elle repensa à la tête que son patron avait faite. Ce dernier n'appréciant pas qu'elle se moque de lui, se releva en la fusillant du regard.

- Si tu continues, tu ne seras pas payé le mois prochain.

Cela eut l'effet escompté puisqu'elle s'arrêta net de rire. Mai l'observa verser le reste du thé dans la poubelle puis elle prit une grande inspiration et le regarda droit dans les yeux. Mais son hilarité reprit le dessus et elle hurla presque de rire en se tordant en avant. Dans son élan, elle manqua de tomber. Naru la rattrapa. Pour autant, la jeune fille ne cessa de rire.

- Eh ! Ne prenez pas de photos ! fit la voix du jeune homme en colère.

Mai se calma assez pour voir qu'Ayako et Bou-san étaient entré dans la pièce et que le moine tenait un appareil photo dans ses mains. Les deux souriaient face à l'hilarité de Mai.

- C'est décidé. Tu ne seras pas payé le mois prochain.

- Mais ... Juste pour ça ? couina Mai en essuyant ses yeux.

- Oui. Juste pour ça, répondit son patron avec froideur en appuyant sur le mot « juste ».

Tandis que Mai protestait, Ayako se tourna vers Lin et John.

- Qu'est-ce qui la met de si bonne humeur ? demanda-t-elle, amusée.

Mai entendit la question et se retourna pour répondre.

- Tu ne devineras jamais, commença-t-elle avec un grand sourire.

Mais elle ne put continuer puisque quelque chose la fit taire. Son patron venait de lui mettre une brioche dans la bouche. Mai croqua de bon cœur dedans en lançant un regard amusé au jeune homme.

- Tu vas finir par être renvoyé et tu vas moins rigoler.

- Quelle mauvaise foi, intervint Bou-san. Pour une fois qu'on te voit faire une erreur.

Mai hocha la tête vigoureusement.

- Vous aussi, vous ne serez pas payé le moins prochain, répliqua Naru avec un regard noir.

John tenta à nouveau d'apaiser la situation.

- Peut-être devrions nous commencer les tours de garde ? proposa-t-il.

- C'est une très bonne idée, répondit Naru. Mai et Bou-san, vous commencez.

- Je croyais que je ne devais pas sortir de la base jusqu'à nouvel ordre, objecta Mai.

- Et bien voilà c'est fini. Le nouvel ordre est donné, répliqua Naru en s'asseyant devant son ordinateur, leur tournant ainsi le dos.

Mai n'avait plus du tout envie de rire, revenue brusquement à la réalité à cause de son rabat-joie de patron. Son soupire attira son attention. Il fut totalement insensible à la mine boudeuse de la jeune fille.

- Dépêchez-vous. Nous sommes déjà en retard sur les horaires.

En effet, il était vingt-et-une heure trente-deux. Ils devaient être partie depuis une demi-heure. Bou-san posa une main sur l'épaule de la jeune fille.

- Allons-y !

Mai mordit dans la brioche qu'elle tenait encore dans ses mains.

- C'est dommage, j'avais bien envie d'un thé.

La porte fermé, Mai savait quand même que son parton l'avait entendu. Le moine éclata de rire.

- Tu n'as vraiment pas peur de te faire virer, dit-il en lui ébouriffant les cheveux.

Le tour de garde se déroula sans encombre. Les policiers qu'ils croisèrent les saluèrent gentiment et discutèrent un petit moment avant de partir de leur côté. Au fur et à mesure, Mai sentit une grosse fatigue peser sur elle et avait hâte de retourner dans la base pour dormir. Lorsqu'ils arrivèrent, Mai fut étonné de ne trouver que Lin et John. Bou-san la devança.

- Où sont les autres ?

- Ayako dort et Naru est parti chercher un livre dans la chambre, répondit le prêtre australien.

Mai s'étira en baillant.

- Je crois que je vais aller dormir, moi aussi.

- Tu as bien raison, répondit John.

- Bonne nuit.

Les autres lui répondirent puis elle partit en direction des chambres. Dans le petit couloir, elle croisa Naru qui sortait de la sienne. Celui-ci ne lui accorda pas un regard. Dans un élan qu'elle ne comprit pas, Mai lui attrapa le bras et sortit la première chose qu'elle pensa.

- Je veux ouvrir cette porte, murmura-t-elle. Découvrir la vérité.

Le regard de Naru se posa sur elle.

- J'y travaille figure-toi, rétorqua-t-il, visiblement toujours en colère.

- Je sais, dit Mai alors qu'elle lui aurait bien répondu qu'elle aussi elle y travaillait. Bonne nuit.

Il se détourna simplement d'elle en silence.

- Nous y sommes presque, dit-il sans la regarder avant de s'éloigner.

Lorsqu'elle posa la tête sur l'oreiller, Mai poussa un soupir. Les évènements de la journée lui revenaient en tête en boucle. Les minutes se transformèrent en heures alors qu'elle n'arrivait pas à trouver le sommeil.