«Alors, princesse, prête à devenir une mauvaise fille?» lui demanda-t-il en atterrissant près d'elle.

Intérieurement, il savoura son apparence. Elle portait un ensemble jupe-chemise marine. La jupe était droite, classique et au genou mais avec une petite fente, la haut en dentelle n'avait pas de manche mais un volant sur l'épaule. Une unique et voyante pierre de jade reposait sur sa poitrine et un chignon décoiffé complétait le style.

Elle était magnifique et intemporelle. La tenue aurait aussi bien convenu à un souper au Jules Verne, sur la tour Eiffel qu'à une boite de nuit simplement parce que son atout majeure était de lui convenir à la perfection.

C'était à la fois tellement elle, mais aussi une toute nouvelle personne.

«Qu'est-ce que tu proposes?» demanda-t-elle.

«Bien, déjà il est presque minuit et j'imagine que tu travailles dans quelques heures alors, on pourrait sortir danser dans une boîte de nuit une petite heure avant d'aller se percher sur la tour Eiffel pour contempler l'horizon. On peut aussi aller prendre un verre sur la terrasse la plus VIP de Paris ou tenter de voir ce que les plus snobs de tes relations portent pour dormir.» proposa-t-il.

Marinette rigola à cette dernière perspective enfantine : « Commençons déjà par aller danser à un endroit sympa. Et je crois que je vais même te laisser m'offrir à boire.»

« Hum, c'est une toute nouvelle Marinette que je sortir ce soir! » apprécia-t-il.

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En chemin, ils passèrent près de la résidence de Nathaniel et ChatNoir qui tenait Marinette serrée contre son corps, la sentie se retourner dans cette direction.

«Tu penses à lui, je le sais.» statua-t-il «Mais de quelle façon, dis-moi?» lui demanda-t-il à l'oreille. Avait-elle des réticences à se désengager de sa relation officielle?

«Je pense à ce que tu as dit.» lui répondit-elle. «À propos d'espionner ce que mes amis font à l'abri des regards.»

Il n'en fallu pas plus pour que ChatNoir incline sa trajectoire avec un sourire. Mais comme il allait traverser une grande artère pour arriver directement sur le toit de l'immeuble d'habitation de luxe, prévoyant descendre ensuite sur la paroi extérieur jusqu'à la fenêtre exacte, Marinette le retint. «Passe plutôt au-dessus de cette ruelle. On sera plus discrets.»

Il n'était pas rare que les parisiens aperçoivent le héros sillonnant les toits, c'était même préférable qu'ils le voient veiller sur la sécurité des habitants. Mais elle proposait plutôt la discrétion puisqu'ils n'accomplissaient pas son devoir à l'heure actuelle.

Sur cette autre façade, l'immeuble de Nathaniel était séparé de son voisin par une cour privée. ChatNoir fut d'abord intrigué par le plan de Marinette puis impressionné lorsqu'il comprit qu'elle avait l'intention de traverser l'espace au-dessus de la cour en marchant sur sa perche.

«Aurais-tu des talents cachés de funambules, princesse?» s'enquit-il, vaguement inquiet.

«Pas exactement.» répondit-elle en retirant ses chaussures et les bas de nylon qui couvraient ses pieds de ses orteils à son talon. «Mais j'ai un grand talent pour travailler en équipe. Je te fait complètement confiance à un niveau où ça devient un atout.»

La perche s'étira sans bruit depuis le toit de l'immeuble jusqu'au grand balcon ouvragé qui donnait sur la chambre de Nathaniel. Marinette s'avança calmement glissant un pied après l'autre sur la mince perche, ses bras entièrement écartés à la hauteur de ses épaules et les doigts enlacés à ceux du héros qui, lui, marchait sans penser à ses gestes, se concentrant complètement sur l'acrobatie de Marinette et sa sécurité.

Elle ne plaisantait pas lorsqu'elle disait qu'elle voulait sortir de sa coquille. Si une seule de ses connaissances avait pu la voir en ce moment, personne n'aurait pu le croire, se dit ChatNoir. En fait, réalisa-t-il, seul lui le pouvait. Marinette l'étonnerait toujours mais à partir de ce moment, il réalisa qu'il ne pouvait plus douter de la passion qui couvait en elle. Il se jura de ne plus jamais la sous-estimer et ce pour le reste de ses jours.

Le plan de Marinette marcha sans aucun accro, ils franchirent la distance sans un seul bruit qui aurait pu alerter qui que ce soit et ce malgré le spectacle désagréable qu'elle avait aperçu chez son petit ami.

À cette heure tardive, un vendredi soir, Nathaniel était dans ses quartiers comme un garçon sage et réservé se devait de l'être. Ce qui était choquant dans l'histoire, c'est qu'il consultait une image plutôt controversée sur l'écran de son ordinateur.

Il s'agissait de toute évidence d'un dessin amateur approximatif. Loin du travail que Nathaniel lui-même pouvait fournir. Mais le personnage immobile sur l'écran était un jeune homme aux cheveux d'ébène et en tenue rouge à pois noirs assortie d'un masque.

Le problème était qu'il n'était pas complètement vêtu et que la main de Nathaniel était cachée dans son pyjama autrement innocent.

Au premier coup d'œil, ChatNoir aurait voulu caché le regard pudique de Marinette dans son cou pour qu'elle n'en voit pas plus mais elle ne fit que sourire et secouer la tête semblant satisfaite de se voir confirmer la vérité et pas autrement blessée.

Le seul indice de son trouble que ChatNoir trouva fut lorsqu'il dû réclamer d'une caresse sur la main de Marinette qu'elle desserre les doigts pour qu'il puisse y mélanger de nouveau les siens pour faire le chemin du retour vers l'autre immeuble.

Il la reprit ensuite contre lui pour l'emmener dans un endroit qui la dépayserait complètement de son quotidien.

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La musique n'avait rien de sage dans cet endroit sombre remplit d'alcôves. Marinette était pratiquement certaine qu'il y avait même des filles qui étaient là pour se faire payer des verres par les clients (des entraîneuses comme il en existait légion avant) où même voir pire si elle se fiait à la décoration de lanière de cuir sur les murs.

Elle n'aurait pas été surprise si les salles arrières étaient plutôt des parloirs et que les étages supérieurs pouvaient offrir des chambres aux couples qui voulaient être seuls pour une heure ou deux.

Au moins personne ne sourcillerait pour le masque de tissus que portait ChatNoir.

Lui aussi avait fait un effort sur la tenue. En plus d'avoir bien positionné un domino noir de qualité sur son visage, il s'était habillé avec raffinement. Ses vêtements de qualité et coupés sur mesure étaient noirs ou anthracites. Il portait même une cravate mais pas de veste. Un aspect décontracté caractérisait sa tenue très chic à la base. Il avait roulé ses manches de chemise et celle-ci était par-dessus le pantalon et comble du décontracte, il avait enfilé des espadrilles de grandes marques pour compléter l'ensemble.

« C'est quoi, cet endroit complètement dégoûtant! » souffla tout bas Marinette à son oreille.

« Ça na rien de crade, princesse! Tous les revêtements sont en bon état et la peinture ne pèle même pas! Il y a peu de chance que tu contractes le tétanos ici. »

« Mais dans quel genre d'endroit est-ce que tu vas traîner pour te détendre?» s'indigna-t-elle. «Ce que je veux dire c'est que cet endroit cri la luxure et l'infidélité d'un bout à l'autre. Je pari qu'avec des ultra-violet on pourrait voir une voix lactée de fluides corporels sur toutes les surfaces. »

« C'est trop pour toi, princesse? » défia ChatNoir avec son sourire le plus moqueur.

Marinette croisa son regard. Il était vraiment étrange et elle ne pu faire autrement que de le contempler. Ses iris avaient à la fois des reflets bleus et verts comme s'il avait mis des lentilles mais que son véritable regard était si perçant qu'elles ne pouvaient pas le cacher complètement.

« On reste. Mais on reste sur la piste de danse. » statua-t-elle. « On ne s'assoit nulle part. Et pas de verres d'alcool. »

Après quelques chansons lascives où ChatNoir la fit tourner doucement dans ses bras, Marinette appuya sa joue contre la poitrine de son partenaire, elle cherchait d'autres idées à lui proposer pour ne pas rentrer tout de suite mais elle ne voyait pas exactement ce qu'il accepterait.

Bof, c'était seulement ce bouffon de ChatNoir avec cinq ans d'âge mental. Elle était persuadée que si elle lui proposait d'aller lancer des œufs sur une maison il aurait été fou de joie. Du moment qu'elle trouvait quelque chose d'inventif, il suivrait surement. Mais elle devait aussi trouver quelque chose d'époustouflant. LadyFlamme ou non, elle avait sa fierté.

De l'avis de Marinette, ChatNoir dansait aussi merveilleusement les danses lentes ce soir-là qu'il l'avait fait lorsqu'ils avaient partagé des rythmes plus sauvage l'année plus tôt. Elle se sentait merveilleusement bien entre ses bras et si elle n'avait écouté que son corps, elle aurait voulu y rester pour toujours.

Elle n'avait pas vraiment envie de partir ou de le quitter. La simple conversation qu'ils échangeaient dans l'oreille de l'autre entre deux instants de silence aurait pu durer toute la nuit que Marinette n'y aurait rien redit.

Tout à coup, elle sentit les muscles de son dos se raidir contre ses paumes.

«Il est là. » souffla-t-il entre ses dents serrées.

« Qui? » demanda-t-elle en relevant la tête légèrement parce qu'elle était curieuse du ton étrange qu'il avait employé. Comme s'il avait trouvé quelque chose qu'il cherchait. Mais il ramena sa joue contre lui pour cacher son visage.

« C'est un secrétaire pour une grosse filiale de drogue. Il m'a fallu des mois pour le trouver. Il possède un petit carnet qu'il garde toujours avec lui et où il inscrit toutes les dates de livraison de drogue et les noms de tas de fournisseurs et de revendeurs. J'ai essayé de lui voler mais c'est un vrai parano envers les hommes. Il se braque dès que l'un d'entre eux s'approche de lui. Il se méfie aussi des femmes mais c'est moins pire. J'essayais de déterminer quel soir il venait ici pour pouvoir l'approcher avec un déguisement. »

«Un déguisement?» se surprit-elle «Il suffirait que tu enlèves ton masque pour qu'il ne se doute pas que tu es ChatNoir.» dit-elle intriguée.

Il se retourna vers elle avec un sourire canaille : «Je parlais d'un déguisement de femme…» lui révéla-t-il.

Elle en fut encore plus surprise. Il est vrai qu'avec sa silhouette étroite et tout en souplesse, la virilité qui émanait de lui venait de sa posture et de son charme plus qu'autre chose. De plus, la forme de son visage devait être plutôt attirante sans le masque et suivre les canons de la beauté recherchés tant chez l'homme que la femme.

ChatNoir guida leurs pas jusqu'au couloir de l'entrée où ils se cachèrent pour observer. Marinette remarqua un petit homme aux cheveux roux discutant avec un ami qui semblait vouloir aller rejoindre une grande blonde seule au bar.

« C'est une chance incroyable. Tu dois aller vers lui et le séduire. » assura ChatNoir.

« Quoi? T'es devenu complètement fou?» cria-t-elle tout en chuchotant. «Je ne sais pas du tout comment faire ça! » Elle était épouvantée par la perspective.

« Il y a une table de billard par cette porte. Tu n'as qu'à lui demander s'il veut un peu de compagnie et l'y entraîner. » pointa-t-il avec le pouce par-dessus son épaule.

« Non, Chat, tu ne comprends pas.» lui expliqua-t-elle. «Je suis complètement nulle pour flirter. Une personne en train de faire un AVC à l'air plus articulée que moi!» se défendit-elle.

« Tu n'as qu'à penser au meilleur baiser que tu ait reçu de ta vie, celui qui t'a fait dire 'encore.' Et à te souvenir de ce que tu dois dire. »

« Je ne… Mon petit ami est plutôt du genre bécot sur la joue. Je n'ai partagé ce genre de baiser qu'une seule fois et ça fait des lustres.» Et ce soir en particulier, elle avait prit la ferme décision d'oublier les sensations que le baiser d'Adrien lui avait offertes.

« Ha! C'est une véritable honte! » fit ChatNoir en la ramenant contre lui par les hanches. Tout en restant appuyer contre le mur, il la serra dans ses bras et caressa doucement ses lèvres avec les siennes.

Les lèvres de Marinette s'entrouvrirent sous la douceur de celles de ChatNoir mais il n'utilisa même pas sa langue. Les lèvres douces du grand et beau blond jouèrent avec celles toutes roses et fraîches de Marinette s'appliquant à la faire fondre de haut en bas.

Tout à coup, Adrien se sentie perdre la carte. Il retint de justesse une petite plainte. Il était beaucoup trop affamé d'amour et Marinette lui en offrait tellement! Il en aurait pleuré. Il ne se ressaisie que pour replonger vers une nouvelle sensation.

Ce n'était pas seulement le manque de contact en lui qui rendait ce baiser si magique. Il referma son bras autour de sa taille pour la garder contre lui et profita tout naturellement du baiser si agréable. Les lèvres de Marinette étaient souples, vivantes, elles avaient bon goût et elles bougeaient si bien sous les siennes!

Elle eut vaguement conscience de son bras qui soutenait intimement sa taille et de sa paume qui réchauffait sa joue.

Sa bouche libéra la sienne avant de revenir lui offrir quelques baisers chastes mais chacun d'entre eux était encore plus chavirant que ceux qu'elle avait partagés avec Nathaniel. ChatNoir embrassait absolument bien.

Il appuya son front contre le sien qui lui sembla tout à coup beaucoup trop chaud. Discrètement, tous deux reprirent leur souffle et glissèrent la langue sur leurs lèvres. Ils cherchèrent en vain un commentaire rigolo qui aurait pu détendre l'ambiance et finalement ChatNoir laissa tomber le premier pour revenir au plan initial.

Il ouvrit les yeux pour savoir si Marinette était maintenant prête à l'aider dans sa mission mais le regard enamouré qu'elle pausa sur lui chavira son cœur. Elle était si délicieuse que tout son être lui criait de la réclamer pour lui-même.

Il la voulait pour une heure, une nuit, une vie. Il aurait voulu mourir et revivre dans ses yeux. Avec un chuintement, il se détacha d'elle. « Avec une tel regard, il ne pourra jamais te résister. Il va te suivre au bout du monde en moins d'une minute. »

Il la regarda chanceler sur des jambes molles et demanda moqueur : « Tu crois que tu pourras marcher jusqu'à son siège? »

« Tu veux bien arrêter de te moquer, s'il-te-plaît. Je te rappelle que je fais ça pour te rendre service. » siffla-t-elle entre ses dents.

« Et ça me fait très plaisir, Ô ma reine.» la remercia-t-il. «Donne-moi une minute puis rejoint-le. Et souviens-toi : je serai aussi dans la salle de billard. Tu ne seras pas seule avec lui. »

ChatNoir fila par la porte d'entrée et disparu dans la nuit.

Marinette se dirigea vers le bar et commanda deux verres de kir royal qu'elle amena à la table du criminel avec la démarche la plus langoureuse possible. Ce n'était pas très difficile, elle n'était toujours pas revenue de l'effet que ce baiser lui avait fait. Elle avait tout à coup une bonne idée de l'endroit où elle voulait finir la soirée: entre les bras musclés de son partenaire.

Il ne fallu que deux minutes à Marinette pour que le rouquin accepte de la suivre dans l'autre salle. Faire ce genre de chose la répugnait mais elle devait y mettre de la volonté. Elle avait elle-même demandé à ChatNoir de consacrer du temps pour faire tomber la vente de drogue dans la ville, elle ne pouvait pas ne pas participer maintenant.

Coquettement, elle fit jouer le bout de ses doigts sur le poignet de cet homme dont elle ignorait même le nom et l'entraîna dans la salle déserte. Elle ne voyait pas du tout ChatNoir et cela la rendait nerveuse mais il était prévu qu'il reste invisible.

L'homme la poussa à s'asseoir sur la table et lui fit quelques compliments creux. Le corps flasque et mollasson qu'il glissait entre ses genoux l'horrifiait mais elle continua de rigoler sottement en attirant son attention sur ses cuisses. Lui parlait de ce qu'il voulait lui faire et elle garda un sourire neutre essayant de le faire paraître le plus mystérieux possible.

Juste avant qu'il ne puisse déposer un baiser à la base de son cou, elle le repoussa d'un index sur le nez comme elle avait maîtrisé la technique sur son partenaire.

«Ça c'est une nuit qui promets!» lui répondit-elle pour l'encourager. «Pourquoi ne pas commencer par une véritable partie de billard, histoire de justifier notre présence dans cette salle?» proposa-t-elle en relevant son menton d'une caresse du bout des doigts. «Je suis certaine que tu as très envie de voir comment je me débrouille avec une queue.» suggéra-t-elle.

Elle sauta légèrement au sol, en prenant garde de ne pas croiser son regard. Aucune envie de voir les effets que ses paroles avaient eus sur lui.

Elle lui offrit de casser le triangle et l'admira les yeux plein d'étoile comme une vraie groupie allumée. Elle en faisait peut-être trop mais bon, il était 1 heure du mat' dans un bar louche et elle jouait la salope d'expérience. Elle ne pouvait pas vraiment en mettre trop dans les circonstances.

Elle se pencha exagérément pour frapper sa première boule et se dit qu'il était trop facile d'utiliser ce jeu pour flirter. À cette vitesse, il ne faudrait pas longtemps pour que l'homme délaisse la partie et la remette sur la table ou contre elle.

Heureusement, la première fois que l'homme se plaça pour frapper une boule, elle vit la main gantée de noir de son chat atteindre un petit carnet dans la poche intérieure du veston de l'homme. Au moins l'objectif était atteint. Ne restait pour elle qu'à sortir de là sans trop de dommages.

«Tu sais quoi » fit-elle avec de la lassitude dans la voix et la meilleure moue boudeuse qu'elle ait pu emprunter à Chloé. « Ce jeu m'ennuie déjà. C'est toi qui avais raison. Attends-moi ici juste un instant et ensuite, je te propose d'aller voir s'il reste des chambres de libres à l'étage pour jouer à un jeu un peu moins sage.»

«On peut aussi parier sur le gagnant si tu veux. Il y a une ou deux choses que j'aimerais que tu me fasses.»

«Non, je suis plus vraiment une petite fille. » dit Marinette avec une voix qui démentait complètement ses propos. « Je n'ai plus vraiment envie de jouer. Je préfère les choses sérieuses maintenant. »

Elle se détourna lentement en passant une main dans ses cheveux et lui offrit un clin d'œil à la dernière seconde.

Dès qu'elle eut passé la porte, elle fonça vers la première alcôve vide qui pouvait la dissimuler à son regard. ChatNoir avait dit qu'il était parano et elle en eu la preuve lorsqu'elle le vit sortir de la pièce, la main dans la poche intérieure de sa veste.

En voyant son affolement, son ami quitta la blonde au bar et ils commencèrent à la chercher.

Elle retourna dans la salle de billard pour se cacher, sachant que c'était le dernier endroit où ils la chercheraient et qu'elle pouvait toujours se cacher derrière l'un des gros fauteuils. À ce moment, tout le bar retenti d'un grand bruit qui pouvait aussi bien être un coup de feu que le moteur d'une ancienne voiture avec des ratés.

ChatNoir n'était plus dans la salle mais Marinette ne pouvait pas l'attendre plus longtemps. Elle ne se sentait pas en sécurité dans cette pièce et elle ressortie de ce cul-de-sac bien vite pour se diriger vers la sortie de secours.

Moins de dix pas dans la ruelle derrière et elle se sentie soulever du sol par un bras puissant qui l'enleva au-dessus des toits.

« Alors, ma bad girl, comment as-tu aimé ton expérience? » demanda ChatNoir avec désinvolture entre deux bonds.

« La bad girl n'a qu'une envie : retrouver son oreiller et l'utiliser pour te frapper plusieurs fois. » grogna-t-elle entre ses dents serrées.

Mais bien sur, elle n'en récolta que son ricanement habituel, un bruit de gorge pas très clair.

Comme elle aurait dû s'y attendre, ChatNoir l'entraîna dans un vaste détour sur les toits de la capitale. Il lui était impossible de ne pas en mettre plein la vue à une fille, s'exaspéra-t-elle. Comme si cette promenade pouvait l'impressionner. Lui évidemment ne le savait pas. Au moins, cet intermède supplémentaire était-il agréable et l'aidait-il à faire descendre sa nervosité.

Elle se blottie davantage contre lui et il resserra son étreinte en réponse. Il s'arrêta sur le toit suivant et enfonça son visage dans son cou.

«Je vais juste reprendre mon souffle un instant, Marinette.» dit-il en guise de prétexte.

Elle ne fit qu'hocher la tête pour dire qu'elle acceptait ce pieu mensonge.

Tous deux savaient qu'il avait l'habitude de parcourir de bien plus longue distance sans s'arrêter même si effectivement, il avait le souffle court en cet instant.

Ce moment n'était qu'un instant volé, un accro fait à l'amour qu'ils portaient à une autre personne. Ils voulaient bien suivre les règles de l'amour, c'était leur conviction profonde. Mais, ils n'étaient que des humains après tout. Et l'erreur est humaine, non?

Désirer quelqu'un d'autre que l'être aimé physiquement ou émotionnellement peu bien rester exceptionnel, cela rendait leur amour imparfait. Cela leur jetait aussi en plein visage qu'il y avait finalement plus d'une personne dans leur cœur.

Sans s'être consultés, ils retardaient l'instant inévitable où il la laisserait sur son balcon et qu'il la quitterait. Que leurs vies reprendraient leur vitesse normale et que lorsque cet instant magique prendrait fin, ils craignaient de ne pouvoir y revenir.

Mais peu importe combien ils restèrent silencieux, comment ils essayèrent de ne rien briser, la bulle d'intimité dans laquelle ChatNoir retenait Marinette en travers de ses bras vola en éclat.

Un jappement venant d'un appartement dans l'immeuble voisin les fit sursauter et ils virent la silhouette d'un poméranien furieux essayer de passer par la vitre lorsque la lumière de la pièce s'alluma.

Sous les jappements de deux autres canidés, ils prirent la fuite sous les étoiles de Paris.

Ils atteignirent bien vite son balcon et lui soupesait avec espoir ses chance de l'embrasser de nouveau.

Ils n'en tenaient qu'à eux de piler sur leur fierté et d'admettre qu'ils voulaient plus de l'autre malgré ce dont ils avaient déjà convenu. Qu'il s'était passé quelque chose entre eux, entre l'ancien séducteur repenti et la fille sage qui voulait devenir un peu canaille le temps d'une soirée.

Mais elle souleva directement la trappe de son toit avant d'y descendre les premiers degrés et il se détourna avec déception.

Il s'apprêtait à bondir sans un mot pour quitter lui aussi le balcon mais elle le rappela : « Hé, Minet » le surnom l'arrêta d'un coup sec. « Tu me dois une reprise pour ce rendez-vous qui a tourné au business. Revient demain soir.» lui dit-elle coquine en y ajoutant un clin d'œil pour faire bonne mesure.

Il s'inclina galamment avec obligeance mais déjà elle refermait sa trappe.

Elle était entrée avec empressement avant que ses jambes ne la porte plus. Glissant au sol, elle ferma les yeux et tout ce qu'elle vit sous ses paupières était les lumières qui défilaient alors qu'elle le laissait la transporter.

Tikki sortie de sa bourse en rigolant. «Tu ne t'attendait pas ça, Marinette, n'est-ce pas?»

«C'est vrai Tikki, cette soirée- cette journée, a été une surprise d'un bout à l'autre.» lui répondit-elle en appuyant pensivement son menton sur sa paume. «Je vais vite aller me reposer. J'ai l'impression que je vais regretter d'avoir fait autant d'excès aujourd'hui. Surtout pour la glace au caramel salé.» blagua-t-elle.

Tikki disparue de son côté mais Marinette restait songeusement sans bouger.

Comme il avait été facile d'oublier qu'elle était aussi LadyFlamme le temps d'une soirée. Pour la première fois, elle réalisait qu'elle pouvait être heureuse loin d'Adrien. Loin de la vie de fille dévouée à ses parents qu'elle menait au quotidien.

Ce soir, même sans l'uniforme, elle avait désobéie. Elle était sortie sans permission, dans un bar louche qui plus ait. Elle avait flirter avec un ami et jouer avec la limite de leur relation. Elle avait également fait les yeux doux à un criminel en plus de se le mettre à dos et de potentiellement courir des risques pour sa sécurité s'il l'avait retrouvé avant ChatNoir.

Et le meilleur de tout, elle avait pu être elle-même et tout de même être avec ChatNoir. Elle avait toujours pensé que si elle abandonnait ses responsabilités, elle le perdrait également. Qu'il n'était intéressé que par LadyFlamme parce qu'elle était en quelques sortes, la femme parfaite et inaccessible.

Mais c'était Marinette qu'il avait tenu et garder dans ses bras. Pour la première fois, elle réalisait que d'être elle-même et garder son chaton près d'elle était possible.

Restait à savoir combien de temps un séducteur invétéré comme lui pourrait se contenter d'une seule demoiselle.