Chapitre 29 : Portrait

Bou-san se tenait dans l'encadrement de la porte de sa chambre à l'autre bout du couloir. Mai, et Naru le regardaient avec des yeux médusés.

- Excusez-les pour le dérangement, reprit le moine à son adresse.

Mai remarqua alors que la fille n'était pas une apparition fantomatique. Elle observa le visage enfantin de la fillette qui se pencha en avant en silence avant de s'enfermer dans sa chambre.

- Vous n'êtes vraiment pas possible, souffla le plus âgé des membres de la SPR en ces murs. D'ailleurs, qu'est-ce que vous faites encore debout ? Nous devons partir à sept heures demain matin.

- Je voulais me laver avant de dormir, répondit piteusement Mai.

Soudain, la porte derrière Naru s'ouvrit. La jeune fille se retourna d'un bond. La vieille hôtesse se tenait dans l'encadrement de la porte aussi surprise qu'elle.

- Il y a un problème ?

- N-nous voulions … commença Mai.

- Nous cherchions un endroit pour nous laver, coupa le patron narcissique.

- Ah ! Veuillez m'excuser de ne pas vous l'avoir indiqué.

La porte qui la dissimulait comportait un numéro comme les autres chambres.

- Cela fait un petit moment que celui des hommes est condamné à cause d'un problème technique. Mon mari devait tout réparer mais voyez-vous, il est décédé. Mon fils a un travail à l'extérieur de l'hôtel. Il n'a pas le temps, mis à part pour venir me donner un coup de main à la cuisine.

- Vous gérez l'hôtel toute seule ? Demanda Bou-san, surpris et impressionné.

- Bien sûr que non. Je suis trop vieille pour cela. J'ai un employé mais il n'est pas là pour le moment.

La dame déverrouilla la porte et l'ouvrit avant d'allumer la lumière à l'intérieur. La pièce était exactement identique à l'autre, à ceci près qu'elle était plus propre et moins abimée. L'hôtesse entra et prit quelque chose avant de revenir dans le couloir. Elle remplaça le numéro par un petit panneau indiquant la véritable nature de la pièce.

- J'ai dû me tromper en faisant le ménage ce matin, révéla-t-elle.

Elle adressa un sourire à Mai.

- Honneur aux dames.

Lorsque la jeune fille se retrouva seule dans la pièce, elle les entendait encore parler dans le couloir. En silence, elle s'affaira et quelques minutes plus tard, Naru put entrer à son tour. Mai arriva au moment où l'hôtesse proposait de boire un thé avec elle. Bou-san accepta mais Naru s'engouffra dans la salle-de-bain avant de dire quoi que ce soit. Les yeux de la grand-mère pétillaient. Le moine précisa qu'ils devaient se lever tôt alors ils devront se coucher dans moins d'une heure. Mai retourna dans sa chambre pour déposer ses affaires puis se dirigea vers la deuxième pièce ouverte du couloir, l'autre étant la pièce principale.

Il s'agissait d'un salon où Mai eut immédiatement envie de s'asseoir dans l'un des canapés moelleux. Bou-san, l'hôtesse et son fils étaient déjà là, une tasse fumante à la main. Aussitôt qu'elle l'eut aperçu, la dame l'invita à les rejoindre et lui tendit une tasse. Le parfum du thé était toujours pour elle quelque chose de réconfort ainsi que la chaleur de la boisson. Une odeur de diverses fleurs qu'elle n'aurait su décrire lui pénétra les narines. Ses épaules se détendirent tandis que les autres poursuivaient leur conversation.

- Mon mari et moi avons acheté ce terrain il y a plus de trente ans. A cette époque, il y avait encore beaucoup d'habitants dans la montagne. L'école dans laquelle mon fils est allé a fermé il y a quelques années faute d'élèves. Je crois qu'aujourd'hui nous sommes les seuls situés de ce côté de la montagne.

Son fils hocha la tête.

- Monsieur Han et son frère ont une maison chacun sur la montagne d'à côté, dit-il. Ils ont acheté leur terrain en même temps que toi et Papa, je crois.

- Oui. Nous formions une petite famille avec les autres habitants de la montagne. Maintenant, ils sont tous partis. Les villes ont un pouvoir attractif très puissants. Les jeunes d'aujourd'hui n'aiment pas vraiment la campagne.

- Vous venez d'où, si je peux me permettre ? questionna le fils.

- Nous venons de Tokyo. J'y ai toujours vécu, répondit Mai. Mais j'aime bien la campagne aussi. Elle est apaisante comparée à l'agitation de la ville.

- J'avoue faire partie des jeunes préférant la ville, confessa le moine en se frottant l'arrière du crâne.

Cela les fit sourire. Bou-san expliqua qu'il venait d'un temple et qu'il l'avait quitté contre l'avis de ses parents. Ayant entendu mille fois son histoire, le regard de la jeune fille parcourait la décoration pendant ce temps. Ici aussi, les bibelots avaient voyagé plus qu'elle. Leurs utilités lui étaient pour la plupart inconnues. Les meubles aussi incarnaient d'autres ethnies. Une armoire aux motifs occidental sculptés dans le bois les surplombait derrière leurs hôtes. Une horloge de parquet faisait le coin à côté d'une plante aux longues feuilles. Sur les murs, des cadres, encore, montraient la dame avec un homme dans différents endroits à des époques distinctes en photos en noir et blanc. Elle reconnut la muraille de Chine sur l'une d'elles, un manoir de style victorien sur une autre ou encore une maison sur pilotis entourée d'arbres dont le tronc démontrait leur âge avancé. Leur vie avait dû être si riche en souvenirs.

Comme il y eut un blanc, Mai en profita pour interroger leur hôtesse sur ce qui l'intriguait.

- Vous avez beaucoup voyagé, Madame.

Le sourire de la dame illumina la pièce.

- Appelle moi Kameko.

- Ils ont parcouru la planète, répondit son fils avec fierté.

- Non pas exactement mais avec mon mari nous avions ce rêve en commun de voyager. Avant d'avoir nos enfants et de nous installer ici, nous avons pu le réaliser. A vrai dire, même lorsque nos enfants ont été suffisamment grands pour s'occuper d'eux, nous avons continué à nous balader dans divers pays et ramener pleins de souvenirs.

Elle désigna l'un de ses bibelots.

- Tenez, celui-ci. Savez-vous d'où vient-il ?

Mai observa l'étrange instrument qu'elle n'avait jamais vu avant ce jour.

- Il s'agit d'un instrument de musique très ancien qui a été découvert en premier en Chine. Cela s'appelle une guimbarde.

Kameko se leva et se dirigea vers l'armoire. De là, elle prit une grande boîte fermée par une petite vitre entourée par un cadre en bois qu'elle posa sur la table basse. La jeune fille se pencha en avant pour voir ce qu'elle contenait. Des rangées de pièces de monnaies étrangères étaient organisées avec soins. La main de la dame passa sur le couvercle en verre pour enlever une poussière avant qu'elle ne puisse se lancer dans une longue explication sur la provenance de chaque pièce. Les deux membres de la SPR l'écoutèrent attentivement. Son savoir était tellement vaste. Avoir parcouru autant de pays lui avait tant appris. Mai songea qu'il n'y avait pas beaucoup de japonais qui était comme elle. Elle-même n'avait jamais eu l'envie de sortir de son pays qui lui convenait bien. Mais le récit de la vieille femme l'emballa et la fit voyage avec elle au fil des anecdotes.

- J'ai tellement aimé tout cela. Je ne regrette rien. Je suis très fière de ce que j'ai accompli. Mon mari avant de mourir m'a dit la même chose, conclut-elle.

Ses yeux se posèrent sur sa tasse. Le film de ses souvenirs défilait dans sa tête alors que son regard se teintait de nostalgie.

- Parfois, j'ai l'impression qu'il est encore parmi nous. Des fois, je crois que des objets sont déplacé par une force invisible. Je les vois à une autre place. Mais j'ai toujours été tête en l'air.

Il y eut un petit silence puis son fils le brisa.

- Voulez-vous encore du thé ?

Mai avait à peine touché à sa tasse, trop absorbée par le récit des aventures de l'hôtesse. Bou-san se refit servir.

- Mais ce qui t'a donné envie de voyager n'est pas un souvenir heureux, relança le fils.

- En effet, acquiesça-t-elle.

Ses mains entouraient sa tasse sur ses genoux. Elle regarda tour à tour ses clients.

- Lorsque je suis née, les tensions politiques étaient à leur paroxysme. La première guerre mondiale a commencé quelques années plus tard. Le Japon n'était pas touché par le conflit. La population elle-même ne se sentait pas menacée par la guerre. Celle-ci était considérée comme une guerre qui ne concernait que la communauté européenne. Mais le Japon a toujours eut des rivalités avec les pays voisins. Les politiciens de l'époque ont vu en cette guerre, une opportunité d'asseoir leur autorité en Asie, notamment avec la Corée qu'ils ont pu contrôler totalement.

Kameko prit une pause pour boire une gorgée de thé. Mai était pendu à ses lèvres.

- Si je vous raconte cela, c'est pour vous situer le contexte. Ma mère était infirmière et avait déjà servi lors des conflits avec la Chine et la Russie quelques années auparavant. Toutefois, une année avant que la première guerre mondiale éclate, mon père est mort d'un cancer. En tant qu'ainée d'une fratrie de six enfants, je n'avais d'autres choix que d'aider à subvenir à leurs besoins et de suivre ma mère.

Diplômée trois ans plus tard, Kameko fut l'une des premières à étudier ce cursus au Japon, importé par une anglaise dont Mai ne retint pas le nom. Peu de temps après, sa mère entendit parler de la Croix Rouge Japonaise qui envoyait des soignants en Angleterre, en Russie et en France, moyennant finance pendant six mois. Sa mère y vit une opportunité. Au départ, c'était elle qui devait s'y rendre mais elle ne pouvait pas laisser le reste de ses enfants mineurs seuls. Ainsi, ce fut Kameko qui s'inscrivit. En réalité, peu de Japonaises était attirées par le fait de parcourir le monde et d'être confrontées à un conflit qui n'était pas vraiment le leur. Alors ce fut facile pour elle d'être sélectionnée.

Elle fit partie de la délégation envoyée en France avec trente autres personnes, dont un médecin, un interprète et d'autres infirmières. La France, l'Europe lui était totalement étrangère. Ce fut un voyage difficile pour elle – en plus d'être fatiguant, long et très angoissant par ces enjeux. Arrivées là-bas, ils furent très bien accueillis par les français qui leur firent d'abord visiter Paris. Ensuite, Kameko et ses collègues rencontrèrent leurs consœurs françaises déjà très occupés par les soldats déjà tombés puis elles s'établirent à l'hôtel Astoria. Son quotidien fut totalement bousculé. Les coutumes et habitudes de vie françaises totalement étrangères pour elle impactèrent sur son intégration avec les français. Si les japonais ne se connaissaient pas avant leur voyage, ils apprirent bien vite à se connaitre et une très bonne entente se créa. Mais pour Kameko, il était important pour elle de travailler en collaboration avec ses collègues françaises. Elle commença par mémoriser quelques mots de la langue qui lui permit de tenir une conversation puis au bout d'un mois ou deux elle réussit à se faire des amies françaises.

Il y en eut une en particulier dont elle se rappela avec nostalgie. Elle s'appelait Camélia Bernard et elle avait le même âge qu'elle. Elle lui avait présenter ses amis et étaient beaucoup sortis avec eux dans les bars et discothèques malgré les circonstances. Camélia aussi était l'ainée d'une grande fratrie. D'ailleurs, Kameko venait souvent rendre visite à ses frères et sœurs plus jeunes. Elle les aimait beaucoup.

Comme la guerre perdurait, le Japon décida de poursuivre l'action de leur délégation pour six nouveaux mois. La France connaissait de nombreuses pertes humaines et la situation n'allait pas en s'améliorant. Dès que les deux sœurs cadettes de Camélia, les jumelles Alice et Adeline, eurent seize ans, elles commencèrent à travailler. Mais pas en tant qu'infirmière mais en tant que munitionnettes. Les hommes étaient pour la plupart partis au front et n'ayant plus personne pour fabriquer des armes, les femmes étaient réquisitionnées. Ainsi, Alice et Adeline travaillèrent dans un préfabriqué en bois près d'une ancienne carrière de pierre. Elles devaient remplirent de poudre des petits sacs en toile, appelés gargousses, destinée aux douilles des obus. Le travail était éreintant puisqu'il se déroulait dans des conditions difficiles. Elles commençaient très tôt et finissaient tard le soir.

Puis un certain huit Décembre, l'équipe soignante fut appelée pour prendre en charge de nombreux blessés. C'était leur quotidien mais cette fois c'était différent puisque les blessés ne venaient pas du front.

Il y avait eu un incendie dans la carrière où travaillaient Alice et Adeline ainsi qu'environ trois cent autres femmes. Les circonstances du drame ne leur furent pas expliqué tout de suite. Il y avait urgence puisqu'une quinzaine de femmes gravement blessées étaient en route. Mais malheureusement, cinq d'entre elles décédèrent avant leur arrivée et une autre le surlendemain, alors que la plus jeune n'avait que quinze ans.

Plus tard, Kameko apprit qu'au total vingt-deux ouvrières avaient péris, dont seize d'entre elles étaient restées prisonnières du brasier. Le préfabriqué en bois avait vite été réduit en cendre en ne laissant pas beaucoup de chance aux ouvrières. Camélia avait perdu ses deux sœurs dans l'incendie. Au départ, personne ne comprenait comment un tel drame avait pu se produire. Même les policiers chargés de l'enquête piétinèrent un moment jusqu'à ce qu'ils se mettent d'accord. Le feu avait démarré à cause d'une aiguille coincée dans une gargousse qui s'est aussitôt propagé sur les autres gargousses.

Les vingt-deux ouvrières eurent droit à des obsèques aux frais de l'Etat. L'homme politique Clemenceau ainsi que le ministre de l'armement furent présents. L'amie de Kameko, Camélia eut beaucoup de difficultés à retourner au travail. Mais les chefs politique avaient été clairs. Il était hors de question pour elles et pour celles qui avaient vécus le drame de prendre du repos.

L'information ne fit pas le tour du pays. Partout en France, les fabriques de gargousse étaient légion et par censure, les journaux n'en parlèrent peu ou pas du tout. Il ne fallait pas inquiéter davantage la population qui devait déjà faire face au deuil de leurs proches.

Soudain, un carillon résonna dans la pièce. Mai tourna la tête vers l'horloge de parquet qui indiquait minuit. Le récit de Kameko les avait plongés dans une tout autre époque. Cela faisait plus d'une heure qu'elle parlait.

- Ah ! S'exclama Kameko. Il est l'heure d'aller au lit.

Mai reposa sa tasse encore pleine de thé, honteuse. Elle n'avait pas pu la boire. Kameko la prit et la déposa sur le plateau avec les autres, sans rien dire. Bou-san et la jeune fille se levèrent.

- Je vous remercie pour le thé, dit Bou-san d'une voix ensommeillée. Bonne nuit et à demain matin.

- Bonne nuit à vous aussi, répondirent en chœur la mère et le fils.

Mai se pencha en avant et emboita le pas de son ami qui quittait la pièce. Dans sa tête, les images qu'elle avait imaginé au fur et à mesure du récit de son hôtesse tournaient en boucle. Le drame qu'avait vécu ces femmes lui laissait un sentiment d'amertume.

Au bout du couloir, Bou-san l'arrêta.

- Ça va ?

- C'est fou ce qu'a vécu Kameko. Et ces femmes, répondit Mai.

- Oui, j'en ai des frissons, soupira-t-il. Allez, il est d'aller se coucher. Bonne nuit.

- Bonne nuit.

La porte de la chambre se referma derrière elle. Mai éteint la lumière. La pièce était encore éclairée par la lune. Lentement, la jeune fille déroula un futon et s'y glissa dedans. Mais le sommeil tarda à venir. Les images de la guerre la hantaient. Même dans son rêve, elle vit des avions bombarder des villes et des soldats tirer sur les lignes ennemies.

Jour 2 – Day 2

Le lendemain matin, Mai se réveilla à cause des coups donnés contre la porte. La voix de Naru traversa la porte.

- Debout, Mai. Il est presque temps de partir.

Puis ses pas s'éloignèrent. La jeune fille se frotta les yeux. La nuit avait été courte. De toute façon, elle ne savait pas conduire donc elle pouvait dormir pendant le trajet. Puis son regard parcourut sa chambre. Les rayons du soleil se frayaient un chemin à travers les lattes du volet. Le moral de la jeune fille monta en flèche. Cela la décida à sortir du futon. Elle enfila ses vêtements et rassembla ses affaires puis ouvrit les volets et rangea la chambre. Lorsqu'elle ferma la porte, Bou-san sortit de sa chambre au même moment. Son visage blême et ses cheveux décoiffés lui indiquèrent que son ami avait eu autant de mal à se lever qu'elle. Un sourire naquit sur ses lèvres.

- 'Jour, marmonna le moine.

- Bonjour, Bou-san.

Les deux amis se dirigèrent vers la salle à manger où Naru buvait son thé.

- 'Jour.

- Bonjour, Naru, salua Mai.

- Bonjour, se contenta de répondre le patron de la SPR.

Ils prirent leur petit déjeuner en silence jusqu'à la venue d'une invitée surprise. La jeune fille aux longs cheveux noirs apparut dans l'encadrement de la porte. Elle ne les regarda pas, nullement surprise de leur présence puis s'installa en face de Mai sans un mot. Cette dernière ne put s'empêcher de la dévisager. Elle avait l'air à peine plus jeune qu'elle.

- Akemi ? appela Kameko depuis la cuisine.

La jeune fille tourna la tête vers la provenance de la voix qui l'appelait.

- Tu es bientôt prête ?

- Oui, il me reste à ranger ma chambre, répondit la dite Akemi.

Elle prit son bol de soupe et l'avala d'une traite avant de se lever et quitter la pièce. Après une minute de latence, Mai retourna à son bol de riz. Le silence reprit son cours alors que Kameko s'affairait dans la cuisine. Elle vint les voir quelques minutes plus tard.

- Avez-vous bien dormi ?

- Oui, merci, répondit Mai. C'était très bon, ajouta-t-elle en désignant les bols vides devant elle.

- Je vous remercie Mademoiselle.

Des bruits de roulettes sur le parquet retentirent dans la pièce d'à côté ce qui attira l'attention de la SPR.

- Ma petite-fille et mon fils retournent chez eux aujourd'hui, comme vous, expliqua Kameko. Elle doit reprendre l'école dans deux jours.

- Elle est en quelle classe ? demanda Bou-san.

- Elle est en première année au lycée, sourit la vieille dame avec fierté.

- Vous allez rester toute seule ? interrogea Mai, qui s'inquièta soudain pour la vieille dame, seule en pleine montagne.

L'hôtesse sourit.

- Mon employé revient vers midi.

Akemi apparut une nouvelle fois dans l'encadrement de la porte. Un sourire éclaira son visage.

- C'est bon, on est prêt. Papa charge la voiture.

Kameko se leva et la suivit. La SPR se levèrent à leur tour, ayant terminé leur repas. Ils récupérèrent leurs bagages déposés dans la pièce principale au préalable. Lorsqu'ils sortirent de l'hôtel, ils assistèrent aux embrassades de la petite famille. Bou-san déverrouilla la voiture et ouvrit le coffre pour mettre leurs sacs de voyage. Ils dirent au revoir à Kameko, son fils et sa petite-fille et quittèrent les lieux.

La première heure se déroula en silence. Bou-san s'arrêta à une petite station essence pour se dégourdir les jambes et boire un café au bout de deux bonnes heures. Il n'avait toujours pas émergé du sommeil. Naru ne sortit pas de la voiture, à l'instar de Mai qui le rejoignit. Puis une quinzaine de minutes plus tard, ils reprirent la route. Il leur restait à peine une heure et demi. Mais Mai et Bou-san étaient enfin réveillés et s'amusaient à chanter à tue-tête les chansons qui passaient à la radio. Comme à son habitude, Naru demeurait silencieux sur la banquette arrière. Mais leur jeu prit fin lorsque la publicité démarra, sans pour autant briser leur bonne humeur puisque Bou-san enchaîna sur des blagues. Mai, bon public qu'elle était, rit à toutes ses blagues.

- Au fait, pourquoi vous vous disputiez hier soir ? demanda le moine.

Il y eu un silence. La jeune fille n'avait pas envie de casser l'ambiance. Elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule ce qui lui permit de voir Naru lire un livre.

- Parce que Mai ne sait pas ouvrir une porte, répondit-il sans lever le nez de son bouquin.

- Ah oui ? fit Bou-san d'un air taquin. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Mai lança un regard noir à Naru.

- Rien, commença-t-elle. C'est juste que la porte ne voulait pas s'ouvrir.

- Elle ne voulait pas s'ouvrir ?

- Naru n'a même pas réussi non plus, rétorqua Mai.

Le regard moqueur du moine passa de Mai au reflet de Naru dans le rétroviseur.

- Que réponds-tu à cela ?

- Je n'ai pas à répondre à cela. Puisqu'au final …

- Pourquoi tu t'es arrêté en plein couloir ? coupa la jeune fille, n'ayant aucune envie d'entendre les arguments foireux de son patron. Tu as réagi bizarrement.

Elle se retourna pour le voir encore une fois le nez dans son livre.

- Il y avait des traces d'activités de poltergeist.

Bou-san et Mai échangèrent un regard surpris.

- Comment ça ? demanda le premier.

- La statuette était chaude et dans la nuit j'ai entendu plusieurs bruits étranges comme des pas. Hormis les vôtres, précisa-t-il.

Mai fronça les sourcils.

- Je vais vous expliquer ma théorie, dit Naru en levant enfin les yeux de ses pages avec un ton condescendant. La petite fille de la propriétaire de l'hôtel est affectée par le décès de son grand-père. Très stressée, la fille ne se rend pas compte qu'elle génère des phénomènes paranormaux. Cas classique.

La jeune fille se rappela de ce qu'avait dit Kameko.

« Parfois, j'ai l'impression qu'il est encore parmi nous. Des fois, je crois que des objets sont déplacé par une force invisible. Je les vois à une autre place. »

Mai se replaça dans son fauteuil sans rien dire, ne souhaitant pas admettre qu'il avait raison. La musique reprit à la radio, améliorant l'ambiance. Elle se laissa entrainer par le rythme de la musique qu'elle fredonna alors que Bou-san et Naru continuaient à parler. Soudain, elle se souvint de la boite du moine qu'elle avait laissé dans la boite à gants. Ainsi, la jeune fille l'ouvrit et prit la boite en ferraille. Mais à sa grande surprise, elle était vide. Une seule personne pouvait être capable de cela. Cette personne était assise derrière elle. Ainsi, Mai se retourna lentement vers Naru pour le confronter.

- Pourquoi la boite est vide ?

- Il ne fallait pas la mettre à portée de main, répliqua Naru.

- Mais ! s'exclama Mai, qui ne savait plus quoi dire.

Bou-san explosa de rire. Mai avait envie de les tuer tous les deux. La suite du trajet se passa sans encombre. Sans que ni Mai ni Naru ne s'adressa la parole. Une fois arrivé sur le parking de l'agence, Mai sauta de la voiture et ouvrit le coffre pour fouiller les affaires de Naru.

- Mais qu'est-ce que tu fais ? demanda celui-ci, furieux.

- Je cherche les photos, répondit Mai avec hargne.

- Mais enfin, tu crois vraiment que je les aurais laissés à porter de mains comme toi ?

Il y eut un gros silence.

- Qu'est-ce que tu en as fait alors ? demanda Mai qui refusait de lâcher le sac de Naru.

- Devine.

La jeune fille le fixa dans les yeux. Il n'aurait quand même pas fait ça ? Si ?

- T-tu les as jetés, hésita-t-elle.

Comme il ne répondait pas, elle en conclut qu'elle avait raison.

- Non ! Tu n'avais pas le droit !

Lin était arrivé la veille après avoir déposé tard le soir, la médium, Masako sur son lieu de travail. Le lendemain, il avait passé la matinée à rédiger le rapport sur leur dernière enquête qui devait être prêt avant l'arrivée de Naru. Mais il finit par être dérangé par des cris sur le parking en bas de l'agence. Il se leva de son siège et quitta son bureau pour aller regarder par la fenêtre du salon. Il aperçut Bou-san retirer le sac des mains de Mai et fermer le coffre avec une expression blasée sur le visage. Tandis que la jeune fille criait après Naru qui se tenait droit devant elle. Lin vit un sourire en coin se dessiner sur le visage de son protégé alors qu'il se détournait d'elle pour se diriger vers l'agence.

Lin retourna dans son bureau afin de terminer le rapport. Il tapa les derniers mots alors que les autres entraient dans l'agence.

Finalement, l'esprit parvint à être exorciser par notre employée, Taniyama Mai.

Lin pensa que Mai avait parcouru bien du chemin depuis qu'ils s'étaient rencontrés la première fois.


Et voilà ! Cette fanfiction touche à sa fin ... J'espère que cette dernière « enquête » vous a plu et ainsi que l'histoire en générale. N'hésitez pas à laisser un commentaire.

Pour revenir sur l'aventure qu'à vécu Kameko, j'ai adapté son histoire à des faits historiques. Le Japon a vraiment envoyé des équipes médicales et paramédicales en France, en Angleterre et en Russie. Par contre, je ne sais pas du tout s'ils ont été payés. Aussi, l'histoire de l'explosion dans la carrière de pierre est également véridique. Le 8 Décembre 1917, il y a eu une explosion dans la fabrique de gargousse des Lourdines. Si cela vous intéresse vous pouvez aller vous renseigner sur ce sujet. Il y a un super article qui décrit ce qu'il s'est passé.

CP_laurence/jyLYOxwmUu/il-y-a-cent-ans-22-femmes-perissaient-aux-lourdines

Voilà, je vous laisse. Si vous avez des questions, n'hésitez pas. Je vous retrouve plus tard avec une autre histoire qui ne sera pas une fanfiction. Je pense que ça va me prendre du temps donc si vous l'attendez, soyez patient

Prenez soin de vous, à bientôt !