Il se peut que quelques fautes m'aient échappée, alors surtout n'hésitez pas si jamais l'une d'elles vous saute aux yeux !
Sur ce, bonne lecture !
Stiles ouvrit la porte dès qu'il entendit la sonnette. Cela faisait pratiquement une heure qu'il attendait le livreur de son restaurant thaï préféré et il avait désormais tellement faim qu'il était prêt à mettre son chat au four. Le même livreur asiatique que d'habitude tendit à Stiles son énorme commande tout en lui offrant un sourire étincelant.
« Votre commande, M. Stilinski. Et votre courrier était tombé sur votre paillasson.
-Merci, Kevin, répondit-il en se saisissant du sac rempli de boîtes et des deux lettres qu'il lui tendait. Il fila à l'intérieur pour tout poser sur la table de la cuisine puis revint pour régler sa commande.
-Vous ne l'ouvrez pas ? Demanda-t-il à Stiles. C'est peut-être important.
-Ouais, soupira Stiles en sortant son portefeuilles. Tout aussi important que les deux dernières. La première venait de mon médecin. Qui me disait que je ne pouvais plus travailler pour la NSA à cause de mon syndrome post-traumatique. La seconde venait de mon petit-copain qui refusait de sortir avec un cinglé sans emploi.
-Mince, c'est pas de chance, répondit Kevin, compatissant. Mais mon grand-père disait toujours qu'il ne pleuvait pas tous les jours. Celle-ci apporte de bonnes nouvelles, donnez-la moi. Je parie votre déjeuner.
-D'accord, acquiesça Stiles, choisissant l'une des lettres posées sur la table de la cuisine pour la lui tendre.
-Allez ! Kevin tendit les mains avec impatience pour se saisir de la lettre et la lui arracha des mains. Il s'empressa d'en déchirer l'enveloppe et lut la lettre à voix haute : Vous êtes licencié !
Le sourire sur le visage du jeune homme se figea, mais Stiles se contenta de lever les yeux au ciel d'un air indifférent. Il savait qu'il ne pourrait garder son boulot vu l'état dans lequel se trouvait son taxi, et ce peu importe depuis quand lui et Danny se connaissaient.
-Je suis désolé, ajouta le livreur, et la compassion que le jeune homme lui témoignait commença à agacer Stiles.
Il récupéra la lettre et y jeta un coup d'œil, alors que son téléphone se mettait à sonner.
-Bon, au moins j'ai un repas gratuit.
-Bonne philosophie ! Voir le bon dans le mauvais, j'aime ça ! »
Vérifiant l'identité de l'appelant et voyant que c'était le numéro de son père, Stiles répondit immédiatement. Ils avaient pour habitude de s'appeler tous les dimanches et son père ne l'appelait un autre jour que rarement, à moins que ce ne soit urgent.
« Papa ?!
-Stiles, mon garçon, tu as plusieurs doigts de cassés que tu ne peux pas taper mon numéro ? Je t'ai laissé dix-sept messages et ne me dis pas que le répondeur est à nouveau en panne, ces trucs durent cent ans.
-Papa, qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Demanda Stiles, paniqué, alors que son père continuait de déblatérer des propos sans queue ni tête.
« Je ferai mieux de vous laisser, dit Kevin d'un ton incertain tout en commençant à battre en retraite.
-Ouais, merci. » Stiles referma la porte d'entrée d'un air préoccupé, l'attention entièrement focalisée sur la voix de son père.
« Je voulais te féliciter, fiston ! Tu vas venir me rendre visite, n'est-ce pas ?
-Papa, de quoi tu parles ? Insista Stiles.
Le rire qui lui parvint à l'autre bout du fil le détendit un petit peu.
-Comment quelqu'un d'aussi intelligent peut-il être aussi bête ? Tu dois bien être au courant maintenant, le pays tout entier est au courant sauf toi. New York doit t'avoir ramolli, je savais que ce ne serait pas bon pour toi de déménager là. T'as besoin que je vienne et que je te remette les idées en place ?
-Non, papa, répondit Stiles, exaspéré. Je n'ai pas besoin que tu viennes ici. J'ai besoin que tu te calmes et que tu me dises de quoi t'es en train de me parler, putain. Je viens à peine de rentrer, je viens tout juste d'emboutir mon taxi, j'ai perdu mon boulot, je me suis fait agresser. Mais à part ça, tout roule ! Merci de t'en inquiéter ! Maintenant, ça te dérangerait de bien vouloir te calmer et m'expliquer tout ça ?
-Oh, donc tu ne sais pas que tu as gagné un voyage de dix jours à Los Angeles pour deux personnes ainsi que des tickets pour le concert de Lydia Martin. Et je suppose que tu n'as pas envie de rendre visite à ton vieux père alors même que tu vas te trouver dans le même État que moi.
-Je serai au courant si j'avais gagné un voyage, répondit Stiles, confus. Quelqu'un m'en aurait informé.
Son regard se tourna vers la table de la cuisine sur laquelle l'autre lettre reposait.
-Ça fait une heure qu'ils beuglent ton nom à la radio, espèce d'idiot.
La sonnette de la porte d'entrée les interrompit et Stiles jeta un coup d'œil à travers le judas.
-Papa, je te rappelle plus tard, l'interrompit Stiles d'un ton insistant aussitôt qu'il reconnut les gens qui se tenaient à l'extérieur. »
Il raccrocha sans même lui laisser le temps de répondre et ouvrit la porte.
En face de lui se tenaient trois chasseurs, dont deux qu'il ne connaissait que trop bien. Quand il travaillait en son temps pour la NSA, il était régulièrement forcé de faire équipe avec des chasseurs du DCL.
« M. Argent, dit-il en saluant l'homme qui était à la tête du département concernant les crimes relatifs aux loup-garous. Quel plaisir de vous voir dans le quartier. Allison, dit-il en faisant un signe de tête à la jeune femme qui lui fit un signe de la main en retour, accompagné d'un sourire amicale et d'un adorable :
-Salut, Stiles.
-Et, euh... qui que vous soyez. Vos chasseurs deviennent-ils de plus en en plus jeunes ou est-ce moi qui suis si vieux ? »
Chris Argent pénétra dans le petit appartement, suivi par ses compagnons, et jeta tout autour de lui un regard éloquent. « Joli appartement, agent. Vous avez l'air de mener une vie merveilleuse. » Sans gêne, il se saisit de la tasse emplie de moisissure, en examina le contenu avant de la reposer dans l'évier. Il posa son regard perçant sur Stiles. « J'ai entendu dire que vous aviez perdu votre boulot.
-Vous avez entendu dire ça, hein ? Répondit Stiles sans se laisser démonter. Et bien, ne vous inquiétez pas, j'en trouverai un autre.
-Pas la peine, on en a un pour vous. Agent Stilinski, vous êtes choisi pour une mission de la plus haute importance.
-Quelle mission ?
-Sauvez le monde.
Stiles ria doucement tandis que le chasseur poursuivait :
-Vous devez partir immédiatement pour Los Angeles. Récupérer trois pierres auprès de la banshee Lydia Martin pour les ramener ici dans la plus grande discrétion. Des questions ?
-Ouais, juste une, répondit-il d'un ton empli d'ennui. Pourquoi moi ? J'ai pris ma retraite il y a deux ans, vous vous en souvenez ?
-Pour trois raisons, répondit Argent en tendant le bras vers la jeune femme.
Allison Argent était la fille de Chris et une ancienne coéquipière de Stiles. Ils avaient travaillé sur de nombreuses affaires ensemble avant que son syndrome post-traumatique ne l'oblige à démissionner et il savait qu'elle était l'une des meilleures dans son domaine. Elle tendit à son père un épais dossier avec le nom de Stiles dessus et il l'ouvrit, en tournant les pages d'un air nonchalant.
-Premièrement : en tant que membre des Forces Spéciales de la NSA, vous êtes un expert dans l'utilisation de toutes les armes et véhicules nécessaires à cette mission. » Il sortit une longue liste et la tint en face de Stiles, qui n'avait pas vraiment besoin de la voir – il connaissait toutes les armes et tous les véhicules qu'il était capable d'utiliser, merci beaucoup.
« Deuxièmement, continua Chris Argent. De tous les membres de votre unité, vous étiez le plus décoré.
-Et troisièmement ? Demanda Stiles sans vraiment avoir envie de savoir.
-Vous êtes le dernier encore en vie. Vous avez lu votre courrier ?
-Non, j'ai eu assez de bonnes nouvelles pour aujourd'hui, répondit Stiles, pince-sans-rire.
-C'est peut-être important, continua Argent sans vraiment prêter attention à Stiles. » Il parcouru le peu d'espace qui le séparait de la table de la cuisine et ouvrit la lettre qui s'y trouvait. L'enveloppe révéla une immense carte en reliefs qui désignait le destinataire comme étant le gagnant du grand prix.
« Vous avez gagné le concours annuel organisé par la marque Cheerios*, un voyage à Los Angeles ainsi que des tickets pour le grand concert de la banshee. Pour deux personnes, lit-il à voix hautes, la voix dénuée de toute trace de joie. Voilà vos tickets.
Sans même lui laisser le temps de réagir, il plaqua les deux tickets qui accompagnaient la carte contre le torse de Stiles.
-Vous avez truqué le concours ?
Argent acquiesça :
-Félicitations.
-Vous n'avez rien trouvé de plus discret, hein ? Demanda Stiles d'un air songeur tout en examinant les tickets.
-Les vieux tours sont les meilleurs, n'est-ce pas ? » Il posa la main sur l'épaule de sa fille. « L'agent Argent va vous accompagner. Elle se fera passer pour votre femme.
Stiles releva brusquement les yeux vers l'amie d'une autre époque qui lui faisait face, une époque qu'il avait tentée d'oublier :
-Je n'y vais pas.
-Pourquoi pas ? Demanda Argent d'un ton franchement perplexe.
-Pour une seule raison. Je tiens à demeurer le dernier encore en vie ! »
Avant même qu'Argent ne puisse répondre, la sonnette de la porte d'entrée retentit à nouveau.
Sans prêter attention à ses invités, Stiles dépassa les chasseurs et jeta un regard à travers le judas. Son cœur fit un bond quand il vit le magnifique visage renfrogné de Derek de l'autre côté de la porte. Derek, qui devrait être avec Scott et non pas seul dans les rues, parce que les forces de l'ordre étaient à ses trousses. Il se retourna, paniqué, et fixa les trois chasseurs qui lui faisaient face.
« Merde.
-Qui est-ce ?
-Hein ?
-Qui est-ce ? Répéta Argent.
-Euh, mon mari, répondit Stiles en se dépêchant d'inventer un mensonge.
-Tu es marié ? Réagit Allison.
-Oui. Non ! Je viens juste de le rencontrer, mais je vais l'épouser. Je l'aime, mais il déteste tout ce qui a trait au gouvernement. Il sait que travailler pour la NSA m'a détruit et il refuse que j'ai un quelconque lien avec le gouvernement. S'il vous voit les gars, il va péter un câble, répondit-il en débitant mille mots à la minute.
-Agent ! S'exclama Argent en tentant d'endiguer son flot de paroles.
-Vous devez vous cacher. Vous devez m'aider, vous devez vous cacher quelque part !
-Stiles ! S'exclama Allison. On adorait t'aider, mais c'est minuscule ici, où peut-on se cacher ? »
Stiles tourna frénétiquement la tête de tous côtés, son regard s'arrêtant sur la vieille armoire en chêne dont il voulait se débarrasser depuis des années, parce qu'elle occupait la plus grande partie de l'espace disponible de son petit appartement. Il en ouvrit la porte d'un mouvement brusque et en retira les vêtements qui s'y trouvaient afin de faire de la place pour les chasseurs.
« Stilinski, on n'a pas le temps pour ça, lui dit Argent d'un ton morne.
-Ce n'est que... que pour une minute, répondit-il en attrapant le troisième chasseur par le bras afin de le pousser dans l'armoire, sans se préoccuper des protestations dont il lui faisait part à grands cris. Vous n'avez pas idée de l'immense service que vous me rendez !
Allison fut la suivante à être poussée dans l'armoire, avec un peu moins de force.
-Vous n'en avez vraiment pas idée ! Je vais faire un heureux mariage et je vais tous vous inviter...
-Stilinski ! Cria Argent alors que Stiles le poussait pour tenter de le faire entrer dans le minuscule espace entre les deux autres chasseurs.
-Stilinski !
-Quoi ? Répondit Stiles, stoppant sa manœuvre afin de jeter un regard suppliant à Argent.
-On ne tiendra pas là-dedans tous les trois, insista Argent.
-Mais bien sûr que si ! »
Il referma la porte de l'armoire au visage du chasseur et s'appuya dessus de tout son poids. Pendant un bref instant, les trois personnes à l'intérieur gémirent alors qu'elles étaient pressées dans ce petit espace, mais ensuite, et heureusement, elles gardèrent le silence. Stiles tourna la clef dans la serrure de l'armoire au cas où les chasseurs refuseraient soudain de ne plus jouer le jeu.
Il regarda l'état lamentable dans lequel se trouvait son appartement. Il ne pouvait pas faire rentrer Derek ici. Aussi vite que possible, il ramassa la vaisselle sale qui se trouvait sur le comptoir de la cuisine et les vêtements qu'il avait jetés hors de l'armoire pour mettre le tout dans le frigo, qui était toujours vide, de toutes façons.
« J'arrive ! » Cria-t-il alors que la sonnette de la porte d'entrée retentissait une nouvelle fois. Il se précipita à la porte, passant une main dans ses cheveux afin d'y mettre un peu d'ordre, et l'ouvrit, un immense sourire sur le visage.
« Apipoulai. » Derek lui fit un léger signe de tête et Stiles en déduisit que cela voulait dire ''Bonjour''.
Il leva la main pour le saluer à sa manière, quand soudain Scott s'avança entre eux, tenant une arme pointée sur la tête de Stiles. Stiles leva sa deuxième main sous l'effet de surprise et fit lentement marche arrière, tandis que les loup-garous pénétraient à l'intérieur, Derek refermant la porte derrière eux.
« Scott, qu'est-ce que tu fais ?
-Je suis vraiment désolé d'avoir à recourir à ces méthodes, Stiles, mais on a entendu la bonne nouvelle à la radio et il nous faut ces tickets pour l'Opéra de Los Angeles.
-Si tu voulais prendre ces vacances avec moi, mec, t'aurais simplement pu demander.
-Ce ne sont pas des vacances, mec. » Scott arborait son expression de véritable alpha vertueux et Stiles craignait que son ancien meilleur ami ne soit sur le point de faire quelque chose de stupide. « Nous sommes en mission.
-Quel genre de mission ?
-Nous devons sauver le monde, Stiles »
Stiles laissa échapper un éclat de rire. « Tu vas sauver le monde ?
-Oui ! Répondit Scott, que le scepticisme évident de Stiles agaçait.
-Eh bien bonne chance. »
Derek leur grogna dessus avant que Scott n'ait le temps de s'énerver. Une expression sinistre sur le visage, il montra la porte du doigt. Malgré l'avertissement, Stiles et Scott sursautèrent quand quelqu'un frappa bruyamment à la porte d'entrée.
Bandant ses muscles, Derek renifla l'air ambiant avant d'affirmer d'un ton brusque :
« Alphas.
-Ce doit être les mêmes gars que ceux qui m'ont emmené à Deucalion aujourd'hui, expliqua Scott en avalant sa salive. Il ne faut pas qu'ils nous voient avec toi, il ne faut pas qu'ils sachent qui tu es !
-Stilinski ? S'écria la personne de l'autre côté de la porte d'un ton de voix qui semblait hostile. Ouvrez la porte, M. Stilinski. »
Réagissant au quart de tour, Stiles poussa Scott au sol puis sous son lit. Scott comprit immédiatement le plan de Stiles et disparu en quelques secondes.
Puis il tira Derek par le bras jusqu'à sa minuscule salle de bain et le poussa dans la douche. « Tu es juste mon petit-copain, qui ne peut sortir pour le moment parce qu'il est sous la douche, d'accord ? » Dit-il à l'homme en face de lui, en espérant qu'il comprendrait qu'il devait garder le silence. Pour faire bonne mesure, Stiles mis son doigt devant la bouche tandis que Derek copiait son geste. Satisfait qu'il joue le jeu, Stiles tira le rideau de douche et alla ouvrir la porte.
L'alpha en colère était toujours en train de tambouriner contre la porte et Stiles se prit presque son poing dans la figure quand il lui ouvrit.
« Je suis désolé, je m'apprêtais à aller à la douche avec mon petit-copain, expliqua Stiles à l'immense loup-garou flanqué de deux jumeaux. » Comme s'il n'attendait que ça, on entendit la douche se mettre à couler.
L'homme le regarda en plissant les yeux avec suspicion :
« Stilinski.
-Non, vous devez vous être trompés de sonnette.
-Te fous pas de ma gueule, mon gars, grogna l'alpha alors que ses yeux se mettait à luire d'une alarmante teinte rouge et qu'il se saisissait d'une poignée de tissu du t-shirt de Stiles pour le soulever du sol.
-Ennis, l'appela une femme brune à l'autre bout du couloir. Je l'ai trouvé. »
Stiles plissa les yeux pour apercevoir la porte devant laquelle elle se tenait et remarqua que quelqu'un avait décollé l'étiquette portant son nom et signalant ainsi son appartement pour le recoller sur une autre sonnette.
Avec un grand sourire tout ce qu'il y a de plus faux, Ennis relâcha son emprise sur le t-shirt de Stiles. « Pardon pour le dérangement. Passez une bonne soirée. » Il repoussa l'humain dans son appartement et referma la porte.
Stiles s'appuya lourdement contre la porte fermée et poussa un lourd soupir. Le grand fracas d'une autre porte défoncée à coup de pied résonna soudain dans tout l'ensemble du bâtiment. Stiles était prêt à se ruer à l'extérieur pour s'opposer aux loup-garous quand il vit Scott, sous le lit, qui secouait vivement la tête. Alors il resta où il était et écouta, impuissant, les quatre loup-garous alphas débouler dans l'appartement de son voisin stupéfait, qui leur cria dessus, furibond, avant d'essayer de leur tirer dessus avec sa carabine. L'effervescence de leur combat cessa quand ils le traînèrent hors du bâtiment après l'avoir tabassé.
Quand tout fut à nouveau silencieux, le premier réflexe de Stiles fut de se rendre à la salle de bain.
« Derek ? S'exclama-t-il, inquiet, en repoussant le rideau de douche.
L'homme en question se tenait tout tremblant sous le jet, entièrement habillé, le tissu humide lui collant à la peau et soulignant ainsi sa musculature, et le cerveau de Stiles rencontra quelques difficultés pendant un instant. Quelques gouttelettes égarées vinrent asperger son visage et Stiles se rendit compte que l'eau était désormais froide. Il détourna finalement le regard du spectacle alléchant qu'il avait devant les yeux et se pencha pour arrêter l'eau.
-Merde, marmonna-t-il en faisant sortir un Derek grelottant hors de la douche. Tu as pris ce que j'ai dit un peu trop à la lettre. Tiens, laisse-moi t'envelopper là-dedans.
Il attrapa une serviette et l'enveloppa autours des épaules de Derek, lui frictionnant les bras de haut en bas avec celle-ci afin de le sécher et de le réchauffer en même temps.
-À la lettre ? Répéta le loup-garou une fois que Stiles eut prononcé ces mots, amenant ce dernier à croiser son regard, et à finalement remarquer qu'il tenait pratiquement l'homme de ses rêves dans ses bras.
-Ouais, à la lettre, marmonna-t-il alors qu'il prenait le temps d'observer l'autre homme dans les moindres détails. Le fait qu'il était à peine plus grand que Stiles, le fait que ses yeux n'étaient ni vraiment verts, ni bleus, ni marron, et le fait que des gouttelettes d'eau argentées courraient le long de son nez avant de terminer leur course en chutant de son extrémité au dessin si parfait.
-Tu sais ce qui est marrant ? On s'est vu deux fois aujourd'hui et à chaque fois, t'as finis dans mes bras. C'est mon jour de chance, souligna-t-il, en lui offrant un sourire en coin.
Derek rendit son regard à Stiles en se penchant vers lui afin de profiter de sa chaleur corporelle quand un autre frisson le secoua tout entier.
-Il faut qu'on te réchauffe ! Annonça Stiles, que leur soudaine proximité rendait nerveux. Je sais ce qui va te réchauffer !
Il conduisit Derek hors de la salle de bain et se mit à fouiller sa petite cuisine encrassée.
-Du thé. Un peu de thé chaud et tu seras de nouveau sur pieds. Tu sais, je ne bois jamais vraiment de thé, mais mon père en boit, alors j'en ai ici pour quand il vient me rendre visite, ce qu'il ne fait jamais.
Il mit la main sur la boîte de thé que personne n'avait encore ouverte et plongea un sachet dans une tasse, avant de la mettre dans le micro-ondes. Alors que l'eau chauffait, Stiles jeta un regard à Derek, qui le regardait d'un air méfiant, ce qui une fois encore l'embarrassa.
-Du miel ! S'exclama-t-il avant de s'affairer à sa prochaine quête. On ne peut pas boire du thé sans miel. Tu vas voir, c'est super bon le miel. Une tasse de thé chaud avec du miel. Ça plait à tout le monde, même aux ours ! » Sa mauvaise plaisanterie le fit grimacer et il s'agita encore davantage sous le regard inflexible de Derek. La sonnerie du micro-onde retentit, mais, dans sa hâte de trouver le miel, il ne s'en rendit pas compte.
« J'ai cet excellent miel quelque part. Tu connais le miel ? Il y a ces petites bêtes qui le fabriquent et ces autres bêtes qui le mangent. Les abeilles et les ours, tu sais, mais j'ai oublié lesquelles le fabriquent et lesquelles le mangent, mais... Le voilà ! » S'exclama-t-il, triomphant, en levant le pot afin que Derek puisse le voir.
« C'est super bon » dit Stiles avant de retirer le couvercle pour que Derek puisse voir le contenu du pot. Le loup-garou examina attentivement le visage de Stiles, plongé dans une intense réflexion, avant que quelque chose ne change dans son regard et qu'il ne tende la main pour plonger le doigt dans le pot de miel. L'humain l'observa, hypnotisé, alors qu'il retirait son doigt pour le porter à sa bouche et le sucer légèrement. Il en savoura lentement le goût, plissant les yeux de plaisir. Stiles pouvait sentir ses joues chauffer et il se demanda comment son visage était encore capable de rougir alors qu'il sentait tout son sang se diriger en toute hâte vers le bas. Il était envoûté par la façon qu'avait la bouche de Derek de se mouvoir autour de son doigt, et quand il lécha la substance dorée collée à sa peau du bout de la langue, Stiles ne put retenir le gémissement qui lui échappa.
Un bruyant haut-le-cœur le sorti de sa transe et il tourna brusquement la tête pour voir Scott s'empresser de sortir de sous le lit.
« T'es dégueu, mec !
-La ferme ! Couina Stiles, gêné. T'aurais pu dire quelque chose bien plus tôt ! D'ailleurs, je n'ai jamais vraiment aimé le connard du 11B, mais il ne méritait sûrement pas de se faire démolir par une meute d'alphas ! Cracha Stiles, ayant du mal à croire que son vieux pote ait pu laisser faire ça.
-Stiles, t'as aucune idée de qui sont ces gars !
Ils cessèrent tout deux de se disputer quand Derek commença soudain à se déshabiller et à essorer ses vêtements qui dégoulinaient encore. Ils lui tournèrent rapidement le dos tandis qu'il retirait son jean trempé.
-Tu veux un peu de thé ? Demanda Stiles à Scott alors qu'ils gardaient tout deux les yeux rivés sur la petite cuisine, essayant de penser à n'importe quoi sauf à l'homme au corps sculpté à la perfection, et nu, qui se trouvait dans son appartement.
-Oui, s'il te plaît, acquiesça Scott alors que Stiles se saisissait d'un torchon pour sortir du micro-ondes la tasse encore chaude.
-Ce n'est pas vraiment ma spécialité, mais tu fais sûrement plus ou moins attention à ta santé à présent, vu que maintenant t'es un véritable alpha et tout ça. » Il se tourna vers Scott, quand un poing entra soudain en contact avec sa tempe. La tasse lui échappa des mains alors que tout devint noir autour de lui et qu'il vint s'effondrer au sol.
« Vano da, mechteba ?! S'exclama Derek d'un ton furieux à l'encontre de Scott. Soun domo kala chon hammas !
-Non, je ne suis pas fier de ce que je viens de faire ! Rétorqua Scott en se saisissant de la lettre contenant les billets d'entrée. Mais le choix est un luxe que l'on n'a pas. Maintenant, viens ! »
Il sortit de l'appartement en trombe et Derek le suivit à contrecœur, jetant un dernier regard inquiet en direction de Stiles.
Quelques minutes plus tard, l'humain reprit connaissance, réveillé par des coups et des cris. Se sentant un peu trahi, il se frotta la tête qui pulsait sous la douleur et puis se tourna vers l'origine du bruit, se rappelant qu'un groupe de chasseurs était encore enfermé dans sa penderie.
Arborant son expression la plus innocente, il déverrouilla la porte avant de l'ouvrir. Trois paires d'yeux au regard meurtrier le fixèrent froidement.
« J'accepte la mission. »
*marque de céréales américaine
