La petite troupe décida que la priorité était de retrouver un maximum de membre d'équipage "éveillé". Le vaisseau étant plus que gigantesque, il fallait tout d'abord trouver un moyen de les contacter rapidement tout en couvrant une large surface.
"- Nous serons d'accord sur le fait que nous devons rester groupé. Rappela à juste titre l'Ingénieur en chef. On ne sait pas encore à quoi s'attendre."
Tous acquiessèrent silencieusement pourtant, il s'agissait de la solution la plus efficace pour couvrir une grande surface de recherches. Jim réfléchissait à triple vitesse en maintenant une poigne ferme sur son poignet bandé. Léonard s'en aperçut rapidement. Il ouvrit à nouveau sa malette de secours et en tira une bande stérile et une pomade. Puis sans prononcer un mot, il défit le bandage légèrement rougit par la pression et appliqua de la pommade sur la plaie légèrement enflammée.
"- Tu as dû t'irriter la blessure en tirant sur les liens de confinement quand tu étais à l'infirmerie."
Khan détourna aussitôt le visage mal à l'aise, rapidement suivit par Spock qui se souvint de la colère qui avait grondé dans le creux de son ventre en voyant son aimé en danger.
"- Quand je pense à ce pauvre agent Cliff qui est resté là-bas. Lança Jim pour apaiser la situation. Il ne va rien comprendre quand il se réveillera."
Personne ne releva sa tentative, et à bien y réfléchir, elle n'était même pas drôle. Il grimaça en remerciant Bones d'une tape amicale puis ils décidèrent d'avancer un peu plus en avant dans le couloir, faisant voler de la brume sur leur passage.
Jim ...
Le capitaine se retourna mais ne vit que l'obscurité derrière lui et le silence à peine rompu par le bruit de leurs pas.
Thy'la ? Lui demanda Spock à travers leurs liens.
Mais il fixait toujours les ombres du vaisseau, légèrement dérangés par la faible lumière orangée des lampes de secours. Quelque chose les observait. Quelque chose qui se subtilisait volontairement à leur vision mais elle était bien là.
Jim ...
Quelque chose le regardait, le sondait.
"- Jim ?"
Il sursauta en sentant la main de Spock effleurer la sienne. Il l'interrogea du regard, inquiet.
"- Ce n'est rassura-t-il."
Spock fronça les sourcil visiblement contrarié mais n'en rajouta pas. Il laissa son capitaine passer devant et choisit de fermer la marche, en restant sur ses gardes, phaser au poing. Ils marchèrent, dépassant de ci de là des corps inertes, en proie au sommeil le plus profond.
"- C'est étrange, dit Sulu. Le vaisseau est le même mais on dirait qu'il est différent.
- Comme si la réalité était altérée. Lui confirma Bones. J'ai couru dans un couloir, droit devant moi pendant un temps incroyablement long jusqu'à ... "
Il se tut se remémorant son double pestiféré. Il frissonna de peur et de dégoût mais ne termina pas sa phrase, préférant passer à autre chose. Il jeta un coup d'oeil à Khan qui ouvrait la marche, alerte mais le médecin savait qu'il était préoccupé. Devant eux se profila un carrefour. 4 couloirs. Et pas âmes éveillées.
"- Un communicateur fixe ! S'écria le jeune japonais s'en approchant. Merde, il est HS."
Le reste de l'équipe le rejoint.
"- Il n'est pas HS, mais en mode stase. Comme le reste du vaisseau d'ailleurs, l'informa Scotty. Il économise l'énergie.
- Je dois pouvoir le rallumer. Affirma Khan en s'agenouillant et en arrachant le panneau donnant accès aux câbles. Après avoir fait quelques ajustements et s'être fait juter deux fois, il se recula, content de lui quand l'écran s'alluma.
- Enterprise. Dit une voix robotique. Communication interne uniquement. Canal . Canal 2. Clos. Canal 3. Clos. Canal 4. Clos. Canal 5. Clos. Canal 6. Clos. Canal 7. Clos. ..."
Après une minute d'attente, l'assistance robotique leur indiqua que l'ensemble des canaux étaient clos. Puis sur l'écran apparut un capteur.
"- Authentification demandée"
Instinctivement, Jim s'avança et plaça son oeil face au petit scan mais une fois fait, la machine refusa d'obtempérer.
"- Capitaine James Tiberius Kirk. Autorisation refusée.
- Pardon ? S'écria ce dernier vexé que son propre vaisseau lui refuse cela.
- Je vais essayer, enchaîna Spock.
- Commandeur S'chin T'gai Spock. Autorisation refusée.
- Bon, et bien je pense qu'il va falloir trouver un autre moyen de contacter les autres."
Jim retourna devant la machine et après avoir pianoté sur le clavier, il rentra dans les commandes manuelles. Un écran noir s'afficha et une succession de lignes vertes et blanches défilèrent rapidement.
"- Intrusion. Tentative de rejet. Annonça la machine.
- Jamais un ordinateur ne m'a résisté. Grommela le blond concentré."
Puis il appuya sur une touche et le secteur s'éteignit, plongé dans le noir le plus total. Bones fut le seul à paniquer. Le silence environnant, déjà très pesant, devint encore plus flippant et seul le bruit des respirations envahit les lieux, se répercutant sur les murs de métal.
"- Jim, qu'est-ce que tu as fait ? Jim ? Jim ! Ne me dis pas que tu as coupé l'alimentation électrique du vaisseau ? Tu te rends compte de ce que ça peut provoquer ?! On est dans l'espace ! L'ESPACE !"
Sa gorge était serrée et la panique se lisait parfaitement dans son regard noisette. D'ordinaire, bien qu'il fasse bien volontier part de son aversion pour cette étendue de vide, il se maîtrisait parfaitement et surtout il maîtrisait ses craintes les plus primitives. Il avait tellement peur et cette horrible vision de tout à l'heure tournait en boucle dans sa tête, qu'il n'en avait plus rien à foutre. Il pouvait le jurer : une fois rentré sur Terre, il rendrait ses galons.
Sur cette sainte promesse, le courant revint progressivement dans un ronronnement rassurant, la lumière éclaira de nouveau le vaisseau de ses couleurs blanches.
"- Réinitialisation du système en cours. Code de confirmation requis."
Jim rentra un code qu'il dut confirmer avec un nouveau scan oculaire et cette fois-ci l'appareil obtempéra.
"- Capitaine James Tiberius Kirk. Bonjour. Que-je faire pour vous ?
- Ouvre l'ensemble des canaux."
Une fois que cela fut fait le capitaine diffusa son message.
"- Ici le Capitaine James T. Kirk. Je me trouve avec quelques membres de l'équipage au niveau 22. Est-ce quelqu'un m'entend ? Si vous êtes éveillés et que vous entendez ce message, veuillez activer vos communicateurs et activer les balises de recherche utilisées en cas de mission en terre inconnue selon la norme 401 du règlement de Starfleet."
Il laissa un moment mais personne ne répondit à part le grésillement. Jim jura tandis que Scotty soufflait.
"- Ooo ? ...ci ...el ...ov ... Uh...ra ... ...eau des quart... du pont 13. Ré...ez !
- Capitaine Kirk, dit Jim en se ruant sur la machine et en la programmant un peu mieux pour pouvoir comprendre son interlocuteur.
- Capitaine ?"
Personne ne pouvait ne pas avoir reconnu l'accent russe.
"- Monsieur Chekov ! Vous êtes au pont 13 ?
- Je suis heurrreux de vous entrndrrre Capitaine ! Oui, au pont 13, dans ma chambrrre. Mlle Uhurrra est inconsciente et il y a une espèce de brrrume au sol."
"Que fait Mlle Uhura dans la chambre de Mr Chekov ?" souligna Scotty sous un geste agacé de Jim qui ne trouvait rien de pertinent dans cette remarque. Elle le serrait plus tard mais pour l'heure, il devait les rejoindre.
"- Est-ce que vous savez si d'autres personnes sont "conscientes" ailleurs ?
- Je suis désolé, Capitaine."
Soudain l'ordinateur délivra une information capitale au petit groupe.
"- Capitaine, je détecte le communicateur du Docteur M'Benga au laboratoire 7 ainsi que 4 autres personnes."
Jim saisit un PAD qu'il ôta du corps de l'appareil et afficha les vidéos des caméras de surveillance. Le Docteur tournait en rond avec l'Infirmière en Chef Chapel pendant que deux Yeoman tentaient de réanimer deux autres personnes.
Et alors que personne ne répondait à l'appel de leur Capitaine, les images de vidéosurveillance défilèrent devant leurs yeux : un homme courant en hurlant dans un couloir suivit de près par une femme le poursuivant avec une queue de billard brisée ; un couple recroquevillé au Mess en pleure ; cinq hommes sur le pont qui se coursaient en faisant l'avion, ...
"- Ceci explique pourquoi personne n'a répondu. Commenta Bones abasourdi.
- Il va falloir se séparer. Dit Jim en se pinçant le menton.
- Vous n'y pensez pas Capitaine. Le contredit Spock."
Jim. C'est la pire solution qui soit et tu le sais. Lui répéta Spock par la pensée.
"- On doit rejoindre le Docteur M'Benga et Miss Chapel aux laboratoires mais on ne peut pas laisser Chekov comme ça. Et il faudrait faire comme ce que je viens de faire sur cette machine mais appliqué à l'ensemble du vaisseau pour sortir de cette stase.
- Alors je viens avec vous. Poursuivit Spock implacable."
Personne n'y trouva à redire. Scotty et Sulu y voyant la farouche amitié entre les deux hommes ; Khan et Bones comprenant le lien plus profond qui existait entre eux.
"- Très bien. Moi et Spock nous nous rendons aux laboratoires. Scottu et Mr Sulu, vous retrouvez Mr Chekov et Mlle Uhura et vous nous retrouvez aux laboratoires.
- Quant à nous, continua Khan de sa voix grave. Nous nous rendons aux machines pour rebooter le vaisseau."
Le plan était défini, maintenant il ne restait plus qu'à l'exécuter.
"- Messieur, n'oubliez pas. Si vous croisez quelqu'un qui n'est pas un membre de l'équipage, vous avez l'ordre de le neutraliser. S'il est trop dangereux, j'autorise la mise à mort.
- On ne sait rien de ... celui ou celle qui a pénétré sur le vaisseau, si ce n'est pas que de la brume étrange.
- Comme tu l'as dit Bones, on est dans l'espace et non amarré à une quelconque station. Si le vaisseau se retrouve d'une manière ou d'une autre hors d'état de naviguer ou dans l'incapacité de communiquer, nous sommes des hommes et des femmes morts."
Sur ces belles et réconfortante paroles, ils se divisèrent et partirent s'occuper de leurs missions respectives. Jim s'assura que chacun des groupes ait au moins un communicateur en état de marche. Puis ils se séparèrent sans un regard en arrière.
Scotty et Hikaru avançait dans les couloirs sombres de l'Entreprise. Ils avaient quitté le secteur rebooté depuis un moment déjà et désormais l'obscurité les avait de nouveau englouti et seul la lumière orangé de la sécurité leur indiquait le chemin. Ils arrivèrent à un nouveau carrefour dont un des côtés donnaient sur un turbolift. Les deux hommes se regadèrent et d'un commun accord, ils se dirigèrent vers l'ascenseur qu'ils appelèrent.
"- Vous ne trouvez pas que le Capitaine et Mr Spock sont étranges ces derniers temps ? Lança soudainement Hikaru."
Scotty haussa un sourcil curieux. Il avait bien remarqué quelques changements mais comme il aimait le dire, ce qui se passait chez les autres, ne le regardait en rien. Moins il fourrait son nez dans les affaires d'autrui (sauf celles de Starfleet bien évidemment) mieux il se portait.
"- Ils ont toujours été étranges, Mr Sulu. Répondit Scotty. Il faut dire qu'ils ont chacun un parcours quelque peu mouvementé.
- Je vous l'accorde mais j'ai le même ressenti vis à vis du Docteur McCoy et de Khan."
- Cessez donc de tourner autour du pot, mon garçon. Vous me donnez le tournie. Grommela Scotty."
L'ascenseur s'ouvrit sur un habitacle complètement sombre. Le courant ne s'était pas remis dans les turbolifts. Au moins faisaient-ils les trajets qu'on leur demandait. Ils entrèrent, se collant presque pour s'assurer que ni l'un ni l'autre ne se perde dans ce si petit espace sombre. Hikaru demanda le pont 13, et le turbolift s'élança.
"- Je pense qu'ils entretiennent une liaison. Finit par le japonais."
Scotty se tourna vers lui, choqué que le jeune homme ne se laisse aller aux commérages, quand bien même ils seraient fondés.
"- Et cela vous dérange-t-il, Mr Sulu ?"
Le japonais déglutit tellement fort qu'il lui sembla que le bruit se répercuta sur les murs de métal malgré le ronronnement doux et paisible de la machine. Le japonais allait répondre quand les portes s'ouvrirent sur un spectacle auquel ils ne s'attendaient absolument pas. Tous les membres d'équipage présents à cet étage se baladaient en proie à des hallucinations plus ou moins violentes.
"- On se croirait dans un asile de fous ... Lâcha Hikaru."
Ils traversèrent le couloir en jetant un coup d'oeil aux autres, sans intervenir sauf pour empêcher une jeune femme d'étrangler une collègue qui avait, selon ses dires, essayer de lui voler quelque chose. Après les avoir toutes deux assomées pour s'assurer une tranquillité d'esprit plus que bienvenue.
Quand ils arrivèrent devant la porte de la chambre du jeune Chevok, Hikaru l'appela mais le russe ne répondit pas.
"- Pavel ?"
Ils sursautèrent quand la porte s'ouvrit après que le jeune officier ne la déverrouille.
"- Seigneurrr, vous voilà. Ils se sont mis à se rrréveiller tous et à agirrr bizarrrement. J'ai préférrrer nous enferrrmer, il y a un agent de sécurrrité qui a cherrrché à ma couper la tête lorrrsque je suis sorrrti la prrremièrrre fois."
Il se figea en entendit un bruit de métal traînant, un long son aigüe qui dérangeait presque autant que ce que l'on pouvait imaginer en l'entendant. L'ombre d'un homme immense se découpa sur le mur gris métalisé, haute, imposante et lorsque l'ombre de l'arme qu'il tenait apparut, elle aussi. Chekov tira sur le haut jaune et noir du japonais pour le forcer à entrer. Mais Sulu était connu pour sa bravour et au lieu de rentrer dans la chambre, il pointa son phaser en direction de l'homme qui venait d'apparaître au coin.
Il avait le regard vague, de la bave coulait dans sa barbe rousse et ses cheveux collaient à son crâne comme un manteau qui avait la charge de maintenir son cerveau bien au chaud. Il marmonnait sans qu'ils puissent l'entendre et de temps à autre, il tournait légèrement la tête Scotty se tourna vers lui, choqué que le jeune homme ne se laisse aller aux commérages, quand bien même ils seraient fondés.
"- Et cela vous dérange-t-il, Mr Sulu ?"
Le japonais déglutit tellement fort qu'il lui sembla que le bruit se répercuta sur les murs de métal malgré le ronronnement doux et paisible de la machine. Le japonais allait répondre quand les portes s'ouvrirent sur un spectacle auquel ils ne s'attendaient absolument pas. Tous les membres d'équipage présents à cet étage se baladaient en proie à des hallucinations plus ou moins violentes.
"- On se croirait dans un asile de fous ... Lâcha Hikaru."
Ils traversèrent le couloir en jetant un coup d'oeil aux autres, sans intervenir sauf pour empêcher une jeune femme d'étrangler une collègue qui avait, selon ses dires, essayer de lui voler quelque chose. Après les avoir toutes deux assomées pour s'assurer une tranquillité d'esprit plus que bienvenue.
Quand ils arrivèrent devant la porte de la chambre du jeune Chevok, Hikaru l'appela mais le russe ne répondit pas.
"- Pavel ?"
Ils sursautèrent quand la porte s'ouvrit après que le jeune officier ne la déverrouille.
"- Seigneurrr, vous voilà. Ils se sont mis à se rrréveiller tous et à agirrr bizarrrement. J'ai préférrrer nous enferrrmer, il y a un agent de sécurrrité qui a cherrrché à ma couper la tête lorrrsque je suis sorrrti la prrremièrrre fois."
Il se figea en entendit un bruit de métal traînant, un long son aigüe qui dérangeait presque autant que ce que l'on pouvait imaginer en l'entendant. L'ombre d'un homme immense se découpa sur le mur gris métalisé, haute, imposante et lorsque l'ombre de l'arme qu'il tenait apparut, elle aussi. Chekov tira sur le haut jaune et noir du japonais pour le forcer à entrer. Mais Sulu était connu pour sa bravour et au lieu de rentrer dans la chambre, il pointa son phaser en direction de l'homme qui venait d'apparaître au coin.
Il avait le regard vague, de la bave coulait dans sa barbe rousse et ses cheveux collaient à son crâne comme un manteau qui avait la charge de maintenir son cerveau bien au chaud. Il marmonnait sans qu'ils puissent l'entendre et de temps à autre, il tournait légèrement la tête vers son épaule à l'écoute d'une voix muette, d'un maître fantôme qui lui murmurait des ordres inaudibles. Des volutes de fumée suivaient ses pas et lui entouraient partiellement les jambes.
"- Mr Sulu, entrez dans la chambre."
Mais l'officier tenait l'homme en joue avec une telle force que ses bras tremblaient. Il était tremblant de peur, ses yeux fixaient l'arme qui pendait au bout des bras du zombie humain, qui trainait et rayait le solde de son tranchant. La hache était une arme simple mais d'une efficacité redoutable.
"- Sulu !"
D'un coup, le redshirt fonça. Il se mit à courir, traînant son arme dans un crissement effrayant. Sulu paniqua et tira, le ratant à chaque fois, sauf un fois où le tir paralysant l'atteignit à la jambe mais cela n'eut comme effet que le ralentir. Il finit par les rejoindre et il était bien trop près pour qu'il 'utilise la phaser sans paralyser quelqu'un d'autre. Il leva sa hache sans fatigue et l'abati sur sa cible.
Scotty réagit instantanément, il poussa le japonais qui se prit le manche de bois sur le poignet, lui faisant lâcher l'arme puis il s'abaissa pour récupérer le phaser. Il courut dans le dos du redshirt et le prit en joug.
"- Mets les mains en l'air."
Sa voix tremblait mais paraissait suffisamment sûre de lui. Parce qu'il n'était pas crédible, son ennemi se rendrait compte que le phaser s'était prit la lame de la hache et était fendu sur la longueur. S'il tirait, l'arme explosait et lui désintègrerait la moitié du corps. Au bas mot. D'un signe de tête, il ordonna aux jeunes de s'enfermer, ce qu'ils firent. L'ingénieur inspira et expira plusieurs fois. Il était désormais seul face à une montagne de muscles qu'il ne voulait pas blesser mais qui lui n'hésiterait pas une seconde. Il opta pour sa seule option, la plus raisonnable : la fuite.
"- Je dois te couper la tête ! Hurla-t-il alors, faisant frissonner l'ingénieur en chef.
- Sans façon, elle est très bien où elle est ! Lui répondit-il comme si cela allait lui donner du courage."
Et comme si cela ne suffisait pas, il entendit les pas de l'homme qui le poursuivait, résonner sur le métal comme un roulement de tambour incessant et d'une rapidité constante.
Léonard suivait Khan à travers les couloirs, ils devaient se rendre au plus loins avant de passer par les tubes de Jefferies et ainsi descendre au coeur du Vaisseau. Quand le docteur avait demandé pourquoi ils ne prenaient pas les turbolifts, il s'était entendu répondre "moins dangereux". Le scientifique se contenta d'acquiescer, si Khan le disait, c'était probablement vrai. Mais l'Augment n'allait pas bien. Il ne disait rien mais c'était complètement inutile car on pouvait lire en lui comme en un livre ouvert. De temps à autre, il se stoppait et écoutait. Se figeait et tremblait. Il fixait des formes invisibles et semblait répondre en de petits murmures. Au début, Léonard pensait qu'il réfléchissait à voix haute, murmurant ses pensées, se stoppait pour s'assurer du bon chemin mais il finit par se rendre compte que ce n'était pas le cas.
A plusieurs reprises, Léonard tenta de lui parler mais il se fit rabrouer. Alors il se contenta de le surveiller du coin de l'oeil. Il sursauta violemment, faisant un pas en arrière quand soudainement l'Augment se figea et hurla son nom.
"- Léonard ! Léonaaaaard !"
Il regardait partout comme un fou, affolé, comme s'il ne le voyait pas ou plus. Regrettant aussitôt son pas en arrière, le châtain courut sur lui et lui agrippa les épaules à la fois tremblantes et dures comme de la pierre. Des larmes coulaient ça et là sur ses joues pâles, créant des sillons salés dans ses joues creuses.
"- Khan, regarde moi, je suis là !"
Mais il ne le voyait pas, il était comme transparent. Il prit le taureau par les cornes et de toutes ses forces frappa du poing le profil droit de son amant. Il ne bougea pas mais lorsque le docteur se mit à hurler de douleur, cela fit comme un électrochoc. Khan cligna des yeux plusieurs fois et quand il avisa l'homme qu'il aimait plié de douleur son poing. Il se rua sur lui.
"- Léonard, qu'est-ce que je t'ai fait ?! Oh mon Dieu, pardonne moi."
Il lui prit la main dans la sienne et embrassa chaques jointures rougies, deux d'entres elles s'étaient ouvertes sous le coup. Quand il passa ses lèvres dessus, du sang se déposa sur ses lèvres. Léonard lui sourit, douloureusement, mais lui sourit.
"- Tu es de retour ! J'ai cru que la chose qui avait envahi le vaisseau t'avait emmené."
Il parlait bien entendu de son esprit mais il n'eut aucun besoin de le préciser, Khan avait parfaitement compris.
Léonard se redressa et voulu caresser le visage de Khan quand la brume commença à arriver par vague, passant de leurs chevilles à leurs genoux.
"- Tiens donc ... Dit une voix lancinante. Tu as réussi à le sortir de sa transe ?"
Un homme s'avança vers eux, enveloppé de brume. Il était d'une beauté fantomatique. Grand, peut être aussi grand que Khan, un visage oval et sculpté, des yeux effilés aussi sombre que l'espace dont les pupilles d'un blanc presque lunaire fascinerait tout homme ou toute femme, ses cheveux aux reins volaient derrière lui telle une cape épousant la brume d'une étreinte transparente, et surtout il était nu, complètement nu ayant pour seul protection de la brume qui enveloppait son corps de façon sporadique ; dévoilant un corps élancé et musclé, fuselé comme un athlète, de longues jambes sur des cuisses fermes, des pieds aux orteils fermement ancrés dans le sol, un buste taillé dans le marbre et des bras d'une conception plus que parfaite. Du marbre. Sa peau ressemblait à un marbre pur, blanc, incarnant parfaitement ces splendides statues antiques, nervurées d'un bleu à peine visible aux endroits sanguins. Lorsqu'il parlait, ses lèvres fines et sculptées se mouvaient avec grâce en dessous de son nez droit. Si Dieu, à compter qu'une telle entité puisse exister, avait créé la perfection, cet homme, cette créature en était la preuve vivante. L'incarnation de la beauté masculine dans tout ce qu'elle avait de plus beau. La force, la grâce, la masculinité, la féminité, la douceur et la violence, ... Parfait.
Pourtant Bones et Khan comprirent que la beauté pouvait être effrayante, car c'était effectivement le cas ici. Il resta pourtant à une distance raisonnable, les observant comme des bêtes de foires. Ce qu'ils étaient indéniablement.
"- Qui êtes-vous ? Demanda Bones, certain qu'il le comprenait puisqu'il avait parlé en langue commune. Ce qui l'étonna grandement dans le sens où il ne connaissait aucune espèce de la Fédération qui ait un tel aspect.
- Qui suis-je ?"
L'inconnu baissa les yeux, semblant réfléchir à la question puis il le regarda de nouveau, les sourcils froncés.
"- Qui suis-je ?"
Cette fois-ci, il lui posait la question, ce qui termina de déstabiliser le médecin. Khan se mit légèrement devant son amant, souhaitant le protéger de son corps au cas où la situation dégénérait. L'entité marmonnait cette question en boucle, comme s'il cherchait une réponse qui devait se camoufler derrière une des lettres qui composaient la question.
"- Qu'est-ce que c'est que c'est connerie ... Marmonna Bones.
- Recules, Léo."
Léonard obéis, sachant que Khan ferait tout pour le protéger. Tout.
"- Pourquoi me hantes-tu de la sorte ?! Grogna Khan à l'attention de l'entité. Pourquoi ?!"
Alors c'était donc ça. Le comportement étrange de Khan venait de là, des visions qui le hantaient et lui meurtrissaient l'esprit. Khan fit un pas en direction du fantôme et d'un coup, il lui envoya un nuage de fumée dans le visage. Surpris, il s'agenouilla mais en respira une petite quantité qui le fit retomber dans une hallucination. Bones était étonné de la facilité avec laquelle Khan pouvait être la proie de cette forme de "magie", s'il pouvait qualifier cela d'une telle manière.
Puis l'entité commença à se dématérialiser en un amas de fumée qui tomba au sol. Khan grognait en se frottant le visage et en grattant la gorge au sang. Il semblait la proie d'une lutte intérieur et là, Léonard n'aurait pas su dire qu'il allait la remporter. L'Augment se retourna soudainement, les yeux écarquillés.
"- Léonard ... Souffla d'une voix enrouée, on aurait dit qu'il allait pleurer."
Son menton trembla puis il se raffermit, serra les mâchoires avec une telle force qu'il en fit grincer ses dents. la tristesse au fond de ses yeux bleus se mua en une colère sourde. Et bien qu'il sache que Khan ne lui ferait jamais de mal, Bones ne put s'empêcher de reculer. Il ne lui ferait jamais de mal "volontairement".
"- Léonard, gronda-t-il. Ne t'en vas pas."
Mais ce grognement de colère donna envie à Bones de faire tout le contraire. Il se retourna et se mit à courir comme un dingue. Il ignorait ce qu'il lui faisait voir mais il avait peur, pas de Khan mais de la vision qu'il lui faisait voir.
"- Léonaaard ! Hurla Khan."
Dans ce cri, Bones put y entendre toute la détresse et toute la tristesse du monde, mais aussi la colère qui lui faisait si peur. Il regrettait de s'être enfouie, mais avait-il eu un autre choix ? Puis il le sentit plus qu'il ne l'entendit. Le corps puissant de l'Augment lui tomba dessus et il fut plaqué au sol.
"- C'est à cause de lui, n'est-ce pas ?! Hurla-t-il."
Bones comprit que l'hallucination de tout à l'heure reprenait.
"- Khan, je te jure que je ne t'ai pas trahi ! Reprends-toi !"
Mais il semblait ne pas le croire car Khan lui agrippa les cheveux, le redressant de force et lui faisant craquer le cou. Il sentit son souffle dans le creux de sa nuque, erratique et bouillant. D'un petit coup de dent, il lui abaissa la fermeture éclaire qui dégageait l'arrière du cou et passa un petit coup de langue sur la peau humide de sueur.
"- J'aimerais te croire, Léo, souffla-t-il. Mais je sais que tu m'as menti."
Bones s'appuya sur ses bras pour apaiser la tension dans les muscles de ses épaules.
"- Je n'ai rien fait, Jim et moi sommes amis et tu le sais très bien. C'est le fantôme qui t'a envouté !
- Ne prononce pas son nom, tu es à moi ! Tu entends ? A MOI !"
Bones hurla. Il hurla sa douleur quand il sentit les dents de Khan transpercer sa chair et imprégner sa marque sur son corps.
Il m'a mordu ?! Il m'a mordu la nuque ?!
Il se débattit plus violemment encore et dans un pardon à peine audible, Bones donna un coup de pied dans le bas ventre de Khan, qui atteignit également son anatomie. Il grogna de douleur et relâcha sa prise sur l'humain qui en profita pour se relever et se remettre à courir.
Je suis désolé Khan mais reprends tes esprits, je t'en supplie !
Il eut à peine le temps de parcourir 10 mètres que le corps bouillant de Khan le plaqua contre un mur. Sa tête heurta violemment le métal mais il n'avait pas le temps de rester sonné. Khan lui enfonça une main dans l'épaule pour le maintenir en place et de l'autre lui cloua la hanche.
"- Pourquoi tu me fuis, Léonard, je veux juste discuter. Tu sais que je ne te ferais jamais de mal."
En parlant, il accentua ses prises et Bones ressenti une vive douleur là où les mains le saisissaient. Il geignit en pliant la hanche pour essayant d'atténuer la douleur mais rien n'y fit. Il avait trop mal. Mais la douleur la moins supportable n'était pas la douleur physique. Il souffrait de voir Khan perdu et troublé, colérique et jaloux. Il souffrait de le voir toute confiance perdue. Il souffrait de le voir ainsi et il s'en voulu d'être la cause d'une telle douleur mentale. Même imaginaire.
Ses yeux commencèrent à lui piquer. Il porta ses deux mains sur les visage de Khan qu'il prit en coupe pour qu'il le force à le regarder dans les yeux.
"- Khan, tu me fais mal."
Et il ne parvient plus à retenir les larmes qui s'étaient accumulées au coin de ses yeux, elles dévalent ses pommettes et ses joues, sa mâchoire carré et tombèrent sur son uniforme. Certaines ne firent plus qu'un avec le sang à demi coagulé. Khan eut l'air vide, le néant pouvait se voir au fond de ses pupilles d'obsidienne complètement dilatées. Puis l'acier de ses yeux revint et se noyèrent de tristesse et de regret. Il avait repris conscience et réalisait ce qu'il avait fait. Il relâche sa prise mais ses mains restèrent en place.
"- Léo ... Qu'ais-je fait ...
- Khan, regarde moi. Tu es revenu. ça y est !"
Bones tira le visage de Khan pour coller leur deux fronts tout en caressant la peau pâle et dur de son amant tremblant. Il lui murmura des mots doux et des propos rassurants. Mais quand l'Augment suivit du regard la trainé de sang et qu'il fit pivoter le visage du médecin pour découvrir son oeuvre, il se mit à trembler de plus belle en psalmodiant des paroles d'excuse. Il se recula jusqu'au mur d'en face et coula le long pour s'asseoir au sol. Bones le suivit et s'agenouilla devant lui pour être à sa hauteur.
"- Ce n'était pas toi. Tu n'y es pour rien.
- Bien sûre que c'était moi, Léo. Il m'a juste fait voir une situation qui me fait horreur. Je sais qu'elle est impossible pourtant je suis faible face à cette pensée. Et ce que j'ai fait serait ma réaction à ce cas de figure.
- Cas de figure qui ne se présentera jamais.
- Tu n'en sais rien ... Souffla Khan en fermant les yeux.
- Je le sais car c'est toi que j'aime, idiot."
Bones déposa un baiser empli de douceur sur les lèvres de Khan.
"- Je crois que te perdre me tuerait. Lui dit Khan en caressant sa joue. C'est ma plus grande peur."
Et ce fut comme le déclic dans l'esprit du docteur.
"- Les peurs ! C'est ça ! Pourquoi n'y ais-je pas pensé plus tôt ?!"
Khan fronça les sourcils.
"- Ils retournent nos peurs contre nous ! Tu avais peur de me perdre donc il t'a mis face à cette situation. J'ai une peur féroce de l'Espace et de toutes les maladies qu'elle renferme, je me suis vue victime de plusieurs maladie dont je ne connaissais pas l'existence ! Quant à Jim (Khan inspira fortement en entendant le nom), il entend la voix de Maggy partout. Au début, je pensais que c'était un réflexe névrotique mais en fait, c'est cette entité qui lui fait subir ça !"
Khan jura intérieurement. Mais Bones lui sourit afin de le rassurer. Ce dernier l'aida à se relever et l'Augment passa un rapidement effleurement des doigts sur la plaie. Il garderait une marque pendant longtemps, si ce n'est une cicatrice. Il avait voulu lui laisser une marque, pour montrer aux autres son appartenance sur cet homme. Comme un animal. Une bête.
Bones comprit son inquiétude et lui caressa la joue.
"- Tu n'as rien fait de mal.
- Tu me dis ça alors que ton cou est en sang et que ton corps va se couvrir d'hématomes.
- Et alors ? Tout ce que je vois, c'est que tu m'aimes et que tu souhaites me garder auprès de toi. Point à la ligne."
Khan ouvrit la bouche pour se flageller une énième fois mais le docteur l'en empêcha.
"- Je ne veux plus t'entendre sur ce point. On a une mission et nous allons l'accomplir."
Khan acquiesça en déglutissant, ravalant sa tristesse et sa colère. Il dépassa son amant qui le retint encore seconde en se collant à lui afin de lui souffler une délicieuse promesse.
"- La prochaine fois que tu veux me prouver ton amour, je veux que tu le fasses dans un lit, enfoui au creu de mes reins. Et si tu pourras me mordre autant que tu le veux, juste évites d'aller jusqu'au sang où je te mettrais des gouttières.
- Des quoi ?"
Bones l'entraîna dans les couloirs en ricanant. L'Augment avait beau être plus vieux que lui sur le papier, le médecin semblait sortir d'une boutique de souvenir avec ses références ringardes. Il espérait intérieurement qu'il ne rencontrerait pas d'autres obstacles en chemin. Leur mission était simple. Les machineries. Rebooter le vaisseau. Et une fois qu'il reprenait la main sur leur vaisseau. Découvrir l'identité de leur invité.
Pourvu que les autres n'aient rien ...
