Chapitre 2: Silence ( Pascal Obispo)
Une voiture s'arrêta devant le 4 Privet Drive. Son conducteur fut soulagé d'être enfin arrivé. Il pensa ne pas s'être trompé de route, et d'être à la bonne adresse. Qu'est-ce qui ressemble à une rue résidentielle, qu'une autre rue résidentielle? Surtout lorsqu'on a un sens de l'orientation des plus déplorable, et le conduire n'importe où. Cela l'avait considérablement ralenti, il avait même été obligé de faire demi-tour plusieurs fois. Il espérait ne pas avoir perdu trop de temps, et ne pas être arrivé trop tard. Harry avait peut-être quitté les lieux? Si cela était le cas, il pouvait être partout et nulle part en même temps, dans ce cas, le retrouver serait extrêmement difficile. La première chose à faire, était de vérifier qu'il était au bon endroit. Pour cela il sortit de son véhicule. Il fut envahi par un étrange ressentiment dès qu'il posa le pied au sol. Il se trouvait dans un quartier pavillonnaire, dans lequel vivaient plusieurs familles. Par conséquences, il y avait beaucoup d'agitation, surtout en ce début de vacances d'été. Les enfants manifestaient leur joie de ne plus se rendre en cours. Ils jouaient dans les jardins, criaient, riraient. Les parents quant à eux, profitaient de leur temps libre, pour faire du jardinage et du bricolage à l'extérieur. Le voyageur les regarda un moment, enviant leur bonheur. Il n'avait aucune raison, puisqu'il serait père de nouveau, sa fiancée devait accoucher dans quelques mois. Il détourna son attention d'eux, pour se concentrer sur le but de sa venue, arracher Harry des griffes de sa famille. Il ne se doutait pas à quel point, cela serait difficile.
Une fois devant la porte, il se rendit compte que quelque chose n'allait pas. La maison était étrangement silencieuse, bien trop, étant donné que deux adolescents y vivaient. Ils auraient dus être aussi bruyants que leurs voisins. Pourquoi n'était ce pas le cas? Ils étaient peut-être sortis? Possible étant donné qu'aucune voiture n'était garée devant leur porte, ni devant le garage. Ce qu'il ne savait pas, c'est que le véhicule n'avait pas bougé. Il se trouvait en ce moment dans le garage de la maison. Vernon avait trop peur, que sa précieuse voiture puisse être vandalisée par les jaloux, salie par la pluie ou les déjections des oiseaux. Il se donnait bien assez de mal pour la laver, afin qu'elle puisse rester aussi belle qu'au beaucoup de mal pour la garder aussi belle et scintillante qu'au premier jour. Harry pouvait donc être le seul occupant présent. Sa famille, ne serait pas partie en promenade avec lui, étant donné qu'ils n'appréciaient guère sa compagnie. Ceci devait expliquer ce calme si dérangeant, et dans un sens, c'était préférable. L'homme soupira, puis il sonna à la porte et attendit que quelqu'un lui ouvre la porte. Ce ne fut pas le cas. Il recommença, dans l'espoir que la douce mélodie de la sonnette soit entendu. Il pria pour que aucun voisin ne le voie s'acharner de la sorte sur un bouton. On aurait pu le prendre pour un fou, ou un dangereux criminel, et appeler la police pour venir l'arrêter.
_C'est bon j'arrive.
Enfin un signe de vie. Il restait au moins une personne dans la maison. La personne était Vernon. S'il était resté chez lui, c'était parce que quelqu'un devait le faire, afin de garder un œil sur Harry, au cas, où ce dernier tenterait de s'enfuir. Il le devait aussi, au cas où on viendrait le chercher. Cela ne lui plaisait pas beaucoup d'être contraint de rester enfermé chez lui. Sa seule consolation, était qu'il ne l'avait pas à supporter sa présence. Son neveu passait la plupart de son temps dans sa chambre, à dormir, et ne se levait que très rarement. Uniquement pour satisfaire des besoins naturels et vitaux, comme se nourrir ou se laver.
Le visiteur fut accueilli de la façon la plus inamicale qui soit. Il l'avait un peu cherché aussi. S'il s'était montré aussi pressé, c'était parce qu'il se faisait beaucoup de souci pour Harry, et qu'il était impatient de le sortir de là. Le visage rouge de Vernon, aurait dû l'effrayer, mais cela le rassura, il était à la bonne adresse.
_Cessez immédiatement, de jouer avec ma sonnette. Je vous prie.
Rien d'étonnant à ce qu'il soit de mauvaise humeur, étant donné qu'il était dérangé chez lui.
_Veuillez me pardonner. Je ne le refais plus.
_Bien. Maintenant dites-moi pourquoi vous sonnez à ma porte avec autant d'insistance. Vous voulez me vendre quelque chose?
_Ce n'est pas le cas. Je suis venu pour voir Harry Potter. C'est bien ici qu'il habite?
_C'est possible.
_Comment ça, c'est possible. Vous ne pouvez pas répondre par oui ou par non?
_Pas tant que je ne sais pas à qui j'ai affaire. Vous êtes?
_Pardon, j'ai oublié de me présenter. Je suis Thomas Salinger.
Il était préférable de ne pas mentir sur son nom et en donner un faux. Harry devait savoir qui venait le voir, afin qu'il sache qu'il avait affaire à un allié.
_C'est étrange, ce nom m'est familier. On se connaît?
_Non, pas du tout, ce doit être un nom courant.
_Si vous le dites. Pouvez-vous me dire pourquoi vous voulez voir Harry Potter?
_Parce que je suis un ami.
_Un ami? Vraiment? Où l'avez-vous rencontré?
_ Dans son collège.
_Vous allez encore au collège à votre âge?
_Je suis l'un de ses professeurs.
_Donc vous aussi vous êtes un sorcier?
_Oui. Pourquoi?
_Pour rien. Mais ne restez pas planter là, entrez.
Vernon voyait dans cet homme, une source de revenu supplémentaire. Il comptait bien lui soutirer le plus d'argent possible. Il devait en avoir, au vu de ses vêtements.
Thomas, quant à lui, était arrivé au point de non retour. Il ne pouvait pas refuser l'invitation. La dernière chose qu'il voulait, c'était de passer du temps en compagnie de monsieur Dursley. Il aurait été préférable que Harry vienne le rejoindre dehors. Mais il ne pouvait pas non plus rester sur le pas de la porte, pas après tout le mal qu'il s'était donné pour arriver. C'est à ce moment là que Vernon se rendit compte de l'handicap de son invité. Il n'avait pas fait attention à sa canne non plus, pensant qu'il s'agissait d'un simple accessoire de mode.
_Vous êtes venu directement de là-bas? Vous avez fait tout ce chemin en train? Vous n'avez pas eu de mal à trouver une place assise?
_ Je suis venu en voiture.
Nul doute que la voiture en question devait être belle. Vernon jeta un coup d'œil derrière son visiteur, afin de voir à quoi elle pouvait ressembler. Il ne fut pas vraiment déçu.
_Elle est très jolie. Vous n'avez pas trop de mal à passer les vitesses?
_C'est une automatique.
_C'est mieux.
_Pardon? Je n'ai pas compris ce que vous venez de dire.
_J'ai dit: c'est mieux. Enfin c'est mieux pour vous. Mais ne restez pas débout. Allez vous asseoir, je vais vous servir un café.
_Je vous remercie de votre offre, mais je n'ai pas envie d'un café.
_Je peux vous faire du thé. Je peux vous servir un jus de fruit, à moins que vous préfériez un soda?
_Non, merci. Je n'ai pas soif.
_Vous pouvez quand vous reposer un peu, avant de reprendre la route.
_Non, ça ira. Je ne suis pas fatigué.
Thomas se sentait de plus en plus mal l'aise. Les évènements prenaient une tournure qui n'allait pas vraiment en son avantage. Il était préférable qu'il quitte les lieux rapidement, en compagnie de Harry. Vernon quant à lui, fit comme si il n'avait pas entendu ce que son invité venait de lui dire, ou qu'il s'en moquait. Il se dirigea rapidement dans sa cuisine, pour en ressortir deux minutes après avec un plateau, contenant deux tasses de cafés, et deux parts de gâteaux. Il posa le tout sur la table de son salon, avant de s'installer.
_Ne restez pas debout, prenez un siège. Vous prenez du sucre dans votre café?
_Je croyais vous avoir dit que je ne prendrai pas de café.
_Vous auriez pu changer d'avis. Vous prendrez bien un peu de gâteau? Il est au chocolat.
_Je n'ai pas faim.
_Vous préfériez autre chose? Il doit rester un peu de tarte au citron.
_Je ne suis pas venu pour manger.
_Pourquoi êtes-vous venu?
_Pour voir Harry Potter, et m'assurer que tout se passe bien.
_Je peux vous assurer que c'est le cas. Il s'agit de mon neveu. Vous ne pensez tout de même pas que je puisse lui faire du mal?
Effectivement il était bien son oncle, ce qui ne l'avait pas empêché de le mal traiter. Thomas l'aurait cru sur parole, s'il n'était jamais venu. Il avait bien la façon dont Vernon lui parler et l'avait chassé de chez lui. Il se garda bien de lui en faire la remarque. Il ne voulait pas se montrer agressif envers lui, au risque de se faire chasser des lieux.
_Loin de moi cette idée. C'est juste que son année scolaire a été mouvementée. Je voudrais juste voir, s'il a réussi à surmonter ce qu'il c'est passé.
Vernon se moquait bien de la santé mentale d'Harry. Tout ce qu'il devait faire c'était de le garder enfermé dans sa chambre, de s'assurer qu'il mange suffisamment pour rester en vie. Tout le reste ce n'était pas ses problèmes. Il pouvait souffrir psychologiquement, mentalement, moralement, du moment qu'il le fasse dans le silence, et qu'il le fasse dans sa chambre. Il n'avait pas, non plus l'intention d'aller le chercher. Il ne voulait pas prendre le risque de se voir privé de sa « poule aux œufs d'or ». Son invité allait vite déchanter, parce qu'il ne verrait pas son élève, même de loin. En théorie, il ne risquait rien, selon les dire de cette sorcière. Harry ne devrait plus vouloir retourner dans son école, mais on ne sait jamais, peut-être que le fait de voir l'un de ses professeurs, pourrait le faire changer d'avis. Il resta donc assis et commença la dégustation de son gâteau.
_Vous attendez quoi pour aller le chercher?
_Parce que vous voulez le voir maintenant?
_Oui.
_J'ai bien peur, que cela ne soit pas possible.
_Pourquoi?
_Parce qu'il n'est pas là.
_Comment ça, il n'est pas là? Il ne vit plus ici?
_Si, si. C'est juste qu'il est sorti avec ma femme et mon fils. Ils sont au cinéma.
_Vous n'auriez pas pu me le dire avant?
_J'avais oublié.
_Vous savez quand il doit rentrer?
_Dans une ou deux heures. Vous pouvez l'attendre ici.
Vernon se retient pour ne pas rire. La dégustation failli virer au tragique, puisqu'il avala de travers. Non parce qu'il avait mangé trop vite, mais parce que son neveu venait d'entrer dans la pièce. Jamais il n'aurait dû avoir la force de le faire. Pourtant, il était là, debout devant lui. Certes il n'avait pas bonne mine, avec son allure de zombie, et ses grosses cernes sous les yeux, mais il était bien là. Il n'aurait pas pu attendre un peu avant de venir? Que son professeur soit parti, par exemple. Vernon ne savait pas ce qu'il devait faire, ou dire pour justifier la présence d'Harry. Dire qu'il avait parfaitement maîtrisé la situation. Tous ses efforts, pour rien. Pourquoi n'avait-il pas pensé à l'enfermer dans sa chambre? Il était trop tard à présent. Paradoxalement, les évènements prochains, allaient lui être favorable. En effet le jeune adolescent passa à coté de son professeur, sans même le regarder, réagissant, comme s'il n'était pas là. Toute son attention, fut concentrée vers son oncle, à qui il demanda s'il pouvait lui préparer quelque chose à manger, parce qu'il avait un peu faim.
Normalement Vernon lui aurait répondu qu'il n'était pas à son service, qu'il était hors de question qu'il lui prépare quoi que ce soit. Il ne le fit pas, bien au contraire. Il se montra serviable, lui proposant même de lui préparer son sandwich préféré, et lui demanda de l'attendre dans la cuisine. Thomas n'en croyait pas ses yeux. Il n'aurait pas imaginé, un seul instant, que l'oncle d'Harry, puisse se montrer aussi gentil . S'il n'avait pas assisté, l'année dernière, à une scène complètement différente, il aurait pu croire que monsieur Dursley ait de l'affection envers son neveu. Il s'était donc passé quelque chose, mais quoi? Il devait en avoir le cœur net, et ne pas attendre que son élève ne lui échappe définitivement.
_Bonjour , lui dit-il, dans le but de se faire remarquer. Ce fut bien le cas.
Harry se tourna vers son professeur, lui jetant un regard froid, ses propos le furent tout autant.
_Que faites-vous chez moi ?
Harry s'était toujours montré courtois et poli vis à vis de son professeur. Non seulement ce n'était plus le cas, mais en plus, il ne le tutoyait plus. Pourquoi? Que s'était-il passé. À moins qu'il ne joue la comédie, afin que son oncle, ne se doute de rien?
_ Je voulais prendre de tes nouvelles. M'assurer que tu vas bien.
_Vous n'étiez pas obligé de vous déplacer pour si peu.
_Je l'ai fait parce que Draco était très inquiet pour toi, et qu'il m'a demandé de le faire.
_Pourquoi il ne m'a pas écrit directement, au lieu de vous envoyer?
_Il m'a dit l'avoir fait.
_Vraiment? Je n'ai rien reçu. Dis-moi oncle Vernon, est-ce que j'ai eu des lettres depuis mon retour?
_Non. Si cela avait été le cas, je te les aurais données.
_Vous voyez. Il ne doit pas être si inquiet que ça finalement.
Pourtant Draco, lui avait bien dit avoir envoyé plusieurs messages à son amant. Il ne lui aurait pas dit, si cela n'avait pas été le cas. L'un des deux mentait, mais lequel?
_Le courrier n'est peut-être pas encore arrivé. Mais je t'assure qu'il se fait du souci pour toi. Il m'a aussi demandé que je vienne te chercher.
_Pourquoi?
_Pour passer les vacances avec toi.
_Il ne s'est pas demandé si moi aussi je le voulais. Vous non plus, puisque vous êtes ici.
Le discours d'Harry était de plus en plus incohérent. Il avait souvent dit à quel point sa « famille moldu » était un boulet pour lui, qu'il n'avait jamais pu s'intégrer à eux, et que son seul désir, était de ne plus jamais les voir. En toute logique, il aurait donc du être d'accord pour ne plus jamais être avec eux.
_Tu as raison, je suis désolé. Dis-moi, ce que tu veux, et je respecterai ta volonté.
_Rester avec ma famille. Chose que ni lui, ni vous ne pouvez comprendre, puisque vous n'en avez plus.
Le ton était volontaire méchant, voir blessant. Thomas n'avait jamais pensé qu'il puisse lui dire un jour, ce genre de chose. Il ne comprenait pas pourquoi il avait changé d'avis aussi brusquement. Il pourrait insister, le forcer à le suivre. Harry ne se laisserait pas faire. Il allait se défendre, et l'un des deux, voir les deux, seraient blessés. Il n'y tenait pas spécialement.
_ As-tu un message pour Draco?
_Non, je n'ai rien à lui dire pour le moment.
_Tu comptes retourner à Poudlard en septembre?
_Non. Je ne pense pas.
_Pourquoi?
_Je n'ai plus rien à y faire.
_Tu n'as pas encore fini tes études. Tu ne vas pas abandonner un an avant la fin?
_Fred et George l'ont bien fait eux. Ils s'en sortent très bien.
_Effectivement. Mais il est préférable de mettre toutes les chances de ton côté. Tu ne devrais pas prendre ce genre de décision sur un coup de tête.
_Ce n'est pas le cas.
_J'insiste, prends un peu de temps, pour y réfléchir.
_C'est ce que j'ai fait. Arrêtez de m'embêter et de me dire ce que je dois faire, ou pas. Laissez-moi tranquille et allez-vous en de chez moi.
Il lança un regarde apeuré à son oncle, lui demandant d'intervenir, de le protéger, et de faire partir son professeur. Ce dernier lui promit de chasser l'intrus. Il lui donna l'autorisation de retourner dans sa chambre, il lui apporterait son repas dès qu'il sera près.
_Je suis désolé, monsieur Salinger, mais je vais vous demander de sortir de chez moi.
_Pas avant que vous me dites pourquoi vous m'avez menti.
_Je n'ai pas menti.
_Bien sûr que si, puisque vous n'avez dit qu'il était au cinéma.
_Je croyais sincèrement que c'était le cas.
_Ne me prenez pas pour un imbécile. Vous saviez parfaitement qu'il était dans sa chambre. J'ai l'impression que vous ne voulez pas que je le vois. Je me trompe?
_Non, pas du tout c'est tout à fait ça.
_Pourquoi?
_Parce que je n'avais pas le choix. J'étais obligé de le faire, pour vous empêcher de me le voler.
_Vous n'allez pas me faire croire que vous l'aimez?
_Vous ne seriez pas jaloux?
_Pourquoi le serais-je?
_Parce qu'il m'aime plus que vous. Qu'il préfère rester avec moi, que de partir avec vous.
_Que lui avez-vous fait?
_Pardon?
_Que lui avez-vous fait, pour qu'il tienne à rester chez vous?
_Rien du tout.
_Vous avez forcément fait quelque chose. Il n'est pas dans son état
normal.
_Mais je n'ai rien fait. Comment le pourrais-je. Je n'ai pas de pouvoir moi.
Vernon semblait bouleversé et peiné. Il avait même les larmes aux yeux. Pourtant au fond de lui, il ne l'était pas vraiment. Il se contentait de jouer la comédie. Il espérait que la personne qu'il avait devant lui, était suffisamment assez crédule pour le croire sincère. Cela aurait pu être le cas, s'il n'était pas déjà venu un an avant. Il avait bien vu la façon dont Vernon parlait à son neveu, comment il l'avait chassé de chez lui.
_Arrêtez de faire semblant d'avoir de la peine.
_Je ne fais pas semblant. Je suis vraiment triste.
_Mais bien sûr. Cela ne vous a pas empêché de le chasser de chez vous l'année dernière, tout cela parce qu'il a fait exploser quelques verres.
Thomas se rendit compte, trop tard, qu'il en avait trop dit. Normalement, il n'était jamais vu. Il était même revenu, afin d'effacer la mémoire de toute la famille Dursley. Il ne s'était pas contenter de supprimer sa présence, mais aussi tout ce qui c'était passé ce jour là.
_Pardon? Comment osez-vous m'insulter. Je n'ai aucune raison de le chasser de chez moi.
_Vous en avez au moins une; vous ne l'aimez pas.
_Je ne l'aurais jamais recueilli si cela avait été le cas.
_Vraiment? Pourtant je ne vois aucune photo de lui ici.
_C'est parce qu'il est timide. Il n'aime pas être pris en photo.
_Ce qui n'est pas le cas de votre fils. Vous devez le préféré à votre neveu.
_J'ai toujours considéré Harry, comme un fils, et je l'ai toujours traité comme tel.
_Vous devez donc bien le connaître?
_Plus que vous.
_Vous devez connaître le nom de ses amis.
_Vous savez, il en a tellement.
_Effectivement. Mais il doit bien en avoir un dont il a dû vous parler régulièrement.
_Je n'ai pas une très bonne mémoire des noms.
_Vous devez connaître son plat préféré.
_Aucun. Il n'est pas très gourmant.
_Son film préféré?
_Il n'est pas vraiment cinéphile.
_J'ai l'impression que vous ne savez pas grand chose à son sujet.
_C'est faux. Je sais plein de chose.
_D'accord. Je vous écoute. Dites moi ce que vous savez à son sujet.
_Vous allez m'embêter encore longtemps avec vos questions? Qu'est-ce que vous cherchez à la fin?
_Vous prétendez être proche de lui, mais vous ne pouvez pas répondre à la moindre question.
_Et, vous? Vous pouvez le faire?
_Ses amis sont Ron, Hermione, Neville, Dean, Seamus, Hagrid, le professeur Dumbledore. Il est très gourmant et à une préférence pour les plats épicés. Dois-je continuer?
_Non, ce n'est pas nécessaire, vous avez gagné. Je l'ai toujours détesté. Mais je pourrais le convaincre de partir avec vous.
_Que voulez-vous en échange?
_Je vois que vous comprenez vite. Je ne serai pas gourmant, je me contenterai de 50.000 livres sterling. 1
_Pardon?Combien?
_Vous avez très bien entendu.
_Vous vous rendez compte de la somme que cela représente? Vous n'êtes pas sérieux?
_ Je ne plaisante jamais avec l'argent.
_On est loin d'une petite compensation là.
_C'est parce que ma peine est grande.
_Tout comme votre cupidité. Vous croyez vraiment que je vais vous donner autant d'argent?
_Vous n'avez pas le choix. Si vous ne le faites pas, je ne vous donnerez pas le droit de repartir avec lui.
_ Vous me vendez votre neveu.
_C'est votre point de vue. Je ne le partage pas. N'allez pas me faire croire que vous n'en avez pas les moyens. J'ai vu votre voiture, elle doit coûter beaucoup plus.
_Je ne sais pas. C'est mon frère qui m'en a fait cadeau.
_Vous avez un frère bien généreux. J'espère que vous le serez autant envers moi.
_Vous êtes vraiment abject.
_Payez-moi au lieu de parler. Je vous préviens cette offre ne sera pas valable éternellement. Je pourrai vous demander plus dans cinq minutes, ou refuser toute transaction.
_D'accord. Thomas n'avait pas envie de marchander. Tant pis, il allait lui donner ce qu'il veut. Il n'avait pas le choix non plus, il ne pouvait pas laisser Harry un jour de plus ici. Il pourrait lui arriver tout et n'importe quoi, et il ne serait jamais pardonné de l'avoir laissé livré a lui même, tout ça parce qu'il ne voulait pas dépenser son argent. Vous avez gagnez, je vais vous le donnez cet argent. Je peux vous faire un chèque ?
_La maison refuse les chèques, ainsi que les cartes de crédits, et les virements bancaire. Personne ne doit savoir, ni se douter de quelque chose. Il faut donc rester dans la discrétion absolue.
_Vous ne voulez quand même pas que je vous paie en liquide?
_C'est ça en liquide, en petites coupures. Veillez bien à ce que les numéros ne se suivent pas, et qu'ils ne soient pas marqués.
Vernon se comportait comme un kidnappeur, donnant les instructions de la remise de rançon. Le pire c'est qu'il le faisait tout naturellement, comme si il avait l'habitude de ce genre de chose.
_Vous vous doutez que je n'ai pas une somme pareille sur moi.
_C'est dommage. Alors je veux bien me montrer magnanime. Je vous laisse un délais de douze heures.
_Vous rigolez? Vous pensez vraiment que je vais pouvoir sortir une telle somme en si peu de temps?
_Je suis sûr que vous y arriverez, si vous vous montrer suffisamment convainquant.
Thomas aurai dû quitter les lieux pour se rendre le plus rapidement à sa banque. Mais quelque chose l'en empêcha. Il avait l'impression que le sol bougeait sous ses pieds, alors qu'il était parfaitement immobile. Il eut mal à la tête. Ses jambes n'avaient plus la force de le porter. Rester debout était difficile, mais il refusait de s'asseoir et de montrer le moindre singe de faiblesse à son adversaire. Il mit son malaise, sur le compte de la fatigue. Il n'avait pas dormi cette nuit, et la route avait été longue. Cela ne pouvait pas dû a autre chose, étant donné, qu'il n'avait rien mangé, ni bu.
_Vous ne vous sentez pas bien?
_Si, si ça va.
C'est à ce moment que ses dernières forces le quittèrent. Il se serait retrouver au sol, si Vernon, n'avait pas anticipé, et rattrapé avant qu'il ne tombe. Ensuite il l'aida à prendre place sur une chaise. Puis il lui enleva sa veste, desserra sa cravate, déboutonna les premiers boutons de sa chemise, afin de l 'aider à respirer.
_Merci, lui dit Thomas, reconnaissant.
_Vous êtes diabétique?
_Pas que je sache, pourquoi?
_Je vais vous chercher un verre de jus de fruit, ça vous fera du bien. Ne bougez pas.
Une fois dans sa cuisine, il prit un verre dans lequel, il versa un peu de jus d'orange. Il tenait à ce que son invité se sente mieux, sinon il ne pourrait pas se rendre à sa banque, et revenir avec l'argent qu'il lui devait. Il sursauta lorsqu'il croisa le regard de Narcissa. Que faisait-elle ici, alors qu'il ne l'avait pas prévenue? Il craignit qu'elle ait entendu sa conversation avec le professeur, et par conséquence son petit marchandage. Elle n'aimerait pas qu'il la double de cette façon.
_Vous n'avez fait peur, madame, lui dit-il. Que faites-vous ici?
_Je suis là, parce qu'un de mes espions, a vu un sorcier entré chez vous. Est-ce vrai?
Vernon, aurait dû se douter que cette femme ne lui ferait pas entièrement confiance.
_Oui, oui.
_Pourquoi vous ne n'avez pas appelé?
_J'allais le faire. Mais je ne pouvais pas le faire devant lui.
_Évidement. Et Harry Potter, il est toujours dans sa chambre?
_Oui.
_Allez vérifier. Profitez en pour lui apporter de quoi manger.
_Et vous, qu'allez vous faire?
_Je vais parler avec votre invité. Vous connaissez son nom?
_Il m'a dit qu'il s'appelait Thomas Salinger.
_Vous croyez ou vous en êtes sûr?
_C'est le nom qu'il ma donné en tout cas. Il m'a peut-être menti.
Narcissa, avait entendu ce nom une seule fois, et c'était de la bouche de feu son époux. Il lui avait parlé d'un professeur qu'il avait osé lui tenir tête. Peu de personne ne l'avait fait avant, et aucun d'entre eux ne pourrait en témoigner, puisqu'ils avaient payé de leur vie cet affront. Elle le regarda avec mépris, avant de mettre une main sur son menton, et de lui relever la tête. Elle tenait à voir à quoi pouvait ressembler ce fameux professeur. Il semblait jeune, bien trop jeune, pour être une réelle menace. Elle avait imaginé plus vieux, et plus moche.
_Vous êtes bien Thomas Salinger, le professeur de défense contre les forces du mal de Poudlard?
_Oui, c'est bien moi. Qui êtes-vous madame?
_La mère de Draco Malefoy et aussi la veuve de Lucius.
_Je suis vraiment désolé pour la mort de votre époux. Je vous présente mes condoléances.
Elle perdit son sang froid et le gifla violemment. Il n'avait pas le droit de lui présenter ses condoléances, alors qu'il était en parti responsable du décès de son mari. Au moins, elle avait la possibilité de le venger et de le torturer un peu.
_Ne vous moquez pas de moi. C'est à cause de vous qu'il est mort.
_Vous allez me tuer?
_Non, j'ai besoin de vous.
_Je ne vois pas en quoi je peux vous aider.
_J'ai un message pour mon fils. Je compte sur vous, pour aller lui transmettre. Vous pensez pouvoir le faire?
_Que dois-je lui dire?
_Vous lui direz qu'il ne reverra plus jamais son amant Harry Potter, parce qu'il va bientôt mourir. S'il veut lui sauver la vie, il doit revenir à la maison, et épouser la fille que je lui ai choisi.
_C'est pour ça que vous êtes venue ici, c'est pour le tuer? Vous croyez que je fais vous laisser faire?
_Mais c'est déjà le cas.
_Pardon?
_Il est en train de mourir à ce moment.
_Il avait certes mauvaise mine, mais il était loin d'être à deux doigt de la mort.
_C'est parce qu'il perd chaque seconde un peu plus de ses forces. Bientôt, il n'en aura plus.
_Qu'est-ce que vous lui avez fait?
_Moi? Rien. C'est son oncle qui à tout fait. Il m'a suffit de lui donner un peu d'argent, et il m'a mangé dans la main. Il fait tout ce que je lui demande, comme un bon petit chien-chien.
_Vernon, n'est peut-être pas quelqu'un de bien, mais je doute qu'il ait accepté de mettre la vie de son neveu en danger.
_Il ne se doute de rien. Il pense juste que son neveu va perdre sa singularité et qu'il deviendra un vrai Moldu, comme eux.
_Vous vous doutez que je ne vais pas vous laisser faire.
_Parce que vous pensez avoir la moindre chance face à moi? Vous n'avez pas idée de quoi je peux être capable.
_Vous non plus.
_Si je le sais. Vous n'êtes qu'un faible. Vous avez vu Harry, et vous vous êtes aperçu de rien. Dire que vous êtes professeur de défense contre les forces du mal, c'est vraiment pathétique.
Elle lui lança un sort, Endoloris, afin de lui montrer qui était le plus fort des deux, et qu'il comprenne qu'il n'était pas grand chose face à elle. C'est exactement à ce moment là que Vernon entra dans son salon.
_ Mais que faites-vous? S'écria t-il furieux. Arrêtez tout de suite.
_Pardon?
_Vous ne pouvez pas torturer quelqu'un sous mon toit.
_Estimez-vous heureux que je ne fasse pas de même avec vous, ou votre famille. Vous voulez peut-être prendre sa place?
_Non… non.
_Alors, ne me dérangez plus. Et ne vous inquiétez pas, je n'ai pas l'intention de le tuer. Pour le moment j'ai besoin qu'il reste en vie.
Vernon préféra ne rien dire de plus, et de ne rien faire non plus. Il se contenta de détourner la tête afin de ne pas assister à ce spectacle, et de se boucher les oreilles pour ne plus entendre les cris, tout en priant que cesse enfin tout ce raffut. Ses prières furent entendues puisque cinq minutes plus tard, il n'y avait plus un seul bruit dans sa maison, le silence venait de s'installer. Il ne se sentait pas plus rassuré pourtant. Il jeta un coup d'œil rapide, il tenait à savoir pourquoi le calme était revenu. Narcissa avait cessé de torturer sa victime , parce que cette dernière avait perdue connaissance. Elle semblait presque déçue, il n'avait pas tenu très longtemps. Comment un mollasson tel que lui, avait réussi à avoir le poste, tant convoité de professeur de défense contre les forces du mal? Il n'avait même pas essayé de se défendre, c'était comme s'il n'avait perdu ses pouvoirs. Ce qui n'aurait pas dû lui arriver, même s'il avait été en contact avec Harry. De plus, elle avait programmés les cristaux se trouvant dans la boulle à neige, pour que seul, le jeune Potter puisse en subir les effets. Personnes d'autres ne devaient en être affectées. Il n'y avait que deux exception à la règle. La première était une erreur lors de la préparation des cristaux. L'autre était inenvisageable, cela ne pouvait pas être possible. Elle ne pouvait pas s'en aller, sans savoir à quel moment elle s'était trompée. Il ne lui restait plus qu'à réveiller sa victime, afin de lui poser directement la question. Elle l'aurait fait, si elle n'avait pas entendu un bruit des plus inquiétant venant du plafond, c'était comme si un verre venait d'être jeté violemment au sol. Vient ensuite le grincement d'une porte qui venait d'être claquée, et des bruits de pas dans les escaliers. Elle ressenti une forte puissance. La personne qui descendait ne pouvait pas être Harry étant donné que ce dernier n'avait presque plus aucune force. Elle préféra ne pas attendre, pour savoir qui venait d'arriver, car elle savait déjà qu'elle ne serait pas assez forte pour l'affronter. Elle devait donc fuir pour sauver sa peau. Mais avant, elle s'empara de la canne de son ennemi. Elle aimait voler un objet personnelle aux personnes qu'elle avait vaincues, c'était comme un trophée de guerre. Puis elle disparue dans un nuage de fumée.
C'est à ce moment que Vernon réalisa qu'il n'avait pas touché sa récompense. Certes il ne l'avait pas prévenue, mais il avait tout de même réussit à le retenir assez longtemps.
_Madame Malefoy, ne partez pas si vite, vous avez oublié de me donner mon argent.
(1): soit 59 457 €
À suivre chapitre 3: Les mots et les gestes.
J'espère que vous avez aimé ce chapitre. Vous pouvez me laisser un commentaire, si vous le voulez.
Se you
