Chapitre 14
CHAPITRE TRADUIT PAR TheBoneyKingOfNowhere
✓CORRIGE
Merle coucha Gwen à l'arrière de la camionnette. Grimpant sur le siège conducteur, il galéra avec l'étrangeté du boitier de vitesses (1) de la camionnette mais il parvint à conduire et à descendre le chemin de terre. Bientôt ils arrivèrent en vue d'une vieille ferme. Voyant l'état dans lequel se trouvait Gwen à présent, il aurait voulu qu'ils aient poussé un peu plus loin la nuit dernière, mais ils avaient été tous les deux épuisés et ils n'avaient pas eu l'esprit clair. La culpabilité n'était pas un sentiment dont Merle avait souvent eu l'expérience.
C'est pas ta faute... elle aurait dû rester dans la camionnette. Tu peux pas toujours lui tenir la main. Et puis, elle s'est bien débrouillée avant qu't'arrives. Faut pas qu'elle oublie que tu s'ras pas toujours là. Merle soupira alors qu'il ramait à nouveau pour garer la camionnette. Il alla voir à l'arrière. Gwen était toujours dans les vapes. Merle prit une batte de baseball à l'arrière.
"Bouge pas cette fois... J'reviens dans une minute..." Merle savait qu'elle ne pouvait pas l'entendre mais il lui parlait quand même. Il l'enferma dans la camionnette et marcha vers le porche de la maison.
Merle fouilla toutes les pièces pour être sûr qu'il n'y ait pas de rôdeurs ou qui que ce soit d'autre d'ailleurs. La maison était vide. Merle ressortit pour inspecter la propriété et il découvrit qu'il y avait un générateur fonctionnel qu'il était capable de faire marcher et que la maison était reliée à un puits.
"Jackpot!" s'exclama Merle et il ne put s'empêcher de sourire. Ce serait bien de jouir des conforts modernes que tout le monde prend pour acquis jusqu'à ce qu'ils disparaissent.
Merle contourna la maison jusqu'à revenir à l'avant et il alla ouvrir la portière arrière de la camionnette. Avec Gwen dans ses bras, il retourna dans la maison, directement dans le living et il la posa dans le sofa. Il prit la couverture qui était sur le dossier du divan et il la plaça doucement sur Gwen à la place de son T-shirt. Merle lutta un peu pour remettre son T-shirt, mais il commençait à gérer le fait de n'avoir qu'une seule main.
A peu près une demi-heure plus tard, après que Merle ait déplacé tous les objets de valeur de la camionnette dans la maison, il retourna dans le salon et s'assit sur le bord du sofa près de Gwen. Il n'aimait pas le fait qu'elle soit toujours inconsciente. Et il savait qu'il ne pouvait pas remettre son épaule en place avec une seule main et alors que le corps mou de Gwen n'offrait aucune résistance. Il devait la réveiller. L'œil gauche de cette dernière était enflé et on aurait dit qu'il y avait une légère lacération juste sous son œil. Merle savait qu'elle aurait un sale mal de crâne.
Gwen commença à bouger alors qu'elle peinait pour ouvrir les yeux. Sa tête lançait et tout son corps lui faisait mal. La douleur au niveau de son épaule était presque insupportable. Elle avait l'impression d'être passée sous un camion. Soudain, le souvenir des deux hommes l'assaillit et Gwen commença à paniquer. Elle commença à frapper et à se débattre, même si ses mains avaient toujours du mal à bouger à cause de son épaule déboitée.
"Stop... STOP! C'est Merle! T'es en sécurité... tout va bien." Merle attrapa un de ses bras pour l'empêcher de le frapper.
"Quoi? On est où? Les hommes..." Gwen ne pouvait s'empêcher d'être toujours apeurée et déboussolée tandis qu'elle peinait pour focaliser ses yeux, tentant de comprendre où elle était.
"J'me suis occupé d'eux... on est dans une maison. Ton épaule va te faire mal, et chuis sûr que le reste de ton corps aussi." Merle lui tapota maladroitement le bras. Il n'était pas connu pour être de nature réconfortante et sensible.
Gwen toucha son épaule pour situer la douleur. "Il faut qu'tu t'occupes de ça... J'peux pas le supporter..."
"Faut qu'tu t'asseyes et tu vas devoir m'aider." Merle l'aida à s'assoir du mieux qu'il pouvait. Gwen se rendit compte qu'elle était nue et serra immédiatement la couverture contre elle.
"Où sont mes vêtements? Pourquoi tu m'as enlevé mes vêtements?" Gwen tira la couverture plus haut vers son cou. Elle était gênée et presque fâchée contre Merle.
Merle l'observa un moment en silence avant de parler. "Ils les ont déchirés. J'les ai laissés dans les bois. Le T-shirt était foutu et j'voulais juste t'emmener dans un endroit sûr alors j'me suis même pas tracassé de prendre ton pantalon. Y a sûrement des vêtements ici de toute façon. Allez, maintenant... on va réparer ton bras bousillé..."
Gwen avait le visage horrifié rien qu'à penser à ce que les deux hommes lui avaient fait. Elle serra les genoux l'un contre l'autre et se couvrit la bouche de la main.
"Je crois que je vais être malade", marmonna Gwen derrière sa main.
Merle remarqua qu'elle était tendue. "Ils t'ont pas violée si c'est c'que tu penses..."
Gwen demeura silencieuse et regarda Merle, des larmes dans les yeux.
"Plie ton bras, serre le poing et ne bouge plus. J'm'occupe du reste", lui dit Merle tandis qu'il poussait doucement son bras contre son corps. Puis il guida le bras plus loin de Gwen. Dès que le bras fit un angle de 90 degrés avec le corps de Gwen, Merle commença à pousser jusqu'à ce qu'il se remboite. Gwen ressentit un soulagement instantané et elle se recoucha en tirant la couverture tout contre sa poitrine.
Mais elle se redressa d'un seul coup. "Merle! Tu saignes!" fit-elle en remarquant son propre poignet humide du sang qui avait coulé le long du bras de Merle.
Merle jeta un œil à l'entaille sur son biceps. "Ça n'a rien touché d'important... ça va finir par s'arrêter d'saigner."
"Donne-moi le sac avec la trousse de secours. Il faut exercer une pression dessus, puis je vais te soigner. Est-ce que tu peux aussi aller me chercher des vêtements?" Gwen se décala vers le bord du divan, attendant impatiemment que Merle lui donne quelque chose à se mettre sur le dos.
Merle sortit un T-shirt et un short de son sac en toile et il les lui jeta. "J'vais prendre une bonne douche chaude! Voilà c'que j'vais faire! Mon bras, ça m'tracasse pas."
"Merle, attends..." Gwen se précipita à sa suite dès qu'elle fut habillée, mais elle se mit à chanceler.
Merle se retourna et s'élança vers elle pour l'empêcher de tomber.
"Ça va... Je me suis juste levée trop vite... ma tête..." Elle ne pouvait s'empêcher de saisir le côté de sa tête où l'homme l'avait frappée avec la crosse de son fusil de chasse.
"Allez, recouche-toi. Je saigne déjà moins... Dès que chuis hors de la douche, tu pourras me rafistoler", la rassura Merle. Gwen acquiesçait en se tenant la tête et en retournant vers le sofa.
Merle était dans la douche et laissait l'eau chaude et la vapeur l'entourer. Il regardait ses pieds alors que le mélange de terre et de sang s'écoulait par l'évacuation. Merle laissa l'eau nettoyer son moignon. Il l'observait, remarquant que ça commençait enfin à avoir une meilleure tête et que ça ne ressemblait plus au truc sanglant et dégoutant que ça avait été. Quelque soit l'infection qui au départ avait commencé à apparaitre, elle avait l'air maintenant bel et bien partie. Merle aurait besoin de quelque chose pour couvrir le moignon une fois qu'il aurait complètement guéri. Peut-être pourrait-il retirer un usage quelconque de son moignon en improvisant un peu. Il allait devoir y réfléchir et trouver un truc. Il refusait d'avoir un côté droit inutile. Merle ferma les yeux et laissa l'eau couler dans son dos. Il ne s'était jamais beaucoup tracassé d'être sale mais, depuis le début de l'épidémie, il avait fait l'expérience d'une "nouvelle saleté" qui allait au-delà de ce à quoi n'importe qui était habitué. Merle sortit de la douche et essaya de son mieux de panser la plaie de son bras avec une petite serviette à l'aide de son moignon et de ses dents. Ce n'était pas terrible, mais au moins, il allait pouvoir descendre et Gwen le soignerait convenablement.
Gwen s'était endormie pendant qu'elle attendait que Merle revienne de sa douche. L'odeur de savon la réveilla et elle ouvrit les yeux pour découvrir que Merle se tenait debout, penché sur elle.
"Allez poulette... Faut soigner ce bon vieux Merle!" dit-il avec un sourire.
Gwen se leva et se rendit dans la cuisine pour laver toute la crasse de ses mains. En revenant, elle prit le sac à dos avec la trousse de secours. Elle s'assit à côté de Merle sur le divan. Elle recousit son bras et le banda.
"Ton poignet a bien meilleure mine", remarqua Gwen. "Je ne pense pas que ça ait l'air infecté ce qui est quand même étonnant quand on voit la crasse qu'on a réussi à accumuler ces quelques derniers jours."
Merle commença à se lever du sofa quand Gwen lui attrapa le bras et le rassit. Ils s'observèrent l'un l'autre.
"Quoi maintenant?" demanda Merle. Le silence de Gwen commençait à le mettre mal à l'aise.
"Dis-moi ce qui s'est passé exactement." Gwen attendit patiemment la réponse de Merle.
"Y a rien à dire... J't'ai dit, t'es pas blessée!" Merle regarda l'hématome sur son visage. "Enfin... pas comme ça, j'veux dire..." Merle baissa le regard sur son corps.
"Je veux quand même entendre toute l'histoire. Dans les moindres détails, Merle. Je suis sérieuse, dans les moindres détails..."
...
(1) La grande majorité (plus de 95%) des voitures aux États-Unis sont des voitures automatiques. Les Américains n'ont donc pas du tout l'habitude des boitiers de vitesses. (Note de la traductrice)
