Chapitre 13 : Je me souviens de tout ( Gérald Deplamas)

_Je peux savoir ce qui vous a pris?

_Pardon?

_Je vous ai demandé ce qui vous a pris, professeur Salinger. Répéta le professeur Dumbledore, d'une voix autoritaire, voir agacée.

Agacé, oui il l'était. Pour preuve le ton avec lequel il parlait à l'un des fils de son meilleur ami. C'était la première fois qu'il le convoquait dans son bureau, à une heure aussi matinale, puisque le soleil venait juste de se lever.

_Je ne vois vraiment pas, de quoi vous parlez.

_Je parle de votre comportement d'hier soir.

_Je n'ai rien fait de mal hier.

_C'est pourtant ce que vous avez fait. Vous vous êtes opposé à moi, lorsque j'ai voulu licencier, à juste cause, le professeur Ocean.

_Je n'ai fait que dire ce que je pensais de…

_Le plus important, ce n'est pas ce que vous pensez. Mais l'attitude de votre collège, et ses méthodes de travail, qui sont des plus contestables. Il ne peut pas décider qui a le droit de partir ou de rester à ses cours.

_Certes mais je….

_Il est hors de question que je garde un professeur, qui ne donne plus de cours. En plus de son salaire, qu'il ne mérite pas, je dois aussi le loger, le nourrir et le blanchir, gratuitement. Je suis à la direction d'une école, non d'une association caritative.

_Vous n'avez pas été très réactif non plus. Cela fait trois mois qu'il est ici.

_Vous n'ont plus.

_Pardon?

_Vous saviez ce que faisait votre collège, puisque plusieurs de ses élèves sont venus vous voir pour se plaindre de son attitude. Vous avez même pris la décision de leur donner les cours à la place du professeur Ocean. Vous auriez pu venir m'en parler. Pourquoi ne pas l'avoir fait?

_Peut-être parce que je n'aime pas beaucoup la délation, et que ce n'était pas à moi de le faire. De plus, je n'ai donné aucun cours d'animagus, j'ai juste donné quelques conseilles aux élèves qui m'en ont fait la demande. Est-ce qu'au moins, vous avez pris le temps de lui en parler? De le convoquer pour lui faire part de votre insatisfaction, et de votre mécontentement?

_Je n'ai pas à me justifier, sur ma façon de diriger mon établissement. Mais j'aimerais bien savoir pourquoi, vous obstinez-vous tant à prendre sa défense?

_Parce vous vous acharnez sur lui !

_Mais pas du tout. ! Vous n'avez aucune raison de prendre sa défense, ce n'est pas vraiment votre ami.

_Je ne suis pas son ami en effet, ce n'est pas une raison pour ne pas prendre sa défense.

_Je veux des explications, et je les aurais. Je vous conseille de me les donner rapidement, parce que je ne vous autoriserai pas à sortir de mon bureau.

Thomas n'avait pas envie de la donner sa raison. Il avait promis de garder le secret, de n'en parler à personne.

_Alors, j'attends, reprit le professeur Dumbledore.

_D'accord. D'accord. Je l'ai fait pour qu'il puisse rester un peu plus longtemps avec son fils.

_Son fils? Le professeur Ocean est Canadien, si il a un fils, il serait en ce moment même au Canada, et non ici?

_Harry Potter. Je parlais d'Harry Potter.

_Nous y voilà. Je savez donc, que le vrai nom du professeur Daniel Ocean, et James Potter?

_Oui.

_Harry Potter, il en pense quoi de tout ça? Il est aussi concerné.

_Je ne sais pas.

_Vraiment? Il doit bien avoir son avis à ce sujet. Que désire-t-il? Que son père reste ou pas?

_Il n'a aucun avis sur ce sujet, parce qu'il ne sait pas que le professeur Ocean est son père.

_Alors que vous, si. Dites-mois, comment l'avez su?

_Je l'ai deviné.

_Le professeur Ocean ne vous l'aurait pas dit, accidentellement par hasard?

_Pas du tout. Il n'a eu besoin de le faire.

_Comme c'est dommage. Son contrat de travail, lui interdisait de dévoiler son identité à quiconque, au risque de se faire licencier. Vous êtes bien sûr qu'il ne vous ai rien dit ?

_Oui, je le suis.

_Vous le connaissez depuis combien de temps?

_Connaître de nom ou personnellement?

_Personnellement.

_Depuis le jour où vous me l'avez présenté.

_Vous voulez dire le jour de la rentrée scolaire, dans la salle de pause des professeurs?

_Oui.

_Pas avant? C'est très étrange. Il en sait beaucoup des choses sur vous et aussi sur votre père.

_Oui, c'est étrange. Je ne sais pas comment il a appris toutes ses choses, mais je suis sûr que cela ne vient pas de moi.

_Il sait trop de choses intimes à votre sujet, pour que cela vienne de quelqu'un d'autre.

Toc, toc. Quelqu'un venait de frapper à la porte du bureau. Le professeur Dumbledore, avait pourtant, expressément précisé qu'il ne souhaitait pas être dérangé. Qui pouvait ne pas avoir pris en compte ses directives?

_Entrez, cria t-il, sur les nerfs.

La porte s'ouvrit lentement, et une tête dépassa de la porte. L'intrus était le concierge de Poudlard, plus connu sous le nom de Rusard.

_Excusez-moi de vous déranger. Mais vous n'avez demandé de vous prévenir, lorsque -Vous savez qui-arriverait.

Un grand sourire se dessina sur le visage du directeur. Cette arrivée semblait le mettre en joie. Dire qu'il était d'une humeur massacrante, i peine une minute.

_Vous voulez parler de notre nouvelle « amie»?

_Je parle de celle qui porte un drôle de nom.

_Parfait, on parle bien de la même personne. C'est une bonne, non une excellente nouvelle. Vous avez bien fait d'être venu pour me le dire. Je compte sur vous, pour l'aider à s'installer.

_J'ai fait monter ses bagages dans ses appartements. Je lui ai aussi, donné toutes vos directives.

_Parfait. Merci beaucoup. Vous pouvez disposer.

Il se tourna de nouveau vers son interlocuteur avec, étrangement, le même sourire aux lèvres.

_De quoi parlions nous? Ah oui. Le renvoie de votre collège. Vous êtes toujours contre?

_Euh … oui…. Pourquoi?

_D'accord, vous avez gagné. Je m'engage à ne plus chercher à le licencier. Il peut rester autant de temps qu'il le désire.

_Je peux savoir ce qui vous a fait changé d'avis? Ça un rapport avec l'arrivée de votre ami?

_Vous le saurez bien assez tôt. Je sens qu'on va passer une bonne journée, pas vous mon cher professeur Salinger?

_Pas vraiment.

Les deux professeurs quittèrent le bureau, mais pas en même temps, ni pour se rendre au même endroit. Le premier, le professeur Dumbledore, se rendit vers la grande salle, il avait faim, et avait une déclaration des plus importantes à faire. Le second, le professeur Salinger, se dirigea vers les salles de classe, afin de ne pas être en retard à son cours.


Ce matin, les élèves de Poudlard, se levèrent avec l'espoir que leurs prières furent entendus, que quelqu'un ait exaucé leur souhait le plus cher. Ils ressentaient une bonne dose d'excitation, de joie et paradoxalement de l'angoisse. C'était un peu, comme pour le jour de Noël, où les enfants sages, recevaient leur cadeau, voir leurs cadeaux, tant attendus. Sauf que ce n'était pas le cas, on n'était pas un 25 décembre. Ils ne mirent très peu de temps, afin de se préparer. Ils se rendirent, en courant, sur les cent premiers mètres seulement -Un certain Rusard, ce fit une joie de leur rappeler qu'il était formellement interdit de courir dans les couloirs de l'établissement-, pour se rendre dans la grande salle. Pas pour y manger, enfin si, ils avaient un peu faim. Sauf Ron qui lui avait toujours très faim, même après être sorti de table. La même question était sur toutes les lèvres, ou presque. Est-ce que le professeur Océan a été-enfin- remercié?, sous entendu viré, personne n'avait envie de lui dire merci. La question fut rapidement répondue, puisque ce dernier n'était pas présent à la table des professeurs. Cet état de fait, déclencha une vague de joie et de bonne humeur, non dissimulé et non dissimulable. Avec de la chance, le Canadien était déjà en chemin, pour retourner dans son Canada, pays qu'il n'aurait jamais dû quitter. Il ne restait plus qu'à attendre un remplaçant, ou une remplaçante, en espérant, que cette fois ci le professeur Dumbledore, fasse un choix plus judicieux.

_ J'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer les gars, s'écria soudainement Hermione.

Pour la jeune fille, une mauvaise nouvelle, pouvait être une bonne, tout dépend de la façon de voir les choses. Ses amis n'avaient donc, aucune raison de paniquer, la situation devait être aussi normale que possible. Par politesse, ils l'a regardèrent, d'un air étonné. De leurs points de vue, tout allait bien, tout se passait comme n'importe quel matin.

_ Quoi, s'écrièrent ? Ron et Harry, faussement inquiet, d'une seule et unique voix.

_ Ne me dites pas que vous n'avez rien remarqués?

Les deux adolescent scrutèrent les lieux, tournèrent la tête, dans toutes les directions, sans remarquer rien de choquant, ni de perturbant.

_ Euh non! Fut leur réponse.

_ Mais vous êtes aveugles ou quoi? Le professeur McGonagall n'est pas là!

Ils n'avaient rien remarqué, effectivement. Pour cause, ils étaient tellement préoccupés par le sort du Canadien, qu'ils en avaient oublié tout le reste. Quoi qu'il en soit, ils ne trouvèrent, rien de spéciale à l'absence de l'un de leurs professeurs. Tout le monde pouvait un jour, être confronté à un problème de réveil. Pas de quoi fouetter un chat.

_ Oui, et alors? répondirent-ils innocemment.

_ Est-ce qu'il lui est déjà arrivée d'arriver en retard?

_ Je ne sais pas, sûrement.

_ Non, jamais. Pas une seule fois depuis qu'on est à Poudlard. Elle est la ponctualité incarnée! Je suis sûre que tous les horlogers du monde, se basses sur elle, pour mettre à l'heure leurs pendules et montres.

_Elle est peut-être un peu grippé, répliqua Ron.

Harry ne dit rien, parce qu'on fond de lui, il souhaitait que le professeur de métamorphose, ne soit plus en état de donné de cours, pour ce jour au moins. Cela obligerait le directeur de faire appel à nouveau professeur de métamorphose. Un qui accepterai de lui écrire sa lettre de recommandation, celle dont il avait tant besoin, pour se rendre à son concours. C'est à ce moment qu'il remarqua l'absence, de deux autres personnes. Le professeur Salinger, mais pour lui c'était normal et faisait partie de son quotidien, aucune raison de s'inquiéter. Pour l'autre, cela était un peu plus, étant donné qu'il s'agissait du directeur lui-même. Il ne s'était tout de même pas auto-licencié. Il en fit part à ses amis, afin d'avoir leurs avis. Ils n'eurent pas le temps de lui répondre, l'un des absents venait de faire son apparition. Manque de chance, il s'agissait du professeur Ocean. Sa joie, son sourire et sa bonne humeur, mirent un terme définitif aux espoirs des élèves. Une personne qui venait de perdre son travail, ne pouvait pas afficher un tel contentement.

_ « Hello, les enfants, cria t'il, d'une voix des plus enjouée. »

Il poussa même le vice à afficher son euphorie, allant même à dire bonjour à tout le monde, même à ses collège, qui préfèrent l'ignorer au lieu de lui répondre.

_ « Je sens qu'on va passer une bonne journée! » rajouta t'il.

Puis, il s'installa tranquillement à sa place, à la table des professeurs. L'odeur du chocolat chaud, le mit en appétit, et pour une fois, il ne prendrait pas de café. Il hésita entre une brioche et une tartine pain beurre confiture, mais pas longtemps. Un pot de confiture à la fraise était posé juste face à lui. C'était la première fois qu'il avait sur la table ce parfum de confiture, en plus il n'avait pas encore été entamé. Une bouchée dans sa tartine, suffit pour qu'il se souvienne de son enfance, et tartine que lui faisait sa mère pour son goûter.

« Il avait trois ans, il vivait dans une petite maison, composée de deux chambres, d'un salon, d'une cuisine, de sanitaire, et pour finir un petit jardin, où il pouvait jouer quand le temps le permettait. Sa vie était semblable à tous ceux de son âge. Pour le moment, il n'était pas scolarisé, mais il ne le serait pas avant deux ans, puisque la scolarité dans son pays était obligatoire qu'à partir de cinq ans. En attendant ce grand jour, il avait une vie classique, entre jeux, siestes, sorti au parc. Bref, il était comme tous les enfants, enfin presque. Il n'avait qu'un seul et unique parent, sa mère.

Il avait bien sûr un père, tout le monde en a forcément un, mais ce dernier ne semblait pas vraiment impliqué dans l'éducation de son fils. Il ne se sentait pas concerné puisqu'il n'était jamais venu le voir, ne serait-ce qu'une seule fois. Il n'avait même pas vu une seule photo de lui, et il ne savait pas à quoi il ressemblait. Il ne savait rien de lui, son métier, ce qu'il aimait, ce qu'il détestait. Pire encore il n'avait pas de frère, ni de sœur. Quelle chance, pourrait dire, les enfants issus de familles nombreuses. De sont point de vue, c'était tout le contraire, il aurait tant aimé avoir au moins un compagnon de jeux, ne pas rester seul à s'ennuyer dans sa chambre. Il aurait aussi aimé avoir de temps en temps, un ami, un voisin, n'importe qui, qui viendrait chez lui.

Enfin presque pas. Car un homme venait chez lui, une fois par semaine, toujours un jeudi après-midi. Pourquoi ce jour en particulier? Qui était-il? Pourquoi venait-il? À quoi ressemblait-il? Il ne le savait pas, étant donné qu'il ne l'avait jamais vu lui non plus. En effet, cet individu des plus mystérieux, ne venait jamais avant deux heures de l'après-midi, oui pile à l'heure de la sieste. Il repartait toujours avant quatre heures de l'après midi. Ces jours là, il allait toujours dans sa chambre en rechignant, il n'avait pas envie de dormir. Il voulait rester avec sa mère pour pouvoir l'inconnu, pour une fois qu'il avait de la visite, il avait envie d'en profiter un peu. Il avait toujours la même réponse, le même ordre, les mêmes instructions, rester dans sa chambre et attendre qu'elle l'appel pour en sortir. Pas une seule fois sa mère n'avait cédé à ses « caprices de bébé » comme elle aimait tant lui répéter. Curieux et désireux d'en savoir un peu plus, il ne fermait pas totalement, sa porte. Il pourrait au moins écouter la conversation. Il eut plus d'une fois envie de sortir, d'aller dans le salon, sans jamais trouver le courage de le faire. Il finit à force d'écouter, de se souvenir des échanges qu'avaient les deux adultes. C'était en général toujours la même chose, les mêmes mots, les mêmes disputes, qui tournaient inlassablement autour de lui. Il n'aimait pas ça, que l'on puisse parler de lui, sans qu'il ne soit présent, sans qu'il puisse se défendre. Cela commençait toujours de la même façon.

_Te voilà enfin mon chéri.

C'était étrange d'entendre sa mère, dire mon chéri, à une autre personne que lui. Pourquoi se montrait-elle aussi gentille avec quelqu'un, qui visiblement, ne venait pas de gaieté de cœur?

_J'ai beaucoup de travail à faire au bureau. J'ai de grandes responsabilités, Moi.

Comment pouvait-on parler de la sorte, avec autant de condescendances et de mépris? Comment ne pas avoir envie, de l'envoyer balader, et de lui demander de changer de ton. Chose que sa mère, n'avait jamais fait, pas une seule fois.

_Pardonne moi, mon amour. Je te suis reconnaissante, de venir me voir. J'aimerais juste que tu puisse venir plus souvent.

_Je n'en ai pas le temps.

_Tu pourrais faire un effort. Venir plus d'une fois par semaine?

_Faire un effort? Tu plaisantes? Ce n'est pas possible Je n'ai pas que ça à faire, en plus j'ai deux enfants, dont je dois m'occuper.

_Je peux t'aider. Je suis une mère.

_Certes, mais tu n'es pas la leur. Et je ne tiens, vraiment pas à leur imposer ta présence. Tu n'es qu'une inconnue pour eux.

_Bien sûr que je ne suis qu'une inconnue. Tu as toujours refusé que j'aille les voir, chez toi, ou autre part.

_Tu n'as toujours pas compris, que tu n'es rien pour eux.

_Je pourrais être leur belle mère.

_Je ne peux pas. Je porte, encore, le deuil de ma défunte épouse.

_Ça fait si longtemps. Combien de temps, encore, comptes-tu tenir ton deuil?

_Ce que tu me demandes est indécent. Que dirait-on de moi, si je me remarie aussi tôt?

_On s'en moque de ce peuvent penser les autres.

_Toi peut-être. Pas moi.

_Cela ne t'empêches pas de venir me voir toutes les semaines, juste pour coucher avec moi.

_Je suis un homme. J'ai des besoins d'homme. Je peux aussi les satisfaire dans le lit d'une autre. C'est ce que tu veux?

_Pourquoi te montres-tu si cruel avec moi?

_Pardon? Moi cruel? Je passe te voir régulièrement. En plus je te donne de l'argent, afin que tu puisses élever ton fils convenablement. Cela ne te suffit pas?

_Tu ne te soucis pas beaucoup de lui. Tu pourrais aller le voir de temps en temps. C'est aussi ton fils, Jonathan.

_Dois je te rappeler que c'est toi qui l'a voulu. Je pensais que tu prenais des précautions pour ne pas tomber enceinte.

_Je croyais que cela te ferais plaisir, d'avoir un autre enfant.

_Ce n'est pas le cas. J'espère au moins qu'il est à l'école en ce moment.

_Non. Il est dans sa chambre.

_Pardon? Je t'ai donnés tous les papiers nécessaire, il y a plus de six mois, afin que tu puisses l'inscrire dans l'école que je lui ai choisie.

_L'école que tu as si bien choisie est horriblement chère.

_Bien sûr qu'elle est chère, c'est une des meilleurs au monde. Tu n'as pas ton mot à dire, étant donné que c'est moi qui vais payer toutes les factures.

_Ce n'est pas une raison, pour prendre cette décision, sans me concerter avant.

_A-t'il au moins lu les livres que je t'ai donnés pour lui.

_Non, pas encore.

_Je peux savoir pourquoi, il ne l'a pas encore fait?

_Il ne sait pas encore lire.

_Je savais déjà lire et écrire à son âge. Je parlais déjà deux langues étrangères, le français et l'espagnol.

_Il n'est pas comme toi. Il à largement le temps d'apprendre à lire. Laisses lui le temps d'avoir une enfance.

_Un enfance? Cela lui servira à quoi une fois qu'il sera adulte? Tout ce qu'il va y gagner, c'est d'avoir un métier non qualifié et sous payé. C'est comme ça que tu vois son avenir? Tu n'as pas plus d'ambition pour lui?

_Non. Bien sûr que non.

_Dans ce cas, je te conseille, sans plus attendre, de le faire travailler, cinq à six heures, minimum par jour. De cette façon, il pourrait faire des études supérieur dans une école renommée. Tu sais à quel point, il est difficile d'entrer dans certains établissements.

_D'accord. Demain, je commence les cours avec lui. Ça te va?

_Non, dés aujourd'hui. Après ne t'étonnes pas, si je ne veux pas te confier l'éducation de mes autres enfants. Tu as déjà du mal à t'en occuper d'un seul, alors de trois.

Il n'en croyait pas ses oreilles. Comment cet homme pouvait-il parler de cette façon à sa mère. Elle qui était toujours aux petits soins pour lui, qui passait des heures à lui préparer ses repas, qui lui lisait toujours une histoire, ou deux, le soir pour l'aider à s'endormir. Si seulement, il était plus grand, et plus fort, il serait sans hésiter, sorti de sa chambre, afin de prendre sa défense, et chasser le vilain monsieur.

D'habitude, il entendait des pas, de deux personnes, dans le couloir. Puis la porte de la chambre de sa mère claquer. Avait-elle envie de faire une sieste elle aussi? Chose qu'elle ne faisait jamais, sauf quand l'individu venait. Avait-il sommeil lui aussi? Apparemment oui, mais pourquoi dormait-il avec sa mère, au lieu de rentrer chez lui, pour se reposer dans son lit à lui. Ce jour là, ce ne fut pas le cas. Une porte fut pourtant fermée avec violence, mais c'était celle de la maison. L'homme était parti. Quelque minutes plus tard, il fut appeler par sa mère, qui lui demanda de la rejoindre dans la cuisine, afin de prendre son goûter. Une fois de plus, sa mère avait les yeux rouges. Il n'aimait pas ça.

_Pourquoi tu es triste maman, lui demanda t'il?

_Je ne suis pas triste mon grand.

_Pourtant tu as pleuré.

_Je n'ai pas. Enfin si, c'est parce que j'ai épluché des oignons.

_Pourquoi tu as épluché des oignons?

_Pour le repas de ce soir. J'ai prévu une tarte à l'oignon et au jambon.

_J'aime pas les oignons.

_Pourquoi? Tu n'as pas encore goûté.

_Je les aime pas, parce qu'ils sont méchants avec toi, et qu'ils te font pleurer.

_D'accord, pas d'oignons ce soir. Je peux faire des endives aux jambons à la place?

_Super.

_En attendant, tu vas prendre ton goûter. Tu veux quelle confiture sur tes tartines?

_Fraise!

_Tu veux un chocolat chaud avec?

_Oui, s'il te plait, maman.

_D'accord mon grand.

Le jeudi suivant, personne ne vient, ni celui d'après, ni celui d'après-d'après. L'homme mystérieux, et pas gentil, cessa, sans donné la moindre explication de venir. Pourquoi? Qu'est-ce qui l'empêchait de le faire? Normalement, la jeune mère devait ne plus pleurer à cause de lui, puisqu'il ne lui disait plus rien de méchant. Pourtant, elle continuait à le faire, chaque jeudi de la semaine. Elle guettait, en vain, devant sa fenêtre, dans l'espoir de le revoir. Plus le temps passait, et plus il, se mit à haïr cet homme, sentiment qu'il éprouve encore à l'heure d'aujourd'hui.

Cela faisait longtemps qu'il ne pensait à son enfance. Il avait préféré oublier cette période, où il n'avait pas été heureux. Il fut scolarisé, lorsqu'il eut cinq ans, mais pas dans l'école choisie par l'inconnu, sa mère n'avait pas les moyens de le mettre dans le privé. Elle fut même contrainte de rendre un travail de secrétaire, au sein du ministère de la magie. Elle ne s'occupa plus de lui comme avant. Elle le laissait aller et revenir seul de l'école. Elle ne lui préparait plus ses tartines pain beurre confiture, il devait le faire tout seul, comme un grand. De peur de la décevoir, en ayant de mauvaises notes à l'école, il se mit à travailler avec acharnement. Il devait être le meilleur de sa classe. Il tenait à ce que sa mère soit fière de lui. Il ne savait pas encore quel travail il ferait plus tard. Mais il ferait tout pour que ce dernier ne l'empêche pas d'avoir une femme, plusieurs enfants, dont il s'occuperait le plus possible. Il n'allait pas répéter les mêmes erreurs de son père. L'ironie du sort, l'aléas de la vie, ont fait que lui aussi, ne put s'occuper de son fils.

_Professeur Ocean, …Allô la lune, ici la terre….. PROFESSEUR OCEAN, RÉVEILLEZ-VOUS!

C'était le professeur Dumbledore, qui venait de hurler sur son employé. Ce dernier, la tête ailleurs, ne s'était même pas rendu compte que son supérieur hiérarchique, s'était installé sur une chaise se trouvant à sa droite. Il n'avait pas non plus entendu son discours, dont il n'avait pas grand chose à faire.

_« Bonjour professeur Dumbledore. Pourquoi vous hurlez, je suis pas sourd. »

_Pour vous réveiller.

_« Je dormais pas. »

_Vous aviez les yeux fermés en tout cas. Avez-vous au moins entendu ce que je viens de dire?

_« Euh….. Je….. Bon euh, non, mais vous n'avez rien dit, vous venez d'arriver. »

_Alors je vais recommencer, pour vous, et les deux cancres du fond, qui ne m'ont pas écoutés non plus. Ouvrez bien vos oreilles, parce que je ne me répéterai pas une troisième fois. J'ai dit que le professeur McGonagall avait fait un malaise cette nuit. Elle a été conduite immédiatement à l'infirmerie, pour y recevoir les premiers soins. Bien que son pronostic vital, ne soit pas engagé, elle a été envoyé ce matin, à l'hôpital Saint Mangouste. Elle sera pris en charge, par un médicomage et aura des examens complémentaire, afin de s'assurer que tout va bien. Les cours de métamorphoses, seront tenus par un remplaçant, qui a eu l'amabilité de venir rapidement. Par conséquences, tous ses cours seront maintenus. Ils commenceront juste avec ….. tard. Je …ptes sur vous, pour vous …dre en co….. Je précise aussi que les …..gus….ont…aussi.

Quel manque d'éducation. Plus personne, ou presque n'écoutaient ce que le directeur de Poudlard avait à leur dire. Les élèves parlaient, eux entre, à haute voix, sans la moindre gêne. Certains se levèrent pour se rendre en salle de classe, impatient de commencer les cours avec un nouveau professeur, sans avoir entendu que les cours allaient commencé avec une heure de retard. Ils n'étaient pas les seuls dans ce cas. Le professeur Ocean n'avait pas été attentif non plus. L'arrivée d'un remplaçant pour les cours de métamorphoses, ne le concernait en rien. Certes, mais les derniers mots du professeur Dumbledore, lui était adressé particulièrement.

_Mais ils font quoi ces abrutis. Je n'ai pas fini de parler. Revenez vous asseoir immédiatement.

Il soupira voyant bien que plus personne n'était disposé à l'écouter.

_Professeur Ocean.

_« Oui? Répondit l'intéressé. »

_Je vois que apprécier mon cadeau.

_« Quel cadeau? »

_La confiture à la fraise. Elle vient directement du sud de la France.

_« Pourquoi avoir fait ça? »

_Pour vous montrer que je ne vous en veux pas. Pour faire un geste en guise d'amitié. Ne vous sentez pas obligé de finir le pot aujourd'hui, vous pourrez l'emporter avec vous, lorsque vous rentrerez chez vous.


Salle de classe de métamorphose. Tous les élèves étaient bien sagement assis à leur place, et attendaient avec impatience, l'arrivée du nouveau professeur. Celui qui en espérait le plus, était sans nul doute, Harry Potter. Le temps jouait contre lui. Il ne lui restait plus que 24h chronos, pour obtenir sa dernière lettre de recommandation, et pour envoyer un dossier complet à l'école des fondateurs. Et si cela ne se passait pas bien. Le nouveau, ne le connaissait pas, il ne savait pas de quoi il était capable. Il pourrait lui refuser ce service lui aussi, rien ne l'obligeait à le faire après tout. Les minutes passèrent, se succédant inlassablement. Cinq, puis dix, vingt, trente. C'était interminable. Il faisait face à son pire cauchemar, ne pas pouvoir prouver à son père qu'il était parfaitement capable de réussir un examen, aussi dur qu'il puisse être. Une heure, une porte s'ouvrir, se referma, des bruits de pas se firent entendre. Une personne, venait d'entrer dans la salle de classe.

À suivre chapitre 14: S'il avait su.

Merci d'avoir lu et merci de votre patience.

See you