Chapitre 13

CHAPITRE TRADUIT PAR TheBoneyKingOfNowhere

✓CORRIGE

Gwen se réveilla à l'arrière de la camionnette avec la sensation d'avoir dormi une éternité. Le soleil rayonnait sur la cabine avant de la camionnette et il était si lumineux qu'il en était aveuglant. Elle regarda alentour et ne vit pas Merle.

Elle ouvrit précautionneusement une des portières arrière et jeta un œil à l'extérieur. Elle pouvait entendre quelqu'un parler et se dit que c'était juste Merle qui parlait tout seul. Elle sortit et se dirigea vers le son de la voix. Dès qu'elle eut contourné la camionnette, elle s'arrêta tout net. Deux hommes se tenaient à côté de la portière conducteur et tentaient de regarder à l'intérieur, mais ils focalisèrent rapidement leur attention sur Gwen.

L'un des hommes était petit et trapu. Il lui fit un sourire édenté. Il avait l'air de ne plus s'être lavé depuis des mois et, même avec la distance qui les séparait, la puanteur qui émanait de lui confirma cette première impression. L'homme avait un grand couteau de chasse dans la main. Il se tourna et commença lentement à marcher vers Gwen.

L'autre homme était plus grand et mince. Il avait de larges cernes sous les yeux et avait le crâne rasé. Il devait avoir la même hygiène dentaire que l'autre homme car Gwen remarqua qu'il lui manquait une dent de devant. Il avait un fusil de chasse dans les mains.

"Eh bien... eh bien... qu'avons-nous là?" demanda le petit trapu en s'approchant de Gwen.

"Mon mari est parti pisser dans les bois... Il va revenir d'un moment à l'autre. Vous feriez bien de déguerpir d'ici tous les deux, il va pas être content d'vous trouver là..." répondit Gwen, priant pour que sa voix ne vacille pas. Il ne faisait aucun doute pour elle que rien de bon ne pourrait arriver tant qu'elle serait seule avec ces hommes.

Avant même qu'ils n'aient eu le temps de répondre, Gwen partit en flèche en direction des bois, slalomant entre les arbres aussi vite qu'elle pouvait. Elle réalisa qu'elle n'avait aucune arme tandis que branches et buissons lui éraflaient les bras et les jambes, et parfois même la joue. Elle jeta un œil par-dessus son épaule et vit les deux hommes qui la rattrapaient. Et, alors qu'elle regardait à nouveau devant elle, elle trébucha sur une racine d'arbre et s'écrasa au sol. Elle se dépêcha de se relever et elle essaya de poursuivre sa course, mais un des hommes l'attrapa par le poignet et la tira d'un grand coup sec.

Gwen sentit son épaule sauter, déboitée. Elle ne put s'empêcher de pousser un cri de douleur et elle retomba au sol.

"On te tient maintenant, espèce de salope!" s'exclama un des hommes.

Dès que Gwen sentit des mains sur ses jambes, elle se mit à donner des coups aussi fort qu'elle le pouvait. Son pied entra en collision avec la mâchoire du grand mince. Gwen sut avec certitude qu'elle l'avait cassée quand l'homme hurla et tomba en arrière, atterrissant sur sa hanche et lâchant le fusil de chasse. Le petit trapu attrapa Gwen par les cheveux et se mit à la trainer vers lui. Gwen le frappa et le griffa aussi fort qu'elle pouvait, mais son bras droit ne lui était pas d'un grand secours à cause de la douleur qui descendait de son épaule déboitée. Néanmoins, elle se débattit de toutes ses forces et continua à crier.

Le petit trapu lui asséna deux gros coups de poing, l'un au visage, l'autre au ventre, leur violence lui coupant le souffle.

"Ça devrait fermer ta gueule, salope... Tu vas nous attirer un troupeau d'rôdeurs à gueuler comme ça."

Gwen haletait et se tordait de douleur par terre.

Le petit trapu rit alors qu'il aidait le grand mince à se relever et lui flanquait son fusil de chasse contre la poitrine. Gwen pouvait entendre l'homme essayer de parler, mais tout ce qui sortait de sa bouche ressemblait à une grosse bouillie bafouillée tandis qu'il crachait du sang.

"Putain, ma fille, t'as bien eu Larry. T'as intérêt à faire gaffe la prochaine fois. Mais c'est pas grave, on aura tout le temps de lui repayer ça."

Gwen se débattit pour se relever alors que le grand mince s'approchait d'elle mais, avant qu'elle ne soit suffisamment stable sur ses pieds pour pouvoir se défendre, il lui donna un grand coup sur le crâne avec la crosse de son fusil. Gwen s'évanouit avant même de toucher le sol.

Merle retournait vers la camionnette quand il remarqua qu'une des portière arrière était ouverte. Il s'arrêta et regarda alentour mais il ne vit pas Gwen ni qui que ce soit d'autre d'ailleurs. Prudemment, il s'approcha de l'arrière de la camionnette et remarqua qu'elle était vide. Un peu perdu, il se mit à refermer la portière quand il entendit un cri provenir des bois à sa gauche.

"GWENNY? GWEN?" appela Merle. Il pénétra dans la forêt. Il l'entendit crier à nouveau et commença à courir en direction de la voix de Gwen.

Le sang de Merle commençait à s'échauffer. Espèce de conne, je suis parti trente secondes et t'as déjà réussi à te foutre dans le pétrin... Merle n'avait pas le temps de jouer les héros mais il ne pouvait pas non plus ignorer Gwen qui avait besoin d'aide. Quand il mettrait la main sur elle, ils allaient avoir une sérieuse discussion.

Merle suivait la direction des cris, mais ils cessèrent brusquement. Merle arrêta de courir un moment et tendit l'oreille. Il avait envie de l'appeler mais il avait le sentiment, qui provenait de ses tripes, que ce n'était pas juste une bataille entre Gwen et des rôdeurs. Merle glissa sans bruit vers l'endroit d'où, supposait-il, venaient les cris de Gwen jusqu'à ce qu'il voie deux silhouettes masculines se tenant l'une à côté de l'autre.

Merle se déplaçait silencieusement à travers les bois. Toutes ces années à chasser avec Daryl se prouvaient être de plus en plus bénéfiques pour le nouveau monde dans lequel ils se trouvaient tous. Merle observa qu'un des hommes avait un fusil de chasse. Il les vit arracher le T-shirt et le soutien-gorge de Gwen. Les deux hommes rigolaient tandis qu'ils tripotaient ses seins avec rudesse. L'un d'eux gardait cependant une main contre sa mâchoire. L'homme à la mâchoire blessée recula tandis qu'il bataillait pour défaire la boucle de sa ceinture. Merle, en se faufilant plus près d'eux, étouffa un petit rire car il savait pertinemment bien que c'était plus facile à dire qu'à faire avec une seule main. Le petit trapu ôta d'un coup sec le pantalon et la culotte de Gwen et jeta les vêtements sur le côté.

"Okay Larry, à toi l'honneur. Mets-lui bien profond et donne-lui une leçon pour c'qu'elle t'a fait..." dit l'homme en se retournant vers le grand mince juste à temps pour voir Merle attraper celui-ci en clé de tête avec son moignon et le tirer suffisamment pour exposer son cou. L'homme, choqué et horrifié, observa Merle passer la lame de son couteau à travers le cou. Le sang gicla rapidement et la vie quitta le visage du grand mince qui tomba au sol, tel une poupée désarticulée.

Le petit trapu tira son couteau du fourreau qu'il avait à la ceinture et chargea Merle. Les deux hommes se battirent hargneusement. Le petit trapu planta son couteau dans le bras gauche de Merle qui en perdit son propre couteau. Le petit sourit, pensant qu'il avait l'avantage sur Merle, mais Merle lui donna un gros coup de boule, l'envoyant valser, perdre pied et enfin tomber au sol. Merle grimpa sur lui et lui immobilisa les mains de ses genoux. Il lui prit son couteau. A la surprise de l'autre homme, Merle ne le poignarda pas, mais il jeta le couteau loin d'eux. Merle lui asséna de grands coups de poing dans le visage, encore et encore. Enfin, avant que l'homme ne perde connaissance, Merle le saisit à la gorge et se pencha contre son visage. La bouche pleine de salive et de sang, l'homme supplia Merle de ne pas le tuer.

"Alors, on aime violer les femmes, c'est ça? Est-ce qu'elles supplient comme toi? Est-ce qu'elles te supplient de n'pas leur faire de mal? J'parie qu'oui... Et, dis-moi, est-ce que t'as pitié d'elles? Hein? DIS-MOI!" hurla Merle en resserrant sa prise.

"Pitié..." réussit à souffler l'homme.

Merle desserra sa prise pour permettre à l'homme de parler plus distinctement.

"J'leur ferai plus d'mal, promis... Chuis désolé, chuis désolé", implora l'homme.

"Tu sais... les gens disent plein d'trucs de moi, que chuis mauvais, que j'ai fait plein d'sales trucs. Mais un truc que j'ai clairement jamais eu à faire, c'est forcer une nana. J'suppose que les gonzesses ont toujours aimé Merle..." Merle laissa échapper un petit rire avant de poursuivre. "Mais tu sais quoi? T'as raison... Tu f'ras plus jamais d'mal à personne, parce que j'vais t'étrangler jusqu'à ton dernier souffle!"

Les yeux de l'homme s'écarquillèrent de peur alors que Merle serrait sa prise autour de sa gorge aussi fort qu'il pouvait, jusqu'à ce qu'il obtienne exactement ce qu'il voulait: l'homme reposait sans vie.

Merle le frappa une dernière fois, il descendit de l'homme et se coucha par terre sur le dos. Merle prit quelques profondes inspirations pour tenter de faire retomber l'adrénaline qui lui brulait les veines. La colère bouillonnait en Merle depuis qu'il était redescendu à moitié mort de ce toit d'Atlanta, mais c'était la première fois qu'il avait un sentiment de paix. La colère était toujours là à cause de ce qu'il lui était arrivé: avoir été forcé de se mutiler, ne pas savoir où était son frère ni même s'il était toujours vivant... Mais les choses semblaient soudainement beaucoup plus claires pour lui. Ses projets de vengeance commençaient enfin à se dessiner plus clairement.

Merle s'assit et regarda le corps nu de Gwen. Toujours couvert de terre depuis leur journée de la veille passée à creuser. Elle était si immobile que Merle se demanda si elle n'était pas en fait morte. Il rampa vers elle et posa sa tête sur sa poitrine. Son cœur battait toujours. Merle chercha des yeux le T-shirt de Gwen mais il s'aperçut bientôt que ce n'était plus qu'un torchon inutile. Merle batailla pour enlever son propre T-shirt et s'en servit pour couvrir Gwen. Il la prit dans ses bras et la porta jusqu'à la camionnette.