Un avant-midi du début d'avril connaissant une température douce, Paris était plutôt animé. Les trottoirs et les terrasses étaient bondés avant même que l'heure du déjeuner ne commence véritablement. Les hauts gratte-ciels bruissaient d'activité comme des ruches remplies d'abeilles travaillantes. Les attraits touristiques comme la Tour Eiffel comptaient déjà leurs lots impossibles de touristes attirés par le changement de saison.
C'est alors que le bruit d'une explosion retentis dans une bouche de métro d'un quartier cossu en plein cœur de la ville, brisant tout à coup le rythme régulier de cette journée jusque là très normale.
Les étudiants d'un lycée tout près en ressentirent l'onde de choc sous leurs pieds, l'explosion ayant été assez puissante pour cela.
Sous le bruit des alarmes des voitures et des bâtiments qui s'étaient déclenchées à cause du choc, les professeurs firent évacuer les élèves en rangs serrés vers la cour intérieure.
Puis, les pompiers vinrent sécuriser les lieux et permirent aux élèves de quitter. Il y avait eu plus de peur que de mal. Par contre, la véritable cause de l'explosion et l'étendue des dégâts restaient inconnues.
Marinette, une des élèves évacués, se hâta de contourner la zone circonscrite afin de rejoindre ses parents dans leur boulangerie artisanale de l'autre côté de la rue.
Essayant de sortir de ses pensées l'idée qu'il y avait probablement des morts et assurément des blessés dans l'explosion, elle s'empressa de rejoindre ses parents pour savoir comment ils allaient. Elle ne cessait de voir en boucle une vision cauchemardesque où sa petite maman chérie aurait pu rester coincée sous un étalage de pain baguette tombé sur elle.
Elle se tenait au coin de la rue dans la foule nerveuse à cause de l'excitation des événements et attendait avec les autres personnes pour traverser lorsqu'elle réalisa que la voiture qui arrivait avait allumées ses feux de détresse et qu'elle ne ralentirait pas. Peu importe puisque celle-ci avait la priorité de passage. Mais un vieil homme en face d'elle, penché sur une canne avait tout de même décidé de passer malgré la signalisation.
Marinette se précipita et le renversa au sol malgré le danger et souhaitant de tout son cœur qu'il ne se blesse pas pour ensuite lui faire un procès.
Mais le vieil homme fut reconnaissant de son geste et admit qu'il avait vraiment été imprudent. Il s'inquiéta alors de savoir si elle avait été blessée. Marinette lui pardonna rapidement et le rassura sur le sujet, mais du coin de l'œil, elle vit la massive silhouette de son père par les fenêtres de la boulangerie dont les stores étaient relevés mais dont l'éclairage était éteint.
« Je dois y aller! » s'exclama-t-elle en se relevant en vitesse. Elle fonça par la porte qu'elle avait déverrouillée en hâte et questionna avec panique : « Y'a des dégâts? » Les étalages en hauteur comme ceux en largeur semblaient avoir tenu bon et les machines à café aux looks futuristes reposaient toujours sur le comptoir derrière la caisse, bien à leurs places.
« La bonbonne de gaz est intact. » la rassura son père qui était seul dans la pièce. « C'est la première chose que les pompiers ont vérifié lorsqu'ils sont venus s'assurer que la boutique était sécuritaire. Mais on ne peut pas se servir du four à pain avant qu'un expert ne soit venu l'inspecter pour savoir s'il est fissuré. En plus, les policiers nous obligent à garder la boutique fermée jusqu'à nouvel ordre. On va perdre plein d'inventaire aujourd'hui à cause de la coupure de courant. » soupira-t-il.
Déjà, il était occupé à passer la serpillière, un étalage de cup-cake semblait s'être renversé.
« Ta mère est en train de vérifier les stocks d'ingrédients pour voir s'il y a des choses qui sont tombés des tablettes ou s'il faut refaire une commande. Tu veux bien aller à l'étage pour t'occuper de l'appartement? Et n'oublie pas de vérifier s'il y a des bols qui se sont renversé dans le frigo.»
L'appartement qu'elle occupait avec ses parents n'était vraiment pas spacieux mais confortable et chaleureux. Sur l'avant, au-dessus de la boulangerie, un divan et un grand écran meublait la partie salle de séjour de l'air ouverte qui était séparée de la cuisine par le comptoir où ils prenaient leur repas.
La cuisine elle-même était minuscule et typiquement parisienne. Sa mère se rendait chez les marchands du coin à tous les jours et ils consommaient beaucoup des invendus de la boulangerie.
Le ménage de cet endroit lui prit un peu de temps, il y avait des fleurs qui étaient tombé de leur rebord de fenêtre et le pot de lait s'était renversé dans le réfrigérateur.
Elle décida aussitôt qu'ils prépareraient des sandwichs pour le repas, autant passer les invendus de la boulangerie, puis monta à sa chambre qui se trouvait au-dessus. Ses parents ayant établit leur chambre dans la pièce derrière la cuisine, Marinette avait le grand espace du grenier aménagé tout à sa disposition. Ce qui lui offrait un espace considérable seulement pour elle et elle en avait fait son royaume. L'endroit où elle pouvait laisser tomber le masque et être elle-même.
L'endroit était plutôt en désordre, plusieurs objets n'avaient pas résisté à la secousse de l'onde de choc et s'étaient retrouvé au sol. Marinette était une créative, une artiste. Certes, elle avait un talent certain pour le ménage et le rangement mais elle accumulait aussi tout ce qu'elle pouvait garder pour une utilisation ultérieure dans ses créations.
En général, elle était fière de toucher à plusieurs disciplines et d'être une artiste accomplie mais en voyant la pagaille qui l'attendait dans cette pièce, elle se rappela une fois de plus qu'elle devait compléter les projets en cour au plus vite avant d'avoir envie d'en commencer d'autres.
Seulement, un détail l'arrêta dans sa lancée vers sa frénésie de rangement. Mis bien en évidence au milieu de sa table de travail, se trouvait un coffret de bois sombre et ouvragé d'un motif asiatique et rouge sur le couvercle. Elle n'avait jamais vu cet objet avant et se demandait comment il avait pu finir isolé au centre de ce chaos. Personne ne venait dans sa chambre normalement.
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Pendant ce temps, un autre des élèves du lycée rentra chez lui. Le chauffeur d'Adrien Agreste avait tenue la porte ouverte à son riche et jeune patron pour qu'il grimpe sur le siège arrière dès que les pompiers avaient autorisé l'évacuation de l'école.
Adrien s'y dirigeait lentement voulant s'assurer que Nino serait en sécurité en rentrant à pied chez lui.
Il aperçut alors un vieil homme tombé au sol et essayant d'atteindre sa canne. Les passants près de lui ignoraient sa détresse. Décidément, Paris ne méritait pas la palme de la ville de la gentillesse, pensa-t-il. Ou bien, était-ce seulement ce quartier de snobs?
Adrien se précipita pour l'aider malgré les menaces de l'assistante de son père de rapporter à celui-ci qu'il prenait sa propre sécurité à la légère.
Adrien leva discrètement les yeux au ciel et tendit sa canne à l'homme à qui il offrit ensuite le soutien de son bras pour se redresser.
« Allez-vous bien monsieur? Avez-vous besoin que j'appelle un médecin ou quelqu'un pour vous aider? » demanda-t-il avec sollicitude. Il détestait voir une personne souffrir sans pouvoir aider. Malheureusement, avec un père tel que le sien qui voulait systématiquement le couper du reste du monde et sans sa mère pour lui offrir une certaine forme de liberté, son sentiment d'impuissance allait en s'agrandissant de jour en jour depuis qu'il l'avait perdue.
« Non, je vous remercie jeune homme. C'est simplement mes vieilles jambes qui ne me portent plus aussi bien qu'avant. Mais je vous rassure, je n'ai pas fait de malaise. » lui répondit le vieil homme habillé d'une chemise hawaïenne.
« Vous devriez vous réfugier ailleurs, monsieur, il y a eu une explosion et cet endroit n'est pas sûr. » conseilla Adrien.
« Je vous remercie de votre inquiétude, mon garçon. Mais, ne vous en faite pas pour moi. J'en ai vu vraiment beaucoup en ce monde. » le rassura-t-il encore.
Adrien se détourna de lui en souhaitant être comme cet homme lorsqu'il aurait atteint son âge. Avec derrière lui une vie qui valait la peine qu'on la vive. Peut-être avait-il abandonné l'idée d'aider les autres trop vite? Il y avait surement plus d'un moyen de se rendre utile.
Il vit alors les yeux courroucés de Nathalie qui ne l'avait pas lâcher et elle lui pointa furieusement le siège arrière de la limousine. Il soupira et s'y installa.
En arrivant au manoir, Adrien s'installa au piano selon le nouveau planning de sa journée que Nathalie lui avait remis puisqu'il n'aurait plus de cours pour cette journée et qu'il n'était en aucun cas question, selon son père, qu'il perde de productives heures en faisant ce qu'il voulait plutôt que d'en tirer le maximum de profit.
Il pensa à toute cette histoire de chauffeur et de garde rapprochée.
Il avait déjà eu l'occasion de marcher sur les flancs d'un volcan actif à quelques reprises dans sa vie et aujourd'hui, il se retrouvait avec une interdiction de traverser par lui-même une rue parisienne dans un quartier de luxe.
Il avait effectivement prit la décision de changer de vie et d'accepter les projets que son père avait pour sa carrière et son image mais cela voulait-il dire pour autant qu'il devait être considéré comme un incapable et oublier ce qu'il avait été aussi totalement?
Il savait bien que les ordres de son père venaient de sa peur de le perdre comme il avait perdue sa femme mais, à quoi bon rester en vie, s'il ne pouvait vivre véritablement? Et comment son père pouvait-il prétendre être si attaché à son fils, s'il ne souhaitait jamais le voir ou l'entendre?
Adrien était vraiment comme sa mère : dévoué, spontané et vivant et il se demandait souvent pourquoi elle avait épousé cet homme qui lui ressemblait si peu. Gabriel Agreste était acharné et ne jurait que par le travail ardu et la renommée. Le père et le fils devenaient lentement des étrangers l'un pour l'autre.
Ce n'était pas le légendaire combat du feu et de l'eau. C'était celui de l'eau : calme en surface et gigantesque en dessous contre le vent qui voulait être libre et monter toujours plus haut en bourrasque désordonnées.
Adrien soupira en parcourant des yeux la toute nouvelle chambre que les décorateurs avaient récemment terminée pour lui. Elle était immense, plus colorée que le reste de la maison, (c'était un soulagement), et contenait tout ce que l'argent pouvait offrir à un jeune homme.
Son père voulait s'assurer qu'il n'ait aucune raison d'en sortir. C'était un univers aseptisé de loisirs creux. Tant du côté des installations de sports et d'exercice que du côté des gadgets électroniques dernier cri. Tout était neuf et rien n'avait de personnalité.
Bien sûr, Adrien aimait bien les jeux vidéo, tout autant que se dépenser sur une machine de poids et altères mais quel était l'intérêt de posséder son propre baby-foot sans personne avec qui y jouer?
Adrien cherchait toujours comment établir un vrai lien solide avec les gens qu'il rencontrait au collège mais, il avait l'impression que de ne pas avoir eu de jeunes amis dans son enfance ne l'avait pas suffisamment préparé à avoir une vie sociale épanouie à la fin de son adolescence.
Il pouvait évidemment séduire en quelques lignes et s'arranger pour que les autres personnes voient en lui tout ce qu'il voulait leur faire croire mais, rien de tout cela ne l'aidait à établir les liens profonds et réels qu'il avait désiré trouver en changeant de vie.
Bien sûr, il avait Chloé. Il l'avait toujours connu d'aussi loin qu'il se souvienne. Son père possédait l'hôtel en face du manoir et étant enfants, tous deux avaient passé de longues heures à jouer ensemble puisque Chloé était la fille d'une relation de travail de son père et d'un ami d'enfance de sa mère.
Mais Chloé ne voyait les autres personnes qu'au travers de ce qu'ils pouvaient ou non lui offrir et il en allait de même avec Adrien. Elle voyait en lui le fils millionnaire de Gabriel Agreste qui avait parcourut le monde et expérimenté l'intimité avec des quantités de filles. Une prise de choix pour elle. Un étalon au lit et en dehors.
Hormis le père d'Adrien, elle était peut-être la seule personne à en savoir un peu sur lui. Mais elle ne savait pas tout, loin de là. Et finalement, elle non plus ne savait même pas qui il était.
Au moins, l'avait-elle accueilli à bras ouvert lorsqu'il était revenu vers elle sans vraiment avoir gardé de contacts très régulier durant toutes ses années où il avait parcourue la planète en long et en large.
Lorsque l'alarme de son téléphone résonna, Adrien se rendit dans la salle à dîner. Il y était le seul convive pour une table de vingt personnes. Le majordome lui servit un repas basse-calorie qui le fit soupirer et penser à tout le poids qu'il avait déjà perdu depuis qu'il vivait à Paris. Mannequin ou non, il était en pleine croissance. Il voulait rester mince mais pas devenir squelettique.
Mais ni le majordome, ni les autres domestiques présents aux quatre coins de la résidence ne croisa son regard sur son passage. Adrien n'avait pas tenté d'engager la conversation avec eux. Il savait qu'ils avaient reçu des ordres indiquant le contraire et ne voulait pas qu'ils aient d'ennui par sa faute.
Adrien retourna ensuite à sa chambre pour s'attaquer aux devoirs donnés par les enseignants du lycée. Les devoirs supplémentaires reliés à ses cours par correspondances viendraient ensuite.
Être lui était un travail de tous les instants. Mais surtout parce qu'il ne savait plus ce qu'il voulait être maintenant. Il voulait changer plus le mieux mais la personne en laquelle son père voulait le transformer lui donnait envie de retomber dans ses anciens travers.
C'est à ce moment qu'il vit une boîte en bois noir et ouvragée qui semblait ancienne. Elle reposait sur le clavier de son piano et Adrien était certain qu'elle ne s'y trouvait pas avant son départ de la chambre.
De deux choses, soit il s'agissait d'un accessoire pour sa prochaine réception que Nathalie était venu déposer en son absence, soit son père avait raison d'être paranoïaque et quelqu'un était venu déposer une bombe pour s'en prendre directement à lui.
Adrien aurait presque préféré la seconde option. Mais il savait que c'était son côté accro à l'adrénaline et le calme beaucoup trop normal de cette nouvelle vie qui lui faisait imaginer des scénarios catastrophes.
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Lorsque Marinette et Adrien ouvrirent simultanément les boîtes, des boules de lumières en sortirent pour s'atténuer lentement révélant de petites créatures.
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Celle présente dans la chambre de la jeune fille ressemblait à du feu contenu dans une bulle d'eau. Elle avait un tronc, deux bras, deux jambes, une tête surmontée de flammes dansantes et une toute petite flamme de la grosseur de celle d'une bougie en guise de queue.
« Aaaaah! Un esprit du feu! » s'écria Marinette se rappelant vaguement les légendes chinoises que sa mère avait essayé de lui apprendre. Peut-être aurait-elle mieux fait de la prendre au sérieux et de croire à ces histoires venues de la région natale de son grand-père plutôt que de rejeter la partie ancestrale de la culture de sa mère.
La petite flamme ouvrit des yeux dont les pupilles entièrement marines, presque noirs, contrastaient avec les couleurs chaudes et constamment fluides de son corps. Mais ses yeux paraissaient remplis de tendresse et d'amusement juvénile. Elle ouvrit une bouche souriante pour rassurer la jeune femme.
« Non, Marinette, je ne suis pas un esprit du royaume des morts. Je suis un kwami. Mon nom est Tikki. » l'assura la créature sachant très bien à quel légende chinoise Marinette pensait. « Je suis une créature bien plus ancienne que la terre et je suis magique. »
« Tu vas me brûler? Tu es là pour me faire du mal? » pleurnicha Marinette. Elle n'était pas une peureuse normalement mais elle détestait ne pas avoir le contrôle sur sa vie et tout ce qui était un peu surnaturel l'effrayait, particulièrement les loups-garous.
« Non, Marinette. Je veux être ton amie. Je suis ici pour te confier une mission. »
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Tout le contraire de Tikki, la petite créature apparue dans la chambre d'Adrien était vraiment très noire. À un point où la lumière ne se reflétait même pas sur elle. Elle semblait même absorber les ombres. Sa silhouette était celle d'un minuscule chaton qui flottait dans les airs comme si une main invisible le retenait par le cou.
Il avait évidemment une petite queue de chat et des moustaches mais il captura tout l'attention d'Adrien lorsqu'il ouvrit des yeux d'un vert toxique d'une intensité phosphorescente. Il bailla ensuite en ouvrant démesurément sa bouche et en s'étirant nonchalamment comme un véritable chat.
S'il était beaucoup plus gros, comme de la taille d'un fauve, Adrien n'aurait pas aimé le croiser la nuit mais le réflexe naturel d'Adrien n'était pas vraiment de s'enfuir en courant s'il avait peur.
« Salut. Mon nom est Plagg et j'ai très faim. » lâcha-t-il seulement.
« Mais- comment es-tu arrivé ici? Et qu'est-ce que tu me veux? » fit Adrien sur un ton émerveillé.
« Tu aurais du camembert? » demanda simplement la petite créature de sa voix haut perchée.
Adrien ne s'attendait certainement pas à ça. Du camembert? « Où mon père a-t-il pu trouver quelqu'un comme toi? »
« Ton père ignore que je suis ici et il vaut mieux que ça reste comme ça. » répondit Plagg avec un rictus mauvais.
Une nouvelle détonation se fit entendre plus loin. Adrien en vit la lueur par ses grandes fenêtres.
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Marinette fut soulagée que la secousse de l'onde de choc soit plutôt éloignée cette fois.
« Marinette » reprit fermement Tikki en plissant les grands yeux ronds et sombres qui lui mangeaient le visage. « C'est toi qui as été choisie pour être la nouvelle héroïne de Paris. Tu dois protéger les innocents des dangers créés par les super-vilains. » lui annonça-t-elle avec beaucoup de sérieux dans le ton.
« Tu veux dire que ces explosions ne sont pas des accidents? » répondit l'adolescente avec de grands gestes. « Chouette! Tu verras que l'assurance ne va même pas nous rembourser! » se plaignit-elle avec ironie.
« Marinette, concentre-toi, s'il-te-plaît. » réclama la petite créature. « Des gens sont blessés et toute la ville est en danger. »
« Mais, qu'est-ce que je peux y faire? Je ne suis ni policière, ni pompière. Je suis juste… moi. » répondit-elle en se désignant de haut en bas. Ce qui ne prenait pas beaucoup de temps, Marinette était plutôt un petit gabarit.
« En portant les boucles d'oreilles qui sont dans la boîte, tu auras de grands pouvoirs! D'abord, tu pourras voler mais tu seras aussi beaucoup plus forte et résistante qu'un humain normal. Et il y a un autre pouvoir dont je dois te parler. »
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« Il y a une bague dans la boîte d'où je suis sortie. Avec elle, tu auras de formidables et puissants pouvoirs. L'agilité, la dextérité, la vitesse mais aussi la vision nocturne comme un chat noir et de plus, tu pourras porter malheur en détruisant des choses.» pavoisa Plagg en furetant partout pour trouver quelque chose de comestible.
Adrien n'avait aucune difficulté à croire en ce potentiel de destruction, il avait déjà dû empêcher Plagg de se faire deux fois les griffes sur son divan de cuir blanc et avait finit par lui donner un boîtier de jeu vidéo à se mettre sous la dent.
Par contre, le kwami l'avait délaissé pour aller se balader un peu partout dans la chambre à toute vitesse. Il s'amusait maintenant à entrer et sortir de sa chambre en passant au travers de sa fenêtre fermée.
Ça, s'aurait été un pouvoir bien plus utile pensa Adrien. Comme s'il manquait d'agilité naturelle!
« Et à quoi ça sert un héros s'il ne peut même pas sortir de chez lui ou échapper à la surveillance de ses gardiens? » se désespéra Adrien, pensant à la nouvelle prison où il s'était volontairement enfermé. Il y avait un garde dans le couloir de son étage, deux qui gardaient l'entrée et il avait toute une liste de devoirs à compléter avant le dîner. Puis se serait chinois et de nouveau piano.
Son père n'avait prit aucune chance. Où et comment à travers tout cela trouverait-il le temps et l'opportunité de courir après des criminels?
« Il ne sert à rien planqué derrière les autres et au milieu d'une forteresse. C'est pour cela que tu devras désobéir. » expliqua avec bonheur Plagg en le regardant depuis l'arrière du baby-foot et ne laissant voir que ses yeux et son regard malicieux.
Adrien n'était pas du genre à désobéir. Il se serait plutôt décrit comme un bon soldat qui suivait à la lettre les ordres qu'il recevait par oreillette. Et il s'était toujours plié aux règles de ses parents même si les ordres de son père heurtaient ses propres valeurs et convictions.
Adrien savait au fond de lui-même que son père l'aimait à sa façon même s'il ne le disait presque jamais. Il aurait été déçu d'apprendre que son fils lui désobéissait et qu'il avait rompu leur accord.
D'un autre côté, Adrien serait bientôt un adulte et cette vie sous les ordres de son père était détestable. Il avait vraiment voulu s'y investir et s'amender par contre, jusque là, il avait échoué.
Mais il y avait plus important. Peu importe qui lui avait apporté cette bague, cette personne lui offrait une seconde chance de protéger les gens. Grâce à Plagg, il serait de nouveau un héros.
Adrien regarda vers la porte de sa chambre puis vers sa fenêtre où il voyait l'horizon de Paris. Que choisir?
« Tu dis transforme-moi et hop, je te transforme. C'est aussi simple que ça et tu auras un costume de super-heros aussi classe que tu veux » lui apprit Plagg qui vit le sourire d'Adrien lui indiquer qu'il acceptait la proposition.
« Comprit. Plagg transforme-moi! » commanda Adrien immédiatement après avoir enfilé l'anneau d'argent.
« Non, attends, tu ne sais pas tout- » protesta désespérément le kwami aspiré par la bague.
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« Tu dois bien comprendre comment ce pouvoir fonctionne Marinette, lorsque ta peau entrera en contact avec celle d'une personne ayant des pouvoirs, tu pourras contrôler ceux-ci. Par exemple, si une personne déclenche des explosions, après avoir acquis son pouvoir, tu pourras les contrôler, empêcher et même inverser leurs effets directs. Mais la personne touchée restera inconsciente et sous ton entière responsabilité. Sans leurs pouvoirs, les akumatisés sont vulnérables à leurs propres attaques. Ce sera à toi de t'assurer qu'il ne leur arrive rien. Ensuite, tu dois libérer l'akuma de ses ondes négatives pour pouvoir ramener la paix sur la ville. »
« Tikki? Je ne suis vraiment pas sûre d'être de taille à affronter tout ça… Ça me paraît si impossible. » se lamenta Marinette.
« Si tu ne te transforme pas rapidement, d'autres innocents seront victimes d'une explosion et ton partenaire devra affronter ce vilain seul. »
« Mon partenaire? » demanda Marinette avec espoir mais un brin de peur. Avec un peu de chance ce serait quelqu'un de plus expérimenté qu'elle ou un héros de longue date.
« Oui, en se moment même, le kwami de la destruction prépare une autre personne à devenir un porteur tout comme moi avec toi. Vous devez vous rejoindre et travailler ensemble. Tu dois y aller avant qu'il n'y ait une autre explosion. »
Marinette retira les classiques petites perles blanches décorant ses oreilles et les remplaça par les miraculous. « D'accord, je veux bien vous dépanner pour cette fois, mais il faudra ensuite que tu trouves quelqu'un d'autre. Tikki, transforme-moi! »
