Et bonsoir cher population, comment vous portez vous à siii peu de temps pour certains de la douce rentré ? Perso je try hard la fin de l'event d'été du forum de MHA, sinon ça va vous ? XD

Voici donc, en exclusivité, mon deuxième texte pour ce fabuleux event ! Il s'agit du défi 4, qui consistait à écrire sur un couple d'un autre participant. je n'ai pas pu résister à l'attrait du Erasmic de Turan, oui oui je l'avoue, j'ai choisis la facilité de l'otp. Je signale que cet OS est spoiler des scans de MHA à partir du chapitre 253, et de globalement une partie du Tome 8 de Vigilante, le spin off de My hero Academia (que je recommande pour sa présence indécente de Aizawa de dedans).

Sur ce, j'espère que vous passerez un bon moment à lire cet Os autant que moi je me suis amusé à l'écrire, et eeeeenjoy !


Souvenir d'un nuage cachant le soleil

Le mot été signifie à lui tout seul beaucoup de choses : il caresse la joue de son vent chaud et sec, fouette de son sable granuleux, éclaire de ses néons fantasmagoriques. C'est l'odeur des glaces mélangée à celle de la sueur, le son des chansons estivales qui ne dureront que le temps des grandes chaleurs.

Ce n'était pas les mois à se balader en sac de couchage triple couches jaune, encore moins quand on était en période de canicule. Aizawa avait essayé de toutes ses forces de se maintenir à l'état de larve qui était la sienne en vacances, mais après une sieste qui avait grimpé sa température proche des hauteurs du Vésuve dans ses meilleurs jours, il avait du, renoncer.

Il avait du faire beaucoup trop de concessions dans cette escapade à la mer. Beaucoup trop.

Déjà, il avait fallut que 'Zachi le traîne à la plage, alors qu'il connaissait parfaitement son attrait immense des foules et du sable brûlant d'août. Toutes ces familles qui plantaient leur parasol, jouaient au volley pou mieux profiter de leur futur cancer de la peau, les algues trop vertes qui dénotaient une usine pétrochimique non loin... Oui vraiment, il était dans une sale période.

Même la vision ô combien idyllique de Mic sortant de l'eau après un petit bain dans le Pacifique, les gouttes d'eau dévalant en cascades un corps sculpté par les années de service dans un monde de super-héros, n'arrivait pas à éteindre le feu sombre qui rongeait les pupilles d'Aizawa. La casquette arrivait pourtant à cacher ses yeux fatigués, qu'il plongeait dans son verre de limonade glacée. Il avait envie de rentrer dormir, et passer les trois prochains jours dans sa chambre d'hôtel à pratiquer cette même activité.

Un observateur attentif se serait demandé pourquoi ce type en bermuda et tee-shirt noir regardait son verre avec une animosité proche de la haine pure. Un observateur particulièrement sur le qui-vive et se trouvant sur la promenade plutôt que sur la terrasse du café aurait pu capter le regard inquiet du beau blond sur la plage en face, dirigé vers cette masse sombre avachie sur sa chaise en plastique blanc. Si quelqu'un avec un alter de télépathe était passé par là, il aurait entendu le ping-pong mentale terrible dans l'esprit de Present Mic.

Tout en attrapant une serviette balancée sur le sable quelque part sur le sable (toujours le doute sur son véritable propriétaire, mais eh, on est insouciant ou on ne l'est pas), ses pensées tourbillonnaient dans un typhon de questions et de tristesse. Il voyait d'ici la tête de Shota, et il détestait le voir comme ça. C'était un vrai crève-cœur, et malgré tous les efforts qu'il faisait pour le distraire de sa mauvaise humeur, il n'arrivait pas à le tirer de là. C'était pareil tous les ans, toujours la même semaine, toujours les trois mêmes jours qui étaient les points noirs de l'été. Parce que pour eux deux, l'été était toujours traversé par les souvenirs et la profonde nostalgie qui s'en dégageait. L'éclat d'un sourire insolent lui traversa l'esprit, et il grimaça, comme éblouie par une lumière qui n'était plus là. Secouant la tête, ses cheveux blonds volèrent en masse humide, et il remit ses lunettes de soleil. Time to wake up son bougon meilleur ami !

« Shotaaaaaaa, la plage n'attend que toi bro, tu devrais aller tester the big simming pool, she is amazing today ! s'exclama avec un bel effort d'enthousiasme Mic, s'essayant en face du nuage d'orage en casquette et bermuda.

- Non merci, je suis très bien ici, grogna dans sa barbe Aizawa, ne levant même pas les yeux vers son nouvel interlocuteur.

- Roh, allez ! s'obstina le trublion. Viens tester la vague ! Come on, ça te fera du bien de bouger un peu !

- Bouger par cette chaleur me fera avoir encore plus chaud et je refuse de partager l'eau avec tous ces vacanciers allemands, siffla encore le brun, désignant vaguement du menton un groupe agité de jeunes gens qui éclaboussaient tous les baigneurs aux alentours.

- Je suis suuuuur qu'ils seront beaucoup plus quiet avec un petit speech de la part du graaaand EraserHead, sourit Mic, rattachant ses longs cheveux en queue de cheval. For the Greater Good, you know ? Les enfants en bas ont absolutly besoin que tu viennes les aider, je les entends déjà crier d'ici, écoute, get help, get help !

- Ne sois pas ridicule, articula platement le héros underground, mais déjà, on sentait le ton de sa voie s'éclaircir un peu.

- I think it's urgent, ils ont besoin de nous Shota, murmura tel un conspirateur de série B le présentateur radio. Attrape tes lunettes et nous courrons right to the beach ! Maybe tomorrow ils parleront de nous dans les jounaux ! L'ange blond et son chat noir à la rescousse des orphelins de St Nectare ! s'excita de plus en plus le blond, ses lunettes de soleil tombant de son nez pour révéler des pupilles où s'excitaient des petits diables.

- Je pense surtout que les journaliste seront aux premières loges de ton arrestation pour trouble à l'ordre public, énonça en retour Aizawa, un début de sourire moqueur traçant son chemin sur son visage.

Un petit Mic miniature se mit à battre des bras et à crier «hourra» dans la tête du grand Mic, tandis que celui-ci continuait sa pitrerie toujours plus loin dans le dramatique.

- Nous serons the best heroes of the year, famous, comme personne ! Des statues and books about our story, and...continua avec extase le blond, à deux doigts de se lever de sa chaise pour y grimper et gagner en auditoire.

- Eh les mecs regardez ! Y a un mec sur un nuage !

L'instant se figea dans la glace. Le rictus joyeux de Mic se déforma en un masque sans expression, l'éclat de douceur dans les yeux d'Aizawa s'effaça pour laisser la place aux brumes noires.

A côté d'eux, ils pouvaient encore entendre résonner les mots de l'inconnu, dont la main en visière aidait la vision dans le ciel bleu, et vide quelques instants plus tôt.

« Incroyable cet avion publicitaire ! On aurait vraiment dit qu'il se tenait sur un nuage !

- Bah tu sais de nos jours, avec un alter de fumée et quelques sangles, on fait des miracles...»

Ça n'aidait pas de savoir que c'était faux. Les mots avaient quand même ressuscité l'image flottante, le sourire naïf, le nez couvert d'un bandage de circonstances.

« Shirakumo, encore en retard ? Va t'asseoir sur ta chaise, et fais moi disparaître ce nuage !»

« Je rentre à l'hôtel, murmura faiblement Eraser, son regard de nouveau caché sous la casquette. Sans un mot, il quitta la table.

Mic ne fit pas un geste pour l'arrêter, le raisonner, lui parler peut-être. Figé les mains en l'air, elles étaient maintenant à plats devant lui, à côté de la limonade de son compagnon. Les traits de son visage, figé dans un masque de pure neutralité. A vrai dire, il n'entendait plus rien, rien hormis la pluie de son souvenir, couvrant le soleil de l'été, les bruits aux alentours. Lentement, il ferma les yeux derrière ses lunettes les 3 mêmes paires de lunettes et tenta de respirer calmement. Il sentait sa gorge pris dans un étau, coinçant une boule qui ne demandait qu'à remonter to scream.

Le temps de quelques semaines, il aurait tellement voulu oublier.

Ils avaient fini par se retrouver à l'hôtel. Pas le plus flamboyant de la petite ville balnéaire qui les accueillait, mais bien situé, avec des lits d'un confort appréciable et des stores complètement occultants dans leur chambre commune. Ce dernier point était d'une importance capitale pour le gremlins qu'avait décidé d'être Aizawa, et ce avec une grande conviction. Enroulé dans son draps, les yeux à demi-fermés, la masse immobile qu'il était donnait la parfaite illusion de dormir. Pourtant, sa conscience était claire, son esprit à l'affût : il n'arrivait pas à dormir. En fait, il ne dormait pas depuis trois jours quasiment.

Il ne cauchemardait pas, non. Ce n'était pas la terreur qui le réveillait au milieu de la nuit, de la journée durant une sieste, ou tout autre rencontre avec Morphée. Pourtant, il n'arrivait pas à dormir. Ses iris injectés de sang prenaient des airs dangereusement secs, ses cernes auraient foutu les jetons à un trou noir de grande envergure par leur allure mafieuse.

En attendant le repos, il fixait la semi-obscurité, l'esprit divaguant. Il pensait vaguement au dehors, que la lumière investissait dans toute sa puissance d'été. Le ciel était d'un bleu éclatant, à en faire mal aux yeux. L'archipel toute entière attendait le retour de l'orage, pour chasser ce temps étouffant, qui ralentissait les mouvements au point où l'on aurait cru le monde englué dans une gelée invisible. Des nuages... Oui, ils attendaient tous des nuages. Des moellons de cotons suspendus au-dessus des vies humaines, qui apportaient cette eau si bienvenue, ce soulagement intense. Un phénomène physique banal, mais qui avait une importance tellement immense en ces temps de chaleurs estivales.

Un nuage qui sauvait des vies en somme, un véritable héros capable de se sacrifier pour le bien de tous, car à la fin de l'averse, le nuage se dissipe, ne laissant qu'une atmosphère humide salutaire. Il mourrait littéralement pour les autres. Un flash passa encore devant les yeux d'Aizawa, toujours ces gravas trempés, son costume en vrac, le silence, partout. Il n'entendait rien dans son souvenir, il ne faisait que voir, voir l'absence.

On toquait à la porte. Ca devait être 'Zachi qui venait encore l'emmerder pour qu'il sorte de là.

« Shota ? Are you here bro ? »

C'était définitivement l'autre idiot. Vraiment, il allait s'obstiner à vouloir qu'il passe lui aussi des «amazing vacations ! » ? C'était stupide. Il pouvait parfaitement partir faire ses activités d'été tranquillement sans lui, de toute manière lui ne serait jamais enthousiaste pour faire quoi que se soit avant la fin des beaux jours, ou même après, ou même jamais. Il n'avait pas à se préoccuper de ses vacances à lui, c'était parfaitement ridicule.

Peut-être que s'il ne bougeait pas, et ne parlait pas, et ne respirait pas, il allait s'en aller tout seul.

« Je sais que tu es là bro, I'm coming.»

Et ce crétin entra dans la chambre.

Il lui balança un oreiller à la tronche.

Mic avait eu du mal à aller frapper chez Aizawa. Déjà parce qu'il avait passé un bon moment à lui même ruminer dans la station balnéaire, sortant des saints écouteurs pour coller à la musique mélancolique de son âme. Il voyait plus les ombres des petites maisons blanches que leur clarté aveuglante due au soleil : elles s'allongeaient, remuaient l'obscurité qui se prélassait dans la poitrine du présentateur radio. Douce mélodie triste qui lui donnait envie de se poser en haut d'un gratte-ciel pour sentir le ciel dans son dos.

Le ciel empty as hell, que le vent parcourait pour en changer la nature et apporter some kind of humidity. Pourtant, il ne disait pas non à un peu de blue sky, sans la moindre tâche blanche sur l'horizon. L'été, c'était le temps de l'insouciance, de l'innocence, des parties, fun and bier ! Il n'arrêtait pas de croiser des groupes de jeunes gens qui profitaient allégrement de leur seul semaine de vacances. Not a long time ago, il faisait la même chose. Profitait du soleil, et du temps de repos pour rêvasser sur un toit avec ses amis. Ah, it was the good time. Pas de responsabilité, no trouble, juste leur imagination pour écrire l'avenir. God, ce que ce temps pouvait lui manquer. L'insouciance des années de lycée semblait si loin, surtout depuis qu'ils étaient tous entrés dans le monde des héros pro'. Il fallait gérer la pression, save people of course, se reposer, manger des ramens avec Shota...

C'était une belle excuse pour s'assurer que le héros underground ne se perdait pas dans le boulot : tout sombre qu'il était, il en aurait oublié de se reposer s'il n'y avait pas Nemuri ou lui pour lui faire ralentir le rythme de ses ballades nocturnes et de ses intensive fights. Certes il arrêtait plus de vilains que anyone in the background, however, il avait une sacré tendance à y laisser sa santé. Rien qu'une semaine avant que Mic ne le traîne en vacances, il avait fais a little séjour à l'hôpital après avoir démanteler alone un réseau criminel de grande envergure. Pour ainsi dire, il avait fait une peur bleu à l'animateur. Truly, everyday était une source de stress pour lui quand il savait Shota seul dehors et prenant des risques inconsidérés. Inquiet, au delà des mots, au-delà de la chansonnette. C'est cette worry-attitude qui lui faisait embêter son meilleur ami après tout, et à cette pensée, il s'était stoppé dans sa marche réflective.

Yes, it was that. Il ne pouvait pas se morfondre indéfiniment, parce qu'il devait also tirer Shota de sa torpeur, et en l'occurrence de son lit. It was is duty, en tant qu'ami de toujours, celui qui partageait son deuil en ces jours difficiles. Aussi awfull pouvait-il être, il ne devait pas l'abandonner, ne devait pas le laisser sombrer. Un sourire triste effleura les lèvres de Mic, et un fredonnement s'échappa de cette même bouche tandis qu'il dirigeait ses pas vers leur hôtel tout proche, mains dans les poches et écouteurs toujours vissés aux oreilles.

Que serait-il de toute manière, lui le pauvre présentateur radio du dimanche, sans lui ?

Revenons maintenant à notre oreiller. Mic vous vous en doutez, était relativement vexé de l'accueil ô combien accueillant que venait de lui réserver Aizawa, alors même que ce dernier dans son manque de sommeil absolu, avait envie de faire manger l'outil de repos à l'usage de la tête à son partenaire non désiré de vacances.

En un mot, ça ne pouvait pas bien se passer.

L'oreiller tomba par terre dans un bruit mou, et le blond regarda avec une expression parfaitement neutre son assaillant. God, why him ?

« Je suppose que je vais devoir, you know, me venger de cet affront, articula-t-il avec froideur.

- ...Dégage abruti, siffla sèchement l'insomniaque, dardant ses yeux injectés de sang sur l'autre idiot qui venait envahir son espace vitale.

- Typiquement, take this, continua Mic sans se soucier des deux poignards sanglants pointés sur lui. And just contre-attaquer ! »

Aussitôt dis aussitôt fait, le mélomane fou se jeta sans ménagement sur son agresseur, avec un cri de guerre digne des meilleurs samouraïs de l'empire. Malheureusement, en face se trouvait un ours extrêmement mal léché, avec des capacités physiques tout de mêmes plus importantes que lui et un entraînement drastiques sur plusieurs années.

Aussi se fit-il maîtrisé fermement et durement, plaqué aussi sec contre la moquette un peu rêche de la chambre, son cri mourant au fond de sa gorge. Le bras replié derrière lui en une position douloureuse, un genou dans le creux du dos qui détruisait littéralement ses vertèbres.

« Stop please ! articula difficilement le présentateur au sol. Je me rends, Shota ! Shotaaaaargh ! »

Il ne semblait pas décider à le lâcher, voir il appuyait plus fort this stupid, idiot ! Il devait bien profiter de la situation, sit down in his back !

« Shota for God sake, laisse moi partir tu me fais mal ! lança-t-il avec agacement, sentant son épaule commencer à envoyer des signal de détresse évident. »

Mais il ne bougeait toujours pas ; ne répondait à aucune de ses plaintes, se contentait de le maintenir par terre avec une obstination qui aurait pu relever de la cruauté si ça n'avait pas été Aizawa. Wait. It was him. Il ne voulait quand même pas des excuses pour être entré dans sa putain de chambre ?

« You know what ? Je vais me débrouiller TOUT SEUL ! hurla-t-il sur les dernières notes, usant de son alter pour les projeter tous les deux en arrière sous le contre coup de l'attaque sonique. »

Envoyer valdinguer à deux coins de chambres différents, les deux hommes se toisaient maintenant entre animosité, agacement et froncement de sourcils.

« Je ne t'avais pas dis d'entrer, lança en reproche premier l'insomniaque ébouriffé, se relevant pour entendre craquer son dos.

- Je n'aurai pas eu à le faire if you anwser the question ! se récria aussitôt le chanteur supersonique, se relevant à son tour avant de réarranger ses cheveux.

- Tu es impoli et irrespectueux. Sors de cette chambre, contre-attaqua le héro underground.

- Fuck you ! siffla sans ménagement Mic, définitivement en colère. C'est toi qui viens avec moi, and now !

- Va te faire foutre toi même, fit puérilement l'homme ne pyjama. Je ne vais nul part.

- Si, tu viens avec moi ! rétorqua avec sécheresse le héro musical.

- Non.

- Si !

- Non.

- Si ! Tu veux que j'appelle Nemuri pour lui dire how much your behavior makes me suffering ? menaça finalement le blond, sortant un téléphone comme geste preuve de sa conviction.

- Tu n'oserais pas, bougonna le héros de l'ombre, rétrécissant ses yeux à la manière d'un chat sur le point d'attaquer.

- Oh que si j'oserai Shota, cingla victorieux le présentateur radio. It's for your health ! »

Un autre coussin vola en direction de Mic, qui l'esquiva cette fois avec adresse. Not this time !

Bon, le deuxième en revanche fusa si vite qu'il ne put que le prendre en plein abdomen, tandis qu'une pluie de ses confrères arrivaient au ralenti sur lui. Mais, aussitôt atterri dans sa zone de combat, il pouvait lui même fight-back ! S'ensuivit une formidable bataille, qui dura le temps nécessaire à la cuisson d'un pot-au-feu de grande qualité.

Ces péripéties passés, nos deux compères légèrement dépenaillés finirent par sortir sur les injonctions de Mic, et commencèrent à grimper la colline. Le soleil rasait l'horizon de ses rayons, enveloppait d'orange et de jaune les habitations basses, dont le blanc couleur de toile vierge permettait de peindre un tableau impressionniste splendide. La mer elle, était tout d'or et de platine liquide, mélange de métaux fondus mouvant au gré du soufflet immense du vent. Ce spectacle envahissant de calme n'était brisé que par le son des mouettes insolentes, qui volaient au-dessus des deux marcheurs sur la pente, semblant accompagné leur route aussi bien que moquer leur périple.

Le blond voulait contempler la station balnéaire depuis la plus haute pointe littoral, où on lui avait promis un beautiful landscape. Peut-être que cela apaiserait leur âme, à tous les deux. Enfin, il espérait surtout que Shota allait get out a little de sa coquille... En dehors des batailles d'oreiller en tout cas.

Déjà le chemin commençait à se faire pierreux, l'herbe jonchait les talus et menaçait de leurs brins les sandales négligemment passées aux pieds du présentateur radio. Pourtant il marchait droit, s'échinant vers le sommet avec une obstination étrange, semblant ignorer tout de l'univers autour de lui en dehors de son objectif. Etait-il à ce point attiré par la beauté du crépuscule, ou n'était-ce qu'une fuite en avant ?

Le plus étonnant pour Aizawa qui traînait son short et ses basket derrière lui, résidait dans son imperméabilité soudaine au son des grillons aux alentours... Il aurait du être terrifié par la soudaine nature autour de lui, pas courir au devant de la verdure et du potentiel insectoïde qu'elle recelait. Il aurait du arguer que finalement, you know, il avait oublié ses lunettes de soleil sur son lit or whatever, pour s'échapper promptement de ce potentiel enfer pour lui. Pourtant, il demeurait en tête de marche, imperturbable quand une colonie de fourmi contournait brusquement son pas énergique. Là, une sauterelle venait de le prendre comme taxi, et il n'avait absolument aucune réaction.

Heureusement que Mic ne se retournait pas pour jeter un œil à son coéquipier, dont l'attitude aux sourcils froncés alliée de sa moue inspectrice aurait du lui mettre la puce à l'oreille. Enfin, théoriquement c'était lui même qui aurait du se mettre tout seul une puce dans l'oreille, ce qui pour sur l'aurait cette fois fais réagir à la hauteur de sa peur des insectes. C'est à dire très haut.

Le chemin sous leurs pas s'arrondit en un petit promontoire, dont la vue à couper le souffle aurait pu tuer n'importe quel asthmatique. Le soleil tombait dans l'océan, calmant ses ardeurs en absorbant ses rayons trop rouges, ses oranges flamboyants et son dernier éclat de la journée. C'était un astre qui se savait disparaître qui donnait un dernier feu, décorait une dernière fois la petite ville, éblouissait de son horizon.

Les deux compères s'avancèrent sur l'herbe, dans un silence respectueux de la beauté du lieu. Voir cette immense boule rayonnante disparaître, équivalait presque à assister à une merveilleuse mort, les derniers souffles d'un mourant qui émerveillait tous les spectateurs de cette scène grandiose. Mais, même en s'échappant avec panache, même en donnant un époustouflant final d'une vie écourté par le fatidique de l'horizon, une mort restait une mort, un instant tragique où le feu s'éteint pour ne laisser que les campeurs autour dans la morne tristesse de son absence soudaine. Il y avait une infinie mélancolie dans ces derniers moments qu'embrassaient les deux hommes, remuant le nuage au fin fond de leur poitrine pour le faire remonter à la commissure de leurs lèvres en un tremblement équivoque.

Une pensée commune traversa en même temps leur esprit pourtant si différents.

C'est toujours trop tôt.

Mais l'instant suivant, il n'y avait plus qu'une lueur vague au creux de l'océan, et les chemins de réflexions divergèrent de nouveau dans des directions diamétralement opposées.

Plus mou qu'un sac de peluche, Aizawa s'assit négligemment sur la falaise, contemplant avec ce vague air de chagrin l'horizon qui perdait de ses couleurs pour laisser place à la nuit étoilée. Prenant ses genoux entre ses bras, il montrait son dos courbé à Mic, qui eut soudain une bouffée d'affection pour son meilleur ami aux épaules tombantes en ces doux jours d'été.

A son tour, il posa ses fesses sur l'herbe, pour mieux observer l'arrivé de la Voie Lactée. Elle promettait déjà un beau spectacle de nuit, si on daignait lever la tête. Ce que ne faisait pas du tout le bougon à côté de lui.

« You know, le soleil va revenir tomorrow, don't worry, lança avec légèreté le blond, le menton désignant la fin du crépuscule.

- On prévoit une couverture nuageuse épaisse demain, répondit doucement l'insomniaque.

Un tic nerveux échappa au présentateur radio à la mention des «nuages». Not again. Il avait une soudaine et pressante envie de run away of his best friend.

- Maybe, mais aujourd'hui il fait encore beau ! reprit-il sans se départir de la pointe d'amertume en renfort de sa voix.

- On les voit déjà, bientôt ils seront partout, rétorqua le brun sans se départir de son ton morne, littéralement l'intonation d'un zombie.

- They will come, but moi je vois encore de la lumière derrière ! s'exclama à son tour le héros chantant, puis tendant le doigt vers le ciel : and we have also stars ! Look, elles sont magnifiques !

- Elles finiront couvertes aussi, et la pollution lumineuse empêche de véritablement les voir de toute manière, lança avec ce timbre si annoying Aizawa, comme si Mic ne faisait que raconter des insanités qui ne valaient même pas la peine d'être entendues.

- Ce n'est pas parce que tu ne les see pas qu'elles n'existent pas, fit plus durement le blond, baissant son ton de voix mais tentant malgré tout de garder en place son simulacre de sourire. I'm sure they really really want to be watch, you know ?

- Les étoiles ne sont que des mirages du passé, trancha froidement l'effaceur, leur lumière vient d'il y a des milliers d'années. Pourquoi s'attarder sur une illusion ?

- Maybe because the sun feel sextremely lonely quand tout le monde se concentre sur les nuages ! siffla finalement l'amoureux de la musique, dardant des prunelles colériques sur la boule noir et blanche à côté de lui, qui ne daignait pas tourner la tête pour lui parler, this stupid idiot. »

Il était debout maintenant, ses lunettes de soleil retombées sur le bout de son nez. Oh God, why it had to be like this ? C'était ridicule.

« Tu devrais lui en parler Mic, ça te va pas de garder des trucs pour toi ! »

Bien sur qu'il aurait du le faire il y a un bail, but you died asshole !

« Quoi Shota et moi ? Tu rêves, je veux pas perdre mes tympans moi ! »

C'était déjà dure de rivaliser de son vivant, alors with a ghost...Par nature, les souvenirs sont always perfect alors que la réalité peut toujours décevoir. Elle est fade, useless par rapport à la mémoire idéalisée d'un disparu.

It was not fair.

« It's only clouds, murmura le héro vocaliste, serrant les poings, levant la tête vers la noirceur de l'univers qui le contemplait avec un brin de compassion : pouvait-il espérer ?

- Plaît-il ? s'enquit Eraser, décroisant légèrement ses bras de ses tibias pour se tourner de profil vers son ami toujours bavard comme deux.

Look at ME. Not the empty place, ME !

- Nothing, soupira-t-il finalement le mélomane mélancolique. Je pensais, qu'on devrait rentrer, I see some darky clouds au-dessus de nous.

- En effet, constata platement le bougon, laissant tomber sa tête en arrière pour enfin découvrir la carte stellaire entrecoupée des marques grises de nuages de pluie.

- Ce n'est pas le moment de catch cold, vacations are not over, enchaîna avec un peu plus d'entrain l'audiophile. On a encore des tonnes de cats coffee to visit !

- Il y a aussi la plage non ? balança surprenamment Aizawa, faisant cligner des yeux son compagnon de route devant cette proposition aux antipodes des envies et plaisir de l'ours mal léché.

- You want to swim ? demanda-t-il avec un demi-sourire, intrigué.

- Même pas en rêve 'Zachi, se rétracta aussitôt le héros underground. Mais je suis sûr que tu repousses les méduses en hurlant, ça doit aider les enfants du coin, expliqua calmement l'homme de la fatigue, passant en tailleur.

- I'm not screaming that loud, fit le gai luron en secouant la tête. Je suis juste, enthousiastic.

- Un peu trop à mon avis, se moqua gentiment le morne sauveur, et se faisant, il se releva. »

Son profil sombre se découpait encore un peu sur l'horizon dont le rose ne noyait à présent dans le bleu roi de la nuit. Il avait les cheveux longs, de plus en plus long depuis le lycée. Tout comme Mic, il les laissait pousser sans soucis de forme ou de cohérence. Les mèches brunes s'accumulaient en un amas noir, profond, légèrement ondulé qui épousait la courbe de ses épaules. Il y avait toujours ses cernes affreux qui donnaient l'impression qu'à tout moment il allait vous sauter dessus pour vous dévorer le cerveau, mais, la douceur qui se lisait aussi sur ses traits fascinaient profondément son meilleur ami.

On aurait pu remplir trois galaxies avec toutes les étoiles qui dansaient entre les cercles fous des iris du chanteur fou.

Puis il reçut une goutte sur le nez. Sur le coude. Sur ses lunettes impeccables. Un grondement formidable les surprit, et d'un seul coup, d'un seul, il se mit à pleuvoir à verse, au point de ne plus voir à trois mètres.

Un cri de désespoir échappa au héros blond, pensant à son impeccable style qui allait être completly ruins ! Il attrapa fissa ce qu'il pensa être le poignet de son best friend et commença à l'entraîner dans sa course folle pour descendre la colline le plus vite possible. Bien entendu, au vu de l'aspect soudain glissant du talus, ils finirent immanquablement par dévaler la pente façon boule de neige, ce qui ne manqua pas de provoquer une mini secousse sismique à la falaise du aux hurlements ponctuels de Mic.

Heureusement une fois en bas, et bien, on ne peut pas tomber plus bas.

Tous les deux complètement trempés, dos au sol spongieux, salis par la boue qui dévalait la pente. Se relevant avec une grimace, le hurleur musical constata avec regrets que ses precious sunglasses étaient brisées...Mais surtout que SHOTA NE BOUGEAIT PLUS AAAH !

«Shota, please wakes up ! WAKE UP ! se mit à crier en paniquant le pauvre homme de radio, secouant le corps de mollusque du ténébreux. »

Un formidable coup de coude partit dans les côtes de l'angoissé à la voix trop forte, qui s'écarta en criant de plus belle sa douleur nouvellement acquise.

Le dit Shota se redressa en grognant et contempla la larve blonde étalée au sol qui se contorsionnait sous la pluie.

« God that hurt ! More careful pleeeease Shota ! se plaignit en se massant les côtes le présentateur radio, usant de toute sa voix de figure publique. »

Il avait les yeux grisés par la pluie, les cheveux plaqués sur le crane et ce nez tout retroussé par l'humidité qui allait ruiner son précieux outfit.

C'était comme ce jour là, pensait le bougon, son regard perdu sur l'ensemble désastreux que formait son meilleur ami. Il était trempé aussi, ce fameux jour qui le hantait tous les étés, à chaque jour passé à être un héros de l'ombre. L'horizon s'était brusquement fermé sous leurs yeux, les nuages couvrant tout, désespoir sans fond qui les tenaillait aussi bien l'un que l'autre. A deux, devant ce qu'il restait du troisième, celui qui aurait du leur ramener le soleil par sa présence. Le rayonnement d'Oboro leur manquait.

Pourtant, il n'avait pas froid.

Il aurait du avec ce temps démoniaque, humide, terrible pour un être plus proche du chat que de l'humain. Mais, il ne sentait pas la morsure de l'averse aussi vertement qu'escompté. Il y avait le bras de 'Zachi qui lui tenait les épaules, dont les doigts crispés semblaient autant le maintenir lui debout que Shota en un seul morceau. Les compotes qu'il laissait dans son casier, réconfort après un entraînement plus qu'éreintant. La présence silencieuse, presque angoissante, du trublion blond quand il travaillait ses jeunes muscles jusqu'à l'épuisement. La couverture qu'il trouvait sur lui au matin après une nuit entière passeé à réviser chez son meilleur ami. Le café chaud qu'il lui apportait dans les premières heures de cours pour le réveiller. Les déjeuner au soleil, il le traînait toujours au soleil, alors qu'il préférait l'obscurité de l'intérieur.

Mais comme ça, il n'avait pas froid.

Brusquement, dans un présent toujours sous couvert d'orage, le monde d'Aizawa se teinta du jaune puissant de l'astre solaire. Des couleurs chaudes se mirent à danser de manière anarchique dans un paysage pourtant exempt de toutes sources de tiédeur. Au milieu, un idiot avec des lunettes cassées et une grimace de diva quant à l'état de ses vêtements. Un sourire lui échappa.

«Jesus, this is the worst day ever, clama Mic avec un accent de mélodrame. Je vais encore devoir remplacer mes sunglasses !

- Et ton short aussi, lança avec automatisme le héro underground, avant de se relever pour lui tendre la main.

- The fifth this month, do you believe that ? continua de râler le chanteur fou en se saisissant avec gratitude de l'aide offerte. »

Tiré avec force vers l'avant, l'exubérant bascula sur ses pieds avant de glisser de l'autre côté, son visage se dirigeant encore une fois vers la terre. Qu'il aurait d'ailleurs rencontrée s'il n'avait fait la connaissance d'une épaule justement placée sur son chemin : oh hello shoulder, how are you ? Fine and you ? I don't know, my best friend his giving me a hug, tu le crois ça ? WHAT'S THE FUCK SHOTA ME FAIS UN CÂLIN !

Sortons deux minutes de la tête de Mic, qui actuellement n'est pas vraiment capable d'analyser ce qui est en train de se passer. De l'extérieur, on peut observer un certain Eraserhead, héros underground, en train d'éteindre avec force un certain Present Mic, jeune présentateur radio de renom, complètement en train de freezer devant l'improbabilité de son Shota à lui accomplissant une action de type émotionnelle volontairement. Et en plus il pleuvait à verse.

Pourtant, dans la réalité de quelqu'un d'autre, les nuages fantomatiques avaient été chassés par la lumière soudaine, comme apparue par miracle après des années de précipitations interrompues.

Derrière les nuages, se cache toujours le soleil.