Peter sur ses talons, Stiles se rua dans les coulisses de l'opéra.
« Qu'est-ce que tu cherches ? Lui demanda Peter, à bout de souffle.
-Ma partenaire.
Ils tournèrent à l'angle et s'arrêtèrent soudain quand deux agents de sécurité furent jetés dans leur direction.
-Trouvée.
-Je vais rester là, d'accord ? Indiqua l'animateur radio en pointant en direction de l'autre extrémité du couloir, mais Stiles l'attrapa par l'épaule et l'emmena à sa suite.
-Allons-y ! »
Un groupe de gardes armés se tenaient à l'extérieur de la salle de contrôle. Allison se trouvait avec eux, le dos appuyé contre le mur à côté de l'entrée tandis qu'une pluie de balles franchissait la porte ouverte pour venir s'écraser contre le mur opposé. Le chef de la sécurité se tenait à côté d'elle, fixant la jeune femme avec admiration et grimaçant quand on tira une autre rafale de balles. Elle était sur le point de recharger son arme avec davantage de balles à l'aconit, quand Stiles la rejoignit.
« Ils sont combien là-dedans ? Demanda-t-il rapidement à sa partenaire.
-Sept à gauche, cinq à droite, répondit-elle d'un ton de voix maîtrisé, avant de s'élancer devant la porte, pressant la détente de son flingue à plusieurs reprises avant de se remettre à couvert.
-Quatre à droite, deux à gauche.
-Il faut qu'on trouve l'alpha, indiqua Stiles. Les loups-garous ne se battront pas sans leur alpha. »
Il jeta un coup d'œil par-dessus Allison et vit un immense loup-garou qui se démarquait au milieu du groupe. Il se souvint de cet homme comme étant l'un des quatre alphas lui ayant rendu visite à son appartement. Le loup-garou maintenait ses griffes aiguisées serrées autour de la gorge d'un Scott à l'air désespéré et Stiles poussa un juron sonore avant de se tourner vers Allison.
« Tu as amené Scott ?!
-Toi aussi, tu as amené un civil !
-Derek n'est pas un civil, il fait partie de la mission.
-Ouais, et Scott est le véritable alpha qui sait tout ce qu'il faut savoir à propos des pierres et du Nemeton ! »
Stiles s'abstint de répondre. Scott était peut-être le véritable alpha et une sorte de Gandhi pour les loups-garous, mais il restait le meilleur ami maladroit et crédule de Stiles. Il n'était pas vraiment fait pour ce genre de situation.
« Tirez encore une fois et on commencera à tuer les otages ! S'exclama l'alpha, un grondement dans la voix.
-C'est lui le chef, indiqua Stiles à Allison.
-Envoyez quelqu'un pour négocier, ordonna-t-il, sa voix grave leur parvenant depuis la salle de contrôle.
Stiles et Allison tournèrent un regard inquisiteur vers le chef de la sécurité.
L'homme transpirait nerveusement et se mit à bégayer :
-Je... je... j'ai jamais négocié.
-Ça vous embête si l'Agent Argent tente le coup ? Demanda Stiles, sans réellement attendre une réponse pour faire un signe de la main à Allison. Elle lui fit un bref signe de tête en retour.
-Non, non ! Non, bien sûr ! On vous envoie quelqu'un pour négocier ! Cria-t-il en retour aux loups-garous.
D'un pas confiant, Allison entra dans la pièce, leva brusquement son arme et tira une balle à l'aconit pile entre les deux yeux de l'alpha, qui s'écroula au sol.
Scott grimaça au son du coup de feu et fixa Allison, bouche bée, qui tenait toujours son arme pointée dans sa direction et faisait le tour de la pièce des yeux, son regard s'arrêtant sur les quelques loups-garous encore présents.
-Quelqu'un d'autre veut négocier ?
Le chef de la sécurité se tourna vers Stiles, les yeux exorbités.
-Qui lui a appris à négocier comme ça ?
-Son père. »
Les derniers loups-garous furent arrêtés par les agents de sécurité et finalement, des policiers et des ambulanciers arrivèrent à l'opéra. Les gens furent réunis dans le hall afin d'être soignés ou de pouvoir partir en quête de leurs proches.
Stiles et Allison reculèrent d'un pas quand les assistants de Peter se ruèrent sur lui, fous d'inquiétude.
Alors qu'ils amenaient un ambulancier pour l'examiner, il se remit à parler dans son micro, continuant son émission de radio, et Stiles fut impressionné par tant de professionnalisme. Ou était-ce son narcissisme qui le poussait à continuer de parler de lui à ses auditeurs ?
« Mesdames et Messieurs, lança-t-il de ce ton de voix démesuré qu'il employait lorsqu'il était à l'antenne, tandis qu'un de ses assistants pansait les égratignures qu'il avait à la main.
-Ici Peter Hale, toujours en vie... Aïe ! Cria-t-il quand on lui aspergea un antiseptique qui lui brûla la peau. C'est quoi votre problème ? S'exclama-t-il en venant frapper la tête du responsable. Ça fait mal ! »
Après s'être assuré qu'Allison n'avait rien, Scott s'approcha de Stiles.
« Stiles, j'ai conscience que tu dois pas mal m'en vouloir, mais je veux que tu saches que je me bats pour une noble cause, expliqua-t-il sincèrement à son ami.
-Oui, je sais. Tu es en train d'essayer de sauver le monde, lui répondit Stiles, l'air épuisé, mais il se tut quand le talkie-walkie de l'officier de police qui se trouvait près d'eux émit un grésillement et que leur parvint la voix du directeur des opérations.
« Coups de feu à l'hôtel Ritz-Carlton. Envoyez des voitures et une ambulance. »
Le policier se saisit du dispositif de communication accroché à sa ceinture d'un air agacé :
-Vous êtes sérieux ?! Tout le monde est occupé avec tout ce qu'i régler à l'opéra !
Néanmoins, il fit signe à un groupe de policiers d'approcher et tous quittèrent les lieux au pas de course.
-Je m'en souviens, continua Stiles, s'adressant à Scott tout en se ruant à la suite des policiers. Mais là, j'essaie simplement de sauver Derek.
Scott fit signe à Allison de les suivre avant de se mettre à marcher à côté de Stiles :
-Il a des ennuis ?
Stiles ricana :
-Quand n'est-ce pas le cas ?
-Ma voiture est garée juste derrière l'opéra, indiqua Allison avant de les mener à l'extérieur jusqu'à un 4x4 noir.
Allison prit place derrière le volant et Scott s'assit à côté d'elle. Stiles monta d'un bond à l'arrière de la voiture, s'arrêtant pour refermer la porte quand Peter Hale grimpa soudain à son tour sur la banquette arrière.
-Qu'est-ce que vous faites là ? Lui demanda-t-il, incrédule.
-L'émission d'aujourd'hui est au sujet du gagnant du concours Cheerios et je ne compte pas vous lâcher d'une semelle !
Le regard empli de détermination fixé sur Stiles, il referma la portière de la voiture avant de se dresser par-dessus les sièges, apostrophant Allison :
-Démarre ! »
Allison mit le pied à l'accélérateur et, les pneus dérapant sur l'asphalte, quitta sa place de parking pour filer à toute allure. Stiles, les nerfs à rude épreuve, était perché sur la banquette arrière et priait pour qu'ils arrivent à temps pour sauver Derek. Il avait conscience que c'était un adulte, un loup-garou qui plus est, qui pouvait très bien prendre soin de lui tout seul, mais derrière ses larges épaules et son air grognon se cachait un mec bien trop innocent et gentil pour ce monde. Stiles avait envie de le prendre dans ses bras pour le protéger et ne plus jamais le lâcher.
Il fut arraché à ses pensées quand Allison freina brusquement en laissant échapper un juron sonore. Ils se trouvaient en plein dans un embouteillage et d'autres voitures commençaient déjà à s'accumuler derrière eux, les empêchant de faire demi-tour. Allison klaxonna avec impatience, mais bien entendu, personne ne les laissa passer.
« Et puis merde, marmonna Stiles avant de brusquement ouvrir la portière. »
Les trois autres lui crièrent après, cherchant à l'en dissuader tandis qu'il sautait hors de la voiture, mais il ne leur prêta aucune attention. Sans prendre le temps de s'arrêter, il se mit à descendre la rue en courant entre les rangées de voitures. Il n'était plus qu'à un kilomètre de l'hôtel, il pouvait être aux côtés de Derek en moins de cinq minutes. Au cours de sa course, une sensation de brûlure à la poitrine rendit sa respiration difficile, mais il ne ralentit pas pour autant. Derek avait besoin de lui.
