Chapitre 7
CHAPITRE TRADUIT PAR TheBoneyKingOfNowhere
✓CORRIGE
Gwen resta simplement assise là à regarder Merle pendant un moment alors que celui-ci se couchait et fermait les yeux. Il sombra rapidement dans le sommeil sans ajouter un mot de plus. Ennuyée, Gwen secoua la tête de frustration. Elle était chaque jour de plus en plus curieuse quant à ce qu'il était arrivé à Merle pour qu'il soit désespéré au point de couper sa propre main. Tout ce qu'elle avait recueilli grâce à ses divagations était qu'il avait été laissé pour mort quelque part et qu'il y avait au moins une personne à laquelle il tenait... Daryl.
La pluie se mit à tomber, plus forte et plus dense, contre les carreaux de la fenêtre. Gwen pouvait l'entendre à travers les espaces entre les planches de bois qui renforçaient les fenêtres. Se relevant, elle jeta un œil à l'extérieur à travers un des interstices et elle observa la pluie tomber sur les rôdeurs qui erraient dehors. Ils n'étaient pas très nombreux, mais il y en avait plus que le jour précédent. Elle aurait voulu que la pluie puisse tous les dissoudre, mais ils ne semblaient même pas dérangés par les gouttes. Gwen savait qu'elle ne pouvait pas attendre beaucoup plus longtemps. Que Merle soit prêt à voyager ou pas, le jour suivant, elle prévoyait de quitter la ville. Elle ne voulait pas attendre jusqu'à ce que les environs soient surpeuplés de rôdeurs et qu'elle soit prisonnière à l'intérieur. Quoi que Merle décide de faire, c'était son problème à lui. Elle l'avait aidé du mieux qu'elle pouvait...
« Merle...MERLE ! » hurla quelqu'un, réveillant Merle en sursaut. Il s'assit rapidement et aperçut Daryl qui se tenait au-dessus de lui à l'intérieur de la maison. Merle jeta un coup d'œil alentour mais ne vit Gwen nulle part.
« Qu'est-ce tu fous ? Viens... tu d'vrais déjà être debout... faut qu'on aille chasser ! » l'informa Daryl.
Merle se mit debout lentement, confus...
« Hé là... qu'est-ce qui va pas, mec ? Faut qu't'arrêtes avec toutes ces saloperies qu'tu prends... ça t'ralentit... quelqu'un va nous prendre le meilleur gibier en arrivant avant, alors viens... arrête de trainer ! » Daryl tendit son fusil à Merle.
Instinctivement, Merle tendit sa main droite pour attraper le fusil mais, dès qu'il le fit, il se surprit lui-même en enroulant ses doigts autour du canon. Il maintint le fusil loin de son corps et contempla simplement sa main, choqué.
« Merle ? Qu'est-ce qui va pas ? » demanda Daryl.
Merle leva les yeux vers Daryl, constatant que Daryl avait un air perplexe comme d'habitude. « Rien, allez, on y va... » répondit Merle.
Merle suivit Daryl à l'extérieur en direction du pick-up dans lequel il grimpa. Il avait un regard émerveillé tandis qu'ils roulaient... il n'y avait pas un seul rôdeur en vue. En fait, Merle remarquait à quel point tout semblait normal alors qu'ils croisaient d'autres voitures sur la route.
« C'est réel, tout ça ? » se demanda Merle tout bas en regardant sa main, ouvrant et refermant son poing alors qu'ils roulaient toujours.
« Quoi ? » fit Daryl.
« Rien... roule... » Merle et Daryl n'échangèrent plus une parole durant le reste du trajet jusqu'à la forêt.
Une fois arrivés, ils sortirent tous les deux du pick-up et commencèrent à se diriger vers les premiers arbres.
« Attends, Daryl... » lui dit Merle. Daryl s'arrêta et se tourna vers Merle.
« Qu'est-ce qu'y a maint'nant ? » demanda Daryl, ennuyé. Merle avait remarqué que Daryl, à chaque fois qu'il était excité par quelque chose, agissait toujours comme un enfant impatient si quelqu'un le ralentissait.
« J'veux juste te regarder pendant une seconde... » dit Merle en avançant plus près et en posant sa main droite sur l'épaule de Daryl. Il ne pouvait s'empêcher de contempler sa propre main, encore stupéfait de toujours la voir là. « Ça va ? Tu vas bien, hein ? » lui demanda Merle.
Daryl regarda la main de Merle reposant sur son épaule, puis reporta à nouveau son regard sur Merle. Merle n'avait jamais été du genre super affectueux ni plein d'amour fraternel, mais Daryl savait que c'était une grande tentative de la part de Merle. « T'es en train d'me faire flipper là, frérot... qu'est-ce qui se passe ? Tu es bizarre... t'es pas toi-même... »
Merle peinait à trouver les mots qu'il voulait prononcer, et il ne semblait pouvoir en trouver aucun. « C'est juste... j'voulais juste... merde ! » Merle était frustré, et c'était sa propre faute, tandis qu'il observait ses pieds.
Merle regarda à nouveau Daryl et vit un rôdeur qui se tenait tout près derrière lui, à l'insu de Daryl. Rapidement, Merle leva son flingue. « PUTAIN, DARYL ! DERRIÈRE TOI ! »
Merle essaya de presser la détente, mais il ne put la sentir contre son doigt. Frénétiquement, il regarda sa main droite et il ne vit rien d'autre qu'un moignon sanglant. « NON ! » hurla Merle en voyant ça. Il reporta désespérément son regard sur Daryl et observa avec horreur le rôdeur mordre le cou de Daryl, l'entrainant au sol.
Daryl hurla de douleur à l'attention de son frère.
Merle se dépatouillait avec le fusil en essayant d'avoir une prise dessus avec sa main gauche, mais il ne semblait pas parvenir à avoir une quelconque coordination avec cette main. Merle était à l'agonie en observant la vie fuir rapidement le visage de Daryl.
« Daryl ! » l'appela Merle avec désespoir.
« DARYL ! » hurla Merle en s'asseyant sur le divan et en se relevant gauchement.
« Merle ? Ça va ? » Gwen se précipita vers lui, l'attrapant par le bras pour le stabiliser.
Merle la repoussa hors de son chemin et se dirigea vers la porte d'entrée.
« DARYL ! J'ARRIVE... TIENS BON, P'TIT FRÈRE... CHUIS LÀ ! » vociféra Merle en saisissant de sa main gauche les planches clouées à la porte, tentant de les arracher du chambranle.
« MERLE ! QU'EST-CE QUE TU FAIS ? STOP ! » lui hurla Gwen alors qu'elle courait vers lui et qu'elle essayait de le repousser loin de la porte.
« TU PEUX PAS M'ARRÊTER... FAUT QU'J'AILLE CHERCHER MON FRÈRE... IL EST LÀ DEHORS... FAUT QU'J'AILLE LE CHERCHER... » gueula Merle tandis qu'il reculait de la porte pour commencer à donner des coups de pied dans les planches.
« ILS SONT DEHORS... ILS VONT T'ENTENDRE ! IL FAUT QUE TU ARRÊTES ! » le supplia Gwen... elle savait qu'à présent les rôdeurs les avaient entendus tous les deux. Merle continua à beugler alors qu'elle tentait de le raisonner, continuant à parler de son frère qui avait besoin de son aide. Désespérée, Gwen sauta dans son dos, enroulant ses bras autour de son cou pour lui couper la respiration.
Merle saisit le bras de Gwen et s'éloigna de la porte en essayant de se dégager d'elle en la secouant, mais elle serra étroitement ses jambes autour de sa taille et se retint à lui autant qu'elle put.
« DÉGAGE, SALOPE ! DÉGAGE, PUTAIN ! TU PEUX PAS M'GARDER ICI ! FAUT QU'JE SORTE ! » hurla Merle en essayant de la faire tomber de son dos, mais elle resserra sa prise. Merle commençait à se sentir étourdi tandis qu'elle agrippait plus étroitement son cou, commençant à lui bloquer la respiration.
Merle tomba à la renverse, atterrissant sur Gwen qui serrait toujours son corps entier contre son dos. Ils gémirent tous les deux bruyamment en en cognant le sol. Gwen se fracassa l'arrière de la tête par terre, mais elle refusait toujours de lâcher Merle.
« PUTAIN, MERLE ! ARRÊTE ! ÇA SUFFIT ! S'IL-TE-PLAIT ! » le supplia-t-elle.
Un grand bruit contre la porte d'entrée les pétrifia tous les deux. Merle reprit rapidement ses esprits, se rendant compte de ce qu'il y avait de l'autre côté.
« Chuuuuut ! » fit Merle alors qu'ils se tenaient tous les deux immobiles et silencieux. Gwen, toujours ses jambes enroulées autour de sa taille, commença à relâcher son cou, en faisant attention à ne faire aucun bruit. Elle posa ses mains au sol et se mit à se pousser vers le haut, déroulant lentement ses jambes. Merle s'assit lentement, toujours appuyé contre elle jusqu'à ce qu'ils soient tous les deux à la verticale, assis par terre.
Ils entendirent un autre coup, suivi par un autre et encore un autre, leur succession de plus en plus rapide leur indiquant qu'il y avait plus d'un rôdeur de l'autre côté de la porte. Les gémissements et les râles à l'extérieur devinrent de plus en plus forts. Gwen attrapa Merle à l'épaule, se penchant vers lui, effrayée à l'idée que la porte puisse céder sous la force des coups constants de l'autre côté.
« Où sont tes armes ? » chuchota Merle.
« Dans le salon... » répondit-elle tout aussi doucement.
« Reste pas assise là, bordel, va les chercher... » ordonna Merle.
Gwen se releva rapidement et essaya de courir dans le salon, attrapant son pistolet près de son sac de couchage et sortant un révolver de son sac-à-dos. Elle se dépêcha de retrouver Merle et lui tendit le révolver. Merle jeta un œil au barillet et constata qu'il était complètement chargé. Gwen aida Merle à se relever et ils se tinrent tous les deux debout, côte à côte. Leurs armes levées, leurs yeux grand ouverts, ils attendaient...
