Envoûté par le concert de la Banshee, Stiles ne quittait pas la scène des yeux, son pied battant la mesure au rythme de la musique. La mélodie profonde et émouvante avait laissé place à un tempo plus rapide, plus énergique et d'éblouissants faisceaux laser parcouraient la scène à toute vitesse, peignant la robe de Lydia Martin de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. La chanteuse se déplaçait sur la scène en roulant des hanches avec la grâce d'un ange tout en rejetant par moments ses cheveux derrière son épaule d'un élégant mouvement de la tête sans jamais faire aucune fausse note.
Allison fredonnait à côté de lui, un grand sourire illuminant son visage, mais elle avait les yeux fixés ailleurs que sur la scène. Discrètement, elle jeta un regard autour de la salle de concert, repérant les sorties et observant chaque mouvement avec attention.
La chanson toucha à sa fin et Mademoiselle Martin tint la dernière note avant de saluer le public au moment-même où la musique s'arrêta et les lumières s'éteignirent. Un tonnerre d'applaudissements retentit dans la salle. Dans un même mouvement, les spectateurs se levèrent d'un bond pour une standing ovation. « Bravo ! Bravo ! », criait Peter, ravi. Les lumières se rallumèrent lentement et Lydia se tint au centre de la scène, saluant bien bas.
Elle leva le micro pour entamer la prochaine chanson, quand les portes de la salle s'ouvrirent brusquement. Un large groupe de personnes aux traits lupins se précipitèrent à l'intérieur en empruntant toutes les entrées disponibles. Malgré le fait qu'ils possédaient déjà des griffes et des crocs dangereusement mortels, ils étaient lourdement armés et ouvrirent immédiatement le feu sur le public. Les gens se mirent à crier tandis que la première salve de balles atteignaient la foule, touchant plusieurs personnes. Toute la salle fut plongée dans le chaos alors que tout le monde se ruait vers les sorties, chacun ne pensant qu'à sauver sa vie. Quiconque ayant chuté au sol était piétiné sans pitié.
Stiles s'était jeté au sol, cherchant à se mettre à couvert derrière les sièges, et Peter avait fait de même. Leur parvenaient les cris dévastés des assistants de Hale tandis que le mouvement de la foule les emmenait au loin. Peter tremblait de peur en babillant dans son micro, décrivant avec agitation les événements à ses auditeurs. Stiles ne l'en empêcha pas, songeant que l'animateur radio pouvait faire ce qu'il voulait, tant que cela l'aidait à traverser cette attaque.
Allison, en revanche, avait sorti une arme et Stiles se demandait sérieusement où elle avait bien pu la planquer pendant tout ce temps. Elle riposta avec précision, atteignant chaque loup-garou l'un après l'autre. Elle dut se baisser derrière les sièges quand leurs attaquants concentrèrent tout deux leur assaut sur le premier rang. Le jeune agent était complètement dans son élément, elle avait été élevée pour traquer les loups-garous et chacune de ses actions à ce moment précis lui venaient naturellement. S'emparant de nouvelles munitions, elle rechargea habilement son arme.
« Je vais faire diversion ! » cria Allison à Stiles, soulevant les longs pans de sa jupe pour y faire un nœud. « Va chercher les pierres ! »
Stiles se tourna vers Mademoiselle Martin, qui se tenait encore sous le choc au centre de la scène, quand plusieurs coups de feu furent tirés au même moment, le son des tirs résonnant à nouveau dans la salle de concert, et qu'une balle perdue vint percer un large trou dans le ventre de la Banshee. Elle baissa les mains pour couvrir sa blessure tandis que du sang commençait à en jaillir, teintant sa robe d'une couleur bien plus foncée que ne l'avaient fait les faisceaux laser quelques minutes auparavant. Les yeux de la chanteuse roulèrent dans leurs orbites, et avec la même grâce que lors de sa chorégraphie, elle s'effondra au sol.
Stiles poussa un cri de surprise, mais Allison n'hésita pas un instant. Rapide comme une gazelle, elle bondit par dessus la rangée de sièges et se remit à tirer. Elle se précipita dans le couloir et se fraya un passage jusqu'à l'une des sorties, l'ensemble des loups-garous la prenant en chasse tandis qu'elle sortait de la salle en courant.
Comptant sur Allison pour retenir l'attention de tous les loups-garous, Stiles s'élança sur la scène et attira la jeune femme blessée au sol, à couvert derrière le premier rang. Il retira sa veste et pressa le tissu contre le trou béant qu'elle avait dans le ventre.
« Le gouvernement m'a envoyé pour vous aider. Gardez votre calme.
À côté d'eux, Peter était en train de piquer une crise :
-Si quelqu'un m'entend, venez me chercher ! Je suis au premier rang ! » cria-t-il dans son micro.
-Vous devez lui donner les pierres, dit Lydia à Stiles d'un ton pressant.
Elle avait la voix rauque, un filet de sang s'écoulant du coin de sa bouche.
-À qui ?
-Le Pentachore. L'être suprême ramené d'entre les morts pour sauver le monde.
-Derek ? Demanda Stiles, éberlué.
-Oui, lui répondit-elle avec un sourire affectueux. Mais il est plus fragile qu'il n'en a l'air. Il a besoin de votre aide.
Avec difficultés, elle tendit une main couverte de sang pour la poser contre sa joue :
-Et de votre amour. Ou il mourra.
Ses paupières s'abaissèrent et sa main retomba faiblement au sol, laissant une trace rouge sur sa joue.
-Non, non, non, marmonna Stiles avec insistance. Restez avec moi ! Non, allez, vous ne pouvez pas mourir ! Écoutez-moi ! Réveillez-vous !
Elle ouvrit des yeux brumeux quand il prit son visage entre ses mains :
-Où sont les pierres ?
-Quoi ?
-Les pierres ! Où sont les pierres ?
La Banshee prit une profonde inspiration au souffle tremblant et posa une main sur son ventre à côté de la blessure qui causerait sa perte :
-Les pierres, dit-elle d'un ton faible, ayant du mal à trouver la force nécessaire afin de poursuivre sa phrase.
-Les pierres, où sont-elles ?!
-En moi.
Ses derniers mots furent prononcés dans un murmure alors que ses yeux se refermaient à nouveau et que la dernière parcelle de vie quittait son corps.
-Quoi ? Quoi ? Insista Stiles, mais c'était trop tard. Lydia Martin était morte.
-Mon Dieu ! Stiles ! S'exclama Peter alors qu'il jetait un œil par dessus la rangée de sièges. Oh mon Dieu, Stiles ! Stiles ! Stiles ! Y'en a un autre qui arrive ! Stiles, je crois qu'il faut qu'on y aille !
-Une minute ! Répondit-il en tentant de le faire taire sans succès. Donne-moi juste une minute !
-Eh toi ! Lui parvint soudain une voix grave dans son dos.
Ne réagissant pas, il se prit un coup de pied dans le dos :
-Toi, j'ai dit !
-Je ne suis pas avec lui, s'empressa de dire Peter en levant les mains en l'air, mais le loup-garou ne lui prêta aucune attention.
Il menaça Stiles de son arme, la pointant contre sa nuque :
-Où est passé l'autre ?
En un éclair, Stiles se saisit de son bras et fit passer le loup-garou par dessus son épaule. Il tomba lourdement sur le dos et en moins d'une seconde, Stiles s'était emparé de son flingue et le pointait sur sa tête.
-J'ai dit ''une minute'' ! Lui rétorqua Stiles, énervé. Peter, tiens-moi ce flingue.
Le visage de l'animateur radio perdit toutes ses couleurs :
-Quoi ?!
-Tiens-moi ce flingue, répéta Stiles, un sentiment d'urgence dans la voix.
-Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Bégaya Peter, parlant rapidement sous le coup de la nervosité. Ses mains tremblaient fortement alors qu'il s'approchait de lui.
-Viens, mets ta main là.
Stiles guida délicatement les doigts de Peter autour de l'arme sans jamais cesser de la pointer en direction de la tête du loup-garou :
-Tiens-la dans ta main.
-Qu'est-ce qu'il faut je fasse ? Redemanda Peter d'un ton de voix désespéré.
-S'il bouge, tu presses la détente.
Stiles se tourna à nouveau vers le corps de la Banshee et tenta de trouver un sens à ses mots. Derrière lui, Peter était toujours en proie à sa légère crise de panique.
-Je ne me sens pas bien, Stiles !
L'humain ne lui prêta aucune attention et ignora ses bredouillements.
-Les pierres sont en moi, marmonna-t-il pensivement, quand il comprit soudain.
Il prit une profonde inspiration et remonta sa manche, se préparant pour ce qu'il s'apprêtait à faire. Prudemment, mais en y mettant de la force, il enfonça sa main dans la blessure du cadavre de la jeune femme. La chaire se déchira sous l'effort, distendant davantage la plaie et laissant davantage de sang s'en écouler. Il tâtonna délicatement entre les entrailles, pressant les intestins entre ses doigts jusqu'à sentir quelque chose de dur à l'intérieur.
-Stiles ? J'ai mal à la tête, Stiles. C'est pas moi, ça !
Peter cessa de marmonner, regardant Stiles avec de grands yeux alors qu'il extrayait l'intestin grêle, l'enroulait autour de sa main et tirait dessus de toutes ses forces pour le déchirer en deux. De petites gouttes de sang vinrent éclabousser le cadavre de la Banshee ainsi que le visage de Stiles. Il ne prêta aucune attention aux éclaboussures, trop occupé à presser l'organe pour en faire sortir l'objet que ses doigts avaient rencontré. Un petit sac en plastique, recouvert d'une substance visqueuse, en sortit, avec, à l'intérieur, un saphir d'un bleu profond, assez petit pour tenir à l'intérieur de son poing. La gemme n'était pas taillée, les bords encore rugueux, mais sa valeur se voyait à la richesse de sa couleur.
Stiles s'empressa de sortir les deux autres pierres, un rubis et une émeraude, avant de se tourner vers l'animateur radio :
-Peter.
L'animateur sursauta quand Stiles l'appela subitement et la déflagration résonna dans la pièce quand il pressa la détente et tira une balle en plein dans la tête du loup-garou.
-Désolé, couina-t-il en direction du corps immobile avant de laisser tomber l'arme. Tu crois qu'il va s'en sortir ?
Stiles leva les yeux au ciel devant son désarroi et se saisit du mouchoir de poche de son smoking pour emballer les pierres. Des bruits de pas se rapprochèrent, attirés par le coup de feu et Peter jeta nerveusement un coup d'œil par dessus les sièges.
-Stiles, il y en un autre qui arrive. Oh, merde ! Ils sont trois, Stiles ! Trois !
Poussant un petit cri, Peter fut à nouveau tiré vers le bas et Stiles lui mit les pierres emballées dans la main.
-Je te conseille de veillez sur les pierres comme sur la prunelle de tes yeux si tu ne veux pas finir comme ce gars-là.
Il pointa le trou sanglant dans la tête du loup-garou :
-Elle brille ta lune ?
-Elle brille.
-Super brillante ?
-Super brillante ! »
Stiles récupéra l'arme et bondit derrière les sièges. En quelques secondes, il avait descendu les trois loups-garous et montait les marches quatre à quatre entre les rangées de sièges, en direction de la sortie du fond de la salle.
Le bruit attira davantage de loups-garous qui se ruèrent sur lui. Il tira dans le tas tout en franchissant la porte pour accéder au balcon. Dans le parterre en dessous de lui, couraient encore en hurlant des civils dans tous les sens mais il repéra des yeux les mouvements entraînés d'un combattant et il pointa son arme en direction de la menace. Il suspendit son geste, prit de court, quand il vit le loup-garou pointer un énorme pistolet mitrailleur dans sa direction.
Impressionné, il hocha la tête avant de prendre la poudre d'escampette, se jetant sur le côté et tirant à l'aveugle en direction du loup-garou, qui lui tira dessus à son tour. Les balles de gros calibre vinrent s'enfoncer dans le mur derrière Stiles et la rambarde du balcon, creusant de profonds impacts dans le plâtre et laissant sur son chemin un nuage de destruction.
Stiles courut aussi vite qu'il le put pour éviter les balles avant de se jeter par-dessus la rambarde en poussant un cri étranglé. Il atterrit lourdement sur le bar qui se trouvait dans le hall, envoyant valser bouteilles et verres de côté qui se brisèrent dans un tintement cristallin, avant qu'il ne roule sur le côté et ne tombe à couvert derrière le bar.
Tandis qu'il reprenait son souffle, grimaçant à la sensation des éclats de verres qui entaillaient sa peau à divers endroits, Peter se rua hors de la salle de concert pour atteindre le balcon, le dos courbé bien bas pour ne pas être vu des loups-garous. Les pierres étaient profondément enfoncées dans la poche arrière de son pantalon de costume moulant et il mit plusieurs fois la main à son postérieur pour s'assurer qu'elles étaient toujours là, tout en continuant de marmonner sans réfléchir dans son micro.
Derrière le bar, Stiles était désespérément en train de chercher son arme. Il avait du la lâcher en sautant du balcon. Des ordres étaient échangés à grands cris entre les loups-garous et Stiles pouvait entendre d'autres coups de feu au loin, lui indiquant qu'Allison n'était pas loin. Quelque chose fit du bruit en tombant à sa gauche et il jeta un regard pour voir qu'une grenade dégoupillée avait atterri à côté de lui. Sans hésiter, il l'envoya au loin d'un coup de pied avant de filer dans la direction opposée.
En explosant, la grenade souffla la moitié du bar et Stiles mit les bras au-dessus de sa tête quand il sentit le souffle brûlant de l'explosion l'entourer.
L'adrénaline courant dans ses veines et le cœur battant à cent à l'heure, Stiles tenta de trouver un moyen de se sortir de ce mauvais pas. Il fouilla une fois encore la pièce des yeux, à la recherche du flingue qu'il avait fait tomber et le repéra au sol à côté d'une table sous laquelle Lou Ferrigno et quelques autres civils se cachaient.
« Hé ! Lou ! Cria-t-il en direction de l'acteur.
L'homme se tourna vers lui, perplexe et visiblement effrayé.
-Le flingue ! File-moi le flingue !
Ferrigno le fixa du regard avant de lever une main pour la mettre en coupe derrière son oreille.
Stiles grinça des dents de frustration et se mit à montrer l'arme du doigt avec insistance.
-Le... Le flingue !
Une autre grenade atterrit de l'autre côté du bar, trop loin de Stiles pour qu'il puisse s'en débarrasser d'un coup de pied, mais assez proche pour que la force de l'explosion qui s'ensuivit propulse Stiles de côté, le mettant ainsi à découvert. À sa vue, les loups-garous s'empressèrent d'ouvrir le feu et Stiles les évita de justesse, rampant se remettre à l'abri derrière le comptoir aussi vite que possible pour leur échapper.
Relevant la tête, il vit que Ferrigno s'était traîné hors de dessous la table.
-Oui ! Confirma-t-il d'un cri. Le flingue !
L'acteur s'appuya sur quelques débris, ramassa quelque chose et le lança à Stiles.
C'était un citron qui avait du tomber du comptoir pour rouler sous la table.
Stiles fixa le fruit, incrédule, avant de relever les yeux vers Lou, qui lui fit un clin d'œil tout en levant le pouce en l'air, victorieux.
-Merci, Lou, marmonna Stiles, complètement dépité.
Un loup-garou bondit derrière le comptoir, poussa un grognement sonore et pointa son arme sur Stiles. L'humain s'empressa de lever les mains en l'air, en signe de reddition.
-Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! S'exclama-t-il, un sentiment de peur et de panique affiché sur le visage. Je ne suis pas armé !
-Debout ! Grogna le loup-garou.
Stiles s'empressa d'obéir, et se leva, les jambes tremblantes.
-Vous vous êtes trompés de gars. Ne tirez pas.
Les autres loups-garous dans la pièce s'approchèrent et l'encerclèrent quand il sortit lentement de derrière le bar, faisant tout le tour afin de pouvoir balayer la pièce du regard, laissant ses yeux se poser sur chacun de ses adversaires, tout en gardant les mains en l'air.
-Je suis en vacances. Ne me tirez pas dessus, s'il vous plaît. J'ai gagné des billets pour Los Angeles à un concours – avec la marque Cheerios.
Le loup-garou le tenant en joue se décala d'un pas et mit les pieds sur une bonne partie des décombres pour avoir l'humain d'avantage dans sa ligne de mire.
-Descends, aboya-t-il depuis son perchoir en agitant brusquement son arme sur le côté, où les autres civils étaient sortis de sous les tables et conduis ailleurs, un arme braquée sur la tête.
Stiles leva les yeux vers lui et repéra Peter qui se trouvait sur le balcon, juste au dessus du loup-garou, la tête passée entre les barres de la rambarde pour avoir une meilleure vue sur le hall. Il croisa le regard de l'animateur radio et lui fit signe des doigts aussi discrètement que possible.
-Attendez une minute, murmura l'animateur dans son micro tandis que le loup-garou réitérait sa demande. Je crois qu'il essaye de me dire quelque chose. »
Comme Peter ne parvenait toujours pas à comprendre que Stiles lui faisait signe de se décaler et que le loup-garou commençait à lui grogner dessus, l'humain poussa un profond soupir avant de se jeter sur la partie élevée du bout de décombres sur lequel se tenait le loup-garou.
Poussant un cri de surprise, il fut propulsé vers le haut, perçant le balcon qui se trouvait au-dessus de lui avec sa tête, cette dernière ressortant juste à côté du visage de Peter, qui se mit à hurler de terreur. Le loup-garou paniqua alors que sa tête se retrouvait coincée dans le béton et il se mit à tirer à l'aveugle. Mais Stiles s'était déjà jeté au sol et les balles sifflèrent au-dessus de lui, atteignant les loups-garous qui l'entouraient.
Peter s'était transformé sous le coup de la frayeur et lacérait à coups de griffes la tête qui était apparue à ses côtés, appuyant dessus pour la repousser à travers le trou jusqu'à ce que le loup-garou retombe au sol, lâchant son arme.
Stiles s'empara du flingue et logea une balle dans la tête des derniers loups-garous qui se tenaient dans la salle. Il se précipita sur celui qui était le plus proche de lui et le fouilla, repérant à la ceinture du loup-garou une petite bombe dotée d'un minuteur.
Au dessus de lui, Peter le regardait d'un air désespéré à travers le trou du plafond.
« Stiles, mon pote. Où sont... ? Oh mon dieu. Stiles ! Stiles, ils arrivent ! S'exclama-t-il quand un autre groupe de loups-garous s'avança d'un pas déterminé en direction du balcon.
Une lueur féroce dans le regard, Stiles leva la mitraillette automatique et la pointa en direction de Peter :
-Ne bouge pas !
-Quoi !?
Il appuya sur la détente, les balles allant se loger sous la surface du balcon, dessinant un cercle tout autour de l'endroit où se trouvait l'animateur radio. Ce dernier toussa quand les balles traversèrent le béton, envoyant voler un ensemble de poussière et de terre autour de lui. La pierre se fissura dans un craquement sonore avant de céder sous le poids de l'animateur radio, qui poussa un cri de surprise en tombant dans le hall avec les décombres.
Il toussa et se débarrassa de la saleté qui le recouvrait avant de se tourner vers Stiles, une fois encore surpris de voir l'humain en train de régler le minuteur de la bombe.
-Qu... Qu'est-ce tu fais ?
-Comptes jusqu'à dix, lui répondit Stiles avant de lancer l'explosif sur le balcon au-dessus de lui.
Il tira Peter par le revers de sa veste jusque sous une table avant de se saisir des pieds de celle-ci. Derrière eux, les loups-garous se mirent à tirer depuis le balcon sur la table sous laquelle ils étaient cachés.
-C'était une bombe ? Demanda Peter d'un air incrédule.
-Tais toi et comptes !
La voix tremblante de panique, Peter se mit à compter à voix haute, tandis qu'ils avançaient tout en restant sous la table. Arrivée à neuf, la bombe explosa en une immense boule de feu, détruisant le balcon et le souffle de l'explosion envoyant valser les loups-garous. L'onde de choc les poussa vers l'avant et ils s'accrochèrent aux pieds de la table, cherchant à se protéger des débris volant autour d'eux.
Quand le bruit de l'explosion se dissipa, la pièce sembla soudain silencieuse. Stiles sortit à quatre pattes de sous la table pour inspecter les dégâts. Les loups-garous se trouvaient sous les ruines du balcon et quelques flammes brûlaient tranquillement dans les décombres, une épaisse fumée noire s'en échappant.
Il se tourna vers Peter, qui sortit de sous la table d'une démarche tremblante, et lui offrit un sourire ironique :
-Dix. »
