Si Marinette entama le mois de juin avec résolution et des projets plein la tête pour son entrée dans sur le marché du travail dans le milieu de la mode, Adrien n'eut pas la chance d'en faire autant.

Avant même qu'il puisse toucher à son petit-déjeuner le premier lundi du mois, il fut convoqué dans le bureau de son père.

«Adrien, je suis très déçu. La couturière qui s'occupe de tes modèles m'a apprit que tu avais prit l'équivalent de deux mesures de ceinture?» accusa Gabriel Agreste sans même lui souhaiter bonjour.

Adrien donna un coup de tête. Au fond, ça n'était pas vraiment étonnant puisqu'il se gavait de pâtisseries toutes les nuits depuis qu'il en passait plusieurs chez Marinette. Il menait une vie déséquilibrée, essayant même d'en concilier trois ou quatre. Il dormait lorsqu'il le pouvait et était souvent occupé à l'heure des repas. En plus de cela, son corps subissait le stress des attaques akumas et de la pression quotidienne sur ses épaules.

Il était plutôt étonnant que son corps n'ait pas réagit plus tôt à ce traitement!

«Ne vous inquiétez pas, Père. Ce n'est probablement que l'adolescence. Je m'entraînerai plus pour perdre ce surpoids au plus vite.» le rassura-t-il.

«Il n'en ait pas question!» refusa Agreste senior. «Tu es déjà bien assez musclé comme cela! C'est à peine si tu peux encore passer pour androgyne!»

Ce qui n'était pas nécessairement pour déplaire à Adrien. Il aimait bien l'aspect un peu plus viril de son apparence. Depuis qu'ils étaient établis à Paris et menait une vie plus stable, il avait l'habitude de s'entraîner pour se changer les idées entre deux séances de révision. Évidemment, il s'entraînait aussi avant mais il faisait maintenant plus de musculation alors qu'avant, il faisait plus de souplesse.

Et il y avait aussi le fait qu'il prenait rapidement de la maturité physiquement avec une poussée de croissance. Son père avait fait de son mieux pour repousser l'inévitable mais il devrait se résigner à voir son fils devenir un adulte.

«Tu seras à la diète et tu iras voir un spécialiste pour te faire prescrire des vitamines et des coupe-faim. Et ce n'est pas négociable!» poursuivit le styliste qui refusait de voir l'image actuelle de son propre garçon se transformer.

«Tant que ça ne nuit pas à ma santé, je veux bien essayer.» accepta légèrement Adrien.

«Je viens de te dire que ce n'était pas négociable! Je veux voir toute cette graisse disparaître par n'importe quel moyen, c'est un ordre!» coupa froidement son père.

Adrien grimaça légèrement mais ne répliqua rien. Il avait simplement été un peu négligent. Il ne s'agissait après tout que de faire attention à lui-même. Il aurait pu se passer des insultes.

«Et je voudrais que tu consultes le dossier que Nathalie a préparé pour toi.» poursuivit son père. «Camille Denfour est la nouvelle sensation du monde de la mode et je veux que tu facilites mes négociations avec elle. Je veux qu'elle signe un contrat d'exclusivité avec nous. Elle vient à Paris pour une durée de deux semaines seulement. Il faudra saisir toutes les chances que tu pourras pour la rencontrer le plus souvent possible et empêcher mes concurrents de lui parler. Donne-lui une bonne raison de vouloir vivre à Paris.» Il conclu sa demande avec un léger sous-entendus qui surprit Adrien.

Il soupira à demi-voix en se détournant : «Je tiens tout de même à mentionner que je n'aime pas jouer avec les sentiments des gens. Je ne suis pas d'avis qu'il faille aller jusqu'à la séduire et lui faire de fausses promesses.»

Comme il allait sortir du bureau, son père passa devant lui et ferma complètement la porte pour les isoler.

Le père et le fils se regardèrent dans les yeux. Adrien réalisa alors, qu'ils étaient maintenant de la même grandeur s'il se tenait droit face à lui. Il y avait longtemps que son père n'était pas descendu de son piédestal pour se mesurer à lui.

«Adrien, je sais que ta mère te faisait lâchement séduire des jeunes filles innocentes. Si tu l'as fait pour dérober les secrets industriels des ennemis de la France, tu peux bien le faire pour ta propre famille!» siffla Monsieur Agreste comme s'il était un serpent. «Il est grand temps que tu contribues aux intérêts de la compagnie familiale et ce, plus qu'avec quelques campagnes publicitaires. Ton dévouement est grandement mis en question avec une telle attitude.»

Le grand créateur se recula d'un pas et leva un index moralisateur : «Tu devrais être fière d'être un Agreste. Je ne devrais même pas avoir à demander ta participation. C'est toi qui devrait venir réclamer avec empressement des occasions de faire grandir notre pouvoir.»

«Oui, Père.» obtempéra calmement Adrien avant que Monsieur Agreste parle de le retirer des études. «La difficulté, c'est qu'à l'époque où je travaillais avec Mère, je n'étais pas connu. Si ma réputation en souffre, cette fois, c'est mon image de mannequin-héritier qui en sera affectée. Je ne peux pas me permettre de passer pour quelqu'un qui largue une fille après l'autre.» s'expliqua-t-il. Ce qui était vrai de toute façon.

«On te trouvera une fille avec une bonne image pour parader avec toi devant les médias, si cela se produit.» balaya son père. «Elle sera ta copine officielle et tu pourras fréquenter les autres avec une apparence moins menaçante.»

«J'ai déjà une copine, merci!» repoussa Adrien. La dernière chose qu'il voulait c'était de se voir imposer une greluche. Il n'avait peut-être pas de petite amie officielle, mais n'aimait pas que son père pense qu'il avait besoin de lui pour rencontrer une fille bien. C'était, au contraire, les exigences de son père qui l'empêchait d'avoir une vie amoureuse normale.

Comme s'il n'avait pas impatiemment attendu la permission de son père de sortir sans garde du corps pour inviter une demoiselle à un rendez-vous galant! Du moins, c'est ce qu'il aurait fait avec Marinette plutôt que de la voir en cachette comme s'il en avait honte. Sans parler du fait qu'il aurait adoré inviter Ladybug dans le plus recherché des restaurants de la ville s'il avait pu sortir avec elle sans son masque.

«Vraiment?» s'indigna son père. «Tu choisie de t'associer avec quelqu'un sans demander mon avis ou réclamer d'enquête détaillée sur elle au préalable mais tu t'inquiète de ta réputation si on t'associe avec les femmes les plus en vue de l'année? Comment vas-tu gérer les rumeurs sur sa vie passée si tu ne payes pas pour faire disparaitre ses anciennes frasques honteuses? A-t-elle accès à un expert tel que Nathalie pour faire le ménage dans ses erreurs?» développa le créateur retourné à son poste de travail.

Adrien se fit la drôle de réflexion que cette maison devait avoir des planchers en marbres pour que personne ne remarque d'usure à cet emplacement précis.

«Je ne crois vraiment pas qu'il y ait quoi que ce soit dont elle ait à rougir. C'est une personne merveilleuse avec une éthique irréprochable. J'ai effectivement fait beaucoup plus de bévue immorale qu'elle n'a eu l'occasion d'en faire!»

«Donne ses coordonnées à Nathalie pour qu'elle répare tes dégâts. Comment l'as-tu rencontré? Je ne te laisserai pas la fréquenter sans mon accord!» ordonna-t-il.

«Pas question que je vous dise de qui il s'agit. Vous contrôlez déjà beaucoup trop ma vie. Je ne vous laisserez pas contrôler la sienne de la même façon. Et si elle devient ma petite amie officielle en vous rencontrant, elle n'aura simplement plus aucune liberté. Notre liaison restera secrète, un point c'est tout.»

De toute façon, il ne pouvait même pas la lui présenter.

«Comment oses-tu dire que je te contrôle? Je te permets déjà d'aller à l'école et tu disposes de nombreuses plages horaires pour en faire à ta guise. C'est une attitude bien ingrate que tu as là. Lorsque tu auras un vrai travail, tu seras autrement plus occupé.»

«Vous contrôlez déjà ce que je mange pour que je n'ai que le minimum et vous voulez me faire suivre un régime pour que mon image corporelle soit parfaitement à votre goût.» précisa Adrien avant de sortir finalement en espérant que son petit-déjeuner l'attende toujours.

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Deux semaines plus tard, Adrien était assit à l'arrière de la Rolls-Royce blanche que son père avait achetée pour l'occasion et escortait une grande femme superbe à la peau noir et au port de reine jusqu'au défilé auquel elle devait prendre part. L'industrie la surnommait la déesse de la beauté et le surnom n'était pas ironique. Cette femme était véritablement sublime.

La splendide femme originaire de la vallée du Rift en Afrique avait parcouru le monde depuis le début de son adolescence lorsqu'elle avait commencé à travailler comme mannequin. Ayant maintenant atteint la fin de la vingtaine, elle connaissait un succès phénoménale avec son image plus mature et plus épanouie qui lui convenait à merveille et la démarquait de toutes les autres.

Elle avait cependant confié à Adrien lors d'une conversation courtoise être ravie d'avoir l'occasion de revenir à Paris puisqu'elle n'avait plus eu la chance d'y séjourner depuis plus de cinq ans.

Adrien se dit qu'il tenait un meilleur argument pour la convaincre de signer avec son père en jouant sur les mérites de la capitale française plutôt qu'en lui proposant un divertissement sous les draps comme son père l'envisageait.

«À l'époque, il n'y avait pas d'akumas!» lança-t-elle.

«C'est vrai, que les attaques ont changé la vie dans cette ville mais, la plupart des gens ont apprit à ne pas en être affectés. Tout comme avec les tremblements de terre de Los Angeles, les habitants se sont fait aux akumatisés et à leurs attaques. Plusieurs des combats restent très localisés.» la rassura-t-il. «Et malgré tous ces événements, il est toujours possible de profiter agréablement de la vie parisienne sans en être incommodé. Certains trouvent même qu'ils ajoutent de la saveur à vie quotidienne.»

«Vous avez déjà rencontré les super-héros?» s'enthousiasma-t-elle avec son sourire éblouissant.

«Oui» s'amusa-t-il donnant à son expression une teinte juvénile et poli. «Ils sont très sympathiques et c'est quelque chose de les voir sauter par-dessus les immeubles. Moi-même, je suis revenu il y a un peu plus d'un an ici après une absence de dix ans et j'ai eu l'occasion de redécouvrir une à une toutes les beautés de la ville sans être rebuter par les attaques grâce à eux. Mais si cela peut vous rassurer, je suis à votre disposition si vous voulez un accompagnateur pour visiter la ville.»

Et quelle est la plus grande beauté de la ville selon vous? Demanda-t-elle en retour.

Le souvenir de magnifiques yeux bleus comme les cieux s'imposa comme la seule pensée d'Adrien et remarquant son émoi, Camille lui demanda gentiment : «Aurais-je, sans le savoir, évoqué un sujet romantique?»

Adrien chercha ses mots mais loin de le taquiner elle attendait amicalement qu'il lui répondre.

«En fait» commença-t-il, «À mon avis, dans quelques années les gens viendront à Paris pour voir les défilés de l'une de mes amis. Son nom est Marinette. Elle a un talent fou. C'est une telle passionnée de dessins qu'elle en devient une inspiration. En plus, elle a un cœur d'or et elle illumine une pièce simplement par sa présence. Honnêtement, je ne doute pas qu'elle sera le brasier de la prochaine génération.»

La voiture près d'eux freina tout à coup violemment et fut percutée une voiture qui elle-même fut aussi percutée. Les impactes propulsèrent la première vers un panneau publicitaire qu'elle emboutie finalement avant de s'encastrer dans le coin d'un immeuble. Plusieurs autres véhicules, dont la Royce, dérapèrent sur la chaussée mais d'autre, au contraire, surtout les petits camions s'arrêtèrent brusquement pour ensuite être tamponnés par les autres.

«Vous croyez que c'est un akuma?» demanda la mannequin en se remettant rapidement du choc. La Royce avait bien résisté.

«Non, pas nécessairement. Mais restez dans la voiture. Quoi que ce soit, ça peut être dangereux.» la prévint Adrien.

En ouvrant sa portière, il vit que le sol était couvert de grosses perles de verres multicolores de toutes les tailles destinées à faire des colliers. Jetant un œil plus loin sur la route, il aperçu un camion cubique de livraison dont les portes étaient ouvertes. Plusieurs petites voitures avaient finit leur courses contre lui.

Obéissant à son instinct conditionné par l'habitude, Adrien traversa la voix et se dirigea vers la première voiture qu'il avait vu se faire emboutir et dont les passagers n'avaient plus donné signe de vie. C'était une voiture de basse qualité et les impacts successifs l'avaient plutôt abîme.

Plus loin, certains conducteurs tentaient déjà de ralentir les autres automobilistes mais sans grand succès. Plusieurs personnes avaient évacué les véhicules pour se mettre à l'abri dans les ruelles mais d'autres auraient besoins de soins médicaux.

Adrien ouvrit la portière du passager de la petite voiture. La portière conducteur avait été enfoncée dans l'impact. La conductrice était inconsciente. Une enfant se mit à pleurer dans une autre voiture.

Un petit camion manqua ensuite de frein et traversa le site de l'accident à grande vitesse en forçant les gens qui essayaient d'aider à s'abriter plus loin. Le chaos s'installait et la conductrice près d'Adrien semblait blessée gravement.

Il composa le numéro des urgences et leur demanda d'envoyer beaucoup de renforts. Avec soulagement, il vit LadyFlamme arriver sur la scène. Il n'avait pas ses pouvoirs mais avait observé la scène et connaissait ses forces à elle.

En quelques demi-phrases, il lui indiqua les points chauds à sécuriser et les véhicules où les gens étaient coincés. Instinctivement, elle ne prit pas le temps de réfléchir et suivit ses directives qu'il avait même réussit à lui glisser sans être remarqué.

Pendant ce temps, il pu se cacher dans une ruelle et revenir au-dessus d'un toit pour lui prêter main forte en moins d'une minute.

Il atterrit près d'elle et ensembles, ils déplacèrent un lourd camion de livraison en travers de la rue pour bloquer l'arrivée de nouveaux véhicules au lieu critique. Leurs forces conjuguées avaient été nécessaires mais ils étaient maintenant en sécurité. Ils se firent face une seconde à bout de souffle.

Ils cognèrent leurs points ensembles comme le voulait leur tradition. Mais sachant qu'on le chercherait, il refit immédiatement le chemin inverse de son arrivée et fit disparaître ChatNoir de la scène. Il sauta sur le toit, s'enfonça dans la ruelle juste derrière la voiture et laissa Plagg le transformer.

Ressortant de sa cachette, il pressa LadyFlamme d'ouvrir la porte de la conductrice. Dans cette sécurité toute relative, il était temps de s'occuper des blessés. La conductrice installée en urgence sur une civière par les ambulanciers, l'héroïne la transporta par la voix des airs.

Quinze minutes plus tard, la mannequin et son garde du corps attendaient toujours patiemment dans la voiture alors qu'il prenait le temps de faire une attelle à un jeune homme de son âge dont le bras s'était foulé. De toute façon, il faudrait du temps pour dégager la voix alors ils attendaient qu'une autre voiture vienne les chercher pour rejoindre le lieu du défilé.

Il retournait vers la Royce lorsqu'il perdit pied en enjambant un parapet. Sauf que, plutôt que de trébucher par-dessus la séparation et de se retrouver face la première au sol, il sentit les bras de LadyFlamme se refermer autour de sa poitrine et elle le transporta près de sa voiture.

Flottant doucement au-dessus des chaussées routières, elle lui glissa à l'oreille en souriant : «C'est gentil d'avoir attendu que je revienne vérifier si tout allait bien pour avoir besoin de moi. Tu es sur que tu ne voulais pas simplement attirer mon attention?»

Rigolant doucement et rouge d'embarra, il lui retourna son sourire doux et intéressé. «J'ai réussit?» questionna-t-il, curieux de connaitre la réponse.

Ils touchèrent terre et elle lui sourit en plaçant ses mains dans son dos timidement.

Mais son sourire à elle disparue lorsqu'elle remarqua Camille sur le siège arrière. Un drôle de regard bravache se forma sur les traits de l'héroïne lorsqu'elle glissa juste assez fort à Adrien : «Toujours aussi bien entouré à ce que voit Monsieur Agreste. Mademoiselle» salua-t-elle en reculant d'un pas.

Elle prit alors un peu de hauteur avant de saluer d'une voix acide : «Contente de t'avoir revu, Adrien. Et ne me remercie pas de t'avoir rattrapé. Tout le plaisir était pour moi. À la prochaine.» Et elle s'envola avant qu'il ne revienne de sa surprise.

'C'était quoi ça? De la jalousie? Ou la répercussion de fausses rumeurs?...' Se demanda-t-il, étonné.

Un cliché judicieusement capturé fit le tour de tous les médias dans les jours suivants. Bien qu'on y devina le magnifique profil de Camille assise sur le siège arrière, elle était en partie cachée par LadyFlamme et Adrien qui se faisaient face.

L'héroïne avait une expression gourmande sur le visage et Adrien semblait fasciné par elle. Hypothèse corroborée par ses joues rouges et son regard plein d'étoile.

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Une semaine plus tard, Marinette se prélassait dans la chaleur des bras de ChatNoir qui la gardait contre lui dans son lit. Dans le noir complet de la chambre, la jeune fille se sentait magnifiquement bien après toutes les sensations agréables que ChatNoir avait offertes à son corps avec un délicieux massage, …entre autres choses.

«Je n'aurais jamais pensé qu'un joli cœur volage comme toi puisse se montrer aussi gentleman au lit. Tu ne me presses jamais pour faire ce dont tu as envie à tel point que j'ai l'impression que tu préfères les câlins au sexe. Mais dès que j'en ai envie, tu fais preuve d'un enthousiasme renversant. Tu aimes jouer à être un galant minet, avoue.»

«Mais je suis le plus raffiné des gentlemen que tu rencontreras à Paris!» s'objecta le héros «Loin de moi l'idée de ne pas satisfaire ma partenaire sous les draps! Quant à mes propres désirs, c'est vrai que je préfère la douceur à la sauvagerie. Et c'est encore plus vrai avec toi.» Il ramena le dos de Marinette contre sa poitrine et couvrit son cou de baisers.

«Mais avec toi le sexe dans son ensemble est merveilleux, avant, pendant et après.» souffla-t-il d'une voix fondante alanguie qui la fit rigoler.

«J'ai encore de la difficulté à te croire. Tu laisses parfaitement bien penser le contraire lorsqu'on t'écoute parler en public.» taquina Marinette. «J'ai entendu de ta part plus d'un commentaire grivois faisant l'éloge de tes propres performances sur les vidéo qu'Alya a capturés.»

«J'aimerais partager mes secrets avec toi. Et découvrir tous les tiens par la même occasion.» soupira-t-il. «Il y a des tas de choses de mon passé et de mon présent qui pèsent sur ma conscience. Et que je ne peux avouer à personne. Mais personne d'autre ne doit savoir. Surtout pas LadyFlamme. Je voudrais qu'elle m'aime mais, personne ne peut envisager de bâtir un avenir avec quelqu'un qui a un passé comme le mien.»

«Tu devrais lui donner un peu plus de crédit. Elle doit avoir bon cœur tout de même si elle est une héroïne. Elle comprendra surement. Et tu devrais te donner une chance. Ce que je sais de toi avec certitude, c'est qu'il y a en toi un homme bon à l'heure actuelle. Tu fais partie des gentils maintenant, peu importe ce que tu as fait autrefois. Tu ne fais plus de… mauvaises actions à l'abri du regard du public, n'est-ce pas?» s'assura-t-elle.

«Hum, j'ai présentement quelques idées de mauvais coups qui pousseraient surement tes parents à te contredire.» ronronna-t-il en caressant sa cuisse et en déposant un baiser sur son épaule.

«Chat, tu es toujours là pour moi, lorsque j'ai besoin de toi. Tu m'écoutes et tu me réconfortes. Tu me rassures aussi et tu prends soin de moi après une mauvaise journée. Laisse-moi être ta confidente, s'il-te-plaît. Fais-moi confiance. Je ne te jugerai pas.» l'encouragea-t-elle.

«D'accord» répondit ChatNoir un peu plus joueur en déposant de nouveaux baisers sur son épaule entre deux phrases. «D'abord, un truc qui va te plaire. J'ai tenue dans mes bras des centaines de filles à qui j'ai donné du plaisir mais je n'ai jamais fait l'amour à aucune autre que toi.» déclara-t-il.

«Tu crois vraiment que je vais avaler une telle histoire?» protesta-t-elle.

«Bien tu ne peux pas nier que j'ai un certain… savoir-faire lorsqu'il s'agit de te donner du plaisir.» joua-t-il en passant sa main avec la délicatesse d'une plume du haut de son ventre et vers ses cuisses.

«Tu sais très bien que ce n'est pas cela que je remets en cause!» s'indigna-t-elle pour cette nouvelle preuve de son côté prétentieux.

«Donc, tu ne nie pas prendre du plaisir entre mes bras?» ronronna-t-il de nouveau en pinçant légèrement la peau de son cou avec ses dents. «Oh! Qu'est-ce que j'aime ton corps, ma douce.» soupira-t-il.

«Au fait, Chat! Tu es supposé te confesser de tous tes pêchers, en ce moment, pas en commettre de nouveau.» fit-elle en frissonnant tout de même malgré sa détermination.

Il éludait la question depuis qu'ils s'étaient rapprochés et elle avait l'impression que cette histoire le pesait depuis qu'elle le connaissait.

«T'es qu'une tentatrice!» reprocha-t-il en redevenant sérieux bien qu'un peu découragé par sa vie.

«D'accord, alors voilà tout l'histoire du début. Ma mère était une porteuse de miraculous déjà bien avant ma naissance. S'il était prévu que je sois aussi un super-héros, on ne m'en a jamais parlé avant que je reçoive mes pouvoirs. Je suis devenu un porteur à l'apparition du Papillon mais avant cela j'avais déjà participé et mener à bien de nombreuses missions de toutes les sortes.

Le pouvoir du Paon offre entre autre, la divination et la visions à distance. Ma mère pouvait voir des crimes de préparer ou des armes se construire et bien souvent avant les faits.

Toute mon enfance, elle m'a entraîné à pénétrer dans les bâtiments les mieux gardés et ça, de toutes les manières possibles. Séduire la fille d'un directeur de banque afin de subtiliser la clé des coffres à son père est devenu une seconde nature. Et je ne te parle pas de toute la poussière que j'ai nettoyée avec mes cheveux dans les conduits de ventilations que j'ai visités depuis que j'ai l'âge d'aller à l'école.

Évidemment, tromper les gens et fracturer les portes blindées d'un laboratoire de recherches fabriquant la prochaine arme biologique pour y contaminer les recherches n'est pas très noble mais même si je n'ai que rarement vu l'effet que mes actions avaient eu sur le monde, j'espère que ma mère et moi avons été utiles pour le protéger. J'aime à penser qu'il y a quelqu'un quelque part qui est vivant grâce à ce que j'ai fait. Ma mère en était convaincue en tout cas. Au moins la planète tourne toujours dans le bon sens alors, je n'ai pas dû faire trop de stupidités.»

«Est-ce que tu as arrêté de faire ces choses lorsque tu es devenu ChatNoir ou est-ce que tu le fait encore sur ton temps libre?» demanda Marinette d'une voix neutre. Elle ne savait pas encore quoi penser de cette révélation mais il avait dit qu'il s'agissait de son passé.

«J'avais déjà arrêté avant. Parce que j'ai commis une erreur. La vie d'une personne innocente à été chamboulée par ma faute alors, j'ai tourné le dos à cette vie. Depuis, je n'ose plus… Je suis un impulsif sur le terrain. Un exécutant. J'ai beau être un professionnel, je n'ai pas été entraînée à analyser une situation ou à prendre une décision, on m'ordonne et j'obéis. Je n'agirais pas sans qu'une personne à qui je fais confiance me dise que ce que je fais est la bonne chose. Les pouvoirs de ma mère lui permettaient de voir les répercutions de nos actions et LadyFlamme est naturellement douée pour analyser une situation à vif et tout réparer en cas de problème.

Si cette jeune fille s'est fait agressée, c'est que m'a mère n'était plus avec moi. J'avais essayé de faire une mission de routine. Je connaissais déjà l'objectif, je devais simplement détruire des fichiers. Mais, ça c'est très mal passé et ensuite de toute façon, je ne savais plus quelle cible viser. Il n'y avait que nous deux. On ne travaillait pas pour un pays ou une agence officielle.»

À ce stade, il caressait nerveusement les bras de Marinette pour tromper son angoisse. Jamais encore il ne s'était ainsi confié à qui que ce soit. C'était à peine s'il réalisait qu'il était encore avec elle.

Il tremblait maintenant et lorsqu'elle se retourna, il enfouie son visage dans son cou parce qu'il avait peur de croiser son regard. Mais elle referma ses bras autour de lui pour le rassurer. Avec un peu d'assurance retrouvée, il poursuivit son histoire.

«J'étais si heureux lorsque j'ai reçu la bague de ChatNoir. J'avais à nouveau la chance de faire une différence, de me sentir utile. Et en plus, je peux le faire sans tromper ni mentir, maintenant. Je suis juste moi.»

«Je n'aurais… jamais deviné toute cette histoire à ton sujet.» souffla Marinette, abasourdie. «Tu as des années d'expérience de plus que LadyFlamme et tu la laisses diriger sans faire un pli.»

«Je n'ai jamais dirigé de missions» dit-il en haussant les épaules. «Je suivais pas à pas ce que ma mère me disais. Je suis meilleur pour exécuter les ordres que pour les donner.»

«Y'a pas plus efficace que toi, Chat. Tu ne perds jamais. Tu réussis toujours à atteindre les objectifs que tu te fixes.» le complimenta-t-elle.

«Hum, merci, du vote de confiance, princesse.» sourit-il légèrement. Dieu, qu'il aimait cette fille!

«Même si tes objectifs sont parfois discutables.» ajouta-t-elle innocemment.

«Hé!» protesta-t-il.

«Ben quoi, tu ne peux pas nier que tu préfères faire du charme à ta partenaire plutôt que de te concentrer sur le combat!» le taquina-t-elle.

«Ce n'est pas parce que j'ai l'air déconcentré que je le suis. Lorsqu'on garde l'œil fixé sur une cible on peut perdre de vue l'ensemble d'une situation. Et la déconcentration est une arme très efficace!» argumenta-t-il.

«ChatNoir, pourquoi tu es ici, avec moi? Je vais bien tu sais, je ne suis plus aussi triste, tu pourrais être dans les bras de n'importe qu'elle fille…» chercha-t-elle après un moment de silence.

«Je ne veux pas de n'importe quelle fille. Je veux ta douceur merveilleuse, ton rire généreux et délicat tout à la fois, ton esprit vif. Tu es si vivante et normale et fantastique.» l'assura-t-il en la regardant dans les yeux avec admiration.

«Mais tu préfère LadyFlamme. Tu ne m'aimes pas vraiment.» rappela Marinette avec malaise et conflit intérieur.

Il se redressa mais toujours en la gardant serrée contre lui si bien qu'elle finit assise sur ses cuisses.

«Ce n'est pas à cause de ce que tu es ou de ce qu'elle est que je la choisie, elle.» expliqua-t-il en formant des cercles dans son dos. «Tu veux devenir dessinatrice de mode et en faire ta carrière. Et je suis convaincue que tu as le potentiel pour devenir l'une des meilleures, mais pour cela il faudra que tu y consacres de nombreuses heures et durant de nombreuses années. Je sais d'expérience à quoi la vie avec une personne qui a une vocation peut ressembler. Je ne veux simplement pas choisir cette vie une fois adulte.» dit-il honnêtement et calmement.

Il détourna le regard avant de reprendre avec des yeux brillant d'émotion : «D'un autre côté, LadyFlamme et moi vivons des choses qui n'appartiennent qu'à nous. Personne ne sait à quel point nous avons besoin l'un de l'autre. Je ne sais même pas comment commencer à l'expliquer. Mais nous faisons une équipe formidable dans les combats et je sais au fond de moi que nous ferons une équipe tout aussi parfaite pour bâtir une vie de famille ensemble.»

Marinette fronça les sourcils et demanda avec incrédulité : «Es-tu en train de me dire que tu rêves de voir ta partenaire en combinaison moulante porter un tablier sur les hanches mais que lorsque tu vois la jeune fille qui vie au-dessus d'une boulangerie et qui économise pour ses études en travaillant comme serveuse, tu ne penses qu'à soulever mes jupes pour jouer avec ce qu'il y a dessous? Au fond, tu la vois comme ta future femme et moi, comme ta maîtresse!»

«Ben, je, il y a p-peut-être un peu de ça…» fit ChatNoir en rougissant de malaise comme un chat pris la patte dans l'aquarium.

«Tu crois que je suis un peu bizarre et macho, hein?» questionna-t-il parce qu'elle ne répondait pas.

Elle resta silencieuse si longtemps qu'il commença à s'inquiéter de ce que sa si peu ordinaire petite amie pouvait manigancer.

«Euh, princesse, à quoi tu penses avec cet air concentré, tu m'inquiètes…» demanda-t-il encore en bougeant la main devant son regard intense.

Ce regard sans aucune expression se fixa résolument sur lui et elle dit très sérieusement : «J'étais en train de me demander si je pouvais te faire jouir juste en te faisant des patouilles. Comme à un chat...»

«Qu-qu'est-ce qui te f-fait penser que le grand et fort et-et …viril ChatNoir serait assez sensible pour perdre ses moyens devant quelques caresses aussi bien placées soient-t-elles?» fit-il moins rassuré et en essayant de trouver une cachette dans le petit espace de son coin lit.

Elle se rapprocha et chuchota à son oreille tout en descendant le bout de ses doigts sur ses côtes nues «Je ne sais pas mais, j'ai vraiment envie d'essayer. De toute façon, j'ai bonne espoir parce qu'il y a des moments où tu es avec moi et où tu ne peux pas t'empêcher de ronronner même si tu essaie très fort de te contenir.»