Marinette et Nathaniel, son petit ami, se dirigeaient vers la demeure Agreste. Elle portait un lourd gâteau à la vanille décoré de perle de sucre dorée. Elle avait aidé son père à le faire et il avait été commandé pour le thé donné dans ce grand manoir.
La jeune fille travaillerait au service en extra alors que Nathaniel, faisant partie de la bonne société de Paris, se devait d'assister à cette rencontre destinée à souhaiter la bienvenue à ses nouveaux membres qui revenaient tout juste au pays.
Originaires de la ville, les trois membres de la famille Agreste avaient parcourut le monde pendant des années pour répondre aux impératifs du métier de Monsieur Agreste qui était dessinateur-styliste de mode et à la tête de sa propre marque. Mais Madame Agreste, qui avait été mannequin international tout comme leur fils, avait récemment été portée disparue. En conséquence de quoi, le père et le fils étaient revenus s'établir à Paris.
« J'en ai un peu assez de ces réceptions. » bougonna Nathaniel « Cela fait trois samedis de suite que nous devons être "présents sans faute."»
Espérant le sortir de sa mauvaise humeur, sa petite amie lui répondit : « Je t'accorde que la réception de la semaine dernière pour la nouvelle maison de Lady Bruel n'avait rien d'essentielle, finalement. Nous étions pratiquement les seuls de notre âge à être présents en plus d'Ivan. C'est ta mère qui a insisté pour que tu l'accompagnes. Je pense qu'elle avait peur de s'y ennuyer. Tu pourrais sonner pour moi à la porte des cuisines. J'ai les mains occupées. »
« Euh, oui, pardon. » s'exécuta Nathaniel. Lorsque la porte s'ouvrit, il la tint ouverte et ne bougea plus.
« À plus tard. » salua Marinette pour sortir son copain toujours aussi distrait qu'à son habitude de ses rêveries.
« À euh, oui désolé. » sursauta Nathaniel qui tendit la joue pour une bise de circonstance.
« Euh, désolé Nath. Mais, te faire la bise et retenir un gâteau sans l'échapper est au-dessus des compétences d'une maladroite comme moi. » dit la jeune fille en restant aussi droite que possible de peur de faire une gaffe si près du but. Surtout que le poids du gâteau commençait à se faire sentir horriblement dans ses muscles.
« Ah, euh, oui. Où est-ce que j'avais la tête, moi? Je le savais. » se défendit bizarrement le rouquin en déposant finalement le protocolaire baiser sur la joue de sa petite amie.
'Oui, je me demande bien à quoi tu penses tout le temps?' se demanda Marinette sans exprimer clairement sa curiosité. « De toute façon, on se voit dans quelques minutes à l'intérieur. » fit-elle en passant la porte que Nathaniel tenait toujours et en rejoignant les autres serveurs.
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Il n'y avait pas de véritables lignes séparant la bonne société de Paris des autres habitants de la capitale. Pas de frontière territoriale ou de minimum de revenu nécessaire pour y être intégré. Pas plus qu'il n'y avait de véritable noblesse française. Il y avait seulement des écarts et des fossés séparant une personne d'une autre.
Mais les maisons et les appartements de luxe de l'arrondissement cossus bordant la Seine où vivait Marinette appartenaient principalement à des familles très riches voir certaines de noblesses étrangères et tous ces gens se connaissaient et entretenaient des relations mondaines semblables à celles d'un club social exclusif. Et ils se nommaient eux-mêmes la bonne société de Paris.
Évidemment, la richesse entraînait la possibilité d'engager des domestiques à temps complet et donc, plusieurs de ces familles étaient si fortunés qu'elles pouvaient se permettre d'héberger les familles des gens à leurs services qui profitaient ainsi des avantages qui venaient avec l'adresse y comprit l'enseignement dans un lycée de pointe.
La famille de Marinette elle-même ne correspondait à aucune de ces catégories. Ils n'étaient ni riches ni employés par ceux qui l'étaient. Ils étaient propriétaires de leur propre commerce alors que tout autour pratiquement chacun des autres services de proximités étaient assurés par des grands noms ou les succursales de grandes chaînes.
Ceci parce que l'arrière-grand-père de la jeune femme avait été un héros de la résistance française durant la seconde guerre mondiale. Beaucoup d'habitation et surtout de parisiens, lui devaient la vie. Alors, après la guerre, on lui avait fait cadeau d'un bout de terrain parmi les mieux situés de la ville mais dont le dernier propriétaire était décédé dans l'effondrement de son immeuble.
L'emplacement était minuscule en comparaison de ceux des manoirs ou des complexes de condos haute-gamme qui l'entouraient. Mais l'ancêtre de Marinette avait lui-même construit l'édifice où son petit-fils, Tom Dupain, le père de Marinette, avait installé sa boulangerie une vingtaine d'année plus tôt.
De plus, celui-ci s'étant taillé une place jusqu'au titre de boulanger-pâtissier le plus apprécié de Paris, Marinette était facilement acceptée parmi les autres élèves de l'école publique du quartier qui venaient de familles plus aisées tout autant que parmi les enfants de leurs domestiques qui avaient une vie quotidienne semblable à la sienne. Tous trois appartenaient à la très réduite classe moyenne de ce quartier.
Mais, les parents, bien que n'ayant que peu de soucis financier grâce à l'énorme succès de leur commerce ne pouvaient se permettre de grandes largesses comme c'était le cas pour beaucoup de familles de professionnels habitant les appartements cossus à proximité.
Et donc, Marinette, qui aurait pu se permettre de profiter de sa jeunesse insouciante comme bon nombre de gosses de riches de ses amis qui savaient leur avenir assuré, acceptait tous les petits bouleaux qu'il était acceptable pour la bonne société de lui offrir. Ceci principalement parce qu'elle voulait faire des études avancées dans le domaine de la mode et qu'elle se doutait que de démarrer sa propre ligne de vêtements ne serait pas donné même si elle vivait à Paris.
Elle travaillait pour réaliser son rêve et chacun croyait en elle et l'encourageait à sa façon.
Presque une heure plus tard, un tablier blanc sur sa sage et modeste robe rose, elle déambulait dans le grand hall de marbre blanc et noir, un plateau d'apéritifs à la main lorsqu'elle arriva face à face avec Chloé.
Chloé était pratiquement la reine non-officielle de ce cercle de convives puisque son père était le Maire de la ville et elle détestait royalement passer ses journées de cours dans la même classe que Marinette au lycée du quartier. Donc, elle détestait Marinette pour cela. Et Marinette détestait Chloé pour tout ce que Chloé lui avait fait à cause de cette haine.
Mais bienséance oblige, elles se saluèrent et échangèrent des banalités. Bien sûr, celles de Chloé avaient un double sens fait pour l'humilier. Marinette offrit ensuite des politesses à Sabrina qui accompagnait Chloé puis cette dernière brisa le silence gênant en s'enfuyant vers le haut des marches pour présenter les Agreste à l'assistance. Chloé détestait vraiment avoir à saluer une domestique.
Marinette en profita pour se glisser jusqu'à Alya, sa meilleure amie qui prenait des photos de tout le monde.
La rouquine incendiaire adorait rapporter les derniers potins les plus humiliants dans sa page web anonyme. Mais les dames aimaient également voir de jolies photos d'elles-mêmes prises lors de ces réceptions et publiées dans la section mondaine de l'hebdomadaire du quartier. Alya avait donc une invitation permanente pour pratiquement tous les événements mondains et ne se privait pas d'assister à un maximum d'entre eux.
« T'as vu ma malchance? » lui glissa Marinette du bout des lèvres en déposant son plateau pour la durée du discourt de Chloé.
« Ah oui! C'était hilarant! » s'exclama Alya un peu trop fort. « Mes hommages Mme Dorose. » salua-t-elle ensuite une dame qui s'était retournée vers elle en entendant son éclat de voix.
« …J'ai donc l'honneur d'accueillir Monsieur Gabriel Agreste et mon ami personnel, son fils, Adrien, parmi notre très-, notre sélect groupe de gens de bonne réputation. Bon retour parmi nous! » présenta Chloé du haut des escaliers alors, que la foule saluait d'applaudissements l'arrivée des personnalités en question.
Marinette reporta son regard vers le haut des escaliers et tomba des nues. Mon seulement elle voyait en chair et os pour la première fois, son idole, le grand Gabriel mais, près de cet homme de haute stature dans la quarantaine, s'avançait un jeune homme d'environ son âge.
La chevelure d'une magnifique teinte de blond et vêtu d'un habit blanc mettant en valeur sa silhouette alléchante, le garçon, Adrien, avait de quoi faire tourner les têtes, c'est sûr! Même sa cravate verte menthe le mettait en valeur. Seulement en le regardant depuis l'autre côté du hall, Marinette sentait déjà des fourmis dans les doigts et avait envie de draper les plus douces étoffes sur cette silhouette à couper le souffle.
« T'as entendu ce bruit? On dirait que toutes ces dames présentes et bien mises viennent de mouiller leurs culottes. » glissa Alya dans l'oreille de Marinette. « J'en connais un qui recevra une douche d'invitation pour la prochaine semaine. »
Ça, ce garçon savait se mettre en valeur! Marinette aussi le trouvait agréable à regarder. Mais, s'il était ami avec Chloé, autant continuer à regarder de loin. Il était probablement semblable à une plante carnivore : magnifique à regarder mais mortel à approcher.
« C'est Nathaniel qui va être content d'en recevoir un peu moins. Par contre, Kim va être vert de jalousie. » commenta Marinette.
« Surtout quand on voit comment Chloé s'agrippe à Adrien. J'ai l'impression que Kim peut mettre une croix sur tous ses espoirs de la séduire et de la garder pour lui. » approuva Alya.
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Malgré que ce soit encore que le début du printemps, la belle météo était au rendez-vous et la réception se poursuivie en extérieur. Les plateaux étagés de desserts étaient disposés au centre de tables couvertes de nappes blanches et autour desquelles les convives prenaient place sur des bancs d'osier blanc.
Ivan était assis avec Mylène, Alix, Rose et Juleka autour d'une table avec du thé devant elles tandis que Marinette se tenait debout derrière le banc avec Alya et attendait que l'une des dames assises aux autres tables demande plus de thé. Mais la collation tirait à sa fin et Marinette était un peu tranquille.
Adrien, que Chloé promenait de table en table, était le sujet de toutes les conversations. Jusqu'à ce que Monsieur Agreste senior, se promenant également mais avec son assistante personnelle, s'assoit à une table pour discuter avec ces dames.
Elles orientaient alors prudemment le sujet vers la ligne de vêtements du père ou la nouvelle saison de la mode qui arrivait ou encore s'informaient poliment de leur emménagement au manoir Agreste qui était resté inhabité depuis leur départ sept ans plus tôt.
« Et finalement, voici nos camarades de classe, Adrien. » présenta Chloé « Voici Mylène Haprel et son copain Ivan Bruel. Ivan est le fils de Lord et Lady Bruel, le père de Mylène est dans le spectacle. »
« Il est la vedette de son propre show. » tenue à préciser Mylène avec un sourire qui disait assez combien elle était fière de son père.
« Dans ce cas, il faudra que je prenne le temps d'aller le voir. » bavarda Adrien pour répondre à Mylène. Avant de donner un coup de tête pour saluer sobrement Ivan.
« Le père d'Alix est le conservateur en chef du Louvre. » poursuivie la blonde puisque c'était son devoir.
« Mais comme ce n'est pas lui qui est invité à cette sauterie, tu pourrais mentionner mes exploits sportifs plutôt que le poste de prestige de mon père. » la contra la jeune fille aux cheveux roses et explosifs.
« Et qui sont? » Adrien invitait Alix à lui parler elle-même de ses exploits, montrant ainsi son intérêt.
« Je suis deuxième pour la vitesse en roller au niveau inter-France. » répondit simplement Alix.
« Impressionnant. Tu fais aussi de l'obstacle et des figures ou juste de la compétition de vitesse? » demanda-t-il encore.
« Les deux, mais je fais pas de compétition en figure. » précisa Alix.
« Et voici Rose et Juleka. » coupa Chloé qui ne voulait pas voir s'éterniser la conversation.
« Enchanté » salua Adrien
« Tu nous rejoins en cours lundi, c'est bien ça? » demanda Rose « Ça dois te faire étrange d'aller pour la première fois dans une école public en commençant par la fin de la première?»
«C'est évident que ce n'est pas habituel, je n'ai jamais suivit d'horaire de cours à heures fixes quotidiennes.» plaisanta Adrien.
«Par contre, je suis certaine que tu t'intégreras rapidement dans notre classe. Nous sommes un groupe vraiment chouette! » l'encouragea Rose en retour.
« Et si on allait s'asseoir pour discuter, juste toi et moi? » proposa vivement Chloé sans aucune subtilité en appuyant ses paumes sur la poitrine d'Adrien et avec autant d'urgence que si elle avait longtemps attendu que la pénible tâche des présentations soient terminée.
Adrien pencha le regard vers ses yeux pleins d'étoiles et se dit qu'il n'aurait pas d'autre choix que de la suivre. Heureusement, il avait des années d'expérience pour garder à distance les filles opportunistes dans son genre. Il avait également l'avantage de connaitre Chloé depuis leur plus tendre enfance. Il n'avait aucun souci pour son intégrité physique près d'elle, même si elle avait cette toute nouvelle attitude de prédatrice envers lui.
« Hum, hum » s'interposa Alya. Elle et Marinette étaient peut-être de service mais étant également leurs camarades de classe, il était impoli pour Chloé de ne pas les présenter.
« Ah oui, » fit mine de se rappeler tout à coup Chloé « Alya est la fille de Marlèna Césaire, la chef étoilée de l'hôtel de mon père et Marinette est la copine de Nathaniel. Elles sont également dans notre classe pour notre plus grand déplaisir. »
Personne ne fit mention de la double insulte. Celle plus déguisée où elle n'avait mentionné ni le travail de journaliste d'Alya ni les faits concernant Marinette soit, que celle-ci avait elle aussi sa propre ligne de vêtements et que son père était connu comme étant le meilleur boulanger-pâtissier de Paris, et l'autre commentaire pas du tout subtile.
« Enchantée, Adrien » salua tout de même gentiment Alya magnanime. Elle avait d'or et déjà classé et rejeté ce mec de sur sa liste d'intérêt masculin mais se faisait un devoir de cultiver le plus de relations possible.
« Oui, c'est… bonsoir… bonjour. » salua timidement Marinette selon ses habitudes mais, avec un bafouillage tout nouveau.
« Je crois que Rose à raison et que j'apprécierai votre classe. » lui répondit Adrien d'une voix basse et le regard brillant et charmeur. « Peu importe le niveau académique, la compagnie me semble très agréable! Heu, enfin, je voulais dire… » tenta-t-il de se reprendre maladroitement en réalisant tout à coup ce qu'il avait laissé sous-entendre à propos de Marinette. Ce n'était pas du tout ce qu'il voulait dire, l'une des dames d'une autre table venait de lui vanter la bonne réputation du niveau du lycée.
Mais Marinette le coupa dans ses excuses, ne le laissant pas se rattraper pour son commentaire qui aurait pu répondre à Rose mais qui pouvait aussi être perçu comme un peu scabreux jumelé au regard qu'il avait posé intensément sur Marinette de façon presque langoureuse. « Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai des plateaux à laver en cuisine. Vous m'excuserez, mais j'ai subitement perdu tout intérêt pour les mondanités. »
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La semaine fut relativement calme au niveau scolaire, mais Adrien fit sensation dans la classe et en dehors. Ses premières publicités ayant été affichées partout dans Paris, il devint une idole instantanément.
Il reçu effectivement bon nombre d'invitations. La plupart venant des mères de jeunes filles dont le nouveau passe-temps était maintenant de passer leurs journées à se recoiffer, à se maquiller et à parader ensuite devant Adrien.
Celui-ci les regardait à peine, en fait. Il était sans contredit poli et généreux envers les fans qui allaient à sa rencontre, affichant un perpétuel sourire calme et la plus étudiée des étiquettes. Il s'intéressait à tous ceux qu'il rencontrait cherchant à apprendre à les connaitre et avait effectivement réservé une loge VIP pour l'une des représentations du père de Mylène. Mais il n'allait que rarement de lui-même vers les autres, il n'en avait pas besoin. Et au grand déplaisir des filles de l'école, il ne semblait pas rechercher de rendez-vous galants non plus.
Marinette étant occupée en permanence durant les heures de lycée, Adrien n'avait pas pu trouver l'occasion de s'excuser auprès d'elle pour son insinuation déplacée.
Lorsqu'ils n'étaient pas en cours, elle faisait des devoirs dans la précipitation, entourée de sa bande d'amies. Elle arrivait également toujours à la dernière seconde pour les cours et repartait à toute vitesse le midi et à la fin de la journée.
Adrien était vraiment honteux de son commentaire. Normalement, il ne faisait jamais de fautes sociales et savait charmer autant le genre féminin que le masculin, peu importe l'âge. Et la première impression qu'il laissait ici était d'autant plus importante qu'il allait y rester, pour une fois.
Par contre, il ne réussissait pas à parler à Marinette pour rentrer en bon terme avec elle. Bien sûr, lui-même était souvent entouré mais, il en était venu à se demander si elle ne l'évitait pas tellement il n'arrivait jamais à la rejoindre là où il pensait qu'elle serait. Cette fille ne restait jamais en place!
Mais le jeune homme s'était également fait un ami. Partageant un bureau de travail, Nino Lahiffe et lui-même avaient rapidement sympathisé.
Le garçon lui avait expliqué que leur classe comportait un intéressant amalgame de classes supérieures mais qu'au moins un des parents de chaque famille travaillait. Cela leur avait valu le statu d'une classe à part. Surtout que d'année en année, le groupe restait le même.
« C'est à cause du quartier. Normalement, il faut être soit riche soit habiter chez les riches pour y vivre. C'est un complet hasard (du moins officiellement) que chacun d'entre nous aient des parents ayant bâti eux-mêmes leur fortune. Les élèves des autres classes sont plus mélangés entre les rejetons de familles riches et les enfants de leurs employés et il y a aussi des enfants stars et des enfants de vedettes. Il y a au moins seize élèves du lycée qui ont soit un trophée rapporté de Canne ou un Victoire de la musique sur la cheminée de la maison. »
« Moi, c'est un Pulitzer que j'aurai. » intervint Alya qui les écoutait depuis le banc derrière eux.
«J'ai vu que tu t'étais occupé de la chronique mondaine du quartier, la semaine dernière» fit aimablement Adrien. «C'est occasionnel ou tu en es la reporter attitrée?»
«Oh non, c'est ma propre chronique à moi! Mais si tu veux vraiment te tenir informé sur les bons coups ou les moins bons de nos chers concitoyens, je te suggère de te rendre plutôt sur mon blogue.»
«J'irai aussi alors. Mais comme mon père me demande de me tenir informer des hauts faits de nos illustres relations, tu garderas mon lectorat pour ta chronique mondaine également.»
«Ce n'est pas comme si les réunions du club littéraire des dames huppés soulevaient d'énormes scandales. La plupart des exploits dignes de mentions sur les vieux tiennent en une ligne ou sont de l'histoire ancienne.» commenta Nino.
« Et toi Nino, quels exploits ont fait tes parents? À part toi, je veux dire… » questionna le grand blond qui même pour un jour d'école ordinaire portait une chemise et un pantalon droit coupés sur mesure qui lui allaient parfaitement et qui attiraient actuellement les regards de Chloé.
« Haha! Très drôle. Mon père est chauffeur pour le président de l'Académie française et ma mère à été championne du monde en tennis. » lui apprit Nino sans émotion particulière.
Il n'était ni particulièrement fière, ni particulièrement honteux de ses parents. Ils n'étaient ni extrêmement riches ni vraiment pauvres. Ils vivaient dans un vaste condo et les revenus de ses parents suffiraient à leur offrir à lui et à son petit frère les études universitaires qu'ils voudraient.
Sa mère lui avait promit la voiture de son choix pour ses dix-huit ans si elle décrochait un nouveau contrat de publicité. Adrien paraissait si connaitre en jolies voitures, il aurait peut-être des conseils à lui donner.
«Hé?» lança-t-il le sujet. «C'était comment la vie quotidienne et jet-set d'un mannequin vedette célèbre? Champagne et jolies bagnoles à volonté avec les jolies mannequins en accompagnatrices?»
«Y'a un peu de ça, je dois l'avouer. Et oui, c'était bel et bien un défilé palpitant d'événements haut en couleur mais, les lunettes de soleil servaient beaucoup plus pour me protéger des flashs des appareils-photos que pour cacher des soirées d'excès. Mon père voue un culte à l'image publique et ma mère était très présente dans ma vie. Alors pas de soirées beuverie et pas de gymnastique épique entre les draps, désolé de te décevoir. Ma vie n'a pas été ce que tu en imagine. L'an dernier, j'ai porté plus d'habit de soirée que je ne pourrais en compter mais j'ai besoin des doigts d'une seule main pour compter mes jours de vacances.»
«T'as déjà conduit des voitures de luxe?» demanda plus précisément le mulâtre.
«Oh oui, j'ai assisté à de superbes dévoilements durant les week-ends de formule 1 où je suis allé! Et mon père adore que je sois photographié au volant de l'une d'elles.»
«Génial! Ma mère va m'offrir une voiture pour mes dix-huit ans. Tu me conseilles quoi?»
«Une Prius hybride. Si tu continues d'habiter en ville ce sera un choix économique et si ta mère te fait un tel cadeau, autant qu'il te serve le plus longtemps possible.»
«Tu as vraiment besoin de sortir faire la fête, toi!» se découragea Nino. Il y avait vraiment du travail à faire avec ce type trop coincé!
Pendant qu'Alya rigola de la déconvenue de Nino, Marinette arriva aussi essoufflée que toujours refermant la porte sur le bruit de la sonnerie avec sa livraison de café habituelle. Adrien se demanda pourquoi c'était à elle de s'occuper des cafés de toutes ses amies si cela la mettait systématiquement en retard.
Elle fut néanmoins accueillie comme une sauveuse par une bande de filles reconnaissante et complètement accros à la caféine.
« Et bien, maintenant que Marinette est arrivée, commençons la leçon du jour. » fit la professeure de mathématique.
Elle avait moins de complaisance pour les retards de Marinette que l'autre professeure, Mlle Bustier, ne pouvait en avoir. Adrien se dit que cela devait être en lien avec le fait que leur professeure principale arrivait généralement avec un café elle aussi contrairement à celle de mathématique qui ne profitait pas de la dose de caféine pour se calmer.
« Hé » glissa encore Nino à son collègue. « Tu devrais parler à Marinette. Surtout si tu veux te faire de vrais amis plutôt que d'être coincé avec des fans. C'est une fille bien et si vous restez en froid, tu y perdras. Elle ne t'évite vraiment pas, elle est simplement très occupée. »
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Malheureusement, ce vendredi-là non plus, Adrien n'eut pas le temps de l'approcher. Trois séances photo étaient déjà à l'agenda de la fin de semaine dont une immédiatement après les cours du vendredi, mais la chance fut de son côté le samedi soir.
Une grande actrice qui avait connue ses heures de gloires dans les années quatre-vingt-dix avant d'épouser un milliardaire donnait une grande fête et Adrien devait si présenter en remplacement de son père qui n'avait pas l'intention de sortir de chez lui avant longtemps semblait-il.
Étourdi par l'ambiance trop guindée et n'ayant, pour une fois, aucune raison de se trouver dans la salle même, Adrien sorti sur le perron donnant sur le petit jardin de la résidence après s'être débarrassé de Chloé dans les bras de Kim, un autre de leur camarade de classe. Il lui en devait certainement une pour son aide.
Mais une personne était déjà sur le balcon avant qu'il n'y arrive pour y respirer un peu d'air frais. Il la vit en se retournant pour regarder vers la salle : Marinette.
Elle était de service, il le voyait à son uniforme de serveuse sobre composé d'une jupe droite noire et d'une blouse blanche sous une veste foncée sans manche.
Elle voulu s'esquiver discrètement, mais il la retint.
« Excuse-moi, Marinette. Tu aurais un moment? » demanda-t-il avant qu'elle ne réussisse à disparaître.
«Tu as besoin de quelque chose? Sinon, je ne devrais pas te parler, je fais partie du personnel ce soir. » fit-elle en se rapprochant de lui.
« Pourtant, j'ai vu Nathaniel dans la salle. J'imagine qu'il n'y a rien de mal à ce que lui te parles.
Et si ton copain peut te parler pourquoi pas également l'un de tes camarades de classe? Tu as bien le droit de te détendre aussi parfois. C'est une soirée après tout.»
« Oui, mais Nathaniel, c'est un artiste alors, les gens le laisse faire ce qu'il veut y comprit sortir avec moi. Ce n'est pas la même chose pour toi, moi ou les autres. Et puis, je ne suis pas toujours avec les domestiques. Souvent, je fais la fête aussi, je ne suis pas à plaindre. Ça dépend simplement qui invite ou de quel type d'événement il s'agit. Ce soir, c'est strictement formel. » Sa voix était toujours hachée, sur la défensive. Elle ne regardait pas dans sa direction.
« Marinette, je voulais m'excuser de ce que j'ai dit l'autre jour. Depuis des années, mon père m'oblige à être parfait en toutes circonstances, à contrôler mes émotions et à être posé et calme en tout temps. Mais, en réalité, à l'intérieur, je suis quelqu'un d'émotif et j'ai beaucoup de tempérament et souvent je ne sais plus comment me comporter. J'ai le réflexe d'utiliser l'humour ou le charme pour me couvrir parce que, normalement, ça fonctionne mieux que ce que j'ai réussi à te sortir devant les autres. Et enfin, l'autre jour, c'est juste que, j'ai perdu mes moyens, voilà. »
Les yeux verts d'Adrien brillaient de sincérité comme Marinette l'avait rarement vu dans ce monde de faux-semblant. Contrairement à tous les membres de l'élite qu'elle croisait au quotidien, Adrien parlait avec son cœur.
Mais il y avait autre chose, derrière la demande d'Adrien pour qu'elle le pardonne, il y avait aussi cette supplique, cette solitude, cette demande d'aide. Comme s'il la suppliait de comprendre toute l'étendue du merveilleux qu'était sa vie. "J'existe, regarde-moi!" semblait-il vouloir lui crier inconsciemment.
« Que- c'est d'accord, je ne t'en veux pas, vraiment. » le rassura Marinette. Elle avait une drôle de sensation, comme si elle rencontrait son destin ou qu'elle rentrait à la maison.
Tout à coup, Adrien eut un sursaut.
« Aïe » cria-t-il. « Je crois que j'ai un insecte dans ma chemise. » Il plaqua sa main contre son dos pour essayer de tué l'intrus.
Marinette s'approcha rapidement de lui et retroussa la chemise jusqu'au milieu du dos. Une guêpe pas très en forme tomba alors au sol. La jeune fille entraperçue une grande cicatrice en forme de 'x' près des reins mais déjà le garçon tirait sur le vêtement et elle ne tarda pas à le replacer méticuleusement pour lui, en effaçant les plis autant que possible.
Mais alors qu'elle avait encore les mains sur ses hanches, une dame âgée en robe de soirée poussa une exclamation du côté de la porte de la terrasse. Elle et son amie repartirent bien vite, effarouchées par ce qu'elles pensaient de leur comportement.
« Est-ce que ce sont des commères? » demanda Adrien « Si c'est le cas, tout le monde va penser que nous avons eu des rapprochements déplacés. » demanda-t-il en regardant la porte, à moitié blagueur.
« Oh oui, ce serait affreux! » s'exclama Marinette embarrassée et riant nerveusement, une main dans son cou et ne sachant plus où se mettre.
« Would that be that bad? » souffla Adrien les lèvres maintenant près des siennes. FR : [Est-ce que ce serait si terrible?]
« Quoi? » s'exclama Marinette surprise. Ce n'était pas tant ce qu'il avait dit mais aussi le ton chargé de langueur qui l'accompagnait. Il était jumelé à une telle vulnérabilité, presque une supplique.
« Oh, désolé. » s'excusa-t-il en réalisant qu'il venait de parler en anglais. « Je voulais dire : J'espère qu'elles ne diront rien de trop déplacé. Je ne voudrais pas que tu ais des ennuies avec ton copain à cause de moi. »
Mais Marinette avait parfaitement comprit ce qu'il avait dit. « Je crois que ce n'est pas trop cave. Elles n'ont surement vu que ma pause et pas qui je cuis. Je vais y aller, mon uniforme est déjà terminé depuis trop court. À lundi. » bafouilla Marinette avant de s'enfuir.
Elle ne vit que le regard brillant d'Adrien qui s'était imprimé sur sa rétine et son ton blagueur résonnant à ses oreilles durant tout le week-end, parfaitement incapable de se concentrer sur quoi que ce soit d'autre.
Et voilà le premier chapitre! L'action commence dès le prochain.
J'ai voulu donner à cette histoire une saveur plus mature dans les événements. La raison en est, c'est que dans miraculous, les gens font d'emblée une confiance aveugle à Ladybug. Mais dans les faits, les gens ne savent pas pourquoi les héros ne remettent pas simplement les bijoux au Papillon pour épargner Paris. Dans la série, on voit aussi très rarement les conséquences indirectes des attaques, comme si la vie s'arrêtait le temps des combats. Mais, le miraculous ladybug ne répare pas les dégâts faits par les contrôlés ou ceux qui arrivent durant une alerte. Par exemple, et si les pompiers ne pouvait pas se rendre sur le lieux d'un incendie parce qu'ils étaient changés en poulets? Logiquement les gens seraient en colère et moins compréhensifs.
Et j'ai donc écrit cette histoire en ayant en tête l'univers des x-men où les gens craignent ceux qui les défendent. J'utilise aussi les personnages de Rogue et Gambit des x-men pour pimenter les pouvoirs de la coccinelle et du ChatNoir. Le fait que tout contact soit rigoureusement interdit entre les héros à cause des pouvoirs sert à exacerbé la tension et il y a aussi tous les supers jeux de bâton de Gambit que je peux imaginer ChatNoir en train de copier.
Mon autre inspiration pour cette histoire, surtout pour le personnage d'Adrien est la chanson 'If I had you' d'Adam Lambert. Il y a de très bon fan art de miraculous sur youtube avec cette chanson.
