Marinette avait toujours été trop occupée au goût d'Alya mais, elle était ainsi et son amie l'acceptait comme elle était : lunatique, préoccupée par mille projets en même temps. Marinette n'hésitait jamais à dévier de sa route pour aider une personne en détresse et en plus, elle ne savait pas dire non lorsqu'on lui demandait un service.

Il était même très facile de la voir comme la bonne poire à qui refiler une corvée qu'on ne voulait pas faire. Mais, normalement, Marinette ne cachait rien à sa meilleure amie. Ce n'était pas qu'elle l'abreuvait du récit de sa vie quotidienne. Marinette avait son jardin secret, sa vie d'artiste qu'elle ne partageait pas avec tous. Même Alya et ses parents qui savaient pour sa vie intime un peu marginale, ne savait pas tout dans les moindres détails de cet aspect de sa vie.

Cependant, Alya s'était toujours flatté de pouvoir deviner ce qui arrivait dans la vie de la jeune femme. Si elle était préoccupée, surmenée, anxieuse tout se lisait sur son visage. Et chaque fois qu'Alya se préoccupait de lui demander comment elle allait, Marinette répondait à ses questions clairement et ouvertement sans rien lui cacher.

Mais depuis quelques semaines, cela avait changé. Marinette avait un secret, Alya pouvait le sentir. Par contre, Marinette refusait de dévoiler ce secret à Alya. Elle refusait même de reconnaître qu'elle cachait quelque chose à son amie.

Alya ne comprenait pas de quoi il pouvait s'agir mais cela l'inquiétait. Parce qu'en début d'année, lorsque Marinette était tombée amoureuse d'Adrien et que cela avait bouleversé sa vie en y ajoutant un dilemme de plus, Alya avait sentit son amie s'éloigner d'elle dans une mauvaise direction.

Adrien était soit un homme à femme très discret avec ses conquêtes, soit il n'était simplement pas intéressé. Parce que, sérieusement, ce type avait des nuées de femelles qui lui tournaient autour, mais il n'était encore sorti avec personne à la connaissance d'Alya. Et Alya savait tout!

Alors, possibilité numéro 1 : Marinette et Adrien disparaissaient pour se faire des câlins, ce qui était possible puisqu'ils étaient souvent introuvables aux même moments. Possibilité numéro 2 : Marinette espionnait Adrien lorsqu'il était avec une autre fille et elle se torturait en parce que cette n'était pas elle.

Ou, possibilité numéro 3 : Marinette s'était laissée embarqué dans un projet super bizarre et dangereux pour oublier combien il était difficile pour elle d'obtenir Adrien.

Peu importe ce que c'était, Marinette cachait quelque chose à sa meilleure amie et elle le lui cachait férocement. Donc, cela voulait dire qu'elle accordait plus d'importance à ce secret qu'à leur amitié.

Et c'était la raison pour laquelle les deux amies avaient eu des mots amers la veille. Alya avait confronté directement Marinette et celle-ci avait, encore une fois, détourné la conversation et prit Alya pour une poire.

Donc, ce matin, lorsqu'Alya avait aperçu de loin la perruque noire et la panoplie aux couleurs d'incendie dans le casier de Chloé, elle ne s'était pas tournée vers Marinette pour obtenir sa complicité. Elle s'était tournée vers Nino qui cherchait Adrien qui avait encore une fois disparue des corridors de l'école.

C'est avec lui qu'elle avait partagé ses soupçons concernant la possibilité que Chloé soit LadyFlamme. Cachés ensembles pour l'observer de loin, Nino émit des doutes.

«Cette fille ne peut pas être une super-héroïne, cool et sympathique, son but dans la vie est de se faire plaisir et son principale plaisir, c'est de blesser les gens.»

«C'est peut-être une image pour la galerie. Un truc pour mener les gens selon son bon vouloir. Malgré elle, elle n'avait pas d'autre choix que de mener les gens par la peur avant mais maintenant qu'elle a des pouvoirs, elle peut se permettre d'être aimable. Sauf qu'elle garde cette façade parce qu'elle est coincée avec cette réputation maintenant. Tout le monde s'attends à ce que la fille du maire soit hautaine et snob.»

«Soit tu lis trop de romans, soit tu devrais en écrire!» se moqua Nino. «C'est trop tiré par les cheveux ton truc.»

«Écoute, je ne connais pas encore son histoire, c'est pour cela qu'il faut que je l'espionne mais je suis certaine que Chloé à un secret et je compte bien le découvrir!»

Ainsi les deux complices suivirent Chloé toute la journée, prenant photos sur photos et pour finir, ils se faufilèrent dans le corridor devant la chambre de l'hôtel de Chloé. Comme bien souvent, Sabrina était avec elle mais, ce n'était pas l'heure des devoirs. De la musique et des bruits de course leur provenait de la chambre. Il semblait que les bonnes auraient du rangement à faire le lendemain.

Déguisés pour passer pour des touristes qui attendaient dans le couloir, ils profitèrent du moment où l'un des employés de l'hôtel apporta une commande à cette chambre pour prendre une photo de l'intérieur.

C'est Sabrina qui vint ouvrir la porte. Et en fait, chose très étrange, celle-ci était entièrement déguisée comme ChatNoir.

Mais le fin mot de l'histoire, celui qui intéresserait tout Paris, était Chloé, costumée en LadyFlamme et virevoltant en arrière plant de cette photographie exclusive qu'Alya avait obtenue.

Nino et Alya, tous deux secoués par cette vision, ne prirent pas garde à Sabrina qui les remarqua dans le couloir autrement vide.

«Chloé, c'est Alya! Elle est en train de t'espionner!» l'alerta la rouquine qui était certainement aussi honteuse d'avoir été photographiée habillée de cuir noir moulant.

«Ça ne se passera pas comme ça!» promit Chloé en arrivant à la porte de sa chambre en courant.

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Une heure plus tard, Alya était dans le bureau du Maire depuis lequel il gérait l'Hôtel. Les policiers étaient présents pour recueillir la plainte de Chloé. La seule raison pour laquelle Alya n'avait pas encore les menottes au poignet en étant accusée de voyeurisme était que les policiers refusaient que le Maire fasse de l'ingérence dans un dossier concernant sa fille.

Alya avait déjà reçu une lecture de la part de Monsieur Bourgeois et souhaitait maintenant de tout cœur que Marinette soit avec elle dans ce bureau. Pas qu'elle aurait souhaité que son amie ait aussi des ennuies mais Marinette réagissait formidablement pour trouver des solutions idéales lorsqu'elle était sous une pression de la sorte. Elle aurait pu sauver Alya.

Sa mère entra dans le bureau et commença à discuter avec son employeur pour défendre sa fille de la panique ambiante. Comme si Alya ne se sentait pas encore suffisamment coupable comme cela!

Tout à coup, son téléphone émis une alerte l'informant d'une nouvelle publication circulant sur les médias sociaux qu'elle suivait et Alya capta le rictus suffisant de Chloé qui tenait son téléphone en main depuis un bout de temps de l'autre côté de la pièce.

Intriguée, Alya ouvrit son téléphone pour voir le message.

"Grande nouvelle : Alya Césaire crois que moi et LadyFlamme ne sommes qu'une seule et même personne! Ce serait flatteur si ça ne venait de quelqu'un avec un cerveau aussi ramolli. Mais qu'est-ce qu'elle croit? Que j'ai engagé une comédienne pour jouer mon propre rôle à ma grande soirée? Je dis que quelqu'un d'aussi naïf ne devrait pas s'occuper de nos chroniques mondaines puisqu'on peut lui faire croire n'importe quoi et qu'elle ne se fit qu'à de simples ragots."

S'en suivait l'une des photos qu'elle avait prises elle-même lors de la soirée et où on voyait à la fois Chloé et LadyFlamme. Alya n'avait pas distribuée cette photo. Sabrina avait dû réussir à entrer chez elle pour l'obtenir sur son ordinateur.

«Quelle sale peste! Tu n'es qu'une ordure.» s'écria Alya en colère. Elle se leva de sa chaise et s'avança pour confronter Chloé.

«Alya!» avertie sa mère. «De tous les moments que tu pourrais choisir pour envenimer la situation ce n'est vraiment pas la meilleure!» reprocha-t-elle.

«Mais maman, Chloé vint de poster-» se défendit Alya.

«Peu importe que ce qu'il y a sur les réseaux sociaux. Là, c'est de la vie réelle qu'il s'agit. Si toutes ces recherches que tu t'amuses à mener te montent à la tête, je vais te les interdire! Donne-moi tout de suite ton téléphone.»

Alya baissa les yeux vers sa main. Il y avait toute sa vie dans ce téléphone. Et comment se défendrait-elle de Chloé sans lui?

Préférant le garder, quitte à s'attirer plus d'ennuie plus tard, Alya s'enfuie de la pièce aussi vite qu'une gazelle.

Cachée dans les méandres perdus de l'Hôtel, elle se laissa glisser contre un mur et tenta de nouveau de joindre Marinette mais ne tomba que sur son répondeur une fois de plus. Elle savait que son salut viendrait de son téléphone mais ignorait de quelle façon.

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Une heure plus tard, le téléphone d'Adrien sonna de nouveau alors qu'il révisait dans sa chambre.

Sur l'écran, le visage d'une super-vilaine qui ne pouvait être que sa camarade de classe fit une grande déclaration.

«Salut les buggeurs. Je suis Lady-Wifi et mon prochain scoop sera de vous dévoiler qui se cache derrière le masque de LadyFlamme! Restez connectés…»

Adrien était pratiquement sur place. Il n'eut qu'à enfiler l'uniforme et à grimper sur son toit pour prendre un poste d'observation en hauteur. Si Alya pensait une heure plus tôt que Chloé était LadyFlamme, que Chloé l'avait humilié en retour et que maintenant que le Papillon l'avait capturé, si Alya décidait de confondre l'héroïne sur son identité, Chloé serait la cible la plus probable.

Chloé se sentait de nouveau libre de danser librement dans sa tenue chatoyante révélatrice maintenant qu'elle pensait qu'Alya n'était plus d'actualité.

Adrien s'étouffa en voyant Chloé avec l'uniforme de sa partenaire via la caméra de son bâton. Chloé avait-elle volé les miraculous? Sa Lady avait-elle pu renoncer à son devoir et à sa vie d'aventure?

« C'est vilain d'espionner les gens, Chaton. » le fit sursauter une voix derrière lui.

« Oh, mais en l'occurrence non, puisqu'il s'agit d'espionner une vilaine… ou de protéger une victime. » ChatNoir se redressa et poursuivie : « Content de voir que tu habites toujours ces formes moulantes qu'il me fait tant plaisir de contempler. » flirta-il en se penchant pour tenter une nouvelle fois de lui faire un baisemain.

« Qu'est-ce que tu fais? » s'épouvanta LadyFlamme en retirant sa main précipitamment. « J'ai sentie un mouvement sur mon gant. Tu as essayé d'embrasser mon poignet? Mais c'est terriblement dangereux, ChatNoir! Et surtout, je n'ai aucune envie d'avoir tes pensées dans ma tête! »

« Oh, ma Lady, si tu savais comment je te vois, tu ne pourrais que succomber à tant d'admiration! Je suis certain qu'un petit évanouissant de courte durée n'est rien à côté. » susurra-t-il amoureusement.

« Comme si j'avais envie d'être contaminée par tes pensées perverses! Garde plutôt ça pour toutes les autres filles après qui tu cours.» fit-elle avec dégoût.

«Je ne cours pas après les filles. Je n'en ai aucun besoin. J'en ai déjà plus à mes trousses que je n'en voudrais. Au point où je suis obligé de me cacher pour ne pas faire de jalouse!» se vanta-t-il mais ce n'était que sa nouvelle réalité.

LadyFlamme roula des yeux et répliqua : «Alors, autant nous occuper de cet akuma au plus vite pour que tu puisses aller contenter tes conquêtes.» Elle traversa la distance la séparant de l'hôtel à l'aide de son yoyo.

«Il n'y a aucune urgence. Je vais être en retard pour l'escrime de toute façon! Tout mon temps est à toi.» lâcha-t-il en bondissant à sa suite.

«Tu fais vraiment de l'escrime?» répondit-elle, surprise, en touchant le balcon de la chambre de Chloé d'un côté de la grande porte fenêtre.

«Ne me dis pas que ça t'étonne, tout de même?» souffla-t-il en prenant le côté opposé.

«Non, mais tu ne devais pas me donner de détails aussi personnels sur toi.» reprocha-t-elle en fronçant les sourcils.

«Allons, ce n'est pas comme si j'étais le seul ado qui fait de l'escrime à Paris!» s'exclama-t-il. «Ni comme si on se connaissait sans les masques…» réfléchit-il à demi-mot. Pourquoi ne pouvaient-ils pas en apprendre un peu plus l'un sur l'autre? Toutes ses petites choses qu'il aurait aimé savoir sur elle. Quelle était sa couleur préféré et comment était son type de garçon…

Ils regardèrent à l'intérieur et virent Lady-Wifi qui s'adressait aux Parisiens via son téléphone. Chloé était magiquement figée dans une pose grotesque.

LadyFlamme décompta sur ses doigts en lui faisant signe puis, ils foncèrent à l'intérieur d'un même mouvement.

L'attaque commença alors véritablement. Les deux héros poursuivaient la marionnette du Papillon partout dans l'Hôtel évacuée.

Trouvant une opportunité, ils décidèrent de se séparer. Comme ChatNoir l'avait montré à LadyFlamme sur une carte accrochée au mur pour la sécurité incendie, ils se dirigeaient vers un couloir formant une boucle. S'ils partaient chacun de leur côté, ils prendraient leur adversaire en tenaille.

C'est lui qui la trouva le premier, le trajet de LadyFlamme était plus long. Il s'employa alors à la l'occuper et la retenir sur place. Cela laisserait une marge de manœuvre à sa partenaire pour faire appel à ses pouvoirs magiques et la prendre à revers.

Usant de toutes les feintes du manuel, ChatNoir évitait les tirs paralysant de Lady-Wifi avec des bonds impressionnants. Dans ce couloir étroit, ce n'était pas une mince affaire. Surtout qu'il essayait aussi de se rapprocher du même coup. Mais Lady-Wifi le repérait à chaque fois et l'obligeait à reculer.

«Tu ne m'empêcheras pas de coincer ta petite coccinelle.» fit Lady-Wifi d'une voix malsaine. «JE serai la première à dévoiler ce scoop. Ce sera le plus gros scoop de l'année et à mon tour d'être immensément célèbre! Je serai celle qui aura découvert la vérité. Tout le monde suivra mon blog et pas seulement Paris mais la France et aussi le monde entier!»

«Tu vendrais ton héroïne pour un scoop? C'est vraiment pour cette raison que tu l'admires depuis ses débuts? Penses-y un peu. Que vaudrait ta gloire sans l'amitié de LadyFlamme? Et si elle voulait vraiment que les gens sachent qui elle est, elle ne porterait pas de masque. À mon avis, elle serait plutôt en pétard si tu révélais son identité en direct.» la raisonna-t-il. «Ça ne vaut vraiment pas le coup. La célébrité est beaucoup moins intéressante qu'on le croit.»

Tout à coup, il la vie se retrouver sur sa gauche pour diriger ses tirs dans l'autre couloir et profita de la distraction pour plonger vers le téléphone. Ce qu'il découvrit cependant fut une LadyFlamme très en difficulté et il décida de l'éloigner de là en passant au travers de la porte de l'escalier avec elle.

«Nouveau plan.» proposa sa co-équipière. «On l'entraîne jusqu'au sous-sol là où il n'y a pas de réseaux!»

«Message bien reçu, ma Lady.» plaisanta-t-il.

ChatNoir était heureux. Il pouvait enfin se sentir libre. Il filait comme le vent, accueillant avec bonheur celui-ci qui lui fouettait le visage. Il bondissait d'un côté à l'autre de l'escalier comme s'il était une rafale qui s'y serait engouffrée.

Quel contraste entre ces aventures et son quotidien réglé comme une horloge! C'était encore meilleur que son ancienne vie. Faire de l'infiltration apportait sa dose d'adrénaline mais se démener de la sorte et pouvoir bouger autant qu'il le voulait, c'était tellement plus agréable.

Et en plus, il n'était pas seul. Il travaillait maintenant avec une superbe co-équipière. Il était tellement heureux avec elle. Il n'aurait pas pu demander une meilleure partenaire. Il en avait les larmes aux yeux de reconnaissance.

En plus, s'il l'avait trouvée adorable à leur première rencontre, époustouflante à la deuxième, aujourd'hui, elle était simplement merveilleuse. Elle débordait d'assurance, de chance, c'était une gagnante et il sentait qu'auprès d'elle rien de mal ne lui arriverait jamais. Il avait une complète confiance en elle, réalisa-t-il.

Des fragments des quelques combats qu'ils avaient déjà mené lui revinrent en mémoire. Comment ils se complétaient dans la bataille. Comment, elle avait une imagination follement fertile. Comment elle savait veiller sur lui. Comment elle-même comptait sur lui et lui retournait sa confiance.

Et elle était magnifique à regarder, son uniforme se transformait à chacun de ses mouvements. Elle était souple et impétueuse comme une flamme vivante et la couleur de son uniforme rendait la danse de ses gestes hypnotisante.

S'il n'avait qu'un seul désir en cet instant s'aurait été que sa vie soit toujours comme ça. Avec elle à ses côtés, il se sentait capable de tout. Sa présence dans sa vie quotidienne aurait métamorphosé complètement sa vie.

Et si elle n'était pas si loin de lui en réalité? Simplement cachée derrière un masque attendant une chance de faire de sa vie un endroit magnifique? Si elle était l'une des élèves de son lycée qu'il n'avait pas encore rencontré? Ou une universitaire qui habitait les rues de ce quartier qu'il n'avait pas le droit de parcourir seul?

C'était peut-être toute cette histoire avec Alya qui le mélangeait, mais il sentait qu'il était temps qu'ils se révèlent leurs secrets. Ils se faisaient maintenant confiance après tout. Il voulait tellement la connaitre et pouvoir la retrouver plus souvent. Ce n'était qu'un rêve bien sûr mais un si beau!

«Qu'est-ce que tu fais lorsque tu n'es pas héroïne?» s'entendit-il demander.

«Je ne fais pas d'escrime, si c'est ce que tu veux savoir.» lui répondit-elle en remontant les escaliers vers une porte qui n'était pas verrouillée puisque le plan B n'avait pas marché non plus.

«Non, je me disais simplement que si ça se trouve on se connait déjà dans la vraie vie.» tenta-t-il de nouveau.

«Ça, ça m'étonnerait beaucoup.» lui répondit-elle en prenant position. Un tel fanfaron, elle l'aurait remarqué!

Lui aussi en aurait été étonné, il devait l'admettre. Même s'il fréquentait maintenant tellement plus de personnes au quotidien qu'avant, il ne fréquentait toujours qu'un cercle social qui avait des limites. Si elle n'était pas de la classe privilégiée qui habitait les alentours, il avait peu de chance de la croiser au quotidien.

Une seule solution, l'inviter dans sa vie en sachant qui elle était véritablement et en lui dévoilant son identité. Ainsi, ils pourraient sortirent ensemble et toujours être présents l'un pour l'autre.

«Prépare-toi. C'est surement un piège. C'est la seule porte qu'elle n'a pas verrouillée.» avertie la flamboyante héroïne.

Ils ne pouvaient qu'être attendus, effectivement. Mais était-ce le piège? Parce qu'il y avait sans contredit un piège mais là, c'était si gros que ça aurait pu être la diversion. Lady-Wifi avait certainement un atout dans sa manche qu'elle n'avait pas encore dévoilé.

Si ses souvenirs étaient exacts, cet endroit était la salle de réception avec les tables du restaurant de l'hôtel et la cuisine derrière. Quel ironie qu'Alya les ait conduit directement à l'endroit où travaillait sa mère.

Mais même si l'endroit était familier pour Alya, cela ne surclassait pas l'habitude de ChatNoir de se battre dans des hôtels qu'il ne connaissait pas très bien. Il avait déjà deux idées de défense si l'attaque venait de la droite, il suivrait son instinct si elle venait de la gauche, se fiant à ses muscles et si elle surgissait de sous une table, la meilleure chose serait de sauter par-dessus elle pour la déstabiliser.

Puis, ils foncèrent. Mais à l'intérieur, aucune attaque. Ni venant du haut, ni du bas, ni d'une cachette. Alya n'était nulle part. Même ses sens surdéveloppés le lui assuraient.

«Ben, j'étais prêt moi!» dit-il avec déconvenue. Et tous ses magnifiques plans alors?

«Suis-moi.» l'entraîna LadyFlamme posément.

«Comment est-elle partie? Et c'est quoi tous ces téléphones?» eut-il le temps de demander avant d'avoir sa réponse.

Lady-Wifi apparu alors, sortant d'un appareil posé sur l'une des tables.

Aussitôt, elle s'afféra à les séparer en s'acharnant sur lui. Des tirs en rafale pleuvaient sur lui et encore une fois, il dû se démener pour rester sauf. Au moins cette fois, LadyFlamme était-elle sur place pour pourvoir admirer tous ses merveilleux mouvements de souplesse.

«Mais pourquoi elle s'acharne sur moi comme ça? Je croyais qu'elle en avait après toi.» Ça ne coûtait rien de demander, il avait obtenu instantanément la réponse à sa précédente question.

Mais pour toute réponse, il ne reçu cette fois qu'une série de projectiles qui le laissèrent sonnés et au sol alors qu'il avait tout juste réussit à les détruire avec de rapides et précis mouvements de son arme. Mais l'impact avait été violent.

Heureusement, LadyFlamme prit le relais et entraîna Lady-Wifi dans un jeu d'esquive.

Seulement, les filles se retrouvèrent bien vite séparées de lui lorsqu'elles franchirent la porte des cuisines.

Se remettant sur pied, ChatNoir secoua la tête pour se débarrasser de ses derniers étourdissements, prêt à engager le combat. Mais de nouveau, il frappa un mur et cette fois, littéralement parce que la porte des cuisines était bloquées.

Adrien ne s'était jamais butté à un lieu où il ne pouvait pas entrer et ce n'était pas maintenant qu'il avait le pouvoir de tout détruire que ça allait commencer!

Fouillant sa mémoire et le répertoire de ses ruses habituelles, une épiphanie le frappa : le monte-plat! Il n'en avait plus utilisé depuis quelques années, poussées de croissance obligent, mais l'avantage des pouvoirs magiques c'était cette toute nouvelle souplesse de chat qu'il comptait bien mettre à profit.

«Ton forfait est épuisé Lady-Wifi» taquina-t-il en arrivant dans la cuisine même s'il n'aimait pas du tout ce qu'il avait sous les yeux.

LadyFlamme était coincée contre un mur et leur adversaire était prête à l'exposer sous les yeux de Paris avec l'aide de sa caméra bien en place.

«Si c'est pas romantique. Le chaton est venue sauver sa petite coccinelle à la dernière seconde.» se moqua Alya.

«Je suis pas sa petite coccinelle!» protesta LadyFlamme.

«Ça, on en reparlera un peu plus tard.» lui promit-il en y ajoutant un clin d'œil.

Elle avait peut-être refusé de se rapproché de ChatNoir mais elle avait tout de même offert un magnifique baiser à Adrien quelques semaines plus tôt. Tiendrait-elle toujours le même langage lorsqu'elle saurait qui il était sous le masque? Le tout était qu'elle accepte de le regarder. Et de l'écouter. Mais voudrait-elle seulement le laisser faire?

Lorsque de nouveaux projectiles chargèrent sur lui en groupe, il fut une fois de plus tiré de ses réflexions pour être poussé au combat.

Encore une fois, les puissants symboles roses le déstabilisèrent avec force malgré ses réflexes plus rapides que l'œil humain pour les bloquer avec son bâton.

Sonné et déboussolé, étendu au sol et surpris par le froid polaire soudain de ce congélateur, il entendit la voix de Lady-Wifi au travers de la porte : «Et voilà, vous êtes tous les deux coincés maintenant. On a plus qu'à attendre que ce chat se transforme en glaçon.»

Plagg fut ensuite éjecté de la bague qui roula au sol et Adrien perdit sa super-ouïe. Il essaya frénétiquement de retrouver l'anneau en y apportant toute son attention malgré les plaintes de son kwami.

Il avait déjà connu des froids polaires et n'avait jamais beaucoup aimé. Il avait aussi connu des congélateurs de restauration mais la température de celui-ci lui semblait disproportionnée s'il en croyait le thermostat.

Qu'est-ce que Marléna Césaire pouvait bien avoir en tête en travaillant à une température aussi difficile à supporter?

Juste comme il remit la main sur son miraculous, il entendit la poignée de la porte tournée et activa sa transformation avant de s'effondrer dans les bras de LadyFlamme, profitant sans remord de sa chaleur. Ce corps était paradisiaque, parfaitement dans ses goûts tropicaux!

«ChatNoir?» s'inquiéta-t-elle d'une voix douce.

«Ça va.» la rassura-t-il. «LadyFlamme?» questionna-t-il à son tour en entendant l'avertissement de la boucle d'oreille. «Qu'est-ce qui s'est passé?» demanda-t-il en regardant autour d'eux.

Lady-Wifi était écroulée au sol. L'attaque était finie. Il ne restait plus à l'héroïne qu'à réparer les dégâts directs de l'attaque.

«J'ai… fait ce que j'avais à faire.» répondit-elle la gorge serrée.

«Tu avais les mains liées.» commença-t-il.

«J'ai fait ce que j'avais à faire.» répéta-t-elle en regardant de coté pour éviter son regard. Cette fois, sa voix tenta de faire comme s'il n'y avait rien d'extraordinaire mais ChatNoir pouvait très bien deviner ce qu'elle ne disait pas.

«Je préférerais de beaucoup que tu ne le fasses plus. Pas comme ça. Je suis certain qu'il y a d'autre solution.» Il regarda l'ombre dans sa prunelle. Pas de regret, elle avait foi en la justesse de son action. Mais cela l'avait mis mal à l'aise, elle se sentait coupable. «Fais ça pour moi, tu veux? Oublie que cette méthode de contact physique existe.»

Elle ne fit qu'un petit hochement de tête et bien vite tous deux se retrouvèrent à chercher une cachette pour laisser tomber le masque avant que les employés et les clients ne les trouvent.

ChatNoir décida de saisir sa chance de lui parler.

Il était confiant en ses chances d'entendre LadyFlamme accepter d'échanger son identité avec lui. Elle venait de faire tellement pour lui.

Elle avait embrassé Alya pour la neutraliser sans ses mains avec comme but premier de le délivrer. ChatNoir savait ce qu'il fallait aller chercher à l'intérieur de soi pour être capable d'embrasser pour la première fois une personne vers qui on n'avait pas d'inclinaison. C'était ce que LadyFlamme venait de vivre dans ce combat.

Elle ne pouvait pas ne pas vouloir se rapprocher. Il était certain qu'au fond d'elle, elle ressentait aussi ce lien merveilleux qui les unissait et qu'elle en voulait plus de la même façon que lui.

«Attends, je ne dirai à personne qui tu es. Parole de chat.»

«Personne ne doit savoir qui l'on est. Même pas nous.» déplora-t-elle avant de se cacher.

ChatNoir était certain qu'elle lui faisait confiance. Il savait aussi qu'elle avait de l'attachement pour lui. Mais de toute évidence, elle n'était pas amoureuse de lui comme il était maintenant absolument certain de l'aimer de tout son cœur. Il n'avait plus aucun doute.

Il n'avait jamais été amoureux auparavant mais, le sentiment qui était en lui le rendait trop heureux pour douter de ce dont il s'agissait.

Il ne lui manquait plus qu'une chance de le lui dire. De se déclarer à LadyFlamme. Alors, même si elle n'était pas déjà amoureuse de lui, elle aussi commencerait lentement à l'aimer et il aurait une chance d'être véritablement dans sa vie.