Voici enfin l'épilogue de ce texte que j'ai pris grand plaisir à traduire; la fin de ce petit bout de chemin que j'ai été heureuse de faire en votre compagnie. Merci à ceux qui m'ont suivie, si j'arrive au bout, c'est grâce à vous.


Stiles se tenait debout, les mains dans les poches, à profiter de la chaleur des derniers rayons du soleil. L'air frais était vif en cette fin d'automne et il avait hâte de rentrer à l'intérieur pour pouvoir se réchauffer les mains autour d'une tasse de thé. Il parcourra les abords de la forêt du regard en attendant le retour de Derek. Le loup-garou avait appris à contrôler sa transformation complète et avait désormais entrepris de redécouvrir le monde à l'aide de ses sens sur-développés.

Hier, ils étaient allés se promener dans les bois et Derek n'avait pas arrêté de tourner la tête dans tous les sens alors qu'il recevait toutes ces impressions différentes auxquelles Stiles n'avait jamais prêté attention avec ses pauvres sens d'humain. Il n'avait cessé de tirer sur la main de Stiles, impatient d'aller voir d'où venait un son ou une odeur particulière. La seule façon de l'en empêcher avait été de lui promettre de revenir le lendemain pour laisser libre court à sa curiosité aussi longtemps qu'il le souhaitait.

Derek avait été très enthousiaste à l'idée d'expérimenter les choses qu'il avait auparavant apprises en théorie et Stiles adorait voir le monde à travers les yeux du loup-garou. Chaque plat du petit-déjeuner était devenu une expérience culinaire, chaque sortie au magasin une aventure. Il s'interrogeait au sujet de choses auxquelles Stiles n'avait jamais réfléchi auparavant. Plus d'une fois, il avait eu du mal à expliquer au loup-garou un certain concept social et avait fini par lever les bras en l'air en signe d'impuissance, lui répondant avec frustration que c'était comme ça, et puis c'est tout. Mais il y avait d'autres moments qu'il ne voulait jamais oublier, comme la façon dont les yeux de Derek s'étaient illuminés la première fois qu'il avait goûté un milk-shake à la fraise. Une douce chaleur s'était répandue à l'intérieur de lui alors qu'il avait regardé Derek siroter joyeusement sa boisson. Son doux sourire s'était transformé en de vrais éclats de rire quand Derek avait eut l'impression d'avoir le cerveau gelé pour la toute première fois une minute plus tard seulement et avait fusillé du regard son milk-shake, un mélange de douleur et de confusion dans les yeux, comme s'il se demandait comment une boisson aussi bonne avait pu le trahir de cette façon.

Il entendit des bruissements de feuilles dans les sous-bois et soudain le gros loup noir bondit hors des buissons. Il se précipita sur Stiles, et, dans son excitation, jeta presque l'humain à terre en lui sautant dessus. La fourrure du loup était couverte de terre et de feuilles et il laissa des traces de pattes boueuses partout sur les vêtements de Stiles.

« C'est bon, c'est bon ! Arrêtes, gros nigaud ! Ricana-t-il en repoussant le loup.

Il s'approcha de sa vieille jeep bleue, ouvrit le coffre et en sortit une couverture usée. Quand il se retourna à nouveau, Derek était de nouveau sous sa forme humaine. Son torse se soulevait à chacune de ses respirations et un sourire ravi, même si fatigué, ornait ses lèvres. Sa peau sale luisait de sueur et la légère brise rafraîchissante lui donna la chair de poule. Stiles s'avança vers lui pour venir serrer la couverture autour de son corps nu.

-Comment peux-tu passer autant de temps là dehors, quand je suis là, à me geler les miches ?

-La fourrure, ça aide, déclara Derek avant d'attirer Stiles dans ses bras, malgré ses protestations, et de les envelopper tous deux dans la couverture. Je vais t'aider à te réchauffer.

-Non, t'es en train de tout me salir !

-Tu vas prendre une douche avec moi après, de toutes façons.

-Oh, tais-toi et habilles toi, marmonna-t-il en se libérant de l'étreinte de Derek avant de sortir ses vêtements du coffre pour venir les plaquer contre la poitrine du loup-garou. Je veux être rentré pour le dîner, papa fait des macaronis au fromage ce soir.

Au lieu d'enfiler ses vêtements, Derek se tint immobile et observa Stiles d'un air légèrement inquiet :

-Mais on va quand même prendre une douche ensemble, n'est-ce pas ?

Stiles leva brusquement les sourcils et il se mordit presque la langue jusqu'au sang pour retenir son rire. Il inspira profondément pour reprendre son calme avant de hocher la tête :

-Je n'ai jamais dit le contraire.

Il embrassa rapidement Derek sur les lèvres avant de lui faire un clin d'œil en faisant le tour de la voiture pour venir s'asseoir sur le siège conducteur.

-Maintenant, enfiles ton pantalon et montes dans la voiture. Plus vite on sera à la maison, plus vite on pourra prendre cette douche.

Derek s'emmêla presque les pieds dans son empressement.

Plus tard dans la soirée, Stiles recouvrit d'une couverture la silhouette endormie de son père et éteignit la télévision. Il n'avait pas voulu le reconnaître quand il vivait encore à New York, mais en fait son ancienne maison lui avait manqué. Il avait eu quelques conversations tendues avec son père, mais rythmés par l'habitude, ils s'étaient rapidement remis à vivre ensemble, et ce même avec l'addition de Derek au sein de leur petite famille. Le Shérif avait tout d'abord été surpris en remarquant que Stiles et Derek refusaient d'être séparés, mais il s'était rapidement mis à traiter le loup-garou comme son propre fils.

Le couple avait emménagé avec son père immédiatement après avoir été libéré de l'hôpital. Ils s'étaient beaucoup cachés de la presse les premières semaines, mais après avoir donné une interview exclusive diffusée sur l'émission radio de Peter, l'engouement les concernant avait cessé et ils avaient enfin pu quitter la maison sans qu'on ne leur fourre des micros dans la figure.

Maintenant qu'ils pouvaient enfin reprendre des vies normales, Stiles ne pouvait cesser de penser à l'avenir. Son père lui avait proposé une place en tant qu'adjoint au commissariat où il travaillait. Pas très palpitant comme boulot dans une petite ville comme Beacon Hills, mais n'avoir à affronter rien de plus pénible que des voleurs à l'arraché ou des violences domestiques lui allait très bien, et il lui avait donc dit qu'il allait y réfléchir.

Scott et Allison étaient retournés à New York, mais la ville n'avait plus le même attrait qu'auparavant à ses yeux. Cela était en partie du à Derek, qui lui avait dit qu'il se sentait beaucoup plus à l'aise dans cette petite ville, que pris au piège parmi les grands immeubles de la ville. Il songeait désormais à chercher un petit logement pour vivre dans les environs de Beacon Hills. De préférence près de la réserve, parce qu'il savait à quel point Derek aimait passer du temps dans la forêt.

Il entra dans la cuisine pour attraper deux bières dans le frigo avant de sortir sur le perron. Derek était assis sur les marches, les yeux levés vers la voûte céleste. C'était la nouvelle lune ce soir-là et il n'y avait aucun nuage en vue, rendant cette nuit parfaite pour observer les étoiles, ce qui était la raison pour laquelle Derek avait préféré s'asseoir dehors avec une couverture plutôt que de regarder un match avec Stiles et son père.

Stiles s'assit à côté de lui avant de lui tendre une bouteille. Derek le remercia et prit une gorgée, avant de lever à nouveau les yeux vers le ciel. Stiles suivit son regard et pointa du doigt une constellation :

« C'est la Grande Ourse par là.

-En fait, c'est Pégase. La Grande Ourse est par là.

Il prit le poignet de Stiles et guida son doigt pour qu'il pointe dans la bonne direction.

-Oh, s'exclama Stiles, gêné, en se frottant les bras. Pour être honnête, elles se ressemblent toutes à mes yeux. Je voulais seulement t'impressionner.

-Tu m'impressionnes déjà bien assez. Parfois, c'est à moi d'essayer de t'impressionner.

-Eh bien, dans ce cas, impressionnes moi. »

Il lui donna un gentil coup de genoux et appuya la tête contre son épaule en écoutant Derek lui expliquer à voix basse la façon la plus simple de se repérer dans le ciel étoilé.

Parce que ce qui était génial avec Derek, c'était que Stiles ne prenait pas seulement plaisir à regarder Derek découvrir quelque chose de nouveau, mais apprenait également beaucoup de choses du loup-garou. L'homme en question était intelligent et drôle, et Stiles ne pouvait imaginer un jour de plus sans lui à ses côtés. Un sourire idiot sur les lèvres, il délaissa les étoiles pour observer Derek à la place. Même dans le jardin à l'arrière de la maison où il n'y avait presque pas de lumière, il parvenait à discerner les traits du loup-garou, chaque détail de sa personne était gravé dans son esprit et prêt à apparaître à chaque fois que Stiles fermait les yeux.

« Tu veux déménager ? Lui demanda-t-il soudain sans réfléchir.

Derek s'interrompit dans sa liste des étoiles les plus brillantes et se tourna vers Stiles, les sourcils froncés.

-Où vivrons-nous ?

-Je ne sais pas, répondit Stiles en haussant les épaules. Mais, pas avec mon père. Que toi et moi. Et je pensais à prendre le poste au commissariat.

-Je pensais à prendre un boulot, moi aussi.

-Vraiment ? Stiles se redressa, surpris, avant de se lécher les lèvres. Quel genre de boulot ?

-Je ne sais pas, avoua Derek. Mais c'est juste quelque chose que j'aimerais faire. Quelque chose de normal, tu vois ?

-Ouais, acquiesça Stiles en revenant s'appuyer contre le flanc de Derek. On te trouvera quelque chose. »

Derek mit son bras autour de Stiles et ils restèrent tous les deux assis en silence, à observer les étoiles. Il pouvait entendre chanter les criquets et une voiture roulant au loin, mais ce qu'il entendait surtout, c'était les battements réguliers du cœur de Stiles. Il ne savait pas de quoi serait faite sa nouvelle vie, mais il n'avait pas vraiment peur de l'avenir. Stiles était son point d'ancrage dans ce monde empli de chaos et peut importe ce qui allait se passer, cela ne pourrait jamais l'abattre, pas tant que Stiles serait à ses côtés.


The end. Et je vous avoues que ça m'attriste un peu... J'ai passé tellement de temps sur cette traduction, moi qui n'avais jamais rien achevé auparavant, que taper ces dernières lignes laisse comme un vide. Merci à ceux qui m'ont suivie jusqu'au bout, et une pensée toute particulière à ceux qui ont pris la peine de commenter chaque chapitre, vous ne vous doutez pas du pouvoir de vos quelques mots. Et si faire un autre bout de chemin en ma compagnie vous intéresse, sachez que j'ai encore d'autres traductions dans mes tiroirs, alors je ne vous dis pas au revoir, mais à bientôt !