Deux semaines plus tard, Adrien était entre ses draps blancs. Son réveille sonnerait trente petites minutes plus tard mais un rêve intense le poussait à se retourner contre ses oreillers.
Il se remémorait les affrontements deux jours plus tôt où lui et sa Lady avait combattu une jeune fille akumatisée prétendant faire la pluie et le beau temps.
À un moment, une bourrasque les avait envoyé valser et il s'était retrouver couché sur elle. Ils avaient eu la chance d'éviter que leurs peaux ne se touchent, ce qui l'aurait mis K.O. Mais, lorsqu'il avait doucement bougé son corps positionné entre ses cuisses pour soutenir son poids, elle avait sursauté puis avait lâché un délicieux et minuscule soupir de plaisir ensorcelant. Un soupir qui hantait maintenant Adrien jour et nuit.
Son état émotif avancé le réveilla finalement. Il réalisa immédiatement que son état était aussi physique et prit de grandes respirations pour se calmer.
«Alors, on aurait souhaité sa nuit plus agitée?» ricana le kwami noir en venant flotter au-dessus du lit.
Adrien se redressa en position assise et soutint son front avec sa paume. «Je ne comprends vraiment pas se qui m'arrive» admit-il à Plagg avec qui il se sentait de plus en plus à l'aise. «Je sais bien que je suis sensible à sa présence et que j'ai de forts sentiments pour elle mais comment se fait-il qu'un simple soupir me mette dans un état pareil?»
«Et bien, Adrien, lorsqu'un garçon est attiré par une jeune fille, son corps à une réaction physique qui répond à celui de sa partenaire. Les hommes sont plus attirés par les femmes qui les apprécient. Cela flatte leur ego.»
«Ha, ha très drôle Plagg.» se moqua Adrien ironiquement «Tu oublies à qui tu parles. Je suis LE spécialiste pour faire soupirer les filles. Les filles, les femmes et même les mecs.»
«Mais là je parlais plutôt de soupirs d'extase, comme celle qu'on éprouve en croquant un bon camembert crémeux. Pas de tes jeux de mots miteux qui font se choquer le plus flacide des akumatisés.»
«Euuh, moi aussi Plagg. Je parlais de soupir de désir.» fit Adrien un peu perdu par l'histoire du fromage.
Et le petit kwami tomba des nues. Sa bouche s'ouvrit toute grande et les bras minuscules tombèrent vers le sol.
«Mais enfin Plagg pour qui me prends-tu?» questionna Adrien.
Il se leva et jeta un regard sombre à la date du jour affichée sur l'écran de son ordinateur en passant devant son bureau. Puis, il poursuivit vers sa salle de bain. Il avait besoin d'une bonne douche.
Alors que les jets chauds de sa douche de luxe frappaient sa peau, il se rappela l'enfance qu'il avait eue. Dix-sept ans ce jour-là. Pourtant il avait vécu assez d'aventures dans sa vie pour penser en avoir le double.
Il avait voyagé partout dans le monde, étant devenu mannequin international à onze ans et… véritablement autre chose à treize.
D'une séance photo après l'autre, il avait conquis l'Amérique et l'Asie. Mais tout cela ne pesait que légèrement sur son esprit en comparaison de son autre travail.
Toute sa vie, Adrien avait su que sa mère était la porteuse du miraculous du Paon. Elle avait entraîné son fils pour qu'il fasse le bien dans le monde. Lui confiant des missions de plus en plus élaborées avec les années.
Adrien était devenu spécialiste en infiltration et recouvrement.
Finalement, c'était un voleur. Un voleur de haut vol.
Il entrait chez les gens de toutes les manières possibles, que ce soit le charme, la ruse ou la discrétion. Malgré son jeune âge, Adrien savait déjà mentir, manipuler et séduire comme un pro. Il savait aussi utiliser tous les avantages que son physique et sa belle gueule lui procuraient. Le fait de grandir vite pour son âge aidait aussi.
Il pouvait se maquiller et s'habiller de la manière exacte nécessaire pour être celui qu'il voulait devenir. Mais bien souvent, simplement la confiance en lui-même lui permettait d'être vu par les gens tel qu'il voulait qu'ils le considèrent.
Il pouvait paraître plus jeune ou plus âgé de la seul combinaison de son regard et de son vocabulaire et même passé pour une fille avec la bonne perruque. Sa seule faiblesse était qu'il décrochait de son rôle lorsqu'il le gardait trop longtemps, ce qu'il n'avait que rarement eu à faire jusqu'à présent.
Quel dommage que son apparence de ChatNoir lui vole ses trois atouts de charmes habituels. Ses yeux étaient cachés par des lentilles, son sourire remplie de crocs et ses mains griffues. Plagg disait qu'il avait lui-même choisit inconsciemment les forces de sa transformation mais il ne voyait pas pourquoi il se serait imposé de telles limites si ce n'était le défi de les surmonter.
Il ne doutait pas que LadyFlamme lui serait tombée dans les bras en moins de deux s'il avait pu utiliser ses atouts habituels. Évidemment, avec elle c'était différent. Il ne voulait pas que la charmer puis disparaître. C'était sa co-équipière après tout.
Et de plus en plus, il était persuadé qu'il la voulait pour très longtemps dans sa vie. Il savait qu'il avait eu le coup de foudre pour elle mais est-ce que ses sentiments pouvaient être beaucoup plus... passionnés?
Et repensant à la dernière mission où il avait séduit une jeune fille, il se dit qu'il valait peut-être mieux garder son charme destructeur loin de sa Lady finalement. Il ne souhaitait en aucun cas prendre le risque de la blesser. Elle pouvait paraître forte face aux akumatisés et sous l'œil des parisiens mais, sous sa surface enflammée, brûlait un cœur fragile qu'il était peut-être le seul à avoir découvert.
Depuis très longtemps, Adrien se servait de son charme comme d'une arme. Il savait conquérir d'un seul regard. Il pouvait faire tomber amoureuse une fille avec un seul baiser, savait donner du plaisir aux filles (et aux garçons) avec quelques coups de poignet, pourtant, il n'avait jamais rencontré une personne qu'il eu désiré embrasser autant que sa Lady, précisément celle qui ne pouvait être embrassée par personne.
La pensée de la jeune fille à qui il avait fait tant de mal à l'automne se fit un chemin dans sa tête couvrant d'un nuage sombre la joie qu'il aurait pu éprouver de finalement fêter l'un de ses anniversaires avec de véritables amis comme cela avait été son rêve de gamin. Il avait honte de ce qu'il avait fait.
Elle avait à peine quinze ans et c'était son anniversaire à elle aussi. Et elle aussi ne devait rêver que de le fêter avec ses amis et passer une bonne soirée dont elle se souviendrait avec bonheur toute sa vie.
Il l'avait séduite durant la méga fête où il avait réussit à se faire inviter. Elle avait tellement craqué pour lui qu'elle avait accepté de monter à sa chambre pour passer un moment seul avec cet inconnu. Il avait tout de suite comprit qu'elle n'avait aucune expérience et que c'était une petite demoiselle qui entrait pour la première fois en contact avec le côté aventureux et audacieux de sa personne.
Il l'avait tellement bien manipulé, qu'elle avait accepté qu'il la ligote à son lit lorsqu'il lui avait promit une incroyable expérience sensoriel.
Mais il l'avait plutôt abandonné très rapidement sur place dès qu'elle avait été attachée pour se faufiler dans le bureau personnel de son père et détruire des documents importants.
Seulement, en repassant devant la chambre de la jeune fille qu'il avait l'intention de laisser aux bons soins de ses proches amies, il l'avait entendu pleurer.
Immobilisée et bâillonnée comme elle l'avait été par ses soins, elle n'avait pas pu se défendre ou appeler à l'aide lorsqu'un des invités un peu trop imbibé d'alcool avait décidé de profiter de la situation pour la violer.
Tout ce qu'il avait pu faire pour réparer ses tords avait été d'offrir une bonne correction à ce type. Mais c'était déjà trop tard pour éviter que la fille ne soit blessée physiquement et émotionnellement.
À son avis, cela ne serrait jamais arrivé si sa mère avait toujours été présente. Elle l'aurait avertie du danger et comme à son habitude, il aurait pu éviter que des innocents ne soit blessés. Il venait alors, juste de la perdre mais, il avait décidé de tout de même faire cette mission de routine déjà planifiée en attendant de pouvoir la retrouver.
Adrien était jadis fier d'avoir réussit toutes ses missions sans avoir eu à perdre sa virginité en cours de route ou à compromettre véritablement son identité. Mais cet échec avait ébranlé ses valeurs et mit un terme à sa carrière de séducteur et aussi d'espion. Il se refusait de faire à nouveau du mal à quelqu'un pour parvenir à ses fins.
Au moins avec son costume de ChatNoir, il annonçait la couleur : il pouvait être dangereux mais ne souhaitait pas l'être. Et il y avait aussi LadyFlamme.
Il ne faisait plus tout à fait confiance à son sens moral auprès des innocents mais s'il faisait une erreur en suivant ses indications, elle était là pour le retenir. D'un autre côté, elle était inexpérimentée et ne mesurait pas toujours la portée de ses actes comme il pouvait les prévoir et c'était à ce moment que le fait qu'elle le considère comme un co-équipier et non un subordonné prenait toute son importance. Parce que, même si elle dirigeait l'assaut, elle était à l'écoute de ses idées.
En quelque part, Adrien était aussi déçu que sa mère ne soit pas présente pour son anniversaire. Lorsqu'elle lui avait été enlevée et qu'il avait décidé d'abandonner les missions, son père l'avait convaincu de se consacré uniquement à sa carrière de mannequin et de vedette.
Pour ce faire, il l'avait ramené à Paris pour le lancement d'une nouvelle campagne de publicité pour le nouveau parfum de la marque.
Se sentant coupable de ce qui venait d'arriver à l'époque et de ne pas savoir comment retrouver sa mère qui était gravement blessée au moment de sa disparition, Adrien avait accepté l'offre de son père comme une planche de salut.
Cependant, Monsieur Agreste avait assortie sa proposition d'une condition. Adrien devait s'impliquer complètement dans cette nouvelle vie et s'y consacrer entièrement. Son père avait encore rajouté à son sentiment de culpabilité en lui rappelant qu'il était encore son père et que, peu importe comment sa mère l'avait élevé, lui aussi savait ce qui était bon pour lui.
Son père était-il responsable de la disparition de sa mère? Adrien n'avait pas obtenu de vraies réponses sur le sujet. Dire qu'il se voyait déjà comme un fantastique espion international à quatorze ans et qu'il n'arrivait même pas à trouver des indices sur la disparition de sa propre mère et collègue!
La mine basse et légèrement frustré, il descendit prendre son petit-déjeuner constatant la liste de son planning tout aussi chargé qu'à la normale. Il souhaita pouvoir prendre congé pour la journée et simplement s'amuser pour une fois comme si le monde ne reposait pas sur ses épaules.
Pourquoi fallait-il que son père l'accable et le culpabilise chaque fois qu'il dérogeait un temps soit peu à l'ensemble de ses obligations? Ce n'était pas comme si la réalité allait se déchirer en lambeaux s'il oubliait de se brosser les dents!
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Marinette était fébrile. Elle savait qu'aujourd'hui était l'anniversaire d'Adrien. Elle ne pensait qu'à lui depuis quatre semaines. Elle lui avait même préparé un cadeau qu'elle avait fait elle-même et voulait lui offrir aujourd'hui. Mais, elle se devait de le faire lorsqu'ils seraient seuls.
Quel scandale si quelqu'un la voyait faire! Officiellement et aux yeux de tous, elle était la simple et sage fille du boulanger qui avait eu la chance d'être remarquée et choisie par ce riche héritier qui partageait sa passion pour le dessin. Tout le monde les regardaient comme les personnages principaux d'un conte de fée sans même se demander si c'était ce dont elle avait envie.
Aucune occasion de remettre son présent à Adrien ne se présenta durant la journée d'école par contre. Tout ce qu'elle réussit à faire, fut de le placer dans la boîte du courrier du manoir.
Depuis leur rencontre sur la terrasse, il n'avait plus fait aucun geste charmeur vers elle. Restant résolument dans les limites de l'amitié avec elle. Et c'était bien dommage parce qu'elle-même bafouillait maintenant d'embarra en sa présence et qu'à son plus grand agacement, elle ne pouvait lui dire ce qu'elle ressentait ou se rapprocher de lui. Au moins la considérait-il comme une amie et non une étrangère qui ne méritait pas d'être son égal.
Elle rêvassait devant son dîner en pensant à lui lorsque sa mère fut aspirée par une bulle et emportée dans le ciel.
Sortant dans la rue, LadyFlamme trouva un tas de voiture accidentées, laissées à l'abandon par les adultes kidnappés.
Des enfants de quatre ou cinq ans seuls sur les trottoirs pleuraient de peur et elle dû agir vite pour éviter à un landau seul au milieu de la rue d'être percuté par une voiture qui avançait doucement.
Déjà des adolescents prenaient en charge les plus jeunes autour d'elle mais combien d'autres y en avait-il en grave danger? Elle savait qu'elle devait rapidement trouver l'akumatisé mais, elle fit un arrêt à la station de télévision déserte.
«Je m'adresse aux adolescents et aux adolescentes de Paris. Un nouvel akuma est apparu et à enlevé tous les adultes. Regarder autour de vous, des tout-petits sont seuls et en danger. Des nourrissons sont sur des tables à langer à l'instant où je vous parle et attendent qu'un parent s'en occupe. C'est à vous d'assurer leur sécurité. N'hésitez pas à défoncer des portes pour les poser au sol ou dans leur parc. Leurs vies dépendent de vous!»
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Deux heures plus tard, elle transportait des bout'choux blessés à travers le ciel parisien. Son pouvoir de contrôle sur la magie de l'akuma avait ramené tous les adultes les pieds sur terre mais n'avait rien pu faire pour les problèmes que leur absence avait causé.
Naturellement, il y avait d'autres dégâts. Des cuisinières restées allumées avaient généré des incendies, les routes étaient bloquées à cause de toutes les voitures abîmées. Mais LadyFlamme accordait sa priorité aux vies plutôt qu'aux biens matériels.
Comme elle venait tout juste d'expliquer vertement au Maire qui l'avait croisé alors qu'elle déposait un autre poupon et son frère juste un peu plus vieux aux urgences, elle n'était pas responsable de tous cela, le Papillon l'était!
Alors qu'elle quittait l'hôpital pour retourner aider, il lui avait crié que si elle refusait de rendre son miraculous, elle devenait responsable. Et elle n'avait pas eu le temps de répliquer comme elle l'aurait voulu. Le sujet était trop vaste et elle-même n'avait pas toutes les réponses. Pour l'instant, elle devait faire confiance à Tikki.
Plus tard dans la nuit, après que ses parents l'ait sermonnée pour son absence prolongée, après que Tikki lui ai expliqué que si le Papillon avait les deux miraculeux les plus forts en main, il serait imbattable, elle prit enfin le temps de réfléchir aux circonstances elles-mêmes du combat contre le vilain. À l'aspect beaucoup plus personnel de cette journée.
L'agent du Papillon était Nino cette fois-ci. Et il tenait mordicus à faire une fête d'anniversaire pour son nouveau meilleur ami. Il avait contraint tous les élèves de leur classe à se joindre à la fête mais l'avait oublié, elle.
Si le meilleur ami d'Adrien n'avait même pas pensé à inviter Marinette à la fête de son ami, c'était probablement qu'elle n'avait aucune véritable importance à leurs yeux. Adrien ne devait jamais parlé d'elle à Nino, peut-être même la voyaient-ils seulement dans le rôle de serveuse qu'elle tenait parfois.
Le sommeil l'emporta peu après mais le lendemain soir, qui était enfin un samedi, elle rentra tôt du dîner de bienfaisance où elle avait travaillé et malgré sa fatigue, demanda à Tikki de la transformer.
Flottant sans bruit parmi les cheminées, elle arriva en vu du manoir Agreste. Elle n'avait peut-être pas le droit d'inviter Adrien à sortir pour plusieurs raisons, mais son identité d'héroïne lui donnait tout le loisir de lui souhaiter ses meilleurs vœux.
Il fut très surprit de l'apercevoir assise sur le rebord de sa fenêtre ouverte en se retournant à son appel. Elle lui expliqua bien vite sa présence par le fait qu'elle trouvait dommage que sa journée d'anniversaire ait été gâchée.
«En plus, j'ai vu que mon arrivée avait empêché une jeune fille de t'embrasser. J'espère que je n'ai pas déçu tes espoirs d'être avec elle?» Bon, elle allait à la pêche aux informations mais ne pouvait pas s'en priver.
«Non, en fait, tu m'as sauvé d'une situation embarrassante. Chloé est plutôt du genre à s'imaginer des choses. J'avoue que je n'ai peut-être pas été suffisamment clair par le passé mais je n'ai aucun désir d'être avec elle. Seulement, elle ne sait pas accepter un non pour ce qu'il est.»
«Tant mieux si j'ai pu être utile.» dit-elle en se relevant pour partir. «Bon, je vais te laisser alors. Encore une fois, bonne anniversaire. Je suis confuse, je n'ai pas pensé à t'apporter de cadeaux.» se reprocha-t-elle tout à coup.
«LadyFlamme!» la retint-il «Est-ce que je pourrais-, j'aimerais vraiment-, Il est d'usage, lors d'anniversaire, de faire un vœu. Alors, je vais en faire un- et tu décideras si tu acceptes de le réaliser. Je souhaite te prendre dans mes bras.»
«Il est d'usage de ne pas dévoiler son vœu, sinon on dit qu'il ne se réalise pas!» sourit-elle.
«Comment pourrait-il se réaliser si je n'en parle pas?» la voix d'Adrien était douce et caressante et l'héroïne décida de descendre de son perchoir et le jeune homme la prit dans ses bras.
Les mains du garçon se posèrent un peu plus haut que sa taille et deux décharges électriques foncèrent vers son cœur.
«Mon pouvoir…» souffla-t-elle en guise d'avertissement. Elle n'avait aucun contrôle sur lui et craignait qu'il ne s'évanouisse. Elle fut ensuite survoltée lorsque ses longues mains se glissèrent vers le bas de son dos pour la rapprocher de lui.
«Je sais.» répondit-il de même. «Je vais être prudent.» Il se serra contre elle en plaçant son visage au-dessus de son épaule.
Un sentiment particulièrement confortable l'enveloppa et elle se laissa aller à l'étreinte.
Après un moment, elle la desserra mais un éclat de déception traversa les pupilles vertes du blond comme elle était certaine qu'un autre éclat avait aussi traversé son regard. Elle plaça ses mains sur ses yeux pour cacher son regard et se détransforma. Touchant terre dans une douche d'étincelle, elle l'embrassa, caressant sa bouche de ses lèvres.
Lorsqu'il répondit au baiser en glissant sa langue à la rencontre de la sienne, ils perdirent toute notion de temps et d'espace puisque seul l'autre comptait.
Le sang était monté au cerveau du garçon et un feu d'artifice explosait dans sa tête. Jamais encore il n'avait ressentit cela. Ses points se serrèrent sur le vêtement sous ses doigts et il gémit sur ses lèvres, avalant le petit cri qu'elle-même avait poussé contre sa langue.
Il réalisa alors que dans son enthousiasme, il l'embrassait sans manière ni logique. Un vrai débutant! Parcourant son dos et sa bouche dans un désordre complet de gourmandise et de surréel. Il avait si faim d'elle!
Honteux, il mit fin au baiser et cacha son visage dans son cou qui sentait particulièrement bon.
Elle se retransforma en haletant et ils se regardèrent intensément, se perdant dans les iris de la personne qu'ils aimaient.
«Est-ce que tu avais déjà été embrassée comme ça?» demanda l'ego du jeune homme. Il avait tenue bon nombre de femmes dans ses bras mais refusait d'accepter que sa Lady ait appartenu à un autre.
«Non jamais. Jamais comme ça.» répondit-elle. Nathaniel et elle étaient passés des baisers sur la joue aux baisers chastes sur les lèvres après quelques mois de fréquentations mais elle n'avait pas ressenti beaucoup de différence entre la joue ou les lèvres. C'étaient des bises et non des baisers.
«Et toi?» retourna-t-elle timidement.
«Je n'ai jamais ressenti de telles sensations auparavant! Je n'ai jamais beaucoup aimé embrassé. Probablement parce que ça n'était pas avec toi on dirait.» Jamais encore il n'avait comprit pourquoi les filles aimaient l'embrasser. Jamais encore, il n'était tombé amoureux. Mais ces mots, ce n'était pas à Adrien de les dire. C'était à ChatNoir de parler d'amour à sa Lady.
Elle sauta rapidement sur le cadre de la fenêtre et avoua sans se retourner. «Si seulement la vie n'était pas aussi compliquée, il y aurait peut-être un nous.»
Avant qu'il ne puisse faire ou demander quoi que ce soit, elle avait déjà disparue dans la nuit.
