Marinette éclata doucement de rire. «Princesse? Je ressemble à une princesse pour toi? Qu'elle infime partie de moi te rappelle la délicatesse et le surpomponnage?» s'esclaffa-t-elle en parlant avec les mains. «Je suis pieds nus. J'ai des tâches de peinture sur mon jeans, un vieux chandail trop petit, mes cheveux sont tout décoiffés parce que je sors de la douche. Je vie dans une boulangerie et je fais le service lors des réceptions des familles de mes camarades de classe pour payer mes études! C'est d'ailleurs pour ça que je viens de laver mes cheveux, il y avait du gratin perdu dans mes couettes.»

Tout ce que Marinette nommait et autre chose encore envoyaient des chocs électriques d'un bout à l'autre du grand corps du héros. Le chandail trop petit de Marinette et l'anneau assorti d'une perle rose qu'il pouvait voir à son nombril, ne furent oubliés qu'à cause de la flamboyance qui se dévoilait derrière ses iris.

Jamais encore il n'avait été la cible de sa colère. C'était la première fois qu'il avait la chance de voir à quel point elle était extraordinaire lorsque son tempérament de feu s'éveillait et que sa douceur s'envolait.

Peu importe que ce soit dans les cours ou durant une réception, Marinette se comportait calmement et évitait les conflits, les désarmait même souvent. Mais selon toute vraisemblance, la flamme en elle ne demandait qu'à renaître de sous les braises à la première occasion donnée.

Ignorant les sensations qui se promenaient dans toute sa poitrine et jusqu'à son bas-ventre, ChatNoir s'avança vers elle jusqu'à un pas de distance. Il alla chercher sa main et la porta juste devant ses lèvres.

«Lorsque je te vois la nuit en haut de ta tour, cheveux au vent et toute ta personne éclairée par cette lumière douce, à mes yeux, tu es la plus magnifique des princesses qu'on puisse imaginer.» la complimenta-t-il d'une voix douce.

Les joues de Marinette s'embrasèrent doucement sous le compliment mais, elle ne le contredit pas et ne paniqua pas.

Il eut alors la confirmation de ce qu'il espérait. Marinette était intimidée par son identité de mannequin/héritier Agreste mais lorsqu'il n'était que lui-même avec elle, comme il avait pu se le permettre lors des premières fois où il l'avait croisé en tant que ChatNoir, il avait la chance de voir cette fille formidable qu'elle réservait à ses amis les plus proches.

«J'aurais une question pour toi, Marinette. Est-ce que ta relation avec Nathaniel sert principalement à faire plaisir à quelqu'un d'autre que toi-même ou bien est-ce que tu es avec lui parce que tu as… des sentiments pour lui?» demanda-t-il avec un haussement de sourcils suggestif.

Un sourire naquit sur le visage de la jeune fille. Elle savait que pour ChatNoir, flirter était une seconde nature et cela l'amusait uniquement sans la toucher, mais elle souriait aussi parce qu'elle se rappelait ses propres délires improbables où elle rêvait d'être en couple avec lui.

Elle savait pouvoir faire confiance à ChatNoir pour garder le secret sur la nature de sa relation avec Nathaniel aussi décida-t-elle de se confier à lui.

«Je lui ai trouvé quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui est le match parfait pour lui. Il ne peut pas prétendre aimer les femmes toute sa vie simplement pour faire plaisir à sa mère! Seulement, toutes mes chances pour que Nathaniel remarque Marc sont tombées à l'eau parce que maintenant, Nathaniel s'est définitivement amouraché de LadyFlamme et il la voit dans sa soupe depuis que vous l'avez sauvé.» expliqua-t-elle.

ChatNoir haussa les sourcils, il se souvenait assurément de ce combat épique où il avait dû jouer les protecteurs entre Marinette et son petit ami mais n'avait vraiment pas remarqué d'inclinaison particulière ou de 'moments tendres' entre le rouquin et LadyFlamme. Il semblait qu'il s'agisse ici d'un béguin illusoire et gonflé d'admiration.

«Et évidemment» poursuivit la jeune femme «comme il se dit qu'il est très loin de pouvoir être avec elle, il reste avec moi pour ne pas être seul. J'ai même pensé à demander à LadyFlamme de le rejeter doucement mais je crois vraiment que ça ne fera que le pousser à l'aimer plus s'il lui parlait de nouveau face à face.»

«Voilà qui est bien machiavélique!» ronronna ChatNoir. Il aimait bien découvrir ce côté calculateur et rebelle chez la jeune fille. Elle avait tout prévu intelligemment et relever le défi de réussir à s'adresser à LadyFlamme ne la décourageait même pas. «Si tu veux je peux toujours lui expliquer la différence entre les filles et les garçons. Il sera complètement indisponible pour le genre féminin après avoir eu un aperçu de mes tours de passe-passe.» dit-il avec un geste du poignet assez clair et presque vulgaire.

«Je ne doute pas qu'il se mette à utiliser une autre palette de couleur pour ses bandes dessinées de super-héros après une telle expérience avec toi mais, on en resterait toujours au même point.» fit Marinette vraiment très surprise du sérieux de ChatNoir.

Il ne blaguait pas cette fois. Il aurait vraiment été capable de faire ce qu'il proposait. «Nathaniel reporterait tout de même ses sentiments sur toi plutôt que sur Marc. Sauf si tu acceptes de t'occuper de lui régulièrement et plus publiquement?» suggéra-t-elle.

«Loin de moi cette idée. Je connais peut-être de bonnes techniques mais ça ne veut pas dire que j'apprécie les utiliser! Pourquoi est-ce que c'est si important pour toi de te sacrifier pour Nathaniel? Pourquoi dois-tu lui trouver quelqu'un à ce point avant d'en être libérée?» s'effara ChatNoir qui ne comprenait pas.

«Parce que je… bien… Pour commencer, si je ne le fais pas, Mme Kurtzberg sera dévastée. Nathaniel perdra ses repères. Il y aura du drame… Il est dépendant de moi, de ma présence officielle près de lui dois-je préciser. J'ai disparue de son radar le jour où LadyFlamme est apparue, il a cessé d'essayer d'éprouver quelque chose pour moi, à ce moment-là. Mais j'essaie d'arranger les choses en douceur. Parce que s'il y avait un de scandale ça ne ferait qu'augmenter les tentions et heurter les mentalités de cette communauté bon chic, bon genre.»

Marinette se redressa et lui fit face, parlant abondamment avec ses mains maintenant qu'elle avait déposé sa tablette à dessin sur le côté.

«Je veux amener cette société bien pensante à changer leurs appréhensions envers l'homosexualité. Je ne le fais pas seulement pour mon petit copain, je le fais pour tous ceux qui ont des secrets et qui ont peur d'être rejetés s'ils les dévoilent, peu importe ce qu'ils cachent. Le cas de Nathaniel est simplement celui sur lequel j'ai un peu d'influence.»

«C'est vraiment très noble de ta part, princesse. Astucieux et même magistrale aussi dirai-je. Tu as toute mon admiration, vraiment. Et donc, ça signifie que je peux d'ors et déjà te considérer comme faisant partie des célibataires si tu considères déjà Kurtzberg comme ton futur-ex-petit-copain?»

«Pourquoi voudrais-tu faire un tel chose? En quoi ça change quoi que ce soit pour toi si je suis célibataire ou non?» questionna-t-elle, intriguée. Avait-il le cerveau si concentré sur un seul objectif qu'il planifiait de la coucher sur sa liste de conquête? Mais, cette explication était trop simple à son avis.

'Nous y voilà' pensa ChatNoir pour sa part 'J'ai enfin une occasion de parler. Depuis le temps que j'attendais. Je n'ai même jamais eu une telle occasion avec LadyFlamme. Avec Marinette et en tant que ChatNoir j'ai réussit à parler avec elle du premier coup. Quel changement!'

Malgré tout, son regard se balançait d'un côté à l'autre de l'horizon, s'attendant à une catastrophe orchestrée par le destin l'éloignant encore de son but. Étrangement, elle aussi semblait tendre l'oreille pour d'éventuels dérangements ou coups du sort.

«Je ne suis pas le coureur de jupon qu'on prétend que je suis.» lui répondit-il clairement. «J'aime vraiment ma Lady et depuis que la connais, je suis resté fidèle à mes sentiments pour elle. Malgré ce qu'on dit de moi, je n'ai eu aucune aventure depuis que je suis ChatNoir et d'une certaine façon, je n'en ai pas non plus vraiment connues avant. Je sais comment flirter efficacement mais je n'ai jamais eu de petite amie. Je suis véritablement amoureux de LadyFlamme même si je commence à penser que je n'ai aucune chance avec elle.» termina-t-il un peu tristement.

Marinette ne se sentie pas rougir. Mais elle ne savait pas pourquoi. Parce que son cœur était tellement chaud. 'Oh, Chaton' aurait-elle voulu pouvoir s'écrier en se jetant à son cou comme une adolescente insouciante. Son sens des responsabilités la retint de le faire. «Tu l'aimes… pour vrai?» souffla-t-elle plutôt, éblouie et vraiment très flattée.

«Oui, mais ce qui est aussi vrai à mon sujet, c'est que j'aime beaucoup m'amuser, sortir, aller où je n'ai pas le droit d'entrer, rencontrer des gens.» poursuivit-il son explication. «Quand je ne suis pas ChatNoir, je suis affreusement seul dans un gros silence étouffant. Je ne sors plus du tout parce que LadyFlamme n'accepte pas de m'accompagner. Mes plus beaux moments ces jours-ci sont lorsque je passe des heures à parler avec une créature magique qui ne m'écoute même pas.»

Elle pouvait très bien le croire. Après tout, elle l'avait déjà elle-même accompagnée dans une boîte de nuit et elle ne doutait pas qu'il en avait déjà fréquenté une quantité avant d'en avoir l'âge légal.

Et donc, il ne sortait plus du tout maintenant? Cela surprenait Marinette mais elle s'en sentait bizarrement coupable aussi. Elle n'avait jamais deviné qu'il était épris de LadyFlamme au point de lui rester aussi fidèle malgré ses rejets constants. Et la façon dont il décrivait sa relation avec son kwami et le reste de son entourage, Marinette en était désolée pour lui. Celle qu'elle avait avec Tikki était tout l'inverse. Et si précieuse! Sans parler du soutien auquel elle-même avait accès.

«Et si je ne me trompe pas» reprit-il en retrouvant son sourire canaille et avec plus de sous-entendu dans la voix. «Je pense que toi aussi tu te sens seule. Que lorsque la nuit tombe, tu te caches pour être une fille que personne ne connait. Que tu abandonnes les sages tenues pastelles pour choisir look beaucoup plus osé et rebelle. Une fille qui se cache dans le silence de tout ce qu'elle ne peut pas dire ou faire. Et je crois aussi que toi, Marinette, tu aimes un garçon qui ne te remarque pas. Exactement comme LadyFlamme ne me regarde pas. Et je ne parle absolument pas de Nathaniel.»

'Normal puisque c'est ce que je veux faire croire quand on est en public. Elle ne survivrait pas en portant l'étiquette de la petite amie d'Adrien comme une cible dans son dos. De toute façon, même s'il n'y avait pas mon amour pour LadyFlamme pour m'empêcher d'avoir une vraie relation avec elle, elle me fuit tout de même et se cache de moi en m'empêchant de l'approcher.'

«Co-comment tu sais? Je ne voulais pas que tu l'apprennes…» fit Marinette d'une toute petite voix blanche.

«Ah non?» Les oreilles de ChatNoir se redressèrent de surprise et d'intérêt. Elle portait donc autant d'importance à ce qu'il pensait d'elle? Elle y avait déjà pensé à ce point? Bonne nouvelle! Mais il changea bien vite de sujet pour ne pas avoir à avouer comment il en était arrivé à en savoir autant sur elle et répondre à sa question.

«Je voudrais te proposer quelque chose. Puisque nous sommes tous les deux disponibles, en pratique, mais que nous voulons rester fidèles à nos sentiments désespérément sans réponse pour une personne en particulier, je propose qu'on se tienne compagnie. Je crois que toi aussi, d'une certaine façon, tu te sens un peu isolée et incomprise.»

«Ce, ce tenir compagnie de quelle façon?» bafouilla-t-elle intriguée et aussi inquiète qu'une biche en présence d'un loup.

Elle était trop mignonne, ChatNoir ne résista pas à en profiter pour s'amuser. «Comment à ton avis? Que veut un garçon de la part d'une fille?» s'amusa-t-il en se rapprochant tout près de ses lèvres avec un regard appuyé sur son corps.

Elle lui donna une bonne poussée pour le faire reculer jusqu'à le renverser au sol. Au moins, n'eut-elle pas à retenir sa force pour une fois. «Demandé comme ça, c'est sur que tu peux m'oublier chat perdu!» le repoussa-t-elle.

Il se mit à rigoler avec un bruit de gorge mais revint vite sur son commentaire vulgaire. «Désolé, désolé, je voulais juste te faire réagir! Je savais très bien que je n'aurais qu'un non de ta part. Ce n'est pas vraiment ce que j'ai en tête en réalité. Même si je ne dirai jamais non à ce genre de passe-temps avec toi! Une fille aussi agréable que toi c'est rare.»

«Mais si tu aimes LadyFlamme, est-ce que ce n'est pas elle-seule que tu devrais vouloir embrasser?» fit-elle incertaine.

Ce genre de chose était simple dans sa tête mais pour elle-même. Elle savait que d'autres personnes pensaient autrement, elle ne les comprenait simplement pas. Elle n'avait pratiquement plus accordé de baiser sur les lèvres à Nathaniel dès lors que son cœur s'était mis à battre pour Adrien. Ils la mettaient mal-à-l'aise et la rebutaient et ils s'étaient contentés des bises sur la joue depuis qu'elle avait partagé ce merveilleux baiser d'anniversaire avec le jeune homme qui habitait ses rêves. Elle voulait se préserver pour celui qu'elle aimait.

«Il y a bien longtemps que j'ai donné mon premier baiser.» soupira ChatNoir. «Et j'en ai accordé de plus en plus avec chaque année qui passait. Des baisers et un peu plus aussi. Je n'ai pas eu le luxe de pouvoir me réserver en attendant l'arrivée de la bonne personne. Mais, ça c'est mon passé pas mon présent.» rejeta-t-il d'un geste pour effacer le sujet et passé au suivant avec sa bonne humeur théâtrale habituelle.

«Ce que j'ai protégé, c'est mon cœur. LadyFlamme est mon premier amour et j'aimerais que ce soit aussi le dernier. Pour ce qui est de nous deux, j'envisageais tout ce qui concerne le domaine des petits/petites ami(e)s. Tout ce qui s'appelle fréquentations et activités de couple.»

«Je ne peux même pas… être vue en public avec un autre garçon pour l'instant.» dit-elle un peu sans comprendre où il voulait en venir. «Si quelqu'un me voyait avec quelqu'un d'autre que mon supposé prince charmant… Et parlant de prince charmant, il y a aussi…»

«Moi, non plus je ne peux pas sortir en public et encore moins avec une personne qui peut devenir une cible.» reprit-il alors qu'elle cherchait ses mots. «Et je ne te propose rien de sentimental ou d'amoureux. Seulement deux personnes, attirées par ce que l'autre est à l'intérieur, et désirant en profiter.» expliqua-t-il en se rapprochant pour l'enlacer calmement d'un bras autour de ses épaules.

«Je voudrais simplement ta permission pour te visiter et discuter avec toi.» reprit-il. «J'aimerais profiter de ton havre de paix en ta compagnie, admirer les nuits parisiennes avec quelqu'un d'agréable et en qui je peux avoir confiance. Et peut-être sortir à certains endroits où on est certains de ne pas être reconnus. Je te promets que ta sécurité serait ma priorité numéro un, ici et ailleurs et je te propose aussi d'être présent pour te protéger en échange dès que tu auras besoin d'un héro.»

Elle resta silencieuse et dubitative alors, il ajouta : «Je cherche quelqu'un avec qui je pourrais être moi-même sans faux-semblant. Toujours devoir prétendre être quelqu'un d'autre sous le regard de mon entourage qui ne m'accepte pas peut devenir très lourd sur mon moral. Il y a si longtemps que je ne peux plus être moi-même que j'ai l'impression d'ignorer qui je suis maintenant, à plus forte raison qui je suis avec une autre personne. J'ai parfois l'impression que personne ne peut m'apprécier pour ce que je suis intérieurement mais si c'est le cas, si je suis vraiment une personne désagréable, j'ai besoin de le savoir pour accepter de changer. Je veux savoir si ça vient de moi ou des autres.»

«Hum. Ta proposition est assez tentante pour que j'accepte d'y réfléchir.» accepta-t-elle tout en sachant qu'elle devrait d'abord trouver un truc pour lui cacher son secret sans danger possible. «Même si je n'ai pas besoin de ta protection. Ce n'est que ta compagnie qui m'intéresse. Et encore, je ne goûte pas tant que ça de ton genre d'humour. Alors attention, ne fait pas l'erreur de croire que je ne suis pas capable de te botter les fesses en dehors de chez moi si tu te comportes mal ou même si tu joue avec mes nerfs!» le prévint-elle.

«Loin de moi l'idée de faire une telle erreur! Je sais parfaitement me tenir en présence d'une aussi noble demoiselle.» s'exclama-t-il avec un faux air offensé. «Tiens, c'est un g-mail anonyme. Il n'a aucun lien avec mon identité secrète. Tu n'auras qu'à m'envoyer ta réponse lorsque tu auras décidé.»

Elle avait déjà ce lien mais elle ne l'avait enregistré que dans le communicateur de son uniforme pour les urgences et pas ailleurs. Elle aussi en avait un qu'elle consultait quelques fois par jour sur un deuxième téléphone. C'était celui qui était lié à son identité sur le blog d'Alya et lui relayait des alertes.

«Marinette» reprit-il pour s'expliquer plus sincèrement en serrant sa main. «Des filles comme toi, on peut parcourir la terre sans en rencontrer une autre! J'ai beaucoup d'estime pour toi. Je te fais confiance pour ne pas révéler cette adresse. Mais je te la partage aussi dans un but purement égoïste. Ma démarche dans son ensemble est purement égoïste!» avoua-t-il en haussant les épaules très conscient de sa futilité.

«Je sais que tu n'as jamais été akumatisée et je préférerais que ça reste comme ça. Je tiens vraiment à ce qu'il ne t'arrive rien. Et si je peux te protéger de quelques façons que ce soit, si quelqu'un te blesse ou si c'est trop dur pour toi d'essayer de faire plaisir à tout le monde à la fois. Je veux que tu m'appelles, je serai là pour toi. Je veux être là pour toi! Je suis le genre de personne qui peut te comprendre et je t'accepterai toujours tel que tu es sans jamais te juger.»

Sa main gantée de cuir se posa sur sa joue et il la regarda avec tendresse.

«C'est promit ChatNoir, je ne resterai pas seule avec mes problèmes.» offrit-elle en hochant la tête et en souriant. «Et je penserai très sérieusement à ta proposition. C'est vrai qu'un peu de compagnie durant les soirées où je suis seule pourrait être génial. Et je veux aussi être là pour toi. S'il n'y a rien d'autre que ça entre nous. Que tu sois là pour moi et que je puisse être là pour toi, ce serait déjà vraiment magnifique.»

«Bien. Alors, il est temps que tu prennes la direction de ton lit et moi celle des quartiers chauds.» salua-t-il d'une voix douce en se retournant. «Dors bien, princesse. À plus tard dans mes rêves et à tout de suite dans mes pensées.»

Mais il ne pu aller bien loin parce qu'elle referma ses bras autour de sa poitrine: «Chat. Je ne sais pas exactement qui tu es à l'intérieur mais je sais que le ChatNoir que je connais, je l'apprécie. Tu n'as pas à changer pour me plaire. Je te trouve parfait comme tu es.»

Il déposa un très sincère baiser sur les mèches sombres qui arrivaient juste sous son menton lorsqu'il se retourna entre ses bras avant qu'il ne se sépare d'elle en silence.

Il sauta par-dessus la rue, propulsé par une pirouette et couru à pleine vitesse le long de la façade de l'école pour prendre un élan. Il s'élança ensuite en plongeant du point le plus haut, tête la première en roulant sur le dos.

Mais il ne plongea que de quelques mètres avant d'envoyer son bâton s'étirer vers le sol et d'utiliser sa longueur pour traverser la Seine en un seul élan, disparaissant de sa vue derrière la Cathédrale Notre-Dame.

000

Le lendemain soir, Marinette déposait les ingrédients dans le chaudron bouillant où se concoctait de la confiture de pêche.

Seules avec elle à la cuisine de la boulangerie pendant que ses parents étaient finalement allés prendre leur dîner à l'appartement, Tikki fit remarquer à Marinette : «Tu es plus songeuse aujourd'hui. Tu parles moins et tu n'as presque pas dessiné durant ta pause de 17h. Est-ce tu penses à la proposition que t'a fait ChatNoir, hier?»

«Oui, Tikki. J'étais entrain d'y penser mais je n'y pense pas comme ça. C'est très flatteur de recevoir une telle proposition de sa part surtout si ce qu'il m'a dit sur ses raisons est vrai. Mais en même temps, je ne songe pas sérieusement à accepter. Pas plus qu'à accepter les avances qu'il fait à Ladybug depuis un an. J'ai déjà trop de problèmes avec Nathaniel et en plus… ce serait bizarre entre nous ensuite. Je le voit surtout comme un ami ou un co-équipier.»

«Pourquoi y songes-tu encore dans ce cas, si ta décision est prise?» questionna la kwami qui ne cessait de découvrir l'espèce humaine.

«Parce que, je l'envisage avec tout le sérieux nécessaire. Qu'est-ce qui se passerait dans ma tête si je disais oui? Est-ce que ça me rendrait heureuse? Et puis, aussi, c'est rassurant comme idée. Avec un peu de chance je serai déchargée de Nathaniel bientôt et si Adrien me disait finalement non, moi aussi je serais seule. De savoir que ChatNoir sera là pour regarder un film dans ma chambre avec moi si j'en ai envie ou me donner son avis masculin sur mes dernières créations, ça pourrait être positif.»

«Marinette?» appela sa mère depuis le cadre de la porte par laquelle ses parents entraient «Il y a quelqu'un avec toi?»

«Non maman. Je me parlais encore à moi-même, n'est-ce pas?» joua Marinette pendant que Tikki sautait dans la petite bourse à la taille de Marinette qui était tout près d'elle.

«Alors, ma chérie tu en as terminé avec cette confiture?» demanda chaleureusement son père.

«Oui. Il ne me reste que la salade de poulet à préparer pour demain.» lui répondit-elle fièrement. Elle aimait pouvoir soulager ses parents d'une partie de leur tâche quotidienne lorsqu'elle n'avait pas trop de devoirs.

«D'accord alors mettons tout ton beau travail au frigo et ensuite, ta mère et moi aimerions te parler. En haut.» lui annonça-t-il.

«Euh, oui. D'accord.» fit Marinette incertaine.

«Ma chérie» commença sa mère à peine tous les trois installés dans le séjour. «Nous nous inquiétons pour toi. Tu as changé depuis un an.»

«Vous trouvez?» rougit Marinette de son côté de la pièce, faisant face à ses parents.

«Tes absences en classe sont de plus en plus fréquentes malgré que tu nous ai promis que tu y mettrais bonne ordre.» avança son père. «Tu parles toute seule, tu oublies de revenir tenir la caisse de la boulangerie. C'est tout juste si on peut encore compter sur toi. Tu n'es plus aussi fiable qu'avant.» commenta amèrement son père. «On t'a laissé décidé de ton choix de carrière professionnelle mais si ce qu'on a en retour, c'est que tu ne nous prennes plus au sérieux…»

«Et il y a aussi ta relation avec Nathaniel qui nous préoccupe. Plus d'une fois tu as invité un autre garçon à se joindre à vous deux. Tu n'aimes plus Nathaniel? C'est pourtant un bon garçon. Est-ce qu'il t'a fait quelque chose qui t'a effrayé? Ou bien est-ce que tu préfères ce Marc maintenant et que tu ne sais pas comment le dire à Nathaniel?»

«On ne t'a pas élevé comme ça Marinette. Tes choix et tes comportements nous déçoivent.» conclu son père.

«Pourtant, tu sais que tu peux tout nous dire.» invita sa mère. «Si tu as besoin d'aide ou de conseils… Je sais que nous passons beaucoup de temps à la boulangerie mais justement, nous sommes là pour toi toute la journée contrairement aux parents qui travaillent à l'extérieur de la maison.»

Marinette prit une grande inspiration avant de leur répondre.

«D'abord, je ne vous prends pas à la légère et je ne me moque pas de vous. Je sais parfaitement que j'ai mon rôle à jouer dans ce commerce et je prends cela très au sérieux. C'est moi qui m'excuse de ne pas vous aider suffisamment. J'ai plus de projets maintenant, je vais bientôt avoir mon diplôme de terminal et il faut vraiment que je précise ce que je veux comme premier emploi pour débuter ma carrière. Je vais même commencer à postuler pour des emplois pendant le congé du printemps qui arrive.»

Elle prit une autre grande inspiration avant de se lancer pour la suite.

«Pour ce qui est de Nathaniel. Je, ne, le, trompe pas. L'histoire c'est que Nathaniel est gay. Ou homosexuel si vous préférez.» révéla-t-elle en espérant pouvoir leur faire confiance.

«Quoi?» demanda son père surprit.

«Tu en est certaine chérie?» douta sa mère.

«Bien sûr que non. Comment pourrait-elle le savoir puisqu'elle n'a pas eu de relation avec lui! Tu ne t'es pas déshabillée devant lui n'est-ce pas, chouquette?» fit son père déstabilisé.

«Papa. Nathaniel passe son temps à reluquer les garçons en rougissant de ce qui se passe dans son corps. Et avec Marc encore plus qu'avec les autres…» fit-elle en laissant planer le pas si subtil sous-entendu. «Crois-moi. Il est gay. Je ne suis pas la seule à le penser. Ce n'est juste pas… dit clairement devant lui. Bon, il admire aussi LadyFlamme mais ça ce n'est vraiment qu'un béguin irréaliste. Il se raccroche juste à l'idée.»

«Oh, ma pauvre chérie! Je suis désolée pour toi. Tu aurais dû venir m'en parler lorsque tu l'as découvert.» s'épouvanta sa mère.

«Je ne- ça ne m'a pas touché plus que ça, maman. Pas la peine d'en faire une histoire. Je suis très bien dans ma peau et je n'ai pas besoin de Nathaniel pour être heureuse. Et je vous assure que je suis très sérieuse et réfléchit dans mes engagements, c'est simplement que ça serait plus facile pour moi si je pouvais m'occuper des préparations aux moments de la journée où cela me convient plutôt que d'avoir à tenir la caisse à horaire fixe, ce n'est pas déraisonnable n'est-ce pas?»

Les parents se regardèrent puis, se tournèrent vers elle avec un sourire.

«Non, ma chérie, on peut comprendre que tu ais des rêves.» lui assura sa mère. «Tant que tu nous raconte tout ce qui t'arrive.»

«Et que tu restes notre petite fille.» fit amoureusement son père.

'Bon' fit Marinette intérieurement. 'J'ai peut-être gagné cette bataille mais pour la guerre, c'est une autre histoire.'