Sa routine du matin à la boulangerie complétée, Marinette arriva le lendemain au lycée pour trouver Chloé et sa cour d'admirateurs en effervescence. Ils ne parlaient tous que de la nouvelle héroïne qui avait reçue officiellement ce titre de la part du bureau du Maire pour avoir sauvé la vie de Chloé.

De plus, pour fêter son sauvetage, Chloé organisait une grande fête à l'hôtel de son père. Elle avait invité tout ce que l'école comptait d'élève riche ou d'enfants de gens connus.

«C'est fou. On ne parle plus que d'elle dans toute l'école!» s'exclama Marinette pour Alya perturbée qu'elle était par les débordements dus à cette fête. Comme si Chloé était subitement devenue plus appréciable depuis qu'elle avait manqué de mourir!

«C'est bien naturelle! C'est une vraie super-héroïne, avec des pouvoirs et tout!» s'enthousiasma la rouquine qui s'était complètement méprise sur ce que Marinette voulait lui dire. «Regarde, j'ai pu avoir d'autres images d'elle, hier. Du coup, j'ai décidé de lui consacrer tout le nouveau blogue regardant cette histoire épique. Le ladyblog, votre source d'information la plus complète!»

«Comment ça "ladyblog" Où tu as pris ce nom?» Alya s'était-elle trouvé suffisamment près des combats pour les entendre lorsque ChatNoir et elle avaient choisit quelque chose de potable juste avant de se séparer? Alya était-elle cachée tout près d'eux sans qu'ils ne l'aient remarquée?

«C'est trop génial, cette histoire de nom! Hier, ChatNoir l'a surnommé LadyFlamme parmi plusieurs autres petits noms qu'il lançait en lui parlant durant leurs acrobaties et je l'ai repris pour mon topo. Et maintenant, tous les journalistes me copient

«Wow! Alya, c'est trop géniale! LadyFlamme alors, c'est pas mal.» fit Marinette, rassurée.

À l'heure du midi, dans la grande cour, Chloé avait sarcastiquement demandé à Marinette devant tout monde si elle avait besoin de travailler à la méga-fête qu'elle organisait mais, pour la première fois depuis très longtemps, Marinette avait trouvé le courage de dire non.

Cette fête était peut-être donnée en l'honneur du sauvetage de Chloé qu'elle avait elle-même effectué mais, s'il lui fallait y travailler pour être présente, elle aimait aussi bien s'en passer.

Nathaniel avait aussi décliné l'invitation. Chloé s'amusait à ses dépends et en avait fait sa cible durant des années par pur sadisme. Il l'évitait en règle générale et pour une fois qu'il n'était pas obligé de se mêler à la foule…

Disponibles tous les deux pour une fois le samedi soir, ils décidèrent d'aller au cinéma.

C'était peut-être leur troisième vraie sortie de couple de soir et sans les parents ou des amis. Ils étaient un couple depuis plusieurs mois mais leurs parents ne les avaient laissé se promener librement dans Paris en soirée que depuis le congé des fêtes. De plus, d'un côté ils étaient plutôt occupés chacun par leurs projets respectifs et de l'autre, ils avaient l'habitude de faire passer leurs études et leurs amis avant leur couple.

Aussi complexe et parvenu que soit ce monde excentrique, les règles en restaient plutôt simples, le bon garçon choisissait la bonne fille et lorsque le temps était venu, ils fondaient un foyer et assurait la descendance de la famille et la continuité du nom. C'était ce qu'on poussait chacun des membres de la relève à faire et c'était le cas aussi pour les enfants des domestiques.

Donc, lorsque les parents de Nathaniel lui avaient demandé, quelque temps après son seizième anniversaire, si une jeune fille lui plaisait, il leur avait parlé de la douce Marinette qu'il connaissait depuis toujours et pour qui il avait récemment développé de tendres sentiments.

Sa capacité à défier Chloé à l'occasion, ce fort caractère qu'elle gardait bien caché derrière une délicate façade et son joli sourire n'étaient pas étrangers à son attirance pour elle.

Avec un énorme soulagement devant les sentiments si normaux de leur marginal de garçon, les parents Kurtzberg avaient encouragé leur fils à aller de l'avant pour ses démarches envers sa camarade de classe.

Elle venait peut-être d'une famille moins fortunée que la leur mais leur fils était un artiste et la jeune fille baladait elle aussi un cahier à dessin. La rumeur voulait qu'elle aspire à devenir dessinatrice de mode. Ce qui pouvait s'avérer prometteur à Paris. De plus, on disait qu'elle avait une bonne tête sur les épaules et qu'elle était travaillante.

Nathaniel aurait pu faire un choix beaucoup, beaucoup plus pire selon eux.

Évidemment, tout cela n'était qu'une gentille relation. Les adolescents n'ayant pas encore dix-sept ans et ayant été élevés avec la meilleure éducation.

Ils en étaient à l'étape des fréquentations et cela se faisait majoritairement en présence des parents lors de soirées mondaines où elle devenait son accompagnatrice. Par contre, les rendez-vous galants étaient permis dans les lieux publics. On leur faisait confiance pour bien se conduire durant ce temps où ils n'étaient pas supervisés et pour respecter le couvre-feu.

Nathaniel rejoignit Marinette chez elle et ils marchèrent jusqu'au cinéma du quartier. Ils prendraient, bien sûr, un taxi pour rentrer lorsque la nuit serait tombée.

Ils n'avaient pas encore vraiment parlé entre le départ de la boulangerie et le moment où ils se joignirent à la file d'attente. Nathaniel, encore distrait, ne répondait que par monosyllabes aux tentatives de conversations de Marinette.

Mais contrairement à ses habitudes, le rouquin ne semblait pas seulement ailleurs et il semblait aussi regarder autour de lui à la recherche de quelque chose. Normalement, Marinette laissait filer ses drôles de comportements sans le questionner parce que de toute façon, il répondait trop vaguement. Mais elle fronça les sourcils en remarquant qu'il observait les filles qu'ils croisaient. Il s'était carrément retourné sur le passage d'une fille qui lui ressemblait vaguement.

Elle allait lui demander ses préférences pour le film lorsqu'elle entendit derrière elle, le flash-info lu par Nadja Chamack retransmit par le téléphone que consultait un garçon derrière eux.

"Nouvelle attaque de ce qu'on connait désormais sous le nom d'akuma. L'individu masqué au costume étrange a pénétré dans l'hôtel Le Grand Palais pour y semer la panique au milieu de ce qui semblait être la fête mondaine de l'année. LadyFlamme et ChatNoir n'ont toujours pas fait leur apparition."

«Euh, Nathaniel?» demanda Marinette pour capter l'attention de son petit ami qui écoutait lui aussi intensément la retransmission. «Je dois y aller. J'ai complètement oublié que je, devais être ailleurs. Alors, j'y vais!» lança-t-elle en guise de salutations.

Nathaniel sortie complètement de sa bulle avec un air coupable. «Quoi? Mais Marinette ne part pas comme ça!» fit le jeune homme affolé mais Marinette n'était déjà plus là. "Il faut vraiment que je reprenne le contrôle de mes pensées, et de mes hormones." se dit Nathaniel. "Sinon je vais vraiment perdre Marinette."

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Adrien se tenait dans le fond de la salle bondée dans un costume impeccable avec Nino d'un côté et un Ivan un peu bousculé de l'autre. Tout comme le reste des jeunes gens fébriles, ils étaient vêtus en noir et blanc.

Sous couvert d'un secret passé en toute confiance, Chloé répétait depuis son arrivée que LadyFlamme viendrait à sa soirée et que le code vestimentaire qu'elle avait décrété pour cette fête était en son honneur. On ne verrait que son uniforme chatoyant dans la foule sobrement vêtue.

Mais Chloé elle-même avait dérogé à sa propre règle et était vêtue d'une robe dorée près du corps.

Honnêtement, la perspective de voir sa superbe complice qui lui était tombée dans l'œil alléchait plutôt Adrien qui tentait de le cacher. De plus, Chloé le laissant tranquille, pour une fois, la soirée en était moins pénible.

Il remarqua alors, qu'une fois de plus, Nino reportait son attention sur Alya, invitée ce soir pour documenter la soirée en nombreuses photos.

«Alors, c'est moi ou Alya ne te laisse pas indifférent?» demanda le grand blond à son ami.

«Ben, c'est vrai que cette nouvelle robe que Marinette lui a confectionnée la met vraiment en valeur. On ne peut pas me reprocher de regarder, non?» se défendit le garçon au teint foncé qui rougissait. «Et c'est sûr que d'être avec elle serait plus intéressant que d'être avec l'une de ces filles avec lesquelles on a grandit mais, je ne me vois pas en couple avec elle. J'aurais plutôt un œil sur… Marinette.»

«C'est vrai?» s'illumina Adrien amusé de voir son ami ramollir à la mention de l'appétissante jeune fille au teint de porcelaine. Il avait déjà remarqué que même si aucun des garçons ne considérait la jeune femme comme la fille idéale, ils avaient tous un sentiment particulier juste pour elle. Aucun d'eux n'aurait dit non à une soirée discrète en sa compagnie.

«Pour ça, il faudra que tu écartes la mère de Nathaniel!» pouffa Kim derrière Adrien.

«Vous voulez dire que Nathaniel lui-même n'est pas un obstacle?» s'étonna Adrien. Il ne pensait pas Nino assez confiant en lui-même pour voler la copine d'un autre peu importe qui était exactement ce Nathaniel qu'il n'avait qu'aperçu de loin.

«En fait» commença à expliquer patiemment Nino pour son ami qui ne connaissait pas les règles de leur société. «La plupart d'entre nous, nous connaissons depuis très longtemps sauf Alya qui est arrivée dans notre classe en début d'année. Et pour ce qui est de Marinette et Nathaniel, bien, ici, il y a deux types de couple. Ceux qu'on fait accepter à nos parents et ceux que nos parents nous font accepter. Ivan et Mylène rentrent carrément dans la première catégorie mais, Marinette et Nathaniel… Mme Kurtzberg adore littéralement Marinette parce qu'elle fait oublier à Nathaniel qu'il existe d'autres genres de relation.»

«Du genre qui font rougir un rouquin dans un vestiaire de garçon…» compléta Kim.

«Mais, t'as pas à te sentir mal à l'aise tu sais, Nathaniel se jetterait jamais sur l'un d'entre nous. Je ne suis pas sûr s'il comprend même pourquoi il se sent tout chose. Au moins, tu vas savoir pourquoi il est comme ça à l'avenir.» termina le guide du savoir-vivre-dans-la-jungle-mondaine.

Un drôle de sourire canaille un peu déplacé sur le visage habituellement cordial et raffiné d'Adrien orna son visage. Son nouvel entourage était décidément si simple et innocent. «Je peux te confier quelque chose Nino? Mes fans n'ont pas toujours que des pensées pures et chastes. Beaucoup se comportent comme Chloé avec moi. Et mes fans n'ont pas tous un F à côté de la case genre sur leur carte d'identité.»

«Woh! Dure!» compatit Nino.

«C'est pour ça le garde du corps.» ricana Adrien. Et encore, se n'était que la moins pire des révélations. Adrien avait approché plus d'un garçon dans sa vie.

Il releva tout à coup la tête et aperçu avant tout le monde une silhouette flamboyante et féminine atterrissant à l'entrée de la salle avec une vrille spectaculaire au milieu des exclamations émerveillées de l'assemblée.

«Qu'arrive-t-il, mademoiselle? Où est l'akuma?» demanda-t-elle à la fille du Maire près de là.

«Vous voyez tout le monde? Je vous avais bien dit qu'elle viendrait pour ma super-fête!» lança la grande blonde en s'adressant triomphalement à ses amis réunis et ceux qui n'étaient pas ses amis mais qui étaient tout de même présent pour sa plus grande satisfaction.

L'assistance explosa en applaudissement et sourires joyeux.

«Tu veux dire… que tu as fait passer une fausse alerte?» questionna l'héroïne indignée en serrant les points de colère.

«Naturellement, tu ne m'as pas laissé le choix! Tu n'as pas répondu à l'invitation que mon père t'a adressé de ma part.» statua Chloé une main à la hanche et l'autre hautainement levée.

Adrien s'était déjà fait oublié vers l'arrière assez facilement puisque tous ne regardaient que la mystérieuse jeune femme sur le côté de la piste de danse. Seul près des escaliers, il activa sa transformation et s'élança sur la galerie surplombant la salle sachant très bien que la jeune fille qu'il avait rencontré quelques jours plus tôt serait trop timide pour faire face seule à une telle foule.

Il parcourut le couloir de l'étage désert à une vitesse fulgurante et apparu sur le balcon complètement de l'autre côté de la salle. Il n'avait pas entendu l'échange entre les deux filles mais la posture de sa partenaire qu'il avait remarqué durant sa course laissait présager de l'orage qui était sur le point d'éclater. C'était le temps de faire une petite diversion.

LadyFlamme était entourée d'une douzaine de personnes tentant de prendre des selfies avec le phénomène de l'heure dont la température interne ne faisait que grimper en cet instant.

La plupart des jeunes ne faisait qu'admirer de loin. Trop polis ou trop émerveillés pour se jeter au cœur de l'action. Alya, restée perplexe au beau milieu de la piste, regardait tristement par son téléphone mais sa nouvelle idole voilait son visage sous sa frange, rigide comme un manche à balai.

«Que vois-je?» s'exclama fort et clair la voix d'un personnage tout de noir vêtu et avec grandiloquence attirant l'attention de toute l'assemblée vers la galerie où il était nonchalamment appuyé.

Adrien savait qu'il pouvait se permettre toute l'exubérance qu'il voulait, le masque lui garantissait l'anonymat. L'assistance reconnue rapidement le deuxième héros et les crépitements des flashs ne tardèrent pas. Sa partenaire releva le visage avec un léger espoir reconnaissant le ton léger et festif dans sa voix.

«On commence la fête sans m'attendre?» s'indigna-t-il joueur avant de reprendre avec facilité : «Allez l'orchestre jouez-nous quelque chose de moins sinistre que je fasse danser ma Lady!»

Et d'un complexe saut croisé, il atterrit avec classe sur la piste de danse et s'inclina avec manières devant sa partenaire. Puis, capturant son regard, il lui attrapa la main pour l'attirer dans une série de mouvements dictés par le swing endiablé entamé par l'orchestre.

Il était évident pour lui que la jeune fille ne connaissait rien au swing mais lui-même le dansait depuis son enfance et l'aisance innée de l'héroïne lui permis de le suivre dans ses mouvements puisqu'elle lui fit confiance pour la guider.

Il réussit même à lui arracher un sourire.

À la fin de la danse qui avait été plutôt longue, LadyFlamme et ChatNoir s'envolèrent simultanément pour atterrir sur la balustrade du balcon et saluèrent comme s'ils finissaient une prestation sur la scène avant de sortir et courir sur les toits.

ChatNoir se déplaçait en s'élançant d'un toit à l'autre avec son bâton tandis que LadyFlamme flottait magiquement à sa hauteur, le corps étiré dans une pose aérodynamique.

La nuit était complètement tombée et sans en discuter, le duo poursuivit sa course dans Paris, se familiarisant avec leurs nouvelles capacités et s'échangeant des blagues.

Normalement, Marinette serait rapidement retournée auprès de Nathaniel comme elle aurait été sensée le faire mais comme ils quittaient la fête de Chloé, celui-ci arrivait à la course. Elle se dit que si son petit ami ne l'attendait pas et ne la cherchait pas, elle pouvait bien se permettre de passer du temps en toute amitié avec ce nouveau partenaire qu'elle apprenait à connaitre.

Vers les onze heures, ChatNoir proposa à LadyFlamme d'aller se dégourdir dans une boîte de nuit. Il voulait encore danser avec elle. «Je n'ai même pas l'âge légale pour entrer et franchement, on ressemble à quoi dans ces tenues?»

ChatNoir baissa le regard vers la foule se promenant en couple ou en groupe sur l'esplanade touristique à leurs pieds. Il sauta au sol et parla avec un vendeur de souvenir qui lui remit un objet avec un grand sourire lorsque ChatNoir eu griffonné quelque chose sur l'un des soutiens de son chariot de produits.

Le jeune homme revint sur le toit pour tendre un masque rouge marbré d'or à sa co-équipière. «Ne t'en fait pas, je te ferai entrer. En tant que héros, on devrait avoir le droit d'aller partout où nous sommes susceptibles d'intervenir, je pense. Si quelque chose arrive dans une boîte de nuit, on ne s'empêchera pas d'entrer parce qu'on n'a pas l'âge, n'est-ce pas?»

«Je me disais bien que tu n'avais pas beaucoup de respect pour l'autorité!» plaisanta-t-elle. «Je te rappelle qu'on y entrerait pas pour travailler mais, pour s'amuser.»

« Tu peux être si rabat-joie sans même en avoir l'air! Et au contraire, je respecte toujours les consignes mais je ne les respecte jamais aveuglément. Nous sommes au service de la sécurité de la population, pas au service de la loi. De toute façon, on ne consommera pas d'alcool. Et avec moi, tu ne risques rien. Je te le jure. Parole de chat!»

LadyFlamme regarda le masque dans sa main et hésita. Cette nouvelle vie l'attirait, elle avait l'impression d'étouffée sans le rôle de petite fille trop sage qui ne pouvait jamais se permettre le moindre écart qu'était sa vie quotidienne.

Elle voulait être le genre de personne capable de tout expérimenter, y comprit aller danser avec un ami si elle en avait envie. Et être avec ChatNoir lui faisait du bien. Elle lui faisait déjà entièrement confiance même si elle ne le connaissait que depuis deux jours.

Il dégageait une aura de fête perpétuelle et d'audace. Il était si différent de tous les gens qu'elle connaissait et fréquentait. Elle voulait devenir une nouvelle personne en devenant LadyFlamme et devenir audacieuse, impertinente et casse-cou comme l'était ChatNoir ne lui déplaisait pas.

«D'accord, mais juste une heure. Je travaille demain.» accepta-t-elle.

«Vos désirs sont des ordres princesse. Au dernier coup de minuit, je vous laisserai disparaître, et ce, même sans exiger votre soulier de verre en souvenir!»

Elle le suivit jusqu'à être en vue de l'Arc de Triomphe et son avenue brillamment éclairée. Se cachant dans une ruelle à proximité, ils se séparèrent pour retirer leur transformation.

Elle enfila le masque et retira sa veste de dentelle rose pour ne garder que le blue jeans moulant qu'elle avait enfilé pour la soirée cinéma et la camisole blanche classique qui laissait voir les bretelles de dentelles de son soutien-gorge blanc également.

Elle le rejoignit pour découvrir son grand partenaire habillé d'un pantalon noir et d'une chemise blanche. Tous deux très sobres mais coupés à la perfection pour mettre en valeur son corps parfait. Il avait même laissé le haut de la chemise ouverte plus que nécessaire afin d'attirer les regards sur sa poitrine alléchante et faire oublier le masque.

«On a de la chance que je sois un bon combattant même sans mes pouvoirs. Tu es scandaleusement attirante, ma Lady!» la complimenta-t-il avec une voix flatteuse.

Gênée par le compliment, elle répondit en détachant ses habituelles couettes jumelles pour davantage cacher son visage. «Tu peux admirer comme tout un chacun mais, pas touche. Tu gardes tes mains pour toi!» le repoussa-t-elle.

«Je ne pensais pas que tu pouvais garder tes pouvoirs de contact en dehors de ta transformation?» s'étonna-t-il.

«Je ne le peux pas mais je n'ai pas envie que tu me touches pour autant.» lui répondit-elle suavement.

Il porta la main à son cœur et mima une douleur à la poitrine. « Tu me blesses ma Lady! Ce matou n'a pas l'habitude qu'on résiste à son chat-arme! Est-ce que mon sourire ravageur serait en panne?» plaisanta-t-il en étirant ses lèvres avec ses index pour lui faire une grimace.

Elle rigola et lui répondit : «Dans ce cas, je t'aurai fait connaitre une nouvelle expérience! Autant que tu t'y fasses. Avec ce genre de jeux de mots, tu ne fais que détruire l'ambiance!»

Elle se tourna vers l'extérieur de la ruelle pour rejoindre l'entrée achalandée mais ChatNoir la dépassa en vitesse et malgré son interdiction, il attrapa sa main pour la guider vers la grande avenue.

Elle vit ensuite son partenaire aller serrer la main du videur de la grande porte où une file impressionnante attendait pour se joindre à la fête à l'intérieur. Le grand noir, très large d'épaule indiqua une porte de côté au joli blond et envoya un message texte sur son téléphone.

La porte dérobée ne payait pas de mine et donnait sur un escalier enfumé qui descendait vers un sous-sol. Marinette pouvait y entendre des boules de billard se frapper, de grands rires alcoolisés éclater et des bocks de bière cogner les comptoirs.

Heureusement pour calmer la nervosité de Marinette, un serveur remonta vers eux et ouvrit une porte indiquée "réserve" sur le palier de l'escalier. La main toujours dans celle de son partenaire, Marinette le suivit alors qu'ils traversaient un rangement de produits de nettoyage et de boîtes contenant des serviettes de papier et des pailles.

Ils en ressortirent près d'un bar en plastique blanc immaculé dans une salle parcourue par le ballet de faisceau laser blanc suivant la musique tonitruante et moderne. Il était impossible d'entendre autre chose que la musique et la piste était bondée.

Ils se laissèrent aller à se déhancher pendant une demi-heure un peu à l'écart de la piste oubliant tous leurs soucis.

Au grand soulagement de Marinette, une fois dans la salle, ChatNoir avait laissé sa main. À l'exception de quelques frôlements accidentels, il respectait la distance qu'elle lui avait demandée, même s'il ne s'était pas privé d'envahir son espace.

Elle pensait se défendre pas mal sur une piste de danse. Même si elle se sentait très gauche dans ses gestes, elle savait qu'elle avait tout de même du rythme. Mais, elle n'était qu'une amateure un peu maladroite comparée à ChatNoir.

Il avait de l'énergie à revendre et ses mouvements étaient suaves et complexes. Il démontrait une grande maîtrise de son corps et une nonchalance qui dénonçait une longue expérience dans le domaine.

Nerveuse, elle remarqua que plus d'une fille ne le quittaient pas des yeux et tentaient d'accrocher son regard. Elle avait secrètement peur qu'il la plante sur place comme un poireau pour partir avec l'une d'elles mais, il n'avait d'yeux que pour elle et ne jeta pas un seul regard aux autres.

Vers les minuit moins le quart, elle demanda grâce, épuisée de surveiller chacun de ses mouvements pour éviter la catastrophe et l'entraîna vers les banquettes de cuir blanc. Ils discutèrent quelques instants reprenant leur souffle et se rapprochant l'un de l'autre pour discuter.

Ils ressortirent ensuite dans la ruelle pour récupérer leurs vestes et s'apprêtèrent ensuite à se saluer pour la nuit. Ils aperçurent alors deux hommes menant ce qui était clairement une transaction de drogue pas très discrète au plus creux de la ruelle.

«On devrait intervenir.» lui glissa-t-elle. «Nous sommes des héros après tout.»

«Ah, ma Lady!» soupira-t-il. «Ce n'est pas si simple. La drogue est toujours un problème complexe parce que c'est une vaste pyramide. Ce n'est pas en retirant un seul dealer du marché que la quantité de drogue en circulation diminuera. Il y aura toujours des acheteurs et toujours de nouveaux vendeurs pour répondre à leur demande. Il faut agir à un point bien précis de la chaîne de livraison pour vraiment démantelé un réseau.»

«Tu sembles bien informé et sûr de tes informations.» fit-elle suspicieuse. Elle était plaisamment surprise mais ne savait pas si elle pouvait le croire ou non. Son partenaire semblait trop beau pour être vrai.

«J'ai effectivement déjà aidé dans ce genre d'action.» confirma-t-il sans en dire plus même si elle attendait qu'il le fasse.

«Si tu veux, je peux surveiller les vendeurs et trouver le point faible, si ça peut te faire plaisir.» offrit-il. «Je voulait déjà profiter de mes pouvoirs de héros pour protéger la ville même en dehors des alertes akumas. Même si j'avoue que je n'avais pas envisagé de me casser les dents sur quelque chose d'aussi complexe qu'un réseau de drogue. Ça ne rentre pas dans la catégorie d'une utilisation personnelle et égoïste de mes pouvoirs n'est-ce pas?»

«Si cela entre finalement dans cette catégorie, je crois qu'on peut aussi le glisser dans les exceptions permises à mon avis personnel. Mais, je peux aussi faire ma part tu sais. Ce n'est pas à toi de faire tout le travail désagréable.»

«Laisse-moi au moins commencer pour l'instant et je te dirai ce que tu peux faire pour m'aider. Allez, ma Lady, tes oreillers t'attendent. Je m'occupe de celui-là. Il devrait finir sa nuit d'ici une heure ou deux.» soupira ChatNoir.

Elle lui fit un sourire compatissant et lui toucha l'épaule pour l'encourager. Elle se recula ensuite dans un endroit plus caché pour se transformer et s'élever dans la nuit parisienne.