Le corps de Marinette se couvrit d'un uniforme aussi moulant qu'une seconde peau.
Principalement de couleur rouge, il avait des reflets brillants et iridescents de magnifiques oranges et jaunes qui rappelaient une flamme dansante au moindre mouvement.
« Le feu de la création!» murmura-t-elle pour elle-même chassant toutes les idées de destructions qui lui avaient traversé l'esprit plus tôt. Elle se sentait si vivante et directement reliée à la pulsation de la vie autour d'elle. Elle fit un pas pour se tourner vers son miroir plein pied mais ce léger mouvement la fit s'élever doucement dans les airs.
« Wow, j'espère que je ne peux pas faire ça quand je ne suis pas transformée. C'est si naturel que je pourrais le faire en dormant! » se dit-elle tout haut à elle-même.
Relevant en même temps ses deux bras gainés de l'uniforme jusqu'au poignet où des gants prenaient le relais, elle sortie par la trappe de son toit. Elle parcourut le ciel, se dirigeant vers le panache de fumée.
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L'explosion la plus récente avait été plus importante que la première. Plusieurs véhicules d'urgence étaient sur place.
Adrien observait ce croisement de rues depuis le toit d'un immeuble se demandant par où commencer et ce qu'aurait fait sa mère à sa place. Tout ce qu'il pouvait faire pour l'instant était d'essayer de découvrir ce que les policiers savaient. Pour cela, il devait se faufiler près de l'un d'eux et subtiliser une radio.
Il entendit alors de petits cris effrayés et relevant les yeux vers le ciel, il vit une silhouette descendre sur lui.
« Oh…oh, attention dessous. » prévint –elle. Malgré cela, elle atterrie presque sur lui. Il l'avait vu à la dernière seconde et s'était longuement demandé s'il devait l'attraper ou non. Elle ne tombait pas vraiment, c'était plutôt qu'elle descendait avec difficultés.
Et bien, si les filles tombaient du ciel maintenant, tout ce qu'il connaissait était à revoir!
Marinette contempla le personnage qu'elle avait aperçu depuis les airs. Entièrement vêtu de noir dans une matière souple et résistante qu'elle ne connaissait pas, son uniforme était semblable au sien mais il avait une ceinture en guise de queue de chat, des oreilles sur sa chevelure blonde en bataille et des mains griffues mais pas de moustaches.
Un grelot attaché à son cou complétait joliment son apparence. Est-ce que c'était pour dire qu'il était domestiqué?
« Désolée. Je voulais atterrir près de toi et non sur toi. Tu dois être mon partenaire chat noir? » déduisit-elle. « Ma kwami m'a parlé de toi. »
« Euh… mon kwami est un chat noir, effectivement. » approuva-t-il. Et ce n'était pas trop mal comme nom en fait.
« Alors, je suis ta nouvelle partenaire. Je… je n'ai pas encore choisit de nom. J'étais occupée à apprendre à voler ou plutôt à atterrir. » fit-elle avec plus d'enthousiasme qu'elle n'en avait. Il serait toujours temps plus tard de lui dire qu'elle ne resterait pas. Pour l'instant, elle avait juste envie de profiter de cette expérience différente de tout ce qu'elle avait toujours connu.
« T'offense pas, mais tu as encore du travail! » rigola ChatNoir de bon cœur avant de s'arrêter brusquement pour se rendre compte qu'il ne s'était pas sentit aussi léger et insouciant depuis des années, pas même dans son ancienne carrière. Rigoler sincèrement lui faisait du bien. Être ChatNoir lui faisait du bien.
Il eut le réflexe de la remercier pour sa présence près de lui qui lui rendait le sourire mais elle ne porta pas plus d'attention que ça à sa blague et se tourna plutôt vers le bord du toit pour observer les équipes de sauvetage.
« Alors, tu as trouvé quelque chose d'intéressant ici? » demanda-t-elle.
« Les ambulanciers ont prit en charge tous les blessés mais les policiers ont installé un périmètre de sécurité assez vaste qu'ils ont fait évacuer. » Lui rapporta-t-il. « Il y a probablement encore des engins sur place, donc. »
« Mais le criminel ne doit plus être ici par contre, les agents n'ont pas l'air très nerveux. Il a dû partir depuis longtemps. » remarqua-t-elle.
« On pourrait tout de même aller voir si on trouve des indices. » proposa-t-il.
« Il doit y avoir un métro sous cette rue, essayons depuis un autre accès. » proposa-t-elle.
« D'accord, bonne idée. » suivit-il.
Sous la rue, ils se faufilèrent près du plafond et trouvèrent des bombes qui n'avaient pas explosées. Ils les étudièrent attentivement mais sans les toucher.
ChatNoir n'y comprenait franchement rien. À ces yeux, il n'y avait aucun dispositif qui activait ses engins ni à retardement, ni à distance. Pourtant, la mise à feu était prête à partir et quelque chose la retenait.
Et ces branchements, c'était du grand n'importe quoi. Sans aucun doute, ces bombes avaient été faites par quelqu'un qui n'y connaissait rien mais d'une façon ou d'une autre, elles pouvaient explosées à tout moment.
« On dirait une bombe pour le cinéma! » s'exclama-t-il. «Il y a une vraie charge mais je ne comprends même pas comment elle peut fonctionner.»
La radio d'un policier au-dessus d'eux crachota et ensuite plusieurs policiers s'activèrent pour rejoindre leurs véhicules.
« Ils ont repéré des explosifs sur la Tour Eiffel. » expliqua ChatNoir à sa partenaire qui ne semblait pas avoir comprit le message radio.
Ils se hâtèrent de se rendre sur place et ils y trouvèrent une scène rare qui captait surement déjà l'attention de beaucoup de monde de par le monde si on en jugeait au nombre d'hélicoptère et d'équipe de télévision qui étaient déjà sur place.
Un homme costumé de rembourrage sous un costume gris destiné à lui donner un aspect démesurément musclé menaçait de détruire la Tour Eiffel si les autorités ne lui amenaient pas sa femme.
Par contre, à l'exception d'une quantité raisonnable de touristes, peu de curieux s'étaient donné la peine d'interrompre leurs activités normales. La rumeur n'avait pas encore fait le tour des conversations. Ce n'était pas comme si cet homme bloquait la circulation de la sortie du travail. Il se tenait seul sur la Tour Eiffel et ne formulait qu'une demande raisonnable.
Tant que personne ne confirmerait qu'il s'agissait du même responsable que pour les bombes précédentes, il paraissait presque risible et ça pouvait passer pour du bluff.
« Les bombes sont sur les piliers.» remarqua-t-elle. On essaie de les déplacer? Je peux voler jusque-là et les amener aux policiers pour qu'ils s'en occupent. » élabora-t-elle.
« Non, il vaut mieux ne pas les toucher. On ne sait pas ce qui les déclenche. Le mouvement pourrait être suffisant. Tu devrais essayer de te servir de ton pouvoir spécial. Le mien ne conviendra pas directement sur les engins. » argumenta-t-il.
« Il faudrait que je réussisse à m'approcher de lui sans être vue et que je le touche. Après ça, je vais avoir ses pouvoirs et contrôler les bombes. » lui apprit-elle.
« Essayons encore de passer dessous alors. » suggéra-t-il.
Elle approuva et il la suivit. Il était plutôt confortable avec le fait de ne pas avoir à prendre de décision. C'était un rôle qui lui convenait mieux. Il appréciait tout de même la façon dont elle accordait de l'importance à son avis. Il se doutait déjà qu'ils feraient une bonne équipe.
Par les tunnels de maintenance obscurcis, ils se glissèrent rapidement jusque sous la Tour et arrivèrent sous une plaque de métal condamnée par des soudures.
«Heureusement que j'y vois comme en plein jour. » s'amusa-t-il en la guidant. «Je vais essayer mon pouvoir sur cette plaque. Cataclysme! »
Les molécules de la soudure explosèrent doucement en une série d'étincelles et la galerie se remplie de fumée.
«Heureusement, que nous sommes résistants, ces micro-explosions font tout de même quelques dégâts…» s'amusa encore ChatNoir en balayant l'air de sa main pour chasser un peu de fumée.
«D'accord, c'est à moi. J'y vais.» fit nerveusement la justicière en retirant son gant. Non seulement elle devait contrôler son vol mais en plus, là, c'était réel. Elle allait vraiment affronter un criminel.
«Hé!» lui dit ChatNoir en plaçant sa main sur son épaule tandis que l'autre tenait son bâton prêt à servir. «Je crois en toi.» lui assura-t-il comme s'il avait deviné son inquiétude.
Dans le coucher du soleil, son uniforme passait presque inaperçu de l'endroit où se trouvait les policiers. Elle vola en hauteur jusqu'à arriver derrière le vilain et toucha sa joue du bout des doigts.
Le seul problème, c'était qu'il était en train de s'impatienter et qu'il avait initié plusieurs bombes par la pensée dont une qui explosait tout près des policiers.
En moins d'une fraction de seconde, la connaissance du fonctionnement de la bombe qu'ils avaient vu plus tôt entra dans la tête de l'héroïne. Avec le pouvoir du vilain à sa disposition, elle contrôla la déflagration.
Le souffle de l'explosion se referma sur lui-même et recula vers son point de départ jusqu'à disparaître à l'intérieur du dispositif, épargnant la vie des policiers. Puis des dizaines de bombes se mirent à scintiller un peu partout autour du Champ de Mars et jusqu'au Trocadéro avant de disparaître.
La nouvelle héroïne redescendit alors se cacher dans le conduit où ChatNoir lui sauta au cou, fou de joie.
«T'as été géniale, grandiose! Tu m'as sauvé la vie!» s'enthousiasma-t-il.
«Je suis surtout contente d'avoir réussit mon coup. Je suis ravie d'avoir pu être vraiment utile à quelqu'un pour une fois.» Marinette était une fille plutôt généreuse. Elle essayait d'aider dès qu'elle le pouvait mais bien souvent, ça finissait en catastrophe.
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Dans les médias sociaux, un feu roulant de rumeurs se répandit de façon exponentielle sur les événements et les gens impliqués.
On savait maintenant que les super-vilains existaient. Et que d'une certaine manière, le plan de ce vilain avait échoué. Certains croyaient à l'intervention de héros et fournissaient des preuves en exhibant des photos de Marinette en uniforme volant vers le criminel.
Des dizaines de vidéo d'elle en train de voler son pouvoir circulaient déjà dans les divers médias. Mais l'une des photos les plus vues et partagées avait été prise par Alya. Elle l'avait magnifiquement immortalisé alors qu'elle était encore sous l'une des arches formée par les pieds de la Tour. Le coucher du soleil se reflétait sur sa cuirasse et lui donnait l'aspect d'une flamme.
C'est cette photo qui ouvrit le télé-journal de fin de soirée. Alya avait appelé Marinette très excitée pendant que le sujet roulait encore et Marinette en avait profité pour laisser ses parents seuls au salon et monter à sa chambre.
Alya avait également réussit à prendre une courte vidéo d'elle et ChatNoir alors qu'ils entraient dans les tunnels de maintenance, lui raconta-t-elle. Mais elle n'avait pas vendue cette vidéo à la chaîne télévisée.
Elle avait déjà un joli chèque pour la photo mais avait décidé de garder la vidéo pour elle. Elle était déjà en train de créer un blogue qui serait consacré aux héros. Parce que dans l'esprit d'Alya, il n'y avait aucun doute, c'était ces deux personnages qui avaient sauvé la ville et toutes les personnes présentes sur les lieux.
Mais d'autres pensaient qu'elle était de mèche avec le poseur de bombe et qu'elle était aussi une criminelle. Cet homme n'avait pas encore pu être interrogé puisqu'il était toujours endormit à l'hôpital. Pour l'instant, les autorités de la ville la recherchaient toujours pour lui poser des questions.
Marinette était bien heureuse que les vidéos de son action soient si peu révélatrices mais elle craignait que celle d'Alya le soit plus.
«Calme-toi Marinette.» la rassura Tikki. «Si ta meilleure amie ne t'as pas reconnu à travers ton masque, il y a peu de chance que quelqu'un d'autre te reconnaisse.»
«D'accord, Tikki, je vais relaxer un peu. Tu as raison. Ce combat est terminé. J'y suis arrivé, j'y suis vraiment arrivé. J'ose à peine le croire!»
«"Et maintenant nous rejoignons Clara Comtard en direct de l'hôpital d'où d'inquiétantes nouvelles nous parviennent."» fit la voix de la présentatrice du journal, depuis le salon.
«Merci Nadja. Les autorités viennent tout juste de terminer d'interroger le criminel. Il était malheureusement si désorienté qu'il ne se souvenait plus de rien. La parole à l'agent Raincomprix :
«Le criminel admet jusqu'à maintenant avoir eu un litige en lien avec le départ de sa femme du domicile et s'être sentie en détresse émotionnelle mais ne se rappelle d'aucun événement ayant suivit ces événements familiaux. Il n'a, jusqu'à maintenant, aucune idée sur la manière dont il serait entré en contact avec ces pouvoirs étranges. Mais, nous ne lâcherons pas l'affaire.»
«Mais, il n'est pas responsable, Tikki. C'est la faute du Papillon tout cela!» objecta Marinette cachée en haut des marches de sa chambre.
«Toi et moi le savons Marinette mais, le public en général l'ignore encore. Ne t'inquiète pas. Lorsque les gens réaliseront que tu es là pour les sauver, ils t'écouteront et seront derrière toi.» la rassura le petit être vibrant de magie.
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Le lendemain, Marinette s'extirpa de sous les couvertures péniblement, de mauvaise humeur contre le soleil qui n'était pas encore lever.
Elle passa sous la douche et enfila son filet à cheveux et son tablier.
«Hum, Marinette? Tu es déjà levée?» grommela Tikki qui se réveillait elle aussi, balançant les flammèches qui s'élevaient de son crane.
«Oui, il faut que j'ouvre la boulangerie.» répondit-elle en baillant «Les premiers clients arriveront bien assez vite.»
Marinette embrassa sa mère au passage dans les cuisines, déverrouilla la porte et plaça, sur le trottoir, la publicité vantant les produits frais du jour.
Elle alluma les lumières de la salle avant et commença à disposer les pâtisseries que sa mère terminait de faire cuire ainsi que les produits de boulangerie que son père préparait depuis qu'il était levé quelques heures plus tôt.
Depuis l'ouverture dans le sac à dos de sa nouvelle choisie, Tikki la regardait placer avec amour chacune des douceurs puis, elle se cacha mieux pour observer Marinette accueillir chaleureusement chacun des clients habituels ou les curieux à la boulangerie.
Comme de plus en plus de personnes se présentaient, d'autres employés arrivèrent pour l'aider. Le nombres de clients augmenta jusqu'à ce que la file se rende au trottoir malgré le fait qu'ils soient trois personnes pour faire le service. Finalement, une cliente tira sur le cordon du tablier de Marinette pour le défaire en attaquant la première gorgée du café que Marinette venait de lui préparer.
«Je viens, je viens, Mlle Bustier.» se défendit-elle en terminant une dernière commande avec laquelle elle partirait.
Marinette enfila son sac à dos et attrapa un sandwich qu'elle mangea en marchant vers le lycée tout en tenant son plateau de transport de breuvage surmonté d'une boîte de pâtisseries de l'autre main.
Tikki se cachait dans un petit sac que portait Marinette sur le côté pour l'accompagner. Elles suivirent la professeure jusqu'à l'école mais bifurquèrent vers les escaliers pour rejoindre la classe. Ses amies l'accueillirent, toutes très heureuses du café apporté.
À l'interclasse, la meilleure amie de Marinette devait aller voir de directeur, elle resta donc seule avec Tikki. Celle-ci en profita pour satisfaire sa curiosité.
«Dis, Marinette, tu me parles de tes amis?» réclama la petite curieuse.
«Alya dirige le blog de l'école. C'est pour ça qu'elle est allée interviewer le directeur à propos de l'explosion. Elle est arrivée dans notre lycée en septembre seulement lorsque ses parents ont déménagé depuis les Antilles. C'est ma meilleure amie depuis ce jour-là. Là-bas, c'est Nino. Il aimerait bien sortir avec Alya. Lui et moi sommes amis depuis l'enfance mais on est très différents.»
«Qui est le garçon avec lui?»
«Le magnifique garçon aux cheveux blonds et aux yeux verts c'est Adrien. Il est tellement parfait!» soupira Marinette.
«Et donc, toi c'est avec lui que tu voudrais sortir…» insinua Tikki.
«J'aimerais tellement être capable de lui parler au moins. Mais quand je m'approche de lui, je perds tous mes moyens, je deviens nerveuse et je bafouille. Il m'intimide d'une certaine façon. Parce qu'il réussit dans tellement de domaine. Il a toujours d'excellentes notes et c'est un athlète accompli. Moi, je suis gauche, maladroite, j'ai rarement l'occasion de décider par moi-même ce dont j'ai envie ou pas et c'est peut-être mieux parce que je rate tout ce que j'entreprends.»
«Marinette, tu es vraiment dure avec toi-même. Moi, je trouve que tu es très douée avec les gens. Tu les aimes beaucoup et n'oublie pas qu'hier, tu as réussit à sauver plusieurs vies.» lui rappela-t-elle.
«Oui.» Le sourire de ChatNoir lui traversa l'esprit «Une chance que je t'ai avec moi maintenant.»
«Et qui est la fille qui vient de s'accrocher au cou d'Adrien?» fit Tikki pour changer la conversation.
«Chloé…» se désola Marinette.
«J'ai l'impression que tu ne l'aimes pas autant que tu l'apprécies lui, elle est si différente?» demanda innocemment la kwami.
«Elle, euh… C'est aussi une gagnante. Ce qu'elle veut, elle l'obtient. Elle a beaucoup d'argent, elle est populaire, même célèbre. Mais elle n'est pas gentille. Elle est intéressée. Tu es son ami si tu peux lui apporter quelque chose sinon, elle n'hésite pas à te marcher dessus. Je veux dire : littéralement! J'imagine qu'Adrien sortira bientôt avec elle.» se résigna la jeune femme. «De toute façon, je ne peux pas être avec Adrien, je sors déjà avec quelqu'un d'autre.»
«Adrien n'a pas l'air très content d'avoir Chloé si près de lui.» suggéra sagement Tikki ignorant le défaitisme de sa nouvelle porteuse.
«Il ne fait pas de gros effort pour la repousser non plus.» commenta Marinette.
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Marinette amena Alya déjeuner chez elle. Son amie lui montra ce qu'elle avait fait le soir précédent. Le blogue de l'école contenait déjà tout un dossier sur l'attaque de la veille, mais Alya avait aussi ouvert un tout nouveau blogue consacré uniquement à l'héroïne. Son point de départ avait été les photos prises dans le feu de l'action. Elle les avait agrandit et analyser sous tous les angles.
Elle n'avait pas encore décortiqué la vidéo où on voyait aussi ChatNoir mais celle-ci était également déjà en ligne et avait attiré bon nombres de curieux qui s'étaient abonnés.
À ce moment, on entendit des sirènes au loin, et pas seulement une ou deux. Ils semblaient que toutes les voitures de police mais également des camions de pompiers et des ambulances arrivaient de tous les quartiers environnants. Ils convergeaient vers la Seine un peu plus bas dans la rue.
Avant que Marinette n'ait finit de regarder par toutes ses fenêtres, Alya avait déjà sauté sur ses pieds et saluait son amie : «Je te laisse, Marinette. Avec un peu de chance, j'aurai d'autres photos de cette mystérieuse femme.»
«Alya, soit prudente!» cria Marinette à la silhouette qui sortait déjà de l'appartement deux étages plus bas.
Elle se tourna ensuite vers Tikki en soupirant et prononça les paroles magiques avec résignation. Si elle avait su qu'il y aurait une autre attaque aussi vite, elle se serait mis elle-même à chercher une remplaçante!
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Bien plus tard en fin d'après-midi, la toute nouvelle LadyFlamme atterrie presque doucement sur le balcon de sa chambre.
La transformation la quitta peu après et épuisée par les deux combats consécutifs qu'elle venait de mener, elle prit un instant pour souffler avant de descendre à la boulangerie pour donner un coup de main. C'était le moment de préparer les pâtisseries qui seraient cuites le lendemain matin.
D'un côté, elle se sentait beaucoup plus compétente dans son nouveau rôle que sur l'heure du déjeuner, de l'autre, elle sentait que ce boulot ne serait vraiment pas de la tarte!
Elle remonta un peu plus tard à l'appartement, offrant des biscuits à Tikki et commençant la préparation du dîner pour elle et ses parents.
Elle attrapa ensuite son assiette pour monter à sa chambre. Elle avait finalement une soirée libre.
Elle démarra donc la musique de son chanteur préféré et les accords vibrants d'une guitare électrique s'élevèrent doucement. Elle enfila un confortable jean noir et une blouse grise au coton très lourd et déchiré. Elle aimait le poids du tissus sur son corps et la couleur sobre lui plaisait davantage lorsqu'elle travaillait que les pastels trop tape à l'œil qui étaient à la mode autour d'elle.
Elle porta à ses lèvres son thé au baie de genévrier de couleur rouge et commença à feuilleter son carnet de croquis jusqu'à trouver une page en particulier. Elle hésitait entre commencer de nouveaux vêtements pour sa ligne de mode gothique ou poursuivre avec le tableau qui attendait sur le chevalet.
La peinture d'une déesse nordique pour la chambre de Juleka avançait bien et elle l'aurait bientôt finit mais, elle avait surtout envie de démarrer un nouveau projet et surtout de créer un tout nouveau design. Elle se demandait aussi si elle n'avait pas un peu fait le tour du concept grunge-trash-gothique. Les ventes de ses pièces sur son site web allaient toujours bien mais elles ralentissaient un peu.
Dans la liste de gens qui attendaient qu'elle leur créer quelque chose de personnalisé, il y avait Marc Anciel. Chaque fois que Marinette le croisait à la bibliothèque durant leur heure de travail libre commune, Marc lui réclamait toujours de lui créer son propre échantillon de la ligne Marinette. Marc ne rêvait que d'être auteur pour Hollywood et cela lui faisait penser à Adrien. Elle avait découvert des images de défilé où Adrien avait franchi les planches de la Fashion Week là-bas.
D'autre part, elle ne doutait pas que les événements des derniers jours créeraient des remous jusque dans la mode. Peut-être pourrait-elle faire un petit quelque chose dans le style de ChatNoir? Le Glam de la nuit et le show-off serait parfait pour donner à Marc la confiance de faire sa future entrée à Hollywood.
Une heure avait passé et elle n'avait toujours aucun plan concret pour le déroulement de sa soirée. Elle réalisa alors, que si elle n'arrivait pas à se mettre au travail avec sa motivation habituelle, c'était parce que le souvenir des événements de la journée l'engourdissait encore.
Sur les bords de la Seine, ChatNoir et elle avaient trouvé Ivan changé en monstre de pierre essayant de s'en prendre à Kim pour lui faire payer son harcèlement à l'encontre de Mylène.
Kim était un garçon jaloux. Cette fois, ce sont les succès d'Ivan aux épreuves de force qui avaient entraîné le réveil de son sentiment. Il ne pouvait pas juste admettre qu'Ivan soit plus fort que lui et s'en était pris à la petite amie de son rival.
Par contre, Ivan était, à son tour, devenu une victime lorsque ce que Tikki appelait un akuma et qui ressemblait à un papillon noir brillant l'avait touché.
La ville de Paris et les super-héros avaient alors eu un bon éclaircissement de la situation qui leur était tombée dessus lorsque la personne responsable de la transformation d'Ivan et de celle du précédent vilain de la tour Eiffel avait fait une déclaration menaçante en utilisant sa plus récente création.
Le Papillon, comme il se faisait appeler, leur avait posé un ultimatum. Soit les nouveaux héros lui abandonnaient la source de leur pouvoir soit il continuait de s'attaquer à Paris.
Marinette, qui pour une fois ne craignait pas de dire ce qu'elle pensait puisqu'elle portait un masque, lui avait vertement répliqué qu'il était le terroriste de l'histoire et que c'était à lui de se rendre.
Après un fantastique travail d'équipe entre ChatNoir et elle, Ivan était redevenu lui-même mais, à peine s'étaient-ils tous séparés qu'Ivan était revenu avec une armée identique à son personnage à ses ordres.
Marinette avait apprit la nouvelle par Alya en revenant à l'école, elle s'était aussitôt tournée vers Tikki qui lui avait expliqué que si elle ne touchait pas l'akumatisé, il n'était pas libéré et, comme c'était le cas ici, l'akuma pouvait se multiplier.
Ils y étaient donc retourné et avaient mené un deuxième combat d'affiler où ils avaient finalement laissé Ivan et Mylène dans les bras l'un de l'autre.
Entre temps, ChatNoir l'avait convaincue qu'elle était la personne idéale pour veiller sur Paris et elle avait choisit LadyFlamme pour son nom public.
Marinette était fébrile et motivée. Elle avait envie d'accomplir quelque chose mais son corps ne pensait qu'à sauter partout. Elle ne trouverait pas le sommeil avant longtemps, ça elle en était certaine!
Elle butinait d'un projet à l'autre sans rien accomplir lorsqu'en milieu de soirée, la voix de Nadja Chamack lui parvint depuis la trappe séparant son royaume personnel du reste de l'appartement.
«"Ce soir : désolation sur Paris. Un nouveau super vilain à, pour une seconde journée de suite, dévasté une partie de la ville. D'importants dommages matériels sont à déplorer sur le Pont de l'Archevêché et le Pont des Arts, mais heureusement aucune vie n'a été perdue. Voici maintenant la conférence de presse que le Maire, Monsieur André Bourgeois a accordé un peu plus tôt aujourd'hui."»
La jeune parisienne releva la trappe pour passer un œil et espionner vers le salon.
« "Je voudrais remercier LadyFlamme et ChatNoir pour avoir sauvé ma fille et sa camarade de classe. Je voudrais également leur demandé de venir rencontrer les autorités de cette ville pour venir nous rendre compte de leur implication dans cette histoire."»
«"Qui sont ces gens masqués?» reprenait la présentatrice des nouvelles à la suite de l'élu municipale. «Sont-ils des héros ou des criminels? Quel but poursuivent-ils? Notre chaîne de nouvelle Paris + vous promet de nouvelles informations dans les plus brefs délais. Passons maintenant à la scène nationale…"»
«Ta grande amie est toujours aussi sensationnaliste.» commenta Tom, le père de Marinette.
«J'espère simplement qu'elle ne se laissera pas mettre la pression par sa réalisatrice cette fois! La dernière fois, sa patronne l'avait poussé à annoncer une information non-validée et Nadja avait presque perdu son travail.» se souvint Sabine.
«Bon, à chaque jour suffit sa peine et celle-ci a connu sa part.» dit le grand homme en s'étirant de toute sa hauteur. «Allons nous coucher, tu veux bien?»
Marinette, refroidie par ces points de vue, referma la trappe et sortie ses devoirs qu'elle fit consciencieusement. Elle discuta ensuite avec Tikki tout en tricotant une écharpe bleue. Elle ne l'avait pas nommé précisément à Tikki mais quelque chose dans toute cette histoire l'inquiétait et la rendait fébrile.
