Quand Mabel descendit des escaliers, Le Shack semblait désert. Stan était probablement dehors, attendant les parents des jumeaux. Quant à Soos et Wendy, ils devaient lui tenir compagnie. Elle s'empressa alors d'aller dans le bureau de Stan, où elle prit soin de fermer la porte derrière elle.

Elle n'espérait ne pas avoir à prendre trop de temps. Mais c'était sa seule occasion de le faire.

Après s'être assurée qu'elle ne serait pas dérangée, elle se tourna vers la solution à son problème…

La Photocopieuse.

« Je crois que cette machine peut photocopier des êtres humains ! »

C'est ce que Dipper avait dit.

Lui même l'avait testé dans cette même journée, après tout.

Sans plus attendre, elle grimpa sur la machine, faisant attention à ne pas brusquer son bras brisé, puis s'allongea :

« Ce n'est pas une bonne idée » lui faisait une voix dans sa tête.

Mabel se secoua. Ce n'était plus l'heure d'hésiter.

À voix haute, elle ajouta, tenant d'une main la casquette de son frère :

« Dipper, si tu m'entends, sache que je fais tout ça pour toi, frangin. »

Puis elle laissa tomber la casquette, et lança la photocopie.

Stan était à l'arrière de la maison, sur le canapé à l'extérieur. Canette en main, il prenait une gorgée de temps à autre, puis regardait le sol, tristement.

Il brisa ce silence en poussant un soupir, accompagné de ces mots :

- Comment ai-je pu autant rater ?

Wendy, adossée contre le poteau de bois, échangea alors un regard inquiet à Soos, assit à côté de Stan, avant de répondre :

- , arrêtez de vous blâmer pour ce qu'il s'est passé…Vous n'y êtes pour rien.

Il ne répondit pas. Il n'avait pas envie de répéter cette conversation. Peut importe quels étaient les mots, il ne pourrait pas se pardonner la perte d'un membre de sa famille…

...Pas une seconde fois.

Ce fut Soos qui reprit la parole:

- , nous étions tous à cette soirée. Wendy et moi l'avons même emmené au spectacle. Nous savions aussi que Dipper était...eh bien...«Bizarre». Nous aurions pu agir plus tôt. Donc nous sommes tout autant coupable. Voire plus dans le fond.

- Soos, Wendy… ce n'est pas ce que je-

- Alors arrêtez de vous croire le seul responsable!" Coupa Wendy, en colère."Vous n'êtes pas le seul coupable dans tout ça. Nous avions tous vu ce qu'il n'allait pas, et nous avons choisis de fermer les yeux alors que nous aurions pu le sauver. Nous aussi nous aurions voulu que les choses soient différentes. Mais… elles ne le sont pas.

Stan ne répondit pas immédiatement. Mais au bout de plusieurs minutes, il laissa s'échapper un triste rire nerveux, se couvrant le visage d'une de ses mains. Il poussa un long soupir avant de dire :

- Désolé…

- Hé, ce n'est pas grave, . Nous sommes là.

Il leur adressa un faible sourire. C'est alors qu'une autre voix se fit entendre :

- Excusez moi...

Ils se tournèrent vers la personne qui venait de parler. Il s'agissait de Gabe. Il n'était pas seul, accompagné -en dehors de ses éternelles marionnettes- de Candy et Grenda.

- Toi ? Qu'est ce que tu fais là ? Demanda Wendy, surprise.

- J'aimerai parler à Mabel. Vous savez où je peux la trouver ?

- Nous aimerions lui dire au revoir avant qu'elle ne parte. Ajouta Candy

Stan les dévisagea un instant avant de répondre :

- Elle doit être à l'intérieur, en train de finir sa valise...Vous pouvez aller la voir, mais s'il vous plaît… Ne la brusquez pas à propos de son frère.

Les filles échangèrent un regard entre elles, avant de répondre :

- Bien sûr, M. Pines

Puis elles rentrèrent, suivies par Gabe. Quand ils tombèrent sur Mabel, celle ci sortait à peine du bureau de son oncle. Dès qu'elle les aperçut, elle s'empressa de fermer et bloquer la porte derrière elle, très nerveusement.

- Mabel ? Je croyais que tu finissais ta valise ?

- Tiens salut les filles ! Hein, quoi ? Ah, ma valise ? Ha, ha...euh...Je l'ai finie plus tôt que prévu…

- Nous...Nous sommes venues te dire au revoir, Mabel.

À ces mots, la nervosité de la jeune fille sembla s'estomper aussitôt. Elle s'approcha de ses amies.

- L-Les filles...je…

Elles ne lui laissèrent pas le temps de répondre, et l'enlacèrent.

- Tu vas nous manquer, Mabel. Commença Grenda.

- Saches que nous serons toujours amies… ajouta Candy.

Ces mots lui ramenèrent les larmes aux yeux. Mais pas pour les mêmes raisons. Ces pleurs là venait d'une douleur dans son coeur. Celle de mentir à ses deux meilleures amies. Elle ne pouvait pas leur dire qu'elle comptait rester. Pas maintenant, du moins. Elle les serra dans ses bras, avant de lever la tête, et de voir Gabe. Comment ne l'avait-elle pas vu auparavant ? Surprise, elle recula de l'étreinte de ses amies et s'exclama :

- G-Gabe ?! Qu'est ce que tu fais ici ?

Le jeune marionnettiste s'approcha, tandis que Grenda et Candy décidèrent de les laisser entre eux.

- Je suis venu aussi te faire mes aurevoirs. Nous n'avons pas eut l'occasion de reparler depuis...Tu sais.

Mabel regarda le sol. Pas besoin de mentionner cette partie, en effet.

- Je voulais juste te dire que malgré cette interruption abrupt...J'ai beaucoup aimé ta pièce. Elle était vraiment magnifique.

La jeune fille releva la tête. Il y a peine deux jours, ces mots l'auraient comblée. Son coeur aurait explosé de joie. Mais après les derniers évènements, ces mots n'eurent pas l'impact espéré.

- Et...J'aimerai beaucoup que l'on puisse se revoir un jour. Nous pourrions même organiser une pièce ensemble !" Ajouta-t-il, en lui tendant un petit paquet.

La jeune fille prit alors le paquet, qui avait déjà été entrouvert pour lui faciliter la tâche. À l'intérieur se trouvait une note sur laquelle le numéro de Gabe était inscrit.

Et puis, cousue à la main avec attention, une marionnette à l'effigie - semblait-il - de Dandinou.

À sa vue, Mabel vit ses yeux s'illuminer, et un sourire se forma sur ses lèvres. Elle avait à nouveau un moyen de communiquer avec son frère. Dans la mesure où il serait toujours là, bien entendu. Par ce simple cadeau, il venait de lui redonner du courage. Retenant quelques larmes, elle s'exclama, serrant la marionnette contre elle:

- Oh, Gabe, Merci milles fois! Tu ne te rends pas compte à quel point ça me rends heureuse.

En retour, le blondinet lui adressa un sourire. Puis elle baissa les yeux, et, se rappelant de sa mission, elle fit:

- M-Merci beaucoup...Tout le monde. Mais j'ai encore besoin d'être seule...Vous...Vous pouvez me laisser, s'il vous plaît ? Je sortirai d'ici quelques minutes, promis.

Après avoir échangés un regard, les trois amis de la jeune fille hochèrent la tête, et retournèrent dehors. Mabel essuya les larmes qui s'échappait, et, reprenant immédiatement son sérieux, rouvrit la porte du bureau de son grand oncle et fit :

- C'est bon. Vous pouvez sortir.