Bonne lecture !


Stiles se réveilla lentement au son de la douce voix d'une hôtesse annonçant leur descente en direction de l'aéroport international de Los Angeles. Il s'empressa de refermer la bouche et de s'essuyer le menton, en espérant que Derek ne l'avait pas surpris à baver dans son sommeil. Quand il leva les yeux vers le loup-garou, il fut soulagé de voir que ce dernier n'avait d'yeux que pour le monde à l'apparence minuscule qui se trouvait de l'autre côté du hublot, contemplant avec émerveillement la grande ville en dessous d'eux. Il était honnêtement incapable de se souvenir de la dernière fois où il avait si bien dormi et il se demanda si c'était la fatigue due au voyage ou la proximité de Derek qui lui avait permis de dormir aussi profondément. Stiles s'étira paresseusement les bras et les jambes avant de se laisser retomber dans son siège. Il perdit sa bonne humeur en voyant Peter Hale revenir des WC en remontant l'allée qui se trouvait entre les sièges, tandis qu'une hôtesse de l'air à la coiffure défaite et à l'uniforme froissé sortait discrètement de la cabine des toilettes.

« Bonjour, la belle aux bois dormants, le salua-t-il tout en clignant de l'œil d'un air séducteur alors qu'il passait à côté de lui. T'inquiètes pas, je ne vais pas vous embêter, les tourtereaux, je ne travaille pas et je n'ai pas mon micro pour le moment. »

Il lui fit un léger signe de la main avant de continuer d'arpenter l'allée pour venir s'asseoir à l'avant.

Prenant la décision de profiter de ce moment de calme avant que la tempête ne reprenne, Stiles s'appuya contre Derek et admira le doux sourire qui ornait ses lèvres jusqu'à ce que l'avion atterrisse.

Une grande limousine noire les conduisit à leur hôtel cinq étoiles. Tandis que Stiles observait, impressionné, l'intérieur de la voiture de luxe, Derek avait une fois encore les yeux rivés sur la fenêtre alors qu'il contemplait les attractions et les gens de cette ville étrangère. Stiles eut soudain une idée et, après avoir appuyé sur le bon bouton, il débloqua le toit ouvrant. Il lui donna un petit coup de coude dans les côtes pour attirer son attention et lui montra du doigt la fenêtre ouverte. Derek leva de grands yeux vers le ciel, une lueur enfantine dans le regard. Riant doucement à sa réaction, Stiles se leva et passa le haut de son corps à travers la fenêtre, espérant que le loup-garou suive son exemple et que la réaction que cela susciterait de sa part soit encore meilleure. Ses efforts furent récompensés quand Derek passa la tête à travers la fenêtre, la puissance du vent lui faisant cligner des yeux de façon adorable.

Stiles le tira par le bras et le poussa à se mettre debout, même s'il refusa de relâcher la prise prudente qu'il avait sur le toit de la voiture. Sa tête s'agitait en tout sens alors qu'il essayait de tout voir en même temps. Prenant peu à peu confiance, il lâcha le toit d'une main et se mit à montrer à l'humain des choses du doigt : bâtiments, palmiers, gens promenant leur chien. Stiles observa avec plaisir l'enthousiasme dont Derek faisait preuve.

« Fais ça ! » Dit-il à Derek, avant de tendre les bras et de pencher la tête en arrière, profitant de la sensation du soleil réchauffant son visage et de celle du vent rafraîchissant sa peau. Cela fit rire Derek, mais il secoua la tête, les deux mains à nouveau agrippées au toit de la voiture.

« Allez ! C'est marrant, fais-moi confiance ! »

Il se pencha davantage vers Derek et prit ses mains dans les siennes, avant de les lever lentement.

« Tu vois, c'est pas si mal, hein ? »

Le loup-garou lui offrit un rire hésitant en réponse, mais s'appuya ensuite contre Stiles avant de lever les bras un peu plus haut. Il laissa ses doigts onduler dans l'air et un fort et clair éclat de rire lui échappa à nouveau et, Seigneur, Stiles aurait pu passer une éternité à l'observer lui, ainsi que les petites rides qui apparaissaient autours de ses yeux quand il riait, sa peau douce rayonnante sous le soleil californien, et la façon dont ses cheveux étaient ébouriffés par le vent. Stiles devait bien avouer qu'il était sous le charme.

La limousine tourna dans la rue où se trouvait leur hôtel et Stiles lui-même fut impressionné par le grand bâtiment de verre reflétant la lumière du soleil. Ils redescendirent enfin dans l'habitacle de la voiture, tout deux encore un peu essoufflés pour diverses raisons. Quand la voiture s'arrêta, plusieurs portiers se précipitèrent sur eux, afin de leur ouvrir la portière de la voiture et de porter leurs bagages. Une hôtesse les attendait devant l'immense entrée de l'hôtel.

« M. et M. Stilinski, bienvenu au Ritz-Carlton. »

Elle les conduisit à travers le hall d'entrée jusqu'aux ascenseurs et Stiles dû tirer Derek derrière lui par son t-shirt, car il s'arrêtait sans cesse, ébloui par toute la beauté et le luxe.

Au vingt-deuxième étage, ils sortirent enfin de l'ascenseur et se dirigèrent vers l'une des portes vitrées qui se trouvaient dans le couloir. L'hôtesse leur ouvrit la porte, avant de leur tendre les cartes d'accès de la chambre. Cette fois, ce fut Stiles qui s'arrêta et se tint immobile au milieu du hall de marbre alors que Derek et l'hôtesse continuaient leur chemin à travers la suite.

La suite en question était immense, le mobilier moderne et de couleur claire. L'éclat des rayons du soleil perçait à travers les fins rideaux blancs des grandes fenêtres du mur qui donnait à l'ouest. Sur de grands canapés à l'air confortable se trouvaient de gros coussins et il se diffusait dans l'air un parfum de fleurs fraîchement coupées, lesquelles, disposées dans des vases, semblaient recouvrir à peu près toutes les surfaces disponibles de la suite. Stiles n'osa pas faire un pas de plus, de peur de salir quoique ce soit. Il inspecta le hall des yeux et son regard tomba sur les prospectus qui se trouvaient sur une commode près de lui. L'un d'entre eux concernait le concert de la Banshee qui avait lieu ce soir et Stiles le lut attentivement.

« La suite de luxe contient un coin salle à manger, un coin salon et un coin bar. La grande suite principale est pourvue d'un dressing indépendant et d'une télévision à écran plat haute définition de 42 pouces avec lecteur Blu-ray et DVD. C'est ici que se trouve le coin chambre, privatif et indépendant. Chaque chambre est équipée d'un accès internet sans fil et câblé, expliquait l'hôtesse, sa voix parvenant jusqu'à Stiles, tandis qu'elle faisait visiter à Derek les 110m2 de la suite. La salle de bain contient une télévision miroir intégrée, une élégante douche à l'italienne avec un pommeau à effet de pluie et une baignoire séparée. »

Tout deux revinrent dans son champ de vision, l'hôtesse aux cheveux blonds clairement amusée par l'expression stupéfaite qu'arborait Derek.

« Mais le meilleur atout de cette suite est la vue spectaculaire qu'elle offre sur le Sud de la Californie. »

D'un grand geste de la main, elle ouvrit les légers rideaux et Derek fut soudain pris d'une telle joie à la vue qui s'offrait à lui qu'il alla presque se cogner contre la vitre. La vue était vraiment à couper le souffle. Ils pouvaient voir bien au-delà des limites de la ville et si Stiles plissait les yeux, il pouvait même apercevoir les montagnes à l'horizon.

« Si jamais vous avez besoin de quoique ce soit, la réception est ouverte 24h/24. Vous pouvez vous rendre à notre spa de luxe de 10h à 20h, du lundi au vend...

-Pardon, l'interrompit Stiles dans son monologue en agitant le dépliant au sujet de la Banshee. Mademoiselle Lydia Martin séjourne également à cet hôtel, n'est-ce pas ?

-C'est que, je ne suis pas autorisée à discuter de nos autres clients.

-Bien sûr, pardon. C'est simplement que... Je suis un grand fan !

-Je peux vous dire que la Banshee n'est pas ici en ce moment-même, lui glissa l'hôtesse avec un clin d'œil. Mais ne vous inquiétez pas, vous avez une place réservée au premier rang. Juste à côté de Peter Hale ! Il a un talent fou, vous ne trouvez pas ? Je l'adore, il est tellement sexy !

L'hôtesse était tellement occupée à se pâmer qu'elle ne remarqua pas que Derek levait les yeux au ciel en réaction à Stiles qui faisait semblant de vomir, mais cessa rapidement quant elle se tourna à nouveau vers lui.

-Mais... Enfin bref, il a vos billets pour l'opéra et sera là dans vingt minutes.

Une fois encore, Stiles se demanda comment il était censé garder sa mission secrète, alors que ce fichu animateur radio ne le lâchait pas d'une semelle. Il lui offrit un sourire poli avant d'étudier à nouveau du regard le dépliant qu'il avait à la main, lisant ainsi que les invités étaient supposés venir en tenue de soirée.

-Vous savez où je pourrais me trouver un truc à me mettre ?

L'hôtesse le guida jusqu'au dressing et ouvrit la porte d'une penderie remplie de smokings à la coupe élégante.

-Passez une excellente soirée, M. Stilinski, lui dit-elle en jetant un regard en coin à Derek.

-Merci. »

À son départ, il perçut la lointaine sonnerie de son téléphone portable. Il se précipita à nouveau dans le hall d'entrée, où les portiers avaient déposé sa valise, et en extirpa son téléphone.

« Allô ? Dit-il, la respiration lourde à travers le combiné.

-Alors, quand est-ce que tu comptes venir me voir ? S'enquit son père d'un ton fourbe.

-Papa, soupira Stiles, je ne suis pas vraiment en vacances...

-Oh, arrêtes avec ça. Je ne te vois presque plus désormais, tu ne viens plus que pour Noël. Tu te souviens comme on avait l'habitude de passer tout ce temps ensemble ? Ravivons quelques vieilles traditions. Ce sera marrant ! Tu peux même amener ton petit-copain.

-Papa, je n'ai personne en ce moment.

-Oui, bien sûr, et qui est ce beau brun ténébreux qui fronce les sourcils que tu as amené à Los Angeles avec toi ?

-Comment... ? Oh, putain de Hale !

En parlant de beau brun ténébreux, Derek lui passa soudain devant pour se précipiter vers la porte.

-Hé hé hé, l'arrêta Stiles d'une main sur l'épaule. Où est-ce que tu vas ?

-Je ne sais pas.

-Stiles ? Stiles, à qui est-ce que tu parles ? Lui demanda son père, sa voix lui parvenant à travers le téléphone. Alors c'est vrai, tu es bien en vacances avec un garçon ! Ajouta-t-il d'un ton suffisant.

-Non, papa, c'est pas ça, lâcha-t-il rapidement à travers le combiné, avant de se tourner à nouveau vers Derek. Qu'est-ce que tu veux dire, tu ne sais pas ?

Le loup-garou haussa les épaules, les sourcils froncés en une expression tendue.

-Instinct.

-Instinct ?

-Pentachore connecté à la quatrième dimension, tenta d'expliquer Derek, un doigt pointé sur sa poitrine. Je sens la quatrième dimension. Instinct.

Il se débarrassa de la main de Stiles d'un coup d'épaule et passa la porte.

-Non, hé, attends un peu ! L'interpella l'humain, mais il ne lui répondit que d'un signe de la main avant de disparaître à l'autre bout du couloir. Stiles, déçu, avait espéré qu'ils puissent passer un peu plus de temps ensemble avant que le concert ne commence. Il pria pour que Derek soit au moins de retour avant que Hale ne vienne avec les billets.

-Vous vous êtes disputés à cause de moi ? Lui demanda son père d'un ton inquiet.

Stiles referma la porte d'un air abattu et porta à nouveau le téléphone à son oreille, avant de se diriger vers l'un des grands canapés et de se laisser tomber dessus la tête la première. Au moins, il pouvait toujours discuter avec son père jusqu'à ce qu'il soit l'heure d'enfiler son smoking.

-Non, papa, gémit-il, la voix étouffée par le coussin. C'est putain de compliqué. »