Chapitre 3: Les mots et les gestes (G Depalmas)

La vie n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Celle de Daniel avait été bâtie sur le mensonge et la trahison, et ce depuis le jour de sa naissance. Cela s'était même aggravé avec le temps. Il était devenu de plus en plus méfiant envers les autres, au point d'en devenir paranoïaque. Ce n'est qu'une fois à Poudlard, qu'il comprit, que certaines personnes étaient dignes de confiance. Il arriva même à se faire des amis. Quatre pour être précis, et l'un d'entre eux, n'avait pas hésité à le dénoncer à son pire ennemi. Il n'aurait jamais pensé, ni imaginé, que cela puisse lui arriver de nouveau. Comment l'un de ses frères de cœur, avait pu se retourner aussi facilement et rapidement contre lui. Pour sa propre sécurité, il avait été contrait de partir à l'autre bout de la planète, dans un monde de froid, et d'hiver quasi perpétuel.

Profondément marqué par cette épreuve, il s'était encore plus refermé sur lui même. À présent, il doutait de tout le monde, voyant des complots contre lui partout. Il ne divulguait plus ses secrets au premier venu, et ne se confiait plus. À quoi cela servait-il? De cette façon, il ne risquait plus d'être manipulé, mais cela l'obligeait aussi, à tout garder pour lui. Il finit bien par s'y faire, puisqu'il l'avait déjà fait dans le passé. Il le fit aussi afin de garantir sa sécurité, et celle des personnes qu'il aimait encore. Il était prêt à en payer le prix. Il avait cru jusqu'à présent, être à l'abri des aléas de l'existence. Il se rendit compte, en arrivant devant le 4 Privet Drive, à quel point il avait été naïf. Son passé, venait de le rattraper. Il ne comprenait pas pourquoi Harry Potter, vivait à cette adresse. Le professeur Dumbledore, lui ayant juré de tout faire, afin que cela n'arrive pas. Avait-il au moins essayé, ou s'était-il contenté de rester parfaitement inactif?

Daniel n'avait jamais douté de l'honnêteté de celui qui fit son maître, son professeur et son model. Dire qu'il l'avait toujours cru, incapable de le poignarder dans le dos. Et c'était justement ce qu'il avait fait. Il se félicita d'avoir fait le déplacement, et ce malgré les risques, regrettant presque de ne pas l'avoir fait plus tôt. Mais avant d'aller demander des comptes, au vieil homme, car il était hors de question, qu'il ne le fasse pas, il devait s'assurer que l'adolescent aille bien dans un premier temps. Ensuite, il le ferait quitter cet endroit maudit, bien qu'il n'avait pas l'autorité pour ça. Ce simple détail ne l'arrêterait pas.

Il pénétra dans les lieux, le plus discrètement possible, afin que personne ne puisse se rendre compte de son intrusion. Ce qu'il vit était au delà de tout ce qu'il avait pu imaginer. Après la stupeur, vint la colère. Ce qui se passait ici, était tout simplement, inadmissible, intolérable. De rage, il cassa l'objet qui était la cause de tout ce désordre. Il n'avait jamais pensé retrouver Harry Potter, dans un tel état. Tout ce qu'il avait préparé dans l'avion, le fut pour rien, puisque son interlocuteur n'était pas en mesure de l'écouter. Il devait attendre qu'il reprenne connaissance, afin d'avoir une conversation avec lui. Ce qui ne devrait pas se produire avant dix ou vingt longues minutes. Il n'avait pas envie d'attendre tout ce temps, à ne rien faire. Il décida de descendre, afin de demander des comptes au maître de cette maison, en espérant qu'il soit bien présent.

Il ne devait pas baisser sa garde parce qu'il allait avoir affaire à un simple moldu. La première chose qu'il fit, une fois qu'il était au rez de chaussée, était de se placer devant la porte, afin de lui couper le chemin, et éviter toute fuite. Puis il le menaça avec sa baguette. Ce n'était vraiment fair play de sa part de s'en prendre de cette façon à plus faible que lui. En tant normal, il n'avait jamais recourt à ce genre de procédé. Mais à situation, exceptionnelle, réaction exceptionnelle. De plus, il ne voyait pas pourquoi il devait avoir des scrupules, puisque cet homme, en n'avait pas eu lui non plus envers son propre neveu. Il se montra même clément puisqu'il ne le frappa pas d'entré de jeu bien qu'il en avait envie. Il allait même lui laisser une chance de se justifier, et de se faire pardonner.

_Mais. Que faites-vous chez moi? Furent les seuls mots que Vernon, dit à son visiteur.

_Je dois vous parler.

_Me parler? Mais je ne vous connais pas.

_Moi, si.

_Pardon? Comment pouvez-vous me connaître, si moi je ne sais même pas qui vous êtes?

_Ceci n'est qu'un détail. Ce n'est pas important.

_Pour moi si. Et puis, je n'ai pas envie de parler avec vous. Je vais vous demander de me laisser tranquille, et de vous en aller maintenant.

Daniel n'avait jamais obéi à qui que ce soit, et ce n'était pas ce simple Moldu qui allait lui dicter sa conduite. Il ne partirait que lorsqu'il le déciderait et pas avant. De plus il n'avait ni le temps, ni l'envie de perdre son temps en conversation inutile. Il voulait des explications, et il les aurait. S'il devait prendre le rôle du méchant, il le ferait. La fin justifie les moyens, non? Il avait bien l'intention de se les donner, quitte à utiliser tous les coups bas possible. Pour commencer, il allait lui montrer, qui était le plus fort dans cette pièce. Il n'eut aucun scrupule à lui montrer sa baguette, et à lui montrer qu'il n'hésiterait pas une seconde à s'en servir et lui lancer un sort ou deux .

_Celui qui donne les ordres, ici, c'est moi!

_Vous n'oseriez tout de même pas vous servir de vos pouvoirs contre moi? S'exclama Vernon, la peur au ventre.

_Si il le faut, je le ferais. Maintenant cela ne dépend que de vous.

_Mais, je croyais que les sorciers ne pouvaient pas se servir de leurs pouvoirs en publique.

_Personne n'en saura rien.

_Sauf, si je vais me plaindre à votre ministre.

_D'accord. Vous avez gagné, je ne peux pas lutter.

_Vraiment? Vous partez?

_Bien sûr que non. Je n'ai peur de personne. Et je suis sûr qu'il sera du même avis que moi, s'il voyait ce qu'il se passe ici.

Vernon ne pouvait compter sur personne pour le tirer d'affaire. Il n'avait pas la moindre chance de s'en sortir, face à un sorcier aussi peu scrupuleux des règles. S'il tenait à rester saint et sauf, il ne lui restait plus qu'une seule chose à faire; quitter les lieux et le plus vite possible. Il ne pouvait pas passer par la porte principale, étant donné qu'elle était sous la surveillance de ce Cerbère. Il ne lui restait plus qu'à en prendre une autre. Par chance, son salon donné directement dans sa cuisine, et là il y avait une autre issue.

_Que quoi voulez-vous me parler? Dit-il dans l'espoir de gagner un peu de temps.

En même temps, il recula, lentement, afin que son interlocuteur ne s'aperçoive de rien. C'était mal le connaître.

_Que faites-vous?

_Moi, rien du tout.

_Vous ne comptez tout de même me fausser compagnie?

_Mais non, pas du tout.

_Ne me prenez pas pour un imbécile. Vous pensez vraiment que je ne verrais pas que vous avez bougé.

_Non, ce n'est pas ça. C'est juste qu'à mon âge, il est difficile de rester debout.

_Vous n'êtes pas si vieux que ça. Je vous autorise à vous asseoir. Prenez place à coté de votre ami.

_Mais ce n'est pas vraiment mon …

_ASSEYEZ-VOUS! Hurla Daniel, hors de lui.

Vernon se dépêcha de prendre place à coté de son soi disant ami. Ce dernier avait repris connaissance. Les cris de Daniel devaient y être pour quelque chose. Il semblait déboussolé et ne rien comprendre à ce qui se passait autour de lui, et il y avait de quoi. Il jeta un regard étonné au maître de maison, qui se garda bien de lui dire quelque chose. Il craignait sans doute de dire ce qu'il ne fallait pas, et accentuer la colère de son visiteur inattendu, il l'était bien assez comme ça.

_C'est bien. Maintenant, vous allez lui demander de s'en aller.

_Pourquoi ne peut-il pas rester?

Vernon aurait préféré qu'il ne parte pas. Pas parce qu'il appréciait sa compagnie, c'était juste, parce qu'il était lui aussi un sorcier, et qu'il aurait pu prendre sa défense face à cet homme. Ce qui serait un juste retour des choses, puisqu'il en avait fait de même lorsqu'il avait été attaqué par cette Narcissa Malefoy.

_Non, il ne peut pas. La conversation que l'on va avoir, ne le concerne en rien.

Thomas ne pouvait pas comprendre ce qu'il se passait sous ses yeux. Ce qui ne l'empêcha pas de sentir les prémices d'un conflit. Tout ce qu'il pouvait appréhender, était que Vernon n'avait pas envie de le voir partir, et que l'homme dont il ne savait rien, pas même le nom, voulait qu'il s'en aille rapidement.

_Vous attendez quoi pour lui dire?

Le sorcier inconnu était a bout de patience. Il était pressé de se retrouver en face à face avec le propriétaire des lieux. La dernière chose qu'il voulait était de le faire sous les yeux d'un témoin. Vernon n'eut pas le choix que de lui obéir. Il demanda donc à son soi disant ami de rentrer chez lui, tout en l'invitant à revenir le voir plus tard.

Thomas n'était plus le bienvenu à présent, il se sentait de trop. Il décida donc de faire ce que l'on lui avait demandé. Il réussit à se lever, en prenant appuie sur la table. Il se rendit compte que sa tête ne tournait plus, et qu'il n'avait plus sa migraine. Il n'était pas aussi fatigué qu'en arrivant, il avait sans nul doute repris des forces lors de sa sieste involontaire.

_Je vais vous laisser, dit-il. Pourriez-vous dire au revoir à Harry de ma part?

_Bien sûr, je n'y manquerai pas.

_Attendez. Vous connaissez Harry Potter? Lui demanda celui qui le chassait.

_Oui, j'étais venu pour voir comment il allait.

_C'est gentil de votre part, et vous êtes?

_Je suis l'un de ses amis, et l'un de ses professeur à Poudlard.

_Et vous vous appelez comment?

_La moindre des choses, serait de se présenter avant de demander aux autres de le faire.

_Bien sûr. Je m'appelle Daniel Ocean. Et vous.

_Thomas Salinger. Dites, votre nom ne m'est pas inconnu. Ce serait vous le directeur de l'école Jacques Cartier, qui se trouve au Québec?

_Oui, c'est bien répondit Daniel, avec une certaine fierté. Ce fut la seule chose qu'il retenu, et ne fit pas vraiment attention au nom de famille de cet homme, puisqu'il ne retenu que son prénom. Puisque vous êtes un proches d'Harry Potter, vous êtes aussi concerné. Vous pouvez vous rasseoir.

Vernon connaissait enfin le nom du nouveau venu. Effectivement, il ne le connaissait pas. Il ne comprenait pas pourquoi il tenait tant à lui parler de son neveu. En quoi cela le concernait-il? Si il faisait parti des services à l'enfance, il lui aurait dit dès le début. Par conséquences, il n'était pas là pour ça. Dans ce cas pourquoi était-il là? Une chose était sûr, le professeur Salinger, devait s'en aller au plus vite. Ce dernier pourrait très bien lui parler du marché qu'ils avaient conclu tous les deux, et du fait qu'il lui avait demandé de l'argent en échange de son neveu. N'importe qui de censé pourrait se fâcher à cause de cela.

_Il ne va pas pouvoir rester. Il a des tas de chose à faire. Répondit Vernon, avant de se lever. Ce fut un plaisir de faire votre connaissance, monsieur, mais il est temps pour vous de rentrer chez vous. Revenez quand vous voulez.

Daniel ne comprit pas le brusque changement dans les paroles et les actes de Vernon. Il y a moins de cinq minutes, il insistait pour que le professeur reste. Maintenant, il ne mettait à la porte de chez lui. Pourquoi un tel revirement? Il avait forcément quelque chose à se reprocher.

_Je pense qu'il est assez grand pour parler. Ne le faites pas à sa place, dit-il à l'intention de Vernon. Avant de s'adresser au professeur. Je suis désolé de vous voler un peu de votre temps, mais j'aimerais que vous puissiez assister à cette conversation. Ce que vous avez à faire, peu bien attendre, non? Je vous promets de ne pas trop vous retarder.

En vérité Thomas n'avait pas grand chose à faire, si ce n'est ce rendre à sa banque, afin de récupérer l'argent qu'il devait donner à Vernon. De plus, il aurait été impoli de sa part de refuser l'invitation de cet homme, dont le prestige était connu à travers le monde, en plus il s'était montré extrêmement courtois et poli.

_Non…Enfin, oui. Je ne suis pas si pressé que ça.

_Je vous en remercie. Dites moi, vous vous êtes au moins donné la peine de voir votre élève? Vous êtes bien venu dans ce but?

_Oui. Je l'ai vu, peu après mon arrivé ici.

_Vraiment? Vous avez été dans sa chambre?

_Non, c'est lui qui est descendu.

_D'accord. Comment l'avez-vous trouvé?

_Il m'a paru plus fatigué que d'habitude, comme s'il n'avait pas assez dormi. Il m'a aussi donné l'impression d'être content d'être en vacances, et de pouvoir passer un peu de temps avec sa famille.

_Ne me dites pas que vous vous êtes aperçu de rien d'autre?

_Euh non rien de particulier.

_Vous auriez pu vous assurer que tout allait bien pour lui, au lieu de rester bien gentiment assis et boire votre café. Parce que quand je l'ai vu, il n'était pas au meilleur de sa forme.

_Je suis désolé… Je n'ai pas trop osé le faire, après tout je ne suis pas vraiment chez moi…Est-ce qu'il va mieux?

_Ne dites pas n'importe quoi, s'écria Vernon. Il va très bien!

Au moins le professeur reconnaissait ses tords et semblait regretter son manque de réaction. Ce n'était pas le cas de son oncle, alors que c'était son rôle et son devoir, puisqu'il était le tuteur légal d'Harry.

_Maintenant, il va mieux, reprit Daniel en s'adressant plus particulièrement à l'oncle de Harry. Mais ce n'est pas grâce à vous. Comment vous avez fait pour que l'on vous en confie sa garde?

_Parce que je suis sa seule famille.

_Vu comment vous vous en êtes occupé, vous auriez mieux fait de laisser quelqu'un le faire pour vous.

_Pardon? Vous ne pouvez pas me dire ça. Je l'ai toujours considéré comme mon fils. J'ai toujours fait très attention à lui. Je me suis même saigné aux quatre veines, afin qu'il ne manque de rien.

_Peut-être parce que vous avez essayé de le tuer.

La surprise de vit sur le visage de Vernon. Faisait-il preuve de naïveté car il était innocent. À moins qu'il ne joue la comédie, dans ce cas, il était un très bon acteur.

_Mais je n'ai aucune raison de faire ça.

La réaction de l'autre personne présente, mis la puce à l'oreille de Daniel. Elle aurait due se montrer aussi surprise et étonnée. Elle ne le fit pas, comme si elle savait quelque chose, qu'elle préférait taire, puisqu'elle ne disait rien. Au moins elle paraissait choquée. Mais l'est-elle vraiment?

_Ce n'est pas vous qui lui avez offerte la boule à neige qui se trouve sur sa table de nuit?

_Si c'est moi.

_Si vous ne vouliez plus de lui chez vous, vous auriez dû le confier à quelqu'un d'autre.

_Mais je ne veux pas me débarrasser de lui.

_C'est pourtant ce que vous avez fait, puisque vous lui avez offert un cadeau empoisonné. Les cristaux contenus dans la boule sont extrêmement nocifs.

_Mais pas du tout. Ils devaient juste le rendre normal et lui retirer ses pouvoir, rien de plus. En aucun cas, sa vie ne peut en être menacée.

Vernon se figea sous le regard de haine que lui jeta Daniel. Par pur réflexe de survie, il releva ses bras, pour les positionner devant son visage. Comme si cela pouvait le protéger qu'un quelconque sort. Il sentit des gouttes de sueur couler le long de son dos. Son cœur s'emballa, et battit de plus en plus vite et fort, qu'il crut un moment, qu'il allait sortir de sa poitrine, ou qu'il explose. Sa respiration fut quand à elle de plus en plus laborieuse, et l'air qu'il avalait lui brûlait les poumons.

_Quoi? Il n'y a rien d'anormal d'être un sorcier. En plus vous n'avez pas le droit de décider pour lui, et de le priver de ses pouvoirs.

_C'est ce que m'a dit la personne qui m'a donné cette boule.

_Vous deviez être d'accord avec elle, puisque vous avez accepté.

_Mais, je ne voulais pas le faire. Mais elle ne m'a pas laissé le choix.

Vernon inventait tout au fur et à mesure. Le plus dur était de rester suffisamment assez convainquant pour que Daniel ne se rende compte de rien, et qu'il le prenne pour la victime, et non pour le bourreau.

_C'est juste que je n'avais pas eu de choix, ajouta t-il. J'ai été …menacé.

_Je peux savoir par qui?

Daniel se tourna vers Thomas, se demandant si ce dernier été lié à cette affaire ou pas.

_C'est vous qui l'avez menacé? lui demanda t-il.

_Pardon? Vous croyez vraiment que je suis capable de faire quelque chose d'aussi odieux? Si j'ai fait le déplacement, c'était avant tout pour aider Harry à s'en aller d'ici, afin d'aller le confier à son parrain Sirius.

_D'accord. Vous me semblez sincère sur ce point. Je vais donc vous laissez le bénéfice du doute. Mais j'ai l'impression que vous en savez qui est cette personne.

_C'est que je…

_Vous le savez ou pas?

Daniel contenait avec de plus en plus de mal la rage qui le prenait au ventre. Il était préférable de ne pas le contrarié plus qu'il ne l'était déjà.

_Oui, je sais qui l'a fait, et pourquoi.

_Dites le moi, je suis curieux de savoir de qui il peut s'agir.

Thomas semblait mal à l'aise. Il n'avait pas envie de parler, ou alors il ne savait rien et il se contentait de le mener en bateau.

_Je suis désolé, mais je n'aime pas trop rapporter ce que les autres ont pu faire. Ce n'est pas dans ma nature.

_C'est tout à votre honneur. Je n'aurais pas aimé que vous le fassiez.

_Pourquoi me l'avoir demandé?

_Juste pour vérifier votre intégrité. Je ne vais pas vous forcer à me répondre, parce que ce n'est pas à vous de le faire. Mais je vais tout de même de garder vos deux mains sur la table, et ne pas me provoquer, en protégeant ce moldu.

Daniel se tourna de nouveau vers Vernon.

_De quoi vous a t-on menacé? Lui demanda t-il.

_De tuer ma femme et mon fils.

_C'est vraiment horrible!

_Vous voyez, je ne pouvais pas refuser. Vous aurez fait pareille si vous aviez été à ma place.

_Oui, bien sûr.

Vernon éprouva un grand soulagement. Le plus dur à présent, était de ne pas montrer sa joie. Il garda le visage fermé, et seul un très léger haussement de ses lèvres le trahit. Ce geste fut néanmoins suffisamment assez rapide, et discret, que peu de personne aurait pu le voir. Finalement, ce Daniel était bien naïf et aussi manipulable que n'importe qui.

_ Si vous saviez comme je regrette de l'avoir fait. J'ai beaucoup d'affection pour ce gosse.

_Maintenant, ça suffit, s'écria Daniel.

Il n'était peut-être aussi crédule que ça, vu le ton qu'il venait d'employer.

_Pardon?

_Arrêtez avec vos bobards.

_Quels bobards? Tout ce que je viens de vous dire est vrai.

_Décidement, vous n'avez pas beaucoup changé. Vous avez toujours pris un malin plaisir à vous moquer et à manipuler les autres à votre avantage. Comment pouvez-vous être aussi fourbe et hypocrite. Ne pensez pas vous en tirer à si bon compte. Pour commencer vous allez me donner le nom de la personne qui vous a donné cette boule.

_Mais, je ne peux pas le faire, les conséquences sur moi et ma famille, pourraient être catastrophiques.

_C'est possible. Mais ce ne sont pas mes problèmes. Vous auriez dû y penser avant de signer un pacte avec le diable.

_Je ne savais pas que j'avais affaire avec le diable. Allez-vous nous protéger, ma famille et moi, si je vous donne son nom?

_Non.

_ Comment pouvez-vous vous moquer de ce qui peut nous arriver.

_Vous en avez fait de même avec votre neveu.

_Puisque je vous dis que je n'étais pas au courant. Combien de fois faudra t-il que le répète?

Daniel savait que Vernon était culotté, mais il ne pensait pas qu'il pouvait l'être à ce point. Pour cela, il n'avait même pas à se servir de ses pouvoirs, ce malotru n'en valait pas la peine. Tout ce qu'il avait à faire, était de le frapper là où ça fait le plus mal, c'est à dire à ses biens matériels, auxquelles il avait toujours été attaché. Il attrapa la première chose qui lui tomba sur la main.

_Dis moi, tu ne t'embête pas, la vie est belle pour toi, dit-il en regardant l'objet qu'il venait de prendre. C'est vraiment très joli. Je suppose que ce n'est qu'un simple vase en verre et pas en cristal. Vous ne devez pas avoir les moyens de vous le payer.

_ Pouvez-vous le remettre à sa place.

_Pourquoi? Ça ne vaut rien, pas plus de dix livres.

_Effectivement. C'est le premier cadeau que ma fait ma femme, et j'y tiens beaucoup.

_Je vois, fit Daniel, sans vraiment en tenir compte, puisqu'il lâcha délibérément l'objet. Le vase se retrouva casser en plusieurs morceaux au sol. Qu'est-ce que je peux maladroit.

_Vous l'avez fait exprès.

_Estimez-vous heureux que je n'ai pas fait de même avec votre tête.

Ce pourrait être la prochaine chose que j'ai envie de détruire.

_D'accord, d'accord. Vous avez gagné. Je vais vous dire qui c'est, elle s'appelle Narcissa Malefoy.

Daniel ne savait pas de qui il pouvait s'agir, il ne connaissait personne portant ce nom. Il y avait bien la cousine d'un ami, qui avait le prénom de Narcissa, mais son nom de famille n'était pas Malefoy. Cette dernière aurait pu changer de nom en épousant un certain Lucius Malefoy. Mais cela n expliquait rien, car elle n'aurait de réelles raisons de s'en prendre à Harry Potter. Qu'avait-elle a y gagner? Vernon quant à lui semblait avoir tout à y gagner, au vu de tous ce qu'il avait de beaux et de cher dans son salon.

_Elle ne vous aurez pas plutôt payer pour ça? Demanda t-il innocemment, alors qu'il avait déjà une idée de la réponse.

_Pourquoi me poser la question, alors que vous avez déjà la réponse?

_Parce que je tenais à l'entendre de votre bouche. Que vous assumiez au moins les conséquences de vos gestes.

_Vous allez me transformer en quelque chose de pas naturel?

_Pourquoi je ne le ferais pas? Vous l'auriez mérité, non?

Vernon trembla. Il savait qu'il ne lui restait plus beaucoup de chance de s'en sortir. Et le pire dans tout ça, c'est que la seule personne qui aurait pu pendre sa défense, ne l'avait toujours pas fait. Non, elle n'avait pas bougé le petit doigt. Qu'elle culot, après tout, il l'avait bien fait lorsque Narcissa s'en était pris à lui.

_Et vous, lui dit-il. Vous allez le laisser faire?

C'est au moment, où Thomas voulut répliquer, qu'une sonnerie se fit entendre. Ce bruit soudain, fit sursauter les trois personnes présentes, aucunes ne s'était attendu à être interrompues par l'arrivée d'une autre personne. Daniel fut le premier à réagir, il alla regarder discrètement par la fenêtre du salon, tout en faisant comprendre aux deux autres qu'ils devaient rester silencieux. Il reconnu tout de suite les personnes qui se trouvaient devant la porte. Le moins qu'on puisse dire, c'était qu'ils avaient pris tout leur temps pour arriver. Ils auraient dus être là depuis longtemps, seize ans, pour être précis. Il aurait tant voulut, leurs ouvrir la porte, les prendre dans ses bras, leurs dire à quel point ils l'avaient manqués. Mais il ne pouvait pas le faire, pas maintenant.

_Police. Ouvrez. S'écria Sirius.

_Pourquoi tu dis ça? Lui répondit Remus.

_Parce que les gens ouvrent plus facilement leur porte quand c'est la police qui vient les voir.

_Pas les criminelles. Eux, ils passent par une porte dérobée, ou par une fenêtre.

_Mince,tu as raison. Ouvrez, vous n'avez rien à craindre on n'est pas de la police.

Daniel ne pouvait pas rester, au risque d'être pris pour le méchant de l'histoire, ou pire encore, être reconnu. Mais avant de partir, il avait quelque chose à faire. Il se tourna vers Vernon.

_Voilà ce que vous allez faire, une fois que je serais parti. Vous allez lever vous grosses fesses, et vous ouvrez la porte. Vous allez dire à vos visiteurs que vous avez changé d'avis, que vous n'êtes pas digne d'être le tuteur de Harry Potter, que vous renoncez à sa garde.

_Et si je refuse?

_Vous tenez vraiment à ce que je réponde?

Vernon fut pris d'un éclair de lucidité, comme quoi, tout peut arriver.

_Mais je vous reconnaît. Vous êtes..

Daniel le coupa directement. Il n'avait pas pensé que ce Moldu puisse se souvenir de lui après tout ce temps. Il ne devait pas le laisser citer son nom, personne ne le devait.

_Oui, c'est bien moi. Finit-il par dire, afin de clore le débat.

_Vous avez du culot. Vous me reprochez de m'être mal occupé de mon neveu. Mais vous n'avez pas fait mieux, puisque vous l'avez abandonné.

_Contrairement, à vous, je n'ai pas vraiment eu le choix.

_Vous vous doutez bien, que je pourrais avertir vos amis, parce que ce sont bien vos amis? Ils ne vont pas aimer que vous ne vouliez pas le voir.

_Certes, mais vous ne le ferez pas.

_Pourquoi, donnez-moi une raison de ne pas le faire.

_En vous donnant de l'argent par exemple? Ne comptez pas trop dessus. Je vais me contenter de tout vous faire oublier, sauf l'ordre que je viens de vous donner, bien entendu. Pressé par le temps, Daniel, jeta le sort d'amnésie aux deux hommes. Il était préférable que personne ne se souvienne de lui. Il s'éclipsa par la porte de dernière, mais ne quitta les lieux, qu'une fois que Harry serait parti en compagnie de ses amis.

Son plan infaillible, ne l'était plus. Il allait devoir en changer. La première chose qu'il devait faire était d'aller voir cette femme, et lui demander des comptes. Il lui ferait comprendre qu'elle n'avait pas intérêt à persister et qu'elle devait laisser Harry Potter tranquille. Ensuite, il pourrait se rendre à Poudlard. Il postulerait à un poste de professeur, de cette façon il aurait toute une année pour convaincre Harry de le suivre dans son école. Cette fois il n'échouerait pas, c'était une question d'honneur.

À suivre chapitre 4: Après quoi on court?

Merci d'avoir lu ce chapitre, j'espère que vous avez passé un bon moment.

Vous pouvez toujours me laisser un message, je suis ouverte à toutes critiques constructives.

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