- Je vous en prie, ne l'arrachez pas ! Je vais le décrocher, j'arrive ! s'exclama Lydia, voyant que sa ligne s'était accrochée à l'un des hommes dans la calèche.
Lydia escalada la montée et se précipita vers son sac où elle y trouva un petit couteau pour retirer l'hameçon de l'épaule de Stiles.
- J'ai ce qu'il faut pour l'enlever, ne vous inquiétez pas, rit-elle.
Stiles l'a regarda essayer d'enlever l'hameçon de son costume, tout en souriant comme un idiot. Pendant ce temps, l'agent Dunbar sortit tout de suite de son buisson et se précipita vers eux en hurlant :
- Prenez garde, Majesté, prenez garde !
Lydia le regarda, étonnée car elle ne savait pas qu'elle était suivie, puis choquée, elle regarda l'homme à qui elle venait d'enlever un bout de sa canne à pêche, faisant la liaison. Elle retira ses bras lentement, sans le quitter du regard.
- Oh, vo… votre Majesté, je suis désolée, veuillez m'excuser… elle s'inclina, embarrassée.
- Ce n'est rien, s'exclama Stiles en riant, ce qui rassura Lydia qui se redressa pour terminer de rafistoler le trou dans son costume sur l'épaule.
- Majesté, je file cette demoiselle depuis quelques temps et je ne crois pas que…
- Ah donc vous me suiviez bien, mon intuition me disait juste ! rétorqua Lydia en haussant les sourcils.
- Oui, c'est ça vous avez bien entendu, et j'apprécierai d'ailleurs vous poser quelques questions au sujet de vos petites escapades..
- Hoho Majesté il ne sait pas ce qu'il dit, rit Lydia en terminant son travail, jamais je ne volerai quoi que ce soit !
- Non, je ne crois pas que vous soyez une voleuse, dit Stiles, n'ayant pas arrêté de la regarder depuis le début. Mais que faites vous ici ?
- Je suis… eh bien, en vacances disons.
- En vacances ?
Elle acquiesça. Stiles continua de la regarder pendant un moment avant de se retourner vers Scott.
- Scott, s'il te plaît, partez devant et rentrez dire à ma mère de ne pas s'inquiéter, je vais rentrer à pied, dit-il en descendant de la calèche.
- Mais, tu…
- Cette jeune fille m'accompagnera, si elle le veut bien, bien sûr ? sourit-il en direction de Lydia.
- Oh oui Majesté, j'ai tout mon temps ! rit-elle.
- Comme tu voudras, rit Scott. Mais ne prends pas trop de temps !
- Prenez garde Majesté je sens que cette jeune fille est suspecte, j'en suis sûr ! s'exclama Dunbar pendant que Lydia cherchait sa canne à pêche.
- Oui oui, rit Stiles en regardant Lydia par derrière.
Il continuait de la regarder, par n'importe quel geste qu'elle faisait. Il l'avait trouvée superbe de loin, mais de près encore plus. Elle avait des yeux comme il n'en avait jamais vu auparavant, et la façon dont elle parlait et elle bougeait respirait la liberté et le bonheur. Il avait l'impression d'être à nouveau vivant quand il la regardait.
- Je suis prête, Majesté ! s'exclama-t-elle.
- Alors allons-y.
Pendant que la calèche s'éloignait et que l'agent Dunbar suivait de derrière et de loin les deux jeunes gens, Lydia rangeait ses affaires dans son sac tout en marchant et en tenant la canne à pêche.
- Vous permettez ? demanda Stiles pour l'aider à tenir la canne.
- Oh je vous en prie, Majesté !
Il attrapa la canne à pêche et la manipula pour l'observer.
- Alors d'où venez-vous ?
- De Bavière, Majesté. Près du lac de Starnberg.
- C'est un joli coin à ce qu'on m'a dit.
- Vous ne voyagez pas beaucoup Majesté ?
- Hélas non, mes fonctions m'imposent de rester à Vienne le plus de temps possible.
- Vous êtes à plaindre, Majesté, rit-elle.
- Je vais prendre cette remarque comme un compliment plutôt, fit-il avec un sourire sarcastique. Et vous, vous voyagez ?
- Pas autant que je le voudrais, mais j'aimerais beaucoup plus tard voir le monde entier. Il y a tellement plus à voir que ce petit bout de terre.. votre Majesté.
- Je suis d'accord, mais bon mon avis importe peu sur la question.
Lydia s'arrêta, assez troublée par cette remarque.
- Pourquoi dîtes vous cela, Majesté, dit-elle sérieusement. Ce n'est pas vrai. Vos titres ne définissent pas votre façon de pensée, vous avez le droit d'avoir un avis.
- Hélas, pas forcément. De là où je viens il y a beaucoup de règles.. La cour de Vienne est très stricte et je n'ai pas souvent de moment à apprécier, comme ici avec vous par exemple.
- Votre Majesté apprécie ma personne ? rit-elle en prenant un air solennel.
- C'est certain… il dit en la regardant dans les yeux.
Lydia se mit à rougir, chose que Stiles remarqua tout de suite. Ravi, il continua.
- Vous êtes ici pour combien de temps, j'aimerais beaucoup vous revoir..
- Je n'en sais rien, dit-elle approximativement, trois ou quatre jours peut-être.
- C'est dommage, fit-il déçu, dans les jours qui suivent je pense ne pas avoir beaucoup de temps pour moi… il s'arrêta. Attendez, je crois que je serai libre cet après-midi. Est-ce que ça vous plairais de m'accompagner à la chasse ?
- Oh oui, volontiers Majesté ! Papily m'emmène souvent chasser avec lui ! fit-elle enthousiaste, et en reprenant la marche.
- Qui est Papily ?
- Papily c'est mon père, rit-elle, toute fière.
- Et c'est aussi un grand chasseur ?
- Oh oui, le meilleur de tous, probablement le meilleur chasseur du monde !
- Eh bien, j'adorerais le connaître ! sourit-il.
Lydia hésita beaucoup à poser une question qui lui rongeait l'esprit.
- Majesté.. avez-vous déjà songé à être une personne, comment dire… normale ?
- Normale ? il haussa un sourcil en riant.
- Non, ce n'est pas ce que je veux dire, se reprit-elle immédiatement. Je veux dire.. avez-vous déjà songé à votre vie si vous n'aviez pas été empereur ? Sans toutes ces règles ?
- Eh bien oui, très souvent même. Mais depuis quelques minutes je me trouve assez content de l'être finalement.
- Ah oui, pourquoi ?
- Eh bien parce que si je ne l'avais pas été, je ne vous aurai pas rencontrée. Et je ne vous entendrai pas m'appeler Majesté car vous ne savez pas comment je m'appelle ! rit-il.
- Pardonnez-moi Majesté, elle rit aussi. Mais comment voulez-vous que je vous appelle alors ?
- Juste Stiles sera très bien, dit-il en souriant.
- Stiles. C'est un beau prénom !
- Et vous, comment est-ce qu'on vous appelle ?
- Lydia, elle sourit.
- Ce n'est pas un prénom allemand il me semble ?
- Il vient de Grèce, comme plusieurs femmes dans ma famille. Nous ne descendons pas tous d'Allemagne. Ma Tante s'appelait ainsi.
- Eh bien, je doute que ce prénom lui aille aussi bien qu'à vous, mais il est charmant. Je ne vous aurai pas vu vous appeler autrement.
Lydia le remercia en rougissant une deuxième fois. Elle trouvait ce garçon très beau et très gentil. Il semblait partager son goût pour la chasse et avait l'air moins solennel qu'un empereur normal. Elle fixait beaucoup ses yeux bruns, car elle les trouvait très beau, mais ne regardait jamais trop longtemps de peur de le déstabiliser.
Quant à Stiles, il était complètement envoûté. Elle était tout ce qu'il cherchait : belle, pleine de vie, joyeuse, drôle et vraiment magnifique… Ses cheveux roux et si bien coiffés, sa tenue lui allait si bien et même si elle ne ressemblait pas à une noble habillée ainsi, Stiles l'avait prise pour une princesse. Il était désemparé.
/
À la résidence princière d'Ischl, Natalie et Malia avait rejoint les parents de Stiles, Claudia et Noah, pour prendre le thé. Noah Stilinski avait pris de la moustache depuis, et ses cheveux commençaient à devenir gris, mais il en restait toujours aussi sympathique. Tous les quatre discutaient autour de thés et d'alcool pour Noah, lorsqu'un valet vint les prévenir que le calèche de Stiles venait d'arriver. Enthousiastes, Natalie et Malia suivirent Claudia sur le balcon pour saluer l'Empereur pendant que Noah restait à l'intérieur pour terminer son cognac.
- Une fois sur le balcon, Claudia fronça les sourcils en ne voyant pas son fils en bas, mais à la place son garde du corps et ami, l'agent McCall.
- Votre Altesse ! L'aide de corps de sa Majesté vous présente ses respects, fit-il.
- Où est sa Majesté, commandant ?
- Sa Majesté m'a demandé de prévenir son Altesse de ne pas s'inquiéter, car elle rentrera à pied.
- Comment ça à pied ?
- Oui, enfin.. il hésita. C'est-à-dire que.. Sa Majesté est accompagnée.
- Eh bien, expliquez-vous ! s'impatienta Claudia.
- Sa Majesté est en compagnie d'une dame inconnue, dit-il d'un seul trait, un peu effrayé par la mère de son ami.
- C'est insensé, et vous ne savez pas qui est cette dame ?
- Non, personne ne la connait votre Altesse !
- C'est bon, souffla Claudia ennuyée. Rentrons.
Scott souffla de soulagement et se promit intérieurement de ne plus laisser Stiles agir ainsi, bien qu'il était content pour lui vu la façon dont il avait regardé cette jeune fille.
/
Stiles et Lydia continuait leur route, toujours suivi par l'agent Dunbar, déterminé à questionner Lydia. Stiles montrait tous les endroits qu'il connaissait à Lydia jusqu'au village, et appréciait comme elle s'émerveillait au moindre petit bout de paysage. Il arrivèrent près du village, une vingtaine de mètres les en séparant avec un petit chemin.
- Votre pays est magnifique, Majesté. Merci de m'en avoir montré une partie ! fit-elle, toute souriante.
- C'est vrai. Alors je vous revois ce soir ? demanda-t-il le cœur plein d'espoir. À cinq heures ? À côté du pont ?
- Oui Majesté, je trouverais le chemin !
- Attention de ne pas vous perdre dans la forêt, fit-il plus sérieusement.
- Moi ? Dans la forêt je suis toujours chez moi, rit-elle. Même si c'est une forêt que je ne connais pas ! Oh et sire, elle se pencha vers lui et chuchota. J'ai quelque chose à vous demander, s'il vous plaît, je n'arrive pas à me débarrasser de ce policier, dîtes lui de ne plus me suivre…
- Haha, je m'en charge, c'est entendu ! rit-il fortement.
- Merci Majesté, au revoir !
- Cinq heures ?
- C'est promis, sourit-elle en s'éloignant.
- Hola attendez une petite minute mademoiselle, fit l'agent Dunbar en passant rapidement devant Stiles pour la suivre. Si ça ne vous ennuie pas j'aimerais vos poser une question à propos d…
- Commandant ! ordonna Stiles, forçant Dunbar à s'arrêter et à se retourner vers lui.
- À vos ordres, Majesté.
- Justement je désire moi aussi vous poser quelques questions, fit-il la mine très sérieuse. C'est très important. Depuis huit jours quel temps fait-il à Ischl ?
- Euh il fait un temps magnifique Majesté, répondit-il maladroitement. Je m'excuse Majesté, il faut que je suive cette dame..
Il se retourna et vit Lydia s'éloigner de plus en plus en faisant un « coucou » de la main à Stiles, qui le lui rendit, souriant, et laissant le commandant interloqué.
- Elle fait signe ! Et c'est à vous qu'elle fait signe, Majesté vous voyez ! il angoissa.
- Eh bien laissez la faire !
- Oh Majesté je vous en prie prenez garde, le comportement de cette jeune fille ne me plaît pas !
- Il est pourtant charmant, dit-il rêveusement en la regardant s'éloigner en trottinant. Il se re-concentra sur l'agent Dunbar.
- Vous qui savez tout commandant, vous croyez que le beau temps va durer toute la semaine ?
- Hélas non Majesté, le vent a tourné à l'ouest et demain nous aurons de la pluie sans arrêt, fit-il en se retournant souvent.
- Ah, ce sont les grenouilles qui vous l'ont dit ?
- Non, mes rhumatismes, gloussa-t-il nerveusement, je suis une vraie girouette Majesté…
Il se retourna et ne vit pas Lydia.
- Elle a filé, dit-il à Stiles interloqué. Elle en a profité pour filer, et maintenant comment la retrouver ?
- Au fait commandant, que voulez-vous savoir de cette jeune fille ?
- Je voulais lui demander son adresse, son nom et ce qu'elle vient faire ici !
- Il fallait le dire plus tôt, alors qu'est ce que vous attendez, vite courez ! fit Stiles en se félicitant intérieurement.
- À vos ordres Majesté ! cria Dunbar en se retournant et en trébuchant avant de courir vers la direction que Lydia avait empruntée, tenant par une main son casque trop grand pour lui.
Seulement il était trop tard, Lydia était déjà arrivée à l'auberge et avait à nouveau escaladé jusqu'à sa chambre. Elle posa ses affaires sur la commode et tomba d'un coup sur le lit où elle ne bougea pas pendant plusieurs minutes, un air rêveur et un sourire béat sur le visage. Elle allait le revoir cet après-midi, cela faisait battre son cœur plus vite, et lui donnait des papillons.
Elle entendit toquer à la porte et redressa la tête quand elle vit sa gouvernante.
- Princesse ? demanda celle-ci en souriant. Vous dormez ?
- Mais non, qu'est-ce qui vous fait croire que je dors ? répondit-elle sans effacer le sourire de son visage.
- J'étais à côté et je n'entendais pas le moindre bruit. Je me suis gardée de vous déranger !
- Non ! Je n'ai pas du tout dormi. J'ai rêvé, c'était merveilleux..
La gouvernante vint s'asseoir à côté d'elle pour continuer à broder.
- Ah j'ai hâte de savoir ce que votre maman et Malia auront à nous raconter quand elles vont revenir de cette réception ! Quels étaient les invités, comment est sa Majesté…
- Il est charmant.. fit Lydia, toujours dans ses pensées.
- Comment ?
- Il est charmant, d'ailleurs il n'y a qu'à regarder tous ses portraits pour s'en rendre compte ! se rattrapa-t-elle.
- Oh oui oui, c'est exact, rit la gouvernante. Seulement peut-être est-il différent dans la réalité, sait-on jamais ?
- Oh oui, il est encore plus beau… refit Lydia dans ses pensées.
- Pardon ?
- C'est évident, les dessins ne reproduisent pas bien la réalité, si ?
- Oh oui, c'est vrai, oui..
Il y eut un moment de silence où Lydia réfléchissait, avant de tapoter l'épaule de la gouvernante.
- Baronne ?
- Oui ?
- À cinq heures j'aimerais me reposer encore, qu'on ne me dérange pas.. Si on vient me chercher, dîtes que je dors.
La gouvernante la regarda étonnée mais la seule réponse qu'elle obtenu fut un sourire timide de Lydia.
/
Stiles entra tout souriant dans le salon où se trouvait sa mère et son père. Il se dirigea vers Claudia.
- Mes respects, Maman.
- Bonjour Stiles, lui répondit-elle curieuse.
- Mes respects, mon cher Papa !
- Bonjour Stiles. Cela me fait plaisir de te voir, je commençait à trouver le temps long !
- Et moi aussi je suis bien content ! Et tu n'as jamais eu l'air si jeune.
- Quoi ? Pourquoi veux-tu que je jeune ? feint-il, devenant sourd.
- Tu n'as jamais eu l'air si jeune ! dit-il plus fort en articulant beaucoup plus.
- Pourquoi veux-tu que je me gêne ? sourit-il. Ma santé est excellente, et grâce à toi je n'ai pas eu d'ennuis de l'année !
Stiles rit mais fut vite interrompu par sa mère, le prenant par l'épaule.
- Stiles. Mon amie Natalie et sa charmante fille Malia sont arrivées ce matin de Bavière, et elle se font une grande joie de fêter avec nous ce soir ton anniversaire.
Elle montra de la main une direction derrière Stiles. Celui-ci se retourna et vit les deux femmes agenouillées, faisant la révérence.
- Oh ! Mais je ne les avait pas vues, sourit-il en les rejoignant et en les relevant de la main. Je vous remercie de cette attention !
- Mais Stiles c'est tout naturel, c'est nous qui sommes ravies, dit doucement Natalie, toute souriante.
Stiles aida Malia à se lever, toujours souriant. Il vit qu'elle avait l'air très heureuse à son regard.
- Bonjour Malia.
- Bonjour Majesté, je ne vous aurai pas reconnu, fit-elle, la voix pleine d'espoir.
- Moi non plus, mais tu es comme me l'a décrit ma mère, sourit-il. Tu es très jolie.
- Merci Majesté, rougit-elle.
Stiles se tourna vers Natalie.
- Votre époux n'a pas pu vous accompagner ? demanda-t-il en se rappelant de ce qu'il avait entendu dire du mari de Natalie, un homme très joyeux et amusant à ce qu'on dit.
- Non, il n'a pas pu. Il aurait tant aimé venir, il vous souhaite un très joyeux anniversaire.
- Comme c'est dommage, fit-il déçu.
- Il regrette beaucoup cette absence, se rattrapa Natalie, mais.. à la dernière minute une affaire importante l'a… « retenu »..
/
La balle de bowling roula rapidement pour faire tomber toutes les quilles, ce geste suivi d'éclats de rires, et de « Bravo Max » ou « Bravo Papa » qui jaillissaient. Le duc Maximilien profitaient du départ de sa femme pour inviter ses amis chez lui, amis que Natalie ne supportait pas trop. C'était l'occasion ou jamais.
Pendant que les enfants remettaient les quilles en place, un ami de Max se dirigea vers lui en l'appelant.
- Max, tu as reçu un télégramme de Ischl ! C'est Lydia qui te l'envoie !
- Lydia vient de télégraphier ? hurla un de ses frères à l'autre bout de la salle.
- Ah bon et qu'est ce qu'elle dit ? demanda Max.
- Qu'elle s'est évadée par la fenêtre de l'auberge où il séjourne, qu'elle t'attends et elle ajoute d'apporter un fusil.
Les enfants de Max foncèrent sur lui tout excités en lui parlant tous en même temps.
- On va à Ischl Papily ?
- Qu'est ce qu'elle dit Lydia ?
- Elle est passée par la fenêtre ?
- Elle a télégraphié ?
- C'est pourquoi le fusil ?
- Du silence ! hurla-t-il. Et pourquoi est-ce qu'on irait à Ischl ? Ça se voit donc pas que j'ai un lourd travail ! rit-il en faisant aussi rire ses amis. Messieurs remettez les quilles debout. Et demandez à ce qu'on nous apporte de la bière, et toi n'oublie de marquer qu'au dernier coup j'ai abattu les neuf quilles. Non mais, j'ai pas envie de vous quitter ! Pour une fois que je suis le maître de chez moi, il faudrait que je parte en voyage ? Non, non, non jamais ! Y a rien à faire !
Ses amis se remirent à rire pendant qu'il lançait une autre balle, faisant tomber à nouveau toutes les quilles et relançant les applaudissements à son sujet et les acclamations.
- Alors on est pas mieux ici qu'à la cour d'Autriche ?
/
- Alors, tu ignores qui est cette jeune fille ? demanda Claudia à son fils alors qu'ils s'étaient retrouvés seuls.
- Oui Maman, j'ignore qui est cette jeune fille, dit-il avec le même sourire rêveur qu'il avait quand il a quitté Lydia.
- Stiles voyons ! Il est inadmissible qu'un empereur quitte sa voiture pour suivre une jeune fille si jolie soit-elle ! C'est le jour de tes fiançailles et nous sommes tous là à t'attendre ! Tu ne te rends pas compte de la peine que tu me fais !
- Je suis désolé, Maman, dit-il en n'en pensant pas un mot et pensant toujours à la belle fille rousse qu'il avait rencontré. Je regrette que vous ayez pu être inquiète à cause de moi. Excusez-moi.
- Bon.. je veux bien, dit-elle en s'asseyant sur un petit canapé et en regagnant un grand sourire. Et comment trouves-tu Malia ?
- Je la trouves.. gracieuse.
- C'est tout ? Mais elle est ravissante ! s'exclama Claudia en levant les bras.
- Eh bien.. je trouve qu'elle manque de personnalité.
- Mais non ! Elle est peut-être un peu timide pour l'instant, mais c'est naturel : la pauvre enfant est impressionnée, son avenir se joue ce soir !
- Pourquoi ? demanda-t-il en perdant le sourire. Elle connait le projet des fiançailles ?
- Bien sûr ! Mais cela ne doit pas t'influencer, tu es libre de choisir la princesse qu'il te plaira. Mais elle est fine, très bien éduquée, très cultivée, tout semble la désigner pour être impératrice d'Autriche !
- Peut-être mais..
- Attends encore, Stiles ! l'interrompit sa mère. Tu risquerais d'être injuste avec elle. Va la rejoindre, parle lui et apprends à mieux la connaître ! Je suis sûre que tu seras d'accord !
- Je suis désolé je dois partir tout de suite pour la chasse, fit Stiles en se levant.
- Comment, aujourd'hui tu vas aller à la chasse ?
- Nous ne restons que deux jours, c'est ma seule occasion d'y aller ! se défendit-il en souriant, se souvenant de qui il devait rejoindre.
- Tous nos invités sont ici Stiles, reste avec eux un petit peu…
- C'est impossible, j'ai rendez-vous avec les chasseurs à cinq heures et vous savez que je suis ponctuel. Je vous promets que ce soir pendant le souper et au bal, je m'occuperai exclusivement de Malia.
- Comme tu voudras, soupira-t-elle.
À suivre…
