À partir de ce chapitre Daniel OCean parlera avec son accent, les dialogues seront marqués par des guillemets, et sans lorsqu'il aura son accent normal.

j'ai essayé de traduire au mieux quelles phrase, mot québécois, si j'ai fait une erreur, vous pouvez me le faire savoir.( la traduction se trouve juste à coté du mot et sera entre des parenthèses

Il va aussi oublier de temps en temps le ne avant le pas, dans une phrase négative. Ce ne sera pas un oubli de ma part. En effet les Québécois n'utilise pas toujours le ne, à l'oral principalement, et non à l'écrit.

Des explications se trouve en bas de page, pour tout les mot suivi d'un chiffre.

bonne lecture à tous


Chapitre 6 : Les meilleurs ennemis ( Obispo)

Les clichés ne sont que des idées préconçues, une simple déformation, voir une exagération de la réalité. Ceux concernant les Québécois étaient nombreux. Daniel était bien placé pour savoir lesquels étaient vrai, et ceux qui ne le sont pas. Logiquement, il devait se servir des premiers et non des seconds, puisqu'ils étaient faux. Il allait faire l'exact contraire. Il devait tout faire pour passer pour ce qu'il n'était pas, afin de garder intact sa couverture. Il était hors de question de reproduire les erreurs qu'il avait faites lors de sa confrontation avec l'oncle de Harry. Ce dernier l'avait reconnu, alors qu'ils n'avaient jamais été proche dans le passé. Il se doutait donc que ses anciens amis, feraient de même, s'il ne se montrait pas plus prudent à l'avenir. Il devait donc tout faire pour devenir un vrai petit Québécois modèle, une caricature de lui même. Il était même prêt à sacrer (1 )s'il le fallait. Ce Rôle devait être jouer à la perfection, puisqu'il devait se rendre à Poudlard. C'était risqué de sa part de retourner là où il avait fait ses études lorsqu'il était jeune. Cela l'était encore plus de se retrouver seul dans le bureau du professeur Dumbledore. Ce dernier pouvait lui aussi le démasquer, s'il ne faisait pas attention. Le moindre faux pas, pourrait se retourner contre lui. Il n'avait jamais reculé devant le danger avant, il ne le ferait encore moins à présent. Le jeu en valait la chandelle.

S'il tenait à avoir un poste de professeur dans cette école, c'était uniquement dans le but de passer un an en compagnie de Harry. Il aurait de cette façon une année, pour lui parler et le convaincre de changer d'avis et accepter sa proposition. Il utiliserait tous les moyens à sa disposition, quitte à le harceler jour et nuit. Personne n'avait le droit de lui dire non, surtout lorsque son offre était une véritable aubaine pour celui à qui elle avait été proposée. Son honneur était bafoué et il était vexé par un refus aussi brut qu'inexpliqué. Lui n'avait jamais eu cette chance. C'est tout seul sans aucune aide, qu'il avait dû tout reprendre à zéro, et tout recommencer. Il savait à quel point c'était difficile. Il s'était accroché, il avait travaillé sans relâche, sans jamais perdre espoir malgré tous les obstacles que la vie avait dressés sur son passage. Son seul désir était d'épargner tout cela à l'adolescent. Lui offrir un chemin tracé vers un bel avenir, et un métier des plus valorisant, celui d'Auror. De plus Harry aurait manifesté, à plusieurs reprises, son envie d'exercer cette profession. Il devait donc être désireux de se rendre dans une bonne école, l'institution Jacques Cartier, était une référence reconnu par la majorité des sorciers. Cette réputation devait se suffire à elle même.

Pour son entretien d'embauche, Daniel fit une impasse sur la tenue traditionnelle Québécoise. Comment être crédible lorsqu'on porte une vulgaire chemise à carreau avec une écharpe rayée autour de la taille en guise de ceinture. Il n'allait pas à Poudlard pour y couper du bois pour l'hiver, mais pour y être professeur. Ses vêtements devaient être en adéquation avec ses futures responsabilités. Elle se devait donc être simple et élégante, dépourvu de toutes taches et du moindre faux plis. Sa coiffure devait être irréprochable et pas un seul épi ne devait dépasser. Il passa de longues minutes dans sa salle de bain afin de tout vérifier. Parfait, tout était parfait. Il ne lui restait plus qu'à se rendre sur les lieux, et à espérer que le trac ne prenne pas le dessus lorsqu'il serait en entretient.

Le premier pas fut franchi lorsque le directeur de Poudlard l'invita à entrer dans son bureau, et de s'y asseoir. Certes le plus dur restait à faire, mais au moins, il n'avait pas encore été reconnu. C'était bon signe.

_Bonjour monsieur. Vous êtes bien venu pour l'annonce?

Daniel n'avait pas la moindre idée de l'annonce en question, mais il était assez intelligent pour comprendre la chance qu'il avait et qui lui tendait les bras.

_« Oui, oui. C'est ça. Chu ( je suis) icitte (ici) pour appliquer( poser sa candidature, postuler) à un poste de professeur dans votre école. »

_Fort bien. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots?

Daniel se senti soulagé et libéré d'un poids. Son interlocuteur ne savait pas qui il était, il ne lui aurait pas demandé de se présenter, si cela avait été le cas.

_« Mon nom (je m'appelle) est Daniel Ocean. Je m'occupe des cours de défense contre les forces du mal à l'école Jacques Cartier depuis une paire d'année (très longtemps) Je souhaite mettre mon talent et ma longue expérience au service de votre école. J'espère que vous pourriez donner une suite favorable à ma demande. »

_Je suis sincèrement désolé. Je ne vais pas pouvoir le faire, malgré vos nombreuses qualités.

_« Ben voyons donc (sans blague) ! Chu (je suis) le mieux placé pour cette position (emploi). J'ai vu neiger(j'ai de l'expérience ) moé(moi). »

_Effectivement, vous avez toutes les qualités pour ce travail. Mais voyez vous, ce poste est pas disponible.

« _Ciboire(Sacre). Et votre petite annonce? »

_C'était pour le poste d'animagus.

Daniel soupira. Certes il avait aussi toutes les compétences pour ce travail, c'est juste qu'il n'avait pas envie de donner ce genre de cours. Ce n'était pas vraiment stimulant, et il se doutait que plus de quatre-vingt dix pour cent de ses futurs élèves n'arriveraient jamais à se transformer en animal. Le cours serait ralenti, et une perte de temps, ce qui empêcherait à coup sûr, les bons éléments de progresser.

« _Ne niaisiez-vous?(vous vous moquez de moi) »

_Absolument pas.

_« Câlisse (sacre)! »

_Vous n'avez peut-être pas bien lu la petite annonce.

« _Tabernak(sacre)! »

_Veuillez surveiller votre langage, professeur Ocean, et cessez de jurer à tout va. Vous êtes dans une école respectable, pas dans une taverne!

« _ S'cusez-moé (excusez moi). Je vais faire plus attention à l'avenir. »

_Merci. Ceci dit, le seul poste que je suis en mesure de vous offrir, c'est celui d'animagus. C'est à prendre ou à laisser.

« _Vous pouvez aussi slacker (renvoyer) celui qui a le poste que je désire. De cette façon il serait disponible, et vous pourrez me le donner. Qu'en pensez-vous? »

_C'est hors de question. Je ne vais pas renvoyer un bon professeur tout ça parce que vous me le demandez. Je vous demanderai de ne plus me donner d'ordre, ni de me dire ce que je dois faire ou pas. Je suis le directeur de cette école, c'est donc moi, et moi seul qui prend toutes les décisions. Pas vous.

« _ Vous allez le faire, à cause que (parce que) vous me le devez! »

_Mais je ne vous dois rien.

_«Si. C'est moé qui a sauvé la vie d'Harry Potter. »

_Pardon?

_« J'ai sauvé la vie de Harry Potter. »

_Je ne vois pas de quoi vous parlez.

Le professeur Dumbledore devait forcément voir de quoi il parlait. Il devait être au courant des derniers évènements, et savoir ce qui était arrivé à l'un de ses élèves. Pourtant il se comportait comme s'il ne savait rien. Daniel dut se retenir pour ne pas se lever, et gifler cet illustre et vieil homme.

_« Me prenez pas pour un cornichon( imbécile). »

_Vous non plus, mon cher. Je ne suis pas un imbécile. Je veux bien reconnaître que Harry était en danger, mais vous n'avez rien fait pour lui venir en aide.

_« Vous non plus, lui répondit Daniel vexé par la réflexion de son interlocuteur. »

_Pardon?

_ « Ni les sbires que vous avez envoyé pour faire ce travail à votre place. »

_Mais je n'ai envoyé personne.

_« Vous auriez dû. J'étais le premier sur place, bien avant l'arrivée de Sirius et de Remus. Quant à celui qui était déjà présent, il ne s'est pas montré d'une grande utilité. »

_Cela peut prouver votre présence là-bas, mais rien de plus. Rien ne me prouve que vous avez fait effectivement quelque chose. Vous ne seriez pas en train de vous attribuer les mérites de quelqu'un d'autre?

_« Mais pas du tout. C'est moé qui a détruit les cristaux. C'est grâce à moé qu'ils ont été neutralisés. »

_Quels cristaux?

_« Comment ça quels cristaux? Mais ceux qui étaient dans la boulle à neige. Maintenant, vous voyez de quoi je parle? »

_Tout à fait.

« _Si vous voulez que cette petite histoire reste entre nous, vous devrez me confier le poste de professeur de défense contre les forces du mal. »

_Sinon?

_« J'irai tout raconter aux journaux. »

_Je n'aurais jamais pensé qu'un jour, vous oseriez me faire ce genre de chantage.

_Je n'aurais pas eu besoin de le faire, si vous aviez tenu votre promesse.

_Quelle promesse?

Daniel était tellement en colère qu'il oublia son accent Québécois. Il espérait que son vis à vis n'y fasse pas trop attention. Il fit une autre erreur, mais il s'en rendit compte qu'après que le professeur Dumbledore ait répété ses derniers mots.

_Vous savez très bien de quelle promesse je parle. Depuis quand vous m'avez reconnu?

_Depuis que vous avez mis les pieds dans mon bureau.

_Comment avez-vous fait? J'ai pourtant tout fait pour que ce ne soit pas le cas.

_J'ai été votre professeur, c'est moi qui vous ai tout appris. Vous pensiez vraiment être méconnaissable grâce à vos cheveux blanc, quelques rides, et un nouvel accent? Vous devez donc savoir, que je n'ai jamais cédé à un maître chanteur, et ce quelque soit ses revendications.

_Par conséquence, vous n'avez pas l'intention de me confier le poste de professeur de défense contre les forces du mal?

_Voilà. Vous avez tout compris. J'ai beaucoup du travail. Je dois m'occuper de la prochaine rentrée et des emplois du temps à faire. Je vais vous demander de vous en allez et pourquoi pas de rentrer chez vous.

Daniel n'avait pas pensé qu'il perdrait de cette façon. Il avait oublié à quel point le professeur Dumbledore était fort, et peu impressionnable. Cela faisait longtemps que plus personne ne lui tenait tête, et ne lui cède pas. Allait-il baisser les bras pour autant? Non, bien sûr que non. Il serait obligé de mettre sa fierté dans sa poche, et de prendre ce qu'il pouvait, même un travail en dessous de ses capacités.

_Je vais faire un effort. Donnez-moi l'autre poste.

_Quel autre poste?

_Celui d'animagus. Il est toujours disponible, non?

_C'est bien possible. Vous le voulez maintenant?

_Oui.

_Mais avez-vous toutes les compétences nécessaire pour ce genre de travail?

_Vous savez très bien de quoi je suis capable.

_ je croyais que cela ne vous intéressé pas, que ce n'était pas assez bien pour vous.

_J'ai changé d'avis.

_ Mais pourquoi tenez-vous tant à être professeur dans mon école?

_Vous savez très bien pourquoi. Maintenant, arrêtez je vous prie de vous moquer de moi.

_D'acord, j'accepte. Je veux bien vous donner ce travail. Vous avez trois mois pour me prouver que vous êtes bien l'homme de la situation.

_Et si ce n'est pas la cas, si j'échoue?

_Dans ce cas, je me verrais dans l'obligation de me séparer de vous, et de prendre quelqu'un d'autre.

_Vous oseriez me renvoyer en plein milieu d'une année scolaire?

_Si vous ne me donnez pas entière satisfaction, oui, sans la moindre hésitation. Mais cela n'arrivera pas, n'est ce pas?

Daniel ne pensait pas se retrouver dans une telle situation. Il avait compté sur une année entière, afin de faire les choses dans les règles, sans brusquerie. Les choses étaient différentes, puisqu'il se pouvait qu'il n'ait plus que trois petits mois pour cela. Il serait contraint d'aller plus vite, et à pratiquer le harcèlement. Chose qu'il n'aimait pas beaucoup, mais comme il n'avait guère le choix, il le ferait.

_Effectivement, cela n'arrivera pas. J'accepte votre offre.

_Inutile de préciser que vous ne devez dire à personne qui vous êtes réellement. Et qu'en aucun cas vous ne devez lui parler.

_Comment je fais pour les cours?

_Sauf pendant les cours, bien entendu. Mais pas en dehors.

_Et si jamais je le fais quand même?

_Vous tenez vraiment à ce que je réponde à cette question?

_Non, non. Cela ne serait pas nécessaire, cela n'arrive pas. J'espère au moins qu'il a eu une récompense.

_Qui?

_Mais Harry Potter.

_Pourquoi?

_Mais Pour avoir tué Voldemort, pardi.

_Il ne l'a pas fait.

_Ne me dites pas qu'il est toujours en vie, pas après tout le mal qu'il nous a fait.

_Non.

_Donc il est mort.

_Non, plus.

_Il est soit mort, soit vivant. Il ne peut pas être comme le chat. (2)

_Quel chat?

_Laissez tomber.

_Vous n'avez pas d'autre question?

_Non.

_Parfait. Dans ce cas, je compte sur vous pour arriver le premier septembre.

_Je croyais que la rentrée était le 3 septembre.

_Vous devez venir avant afin de signer votre contrat de travail.

_Je ne peux pas le signer maintenant?

_J'ai d'autre chose à faire pour le moment. Je le ferai plus tard, quand j'en aurai le temps.


Daniel n'en crut pas ses yeux lorsqu'il vit son contrat de travail. Il s'était attendu à ce qu'il comporte plusieurs pages, mais pas autant. Combien de temps lui faudrait-il pour tout lire? Deux ou trois jours. Il maudit le professeur Dumbledore, qui de toute évidence avait fait exprès d'y mettre autant de paragraphe. Il comprit pourquoi il devait se présenter avec autant d'avance. Il se contenta de survoler le texte et de signer, là où il était écrit signature. Il le regrettera plus tard.

Le jour de la rentrée des classes, il était aussi nerveux que les étudiants, même un peu plus. Il ne s'était jamais imaginé retrouver incognito dans le collège où il avait suivi ses études. Il espérait y revoir certains de ses camarades de promotion, tout en se demandant si les professeurs étaient toujours les mêmes. Il regarda de loin toutes les personnes présentes, et s'étonna de revoir les même têtes, avec quelques années de plus. Il chercha dans la foule, le visage de ses amis, espérant y retrouver Sirius et Remus. Normalement, ils devaient être présents, puisque Dumbledore, lui avait certifié qu'ils avaient tous les deux un poste de professeur dans son école. Son cœur se mit à battre plus vite lorsqu'il les aperçus enfin. Il en oublia la présence des autres, eux ne comptaient pas vraiment. Le plus important était d'aller retrouver ses amis, en espérant que ces derniers ne l'ai pas oublié et qu'ils le reconnaissent. Au pire, il se rappellerait à leur bon souvenir. Certes, il s'était engagé à ne pas le faire, mais il n'avait pas l'intention de tenir sa promesse. Il n'avait pas spécialement envie de se retrouver isolé de tous, et de passer l'année tout seul. Il ne l'avait jamais fait dans le passé, il n'y avait donc pas de raison de commencer maintenant. Il n'eut le temps de faire que deux pas, avant de se faire arrêter par son supérieur hiérarchique.

_Je peux savoir où vous comptez vous rendre?

« _Je vais juste voir mes amis. »

_Quels amis?

« _Les professeurs Sirius Black, et Remus Lupin, bien sûr! »

_Vous les verrez plus tard, et puis ce ne sont pas vraiment vos amis. Vous allez venir avec moi, afin que je puisse vous présenter à vos nouveaux collègues.

« _Je pense être parfaitement capable de le faire tout seul. »

_Non, vous ne pouvez pas.

« _À cause que? »

_Parce que c'est écrit dans votre contrat de travail. Vous pouvez parler à vos anciens camarades, qui si, et seulement si, je suis présent moi aussi.

C'est à ce moment précis, que Daniel se mordit les doigts pour ne pas avoir été attentif, et pour avoir signé son contrat les yeux fermés. Il savait très bien pourquoi le professeur Dumbledore avait ajouté cette clause abusive, afin de l'empêcher de dire sa véritable identité aux personnes qu'ils lui étaient le plus cher. Il était plus sage de lui obéir, pour l'instant. Il finirait bien par trouver une occasion de le faire plus tard.

C'est avec un sourire forcé qu'il se présenta. Il le fit toujours de la même façon, avec la même phrase d'approche. Rien ne l'obligeait dans son contrat, à avoir un discours différent, selon son interlocuteur.

« _Allô (bonjour) Je me présente, suis le nouveau professeur d'animagus, et mon nom est Daniel Ocean. À qui ai-je l'honneur? »

Il ne fit pas vraiment attention aux réponses, étant donné qu'il savait déjà à qui il avait affaire. Il se montra de marbre lorsque le professeur McGonagall louait ses louanges, et le félicitait pour sa carrière des plus exemplaire. Le seul à qui il fit un peu plus attention, fut celui qu'il avait vu chez l'oncle de Harry. Sur le coup, il lui avait apparu relativement sympathique. Il espérait ne pas s'être trompé à son sujet, ce qui lui était déjà arrivé dans le passé, et il en avait le prix. Il remarqua un petit détail, il ne se souvenait pas de l'avoir vu avec une canne. Il comprit rapidement que ce n'était pas un simple accessoire, lorsqu'il le vit marcher. Cela n'avait rien de choquant en soi, les handicapés avaient bien le droit de travailler eux aussi. Il devait être le professeur de potion, puisqu'il ne l'avait pas encore rencontré.

_Enchanté de faire vote connaissance professeur Ocean. Je suis le professeur de défense contre les forces du mal, Thomas Salinger.

Daniel avait été persuadé que ce serais Sirius qui aurait eu ce poste. Ce dernier était est de loin, de plus qualifié pour ça. Ce fut un énorme choc pour lui. Se faire voler son travail par un Cracmol, il devait l'être, puisqu'il n'avait même pas remarqué ni ressenti les cristaux, qu'il avait eu presque sous son nez. De toute évidence, il n'avait pas la carrure pour ce genre de responsabilités. En plus il boitait. De mieux en mieux. Il revit rapidement son jugement, cet homme ne lui paraissait plus aussi sympathique qu'avant. Il en perdit son sourire et l'envie de lui parler. Il s'excusa tout de même pour couper court à toute discussion, il devait saluer les autres personnes présentes. Il attendit de s'être élongé suffisamment, avant d'adresser la parole au professeur Dumbledore.

« _Dites-mois, est-ce que ce professeur Salinger serait de la même famille que le fondateur Jonathan Salinger? »

_C'est bien le cas. Il s'agit de son fils.

« _Ostie d'câlisse! (sacre) »

Daniel ne put s'empêcher de lâcher un gros mot tellement qu'il était en colère. À présent, il en était sûr, ce Salinger lui était antipathique et détestable. Devoir le voir chaque jour, serait un véritable calvaire, un cauchemar éveillé. Arriverait-il à le supporter, et à ne pas lui cracher dessus. Les trois prochains mois, seront très long. Le pire, était qu'il lui avait sauvé la vie à lui aussi, indirectement, en cassant les cristaux, qui avaient aussi agit sur lui. S'il avait su à qui il avait affaire, à ce moment là, il se serait contenté de quitter les lieux avec Harry.

_Pardon? S'écria le professeur Dumbledore, outré par un tel égarement de langage.

« _C'est pas Dieu possible? (Exprime l'étonnement, la surprise, ce n'est as possible? ) »

_Plait-il?

« _Avez-vous au moins conscience de ce que vous avez fait? Comment pouvez-vous donner autant de responsabilité à un quelqu'un comme lui ? »

_Je ne vois pas pourquoi je ne l'aurais pas fait. C'est un excellent professeur et beaucoup de ses élèves l'apprécient.

« _Comment peut-on apprécier quelqu'un comme lui? Vous savez au moins qui était son père? »

_C'était mon meilleur ami.

« _Vous savez donc tout le mal qu'il a fait. »

_Il n'a rien fait de mal. Sur quoi vous vous basez pour me dire ce genre d'ânerie?

« _Sur sa réputation. Sa bien mauvaise réputation. J'ai entendu beaucoup de chose à son sujet, et ce n'était pas joli joli…. Vous savez ce qu'on dit, les chiens ne font pas des chats. »

_On vous a mal renseigné. Quoi qu'on ait pu vous dire, je peux vous affirmer que rien n'est vrai.

« _ Mais je…

_Maintenant, ça suffit. Cessez de dire du mal de mon ami et de son fils. Maintenant calmez-vous, que je puisse finir les présentations.

Les deux dernières personnes qu'il vit, furent le professeur Sirius Black, pour les potions, et le professeur Remus Lupin pour la stratégie et le camouflage, cours qui étaient dispensés que depuis un an. Ces derniers se montrèrent relativement froid et distant, le saluant plus par courtoisie qu'autre chose. Pourquoi réagissaient-ils de la sorte? L'avaient-ils reconnu et faisaient-ils semblants, à moins qu'ils ne le snobaient tout simplement. Il espéra que ce soit la première possibilité et non la seconde.

Daniel espéra que le professeur Dumbledore le lâcherait un peu, du moins pendant le dîner. Il avait l'intention de se placer le près possible de ses amis. Par chance, le fauteuil qui se trouvait à droite de Remus était libre. Il n'avait pas l'intention d'attendre, et laisser quelqu'un d'autre lui voler sa place. Il fut suffisamment assez rapide, pour échapper à la vigilance de son chaperon. Il déchanta rapidement, il avait à peine poser sa main sur le siège, que Remus, lui demanda de prendre une autre place, car elle était réservé. Depuis quand les places étaient réservées en avances? Et surtout pour qui? La réponse ne se fit pas attention, c'était celui qui lui avait volé son travail. À présent, il faisait exactement la même chose avec ses amis. Il garda tout de même son calme, ce serait mal vu de se part de faire une esclandre le jour de la rentrée des classes, pour un motif aussi puéril qu'une place à une table. Il fut contrait d'aller s'installer à coté du directeur, car ce dernier avait eu la mauvaise idée de lui en garder une de place, juste à sa droite, afin de voir tous ses faits et gestes, et d'écouter ses éventuelles conservations..

Daniel préféra l'ignorer, et se concentrer sur l'arrivée des élèves. Il fut soulagé lorsque la porte du fond s'ouvrit enfin. C'est pas trop tôt se dit-il impatient. Il dévisagea tous les garçons qui avaient dans les dix-sept ans, enfin pas tous, seulement ceux qui s'installèrent à la table des Gryffondor et chercha lequel devait être Harry Potter. Il ne lui fallu que quelques secondes pour le repérer. Il était tel qu'il l'avait imaginé. Il concentra toute son attention vers lui, en oubliant tout le reste. Il ne vit rien de la cérémonie de répartition. Tout ceci n'était que des chichis inutiles, une perte de temps. Presque tous les regards étaient tournés vers lui. Quoi de plus étonnant, il était le plus beau, et aussi le plus élégant de cet pièce. Rien d'étonnant, lorsqu'on voyait l'allure de certain de ses collègues, dont un qui n'avait même pas dû prendre le temps de se coiffer, et de vêtir sa robe de sorcier. Les valeurs se perdent. Personne ne remarqua les changements de décorations. Encore une idée du professeur Dumbledore, il avait fait retirer tous les drapeaux de la salle, afin de mettre ceux du Canada à la place. Il avait même poussé le vice, à mettre devant chaque personne, une petite bouteille de sirop d'érable. Comme si les Québécois ne buvait que ça. Le professeur Dumbledore, n'eut pas à demander le silence. Tout le monde cessa de parler au moment même où il se leva.

_Bonsoir à tous et à toutes. Je souhaite aux anciens un bon retour parmi nous, et la bienvenue aux nouveaux, en espérant qu'ils s'adapteront rapidement à leur nouvel environnement. J'ai le plaisir de vous annoncer que le directeur de Serpentard, sera le professeur Salinger, qui a accepté de prendre ce poste, après le départ à la retraite de notre cher et regretté professeur Rogue. Je suis par contre au regret, de ne pas pouvoir compter sur la présence du professeur d'animagus de l'année dernière, Natacha Lupin, son état de santé ne lui permet pas de reprendre son travail, pour le moment. Son cours, sera tout de même maintenu. J'ai décidé de prendre un professeur, venant tout droit du Canada, afin d'élargir et de partager avec nos amis d'outre mer. Il s'agit par conséquences d'un CANADIEN.

Le professeur Dumbledore, réussit à retourner la situation à son avantage, faisant croire que l'idée de prendre un professeur Canadien, venait de lui. Mais le pire pour Daniel, fut de se faire traiter de Canadien.(3)

« _Qu'est-ce que vous racontez, répliqua t-il aussitôt. Chu pas canadien. »

_Pas plus que vous n'êtes Québécois. De plus le Québec n'est pas un pays mon cher. C'est juste une province, du Canada. Vous n'avez aucune raison de vous vexer. Je vais vous demander de vous lever, et de vous présenter. Et par pitié pas de juron. On ne sait jamais, peut être qu'il y a un futur étudiant désireux de faire ses études dans votre école. Vous ne voulez pas qu'on en ait une mauvaise image, n'est-ce pas?

Il n'avait pas préparé de discours. Il ne pensait pas être obligé d'en faire un. Tant pis, il n'avait pas le choix. Parler en publique, et être le centre de l'attention de tous, ne lui posait pas de problème. Il se montra relativement à l'aise dans cette exercice. Il choisit tous ses mots avec le plus grand soins, tout en accentuant son accent, afin d'incarner le parfait petit Québécois, qu'il était censé être. Il jetait de temps en temps son regard sur Harry Potter. Il ne comprenait pas pourquoi ce dernier le fusillait du regard. Il était même le seul à le faire. Si ce dernier se montrait aussi hostile, c'était tout simplement parce qu'il avait devant lui, celui qu'il lui avait écrit, et inscrit dans son école, sans ce donner la peine de lui demander son avis. Que pouvait-il faire ici? Était-il venu pour le harceler, ou ce n'était qu'une simple coïncidences? Il n'avait jamais cru au hasard. Quoi qu'il en soit, il n'avait pas l'intention de se laisser faire, ni impressionner. Il n'aurait pas peur de lui tenir tête, voir de le remettre à sa place, quitte à lui dire tout ce qu'il pensait de lui.

_Merci professeur Ocean, lui dit le professeur lorsqu'il eut fini son monologue. C'était vraiment très intéressant. Il ne le pensait pas vraiment.

Le repas fut enfin servi. De la poutine(4), l'un des plats typique du Québec. C'est avec un certain dégoût que Daniel regarda le contenu de son assiette. Non parce que le plat n'était pas bon, mais juste parce qu'il en avait assez d'en manger. Il aurait préféré un plat typique du pays dans lequel il se trouvait, quelque chose qu'il n'avait pas eu le plaisir d'avoir dans son assiette depuis plus de seize ans.

« _Pourquoi vous me faites ça, demanda t-il à son voisin. »

_Faire quoi?

« _Me servir de la poutine. »

_Mais, pour vous aider à passer pour un Canadien, euh pardon, un vrai Québécois. Ne me remerciez pas.

« _J'en avais pas l'intention. J'espère que cela ne sera pas le cas à chaque repas. »

_Je ne peux rien vous promettre, ce n'est pas moi qui m'occupe des menus.

« _Vous ferez bien de vous en préoccuper un peu plus. »

_Pourquoi?

« _ Parce que je risque de grossir si je dois avaler ça à chaque repas. »

_Vous voulez ajouter un peu de sirop d'érable sur votre plat?

« _Et dans une semaine, je pourrai plus entrer dans mes vêtements. Vous allez devoir m'en racheter. Et si vous plait, pas n'importe quoi, ne prenez pas des chemises à carreaux. Je suis professeur, pas bûcheron. »

_Il va s'en dire, mon cher. Maintenant arrêtez de vous plaindre. Mangez tant que c'est chaud.

« _Vous n'êtes pas ma mère! »

_Effectivement, et c'est bien pour cela que je ne vous fait pas manger. Vous êtes assez grand pour le faire tout seul.

Daniel comprit sans peine ce que voulait dire son supérieur hiérarchique. Il n'avait pas spécialement envie que ce dernier lui donne son repas, comme si il était incapable de le faire lui-même, et pire encore devant tout le monde. Il se força donc, bien qu'il n'avait plus vraiment faim. Il prit tout son temps pour finir son assiette. Il aurait été mal vu qu'il ne le fasse pas, et qu'il gâche de la nourriture. Il avait l'impression que le temps passait au ralenti, que ce dîner ne se terminerait jamais. De temps en temps, il jetait un regard sur ses anciens amis. Au moins ils semblaient s'amuser avec leur nouveau « camarade».

Daniel fit la grimace en voyant arriver le désert. Le moins qu'on puisse dire était qu'il n'était pas vraiment allégé. Après un plat aussi gras que la poutine, il fallait mettre quelque chose de léger, un fruit par exemple, et non une tarte à la noix de pékan, accompagnée de sirop d'érable, et de glace à la vanille. Il aurait pu refuser sa part, et quitter la table. Il fit tout le contraire, non seulement il accepta sa part, mais il mit beaucoup de temps pour mâcher. Il avait l'intention de quitter la table en dernier, et avec un peu de chance il pourrait enfin parler avec ses amis. Petit à petit, les gens quittèrent la table, pour aller se coucher. Le professeur Dumbledore finit, lui aussi, par se lever et en faire de même, il semblait très épuisé, et avait beaucoup bayé ces dernières minutes. Daniel le regarda partir, cette fois ci il avait gagné. Certes de façon un peu malhonnête puisqu'il lui avait un sort d'endormissement, mais à présent il avait le champ libre et il avait bien l'intention d'en profiter.

Il ne mit pas longtemps à rejoindre ses amis, ces derniers marchaient vraiment lentement. Il comprit lorsqu'il vit que le boiteux était avec eux. Encore lui, décidément, il ne va jamais les lâcher, il est pire qu'une sangsue. Plusieurs élèves passèrent juste à coté de lui, sans vraiment faire attention, il n'était pourtant pas transparent. Ces derniers allèrent discuter avec leur professeur, et félicitèrent le professeur Salinger pour sa promotion. La majorité était des Serpentard, rien de plus naturel. Ce qui ne l'était pas, c'était de voir certain Gryffondor, dont Harry Potter. Ça c'était indécent, de son temps aucun rouge et or, n'aurait pactisé de cette façon avec un ennemi.


1) Chaque pays et chaque région possède ses propres jurons. Ceux du Québec, sont tirés de l'héritage religieux québécois, c'est pour cela que l'on parle de sacres, et le fait de les utiliser, sera de sacrer et non jurer. Ces mots ont été détournés de leur sens religieux, pour un sens initialement blasphématoire. Par exemple câlice, vient de calice. C'est très grossier et pas toujours très bien vu. Ils ne sont pas toujours traduisible en français. Et non les Québécois ne passent pas leur temps, et ne ponctue pas non plus toutes leurs phrases avec un sacre.

2)Daniel fait allusion au chat de Schrödinger. Il s'agit d'une expérience de pensée, la plus connue en physique quantique. Il suffit d'enfermer un chat dans une boite contenant une source de radioactivité qui peut se dégrader et libérer un potion mortel. Dans ce cas, le chat meurt, dans le cas contraire il reste en vie. Le paradoxe de cette expérience, vient du fait que le chat et vivant et mort en même temps, en absence de tout observateur. Il va s'en dire qu'aucun chat ne être dans deux états opposés en même temps. Il en va de même pour Voldemort, et l'observateur, c'est le lecteur, qui pourra, s'il le veut décider du sort de celui dont on ne doit pas dire le nom. Je précise qu'il ne va pas apparaître dans cette histoire.

3)Certains Québécois n'aiment pas se faire appeler Canadien.

4) La poutine est un plat typique du Québec. Il est composé de frites, de sauce brune et de fromage en grain. Ne pas confondre avec Vladimir Poutine, il est l'actuel président de son pays la Russie, depuis 2012.


Merci pour votre patience, encore un chapitre difficile.

J'espère qu'il vous a plu, vous pouvez si vous le voulez me laisser un commentaire.

À suivre chapitre 7: Laisse-moi te dire