Chapitre 4 : Magie et sorcellerie
Kate suivait le professeur Rogue, qui marchait d'un bon pas quelques mètres plus loin, à travers les couloirs sombres de l'école en cette heure tardive. Le château lui parut alors immense. Seulement éclairé par quelques torches accrochées aux murs, elle ne put distinguer que des brides de tapisseries.
Les tableaux eux semblaient déjà dormir d'un sommeil du juste et Kate fut amusée de voir que certains produisaient de petits cris outrés ou grommelaient sur leur passage, dérangés qu'ils se trouvaient être par le faible faisceau lumineux que produisait la baguette du professeur Rogue. Kate accéléra le pas afin de ne pas se laisser distancer par ce dernier.
Ne songeant même pas à entamer une conversation avec l'homme peu aimable dont elle ne distinguait que le profil, la jeune fille préféra mémoriser le chemin emprunté depuis le bureau du directeur. Bien mal lui en pris car après avoir bifurqué quelque fois à gauche puis à droite, ils dévalèrent une poignée d'escaliers et traversèrent littéralement une vieille tenture poussiéreuse aux couleurs criardes pour se retrouver dans un petit corridor étroit et plongé dans le noir.
Après avoir hésité un demi second avant de traverser, Kate n'eut pas le temps de s'effrayer car déjà le professeur Rogue s'élançait à grandes enjambées dans un couloir plus grand et éclairé où ils eurent l'honneur de se faire rouspéter par le son grinçant d'une Armure.
- Merci de me prévenirà l'avenir, je n'ai pas pour habitude de traverser des murs ! s'impatienta acide une Kate fatiguée par le trop plein de nouveautés pour ce soir.
Mais Rogue s'arrêta devant une banale petite porte.
- C'est ici, prononça alors l'homme d'un regard noir et froid. Et vos petites complaintes ne m'intéressent guère miss Davies, poursuivit-il d'un ton doucereux. Si vous voulez mon avis, vous garder en ces lieux est une grossière erreur !
Elle ne lui avait pas demandé son avis à vrai dire.
- Ah… merci… répondit Kate soudain lasse. Merci pour tout en fait. Et elle actionna la poignée de la porte, lui tournant le dos. De toute manière elle se doutait bien que son chaperonnage s'arrêterait là et ne s'attendait pas à ce qu'il lui fasse une visite complète. D'ailleurs, l'homme tourna les talons sans dire un mot, ses pas raisonnèrent dans le silence de la nuit.
L'appartement était petit mais tout à fait fonctionnel. Une chambre à coucher simple munie d'une salle de bain attenante et un salon équipé d'une cheminé, un canapé et plus loin un bureau avec une étagère vide. Dans un coin de la pièce, une minuscule kitchenette offrait le service minimum.
Kate entra dans la chambre et eut le plaisir de trouver une chemise de nuit blanche, laissée sur le lit à son attention. Elle ne savait pas qui étaient ces elfes, mais elle fut impressionnée par la rapidité avec laquelle ils avaient préparé cet appartement et aussi leur délicate attention pour sa personne. La magie était tout de même quelque chose de fabuleux !
Kate se déshabilla rapidement et se mit au lit. Les évènements se bousculèrent dans sa tête, d'autant que la migraine, toujours présente, n'aidait en rien.
Piquée par la curiosité, il lui tardait tout de même d'en découvrir plus sur ce que le monde magique avait à offrir. Des choses incroyables, elle n'en doutait pas au vu de ce qu'elle avait déjà eu le loisir d'assister. Elle aurait bien aimé également connaître les différentes formes de magie. Elle savait que son esprit rationnel souhaiterait quant à lui en comprendre la source.
Elle se promit également de trouver un moyen afin de contacter Granny dès le lendemain. Elle serait la plus amène de comprendre ce qui lui arrivait. Comment parviendra-t-elle à expliquer son absence à ses parents ? Et Merry ? Elle devait aussi penser à envoyer un mot à l'université…
Pour l'heure, vaincue par l'enchaînement des évènements de ces dernières heures, elle sombra finalement dans un sommeil bien mérité.
Le lendemain matin Kate se perdit dans les couloirs. Elle eut alors l'idée de demander poliment son chemin aux tableaux. Certains l'aidèrent de bons cœurs, d'autres se montrèrent irrités d'être dérangés.
Ainsi, tant bien que mal, elle arriva aux portes de la Grande Salle, avec son magnifique plafond magiquement étoilé (quoique sombre), Kate en resta ébahie.
- Allons miss Davies, ne restez pas là. Venez manger avec nous à la table des professeurs dit alors joyeusement Albus Dumbledore dans son dos.
Ce dernier l'accompagna et l'informa d'une voix basse et rassurante qu'il avait mis l'ensemble du corps professoral au courant de sa situation. Il alla ensuite lui-même s'installer au centre d'une longue table surplombant quatre autres. Kate hésita quelques secondes, certains professeurs attablés prenaient déjà leur petit déjeuner. Puis finalement, muée par un drôle d'instinct elle s'assit en bout de table aux côtés du professeur Rogue et d'une petite sorcière replète. Cette dernière portait son chapeau de travers et lui fit un petit sourire engageant.
- Je suis le professeur Chourave miss…
- Davies lui répondit alors aussitôt Kate en lui rendant son sourire.
- Oui, miss Davies enchantée ! reprit-elle avec entrain. J'enseigne la botanique, peut-être aurons-nous l'occasion de nous croiser. Venez faire un tour si l'envie vous dit, vous pourriez découvrir de nouvelles espèces, mes serres se trouvent… Et le professeur Chourave entreprit de lui faire la conversation.
Kate n'écoutait que d'une oreille car elle venait de voir apparaître magiquement une assiette de porridge pile face à elle et était occupée à ne pas laisser transparaître son étonnement. Mieux valait essayer de ne pas se faire remarquer en rappelant constamment sa condition. Plus vite elle apprendra à se fondre dans son nouvel environnement mieux ce sera lorsque les élèves seront présents et qu'elle aura un rôle à tenir, se disait-elle.
Kate, pensant qu'elle était parvenue à se contenir et à agir normalement, plutôt fière d'elle, entreprit vaillamment de manger lorsqu'elle entendit un faible reniflement moqueur à sa gauche. Lançant un bref coup d'œil noir à son voisin masculin (qui gardait un visage impassible), elle préféra l'ignorer et reporta toute son attention sur la sympathique professeur Chourave.
Après le petit déjeuner, une grande sorcière à l'air sévère, le chignon bien fait et tiré, se présenta à elle comme le professeur McGonagall. Elle lui proposa aimablement de l'emmener faire quelques emplettes dans le monde magique afin d'adapter sa garde-robe à son nouveau séjour parmi les sorciers. Kate accepta de bonne grâce, reconnaissante envers le professeur McGonagall. En effet, le matin même au réveil elle avait retrouvé ses vêtements de la veille fraîchement lavés et repassés mais ne pensait pas pouvoir tenir tout le séjour ainsi ! D'ailleurs, il lui fallait des capes et des robes de sorcières.
Cette dernière lui proposa d'y aller immédiatement et Kate la remercia. Le temps n'était pas clément, le ciel sombre noyé sous de gros nuages noirs menaçait à tout moment d'exploser en d'abondantes averses. Une chose au moins était sûre, bien qu'elle ne sache pas exactement où elle se trouvait, Kate était prête à pariée que Poudlard se situait au nord du pays.
La sortie sur le chemin de traverse fut néanmoins un véritable enchantement. Des petites boutiques encastrées, des chapeaux pointus, une ribambelle de petits objets étonnants, des chaudrons, le monde magique était décidément fabuleux ! Le moyen de transport pour s'y rendre, le fut moins. Le professeur McGonagall appelait ça « du transplanage d'escorte » et ce fut au moins aussi catastrophique pour Kate que son premier essai dans le domaine.
La jeune fille put échanger son argent (elle n'était partie avec aucun argent mais cela ne semblait poser aucun problème aux petites créatures) dans la banque des sorciers Gringotts. Elle ne fut pas rassurée de se retrouver sous les yeux scrutateurs des gobelins.
D'ailleurs, sur le chemin de Traverse, une sorcière à l'aspect douteux s'intéressa d'un peu trop près à elle, et Kate se demanda si elle ne devenait pas un peu paranoïaque. Mais lorsque cette dernière lui offrit un sourire édenté, le professeur McGonagall pressa le pas d'une démarche un peu raide.
Chez Tissard et Brodette, la boutique de vêtements pour sorciers, le professeur McGonagall signala que la jeune fille devait refaire entièrement sa garde-robe. Et, pour faire davantage bonne mesure, précisa qu'elle arrivait tout droit d'Amérique pour effectuer son stage. Ainsi cela expliquait pourquoi jamais personne ne l'avait vu par ici. Heureusement, les propriétaires n'étaient pas du genre très causants et ne fit aucun commentaire lors de la prise de mesure.
Le professeur McGonagall semblait vouloir se dépêcher de rentrer à temps au château pour l'heure du déjeuner et de doute façon Kate n'osa pas lui demander d'explorer d'autres boutiques qui lui semblait fascinantes. Fleury et Bott (la librairie) notamment lui faisait de l'œil. Peut-être pourra-t-elle un jour y revenir.
En partant de la rue commerçante sorcière, Kate salua une dernière fois le patron du Chaudron Baveur, Tom, et se prépara pour un énième horrible transplanage, sous des trombes d'eau.
Un grand merci à HortenseDK, et Anna Belle pour vos reviews ! Cela me fait toujours plaisir et m'encourage à poursuivre cette histoire.
